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	<title>Ici et ailleurs</title>
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	<description>Association pour une Philosophie Nomade</description>
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		<title>Ici et ailleurs</title>
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		<title>La question du neutre dans la pens&#233;e de Maurice Blanchot</title>
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		<dc:date>2014-11-19T17:58:57Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Erika Rodrigues</dc:creator>



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&lt;p&gt;La question du neutre dans la pens&#233;e de Maurice Blanchot est celle qui se pose dans l'&#233;tranget&#233;, l'&#233;loignement et l'inconnu, dans la proposition d'un espacement infini et sans lieu : sur une atopie. Face &#224; une probl&#233;matique du neutre, ce travail d&#233;ploie une &#233;laboration conceptuelle &#224; partir des consid&#233;rations de l'intervalle dans la formulation th&#233;orique du d&#233;placement, en articulant l'analyse de la notion de l'exp&#233;rience-limite &#224; travers des rapports entre la notion de l'excentricit&#233; et la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=42" rel="directory"&gt;Universit&#233; d'&#233;t&#233; : &#034;Les usages politiques du corps&#034; en Albanie aout 2014&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La question du neutre dans la pens&#233;e de Maurice Blanchot est celle qui se pose dans l'&#233;tranget&#233;, l'&#233;loignement et &lt;i&gt;l'inconnu&lt;/i&gt;, dans la proposition d'un espacement infini et sans lieu : sur une &lt;i&gt;atopie&lt;/i&gt;. Face &#224; une probl&#233;matique du &lt;i&gt;neutre&lt;/i&gt;, ce travail d&#233;ploie une &#233;laboration conceptuelle &#224; partir des consid&#233;rations de &lt;i&gt;l'intervalle&lt;/i&gt; dans la formulation th&#233;orique du d&#233;placement, en articulant l'analyse de la notion de &lt;i&gt;l'exp&#233;rience-limite&lt;/i&gt; &#224; travers des rapports entre la notion de &lt;i&gt;l'excentricit&#233;&lt;/i&gt; et la notion de &lt;i&gt;l'acentralit&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette fin, l'analyse de &lt;i&gt;l'impossibilit&#233;&lt;/i&gt; devient fondamentale pour penser la question du neutre, surtout, par des forces neutres de la (im)puissance qu'y sont convoqu&#233;es. Cette notion est expos&#233;e en comprenant un rapport exorbitant d'une distance absolue d'o&#249; s'ouvre une puissance infinie (une distance asym&#233;trique, irr&#233;versible, sans concomitance de lieu et de temps, incommensurable, sans totalit&#233; et sans contemporan&#233;it&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dehors d'une probl&#233;matique onto-ph&#233;nom&#233;nologique, la question du neutre conduit &#224; la question du neutre comme &lt;i&gt;au-del&#224;&lt;/i&gt; e &lt;i&gt;au-dessus&lt;/i&gt; de l'absence et de la pr&#233;sence, &#224; la notion du&lt;i&gt; sens absent&lt;/i&gt;. La pr&#233;sence de l'inconnu, qui n'a rien de pr&#233;sent que la disparition dans une non-pr&#233;sence, participe &#224; l'approche d'une distance sans &#233;v&#232;nement et d'une pr&#233;sence s&#233;par&#233;e. Cette question s'&#233;labore comme l'espacement d'une ouverture par le &lt;i&gt;d&#233;s&#339;uvrement du neutre&lt;/i&gt;, une rupture qui s'op&#232;re sans mouvement et qui n'est accueilli que par la &lt;i&gt;parole&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la notion du d&#233;sastre, on articule la dimension de l'immobilit&#233; sans avenir de la passion et la puissance indestructible des voix comme l'exigence d'&#233;couter un murmure sans fin. Dans la violence d'une brisure, des traces qui - par le don - donnent corps &#224; l'impossible et parlent dans la perte de la parole. Des forces hors d'exp&#233;rience, sans visage et sans regarde, o&#249; on &#233;coute le silence de la agonie interminable et immobile du d&#233;sastre. Ce qui s'&#233;crit sur la surface sans fond des paroles : sur la mort sans fin et impossible des corps. Ce qui, indestructible et d&#233;j&#224; disparu, respire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour penser la notion de l'inconnu, on appelle &#224; la diff&#233;rence entre l'inconnu compris comme une promesse : l'inconnu que esp&#232;re par la r&#233;v&#233;lation d'une connaissance apr&#232;s une transposition par la d&#233;couverte (ou l'inconnu compris comme le terme contraire au savoir). Et l'inconnu compris comme l'inaccessible, l'inconnu m&#234;me : sans &#233;lucidation et sans transcendance, qui n'est jamais un rapport au savoir et au pouvoir et qui n'est jamais une possibilit&#233; du regard. Dans cette perspective, l'inconnu est analys&#233; comme le rapport qui ne s'accomplit pas d'une affirmation de la connaissance comme un mouvement qui puisse clarifier le non-savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dehors du visible et de l'invisible, l'inconnu est analys&#233; comme un rapport &lt;i&gt;neutre&lt;/i&gt; et, en ce sens, s'&#233;labore la figure de&lt;i&gt; la nuit&lt;/i&gt; comme la pens&#233;e dans l'&#233;tranget&#233; de la clart&#233; d'une obscurit&#233; limitrophe. Selon Blanchot,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'inconnu, dans la pens&#233;e du neutre, &#233;chappe &#224; la n&#233;gation comme &#224; la position. Ni n&#233;gatif, ni positif, n'ajoutant et ne retirant rien &#224; ce qui l'affirmerait. L'inconnu, qu'il soit, qu'il ne soit pas, trouve non pas l&#224; sa d&#233;termination, mais seulement en ceci que le rapport avec l'inconnu est un rapport que n'ouvre pas la lumi&#232;re, que ne ferme pas l'absence de lumi&#232;re. Rapport neutre. Ce qui ne signifie que penser ou parler au neutre, c'est penser ou parler &#224; l'&#233;cart de tout visible et de tout invisible, c'est-&#224;-dire en termes qui ne rel&#232;vent pas de la possibilit&#233;. &lt;/i&gt; (1969 : 444)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, dans la figure de la&lt;i&gt; premi&#232;re nuit&lt;/i&gt;, Blanchot formule les compr&#233;hensions de l'inconnu comme un non-savoir qui serait dissip&#233; par le jour. Le mouvement de la nuit par le passage du jour, qui commence et termine entre deux points d'une oscillation. La connaissance qui arrive - par un d&#233;voilement, une progression ou une alternance &#8211; et d&#233;couvre la clart&#233; d'un regard. La nuit comme la promesse du jour aussi comme l'inconnu comme la promesse d'un savoir r&#233;sultant du travail actif de la pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, quand la nuit n'est pas le passage au jour, quand la nuit n'est pas l'&#233;clipse, s'&#233;coute &lt;i&gt;l'autre&lt;/i&gt; nuit, sans fin et sans d&#233;but. Dans l'obscurit&#233; blanche du jour, sur un silence insupportable. L'&lt;i&gt;autre&lt;/i&gt; nuit, en approche &#224; &lt;i&gt;la nuit blanche&lt;/i&gt; sans regarde &#8211; un non-savoir sans obscurit&#233; et sans clart&#233;, la nuit dans une folie,&lt;i&gt; la folie du jour&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dedans de la recherche d'une intimit&#233; pour la premi&#232;re nuit, on trouve l'absence de l'intimit&#233; et l'impossibilit&#233; de sortir de l'incertitude et de&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'affreuse cruaut&#233; du jour ; je ne pouvais ni regarder ni ne pas regarder ; voir c'&#233;tait l'&#233;prouvante, et cesser de voir me d&#233;chirait du front &#224; la gorge [&#8230;] je voyais face &#224; face de la folie du jour ; telle v&#233;rit&#233; : la lumi&#232;re devenait folle, la clart&#233; avait perdu tout bon sens ; elle m'assaillait d&#233;raisonnablement, sans r&#232;gle, sans but [&#8230;] j'avais pour le jour un d&#233;sir d'eau et d'air. Et si voir c'&#233;tait le feu, j'exigeais la pl&#233;nitude du feu, et si voir c'&#233;tait la contagion de la folie, je d&#233;sirais follement cette folie. &lt;/i&gt; (Blanchot, 2002 : 18 [1973])&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cette perspective, la nuit est l'&#233;nigme qui se d&#233;robe, l'interdit qui n'est pas une n&#233;gation. On est jet&#233; &#224; l'int&#233;rieur d'une force hors de v&#233;rit&#233;, hors du savoir et hors de la connaissance par l'exigence du regard d'Orph&#233;e qui tourne le regard sous la perte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; l'inconnu sans regarde, ce qui interrompt la configuration d'un plan conceptuel soutenu par l'id&#233;e de la pens&#233;e comme connaissance obtenue et l&#233;gitim&#233; par la v&#233;rification d'une prouve. Mais dans l'&lt;i&gt;autre&lt;/i&gt; nuit, par les yeux aveugles et voyants, on &#233;coute des voix d'une distante infinie dans l'intimit&#233; du feu (1) . Ce qui ne se peut jamais regarder et qui s'&#233;coute en l'errance, sur le d&#233;placement immobile du sans lieu de l'atopie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans arriver, le fou parte ; sans partir, le fou se d&#233;place - toujours sous la place du sans lieu. Le d&#233;placement, sur un espacement infinie, la distance qui n'est pas s&#233;paration entre deux termes, ni la quantit&#233; d'un espace dans une mesure, mais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;distance qui est la profondeur m&#234;me de la pr&#233;sence, laquelle, &#233;tant tout manifeste, r&#233;duit &#224; sa surface, semble sans int&#233;riorit&#233;, pourtant inviolable, parce que identique &#224; l'infini du Dehors (&lt;/i&gt;Blanchot, 1971b : 248)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du neutre face &#224; l'exigence imp&#233;rative d'un mouvement d'entrer qui est d&#233;j&#224; dehors des possibilit&#233;s d'&#234;tre dedans et dehors d'un espace situable. L'immobilit&#233; vertigineuse d'une chute sans arriv&#233;e, le glissement d'une collision sans &#233;v&#232;nement. Ce qui se d&#233;robe &#224; la possibilit&#233; d'une continuit&#233; comme d'une discontinuit&#233; en impliquant une impossibilit&#233; de la totalit&#233; qui surmonte l'absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion de &lt;i&gt;l'atopie&lt;/i&gt; convoque la probl&#233;matisation de &lt;i&gt;l'interruption&lt;/i&gt; de la circularit&#233; r&#233;f&#233;rentielle de la pens&#233;e - l'exigence d'entrer dans un intervalle sans appartenance, un &lt;i&gt;intervalle d'irr&#233;gularit&#233;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;discontinuit&#233;&lt;/i&gt;. Irr&#233;versible, sans totalit&#233;, dissym&#233;trique, sans qualit&#233;, ni quantit&#233;, o&#249; penser est penser dans &lt;i&gt;l'exp&#233;rience&lt;/i&gt; &lt;i&gt;des limites&lt;/i&gt; dont la notion est analys&#233;e par Blanchot comme l'exp&#233;rience de l'insuffisance des limites. Celle qui fracture l'id&#233;e d'une unit&#233; - circonscrite sous la forme d'une totalit&#233; &#8211; et o&#249; la limite en excluant toute repr&#233;sentation soutient une relation dans l'extr&#233;mit&#233; sans fin.&lt;br class='autobr' /&gt;
La limite ne sera jamais la ligne qui marque une division qui s&#233;pare le dedans et le dehors par la limite entre les deux, ni la bordure entre milieux distincts o&#249; s'alternent les passages et les confluences dans une variation des fluxes. Dans la suspension de la promesse d'une totalit&#233;, l'exp&#233;rience des extr&#234;mes rompt la possibilit&#233; de fixer une limite, parce que le d&#233;placement fait la dissociation entre la &lt;i&gt;limite&lt;/i&gt; et la &lt;i&gt;limitation&lt;/i&gt;, pour Blanchot,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'exp&#233;rience-limite est celle qui attend cet homme ultime, capable une derni&#232;re fois de ne pas s'arr&#234;ter &#224; cette suffisance qu'il atteint ; elle est le d&#233;sir de l'homme sans d&#233;sir, l'insatisfaction de celui qui est satisfait &#8216;en tout', le pur d&#233;faut, l&#224; o&#249; il y a cependant accomplissement d'&#234;tre. L'exp&#233;rience-limite est l'exp&#233;rience de ce qu'il y a hors de tout, lorsque le tout exclut tout dehors, de ce qu'il reste &#224; atteindre, lorsque tout est atteint, et &#224; conna&#238;tre, lorsque tout est connu : l'inaccessible m&#234;me, l'inconnu m&#234;me&#8221;&lt;/i&gt; (1969 : 304-305).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience-limite expose l'impossibilit&#233; du postulat de la circularit&#233; de la pens&#233;e en consid&#233;rant une constitution conceptuel de la pens&#233;e comme le mouvement sur une &lt;i&gt;sph&#232;re&lt;/i&gt; r&#233;f&#233;rentielle que la pr&#233;figure et l&#233;gitime. Dans l'exp&#233;rience-limite, par une &lt;i&gt;excentricit&#233;&lt;/i&gt; (2) , le centre du cercle devient le point ext&#233;rieur, toujours dehors du cercle et encore le point central, sur un d&#233;placement sans conjugaison. La fermeture du cercle sur le centre est impossible, la trace du cercle reste toujours interminable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le centre reste toujours inaccessible, ce qui ne fait pas du centre le non-existent, mais ce qui interrompt la centralit&#233; r&#233;f&#233;rentielle et qui devient toujours extraterritorial, o&#249; le centre ne sera jamais le milieu, puisque &#171; si le milieu est l'extr&#234;me, le centre n'est jamais au milieu. [&#8230;] le milieu que devient limite, et penser la mesure, c'est penser &#224; la limite &#187; (Blanchot, 1973 : 58). Dans cette fa&#231;on, &lt;i&gt;l'excentricit&#233;&lt;/i&gt; est consid&#233;r&#233;e autour de &lt;i&gt;l'exp&#233;rience-limite&lt;/i&gt;. Mais, &lt;i&gt;l'excentricit&#233;&lt;/i&gt;, &#224; la limite, joue avec &lt;i&gt;l'acentralit&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion d'&lt;i&gt;acentralit&#233;&lt;/i&gt; n'implique pas seulement un d&#233;placement infini, mais l'impossibilit&#233; et la privation du centre et du cercle, l'&#233;cart d'une &lt;i&gt;suspension&lt;/i&gt; de la pens&#233;e qui s'ouvre dans l'absence du cercle (3) : hyperbolique, sans ligne, sans centre. M&#234;me s'il y a un rapport entre les deux notions &#8211; en ce qui concerne &#224; l'interruption de la possibilit&#233; par des forces hors d'exp&#233;rience - &lt;i&gt;l'acentralit&#233;&lt;/i&gt; est ici approch&#233;e autour de &lt;i&gt;la question du neutre.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En effet, des forces du neutre sont convoqu&#233;es par l'exp&#233;rience-limite, l'impossible ouvre une sorte de blessure dans un point infinie qui n'est pas sans corps, mais qui &#171; donne corps &#187; &#224; l'impossible. C'est-&#224;-dire, l'exp&#233;rience-limite qui &#233;voque des forces dehors de la limite de la possibilit&#233; comme ce qui fait &#233;chapper tous les fonds pour la pens&#233;e s'apporter, l'insupportable &#8211; que n'a plus de support que l'&#233;clatement des supportes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'insupportable - l'impossibilit&#233; de trouver un support pour fonder la pens&#233;e, soit une origine primordiale ou une substance essentielle, soit une identit&#233;, un &#233;v&#232;nement ou la manifestation d'un ph&#233;nom&#232;ne. Insituable sur un plan de probl&#233;matisation conceptuel ontologique, cette perspective affirme la question du neutre comme ce qui &#233;chappe &#224; l'&#234;tre comme &#224; le non-&#234;tre : ne(u)tre, n'&#234;tre pas. Celle qui ne s'apporte jamais sur une position transcendante ou sur l'appel d'un &#233;tat de transe des exp&#233;riences mystiques, celle qui n'est pens&#233;e comme une multiplicit&#233; d'unit&#233;s ou comme un &#233;v&#232;nement v&#233;cu, pas une tautologie herm&#233;tique, mais, comme la pens&#233;e &lt;i&gt;dans, comme&lt;/i&gt; e &lt;i&gt;par&lt;/i&gt; l'impossibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e du neutre met en question une rupture avec toutes les constitutions th&#233;oriques fond&#233;es ou soutenues sur l'id&#233;e d'une substance primordiale ou essentielle et d'un mouvement de manifestation, r&#233;v&#233;lation ou d'&#233;v&#232;nement car elle implique une &lt;i&gt;insuffisance&lt;/i&gt; et une &lt;i&gt;ind&#233;termination&lt;/i&gt; ind&#233;passable. En ce sens, cette analyse s'approche de la question du neutre comme une &lt;i&gt;aporie&lt;/i&gt; qui s'd&#233;ploie &#224; partir de l'impouvoir et de la figure de la &lt;i&gt;mort&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire :&lt;br class='autobr' /&gt; 1) de la &lt;i&gt;mort&lt;/i&gt; d'un sujet transcendantal de la connaissance, dans l'ext&#233;nuation de la souverainet&#233; d'un savoir et d'un pouvoir postul&#233; par l'individualisation d'un Sujet cr&#233;ateur comme le &#171; Moi &#187; de la premi&#232;re personne majeure de la raison ; &lt;br class='autobr' /&gt;
2) la passivit&#233; et l'immobilit&#233; de la &lt;i&gt;mort&lt;/i&gt;, que n'est pas une pure n&#233;gation, mais comme l'autre mort et la mort de l'autrui ; &lt;br class='autobr' /&gt;
3) l&lt;i&gt;'impossibilit&#233; de la mort&lt;/i&gt;, dans &lt;i&gt;l'effacement&lt;/i&gt;, qui parle l'innommable ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette probl&#233;matisation conduit &#224; une compr&#233;hension de l'aporie qui se d&#233;place sur la tension entre la notion de la pr&#233;sence et de la notion de l'absence. La notion de l'absence compris comme un sens absent dont le sens, sans signification, est pr&#233;sent par l'absence. La distance infinie qui surgit dans une pr&#233;sence de l'inconnu,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; la pr&#233;sence n'est pas quelque chose de pr&#233;sent ; ce qui est l&#224;, non pas s'approchant, non pas se d&#233;robant, ignorant tous les jeux de l'insaisissable, est l&#224; avec l'&#233;vidence abrupte de la pr&#233;sence, laquelle refuse le graduel, le progressif, le lent av&#232;nement, l'insensible disparition et cependant d&#233;signe une relation infinie. La pr&#233;sence est le surgissement de la &#8216;pr&#233;sence s&#233;par&#233;' : cela qui vient &#224; nous hors de pair, immobile dans la soudainet&#233; de la venue et s'offrant &#233;tranger, tel quel en son &#233;tranget&#233; [..] c'est-&#224;-dire aussi bien radicale non-pr&#233;sence [&#8230;] la pr&#233;sence nue qui n'a rien, n'est rien, ne retient rien, que rien ne dissimule&lt;/i&gt; (Blanchot, 1971b : 247) &lt;br class='autobr' /&gt;
La violence d'une rupture, la puissance d'un murmure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &#171; L'&#233;criture du d&#233;sastre &#187; (1980), Blanchot &#233;crit que le d&#233;sastre, sans avenir, est le plus s&#233;par&#233;, la chute dans l'immobilit&#233;. Ce qui &#8211; dans le pressentiment que le d&#233;sastre est la pens&#233;e &#8211; n'a rien qui l'oubli sans m&#233;moire, le non-pouvoir sans certitude et la passivit&#233; d'une intensit&#233; sans souverainet&#233;. Cependant, il ne s'agit pas d'un principe causal, ni d'une fonction, ni d'un travail (ou d'un travail du n&#233;gatif), mais, de l'effet sans une cause et sans fins, une op&#233;ration sans mouvement d&#232;s l'effacement, mais une &#233;vocation (pas par descendance) &lt;i&gt;sur&lt;/i&gt; des corps (et encore &lt;i&gt;un&lt;/i&gt; corps ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &lt;i&gt;corps&lt;/i&gt; qui ouvre l'impossible pour &#171; porter un espace de langage &#224; la limite d'o&#249; revient l'irr&#233;gularit&#233; d'un autre espace parlant, non parlant, qui l'efface ou l'interrompt et dont on ne s'approche que par son alt&#233;rit&#233;, marqu&#233;e par le effet d'effacement &#187; (Blanchot, 1973 : 72), ce qui n'est pas supporter, mais &lt;i&gt;accueilli&lt;/i&gt; par la &lt;i&gt;parole&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une parole ? Et cependant non pas une parole, &#224; peine un murmure, &#224; peine un frisson, moins que le silence, moins que l'ab&#238;me du vide : la pl&#233;nitude du vide, quelque chose qu'on ne peut faire taire, occupant tout l'espace, l'interrompu et l'incessant, un frisson et d&#233;j&#224; un murmure, non pas un murmure, mais une parole, et non pas une parole quelconque, mais distincte, juste : &#224; ma port&#233;e &#187;&lt;/i&gt; (Blanchot, 1953 : 125-126)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la limite, l'intervalle o&#249; le d&#233;sastre, comme le &lt;i&gt;d&#233;s&#339;uvrement du neutre,&lt;/i&gt; ouvre une suspension qui ne retient rien que le mouvement de la suspension. Blanchot &#233;crit : &#8220;quelque chose est &#224; l'&#339;uvre de par le neutre, qui est aussit&#244;t &#339;uvre du d&#233;s&#339;uvrement : il y a un effet de neutre &#8211; cela dit la passivit&#233; du neutre &#8211; qui n'est pas &lt;i&gt;effet&lt;/i&gt; du neutre, n'&#233;tant pas effet d'un Neutre pr&#233;tendument &#224; la &#339;uvre comme cause ou chose&#8221; (1973 : 105). Qu'est-ce que s'agit dans la passivit&#233; et la passion sans pouvoir des corps en rapport &#224; l'action de la non-action comme l'effet de neutre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le neutre, comme la seule parole qui arrive de la r&#233;gion limite (4), parle sur une perte de la parole. La &lt;i&gt;parolefolle&lt;/i&gt; qui d&#233;chire la langue e fait parler le non-parlent, &#171; cette parole errante que je rejoignais &#224; certains moments du temps et dans certains point de l'espace, je ne pouvais, sous peine de la r&#233;duire au caprice d'un &#233;cho, oublier de la traiter avec un s&#233;rieux infini, &#224; la mesure de sa complicit&#233; et de sa patience infinies &#187; (Blanchot, 1953 : 76). Ce qui parle apr&#232;s la mort, parle ; le sommeil sans r&#234;ve et sans image, dans l'effacement. Selon Blanchot,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;nous parlons sur une perte de parole &#8211; un d&#233;sastre imminent et imm&#233;morial -, de m&#234;me que nous ne disons rien que dans la mesure o&#249; nous pouvons faire entendre pr&#233;alablement que nous le d&#233;disons, par une sorte de prolepsie, non pas pour finalement ne rien dire, mais pour que le parler ne s'arr&#234;te pas &#224; la parole, dite ou &#224; dire ou &#224; d&#233;dire : laissant pressentir que quelque chose se dit, ne se disant pas : la perte de parole, le pleurement sans larme, la reddition qu'annonce, sans l'accomplir, l'invisible passivit&#233; du mourir &#8211; &lt;i&gt;la faiblesse humaine.&lt;/i&gt; &#187; &lt;/i&gt; (Blanchot, 1980 :39)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se trace, sans que le trace renvoie &#224; une origine et sans laisser une marque, l'ouverture toujours en puissance d'o&#249; parle l'exigence d'un murmure. Ce qui, en r&#233;sistant au d&#233;sastre, parle par une puissance indestructible, des traces d'un &lt;i&gt;sens absent&lt;/i&gt; dans l'agonie qui ne trace rien que l'effacement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des traces, des corps vivant, d&#233;j&#224; disparus, qui tracent le geste imperceptible d'un t&#233;moignage sur l'&#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;criture, la blessure ouverte, la parole impossible. L'&#233;criture, le d&#233;sastre. Des corps qui &#233;crivent apr&#232;s la mort et, simultan&#233;ment, dans l'impossibilit&#233; de mourir, &#224; partir de la &lt;i&gt;passion&lt;/i&gt; indestructible, &#224; partir de l'action de la &lt;i&gt;passivit&#233;&lt;/i&gt; et du feu, fi&#233;vreux et &lt;i&gt;patient&lt;/i&gt; &#8211; &#233;crivent en silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Blanchot, en parlant de L&lt;i&gt;'exp&#233;rience int&#233;rieur&lt;/i&gt; de Georges Bataille, &#233;crit : &#171; La heure du Grand Midi est celle qui nous apporte la plus forte lumi&#232;re ; l'air entier est &#233;chauff&#233; ; le jour est devenu feu ; pour l'homme avide de voir, c'est le moment o&#249;, regardant, il risque de devenir plus aveugle qu'un aveugle, une sort de voyant qui se souvient du soleil comme d'une tache grise, importune. &#187; (1971a : 48).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 &#8220;D'o&#249; vient cette excentricit&#233;, celle qui, marquant le songe le plus simple, en fait un pr&#233;sent, une pr&#233;sence unique dont nous voudrions rendre t&#233;moins d'autres que nous ? (&#8230;) Priv&#233; de centre ou mieux l&#233;g&#232;rement ext&#233;rieur au centre autour duquel il s'organise (ou nous le r&#233;organisons) et ainsi, &#224; une distance inappr&#233;ciable &#8211; insensible &#8211; de nous, est le r&#234;ve profond d'o&#249; pourtant nous ne pouvons pas nous dire absents, puisqu'il apporte au contraire une certitude invincible de pr&#233;sence. Mais &#224; qui l'apporte-t-il ? C'est comme une pr&#233;sence qui n&#233;gligerait ou oublierait notre capacit&#233; d'y &#234;tre pr&#233;sents &#187; (Blanchot, 1971b :166).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 &#171; un cercle : plut&#244;t une absence de cercle, la rupture de cette vaste circonf&#233;rence d'o&#249; viennent les jours et les nuits &#187; (Blanchot, 1969 : XVII)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 &#171; le neutre n'appartienne pas au langage des vivants et, sans appartenir au langage que ne parlent pas les morts, constituerait le seul mot, peut-&#234;tre parce qu'il n'y en a pas d'autre, qui nous serait parvenu de la r&#233;gion limitrophe, infinie, o&#249; le silence des uns, le silence des autres se c&#244;toient, tout en restant intraduisibles de l'un &#224; l'autre &#224; cause de leur identit&#233; absolue, non moins que de leur diff&#233;rence absolue &#187; (Blanchot, 1973 : 118-119)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;f&#233;rences bibliographiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanchot, Maurice (1942), &lt;i&gt;Aminadab&lt;/i&gt;. Paris : Gallimard.&lt;br class='autobr' /&gt;
___ (1953), &lt;i&gt;Celui qui ne m'accompagnait pas&lt;/i&gt;. Paris : Gallimard.&lt;br class='autobr' /&gt;
___ (1971a) &lt;i&gt;Faux Pas.&lt;/i&gt; Paris : Gallimard [1943].&lt;br class='autobr' /&gt;
___ (2002), &lt;i&gt;La folie du jour&lt;/i&gt;. Paris : Gallimard. [1973].&lt;br class='autobr' /&gt;
___ (1971b), &lt;i&gt;L'Amiti&#233;&lt;/i&gt;. Paris : Gallimard.&lt;br class='autobr' /&gt;
___ (1980) &lt;i&gt;L'&#233;criture du d&#233;sastre&lt;/i&gt;. Paris : Gallimard.&lt;br class='autobr' /&gt;
___ (1969), &lt;i&gt;L'entretien infini&lt;/i&gt;. Paris : Gallimard.&lt;br class='autobr' /&gt;
___ (1973), &lt;i&gt;Le pas au-del&#224;&lt;/i&gt;. Paris : Gallimard.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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