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	<title>Ici et ailleurs</title>
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	<description>Association pour une Philosophie Nomade</description>
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		<title>Ici et ailleurs</title>
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		<title>Proposition et interventions de Tony Ferri</title>
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		<dc:date>2017-03-23T09:52:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tony Ferri</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; ''Ici et Ailleurs &#8211; Pour une philosophie nomade'' est une association, &#224; but non lucratif, r&#233;gie par la loi de 1901. Quoique issue, dans sa d&#233;cision inaugurale, de la r&#233;union, pour l'essentiel, d'amis form&#233;s &#224; la philosophie ou ayant le go&#251;t de la philosophie, elle est n&#233;e du constat que pour philosopher librement, collectivement, authentiquement, il importe de s'&#233;manciper du cloisonnement universitaire par trop p&#233;tri de codes, de rites, de pratiques, de programmes scl&#233;rosants. A ce titre, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=54" rel="directory"&gt;Qui sommes-nous ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; ''Ici et Ailleurs &#8211; Pour une philosophie nomade'' est une association, &#224; but non lucratif, r&#233;gie par la loi de 1901. Quoique issue, dans sa d&#233;cision inaugurale, de la r&#233;union, pour l'essentiel, d'amis form&#233;s &#224; la philosophie ou ayant le go&#251;t de la philosophie, elle est n&#233;e du constat que pour philosopher librement, collectivement, authentiquement, il importe de s'&#233;manciper du cloisonnement universitaire par trop p&#233;tri de codes, de rites, de pratiques, de programmes scl&#233;rosants. A ce titre, elle ne se veut &#234;tre au service de rien et &#234;tre serf de personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa particularit&#233; r&#233;side dans son nomadisme, c'est-&#224;-dire dans son d&#233;sir de d&#233;placer, tant&#244;t par l'analyse critique, tant&#244;t par l'ironie, tant&#244;t par le r&#233;quisitoire, tant&#244;t encore par l'humour ou la d&#233;rision, les fronti&#232;res entre le possible et l'impossible, le juste et l'injuste, le visible et l'invisible en ce qui concerne notre pr&#233;sent social. Autant dire qu'elle n'a d'yeux que pour l'acte philosophique nourri aux conditions d'une pens&#233;e libre emp&#234;chant de tourner en rond ou de prendre racine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, elle est une association fonci&#232;rement a-politque, en ce sens qu'elle n'est inf&#233;od&#233;e &#224; aucune couleur politique, qu'elle n'a, du fait m&#234;me de son nomadisme, ni &#233;tendard ni hymne &#224; d&#233;fendre et qu'elle n'est &#224; la solde d'aucun pouvoir. Bien au contraire, elle traque dans ses moindres recoins, pour les d&#233;noncer, les travers des pouvoirs quels qu'ils soient &#8211; du pouvoir politique et financier au pouvoir m&#233;diatique et propagandiste, en passant par le pouvoir scolaire, punitif ou r&#233;pressif. A cet &#233;gard, elle contribue &#224; apporter mati&#232;re aux d&#233;bats contemporains portant notamment sur le vivre-ensemble, le devenir des institutions, les relations internationales, la sant&#233; des d&#233;mocraties, la notion de justice. Elle entend se r&#233;approprier une parole libre et r&#233;flexive visant &#224; d&#233;busquer, pour les disqualifier sans m&#233;nagement, dans les discours et les pratiques, les id&#233;ologies de la domination, de la colonisation, du racisme et de l'antis&#233;mitisme, du cl&#233;ricalisme, du patriarcat, du capitalisme, du sexisme, du militarisme, de l'homophobie et du carc&#233;ralisme. Elle est ouverte aux amis de la libert&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premi&#232;re intervention :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je partage tout &#224; fait l'id&#233;e de cet ajout &#171; (&#8230;) et de l'islamophobie &#187;, cela donnerait effectivement, dans le corps du texte, ceci : &#171; (&#8230;) visant &#224; d&#233;busquer, pour les disqualifier sans m&#233;nagement, les id&#233;ologies de la domination, de la colonisation, du racisme, notamment de l'antis&#233;mitisme et de l'islamophobie, du cl&#233;ricalisme (...) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; notamment &#187; permet, en effet, et en quelque mani&#232;re, de jouer subtilement sur deux tableaux : &#224; la fois il int&#232;gre ces particularit&#233;s discursives et comportementalistes racistes dans le terme g&#233;n&#233;rique &#171; racisme &#187;, et laisse poindre tout de m&#234;me des enjeux contemporains saillants dont est marqu&#233;e notre histoire collective. Vous vous souvenez sans doute de l'article de G. Agamben dans Le Monde (publi&#233; vers fin 2015, je crois), dans lequel il affirmait explicitement que le sort r&#233;serv&#233; aujourd'hui aux musulmans ressemble ou risque fort de ressembler &#224; celui qui a &#233;t&#233; fait aux juifs jadis...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis donc favorable, pour ma part, &#224; la formulation sous cette forme &#171; notamment de l'antis&#233;mitisme et de l'islamophobie &#187;. L'expression de &#171; pr&#233;jug&#233; culturel &#187;, quoique int&#233;ressante et riche de sens, pourrait &#234;tre mal comprise par nos lecteurs (un peu comme le mot polys&#233;mique &#171; a-politique &#187;), &#224; moins d'en pr&#233;ciser plus longuement ses nuances...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deuxi&#232;me intervention :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;ponse &#224; Jean Louis :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci beaucoup pour ton message, tes questionnements et tes objections ! Je te d&#233;couvre sous un angle que je ne connaissais pas. Permets-moi de te r&#233;pondre avec un brin d'humour, du moins en m'y essayant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re remarque : n'ayant pas pu &#234;tre pr&#233;sent &#224; la pr&#233;c&#233;dente universit&#233; d'&#233;t&#233;, j'ignorais ce d&#233;tail sur le catholicisme qui t'a tellement &#233;pouvant&#233;. J'ignorais &#233;galement ton attachement au catholicisme (je n'ai rien contre au demeurant), qui en revanche m'amuse un peu, connaissant ton pass&#233; de communard... Un communiste catholique reste donc possible, de m&#234;me que, comme me le faisait derni&#232;rement remarquer un ami, il se peut qu'existent des Suisses communistes (j'en connais un qui a &#233;crit un tr&#232;s beau livre contre le capitalisme, et ce livre m'a plu).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de cette petite tonalit&#233; d'humour, ne perds pas de vue, cher Jean-Louis, la distinction fondamentale entre catholicisme et cl&#233;ricalisme. Dans le catalogue, comme tu dis, n'appara&#238;t pas le terme catholicisme. Et sur ce point, je crois que c'est bien comme cela. N&#233;anmoins, nous nous revendiquons d'aucun Dieu (m&#234;me si je ne suis pas insensible &#224; la question de Dieu) ni d'aucun ma&#238;tre ni d'aucune autorit&#233; ou chapelle. Et le cl&#233;ricalisme, s'il a son histoire comme toute doctrine, il n'en reste pas moins qu'il perdure aujourd'hui sous d'autres formes, et qu'on n'en finit pas comme cela avec le religieux (je n'ai pas dit la religion, et encore moins Dieu). D'autant qu'avec le retour ou le maintien des conservateurs de tout poil dans le creux de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise (cf., la manif. dite pour tous), nous avons fort affaire (en ce que cela nous concerne) et fort &#224; faire avec la d&#233;fense de la condition f&#233;minine, du droit &#224; l'avortement, du droit &#224; la procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e, du droit &#224; la vie homosexuelle, etc. Les acquis ne sont jamais d&#233;finitivement acquis...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Permets-moi de partager avec toi cette information que, tout r&#233;cemment, un groupe catholique, se r&#233;clamant de la personnalit&#233; ou de l'autorit&#233; de Fillon, m'a contact&#233; pour le rejoindre ? Rejoindre le goupe Fillon compos&#233; de 6 000 individualit&#233;s en extase, au nom du catholicisme ? J'esp&#232;re ne pas heurter ta sensibilit&#233; en te confiant que j'ai d&#233;clin&#233; gentiment l'invitation...&lt;br class='autobr' /&gt;
N'oublions pas non plus une chose. L'association &#171; Ici et Ailleurs &#187;, ce me semble, est une association d'amis r&#233;unis autour de &#171; luttes communes &#187;. Et qui dit &#171; luttes &#187;, dit opposition, pas de c&#244;t&#233;, refus, contre-conduite... Si nous &#233;tions dans le meilleur des mondes, nous pourrions, en effet, nous r&#233;clamer de ces belles positivit&#233;s dont tu parles, comme ces intellectuels m&#233;diatiques d'aujourd'hui qui nous vendent de la sagesse. A l'oppos&#233;, Sartre disait, &#224; ce propos, que l'horizon de la philosophie n'est pas la sagesse (petite-bourgeoise), mais les luttes, tant que nous vivrons dans une soci&#233;t&#233; comme la n&#244;tre. Je crois qu'il avait raison, lui qui avait bien per&#231;u les enjeux de notre &#233;poque contemporaine et la n&#233;cessit&#233; de l'engagement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, dernier point : la philosophie de Hegel (comme tu sais, un de ces &#171; monuments &#187; de la philosophie contemporaine) insiste, comme tu le sais &#233;galement, pour montrer comment l'acte de philosopher en tant que tel consiste &#224; &#171; se poser en s'opposant &#187;, comment elle est une activit&#233; de l'esprit et de lutte qui se r&#233;clame de la relation &#224; la fois actuelle, pr&#233;sente, d'une part, et n&#233;gative, r&#233;trospective, &#224; contre-courant, d'autre part. N'ayons donc pas de scrupules &#224; nous d&#233;marquer par le geste de l'opposition &#224; partir duquel nous pouvons faire, bien s&#251;r, des propositions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, il me semble important de lister les axes &#171; principaux &#187; relatifs au cadre de nos luttes pour nos lecteurs, sans entrer dans des d&#233;tails infinis. Mais si tu souhaites ardemment que nous bannissions la lutte anti-cl&#233;ricale, je ne m'en offusquerai pas, puisque, ce qui compte, c'est, dans la mesure du possible, de mettre en suspens nos affects et de nous r&#233;unir &#224; partir d'un socle commun de vues... Pour ma part, sois rassur&#233;, jusqu'&#224; pr&#233;sent, jamais je n'ai &#233;crit un livre ou tenu des propos en public &#171; contre &#187; le catholicisme... Au contraire, le terme m&#234;me d' &#171; amour &#187;, tel que l'a tout particuli&#232;rement r&#233;fl&#233;chi la Bible, reste, &#224; mes yeux, un incontournable. Au point que, dans mon bouquin sur la compulsion de punir, j'ai os&#233; dresser un pont entre le concept d'hospitalit&#233;, tel que le d&#233;ploie notre grand ami Ren&#233; Sch&#233;rer dans son &#339;uvre, et le mot amour au sens chr&#233;tien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Troisi&#232;me intervention :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de tout ce que nous avons &#233;voqu&#233;, jusqu'ici, sur la d&#233;finition de notre anticl&#233;ricalisme, qui ne renvoie, par cons&#233;quent, ni &#224; un anti-catholicisme radical ni &#224; un ath&#233;isme acharn&#233; - je crois que nous en sommes bien d'accord -, il me semble n&#233;anmoins important de pr&#233;ciser deux aspects compl&#233;mentaires de cet anticl&#233;ricalisme dont nous nous r&#233;clamons ou dont nous pouvons nous r&#233;clamer, et ce de &#171; mani&#232;re g&#233;n&#233;rale &#187;, j'ai bien dit de &#171; mani&#232;re g&#233;n&#233;rale &#187;, puisque nous pouvons &#233;largir le d&#233;bat &#224; une dimension autant philosophique que politique, et que nous ne sommes pas moins attach&#233;s aux &#171; id&#233;es &#187; qu'aux &#171; d&#233;cisions &#187; et &#171; actions &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; D'une part, notre anticl&#233;ricalisme provient de ce que notre pens&#233;e ou notre attitude repose sur la volont&#233; de ne pas afficher de &#171; d&#233;vouement aux int&#233;r&#234;ts du clerg&#233; &#187;. Je crois que nous pouvons le dire clairement de cette fa&#231;on-l&#224;. Plus largement, il signale notre opposition &#224; toute forme de radicalisme politico-religieux (les philosophes classiques parlaient, eux, de la sph&#232;re th&#233;ologico-politique) et au pouvoir que ce radicalisme pr&#233;tend d&#233;tenir ou cherche &#224; exercer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; D'autre part, &#233;tant entendu que, pour rappel, le terme clerg&#233; a pour racine le mot &#171; clerc &#187; (ceci n'a pas encore &#233;t&#233; &#233;voqu&#233; entre nous), notre anticl&#233;ricalisme souligne aussi notre refus d'endosser l'attitude ou l'habit du clerc, au double sens suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a. d'abord, en ceci que nous ne nous affichons pas comme des clercs (au sens de Benda qui a &#233;crit &#171; La Trahison des clercs &#187;), c'est-&#224;-dire comme des lettr&#233;s ou, pire encore, comme des mondains ou des privil&#233;gi&#233;s. Bien au contraire, notre association &#171; Ici et Ailleurs &#171; est ouverte &#224; toutes les conditions sociales ; &lt;br class='autobr' /&gt;
b. ensuite, nous sommes anticl&#233;ricaux en ce que nous nous d&#233;fions de toutes ces r&#233;unions intimistes, r&#233;alis&#233;es en conclaves, r&#233;serv&#233;es aux pr&#233;tendues &#233;lites et visant &#224; pr&#233;sider aux destin&#233;es sociales et politiques ; en d'autres termes, nous sommes plus que r&#233;serv&#233;s face &#224; l'attitude de ceux qui d&#233;cident, dans l'intimit&#233; des petites cours recul&#233;es, du sort du plus grand nombre (le grec &#171; kl&#234;ros &#187; v&#233;hicule l'id&#233;e de sort), et cela au nom d'eux-m&#234;mes. Notre r&#233;serve ou notre d&#233;fiance sont d'autant plus justifi&#233;es que les d&#233;cisions prises par ces clercs ou &#233;lites de tout poil sont tr&#232;s souvent, sinon les pires, du moins les plus compromettantes ou les plus accablantes pour notre pr&#233;sent et notre futur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pouvoir et politique p&#233;nale. De la prison &#224; la surveillance &#233;lectronique</title>
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		<dc:date>2016-06-17T08:31:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tony Ferri</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Sortie programm&#233;e, en octobre prochain, de Pouvoir et politique p&#233;nale. De la prison &#224; la surveillance &#233;lectronique, Paris, &#233;ditions Libre et Solidaire, 2016. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si vous souhaitez &#233;ventuellement obtenir plus de d&#233;tails sur le livre, conna&#238;tre ses caract&#233;ristiques et lire quelques extraits, je vous invite &#224; consulter mon blog o&#249; deux fichiers pdf sont express&#233;ment mis &#224; votre disposition : &lt;br class='autobr' /&gt;
http://tonyferri.unblog.fr/2016/06/...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=21" rel="directory"&gt;Parutions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sortie programm&#233;e, en octobre prochain, de &lt;i&gt;Pouvoir et politique p&#233;nale. De la prison &#224; la surveillance &#233;lectronique&lt;/i&gt;, Paris, &#233;ditions Libre et Solidaire, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous souhaitez &#233;ventuellement obtenir plus de d&#233;tails sur le livre, conna&#238;tre ses caract&#233;ristiques et lire quelques extraits, je vous invite &#224; consulter mon blog o&#249; deux fichiers pdf sont express&#233;ment mis &#224; votre disposition :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://tonyferri.unblog.fr/2016/06/13/a-paraitre-t-ferri-pouvoir-et-politique-penale-de-la-prison-a-la-surveillance-electronique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://tonyferri.unblog.fr/2016/06/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_242 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/IMG/pdf/Presentation_Tony_Ferri.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 384.6 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1773004269' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; L'insignifiance des dispositifs de placement sous surveillance &#233;lectronique &#187;</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=542</link>
		<guid isPermaLink="true">https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=542</guid>
		<dc:date>2016-05-15T07:45:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tony Ferri</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Parution, dans la Revue europ&#233;enne de psychologie et de droit, d'un article qui a pour titre : &#171; L'insignifiance des dispositifs de placement sous surveillance &#233;lectronique &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il fait suite &#224; celui de janvier dernier portant sur les particularit&#233;s du r&#233;gime de la surveillance &#233;lectronique p&#233;nale. En effet, cons&#233;cutivement aux id&#233;es que j'y ai d&#233;velopp&#233;es et notamment &#224; la lecture de ce passage : &#171; Mais l'essentiel n'est pas l&#224; : il tient bien davantage au fait qu'une conversation entre le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=21" rel="directory"&gt;Parutions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parution, dans la &lt;i&gt;Revue europ&#233;enne de psychologie et de droit&lt;/i&gt;, d'un article qui a pour titre : &lt;strong&gt;&#171; L'insignifiance des dispositifs de placement sous surveillance &#233;lectronique &#187;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fait suite &#224; celui de janvier dernier portant sur les particularit&#233;s du r&#233;gime de la surveillance &#233;lectronique p&#233;nale. En effet, cons&#233;cutivement aux id&#233;es que j'y ai d&#233;velopp&#233;es et notamment &#224; la lecture de ce passage : &#171; Mais l'essentiel n'est pas l&#224; : il tient bien davantage au fait qu'une conversation entre le contr&#244;leur et le porteur n'est pas spontan&#233;e, mais, &#224; l'inverse, r&#233;sulte m&#233;caniquement d'une situation d'incident, comme lorsque le plac&#233; a quitt&#233; son domicile plus t&#244;t ou l'a regagn&#233; plus tard que ce qui est initialement pr&#233;vu par le jugement de placement ou la d&#233;cision d'assignation. En outre, nous aurons &#224; y revenir ci-apr&#232;s, une demande d'explication, qui se caract&#233;rise par l'identification des causes, en l'occurrence ici celle des causes de l'incident, ne saurait &#233;quivaloir - le point est absolument crucial &#8211; &#224; une tentative de compr&#233;hension, qui rel&#232;ve bien autrement de la sph&#232;re du sens. Autrement dit, expliquer n'est pas comprendre, d&#233;terminer les causes n'est pas signifier &#187;, il m'a sembl&#233; important, sur la demande de quelques lecteurs qui m'ont alors pos&#233; la question de savoir ce que c'est que signifier et comprendre, d'expliciter philosophiquement le concept de sens et de montrer dans quelle mesure se d&#233;gage des dispositifs de PSE une irr&#233;vocable insignifiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sorte que, de m&#234;me que, dans l'article de janvier intitul&#233; &lt;i&gt;&#171; Retour sur les particularit&#233;s du r&#233;gime de la surveillance &#233;lectronique p&#233;nale &#187;&lt;/i&gt;, &#233;tait pos&#233;e, en creux, la question de savoir ce que c'est qu'un homme libre, de m&#234;me, dans ce pr&#233;sent article, appara&#238;t, en question de fond, celle de savoir ce que c'est que &#171; faire sens &#187; ou &#171; avoir du sens &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous le souhaitez, vous pouvez consulter ce texte en ouvrant la pi&#232;ce jointe ou en cliquant sur le lien suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.psyetdroit.eu/linsignifiance-des-dispositifs-de-placement-sous-surveillance-electronique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.psyetdroit.eu/linsignifi...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_229 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/IMG/pdf/TF-Linsignifiance-des-dispositifs-de-placement.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 396 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1773004269' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Placement sous surveillance &#233;lectronique. Vers la normalisation du contr&#244;le</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=541</link>
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		<dc:date>2016-04-20T06:55:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tony Ferri</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Entre autre chose, deux axes de r&#233;flexion y sont privil&#233;gi&#233;s : un axe &#171; architectural &#187; vis-&#224;-vis duquel il s'agit de d&#233;crire les particularit&#233;s de l'organisation et du fonctionnement architectonique des milieux observ&#233;s, en faisant cas de la dimension spatiale et structurale de l'enfermement, qui exc&#232;de de loin le seul cadre de la prison ; un axe d'interrogation portant sur les conditions et les mani&#232;res d' &#171; habiter &#187; les espaces surveill&#233;s, s'attachant &#224; la dimension empirique ou (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=21" rel="directory"&gt;Parutions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Entre autre chose, deux axes de r&#233;flexion y sont privil&#233;gi&#233;s :&lt;br class='autobr' /&gt;
un axe &#171; architectural &#187; vis-&#224;-vis duquel il s'agit de d&#233;crire les particularit&#233;s de l'organisation et du fonctionnement architectonique des milieux observ&#233;s, en faisant cas de la dimension spatiale et structurale de l'enfermement, qui exc&#232;de de loin le seul cadre de la prison ;&lt;br class='autobr' /&gt;
un axe d'interrogation portant sur les conditions et les mani&#232;res d' &#171; habiter &#187; les espaces surveill&#233;s, s'attachant &#224; la dimension empirique ou exp&#233;rientielle de l'enfermement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Loin d'&#234;tre ind&#233;pendantes l'une de l'autre, ces deux dimensions s'interp&#233;n&#232;trent et se remod&#232;lent sans cesse l'une l'autre. Il n'y a pas de mani&#232;res d' &#171; habiter &#187; sans contraction d' &#171; habitudes &#187;, int&#233;riorisation d' &#171; habitus &#187;, fa&#231;on de &#171; s'habiller &#187; ou d' &#171; habiller &#187; son comportement, par cons&#233;quent sans un ancrage &#224; l'int&#233;rieur d'un &#233;cosyst&#232;me enveloppant associ&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fid&#232;le &#224; la th&#232;se que je d&#233;fends, depuis quelques ann&#233;es, selon laquelle le p&#233;nal trouve non seulement des relais, mais de redoutables applications dans le civil (au m&#234;me titre qu'il y a des implications du militaire vers le civil), il s'ensuit que, pour comprendre la fa&#231;on dont &#233;voluent nos soci&#233;t&#233;s contemporaines vers le contr&#244;le g&#233;n&#233;ralis&#233;, il importe d'en &#233;tudier et approfondir la &lt;i&gt;racine&lt;/i&gt; offerte par son meilleur paradigme, &#224; savoir le placement sous surveillance &#233;lectronique. Chose que j'ai d&#233;j&#224;, certes, tent&#233; de faire, en partie, par le pass&#233;, mais qu'il importe de reprendre ici, &#224; de nouveaux frais, en articulant bien davantage encore l'aspect g&#233;om&#233;trique (le quantitatif) &#224; l'aspect mat&#233;riel (le qualitatif), selon des donn&#233;es d'analyse remises &#224; jour.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, je suis pour le moins tr&#232;s heureux que ce livre soit introduit par une d&#233;licieuse pr&#233;face de Chris Youn&#232;s &#8211; et m&#234;me honor&#233;, tant elle repr&#233;sente, &#224; mes yeux, l'une des figures centrales de la philosophie contemporaine. Au point qu'il m'arrive tr&#232;s souvent de dire &#224; mes amies th&#233;oriciennes ou militantes du f&#233;minisme qu'il suffit de citer Chris Youn&#232;s, &#224; c&#244;t&#233; d'Hannah Arendt, de Simone Weil ou de Louise Michel par exemple, pour faire taire les &#226;neries aveugl&#233;es par une volont&#233; de domination masculine...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;loge du pilori. Consid&#233;rations intempestives sur les arts de punir </title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=523</link>
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		<dc:date>2015-12-01T16:39:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tony Ferri</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Parution effective du livre d'Alain Brossat, &#201;loge du pilori. Consid&#233;rations intempestives sur les arts de punir - Entretien avec Tony Ferri (L'Harmattan, 2015). &lt;br class='autobr' /&gt;
Collection &#171; Logiques des p&#233;nalit&#233;s contemporaines &#187; ISBN : 978-2-343-06985-2 &#8226; 12,50 &#8364; &#8226; 102 pages &lt;br class='autobr' /&gt;
Alain Brossat : &#171; Droit de punir, pouvoir de punir... Je vais prof&#233;rer une &#233;normit&#233; : et pourquoi, pour une fois, ne pas tenter de bouleverser notre entendement de ces questions en parlant plut&#244;t de la punition comme un art ou des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=21" rel="directory"&gt;Parutions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Parution effective du livre d'&lt;strong&gt;Alain Brossat&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;&#201;loge du pilori. Consid&#233;rations intempestives sur les arts de punir - Entretien avec Tony Ferri&lt;/i&gt; (L'Harmattan, 2015).&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Collection &#171; Logiques des p&#233;nalit&#233;s contemporaines &#187; ISBN : 978-2-343-06985-2 &#8226; 12,50 &#8364; &#8226; 102 pages&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alain Brossat&lt;/strong&gt; : &#171; &lt;i&gt;Droit de punir, pouvoir de punir&lt;/i&gt;... Je vais prof&#233;rer une &#233;normit&#233; : et pourquoi, pour une fois, ne pas tenter de bouleverser notre entendement de ces questions en parlant plut&#244;t de la punition comme un art ou des &lt;i&gt;arts de punir&lt;/i&gt; ? Pourquoi ne pas tenter de bousculer le r&#233;gime des affects et sentiments auxquels s'associe le geste de punir et la punition, en les d&#233;liant de la tristesse, de la vindicte, du ressentiment, et en les associant plut&#244;t au rire, au vital, &#224; l'imagination ? Pourquoi l'action punitive et la repr&#233;sentation de la punition doivent-ils n&#233;cessairement &#234;tre circonscrits dans le domaine des actions lourdes, sinistres, fun&#232;bres, au point que, d'une personne aussi sombre et rev&#234;che que possible, on dira : &lt;i&gt;elle est aimable comme une porte de prison ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A.B. : &#171; Il faudrait se demander s&#233;rieusement, bien s&#251;r, pourquoi le domaine punitif est par excellence celui dans lequel nous nous accrochons &#224; la fausse &#233;vidence de la naturalit&#233; des objets, au point que les t&#234;tes les mieux faites et les esprits les mieux avertis qui ont sous les yeux l'&#233;chec irr&#233;m&#233;diable de la prison p&#233;nitentiaire depuis un si&#232;cle et demi s'av&#232;rent tout &#224; fait incapables d'imaginer un monde sans prison(s), et d&#233;crient comme des r&#234;veurs incons&#233;quents ceux qui pr&#244;nent son d&#233;p&#233;rissement ou son abolition. Pour cette raison, leurs dispositions r&#233;formatrices demeurent englu&#233;es dans le discours de l'humanisation de la condition des d&#233;tenus. Le contraste est saisissant entre cette t&#233;tanie et ce que nous savons par ailleurs : s'il est un domaine dans lequel l'imagination humaine n'a jamais &#233;t&#233; prise de cours, c'est bien celui des ch&#226;timents et des p&#233;nalit&#233;s ! Une telle inventivit&#233; a d'ailleurs de quoi inqui&#233;ter : nous mettons manifestement, &#224; toutes les &#233;poques et sous toutes les latitudes, bien davantage d'&#233;nergie et d&#233;ployons beaucoup plus d'ing&#233;niosit&#233; lorsqu'il s'agit de sanctionner, faire souffrir un coupable ou l'&#233;liminer que lorsque, disons, il est question de faire une petite place au dernier venu, &#224; l'&#233;tranger... &#187;, dans A. Brossat, &lt;i&gt;&#201;loge du pilori. Consid&#233;rations intempestives sur les arts de punir &#8211; Entretien avec Tony Ferri&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan, coll. &#171; Les logiques des p&#233;nalit&#233;s contemporaines &#187;, septembre 2015, pp. 28-29.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;EXTRAIT&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La discussion courante, quant &#224; la question de savoir si une soci&#233;t&#233; a &#171; le droit &#187; de punir, si le crime est l'effet de conditions sociales malheureuses, injustes ou bien s'il est &#171; enracin&#233; dans la nature humaine &#187;, toute cette discussion sur des g&#233;n&#233;ralit&#233;s sans frais me para&#238;t parfaitement oiseuse. Je partirais plut&#244;t de cette solide &#233;vidence : toute soci&#233;t&#233; punit, et elle le fait dans des formes qui lui appartiennent en propre - celles-ci sont d'une infinie vari&#233;t&#233;. Ce que nous savons moins bien, en revanche, c'est ce qu'il en est de la diversit&#233; des affects collectifs qui soutiennent et accompagnent les mille fa&#231;ons de punir, dans l'infinit&#233; des circonstances o&#249; elles se produisent. Quelles sont les dispositions affectives dans lesquelles une tribu amazonienne chasse un de ses membres qui s'est rendu coupable d'une grave infraction &#224; ses r&#232;gles ou destitue son chef ? Nous n'en savons &#233;videmment rien, mais nous sommes en droit de supposer que le r&#233;gime courant de la vengeance et du plaisir qui l'accompagne, motif qui nous est si familier (dans les conditions m&#234;me o&#249; les Grecs sont cens&#233;s nous avoir enseign&#233;, il y a plus de deux mill&#233;naires, que la Justice est ce qui nous d&#233;lie de la vindicte et interrompt la spirale vindicative...) est une production culturelle, et non un invariant anthropologique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rien ne nous interdit d'imaginer un r&#233;gime d'association de la punition qui en lie la pratique &#224; des passions moins basses. En punissant, le groupe, la collectivit&#233;, la communaut&#233; entend &#171; se d&#233;fendre &#187;, c'est entendu. Mais cela suppose-t-il n&#233;cessairement qu'ils le fassent en s'&#233;tablissant sur des dispositions dont l'horizon est la mort (le plaisir de la mort inflig&#233;e), plut&#244;t que la passion du renouveau de la vie ? C'est plut&#244;t du c&#244;t&#233; de l'art, de la litt&#233;rature et du cin&#233;ma, que l'on trouverait, je crois, des exemples susceptibles de soutenir cette perspective et de montrer que cette autre sensibilit&#233; (disposition) au punir et &#224; la punition s'&#233;bauche dans des fragments narratifs, des images h&#233;t&#233;rotopiques. Il me semble me rappeler qu'&#224; la fin du film de Jean Renoir,&lt;i&gt; Le crime de Monsieur Lange&lt;/i&gt;, la punition de Batala, le patron v&#233;reux et vraiment odieux incarn&#233; par Jules Berry, s'effectue sur un mode collectif, communautaire, cathartique qui est plut&#244;t joyeux et lib&#233;rateur, associ&#233; au rire, plut&#244;t que sombre, guind&#233; et tout de noir v&#234;tu, comme l'est toujours &#171; la Justice &#187;, quand elle passe, comme un cort&#232;ge fun&#233;raire... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici &#233;galement le lien vers le site de L'Harmattan qu'il vous est loisible de consulter :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&amp;obj=livre&amp;no=48134&amp;razSqlClone=1&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.editions-harmattan.fr/in...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Force est de reconna&#238;tre que ce livre donne authentiquement &#224; r&#233;fl&#233;chir, et ne manque pas de secouer les plus sottes habitudes d'opiner sur le sujet...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;loge du pilori. Consid&#233;rations intempestives sur les arts de punir - Entretien avec Tony Ferri</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=510</link>
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		<dc:date>2015-09-04T07:10:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tony Ferri</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Parution prochaine du nouveau livre d'Alain Brossat. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce livre, qui associe finement la dr&#244;lerie au s&#233;rieux, le p&#233;nal au politique, le d&#233;sopilant au d&#233;sesp&#233;rant, aborde la question des p&#233;nalit&#233;s sous un jour totalement neuf, et d'une mani&#232;re on ne peut plus originale, vivifiante, percutante. D'un foisonnement incomparable, se tenant r&#233;solument &#224; l'&#233;cart des sentiers battus, sa particularit&#233; r&#233;side dans le fait qu'il invite la pens&#233;e &#224; se d&#233;saxer de la mani&#232;re pour le moins coutumi&#232;re, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=21" rel="directory"&gt;Parutions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parution prochaine du nouveau livre d'&lt;strong&gt;Alain Brossat&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre, qui associe finement la dr&#244;lerie au s&#233;rieux, le p&#233;nal au politique, le d&#233;sopilant au d&#233;sesp&#233;rant, aborde la question des p&#233;nalit&#233;s sous un jour totalement neuf, et d'une mani&#232;re on ne peut plus originale, vivifiante, percutante. D'un foisonnement incomparable, se tenant r&#233;solument &#224; l'&#233;cart des sentiers battus, sa particularit&#233; r&#233;side dans le fait qu'il invite la pens&#233;e &#224; se d&#233;saxer de la mani&#232;re pour le moins coutumi&#232;re, routini&#232;re et morne de traiter de l'univers de la peine. Ce livre montre, pr&#233;cis&#233;ment &#224; propos des p&#233;nalit&#233;s, comment philosopher tout en riant et comment rire tout en philosophant. Ce faisant, il &#233;gratigne avec humour et lucidit&#233; les grands travers de notre temps...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant dire que ce livre, qui ne manque pas de souffle, est &#224; d&#233;couvrir absolument, sans mod&#233;ration ni retenue !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faudrait se demander s&#233;rieusement, bien s&#251;r, pourquoi le domaine punitif est par excellence celui dans lequel nous nous accrochons &#224; la fausse &#233;vidence de la naturalit&#233; des objets, au point que les t&#234;tes les mieux faites et les esprits les mieux avertis qui ont sous les yeux l'&#233;chec irr&#233;m&#233;diable de la prison p&#233;nitentiaire depuis un si&#232;cle et demi s'av&#232;rent tout &#224; fait incapables d'imaginer un monde sans prison(s), et d&#233;crient comme des r&#234;veurs incons&#233;quents ceux qui pr&#244;nent son d&#233;p&#233;rissement ou son abolition. Pour cette raison, leurs dispositions r&#233;formatrices demeurent englu&#233;es dans le discours de l'humanisation de la condition des d&#233;tenus. Le contraste est saisissant entre cette t&#233;tanie et ce que nous savons par ailleurs : s'il est un domaine dans lequel l'imagination humaine n'a jamais &#233;t&#233; prise de cours, c'est bien celui des ch&#226;timents et des p&#233;nalit&#233;s ! Une telle inventivit&#233; a d'ailleurs de quoi inqui&#233;ter : nous mettons manifestement, &#224; toutes les &#233;poques et sous toutes les latitudes, bien davantage d'&#233;nergie et d&#233;ployons beaucoup plus d'ing&#233;niosit&#233; lorsqu'il s'agit de sanctionner, faire souffrir un coupable ou l'&#233;liminer que lorsque, disons, il est question de faire une petite place au dernier venu, &#224; l'&#233;tranger... &#187;, dans A. Brossat, &lt;i&gt;&#201;loge du pilori. Consid&#233;rations intempestives sur les arts de punir &lt;/i&gt; &#8211; Entretien avec Tony Ferri, Paris, L'Harmattan, coll. &#171; Les logiques des p&#233;nalit&#233;s contemporaines &#187;, septembre 2015, pp.28-29.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La compulsion de punir</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=498</link>
		<guid isPermaLink="true">https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=498</guid>
		<dc:date>2015-06-17T11:52:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tony Ferri</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Pr&#233;face du philosophe Ren&#233; Sch&#233;rer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Postface du professeur Lo&#239;ck-M. Villerbu. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Interrogeant, &#224; nouveau, le sens des p&#233;nalit&#233;s, Tony Ferri explore, dans ce livre, la question difficile et d&#233;cisive de savoir d'o&#249; vient le besoin insatiable de punir. Comment, en effet, comprendre l'attitude du corps social, du l&#233;gislateur, des gens pr&#233;tendument bien ins&#233;r&#233;s lorsqu'ils lancent des appels appuy&#233;s, parfois nerveusement, les yeux exorbit&#233;s et les l&#232;vres &#233;cumantes, &#224; r&#233;primer toujours davantage (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=21" rel="directory"&gt;Parutions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pr&#233;face du philosophe Ren&#233; Sch&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Postface du professeur Lo&#239;ck-M. Villerbu. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Interrogeant, &#224; nouveau, le sens des p&#233;nalit&#233;s, Tony Ferri explore, dans ce livre, la question difficile et d&#233;cisive de savoir d'o&#249; vient le besoin insatiable de punir. Comment, en effet, comprendre l'attitude du corps social, du l&#233;gislateur, des gens pr&#233;tendument bien ins&#233;r&#233;s lorsqu'ils lancent des appels appuy&#233;s, parfois nerveusement, les yeux exorbit&#233;s et les l&#232;vres &#233;cumantes, &#224; r&#233;primer toujours davantage ceux qu'ils vomissent sous le nom de d&#233;linquants ? Comment expliquer l'intarissable inflation punitive ? La hausse des condamnations proc&#232;de-t-elle d'une tendance des individus &#224; commettre plus facilement des infractions aujourd'hui qu'hier ou, au contraire, d'un d&#233;sir oc&#233;anique d'intol&#233;rance, voire d'une compulsion incompressible de punir ? Au fond, quels sont les ressorts cach&#233;s des condamnations ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien loin qu'une suppos&#233;e &#171; nature humaine &#187; commande le comportement infractionnel, l'auteur met ici le doigt sur les effets d&#233;l&#233;t&#232;res de la cr&#233;ation perp&#233;tuelle de nouveaux d&#233;lits, sur le caract&#232;re hyst&#233;rique et pathologique de la mont&#233;e de l'intol&#233;rance, sur les cons&#233;quences inqui&#233;tantes de la gestion d'un contentieux devenu explosif, sur le malheur social tenant au maintien, &#224; un haut niveau, du r&#233;gime de l'enfermement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au rythme o&#249; vont les condamnations, apr&#232;s la cr&#233;ation, en r&#233;alit&#233; assez r&#233;cente au regard de l'histoire des p&#233;nalit&#233;s, de d&#233;lits relatifs, par exemple, &#224; la conduite sans permis, &#224; l'&#233;tablissement de ch&#232;ques sans provision ou au non-paiement de la pension alimentaire, il y a tout lieu de se demander si les gens apparemment bien sous tous rapports, qui appellent de leurs v&#339;ux la multiplication et le durcissement des peines, ne seront pas ceux qui, demain, seront plac&#233;s sous &#233;crou ou sous surveillance &#233;lectronique...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tony Ferri est philosophe, essayiste, chercheur au laboratoire Gerphau, conseiller p&#233;nitentiaire d'insertion et de probation, sp&#233;cialiste du champ p&#233;nitentiaire et du registre de l'application des peines, auteur de plusieurs ouvrages, dont r&#233;cemment, en co-&#233;criture,&lt;/i&gt; Punition et risque. Les ge&#244;les du quotidien &lt;i&gt;(Studyrama, 2015).&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Ren&#233; Sch&#233;rer est philosophe, &#233;crivain, professeur &#233;m&#233;rite de philosophie &#224; l'Universit&#233; de Paris 8, auteur de nombreux ouvrages dont derni&#232;rement&lt;/i&gt; le Petit alphabet impertinent &lt;i&gt;(Hermann, 2014), et &lt;/i&gt; En qu&#234;te de r&#233;el. R&#233;flexions sur le droit de punir, le fouri&#233;risme et quelques autres th&#232;mes &#8211; Entretien avec Tony Ferri &lt;i&gt;(L'Harmattan, 2014).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Lo&#239;ck-M Villerbu est professeur &#233;m&#233;rite des Universit&#233;s de Rennes 2 et de Paris 7, expert psychologue pr&#232;s la Cour d'appel de Rennes, fondateur du Master de psycho-criminologie et victimologie et de l'Institut de Criminologie et Sciences Humaines, du GIS-CRIMSO. Site &lt;/i&gt; &lt;a href='https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/villerbu-criminologie.fr'&gt;villerbu-criminologie.fr&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lien vers L'Harmattan :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&amp;obj=livre&amp;no=47384&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.editions-harmattan.fr/in...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> &#034;Sortir de la d&#233;mocratie&#034; d'Ali Kebir</title>
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		<dc:creator>Tony Ferri</dc:creator>



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&lt;p&gt;Paris, L'Harmattan, coll. &#171; Quelle dr&#244;le d'&#233;poque ! &#187;, 2015. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sentation par Tony Ferri &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce livre, Ali Kebir aborde la question du statut de la d&#233;mocratie, dans sa forme occidentale et parlementariste, ainsi que celle du rapport de la d&#233;mocratie &#224; ses sujets. Ce faisant, dans un style fluide, direct et percutant, il agite quelque chose qui est de l'ordre de l'&#171; impens&#233; &#187;, s'attaque &#224; quelque chose comme une &#233;vidence, puisqu'il s'agit pour lui d'identifier non seulement les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=21" rel="directory"&gt;Parutions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Paris, L'Harmattan, coll. &#171; Quelle dr&#244;le d'&#233;poque ! &#187;, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sentation par &lt;strong&gt;Tony Ferri&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce livre, &lt;strong&gt;Ali Kebir&lt;/strong&gt; aborde la question du statut de la d&#233;mocratie, dans sa forme occidentale et parlementariste, ainsi que celle du rapport de la d&#233;mocratie &#224; ses sujets. Ce faisant, dans un style fluide, direct et percutant, il agite quelque chose qui est de l'ordre de l'&#171; impens&#233; &#187;, s'attaque &#224; quelque chose comme une &#233;vidence, puisqu'il s'agit pour lui d'identifier non seulement les faiblesses et les insuffisances de la d&#233;mocratie pourtant enregistr&#233;e d&#233;sormais comme le meilleur des r&#233;gimes politiques, mais les processus historiques et culturels qui ont constitu&#233; les sujets politiques d'aujourd'hui comme des citoyens d&#233;mocratiques &#224; part enti&#232;re. D'o&#249; vient le fait que les citoyens admettent aujourd'hui la d&#233;mocratie sinon comme le bien politique supr&#234;me, du moins comme un r&#233;gime quasi incontestable et presque naturel, alors m&#234;me qu'elle est historiquement advenue, qu'elle v&#233;hicule des technologies de pouvoir et qu'elle est le r&#233;sultat de relations complexes (sociales, politiques, historiques, culturelles) autour desquelles gravite l'enjeu majeur de la reconduction, de la conservation, de la perp&#233;tuation de la domination d'un groupe (les puissants, les d&#233;cideurs, les poss&#233;dants) sur d'autres groupes (les sujets ou &#171; assujettis &#187; d&#233;mocratiques, les domin&#233;s) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le geste de ce livre consiste donc en une sorte de &#171; profanation &#187; d'une &#233;vidence massive, de l'&#233;vidence d&#233;mocratique comme id&#233;al ou meilleur r&#233;gime politique, non pas pour d&#233;fendre l'id&#233;e d'un retour en arri&#232;re vers l'Ancien R&#233;gime par exemple, ou op&#233;rer des hi&#233;rarchies entre les diff&#233;rents r&#233;gimes politiques, mais pour contribuer plus subtilement &#224; percevoir ce que nos d&#233;mocraties modernes ont de paradoxalement mortif&#232;re, de fonci&#232;rement in&#233;galitaire, de farouchement oppressant dans leur organisation et leur fonctionnement, afin de r&#233;fl&#233;chir &#224; des perspectives d'&#233;mancipation et de tracer les contours d'une possibilit&#233; d'am&#233;lioration ou d'enrichissement du vivre-ensemble. Il s'agit pour l'auteur de &#171; d&#233;gager la possibilit&#233; d'un horizon autre &#187; &lt;i&gt;(Ibid.&lt;/i&gt;, p. 10) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La d&#233;mocratie fait donc l'objet d'une &lt;i&gt;&#233;vidence&lt;/i&gt; : &#224; la fois, validit&#233; incontest&#233;e d'un objet et omnipr&#233;sence d'un discours qui en fait son th&#232;me et qui lui donne r&#233;alit&#233; en l'installant dans un bruissement discursif incessant. On est unanime &#224; son sujet et on ne cesse d'en parler (...) : elle est le &lt;i&gt;paradigme&lt;/i&gt; du v&#233;ritable bien politique par exclusion de tout autre. Elle s'installe alors comme discours dominant : aucun autre ne peut &#234;tre tenu contre lui. Silence autour de la d&#233;mocratie &#187;. (&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 9).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit bien d'un livre aux accents de profanation, au sens o&#249; il vise &#224; aller &#224; contre-courant de l'&#233;vidence d&#233;mocratique marqu&#233;e par la saturation des discours ambiants en faveur du tout d&#233;mocratique et par des op&#233;rations de paralysie de la critique, de la contestation, des efforts d'&#233;mancipation et des vell&#233;it&#233;s de r&#233;volte. Si la d&#233;mocratie se glorifie de valoriser la libert&#233; d'expression, cette libert&#233; d'expression reste sous conditions, pr&#233;cis&#233;ment sous condition du pouvoir. D'o&#249; il r&#233;sulte le probl&#232;me suivant : comment, en effet, critiquer aujourd'hui la d&#233;mocratie sans se voir tax&#233; du m&#234;me coup d'alliance avec le terrorisme ou l'islamisme ? Comment soutenir une position alternative ou favorable &#224; l'abstention ou au vote blanc, sans essuyer m&#233;caniquement l'accusation de trahison ou recevoir en retour des reproches ou des invectives en termes d'irresponsabilit&#233; ou d'inconscience suppos&#233;es ? Comment, au fond, s'essayer &#224; examiner les d&#233;fauts, voire les d&#233;rives ou les dangers de la d&#233;mocratie sans courir aussit&#244;t le risque d'&#234;tre rang&#233; du c&#244;t&#233; des chantres des dictatures ou des totalitarismes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de viser &#224; substituer un mod&#232;le politique &#224; un autre, loin de vouloir imposer un quelconque programme politique vertical ou pyramidal d'&#233;mancipation, A. Kebir propose, dans son livre, de r&#233;fl&#233;chir &#224; la possibilit&#233; de &#171; sortir de la d&#233;mocratie &#187; en investissant des&lt;br class='autobr' /&gt;
champs d'activit&#233; politique in&#233;dits, en explorant des nouvelles pratiques de la coexistence, en exp&#233;rimentant des nouvelles formes de lutte et de r&#233;sistance, en adoptant des postures v&#233;ritablement &lt;i&gt;h&#233;t&#233;rog&#232;nes, non prescriptives&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;minoritaires&lt;/i&gt;, et donc plac&#233;es en dehors de la normativit&#233; communicationnelle et du conformisme ambiant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mais il faut bien comprendre que toutes les postures non d&#233;mocratiques &#233;voqu&#233;es plus haut, qui sont des possibilit&#233;s pour nous, &lt;i&gt;ne constituent pas un mod&#232;le politique&lt;/i&gt;, m&#234;me pas un programme (...). Elles sont des &lt;i&gt;&#233;ventualit&#233;s particuli&#232;res&lt;/i&gt; sur lesquelles on ne se d&#233;cide que &lt;i&gt;sur le moment, et dans le lieu concern&#233;&lt;/i&gt;, qu'on n'&#233;rige pas et qu'on ne doit pas &#233;riger comme r&#232;gle universelle. Sortir de la d&#233;mocratie, c'est s'&#233;manciper d'une injonction totalisante abstraite qui nous rend parfois aveugles &#224; la domination et fait de nous ses complices. Sortir de la d&#233;mocratie, c'est se d&#233;faire de la norme exclusive de la discussion, de la mise en &#233;quivalence consensuelle, pour reconna&#238;tre que le politique est &lt;i&gt;antagonisme&lt;/i&gt;, qu'il y est au fond question de victoire et de d&#233;faite, que la lutte contre la domination appelle des moyens non consensuels, non communicationnels &#187;. (&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 12).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En contrepoint au constat de l'imposante &#233;vidence d&#233;mocratique, l'auteur fait un autre constat, celui de l'existence d'une d&#233;sillusion &#224; l'encontre de la d&#233;mocratie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les r&#233;flexions qui suivent partent de ce constat : l'omnipr&#233;sence d'un id&#233;al au sujet duquel nous sommes pourtant d&#233;senchant&#233;s &#187;. (&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 9). Et pour cause : &#171; Son id&#233;al a &#233;videmment de quoi&lt;br class='autobr' /&gt;
s&#233;duire, mais il a pour chacun de nous aujourd'hui un go&#251;t amer, le parfum d'une trahison : collusion des gouvernants et des poss&#233;dants, paup&#233;risation, discriminations raciales,, sexuelles, etc. &#187;. (&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 8). Et de noter sur la m&#234;me page : &#171; L'Irak, comme chacun sait ou devrait savoir, en fait les frais aujourd'hui. Des milliers de morts, du sang, du sang, et des larmes en dommages directs ou collat&#233;raux &#187;. (&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 8).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de souligner les limites et les p&#233;rils du tout d&#233;mocratique, afin aussi et surtout de d&#233;voiler les conditions historiques par lesquelles la d&#233;mocratie s'est impos&#233;e &#224; la fois comme syst&#232;me politique &#233;vident et comme d&#233;sir, l'auteur a recours &#224; la m&#233;thode de la g&#233;n&#233;alogie critique h&#233;rit&#233;e de M. Foucault. Cette m&#233;thode g&#233;n&#233;alogique offre, pour l'auteur, une alternative s&#233;rieuse et m&#234;me sup&#233;rieure &#224; celle que propose l'&#201;cole de Francfort, repr&#233;sent&#233;e notamment par J. Habermas, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle permet de d&#233;terminer les conditions d'&#233;mergence et de r&#233;alisation historiques de la norme d&#233;mocratique, l&#224; o&#249; la critique habermassienne en fait l'&#233;conomie et se borne &#224; enregistrer l'id&#233;al d&#233;mocratique en dehors des processus historiques qui l'ont fait na&#238;tre. L'insuffisance ou la pauvret&#233; de la critique normative habermassienne de la d&#233;mocratie tient donc, pour A. Kebir, pr&#233;cis&#233;ment &#224; ce d&#233;ficit d'analyse portant sur les conditions historiques et processuelles de l'av&#232;nement d&#233;mocratique, et, partant, &#224; une forme d'id&#233;alisme du fait de son renoncement pr&#233;alable &#224; la prise en compte des facteurs empiriques, concrets, historiquement situ&#233;s de l'invention d&#233;mocratique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette &#233;troitesse empirique a une cons&#233;quence quant &#224; la coh&#233;rence du projet critique lui-m&#234;me : la critique normative y accuse un &lt;i&gt;d&#233;ficit de r&#233;flexivit&#233;&lt;/i&gt;. Toute critique normative qui place une certaine d&#233;finition id&#233;ale de la d&#233;mocratie &#224; son point de d&#233;part est condamn&#233;e, en vertu de l'argument pr&#233;c&#233;dent, &#224; manquer au moins un fait empirique fondamental : &lt;i&gt;la validation historiquement situ&#233;e de la norme d&#233;mocratique&lt;/i&gt;, le caract&#232;re d'&#233;v&#233;nement de l'adh&#233;sion &#224; la d&#233;mocratie comme horizon exclusif &#187;. (&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 33).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par o&#249; l'on voit que la force de la m&#233;thode g&#233;n&#233;alogique r&#233;side dans sa capacit&#233; &#224; interroger et &#224; mettre en doute le syst&#232;me d&#233;mocratique jusque dans ses structures r&#233;put&#233;es les plus id&#233;ales, les plus apparemment naturelles et les plus incontestables (ainsi, par exemple, du mod&#232;le d&#233;lib&#233;ratif ou participatif), et donc dans la profondeur de son examen critique, puisqu'elle permet d'embl&#233;e de proposer une critique de toute critique normative d&#233;mocratique, et de se soustraire d'ores et d&#233;j&#224; &#224; tout &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;. Par cons&#233;quent, elle rend possible l'interrogation suivante : par quelles circonstances en est-on venu &#224; adh&#233;rer &#224; la norme d&#233;mocratique, &#224; se constituer comme des sujets d&#233;mocratiques ? :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En ce sens, la critique g&#233;n&#233;alogique pourra r&#233;fl&#233;chir la situation historique de son objet, la normativit&#233; d&#233;mocratique, qu'elle consid&#232;re comme la configuration sociopolitique actuelle, donc singuli&#232;re, de notre mani&#232;re de penser, parler et faire. Elle n'id&#233;alise pas la d&#233;mocratie, mais pose la question de ce qui fait la diff&#233;rence de ce pr&#233;sent d&#233;mocratique, ce qui fait son caract&#232;re d'&#233;v&#233;nement, ce qui l'a ensuite naturalis&#233;, impos&#233; &#224; tous et rendu apparemment universel et n&#233;cessaire &#187;. (&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 37-38).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fond, s'agissant de l'analytique de la d&#233;mocratie, l'auteur entend partir, non pas de la valeur, mais de l'exp&#233;rience, non pas du droit, mais du fait, et vise donc &#224; mener une r&#233;flexion critique sous l'angle, non pas de ce qui doit &#234;tre (le devoir-&#234;tre), mais de ce qui est (l'&#234;tre), et par cons&#233;quent sous l'angle de la r&#233;alit&#233; historique dont le tissu repose sur l'accidentel, l'h&#233;t&#233;rog&#232;ne et le singulier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'op&#233;ration r&#233;flexive de la critique entend essentiellement montrer que ce qui se pr&#233;sente &#224; nous sous le visage de l'universel masque la r&#233;alit&#233; historique qui l'a construite et &#224; travers laquelle nous avons &#233;t&#233; construits &#187;. (&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 39).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire, dans son livre divis&#233; en six chapitres, A. Kebir convoque les grandes figures, apolog&#233;tiques ou critiques, de la pens&#233;e d&#233;mocratique contemporaine, telles que Cl. Lefort, J. Habermas, M. Gauchet, B. Cruikshank et quelques autres, afin d'entrer en discussion avec elles et de les confronter &#224; la question fondamentale et lancinante suivante, d'origine foucaldienne : la citoyennet&#233; d&#233;mocratique, telle qu'elle est actuellement vant&#233;e, valoris&#233;e, port&#233;e au pinacle ne rel&#232;ve-t-elle pas, en r&#233;alit&#233;, de strat&#233;gies de pouvoir ? N'est-elle pas aux prises avec des m&#233;canismes de pouvoir qui l'ont fait na&#238;tre et qui la maintiennent dans sa forme actuelle, ne serait-ce que, d'une part, dans la mani&#232;re dont les sujets en sont venus &#224; se conformer totalement &#224; la d&#233;mocratie, et, d'autre part, dans la fa&#231;on dont ils s'agitent fi&#232;rement et s'observent d&#233;sormais eux-m&#234;mes comme membres assidus du corps politique d&#233;mocratique ? Sur la base de cette interrogation de fond, le philosophe passera au crible de l'analyse des technologies concr&#232;tes de pouvoir, dont la filiation remonte principalement au XIXe si&#232;cle, telles que notamment la technologie sociale et celle de l'auto-assistance qui ont permis la constitution d'un savoir-pouvoir et le d&#233;veloppement d'une police sociale sur les pauvres, ainsi que la technologie d&#233;lib&#233;rative qui a servi &#224; habituer les individus &#224; la r&#233;union d&#233;lib&#233;rative, au souci du bien commun et &#224; la ma&#238;trise des &#233;motions. Le trait commun &#224; l'ensemble de ces technologies de pouvoir tient &#224; l'exigence de susciter, chez les gouvern&#233;s, l'avachissement de toute forme de r&#233;sistance et de contre-conduite, et la participation de chacun &#224; la totalit&#233; d&#233;mocratique qui les surplombe et les enveloppe. En cons&#233;quence de quoi, il s'est agi, pour le pouvoir d&#233;mocratique, de tracer la voie par laquelle les sujets ont eu &#224; s'engouffrer et &#224; s'efforcer par eux-m&#234;mes d'&#233;pouser la d&#233;mocratie comme &#171; norme de vie &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La r&#233;sistance des pauvres doit &#234;tre vaincue pour vaincre les risques de troubles. Le pouvoir d&#233;mocratique emploie alors une tactique, caract&#233;ristique de sa logique, qui est une man&#339;uvre de &lt;i&gt;colonisation&lt;/i&gt; des luttes et des r&#233;sistances. Par ''colonisation'', j'entends d&#233;signer un processus de pouvoir qui consiste &#224; dominer des individus et, en m&#234;me temps, r&#233;investir, en la d&#233;tournant, leur pratique de r&#233;sistance pour nourrir son propre fonctionnement. [...]. Comment d&#233;tourner la r&#233;sistance pour qu'elle travaille pour le pouvoir de d&#233;mocratisation ? Il faut relier les int&#233;r&#234;ts des pauvres avec ceux de la soci&#233;t&#233; prise comme un tout, en faisant en sorte que tous adoptent une &lt;i&gt;''Norme de vie''&lt;/i&gt;, nous dit Bosanquet. Par cette expression, elle entend d&#233;signer le fait de se donner des principes directeurs qui structurent et organisent l'existence sociale selon un but partageable par tous &#187;. (&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 64-65).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au terme d'un itin&#233;raire riche et stimulant, le lecteur peut avoir envie d'adresser une objection &#224; A. Kebir, &#224; savoir celle de la &#171; contradiction performative &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, il y a lieu de se demander d'o&#249; l'auteur parle, &#224; quelle place il se tient non seulement pour conduire son analyse critique de la d&#233;mocratie, mais pour prendre, d'une fa&#231;on si d&#233;cisive, position &lt;i&gt;contre&lt;/i&gt; elle, lors m&#234;me qu'elle est caract&#233;ris&#233;e par lui comme le r&#233;sultat de processus historiques enveloppants, unifiants et naturalisants &#8211; processus qui interdisent, d&#232;s lors, toute possibilit&#233; de sortie hors de la d&#233;mocratie par le discours d&#233;mocratique lui-m&#234;me. Pareillement &#224; la th&#233;orie marxienne de la conscience-reflet qui - dans l'exacte mesure o&#249; elle fait d&#233;pendre les caract&#233;ristiques de la conscience et les formes de la superstructure (la soci&#233;t&#233;, la culture) des forces de production, des rapports de pouvoir et des &#233;l&#233;ments de l'infrastructure - invite &#224; consid&#233;rer qu'il a bien fallu, ne serait-ce que pour l'&#233;voquer, que Marx lui-m&#234;me &#233;chappe aux effets de sa th&#233;orie, de m&#234;me il est &#224; remarquer que le livre d'A. Kebir, historiquement advenu, mat&#233;rialise l'existence d'une br&#232;che au sein m&#234;me des processus historiques qu'il d&#233;crit, au sein m&#234;me de la cage r&#233;ticulaire de la d&#233;mocratie, et tend &#224; faire vaciller son postulat fondamental, &#224; savoir que la d&#233;mocratie va de soi, que rien ne peut lui &#234;tre oppos&#233; et qu'elle n'a pas de dehors.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le syst&#232;me p&#233;nitentiaire est-il en crise ?</title>
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		<dc:creator>Tony Ferri</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#171; C'est en effet une certitude (...) que les [hommes] sont enclins &#224; la vengeance plus qu'&#224; la mis&#233;ricorde &#187; (Spinoza, Trait&#233; politique, chap. I, V, Paris, &#201;ditions R&#233;plique, 1979, p. 15). &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-ce qu'une crise ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'on assiste aujourd'hui au d&#233;ploiement d'un certain discours sur la crise du syst&#232;me p&#233;nitentiaire, pareillement &#224; une douce ritournelle, et ce en France, sinon partout dans les soci&#233;t&#233;s occidentales ; si l'on entend r&#233;guli&#232;rement dire que les prisons sont indignes de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=16" rel="directory"&gt;Politique et subjectivation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; C'est en effet une certitude (...) que les [hommes] sont enclins &#224; la vengeance plus qu'&#224; la mis&#233;ricorde &#187; (&lt;strong&gt;Spinoza&lt;/strong&gt;, Trait&#233; politique, chap. I, V, Paris, &#201;ditions R&#233;plique, 1979, p. 15)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qu'une crise ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on assiste aujourd'hui au d&#233;ploiement d'un certain discours sur la crise du syst&#232;me p&#233;nitentiaire, pareillement &#224; une douce ritournelle, et ce en France, sinon partout dans les soci&#233;t&#233;s occidentales ; si l'on entend r&#233;guli&#232;rement dire que les prisons sont indignes de la R&#233;publique et une honte pour l'&#201;tat fran&#231;ais (sur ce point, se reporter, notamment, au livre de R. Badinter, L&lt;i&gt;a prison r&#233;publicaine&lt;/i&gt;, 1871-1914, Paris, LGF/Livre de Poche, 1994, ainsi qu'aux multiples et consternantes d&#233;nonciations &#233;manant de la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme relativement aux conditions d&#233;gradantes d'incarc&#233;ration) ; autrement dit, s'il se r&#233;p&#232;te qu'il y a une crise s&#233;rieuse des p&#233;nalit&#233;s d'enfermement et que le contexte ne favorise pas la sortie hors du tunnel de cette crise, il est n&#233;anmoins &#224; remarquer la p&#233;rennisation de la paralysie g&#233;n&#233;ralis&#233;e du syst&#232;me dit pourtant en crise, et que pareille crise, qui s'inscrit dans la dur&#233;e, n'est d'ores et d&#233;j&#224; plus tout &#224; fait une crise. Qu'est-ce &#224; dire ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La notion de crise, prise en son sens &#233;tymologique grec premier, par cons&#233;quent en tant que &lt;i&gt;Krisis&lt;/i&gt;, signifie bien autrement l'id&#233;e d'une rupture &#224; l'int&#233;rieur d'un processus, l'id&#233;e d'une c&#233;sure dans le cours des choses, elle se rapporte m&#234;me &#224; un acte d&#233;cisionnel - puisque &lt;i&gt;Krinein&lt;/i&gt;, c'est d&#233;cider, choisir - par lequel on renonce aux choix ant&#233;rieurs et par lequel on prend un tout autre chemin que celui qui a a &#233;t&#233; pris jusqu'&#224; maintenant. Elle souligne donc l'effet d'une volte-face radical, la volont&#233; d'en finir une bonne fois pour toutes avec les r&#233;solutions st&#233;riles ant&#233;rieures. De l&#224; r&#233;sulte, puisque la crise dure, qu'il est incons&#233;quent et impropre de dire qu'on est en crise, et que le mart&#232;lement des discours des pr&#233;tendus experts ou &#233;lites sur la question n'est pas autrement destin&#233; &#224; recouvrir d'un nuage &#233;pais l'&#233;tat de paralysie permanent du syst&#232;me et &#224; ressasser, &#224; coup de verbiage, l'apparence d'une crise qui n'en est pas une, mais dont le b&#233;gaiement permet pr&#233;cis&#233;ment de maintenir en place l'&#233;tat d'attentisme et de le proroger ind&#233;finiment. Depuis trente ou quarante ans de crise du syst&#232;me p&#233;nitentiaire, qu'observe-t-on, m&#234;me apr&#232;s l'abolition de la peine de mort en France, sinon la multiplication des &#233;tablissements p&#233;nitentiaires, le regain de l'insalubrit&#233; de nombre de ses locaux (voir, par exemple, le rapport accablant tout particuli&#232;rement sur la prison des Baumettes &#233;tabli par l'ex-contr&#244;leur des lieux de privation de libert&#233;, Jean-Marie Delarue), l'augmentation constante du nombre des reclus et le ph&#233;nom&#232;ne ancestral de surpopulation carc&#233;rale, bref l&lt;i&gt;a prosp&#233;rit&#233; m&#234;me du r&#233;gime de l'enfermement&lt;/i&gt; assorti de ses conditions indignes et inhumaines d'ex&#233;cution ? Par o&#249; l'on voit qu'il conviendrait, tout &#224; l'inverse, de pr&#233;f&#233;rer regretter de n'&#234;tre v&#233;ritablement pas en situation de crise, parce qu'une telle situation impliquerait en fait de r&#233;fl&#233;chir et de travailler, vite et bien, sinon salutairement, &#224; lutter bien plus efficacement contre le naufrage organis&#233; du syst&#232;me p&#233;nitentiaire. Le latin &lt;i&gt;crisis&lt;/i&gt; ajoute d'ailleurs au grec ancien un &#233;l&#233;ment d'urgence vitale au contexte de gestion de crise : il s'agit d'une question cruciale imm&#233;diate de vie ou de mort...&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est qu'il y a lieu de ne pas confondre crise et d&#233;cadence, puisque, si la premi&#232;re est l'expression d'une volont&#233; de ruptures et d&#233;signe le fait de porter des choix courageux, seule la seconde traduit une absence d'anticipation et t&#233;moigne d'un laisser-faire, d'une d&#233;rive du&lt;br class='autobr' /&gt;
syst&#232;me sur lequel on n'est m&#234;me pas f&#226;ch&#233; de n'avoir pas de prise. Loin donc d'&#234;tre confront&#233; &#224; une crise, c'est bien plut&#244;t &#224; une d&#233;cadence que l'on a affaire, pareillement &#224; la lente agonie que connut jadis Rome. Car, au lieu d'envisager un changement de cap &#171; d&#233;cisif &#187;, la situation actuelle consiste dans la complaisance vis-&#224;-vis d'une sorte de &lt;i&gt;statu quo &lt;/i&gt; puissamment aliment&#233; par &lt;i&gt;l'anepikritos&lt;/i&gt; (la posture confortable de l'ind&#233;cision ou de l'irr&#233;solution). Quand une route poursuit sa d&#233;route, il ne s'agit pas d'autre chose que d'une d&#233;route bien balis&#233;e. Pour le bien comprendre, il y a lieu d'examiner la situation &#224; la lumi&#232;re du nihilisme ambiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le nihilisme aujourd'hui&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, qu'est-ce que le sentiment concret du nihilisme aujourd'hui, sinon celui de la r&#233;duction de l'agir &#224; une absence de pouvoir, celui de l'annulation de la possibilit&#233; du faire, celui du blocage de toute d&#233;cision aux conditions de quelque chose dot&#233; d'une supr&#233;matie superlative telle qu'elle nous &#233;crase de son geste de pure indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard du devenir du vivre-ensemble (le march&#233;, la croissance, les technostructures, la course effr&#233;n&#233;e aux profits). Ensuite, sur le plan conceptuel, le nihilisme place les individus dans une situation de confrontation &#224; des valeurs. Vouloir faire triompher ses valeurs contre celles des autres est source d'animosit&#233; et de conflits. La notion de valeur suppose effectivement l'affirmation d'une &lt;i&gt;hi&#233;rarchie&lt;/i&gt; des valeurs, c'est-&#224;-dire un clivage conduisant &#224; ce que l'&#233;valuateur valorise ses valeurs propres au d&#233;triment de celles des autres et &#224; ce qu'il tienne la drag&#233;e haute &#224; celui qu'il pressent comme une menace envers son r&#233;pertoire. Par cela seul qu'elle place les hommes au c&#339;ur de conflits permanents, qui oserait contester que la valeur n'a pas grande valeur et qu'elle se pr&#233;sente comme la nourriture dommageable du nihilisme ? Pour le dire autrement, si la valeur, c'est valoriser et d&#233;valoriser tout &#224; la fois, elle n'a donc pas de valeur en soi, puisqu'elle se fonde sur l'acte d'une &#233;valuation dont chacun pr&#233;tend &#234;tre le centre ou la l&#233;gitimit&#233;. Le probl&#232;me de la valeur, c'est celui de la reconnaissance de l'autorit&#233; de l'&#233;valuateur, ainsi que celui de l'origine de la valorisation. Qui (ou quoi) est autoris&#233; &#224; d&#233;signer, &#224; d&#233;nombrer les valeurs ? Dieu, l'homme, l'individu, la nature, l'opinion ? Comment valoriser, sans du m&#234;me coup d&#233;valoriser, et donc annuler la valeur elle-m&#234;me par laquelle on pr&#233;tendait fonder une hi&#233;rarchie et une direction dans l'ordre du monde ? Car en &#233;valuant, il appert que la chose valoris&#233;e se consume aussit&#244;t de terreur contre la chose d&#233;valoris&#233;e... Mais ce n'est pas tout. Plus profond&#233;ment, la valeur est force de nihilisme moins par ce qu'elle d&#233;value ou sous-&#233;value que par ce qu'elle &#233;value ou valorise &#224; tout bout de champ. Dans le langage philosophique, eu &#233;gard &#224; la chose (&lt;i&gt;res&lt;/i&gt;), cela revient &#224; dire que la chose n'a jamais de valeur &lt;i&gt;par soi&lt;/i&gt; (en elle-m&#234;me), mais toujours &lt;i&gt;par un autre&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire qu'elle ne rev&#234;t de valeur que parce qu'elle est toujours d&#233;j&#224; soumise &#224; un &#233;valuateur, &#224; un regard, &#224; une cause qui, en lui attribuant du dehors une valeur, lui &#244;te du m&#234;me coup sa valeur en la soumettant &#224; un syst&#232;me de valeurs ext&#233;rieur &#224; elle, et, ce qui revient au m&#234;me, met sous le feu des projecteurs son absence de valeur intrins&#232;que. Et il n'en va pas autrement de l'acte m&#234;me d'accorder de la valeur : celui-ci est un acte de n&#233;gation ou de mort, puisque, lors m&#234;me de l'&#233;tablissement de valeurs, l'humain les consomme imm&#233;diatement dans un processus o&#249; se trouve &#224; l'&#339;uvre une sorte d'&#233;ternel retour d'un semblant ou d'un simulacre de valeurs, &lt;i&gt;puisqu'il y va toujours de soi, de sa vanit&#233;, de sa pr&#233;tendue centralit&#233; dans toute &#233;valuation&lt;/i&gt;. En ce sens, valoriser, c'est non seulement d&#233;truire, mais c'est emp&#234;cher, sur le plan de la valeur, toute co&#239;ncidence entre la chose dont on estime la valeur et la pens&#233;e qui la valorise. Que vaut donc une valeur dont le propre est de d&#233;valoriser et de s'autoproclamer la source de toute valeur ? Que vaut-elle, sinon rien ? Car, incapable de se d&#233;centrer de sa pr&#233;tendue autorit&#233; sur laquelle il s'illusionne et frapp&#233; d'ill&#233;gitimit&#233; au moment m&#234;me o&#249; il pr&#233;tend pouvoir fixer les valeurs, l'humain vomit du nihilisme au point de nier d'un seul tenant et le monde et lui-m&#234;me. Cette contradiction n'a pas &#233;chapp&#233; &#224; Nietzsche, ce penseur extr&#234;me du nihilisme, qui, dans le c&#233;l&#232;bre &#167; 346 du &lt;i&gt;Gai savoir,&lt;/i&gt; dont une lecture suffisamment subtile ne doit toutefois pas &#234;tre celle d'un professeur de philosophie soumis au formatage de la pr&#233;paration &#224; l'enseignement - on pourrait d'ailleurs, soit dit en passant, poser notre question initiale, dans des termes identiques &#224; ceux que nous avons pos&#233;s, &#224; l'&#233;gard du syst&#232;me &#233;ducatif fran&#231;ais : le syst&#232;me &#233;ducatif est-il en crise ? -, insiste sur la n&#233;cessit&#233; de s'affranchir de toute &#233;valuation pour retrouver la valeur des choses en tant que telles, le go&#251;t de la vie &lt;i&gt;r&#233;elle&lt;/i&gt;, le caract&#232;re sublime du monde. Car la valorisation est autant force de s&#233;paration &#224; l'&#233;gard du monde (quand on juge de quelque chose, on le met, du m&#234;me coup, &#224; distance) et des autres (quand on &#233;value, on entre en guerre interminable), que n&#233;gation de soi-m&#234;me (quand on produit de la valeur, on bascule dans l'idol&#226;trie dont le propre r&#233;side dans l'expression d'une v&#233;n&#233;ration accord&#233;e &#224; &lt;i&gt;l'image&lt;/i&gt; produite et dans une esp&#232;ce d'estime/m&#233;sestime de soi). Quoique dans l'idol&#226;trie il y ait quelque chose de soi, une forme de projection ou de vanit&#233; de soi dans l'objet ador&#233;, au sens de Feuerbach, cette adoration pr&#233;f&#232;re n&#233;anmoins le simulacre (de l'objet, de soi) &#224; la r&#233;alit&#233;, d'o&#249; il r&#233;sulte la n&#233;gation simultan&#233;e et du monde et de soi par soi. Voici ce que rel&#232;ve Nietzsche en ce sens :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quant &#224; cette attitude : ''l'homme contre le monde'', l'homme en tant que principe ''n&#233;gateur du monde'', l'homme en tant que mesure de la valeur des choses, en tant que juge des mondes qui va jusqu'&#224; mettre l'existence m&#234;me dans le plateau de sa balance et l'estime trop l&#233;g&#232;re &#8211; quant au prodigieux mauvais go&#251;t de toute cette attitude, nous en avons pris conscience, elle nous r&#233;pugne &#8211; et nous &#233;clatons de rire rien qu'&#224; voir ''l'homme &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; le monde'' plac&#233;s l'un &#224; c&#244;t&#233; de l'autre, que s&#233;pare la sublime pr&#233;tention du petit mot : ''et'' ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et plus loin, dans le m&#234;me texte, de conclure &#224; cette odieuse alternative pour le moins tr&#232;s cons&#233;quente de la part du philosophe du soup&#231;on :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; ''Ou bien supprimez vos v&#233;n&#233;rations &#8211; ou bien supprimez-vous &lt;i&gt;vous-m&#234;mes&lt;/i&gt; !''. Le dernier terme serait le nihilisme ; mais le premier, ne serait-ce pas &#233;galement &#8211; le nihilisme ? -. Tel est &lt;i&gt;notre&lt;/i&gt; point d'interrogation &#187;. (Cf., Nietzsche, Le &lt;i&gt;Gai savoir,&lt;/i&gt; Paris, Gallimard, coll. &#171; Folio essais &#187;, 1982, pp. 243- 244).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fond, la question est &#224; la fois celle de savoir comment se lib&#233;rer de ce &lt;i&gt;besoin&lt;/i&gt; d'&#233;valuation (du &#171; besoin de v&#233;n&#233;ration &#187;, selon le vocabulaire de Nietzsche) qui fait qu'on tend &#224; tout rapporter risiblement &#224; soi, &#224; tout consommer et &#224; tout dig&#233;rer dans un flux incessant de valorisation et de d&#233;sir de valeur ajout&#233;e (la fameuse et d&#233;solante &#171; pl&#233;onexie &#187;, selon V. Jank&#233;l&#233;vitch), et celle de savoir comment exister selon un syst&#232;me de valeurs sans &#234;tre frapp&#233; aussit&#244;t de ridicule en raison de la vanit&#233; qui, l&#224; encore, la sous-tend (et de son caract&#232;re, l&#224; encore, &#171; risible &#187;, selon Nietzsche) ? Odieuse alternative...&lt;br class='autobr' /&gt;
En tant que les choses sont dissoutes dans et par la valeur, il est frappant de constater que le d&#233;sir de croissance &#233;conomique comme valeur en fournit une illustration id&#233;ale-typique. Selon la logique de l'&#233;valuation, il appert, en effet, qu'on peut produire de la valeur avec n'importe quoi et dans n'importe quel but, sans discernement, pourvu que cela rapporte gros et qu'on se r&#233;fugie dans la sph&#232;re de l'indiff&#233;rence totale &#224; l'&#233;gard du monde et des autres. Dans le contexte du monde moderne naissant, Machiavel faisait preuve de sagacit&#233; en affirmant que &#171; la fin justifie les moyens &#187;, d&#232;s lors que la primaut&#233; revient au privil&#232;ge sacr&#233; du pouvoir qu'on poss&#232;de &#8211; pouvoir qui accapare et absorbe tout, &#224; la mani&#232;re d'un gros estomac. Par voie de cons&#233;quence, qu'on construise ind&#233;finiment des &#233;tablissements p&#233;nitentiaires, en les multipliant et en les perfectionnant technologiquement &#224; l'infini, et cela dans l'ignorance rassurante de savoir qui on punit, pourquoi on punit et ce qui se passe journellement dans l'enclos, pourvu que cela fasse fructifier le march&#233; de la s&#233;curit&#233;, et rapporte beaucoup en termes &#233;lectoraux ? La valeur, en tant qu'elle est l'expression de la volont&#233; de puissance et d'accroissement personnel infini, produit mis&#232;re, in&#233;galit&#233;, malheur. En rompant avec la logique de la valeur, il pourrait en r&#233;sulter sinon la promesse d'un autre monde, du moins une rupture avec la d&#233;cadence ou l'agonie actuelle. Mais cela ne semble pas &#234;tre &#224; l'ordre du jour.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le nihilisme, pour Nietzsche, est ambigu, parce qu'il d&#233;signe une alternative dont aucune de ses parties n'est satisfaisante. D'abord, il caract&#233;rise le fait de pr&#234;cher des valeurs &lt;i&gt;transcendantes&lt;/i&gt;, dont la source provient d'une autorit&#233; qui n'est pas la sienne propre, et donc d'une autre volont&#233; (Dieu, les id&#233;ologies, les dogmes, les arguments d'autorit&#233;). La volont&#233; de puissance, chez Nietzsche, &#233;voque effectivement l'id&#233;e qu'on ne peut pas vouloir une autre volont&#233; que la sienne propre, et que seul compte le geste, quoique superflu, de l'auto-position et de l'auto-imposition de soi. Mais le refus de vouloir une autre volont&#233;, &#224; l'instar du Christ qui a remis sa propre volont&#233; entre les mains de celle de son P&#232;re, comporte aussi, pour l'auteur d'&lt;i&gt;Ainsi parlait Zarathoustra&lt;/i&gt;, un redoutable risque de nihilisme, parce qu'il condamne, comme on l'a vu, &#224; l'idol&#226;trie, &#224; la vanit&#233;, &#224; la consommation ind&#233;finie, &#224; la projection id&#233;alis&#233;e et surinvestie de soi, &#224; la guerre st&#233;rile. C'est toute la difficult&#233; que soul&#232;ve le &#167; 346 du &lt;i&gt;Gai savoir&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fausse crise des institutions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur fond de nihilisme ambiant et de tendance &#224; l'affermissement de la pl&#233;onexie, les institutions ont pour fonction de ne pas se saborder elles-m&#234;mes et pour objectif de se conserver telles qu'elles sont. Pour &#233;chapper &#224; la destitution, &#224; la dissolution ou &#224; la ruine, elles ne visent pas &#224; se r&#233;former radicalement, mais &#224; demeurer les m&#234;mes. Quand elles changent, ce ne sont pas leurs fondations qui sont entam&#233;es, car rien de leur substance ne saurait &#234;tre &#233;branl&#233;. D&#232;s lors, comment l'institution p&#233;nitentiaire, comme toutes les autres institutions, pourrait-elle viser autre chose qu'&#224; reconduire les principes qui l'ont fait na&#238;tre ? Devant les discours de transformation des institutions, il y a tout lieu de rester circonspect, car, par d&#233;finition, ces transformations ne sont jamais que des accidents, des mesurettes de repl&#226;trage, d'habillage et de consolidation des institutions qui restent, par d&#233;finition, intactes (insistons-y : c'est la raison d'&#234;tre d'une institution que de poursuivre la m&#234;me marche et de se survivre &#224; elle-m&#234;me), et les r&#233;formateurs - ces fid&#232;les institutionnels qui se trompent r&#233;guli&#232;rement, sans y songer forc&#233;ment, sur le pouvoir de nouveaut&#233; des institutions dont ils vantent les suppos&#233;s m&#233;rites - ne sont jamais que les d&#233;veloppeurs les plus acharn&#233;s et les plus utiles (ou serviles) des syst&#232;mes en place. Si l'institution p&#233;nitentiaire, comme toute autre institution, est dite en mauvais &#233;tat par les adeptes m&#234;me des Droits de l'homme, cela vient pr&#233;cis&#233;ment de ce qu'elle persiste &#224; s'affermir, &#224; renoncer &#224; entrer en crise et &#224; demeurer fondamentalement identique &#224; elle-m&#234;me. Encore une fois, pourquoi viserait-elle &#224; devenir autre chose qu'elle m&#234;me, &#224; s'ali&#233;ner ses propres pr&#233;rogatives, d&#232;s l'instant o&#249; ses fruits sont m&#251;rs, o&#249; elle se porte &#224; merveille et se d&#233;lecte &#224; cro&#238;tre, o&#249; les contrats d'ordre carc&#233;ral entre le secteur public et le secteur priv&#233; font flor&#232;s, o&#249; le commerce des bracelets &#233;lectroniques est d&#233;licieusement juteux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le nihilisme punitif&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; il s'ensuit que, en tant qu'expression du nihilisme, il n'y a pas loin &#224; ce que la volont&#233; de punition s'apparente &#224; une volont&#233; de domination, et qu'elle s'enracine, au fond, dans la vanit&#233; des hommes. Car c'est par vanit&#233; qu'on s'emploie &#224; d&#233;grader la nature humaine, &#224; la diviser en humain et non-humain, &#224; avilir des groupes entiers de l'humanit&#233; tels que les reclus, les migrants, les &#233;trangers, les SDF, les Roms. En effet, qu'est-ce que la vanit&#233;, sinon un sentiment d'orgueil affect&#233; tout entier tourn&#233; vers la toute-puissance, la m&#233;disance, la d&#233;gradation du prochain, l'affliction, la pr&#233;tendue sup&#233;riorit&#233; de soi sur les autres ? En raison m&#234;me de cette vanit&#233;, le punisseur ou le dominant, ce nihiliste qui se croit sup&#233;rieur aux autres ou meilleur que quiconque, ressemble, en fait, en pire, au pr&#233;tendu goujat qu'il veut punir ou dominer. Selon Rousseau, la vanit&#233; comme rejet ou haine de l'autre est le prolongement m&#234;me de l'amour-propre, et puise son origine dans un d&#233;sir pervers de comparaison qui na&#238;t &#224; l'occasion des rapports sociaux. Le paradoxe rousseauiste de la vanit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
envieuse repose sur le fait que, chacun aimant tellement mieux sa personne que celle des autres, il ne peut r&#233;sulter de l'amour-propre nulle union sinc&#232;re, nulle amiti&#233; d&#233;sint&#233;ress&#233;e alors m&#234;me qu'elles sont requises pour le nourrir... L'amour-propre d&#233;fendu par chacun, qui suppose de d&#233;sirer recevoir librement pour soi-m&#234;me le cr&#233;dit maximal que les autres sont cens&#233;s s'accorder &#224; eux-m&#234;mes, rend en fait, on le voit, nulle et non avenue l'exigence pourtant ardemment recherch&#233;e d'&#234;tre privil&#233;gi&#233; par les autres &#224; l'encontre d'eux-m&#234;mes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'amour propre, qui se compare, n'est jamais content et ne saurait l'&#234;tre, parce que ce sentiment, en nous pr&#233;f&#233;rant aux autres, exige aussi que les autres nous pr&#233;f&#232;rent &#224; eux, ce qui est impossible (...) Ainsi ce qui rend l'homme essentiellement bon est d'avoir peu de besoins et de peu se comparer aux autres ; ce qui le rend essentiellement m&#233;chant est d'avoir beaucoup de besoins et de tenir beaucoup &#224; l'opinion &#187; (J.-J. Rousseau, &lt;i&gt;&#201;mile ou de d'&#233;ducation&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;livre IV&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, coll. &#171; Folio essais &#187;, 1969, p. 329).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'occasion de l'effort maintes fois renforc&#233; de valorisation et de d&#233;valorisation, et donc d'instrumentalisation des hommes et du monde, il ressort que, &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me du syst&#232;me punitif, il ne saurait y avoir d'&#233;chappatoire hors des forces du nihilisme. Car un tel syst&#232;me, qui est dit en crise sans conna&#238;tre la crise, consiste, d'abord, &#224; vouloir l'ex&#233;cution de la punition, et, ensuite, &#224; trouver satisfaction et h&#233;ro&#239;sme dans l'acte m&#234;me de punir. Dans un tel syst&#232;me, la souffrance des condamn&#233;s est non seulement recherch&#233;e, mais jouissive. Qui contesterait que la perversion des hommes n'est pas telle que, loin de plaindre les individus ch&#226;ti&#233;s, elle jouit du malheur qui les accable ? Ne se p&#226;me-t-elle pas de plaisir au moyen de la surench&#232;re du ressentiment et de la vengeance ? Qu'est-ce que punir, au fond, sinon l'excitation sadique &#224; l'indiff&#233;rence et &#224; l'oubli de la souffrance des autres ? L'inhumanit&#233; du syst&#232;me punitif r&#233;side dans sa capacit&#233; &#233;tonnante d'exempter le punisseur des maux qu'il inflige &#224; son semblable, et de lui &#244;ter le sentiment d'appartenir &#224; une m&#234;me communaut&#233; d'hommes. Or, comme Nietzsche nous l'apprend, le nihilisme a une double face, et, comme le souligne Rousseau, il se retourne contre ceux-l&#224; m&#234;me qui le revendiquent, et ce pour au moins trois raisons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; d'une part, les partisans du ch&#226;timent sont, d'une certaine mani&#232;re, plus &#224; plaindre qu'&#224; bl&#226;mer, parce qu'ils sont pr&#233;cis&#233;ment prisonniers de la mis&#232;re afflictive qu'ils r&#233;pandent, parce qu'ils ignorent tout de la piti&#233; et de la mis&#233;ricorde et parce qu'ils sacrifient tout &#224; leur d&#233;sir de toute-puissance &#233;valuative. La volont&#233; de punir accorde la primaut&#233; au besoin de distribuer l'affliction parmi les semblables sur le d&#233;sir de s'unir &#224; eux par le sentiment de leur peine. Plut&#244;t que de s'indigner du sort qu'il leur est r&#233;serv&#233;, les nihilistes sont &#224; plaindre parce qu'ils trouvent &#224; la d&#233;tresse de ceux qui leur ressemblent moins de peine partag&#233;e que de satisfaction ou jouissance individuelle ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; d'autre part, les adeptes de la punition sont aussi plus &#224; plaindre qu'&#224; bl&#226;mer, par cela m&#234;me que, &#224; bien y regarder, dans leur volont&#233; de punir, ils se montrent esclaves du besoin tout n&#233;gatif d'asservir les autres &#224; la souffrance dont ils jouissent, et sont finalement malheureux de cette d&#233;pendance. A ce titre, relisons ces lignes &#233;ternelles de Rousseau qui pose le bon diagnostic sur l'&#233;tat de conscience malheureuse du nihiliste ou du sadique et sur les maux du m&#233;chant :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le mal que nous font les m&#233;chants nous fait oublier celui qu'ils se font &#224; eux-m&#234;mes. Nous leur pardonnerions plus ais&#233;ment leurs vices, si nous pouvions conna&#238;tre combien leur propre c&#339;ur les en punit. Nous sentons l'offense et nous ne voyons pas le ch&#226;timent ; les avantages sont apparents, la peine est int&#233;rieure. Celui qui croit jouir du fruit de ses vices n'est pas moins tourment&#233; que s'il n'eut point r&#233;ussi ; (...) : ils ont beau montrer leur fortune et cacher leur c&#339;ur, leur conduite le montre en d&#233;pit d'eux ; mais pour le voir il n'en faut pas avoir un semblable &#187; (cf., J.-J. Rousseau, &#201;&lt;i&gt;mile ou de l'&#233;ducation,&lt;/i&gt; op. cit., p. 371) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; enfin, les tenants de l'affliction sont encore plus &#224; plaindre qu'&#224; bl&#226;mer, parce qu'ils ne sont pas plus capables de pardonner qu'ils sont capables de r&#233;parer leur propre tort quand d'aventure ils en causent eux-m&#234;mes - &lt;i&gt;l'aptitude &#224; pardonner l'infraction et celle &#224; la r&#233;parer allant, &#224; l'examen et d'exp&#233;rience, &#233;troitement de pair&lt;/i&gt;. Humainement, on a raison de se m&#233;fier de ceux qui ont l'habitude d'appeler &#224; la surench&#232;re du ch&#226;timent, car ce sont souvent des tordus qui, aptes &#224; faire pire que ceux qu'ils m&#233;prisent, refusent tout net, quitte &#224; se braquer les yeux horrifi&#233;s et les l&#232;vres &#233;cumantes, de reconna&#238;tre les faits d&#233;lictuels qu'ils commettent souterrainement et de r&#233;parer les colossaux dommageables qui en r&#233;sultent (il est encore de nombreux exemples r&#233;cents en Palestine ou en Syrie, ou en Terre sainte de la politique financi&#232;re).&lt;br class='autobr' /&gt;
Rousseau nous enrichit encore de l'id&#233;e que cela ne fait aucun doute que l'esprit de domination s'ancre dans la flatterie de l'amour-propre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#201;mile n'aime ni le bruit ni les querelles, non seulement entre les hommes, pas m&#234;me entre les animaux : il n'excita jamais deux chiens &#224; se battre, jamais il ne fit poursuivre un chat par un chien. Cet esprit de paix est un effet de son &#233;ducation &lt;i&gt;qui n'ayant point foment&#233; l'amour-propre et la haute opinion de lui-m&#234;me l'a d&#233;tourn&#233; de chercher ses plaisirs dans la domination, et dans le malheur d'autrui. Il souffre quand il voit souffrir&lt;/i&gt; [ c'est nous qui soulignons] (...) Ce qui fait qu'un jeune homme s'endurcit, et se compla&#238;t &#224; voir tourmenter un &#234;tre sensible, c'est quand un retour de vanit&#233; le fait se regarder comme exempt des m&#234;mes peines par sa sagesse ou par sa sup&#233;riorit&#233; &#187; (J.-J. Rousseau, &lt;i&gt;&#201;mile ou de l'&#233;ducation&lt;/i&gt;, op. cit., pp. 380-381).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que, l&#224; o&#249; on est coutumi&#232;rement appel&#233; &#224; regarder les condamn&#233;s, la pl&#232;be, les gens d'en bas comme faisant horreur par leur suppos&#233;e friponnerie, il n'y a pas lieu de nier qu'ils font, en r&#233;alit&#233;, moins horreur que les punisseurs, le patriciat, les gens d'en haut eux- m&#234;mes qui sont toujours tent&#233;s d'abuser de leur condition, de se payer de la domesticit&#233;, de ch&#226;tier les autres plut&#244;t qu'eux-m&#234;mes, d'exercer rigueur et injustice sur les petites gens au lieu de regarder au-dedans d'eux-m&#234;mes. Les suspects, bien que pr&#233;sent&#233;s comme potentiellement coupables, sont souvent honn&#234;tes dans leur friponnerie, attendu qu'ils ne cherchent pas &#224; jouer la com&#233;die pour dissimuler leurs torts, tandis que les punisseurs, ces gens pauvrement illustres, ces dominants au petit c&#339;ur, sont souvent &#233;go&#239;stement cupides dans leur honn&#234;tet&#233; apparente et passent leur temps &#224; faire &#233;talage de leur masque.&lt;br class='autobr' /&gt;
De sorte que, si les condamn&#233;s apparaissent habituellement grossiers et peu aimables, ils m&#233;ritent n&#233;anmoins consid&#233;ration et respect, non pas seulement en raison des Droits de l'homme, mais aussi, plus concr&#232;tement, parce qu'ils se d&#233;voilent, sont bruts de d&#233;coffrage et offrent une certaine authenticit&#233;, l&#224; o&#249; les punisseurs (les mondains, les politiques, les patriciens) ne se montrent et ne sont aimables que par leur masque, leur duplicit&#233;, leur p&#233;roraison, leurs sophismes. Sans ce masque sophistiqu&#233;, il n'est pas douteux qu'ils appara&#238;traient dans leur monstruosit&#233; horrible tenant &#224; leur abominable hypocrisie, &#224; leur consternante indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard du plus d&#233;muni qu'ils refusent obstin&#233;ment de traiter comme un semblable. Paradoxalement, il y a bien souvent plus de commis&#233;ration et de g&#233;n&#233;rosit&#233; chez l'&#234;tre puni que chez le punisseur. D'exp&#233;rience, chacun sait qu'il y les Grands petits et les Petits grands. Ce constat est nettement relev&#233; par La Bruy&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le peuple n'a gu&#232;re d'esprit, et les Grands n'ont point d'&#226;me : celui-l&#224; a un bon fond et n'a point de dehors ; ceux-ci n'ont que des dehors et qu'une simple superficie &#187; (cf., La Bruy&#232;re, &lt;i&gt;Caract&#232;res&lt;/i&gt;, IX, &#171; Des grands &#187;, 25).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Du pouvoir de punir et de la condition p&#233;nitentiaire</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=453</link>
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		<dc:date>2014-11-18T21:08:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tony Ferri</dc:creator>



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&lt;p&gt;Atelier et d&#233;bat &lt;br class='autobr' /&gt;
samedi 06 d&#233;cembre 2014 &lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; la librairie Plan&#232;te Io, sise au 7, rue Saint-Louis &#224; Rennes (35000). &lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agira de nous retrouver autour de la question du pouvoir de punir et de la condition p&#233;nitentiaire, et d'aborder ensemble la question suivante : &lt;br class='autobr' /&gt;
comment sortir de la logique punitive ?&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=27" rel="directory"&gt;Rencontres&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Atelier et d&#233;bat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;samedi 06 d&#233;cembre 2014&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#224; &lt;strong&gt;la librairie Plan&#232;te Io&lt;/strong&gt;, sise au 7, rue Saint-Louis &#224; Rennes (35000).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agira de nous retrouver autour de la question &lt;i&gt;du pouvoir de punir et de la condition p&#233;nitentiaire&lt;/i&gt;, et d'aborder ensemble la question suivante : &lt;br class='autobr' /&gt;
comment sortir de la logique punitive ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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