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	<title>Ici et ailleurs</title>
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	<description>Association pour une Philosophie Nomade</description>
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		<title>Ici et ailleurs</title>
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		<title>&#171; La condition p&#233;nitentiaire. Essai sur le traitement corporel de la d&#233;linquance &#187;, T. Ferri et D. Brki&#263;</title>
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		<dc:date>2013-10-16T08:44:07Z</dc:date>
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		<dc:creator>G&#233;rard De Coninck</dc:creator>



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&lt;p&gt;L'Harmattan, coll. &#171; Questions contemporaines &#187;, 2013. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce livre &#233;tonnera plus d'un professionnel de la Justice, non seulement parce qu'il associe deux exp&#233;riences personnelles diff&#233;rentes et compl&#233;mentaires, mais surtout par sa mise en lumi&#232;re du corps dans le cadre de la p&#233;nalit&#233;. Trop longtemps oubli&#233;, le corps reprend paradoxalement une place importante dans la mise en oeuvre d'un nouveau mode d'ex&#233;cution des sanctions, &#224; savoir la surveillance &#233;lectronique. D&#233;crivant une prison (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=21" rel="directory"&gt;Parutions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Harmattan, coll. &#171; Questions contemporaines &#187;, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre &#233;tonnera plus d'un professionnel de la Justice, non seulement parce qu'il associe deux exp&#233;riences personnelles diff&#233;rentes et compl&#233;mentaires, mais surtout par sa mise en lumi&#232;re du corps dans le cadre de la p&#233;nalit&#233;. Trop longtemps oubli&#233;, le corps reprend paradoxalement une place importante dans la mise en oeuvre d'un nouveau mode d'ex&#233;cution&lt;br class='autobr' /&gt;
des sanctions, &#224; savoir la surveillance &#233;lectronique. D&#233;crivant une prison physique r&#233;elle qui enferme les corps (dedans) et implante les barreaux dans la t&#234;te (dehors) par le biais de la surveillance &#233;lectronique, les auteurs mettent en &#233;vidence le retour d'un panoptisme social, l'absence d'id&#233;es nouvelles, l'hypocrisie et la duperie des autorit&#233;s politiques, administratives&lt;br class='autobr' /&gt;
voire scientifiques. Ces auteurs r&#233;alisent une analyse fouill&#233;e de la place du corps et de l'usage de m&#233;canismes sur celui-ci lors du recours &#224; deux sanctions importantes, la prison et le placement sous surveillance &#233;lectronique, r&#233;v&#233;lant aussi deux mani&#232;res de proc&#233;der : soit par la prison qui &#171; immobilise et emp&#234;che l'&#233;lan, for&#231;ant &#224; l'inaction totale &#224; l'int&#233;rieur de ce cloaque ou de ce tout-&#224;-l'&#233;gout institutionnalis&#233; &#187; (&#8230;) soit par la surveillance &#233;lectronique, (&#8230;) distillant la souffrance au sein de la vie quotidienne et intime &#187; (p. 94), greffon dans le corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le philosophe T. Ferri retrace l'&#233;volution historique du corps des prisonniers et poursuit une r&#233;flexion riche de sens philosophique et humain. S'inspirant essentiellement de Foucault, de Bergson et de Mauss, il d&#233;montre combien le corps est le lieu de &#171; l'&#234;tre au monde &#187; et de la pr&#233;sence &#224; soi. L'invention de la guillotine lui appara&#238;t comme un &#171; tournant d&#233;cisif quant &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'usage qui va &#234;tre fait d&#233;sormais des corps des mourants et des condamn&#233;s &#187;. L'essentiel est alors non pas d'&#233;liminer les corps des condamn&#233;s mais de s'en servir en punissant d'une mani&#232;re nette, &#233;galitaire et experte, &#233;vitant tout contact avec le condamn&#233;. Les rapports &#233;troits&lt;br class='autobr' /&gt;
existant entre le m&#233;decin et le bourreau visant l'efficacit&#233; et l'abr&#233;gement des souffrances, entra&#238;neront une double peine du d&#233;linquant (d&#233;biteur deux fois), celle subie pour son d&#233;lit qui est suivi de mort et celle de l'utilit&#233; m&#233;dicale et scientifique permettant le d&#233;pe&#231;age du corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la R&#233;volution fran&#231;aise et le code p&#233;nal de 1791, l'enfermement devient une peine plus &#171; douce &#187;, qui accapare le corps et est destin&#233; &#224; le discipliner, le normaliser en vue de son amendement et sa r&#233;insertion. L'&#201;tat va tirer profit de ces corps : au lieu de l'&#233;liminer, il va l'exclure du regard de la soci&#233;t&#233;, l'asservir et le rendre utile et exploiter sa force de travail tout en l'amendant. Mais, affirme T. Ferri, &#171; l'emprisonnement r&#233;v&#232;le une forme de mort et de violence &#187; : &#171; il ne s'agit plus aujourd'hui de &#171; faire mourir &#187; et de &#171; laisser vivre &#187;, mais tout au contraire, de &#171; faire vivre &#187; et de &#171; laisser mourir &#187; (p. 32-33). Car la prison est &#171; fondamentalement &#187; mortif&#232;re, elle &#171; engendre un d&#233;sir de mort &#187; et l'encourage m&#234;me sournoisement. Si l'on va en prison, c'est &#171; aussi pour y mourir de mort lente ou pr&#233;cipit&#233;e &#187; (p. 40) et &#171; c'est par la mort que les prisonniers sentent qu'ils peuvent &#233;chapper &#224; la mort &#187; (p. 41). Toutefois, si ce constat th&#233;orique est souvent vrai, il me semble occulter toutes les&lt;br class='autobr' /&gt;
tentatives individuelles de se soustraire &#224; cette mort lente (activit&#233;s personnelles, drogues, r&#234;ves, moyens de communication avec l'ext&#233;rieur) ainsi que l'adaptation volontaire de certains d&#233;tenus&#8230;au point que certains s'y trouvent m&#234;me &#224; l'aise ou craignent de sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre la prison et la surveillance &#233;lectronique, il existe une torsion du temps et de l'espace : en prison, le temps est dilat&#233; et on ne sait qu'en faire mais l'espace est restreint et permet peu de vie personnelle. Plac&#233; sous surveillance &#233;lectronique, le temps est v&#233;cu au contraire comme restreint, contract&#233;, constamment soumis &#224; des contr&#244;les m&#233;caniques et l'espace est dilat&#233; (d'o&#249; l'essoufflement du condamn&#233; centr&#233; sur tout ce qu'il y a &#224; faire) mais emp&#234;chant de vivre normalement et de fa&#231;on autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur consacre une partie importante de sa r&#233;flexion &#224; analyser la surveillance &#233;lectronique, d&#233;montrant que le porteur du bracelet est devenu un corps sans sujet, sans projet de r&#233;insertion impos&#233; : &#171; loin d' &#171; &#234;tre un corps &#187; (&#8230;), loin de l'&#233;prouver imm&#233;diatement et de l'int&#233;rieur, le plac&#233; le regarde de l'ext&#233;rieur comme un objet entrant en sc&#232;ne et offert en&lt;br class='autobr' /&gt;
spectacle, par cons&#233;quent il ne l'appr&#233;hende que sur le mode de l'avoir &#187; (p. 68). La surveillance &#233;lectronique impose donc au condamn&#233; le camouflage physique et psychologique de ses intentions, de faire semblant car le v&#233;cu est d'abord n&#233;gatif : &#233;viter la prison, s'accommoder et se r&#233;signer. Les pr&#233;judices sont nombreux : le bracelet &#171; produit une sorte&lt;br class='autobr' /&gt;
d'interf&#233;rence entre la conscience du condamn&#233; et ses actions &#187; (p. 85) car &#171; il doit avoir ce syst&#232;me de pilotage continuellement pr&#233;sent &#224; l'esprit (&#8230;), acquisition des techniques corporelles sous la forme de dressage &#187; (p. 86). &#171; La toxicit&#233; du Placement sous surveillance &#233;lectronique r&#233;side l&#224;, dans ce principe de fausse et contraignante adh&#233;sion &#224; un syst&#232;me qui dresse en sanctionnant, qui cherche &#224; produire un comportement tout en ali&#233;nant l'autonomie du sujet &#187;. Il me semble que l'on pourrait affirmer cela pour toutes les sanctions, au-del&#224; des tentatives de m&#233;diation et de conciliation exigeant le consentement des auteurs. Puisque le plac&#233; sous surveillance &#233;lectronique per&#231;oit cette mesure comme une chance qu'il peut toujours perdre, il n'a gu&#232;re de choix : &#171; plut&#244;t que de mourir &#224; petit feu en prison, il pr&#233;f&#232;re bouger encore (&#8230;), r&#233;sister en &#233;vitant la puissance l&#233;tale de la prison, quitte &#224; donner les cl&#233;s de sa maison &#224; l'institution p&#233;nitentiaire et &#224; se laisser regarder au-dedans de lui-m&#234;me, comme &#224; coeur ouvert &#187; (pp. 87-88). Enfin, cette surveillance tend &#224; le robotiser, en faire un objet muni d'un appareillage technique, d'une proth&#232;se : le corps devient un objet en&lt;br class='autobr' /&gt;
mouvement dans le vaste espace de la cyberp&#233;nalit&#233; et du panoptisme int&#233;gral. C'est essentiellement l'absence d'un sens profond et de renouveau de la p&#233;nalit&#233; qui est mis en cause car pour l'instant, comme le soulignait Durkheim, son utilit&#233; est non de pr&#233;venir la r&#233;cidive mais de favoriser la coh&#233;sion sociale, de placer des garde-fous pour les gens qui ne&lt;br class='autobr' /&gt;
commettront sans doute jamais de d&#233;lits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T. Ferri privil&#233;gie ainsi une analyse critique p&#233;n&#233;trante tout en veillant &#224; ne pas &#171; politiser &#187; le d&#233;bat, m&#234;me si certains passages peuvent para&#238;tre virulents dans la description des m&#233;canismes d'enfermement. Il n'en va pas de m&#234;me du second auteur, Dragan Brki&#263;, qui se place r&#233;solument dans une d&#233;marche tr&#232;s critique et politis&#233;e. Il nous invite &#224; d&#233;couvrir la place du corps en prison &#8211; activit&#233;s, vie sexuelle, sport, soins de sant&#233; &#8211; de mani&#232;re tr&#232;s concr&#232;te et critique, et n'h&#233;site pas &#224; mettre en cause les hommes politiques, les fonctionnaires administratifs et certains chercheurs pour exprimer son amertume envers leur indiff&#233;rence ou inefficacit&#233;. Et ses recommandations, v&#233;ritables cris de d&#233;tresse, compl&#232;tent et parfois se joignent &#224; ceux expos&#233;s plus th&#233;oriquement par T. Ferri : &#171; le v&#233;ritable danger pour la s&#233;curit&#233; est de d&#233;truire l'homme en d&#233;tention, de le d&#233;stabiliser et de le rendre plus revanchard&#8230; &#187;. Et encore, &#171; en faisant croire que les constructions de prisons &#233;taient des avanc&#233;es plus humaines, on se trouve au stade ultime de la malhonn&#234;tet&#233; car elles ne font &#171; que renforcer les effets d&#233;socialisants des peines de prison &#187; (p. 107). L'auteur lance quelques id&#233;es &#224; tester : pourquoi ne pas soumettre tout entrant &#224; un bilan de sant&#233; afin de mesurer les cons&#233;quences de la d&#233;tention sur l'&#233;tat des d&#233;tenus &#224; la sortie ? Pourquoi ne pas d&#233;velopper de r&#233;els programmes de sports, avec tout le s&#233;rieux n&#233;cessaire et de vraies collaborations ext&#233;rieures car aujourd'hui, il s'agit avant tout d'occupationnel et de rendre les d&#233;tenus moins agressifs&#8230; Les &#171; 300 moniteurs sportifs de la p&#233;nitentiaire, sorte de garde pr&#233;torienne de la discipline sportive carc&#233;rale &#187; (p. 132) assument une fonction ambig&#252;e, de catalyseurs. Actuellement, les vertus du sport en prison ne sont gu&#232;re pr&#233;sentes : outre qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
est inorganis&#233; et sans r&#232;gle bien d&#233;finie, dans le sport en d&#233;tention c'est la loi du plus fort et le d&#233;foulement qui sont ma&#238;tres. Dragan Brki&#263; fait l'&#233;loge de la prison &#233;cologique norv&#233;gienne de Bastoey et conclut en consid&#233;rant les r&#233;unions d'experts et la plupart des recherches comme des tentatives de repl&#226;trage du syst&#232;me p&#233;nitentiaire. Il n'h&#233;site pas &#224; poser la question fondamentale : &#171; est-ce qu'au fond la prison est en de bonnes mains ? &#187; (p. 143), sans donner les r&#233;ponses et solutions esp&#233;r&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re judicieuse, les deux auteurs croient que la prison n'int&#233;resse pas beaucoup de personnes, vivant souvent &#233;loign&#233;es des murs, et qu'il existe un manque criant d'id&#233;es et de courage. Ce livre introduit imm&#233;diatement dans des d&#233;bats fondamentaux sur le sens de la peine, des peines actuelles. Ils ont le courage de nous rappeler qu'il est, en effet, n&#233;cessaire de repenser les peines en fonction de nos valeurs actuelles dont la hi&#233;rarchie &#233;volue au cours du temps. Le corps du condamn&#233; est le &#171; lieu &#187; de la sanction. Il a rarement &#233;t&#233; abord&#233; de fa&#231;on &#224; nous faire comprendre qu'il est asservi, qu'il est tout autant enferm&#233; dedans que dehors et que ces peines conduisent &#224; la mort du corps, de l'&#234;tre humain. Le discours des deux auteurs est profond, compl&#233;mentaire et leur d&#233;monstration se d&#233;roule de mani&#232;re approfondie en se basant sur des connaissances et exp&#233;riences p&#233;nales convaincantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques exemples de ces propos audacieux nous renvoient &#224; une r&#233;alit&#233; incontestable et trop souvent occult&#233;e. Appelant &#224; penser un autre avenir, Dragan Brki&#263; affirme &#171; nous ne pourrons pas &#233;ternellement tenir dans une telle absurdit&#233; et couardise &#187; (156). Face aux graves manquements, il pense que &#171; la r&#233;alit&#233; carc&#233;rale nous montre que la plupart d'entre eux sont&lt;br class='autobr' /&gt;
des d&#233;sins&#233;r&#233;s, des &#234;tres redondants, au sens de d&#233;chets dont on ne veut plus (&#8230;) &#187; (pp. 129-130). Quant au philosophe T. Ferri, il &#233;nonce justement qu' &#171; il y a en prison, de tels effets de d&#233;pouillement du corps et de la spontan&#233;it&#233;, issus des techniques de discipline et d'enfermement, que les individus d&#233;tenus sont, en leur cellule, comme des pi&#232;ces de boucherie ou de gibier indistinctes se retrouvant align&#233;es, telle une rang&#233;e de menhirs, dans des compartiments identiques et normalis&#233;s, o&#249; ils sont appel&#233;s &#224; subir le gommage de leurs irr&#233;gularit&#233;s. &#187; (p. 70) (&#8230;). Tout aussi justement, il constate que &#171; le milieu carc&#233;ral, par son proc&#233;d&#233; d' &#171; &#233;visc&#233;ration &#187; et de l'habillage des corps, cr&#233;e les conditions logistiques et&lt;br class='autobr' /&gt;
technologiques de la pathologie &#187; (p. 71). Et les techniques ou atteintes corporelles qui en r&#233;sultent sont nombreuses : modifications sensorielles, facult&#233; m&#233;morielle et d&#233;sorientation spatio-temporelle, distorsion entre le regard et la parole (celle-ci est vaine en prison), troubles physiologiques du sommeil et de la digestion, propagation du froid p&#233;nitentiaire &#224; l'int&#233;rieur&lt;br class='autobr' /&gt;
de son &#234;tre, plus grande d&#233;pendance aux m&#233;dicaments, psychotropes. Bref, l'utopie carc&#233;rale est de croire que la prison est un lieu ou une &#171; &#233;cole de la citoyennet&#233; &#187; (p. 41). Et l'auteur met en cause ces intellectuels qui oublient que &#171; le v&#233;cu ne se laisse pas circonscrire par des chiffres ou des notions &#187;, p.41 (&#8230;). Il ajoute que &#171; les utopistes carc&#233;raux brillent par leur&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#233;connaissance de l'exp&#233;rience carc&#233;rale, c'est-&#224;-dire non seulement par l'ignorance de ce qui se passe en prison journellement, mais par l'&#233;loignement de ce qui s'y vit et sy mort (meurt ?) quotidiennement dans la stricte indiff&#233;rence. Ils se contentent de p&#233;rorer sur la prison, &#224; travers des chiffres, des tableaux, des notions et des croyances, et ne s'aper&#231;oivent&lt;br class='autobr' /&gt;
pas combien leurs th&#233;ories les aveuglent et leur font perdre de vue que la prison est avant tout quelque chose qui s'&#233;prouve jusqu'&#224; la moelle. Un prisonnier n'est pas seulement un &#233;l&#233;ment d'une population. Il n'est pas essentiellement une variable d&#233;mographique ou math&#233;matique, mais un &#234;tre fait de chair et d'os. (&#8230;) A l'&#233;vidence, les utopistes et id&#233;ologues carc&#233;raux ne mettent pas r&#233;guli&#232;rement les pieds en d&#233;tention, et ne savent pas de quoi ils parlent &#187; (pp. 41-42). Sans compter que certains mettent leur science au service du &#171; tout s&#233;curitaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre, avec de v&#233;ritables plaidoyers lanc&#233;s par des experts de la p&#233;nalit&#233; et recourant &#224; diverses disciplines, constitue un cri courageux lanc&#233; dans la nuit p&#233;nitentiaire pour une p&#233;nalit&#233; qui remette l'humain et le respect de chaque personne au centre des sanctions, celles qui enferment et celles qui se veulent (r&#233;)&#233;ducatives. Personne ne peut rester indiff&#233;rent &#224; ce qui &#233;crase l'homme : il est urgent de repenser nos peines en fonction de nos valeurs bless&#233;es socialement, sachant que les diff&#233;rentes formes d'enfermement expriment une volont&#233; d'exclure et non d'inclure. Et pour ce faire, en effet, il ne suffit pas d'&#233;tablir des statistiques et de se contenter d'un d&#233;bat sur leur justesse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G&#233;rard De Coninck&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; l'&#201;cole de criminologie,&lt;br class='autobr' /&gt;
Universit&#233; de Li&#232;ge.&lt;br class='autobr' /&gt;
Co-auteur avec Guy Lemire de l'&#233;clairant ouvrage &lt;i&gt;&#202;tre directeur de prison. Regards crois&#233;s entre la Belgique et le Canada&lt;/i&gt; (L'Harmattan, 2011)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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