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	<title>Ici et ailleurs</title>
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	<description>Association pour une Philosophie Nomade</description>
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		<title>Ici et ailleurs</title>
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		<title>&#192; la recherche du politique : le passage des classes aux masses chez Louis Althusser et &#201;tienne Balibar</title>
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		<dc:date>2017-09-05T12:03:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yusuke Ota</dc:creator>


		<dc:subject>d&#233;mocratie</dc:subject>
		<dc:subject>marxisme</dc:subject>
		<dc:subject>id&#233;ologie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Introduction &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cet expos&#233;, la &#171; fronti&#232;re &#187; au sens traditionnel du terme n'est pas trait&#233;e. L'important ici n'est pas la ligne qui &#233;tablit une limite entre deux pays, mais plut&#244;t une ligne au sens symbolique. Il s'agit d'une ligne qui, parfois inaper&#231;ue, conditionne notre discussion dans un domaine de la philosophie politique. Notre hypoth&#232;se est la suivante : cette ligne passe aujourd'hui entre le marxisme et la d&#233;mocratie. Surtout apr&#232;s l'effondrement de l'Union Sovi&#233;tique en 1991, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=mot&amp;id_mot=22" rel="tag"&gt;d&#233;mocratie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=mot&amp;id_mot=27" rel="tag"&gt;marxisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=mot&amp;id_mot=87" rel="tag"&gt;id&#233;ologie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet expos&#233;, la &#171; fronti&#232;re &#187; au sens traditionnel du terme n'est pas trait&#233;e. L'important ici n'est pas la ligne qui &#233;tablit une limite entre deux pays, mais plut&#244;t une ligne au sens symbolique. Il s'agit d'une ligne qui, parfois inaper&#231;ue, conditionne notre discussion dans un domaine de la philosophie politique. Notre hypoth&#232;se est la suivante : cette ligne passe aujourd'hui entre le marxisme et la d&#233;mocratie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Surtout apr&#232;s l'effondrement de l'Union Sovi&#233;tique en 1991, elle semble &#234;tre plus pr&#233;sente que jamais. Certains sont all&#233;s, sous la banni&#232;re de la d&#233;mocratie triomphale, jusqu'&#224; dire que &#171; Marx est mort &#187;. D'apr&#232;s cette position, la chute du socialisme r&#233;el est jug&#233;e sans r&#233;serve comme preuve de l'&#233;chec du projet marxiste, et &#171; il n'y a plus d'alternative &#187; &#224; la d&#233;mocratie. Il en r&#233;sulte qu'il existe d&#233;sormais une barri&#232;re infranchissable entre le marxisme et la d&#233;mocratie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, nous pouvons raisonner autrement. Il nous semble qu'il est encore possible de lier les deux. Cela ne signifie pas que nous entendons r&#233;habiliter un marxisme orthodoxe, ni non plus que nous comblons d'&#233;loges la d&#233;mocratie contemporaine. Notre int&#233;r&#234;t est ailleurs. Il est de revisiter la pens&#233;e de Marx &#224; la fois pour retrouver sa puissance critique envers la d&#233;mocratie et pour trouver un point d'articulation entre le marxisme et la d&#233;mocratie. C'est ce que, par exemple, Jacques Derrida a cherch&#233; &#224; faire dans son livre Spectre de Marx publi&#233; en 1993(Derrida 1993).&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout en reconnaissant l'originalit&#233; de sa lecture de Marx, nous prenons une voie qui nous para&#238;t plus fiable. Concernant le croisement du marxisme et la d&#233;mocratie, la notion d'id&#233;ologie chez Marx est avant tout mati&#232;re de la discussion. Nous allons donc examiner une reformulation de sa pens&#233;e par deux philosophes marxistes Louis Althusser et &#201;tienne Balibar. Tous deux essaient aussi de chercher un point de jonction th&#233;orique en passant par une refonte de la notion d'id&#233;ologie. Analyserons d'abord l'id&#233;ologie chez Althusser. Puis, chez Balibar. Enfin, nous en examinerons les enjeux. Ce faisant, retenons l'id&#233;e que pour eux, la question essentielle est toujours la m&#233;diation politique avec les masses, le plus grand nombre de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Th&#233;orie de l'id&#233;ologie chez Althusser : sortir du postulat de la conscience de classe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant toute chose, pr&#233;cisons le contexte historique dans lequel vivait Althusser. Il n'est pas exag&#233;r&#233; de dire que presque toute sa vie intellectuelle se place dans les ann&#233;es d'apr&#232;s-guerre nomm&#233;es &#171; les Trente Glorieuses &#187;. De 1945 &#224; 1975, la France est entr&#233;e dans la p&#233;riode d'un regain &#233;conomique immense aux sorties de la Seconde Guerre mondiale. Le changement que la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise subit est profond. Avec la publication de La Soci&#233;t&#233; de consommation en 1970 par Jean Baudrillard, appara&#238;t l'interpr&#233;tation que la soci&#233;t&#233; de consommation de masse devient dominante. Cela signifie en m&#234;me temps que l'influence du marxisme &#224; la fois au sens pratique et th&#233;orique est en baisse, car le marxisme, en se fondant avant tout sur l'id&#233;e de production, avait relativement laiss&#233; de cot&#233; la question de la consommation. Autrement dit, l'explication des ph&#233;nom&#232;nes sociaux par le point de vue des classes, point de vue privil&#233;gi&#233; par le marxisme occidental d'apr&#232;s-guerre, a &#233;t&#233; pour la premi&#232;re fois mise en doute.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nul d'autre qu'Althusser n'a pu &#234;tre conscient de ce changement. Cette question de la &#171; crise du marxisme &#187;, Althusser l'a reformul&#233; de fa&#231;on philosophique. Selon lui, le marxisme doit d&#233;finitivement se d&#233;barrasser du postulat de la &#171; conscience de classe &#187; pour surmonter sa crise. &lt;br class='autobr' /&gt;
Or, ce postulat de la conscience de classe vient de Georg Luk&#225;cs(Luk&#225;cs 1960). Dans la th&#233;orie de Luk&#225;cs, quand l'ali&#233;nation des masses laborieuses que la soci&#233;t&#233; capitaliste produit arrive &#224; son acm&#233;, elles peuvent en prendre conscience et se transformer en prol&#233;tariat. Il s'agit du passage de la classe en soi &#224; la classe pour soi. Le prol&#233;tariat a ainsi pour t&#226;che philosophique de r&#233;concilier in fine sa subjectivit&#233; et le monde objectiv&#233; qui l'ali&#232;ne. Il joue ainsi le r&#244;le privil&#233;gi&#233; d'incarner la logique de synth&#232;se dialectique du Sujet et de l'Objet en subvertissant le monde capitaliste. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ce messianisme politique attribu&#233; au prol&#233;tariat par Luk&#225;cs que vise Althusser. Il consid&#232;re que cette logique th&#233;ologique lin&#233;aire n'est plus soutenable &#224; cause de l'&#233;mergence de la probl&#233;matique des masses dans le monde d'apr&#232;s-guerre. &#192; l'oppos&#233; du prol&#233;tariat qui chez Luk&#225;cs est consid&#233;r&#233; comme &#224; la fois porteur de la &#171; vraie conscience &#187; et noyau de la transformation du monde, les masses, en r&#233;alit&#233;, n'arrivent pas n&#233;cessairement &#224; cette &#171; vraie conscience &#187; et restent bien souvent immobiles et silencieuses. Pour Althusser, il s'agit pr&#233;cis&#233;ment de mettre &#224; l'ordre du jour cette probl&#233;matique des masses sans tomber, comme Luk&#225;cs, dans l'erreur de la position normative face aux masses. Aussi longtemps que l'on se contente de critiquer les masses en disant qu'elles sont enferm&#233;es dans la &#171; fausse conscience &#187;, il n'est pas possible de mettre en question les masses en tan que telles. Pour cela, Althusser a d&#251; changer de terrain : de la probl&#233;matique de la &#171; conscience de classe &#187; tels que les &#171; retard de conscience &#187; et &#171; prise de conscience &#187;, &#171; fausse conscience &#187; et &#171; vraie conscience &#187;, jusqu'&#224; celle de l'id&#233;ologie des masses. Pour mettre &#224; bonne hauteur la pratique des masses, il n'a pu que descendre la conscience h&#233;ro&#239;que et innocente de classe au niveau de la psychologie plus ou moins obscure des masses.&lt;br class='autobr' /&gt;
La sortie de postulat lukacien est aussi la question politique urgente. C'est ce que t&#233;moigne un livre d'Althusser publi&#233; en 1978. Il porte un nom assez &#233;loquent sur ce point. Il s'appelle Ce qui ne peut plus durer dans le parti communiste. Althusser critique ici la position assum&#233;e &#224; ce moment-l&#224; par le parti communiste fran&#231;ais au sujet des masses. Selon lui, le parti s'est appuy&#233; enti&#232;rement sur le postulat de &#171; conscience de classe &#187;. Il constate que la direction de parti s'&#233;carte de plus en plus des masses. Le parti continuait &#224; se pr&#233;tendre d&#233;tenteur de la &#171; vraie conscience de classe &#187; et n'avait pas le moyen d'analyser la &#171; fausse conscience &#187; des masses. Autrement dit, enferm&#233; dans la conception de conscience de classe, le parti perdait le moyen d'articuler la logique de classe et celle des masses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; la toile du fond philosophico-politique dans lequel Althusser a reformul&#233; la notion d'id&#233;ologie de Marx. Je cite ses deux fameuses th&#232;ses dans son &#339;uvre Sur la reproduction ; premi&#232;rement, &#171; l'id&#233;ologie repr&#233;sente le rapport imaginaire des individus &#224; leurs conditions r&#233;elles d'existence &#187;(Althusser 1995 : 216) ; deuxi&#232;mement, &#171; l'id&#233;ologie a une existence mat&#233;rielle &#187;(Althusser 1995 : 218). La transparence de conscience par rapport au r&#233;el n'est plus garantie chez Althusser. L'opacit&#233; de conscience, c'est-&#224;-dire l'id&#233;ologie existe toujours. Althusser s'oppose aux pr&#233;suppositions th&#233;oriques de Luk&#225;cs. Comme notre examen l'a montr&#233;, sa rupture avec Luk&#225;cs &#233;tait in&#233;vitable. Il n'a eu le choix que de d&#233;livrer le marxisme de la probl&#233;matique de conscience pour traiter de la pratique des masses. Le passage th&#233;orique de classe aux masses se fait chez Althusser en passant par la reformulation de l'id&#233;ologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Th&#233;orie de l'id&#233;ologie chez Balibar : vers la non-articulation entre les classes et les masses ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Balibar partage avec Althusser la conviction suivante : il est indispensable de raisonner &#224; partir du passage th&#233;orique des classes aux masses si le marxisme veut encore subsister. Mais, il nous semble que Balibar pousse l'essai d'Althusser de lier la logique de classe avec celle des masses &#224; sa limite ; il entend examiner la possibilit&#233; de la non-articulation entre ces deux logiques. Pour cela, lui aussi s'engage dans l'analyse de la notion d'id&#233;ologie. Nous analysons sa lecture de Marx et Engels au travers des &#339;uvres : L'Id&#233;ologie allemande et Manifeste du Parti communiste. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'apr&#232;s Balibar, entre ces deux livres il y a en fait deux formes de d&#233;finition de l'id&#233;ologie. Plus pr&#233;cis&#233;ment, de L'Id&#233;ologie allemande au Manifeste du Parti communiste, l'id&#233;ologie change de sens. Balibar en tire un point de vue stimulant sur la relation entre classes et masses.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord, dans L'Id&#233;ologie allemande, Balibar consid&#232;re que Marx et Engels se bloquent dans une impasse th&#233;orique qu'il nomme &#171; acte pur de prol&#233;tariat &#187;(Balibar 1997 : 179-184). Toutes les difficult&#233;s de L'Id&#233;ologie allemande d&#233;coulent de la d&#233;finition initiale de l'id&#233;ologie ; c'est toujours l'id&#233;e de la classe dominante qui prime sur les autres. &lt;br class='autobr' /&gt;
En revanche, Le prol&#233;tariat est interdit par Marx de r&#233;p&#233;ter le m&#234;me moyen des classes pr&#233;c&#233;dentes. Il ne peut pas remplacer l'id&#233;e dominante par son id&#233;e propre, parce que cela aboutit forc&#233;ment &#224; la substitution d'une id&#233;e dominante &#224; une autre id&#233;e dominante. Ce n'est que camoufler son int&#233;r&#234;t particulier sous l'universalit&#233; d&#233;guis&#233;e de l'&#233;crasement de la classe dominante pr&#233;c&#233;dente. Le prol&#233;tariat a ainsi la t&#226;che de rompre avec le champ de l'id&#233;ologie et de r&#233;aliser une sorte de pratique absolue. &lt;br class='autobr' /&gt;
Selon l'expression de Balibar, c'est l'&#171; acte pur de prol&#233;tariat &#187;. Cet acte se manifeste comme la dissolution totale de la soci&#233;t&#233; qui engendre l'id&#233;ologie. Il n'est possible que lorsque l'int&#233;r&#234;t du prol&#233;tariat est identique aux int&#233;r&#234;ts des autres classes domin&#233;es. En cons&#233;quence, nous pouvons conclure que le prol&#233;tariat appara&#238;t dans l'Id&#233;ologie allemande dans deux modalit&#233;s ; prol&#233;tariat en tan que classe domin&#233;e parmi les autres et prol&#233;tariat en tant que non-classe, qui est identique aux masses. Cette double modalit&#233; du prol&#233;tariat caract&#233;rise l'Id&#233;ologie allemande. L'incompatibilit&#233; entre le prol&#233;tariat comme non-classe et l'id&#233;ologie en est le pilier logique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Puis, si nous comparons l'Id&#233;ologie allemande et Manifeste du Parti communiste, leur similarit&#233; apparente risque de nous tromper ; par exemple, l'&#233;loge de l'universalit&#233; messianique du prol&#233;tariat, croyance en la simplification des antagonismes et en la division finale en deux classes, nous font penser au sch&#232;me dualiste de l'Id&#233;ologie allemande entre l'id&#233;ologie et &#171; l'acte pur du prol&#233;tariat &#187;. Cependant, selon Balibar, un &#233;l&#233;ment tout &#224; fait nouveau est introduit dans Manifeste du Parti communiste. Il est l'id&#233;e du proc&#232;s ou de la transition. La transformation de la soci&#233;t&#233; de classes en soci&#233;t&#233; sans classes n'est plus li&#233;e &#224; la dissolution totale et instantan&#233;e de la soci&#233;t&#233;, ni non plus &#224; &#171; l'acte pur du prol&#233;tariat &#187;, mais au processus de la combinaison des forces y compris des forces oppos&#233;es. Elle passe par un processus d'antagonisme des classes. Ainsi, le mod&#232;le antith&#233;tique entre le prol&#233;tariat et l'id&#233;ologie, mod&#232;le simpliste propre &#224; l'Id&#233;ologie allemande, est abandonn&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous nous trouvons maintenant aux antipodes de la pr&#233;misse de l'Id&#233;ologie allemande. L'antith&#232;se entre le prol&#233;tariat et l'id&#233;ologie &#233;tant &#233;vacu&#233;e, une nouvelle interpr&#233;tation de l'id&#233;ologie est alors possible. Balibar r&#233;sume : &#171; De ce point de vue, &#224; la constitution d'une id&#233;ologie dominante correspond toujours, au moins tendanciellement, celle d'une id&#233;ologie domin&#233;e [&#8230;] &#187;(Balibar 1997 : 188). &#192; notre surprise, le domin&#233; a aussi son id&#233;ologie&#8213;&#8213;th&#232;se antinomique &#224; celle de l'Id&#233;ologie allemande. Il y a bien l'id&#233;ologie du prol&#233;tariat. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous voyons ici &#233;merger la question d'un d&#233;calage entre la logique des classes et celle des masses. Il est vrai qu'au moment critique, deux logiques peuvent aller ensemble et engendrer la dissolution compl&#232;te de la soci&#233;t&#233;. Mais, il est aussi probable que dans une autre occasion, les contradictions id&#233;ologiques des masses ne sont pas r&#233;duites &#224; la bifurcation vers les deux classes principales, le prol&#233;tariat et la bourgeoisie. Autrement dit, dans un certain cas, la logique des classes ne recouvre que partiellement le champ de la pratique des masses. La pr&#233;tention du marxisme, celle d'expliquer les ph&#233;nom&#232;nes sociaux en totalit&#233;, risque donc de tomber en faillite. M&#234;me si Balibar ne le dit pas explicitement, nous trouvons dans son discours l'id&#233;e que la logique des classes et celle des masses ne s'articulent pas parfois. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes ainsi tr&#232;s loin de la vision dualiste de l'Id&#233;ologie allemande. Toutefois, cela ne veut pas dire que tous les projets marxistes sont d&#233;sormais d&#233;suets. Au contraire, il nous permet d'y introduire la logique d&#233;mocratique. Maintenant qu'il n'est promis &#224; personne y compris au prol&#233;taire n'est promis de statut pr&#233;con&#231;u, la question de la m&#233;diation politique r&#233;appara&#238;t dans le marxisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons examin&#233; dans cet expos&#233; les tentatives d'Althusser et Balibar de reformuler la notion d'id&#233;ologie. Ce faisant, ils ont pour but de red&#233;finir le marxisme conform&#233;ment &#224; la conjoncture historique du monde d'apr&#232;s-guerre. Althusser a critiqu&#233; le postulat de la &#171; conscience de classe &#187; enracin&#233; dans le marxisme pour laisser la place &#224; la pratique des masses. En d&#233;veloppant plus loin cette probl&#233;matique, Balibar, quant &#224; lui, va jusqu'&#224; analyser la possibilit&#233; que la logique des classes et celle des masses ne s'articulent pas n&#233;cessairement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour cela, il revient &#224; la fluctuation de la notion d'id&#233;ologie dans l'Id&#233;ologie allemande et Manifeste du Parti communiste. Balibar en tire l'id&#233;e que la d&#233;termination partielle par l'instance &#233;conomique sur les ph&#233;nom&#232;nes sociaux resurgit la question de l'articulation de la logique des classes et de celle des masses. Il ouvre par l&#224; une voie, non seulement &#224; la refonte du marxisme, mais surtout &#224; la d&#233;couverte d'un point de rencontre entre le marxisme et la d&#233;mocratie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sans entrer dans le d&#233;tail, ajoutons encore quelques mots sur les d&#233;veloppements de la notion d'id&#233;ologie chez Marx et Engels. En fait, La vacillation de sa d&#233;finition ne s'arr&#234;te jamais. En plus, entre les deux appara&#238;t une diff&#233;rence apparente. D'un c&#244;t&#233;, nous pouvons trouver, dans l'Anti-D&#252;hring chez Engels publi&#233; en 1878, une intention de perfectionner l'id&#233;ologie du prol&#233;tariat et de la pr&#233;senter comme syst&#232;me explicatif le plus complet de la conception marxiste du monde. Engels vise &#224; en quelque mani&#232;re sophistiquer l'id&#233;ologie du prol&#233;tariat qui peut s'&#233;galer &#224; celle de la bourgeoisie. Ici aussi, le sch&#232;me dualiste propre &#224; l'Id&#233;ologie allemande est encore pr&#233;sent. D'un autre c&#244;t&#233;, dans Le Capital, il y a un autre type de raisonnement qui contredit &#224; cette pr&#233;tention d'une conception du monde parfaite, et qui essaie de pr&#233;ciser le degr&#233; et l'ampleur de la d&#233;termination par l'instance &#233;conomique. Marx ne fonde plus sa th&#233;orie sur un partage pr&#233;&#233;tabli entre le r&#233;el et l'illusion ou entre la pratique et l'id&#233;ologie. Pour la critique du discours de l'&#233;conomie politique, cette partition est insuffisante, parce que ce discours n'est pas simple chim&#232;re comme l'Id&#233;ologie allemande l'a pr&#233;suppos&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous pouvons trouver dans les parcours intellectuels de Balibar et Althusser un effort de saisir le politique dans le monde d'apr&#232;s-guerre. Ils essaient d'identifier le processus de transition de la conflictualit&#233; des classes aux masses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'est pas facile de savoir si notre &#171; d&#233;placement &#187;&#8213;&#8213;faire &#233;merger la question du passage th&#233;orique du marxisme &#224; la d&#233;mocratie &#224; travers la probl&#233;matique des masses&#8213;&#8213;m&#233;rite d'&#234;tre appel&#233; &#171; cr&#233;ation &#187;. Cependant, il est une contribution &#224; la discussion autour du politique, car il nous permet de saisir la transition des classes aux masses dans la soci&#233;t&#233; d'apr&#232;s-guerre, transition qui marque fortement notre &#171; contemporan&#233;it&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Premi&#232;re publication : 27 septembre 2011)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bibliographies&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Althusser, Louis (1965), &lt;i&gt;Pour Marx&lt;/i&gt;, Paris, Fran&#231;ois Maspero [r&#233;&#233;d. La D&#233;couverte, 1986 et 1996].&lt;br class='autobr' /&gt;
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