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	<title>Ici et ailleurs</title>
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	<description>Association pour une Philosophie Nomade</description>
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		<title>Ici et ailleurs</title>
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		<title>La politique tch&#232;que est nulle</title>
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		<dc:creator>Adam Pa&#353;ek</dc:creator>



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&lt;p&gt;Dans l'entre-deux-tours de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle tch&#232;que, on a demand&#233; &#224; notre ami originaire de ce beau pays de nous livrer ses profondes pens&#233;es sur cet &#233;v&#233;nement proprement transcendantal. Il t&#233;moigne sans filtre des sentiments qu'il lui inspire, en exclusivit&#233; pour les lecteur&#8226;ice&#8226;s d'Ici et ailleurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des &#233;lections, je ne saurais te dire rien de plaisant, mais te propose n&#233;anmoins mon analyse politique fine comme il se doit pour tout &#233;v&#233;nement d'importance mondiale. La premi&#232;re (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=55" rel="directory"&gt;Actualit&#233;&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans l'entre-deux-tours de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle tch&#232;que, on a demand&#233; &#224; notre ami originaire de ce beau pays de nous livrer ses profondes pens&#233;es sur cet &#233;v&#233;nement proprement transcendantal. Il t&#233;moigne sans filtre des sentiments qu'il lui inspire, en exclusivit&#233; pour les lecteur&#8226;ice&#8226;s d'&lt;/i&gt;Ici et ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;lections, je ne saurais te dire rien de plaisant, mais te propose n&#233;anmoins mon analyse politique fine comme il se doit pour tout &#233;v&#233;nement d'importance mondiale. La premi&#232;re chose qui frappe un &#339;il qui s'efforce &#224; une objectivit&#233; m&#234;me minime, c'est que les candidat&#8226;e&#8226;s sont tou&#8226;te&#8226;s des gros nullos. Il n'y en a pas un&#8226;e qui dise une seule chose qui vaille la peine de s'y arr&#234;ter trois minutes. C'est m&#234;me peut-&#234;tre &#231;a qui est remarquable : que l'on soit plac&#233; dans la situation de choisir tr&#232;s s&#233;rieusement entre des candidats qui n'ont aucun int&#233;r&#234;t et qui ne disent rien d'int&#233;ressant. N'est-ce pas une bonne image de ce qu'on entend et de ce qu'on esp&#232;re en R&#233;publique tch&#232;que aujourd'hui de la politique, c'est-&#224;-dire rien de raisonnable. Pourtant, selon les sondages, on attend de ces nullos de grandes choses, comme d'unir la soci&#233;t&#233;, d'aplanir les in&#233;galit&#233;s sociales, de prot&#233;ger le pays&#8230; On se demande bien comment un&#8226;e pr&#233;sident&#8226;e pourrait bien faire une seule de ces choses, car sa fonction en R&#233;publique tch&#232;que est presque exclusivement c&#233;r&#233;monielle et de repr&#233;sentation. Mais tout en attendant TOUT de ces zigotos, on n'attend vraiment pas grand-chose, vu qu'on les applaudit pour les nullit&#233;s effrayantes qu'elle produisent vocalement face &#224; la cam&#233;ra (&#171; Quel paradoxe, m'sieu Van&#283;k &#187; comme dirait Havel).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela &#233;tant dit, l'enjeu est loin d'&#234;tre nul, mais il est, comme il se doit, purement n&#233;gatif &#8211; en cela il ressemble &#224; la tradition fran&#231;aise. Il faut faire barrage au mal-fameux Babi&#353;, l'oligarque au rictus d&#233;testable, verbe d&#233;ment et capital criminel (il est tellement parodique, qu'il justifie &#224; lui seul le solipsisme d&#233;jant&#233; de Kl&#237;ma). On se demande, depuis son &#233;lection au Parlement en 2017, comment il fait, on n'a pas de r&#233;ponse, &#231;a nous rend dingue, on le hait et on est tent&#233; de prendre pour des cons nos concitoyens qui succombent &#224; sa s&#233;duction. On r&#233;siste &#224; cette derni&#232;re tentation (pas tou&#8226;te&#8226;s) en nous disant que c'est bien &#231;a son premier geste, de prendre des gens pour des cons. La culture politique en R&#233;publique tch&#232;que est en plein d&#233;litement depuis l'accord pragmatique (entendre : totalement corrompu) entre la droite et la gauche en 1998. Un &#233;lectorat d&#233;politis&#233; est logiquement le plus facile &#224; berner, et c'est ce qui nous est arriv&#233; (comprendre, c'est se r&#233;jouir, dirait le philosophe hollandais).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Babi&#353; donc, premier ministre de 2017 &#224; 2021, serait bien content d'&#234;tre &#233;lu pr&#233;sident en 2023, lui et ses tr&#232;s nombreuses casseroles. L'immunit&#233; pr&#233;sidentielle soulagerait opportun&#233;ment son bilan judiciaire, et il y a pas mal de monde qui pense qu'il ne cherche qu'&#224; assurer son impunit&#233; d'une mani&#232;re un peu originale, mais il y a pire. Il serait bien le premier pr&#233;sident tch&#232;que &#224; poss&#233;der (c'est le cas de le dire) un parti parlementaire puissant (Havel n'a &#233;t&#233; partisan que du Bien et de l'OTAN, Klaus plus &#224; droite m&#234;me que son parti, Zeman un revenant vengeur de la vieille socdem, tr&#232;s branch&#233; tendance politicien-troll). &#192; partir de l&#224;, il lui serait (&#224; Babis) facile de songer &#224; peser sur les limites constitutionnelles du pouvoir pr&#233;sidentiel, limites notoirement mal d&#233;finies. &#199;a lui plairait peut-&#234;tre de jouer un peu au Macron ? On est pas pr&#234;t pour ce crossover acide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le danger est r&#233;el et il faut voter contre. S'ouvre donc devant tout&#8226;e votant&#8226;e un calcul passionnant pour d&#233;terminer le ou la moins pire candidat&#8226;e, sauf &#224; faire partie des fanatiques du zarbi ultime Ba&#353;ta, l'arch&#233;ologue et le parangon de l'extr&#234;me droite tch&#232;que, qui p&#233;trifie la raison avec son pathos spectaculairement rat&#233;, qui se dit pr&#234;t &#224; destituer le gouvernement et &#224; r&#233;tablir la libert&#233; d'expression et plus g&#233;n&#233;ralement &#224; sauver le pays, ainsi que, peut-&#234;tre, l'univers. Son analyse du r&#233;chauffement global m&#233;rite une attention particuli&#232;re : il a bien eu lieu dans la pr&#233;histoire, et les dinosaures ne s'en sont pas plus mal sortis, dit-il. Serait-il en train de nous dire que lui-m&#234;me est un dinosaure ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s lui, un d&#233;fil&#233; des d&#233;lur&#233;s dont le tr&#232;s passionnant entrepreneur Divi&#353;, un rejeton tardif de la droite &#233;conomique na&#239;ve des ann&#233;es 90, qui n'a apparemment pas compris que le &#171; relancer le march&#233; &#187; ne fonctionne plus sans un discours anti-migrant. Une autre machine &#224; remonter le temps est Zima, le climatosceptique s&#233;curitaire : &#224; penser qu'il est recteur de l'Universit&#233; de Charles, on se demande comment il se fait qu'elle ne se soit pas encore &#233;croul&#233;e sur place. Je n'ai rien de marrant sur Fischer qui a fait sans doute un v&#339;u religieux de ne parler que pour ne rien dire et qui l'observe avec une fid&#233;lit&#233; qui force l'admiration. L'indigence des propos de cet homophobe au froid sourire d'un b&#233;b&#233; un peu roublard est telle que nous avons malgr&#233; nous l'impression d'assister aux premiers pas d'une IA, de mani&#232;re &#224; s'entendre penser &#171; qu'est-ce qu'il parle bien &#187;, sans toutefois savoir le moins du monde qu'est-ce qu'il dit : le n&#233;ant n'a pas d'essence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le S&#233;nateur Hil&#353;er constitue dans ce cort&#232;ge d'horreurs un cas &#224; part, dans la mesure o&#249; il prend le plus ouvertement les &#233;lections pr&#233;sidentielles pour un concours de Miss France ou une autre comp&#233;tition de popularit&#233;. Sa politique consiste &#224; dire des trucs sympathiques d'une mani&#232;re d&#233;contract&#233;e, &#224; faire des petits jokes nuls et de sourire de sa mine ang&#233;lique. Certes, tu objecteras qu'en cela il ne se trompe pas vraiment, puisque c'est bien &#231;a, des &#233;lections o&#249; on &#233;lit une personne pour une fonction sur la base d'une campagne qui n'a rien &#224; voir avec le contenu r&#233;el de la fonction en jeu, c'est-&#224;-dire un reality show comme un autre avec, &#224; la cl&#233;, un s&#233;jour au Ch&#226;teau pour cinq ans. De ce point de vue, Hil&#353;er ne se trompe pas de genre, mais il la joue trop m&#233;ta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'a certes pas &#233;t&#233; &#224; la veille du premier tour qu'on s'est aper&#231;u que cette petite assembl&#233;e est abonn&#233;e aux r&#233;sultats risibles, sachant que si quelqu'un&#8226;e a une chance quelconque contre le monstre pieuvre alien de la dimension Zbleurg Babi&#353;, c'est Nerudov&#225; ou Pavel. Alors t'es chaud, tu t'attends &#224; ce que je te parle d'un duel gauche-droite qui va &#224; l'os, o&#249; on discute des probl&#232;mes du pays, de mani&#232;re &#224; attirer l'attention sur les causes, etc. Eh ben t'es chaud pour des prunes, parce qu'il n'en a rien &#233;t&#233;. Nerudov&#225; est tellement de gauche que quand on lui pose la question sur l'annulation du &#171; salaire super-brut &#187;, une mesure notoirement anti-sociale de 2020 que m&#234;me les Socdem pourris n'ont pas vot&#233;, elle dit qu'il faut simplifier le syst&#232;me des imp&#244;ts, litt&#233;ralement. Cependant, il faut reconna&#238;tre qu'elle ne ratait pas une opportunit&#233; de parler de la pauvret&#233; dans les r&#233;gions et si c'est toujours n&#233;buleux, c'est d&#233;j&#224; &#231;a, et de toute mani&#232;re le pr&#233;sident n'a d'utilit&#233; qu'&#224; parler et elle pourrait un peu le faire. L&#224;-dessus, il m'arrive de regretter de ne pas avoir vot&#233; pour elle au premier tour, mais bon, de toute mani&#232;re elle n'a m&#234;me pas eu 14% au premier tour, qu'a gagn&#233; donc Pavel avec, 0,4% derri&#232;re, Babi&#353;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh ben Pavel, parlons-en, parce que pour &#234;tre le saint-sauveur de la d&#233;mocratie on n'a vraiment pas pu trouver mieux, c'est admirable. Cet ancien militaire, qu'on s'&#233;vertue &#224; appeler tout le temps &#171; g&#233;n&#233;ral &#187; (ce qui fait quand m&#234;me penser au Mar&#233;chal de la &lt;i&gt;Maladie blanche&lt;/i&gt; de &#268;apek, mais bizarrement personne ne dit &#231;a), a &#233;t&#233; pl&#233;biscit&#233; pour son slogan de campagne &#171; Ordre et calme &#187;. Je te laisse go&#251;ter &#231;a. Je serais bien tent&#233; de ne rien ajouter, mais parlons encore de l'ironie absolue du fait qu'il se compare &#224; tour de bras &#224; Havel (le candidat anti-establishment si &#231;a a jamais exist&#233;, tu piges) et que son programme est de restituer la dignit&#233; &#224; l'office pr&#233;sidentiel. La dignit&#233; genre drapeau. &#199;a, bizarrement, personne ne trouve &#231;a dangereux. Voil&#224; qui est curieux. Pas aussi dangereux que Babi&#353;, je te l'accorde, mais &#224; partir de quel moment la comparaison nous d&#233;poss&#232;de de la capacit&#233; de juger plus finement chacun des termes compar&#233;s. Depuis qu'on a des pr&#233;sidents, diras-tu, et je trouve que tu as raison l&#224;-dessus, mais aucune force politique dans le pays ne propose s&#233;rieusement d'abolir cette fonction crypto-monarchique, alors il ne me reste qu'&#224; me morfondre et &#231;a je le fait vraiment &#224; volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a beaucoup &#233;crit sur le kitsch politique tch&#232;que qui consiste grosso modo en ce qu'on remplace la politique des choses, ou objective, par une politique sentimentale des apparences (autrement appel&#233;e le r&#233;alisme magique de la politique tch&#232;que). C'est pas demain la veille que ce diagnostic va p&#233;rimer. Il est toujours tr&#232;s en vogue de voir le sauveur dans un tel candidat sur la base d'une affectologie pure, soit qu'il est &#171; manager &#187; un peu voleur et d&#233;gourdi comme Babi&#353;, soit qu'il est macho tr&#232;s frais et champion de dignit&#233; militaire comme Pavel. Et m&#234;me, puisqu'il s'agit de voter contre Babis, pourquoi pas Pavel, mais il distribue litt&#233;ralement des casquettes rouges et noires o&#249; c'est imprim&#233; litt&#233;ralement GENERAL sur le front, et face &#224; &#231;a je revendique vraiment le droit de pas prendre parti, peut-&#234;tre bien de voter pour lui au deuxi&#232;me tour parce qu'il le faut, parce que je suis un putain de mollusque et parce que le pire est toujours pire que le moins pire, mais tout en le d&#233;testant cordialement. Et tout en s'&#233;tonnant infiniment de l'humiliation de ce spectacle qui conduit &#224; un acte pr&#233;cis de voter, o&#249; on vote pour quelqu'un qu'on trouve nul ou, au mieux, indiff&#233;rent et dont on n'attend absolument rien d'autre que de n'empirer pas la situation plus qu'il n'est dans l'ordre des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ayant pris connaissance de la lettre de notre ami, dont la noirceur d&#233;lirante force la piti&#233;, nous regrettons quelque peu d'avoir sollicit&#233; son avis, et n'avions nullement cru possible que sa m&#233;ditation le plonge dans de si noires pens&#233;es. Que cela serve d'avertissement &#224; notre lecteur&#8226;ice : les campagnes &#233;lectorales sont &#224; consommer avec mod&#233;ration, et sauf contre-avis du m&#233;decin. Le second tour aura lieu les 27 et 28 janvier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Cin&#233;math&#232;que du couvre-feu</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=969</link>
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		<dc:date>2021-01-26T17:35:42Z</dc:date>
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		<dc:creator>Adam Pa&#353;ek</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;J'ai eu l'id&#233;e de regarder La Travers&#233;e de Paris d'Autant-Lara (1956) que je n'avais jamais vu et qui sied au contexte (couvre-feu&#8230;). Id&#233;e mise &#224; ex&#233;cution hier soir. Je suis tr&#232;s impressionn&#233; par la violence semi latente sous un ext&#233;rieur tout gag tout sourire, notamment par ce que la violence qui fait mal dans le film n'est pas celle de la police, ni celle des occupants, mais bien plus celle de l'in&#233;galit&#233; clivant les occup&#233;s, cristallis&#233;e dans l'ambigu&#239;t&#233; un peu d&#233;moniaque de Gabin (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=10" rel="directory"&gt;Esth&#233;tique et critique culturelle&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai eu l'id&#233;e de regarder &lt;i&gt;La Travers&#233;e de Paris&lt;/i&gt; d'Autant-Lara (1956) que je n'avais jamais vu et qui sied au contexte (couvre-feu&#8230;). Id&#233;e mise &#224; ex&#233;cution hier soir. Je suis tr&#232;s impressionn&#233; par la violence semi latente sous un ext&#233;rieur tout gag tout sourire, notamment par ce que la violence qui fait mal dans le film n'est pas celle de la police, ni celle des occupants, mais bien plus celle de l'in&#233;galit&#233; clivant les occup&#233;s, cristallis&#233;e dans l'ambigu&#239;t&#233; un peu d&#233;moniaque de Gabin (Grandgil) qui d&#233;tonne avec une brutalit&#233; certaine &#224; la fin : les retrouvailles de Gabin avec Bourvil (Martin) &#224; la Gare de Lyon, le premier en bourgeois install&#233; qui se fait porter les valises, l'autre en petit subalterne qui portera toute sa vie les valises des autres. Finalement, les tirades de Gabin contre la peur &#034;m&#233;diocre&#034; des Fran&#231;ais (&#034;Salauds de pauvres&#034;) s'applique encore &#224; son ami apr&#232;s la Lib&#233;ration, sa philosophie devient une id&#233;ologie du succ&#232;s entrepreneurial, genre tu as peu parce que tu as peur, c'est ta mentalit&#233; servile qui justifie et consacre ta pauvret&#233;, moi je suis grand seigneur, parce que je suis courageux et &lt;i&gt;mutatis mutandis&lt;/i&gt; c'est la raison et la justification que je me balade en costume etc. et que toi, mon copain, tu me portes les bagages. C'est terrassant, cette fin, finalement, occupation pas occupation, la violence des riches reste exactement pareille, le clivage ne bouge pas d'un pied, pas trop rigolo ce film, finalement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Autour de Nos d&#233;faites - Conversation</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=928</link>
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		<dc:date>2020-08-06T20:25:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Adam Pa&#353;ek, Alain Brossat, Alain Naze, C&#233;dric Cagnat, Joachim Dupuis, Orgest Azizaj, Philippe Roy</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Que nous reste-t-il de forces pour affronter le chaos du pr&#233;sent ? Nos d&#233;faites dresse un portrait de nos rapports &#224; la politique par un jeu de r&#233;interpr&#233;tation par des lyc&#233;ens, d'extraits issus du cin&#233;ma post-68, associ&#233; &#224; des interviews de ces jeunes acteurs. Comment appr&#233;hendent-ils le monde dans lequel ils grandissent et surtout, auraient-ils envie de le changer, de le d&#233;truire ou d'en construire un nouveau ?&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=10" rel="directory"&gt;Esth&#233;tique et critique culturelle&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Que nous reste-t-il de forces pour affronter le chaos du pr&#233;sent ? &lt;i&gt;Nos d&#233;faites&lt;/i&gt; dresse un portrait de nos rapports &#224; la politique par un jeu de r&#233;interpr&#233;tation par des lyc&#233;ens, d'extraits issus du cin&#233;ma post-68, associ&#233; &#224; des interviews de ces jeunes acteurs. Comment appr&#233;hendent-ils le monde dans lequel ils grandissent et surtout, auraient-ils envie de le changer, de le d&#233;truire ou d'en construire un nouveau ?&lt;/p&gt;
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		<title>Guide lexical du confinement transnational</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=906</link>
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		<dc:date>2020-05-13T17:37:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Adam Pa&#353;ek</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;O&#249; qu'il ait apparu, o&#249; qu'il ait infect&#233; une poign&#233;e voire une seule personne, le virus SARS-COV-2 a &#233;t&#233; d&#232;s son origine une menace &#224; grande &#233;chelle. Les lois de sa propagation sont sans doute un &#034;argument physique&#034; contre l'individualisme. En effet, un nombre de commentateurs a remarqu&#233; son caract&#232;re universalisant. Slavoj Zizek est m&#234;me all&#233; jusqu'&#224; sugg&#233;rer que de par cette qualit&#233;, le COVID-19 serait &#224; m&#234;me d'inciter l'&#233;mergence d'une sorte d'internationalisme communiste de fait. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=55" rel="directory"&gt;Actualit&#233;&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;O&#249; qu'il ait apparu, o&#249; qu'il ait infect&#233; une poign&#233;e voire une seule personne, le virus SARS-COV-2 a &#233;t&#233; d&#232;s son origine une menace &#224; grande &#233;chelle. Les lois de sa propagation sont sans doute un &#034;argument physique&#034; contre l'individualisme. En effet, un nombre de commentateurs a remarqu&#233; son caract&#232;re universalisant. Slavoj Zizek est m&#234;me all&#233; jusqu'&#224; sugg&#233;rer que de par cette qualit&#233;, le COVID-19 serait &#224; m&#234;me d'inciter l'&#233;mergence d'une sorte d'internationalisme communiste de fait. Quoique ces hypoth&#232;ses nous semblent exag&#233;r&#233;es et le communisme de Zizek dilu&#233; au point o&#249; nous ne saurions gu&#232;re nous y reconna&#238;tre, la globalit&#233; de l'exp&#233;rience pand&#233;mique est irr&#233;cusable. M&#234;me les fronti&#232;res qui savent le mieux emp&#234;cher l'ex-filtration d'informations semblent incapables de faire barrage &#224; l'infiltration du virus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les pays touch&#233;s, cette exp&#233;rience a &#233;t&#233; d&#233;termin&#233;e par les mesures hygi&#233;niques gouvernementales et dans un grand nombre de ces pays, ces mesures consistaient &#224; imposer une variante de &#034;lockdown&#034; ou de &#034;confinement&#034;. Ces mesures sont certes variables d'un pays &#224; l'autre, comme sont &lt;i&gt;toto caelo&lt;/i&gt; diff&#233;rents la distanciation sociale recommand&#233;e &#224; Ta&#239;wan et le confinement en France. En outre, dans chaque pays, elles induisent une tr&#232;s grande vari&#233;t&#233; de conditions personnelles. Un livreur d'amazon vit ces derni&#232;res semaines une exp&#233;rience sans nul doute tr&#232;s diff&#233;rente de celle qui est v&#233;cue par un cadre confin&#233; dans sa r&#233;sidence secondaire sur la c&#244;te. Dans certaines r&#233;sidences, la vie se fl&#233;trit lentement en se transformant, au jour le jour, en d&#233;sespoir. Dans d'autres, des journaux extimes de confinement, l'un plus risible et futile que l'autre, fleurissent. Y a-t-il quelque chose de v&#233;cu en commun ? Il nous semble permis d'un douter. Toutefois, le ph&#233;nom&#232;ne de confinement demeure &#224; la crois&#233;e des exp&#233;riences divergentes. Sans constituer un commun, il est un nom de ce qui clive en commun. Il ne nous a pas paru inutile de jouer &#224; cartographier ce nom dans diff&#233;rentes langues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; d'embl&#233;e &#233;vident que pour constituer ce vocabulaire polyglotte, il serait inutile de regarder dans le dictionnaire. Non seulement &#224; cause de la diversit&#233; des mesures prises dans diff&#233;rents pays, mais aussi parce que l'usage qui s'est impos&#233; n'est pas toujours celui que sugg&#233;rerait la d&#233;finition en vigueur dans les cas ordinaires. Pour d&#233;busquer les usages qui se sont constitu&#233;s &lt;i&gt;ad hoc&lt;/i&gt; au gr&#233; des discours m&#233;diatiques ou gouvernementaux, en fonction de l'histoire des pays, sous l'influence des expressions dans les langues &#233;trang&#232;res etc., il a fallu demander aux locutrices et aux locuteurs. Nous nous sommes mis alors &#224; envoyer des messages aux amies et aux amis et, plus tard, &#224; poser des questions sur les forums en ligne. La carte que l'on vous pr&#233;sente aujourd'hui est un fruit des efforts de composer une sorte de petit guide (&#034;folie philologique&#034;, &lt;i&gt;dixit&lt;/i&gt; Alain Brossat). Ces efforts ne sont cependant pas termin&#233;s et la carte est plut&#244;t &#224; prendre comme un &lt;i&gt;work in progress&lt;/i&gt; que nous esp&#233;rons am&#233;liorer au fur et &#224; mesure que nous recevrons de nouvelles r&#233;ponses. Par l&#224;-m&#234;me, nous aimerions vous inciter &#224; nous envoyer vos ajouts, corrections ou suggestions &#233;ventuels dans les commentaires ici sur le site.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LIEN : &lt;a href=&#034;https://global-lockdown.now.sh&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://global-lockdown.now.sh&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cr&#233;er cette carte, nous avons utilis&#233; l'application word-map librement accessible sur github. Nous tenons &#224; remercier le cr&#233;ateur de l'application pour son soutien dans la cr&#233;ation de notre projet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le chuchotement de la disparue ou une petite philosophie des spectres</title>
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		<dc:date>2019-12-20T13:26:23Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Adam Pa&#353;ek</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#171; Toute forme est &#233;gale aux yeux de la nature ; rien ne se perd dans le creuset immense o&#249; ses variations s'ex&#233;cutent ; toutes les portions de mati&#232;re qui y tombent en rejaillissent incessamment sous d'autres figures &#187;. Non content des affres qu'il inflige quotidiennement &#224; Justine, Bressac se met &#224; lui assener une le&#231;on de la philosophie mat&#233;rialiste. Tout se vaut dans la nature, puisque la nature fait na&#238;tre tout corps avec la m&#234;me aisance. &#171; [Qu'est-ce que &#231;a] peut faire [&#224; la nature] (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=10" rel="directory"&gt;Esth&#233;tique et critique culturelle&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Toute forme est &#233;gale aux yeux de la nature ; rien ne se perd dans le creuset immense o&#249; ses variations s'ex&#233;cutent ; toutes les portions de mati&#232;re qui y tombent en rejaillissent incessamment sous d'autres figures&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D. A. F. de Sade, La Nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, chapitre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Non content des affres qu'il inflige quotidiennement &#224; Justine, Bressac se met &#224; lui assener une le&#231;on de la philosophie mat&#233;rialiste. Tout se vaut dans la nature, puisque la nature fait na&#238;tre tout corps avec la m&#234;me aisance. &#171; [Qu'est-ce que &#231;a] peut faire [&#224; la nature] que, par le glaive d'un homme, un autre homme soit chang&#233; en mouche ou en herbe &#187; ? &#199;a ne lui fait rien, pense &#233;videmment Bressac qui veut persuader Justine de commettre un meurtre. Jamais l'&#234;tre ne devient non-&#234;tre. Mais si l'&#234;tre humain est devenu terre, vers et fleurs, qu'est devenu ce rien que sa parole, son visage et ses gestes sugg&#233;raient, projetaient et promettaient comme leur horizon int&#233;rieur, ce qu'on appelle, faute de mieux, personne ou &#226;me ? N'ayant rien &#233;t&#233;, elle n'est rien devenue, elle est &lt;i&gt;disparue&lt;/i&gt;&#8230; C'est &#224; l'aune de cette disparition qu'il faut, il me semble, comprendre la revenance.&lt;br class='autobr' /&gt;
De prime abord, il peut sembler que philosopher sur la revenance est un geste profond&#233;ment anachronique. Il y a cependant des raisons de croire qu'il r&#233;sonne, malgr&#233; cette apparence, avec un certain nombre de pr&#233;occupations contemporaines, dont je me permets de souligner deux. Premi&#232;rement, au cours du vingti&#232;me si&#232;cle est apparu quelque chose comme une justice des victimes. Jan Patocka parle dans ses &lt;i&gt;H&#233;ros de notre temps&lt;/i&gt; d'un &#171; sentiment que les humili&#233;s, les offens&#233;s et les vaincus ont raison et que les puissants, les dirigeants, les ma&#238;tres sont d'ores et d&#233;j&#224; condamn&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Patocka, Libert&#233; et sacrifice : Ecrits politiques, traduit par E. Abrams, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Comment entendre leur raison sans questionner la possibilit&#233; m&#234;me que les morts ne sont peut-&#234;tre pas n&#233;cessairement pas toujours sans voix ? Deuxi&#232;mement, une impression est de plus en plus sensible que nous devenons petit &#224; petit nous-m&#234;mes des spectres, d&#233;pourvus que nous sommes progressivement de substance, n'&#233;tant pour finir que des quantit&#233;s disponibles &#224; double emploi travailleur pr&#233;caire-consommateur. Ainsi chuchote un personnage dans le film de Loleh Bellon &lt;i&gt;Quelque part quelqu'un&lt;/i&gt; (1972) : &#171; On passe comme des fant&#244;mes, c'est comme s'il n'y avait rien eu &#187;. Si l'on prend cette intuition au s&#233;rieux, on peut bien se poser la question suivante : de qui apprendre &#224; vivre en fant&#244;mes, de qui apprendre d'&#234;tre apr&#232;s sa propre disparition que des spectres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Qu'est-ce que la philosophie a &#224; dire sur les spectres ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les &lt;i&gt;Spectres de Marx&lt;/i&gt; (1993), Derrida &#233;crit : &#171; Ce qui para&#238;t presque impossible, c'est toujours de parler &lt;i&gt;du&lt;/i&gt; spectre, de parler &lt;i&gt;au&lt;/i&gt; spectre, de parler avec &lt;i&gt;lui&lt;/i&gt;, donc surtout de &lt;i&gt;faire ou de laisser parler&lt;/i&gt; un esprit. &#187; Ce &#171; presque impossible &#187; est int&#233;ressant, puisque si la chose est presque impossible, elle est donc possible, bien qu'&#224; peine. Lisons la suite : &#171; la chose semble encore plus difficile pour un lecteur, un savant, un expert, un professeur, un interpr&#232;te, bref pour ce que Marcellus appelle un &lt;i&gt;scholar&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Derrida, Spectres de Marx : L'&#201;tat de la dette, le travail du deuil et la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. En effet, dans la 1&#232;re sc&#232;ne du 1er acte de &lt;i&gt;Hamlet&lt;/i&gt;, Marcellus enjoint Horatio &#224; parler &#224; l'apparition du roi mort en disant : &#171; &lt;i&gt;Thou art a scholar ; speak to it, Horatio&lt;/i&gt; &#187; (&#171; Tu es un savant, parle-lui, Horatio &#187; selon la trad. de Fran&#231;ois-Victor Hugo). Le philosophe semble bien faire partie de cette cat&#233;gorie, et pourtant on est &#224; la page 32 d'un livre de philosophie qui parle tout au long ou presque tout au long de ses 280 pages des spectres (quoique l'on pourrait se demander si vraiment &#231;a parle des spectres ou pas), il doit donc bien y avoir un moyen de se soustraire au destin des &lt;i&gt;scholars&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Inversement, Marcellus anticipait peut-&#234;tre la venue, un jour, une nuit, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour cela il faut d&#233;j&#224; mieux voir qui est-ce ce fameux &#171; savant &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Il n'y a jamais eu de &lt;i&gt;scholar&lt;/i&gt;, &#233;crit Derrida, qui, en tant que tel, ne croie &#224; la distinction tranchante entre le r&#233;el et le non-r&#233;el, l'effectif et le non-effectif, le vivant et le non-vivant [etc.]&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Derrida, Spectres de Marx, p. 33.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. La premi&#232;re r&#233;f&#233;rence qui vient &#224; l'esprit (en tout cas &#224; mon esprit m&#233;diocrement savant) c'est Parm&#233;nide disant &#171; l'&#234;tre est, le non-&#234;tre n'est pas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fr. B 6 dans l'&#233;d. DK. &#171; &#7956;&#963;&#964;&#953; &#947;&#8048;&#961; &#949;&#7990;&#957;&#945;&#953;, &#956;&#951;&#948;&#8050;&#957; &#948;&#8127; &#959;&#8016;&#954; &#7956;&#963;&#964;&#953;&#957;&#903; &#187;&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, la parole fondatrice de l'ontologie et de la philosophie comme ontologie, c'est-&#224;-dire de la philosophie en tant qu'elle va s&#233;parer la connaissance des opinions sur la base du regard dans ce qui est v&#233;ritablement, &#224; savoir l'&#234;tre, &#171; le c&#339;ur rond immuable de la v&#233;rit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fr. B 1 ib. &#171; &#913;&#955;&#951;&#952;&#949;&#8055;&#951;&#962; &#949;&#8016;&#954;&#965;&#954;&#955;&#8051;&#959;&#962; &#7936;&#964;&#961;&#949;&#956;&#8050;&#962; &#7974;&#964;&#959;&#961; &#187;&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Partir de cette tautologie ontologique (l'&#234;tre est, le non-&#234;tre n'est pas), ce serait d'embl&#233;e s'interdire de penser le spectre. En effet, pour Derrida, dans cette topologie d'oppositions exclusives, le fant&#244;me ne saurait pas y retrouver sa place. Il d&#233;signerait au contraire ce qui n'est &#171; ni la vie ni la mort &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Derrida, Spectres de Marx, p. 84.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ni l'&#234;tre ni le non-&#234;tre. Or il me semble que selon Derrida, le concept occidental de ce que c'est que de savoir v&#233;ritable, c'est-&#224;-dire la science au sens pr&#233;-post-moderne, implique et exige cette &#171; distinction tranchante &#187;. (Dans la mesure o&#249; il doit &#234;tre toujours id&#233;alement possible de distinguer le savoir de l'opinion, le savoir doit pouvoir se r&#233;clamer du &#171; c&#339;ur rond immuable de la v&#233;rit&#233; &#187; qui repousse toute fausset&#233; en vertu de la r&#233;pugnance absolue de l'&#234;tre au non-&#234;tre, une sorte de &lt;i&gt;pseudo-phobie&lt;/i&gt; pourrait-on dire.) Sans cette distinction, nulle science et nulle certitude ne seraient possibles. Mais voil&#224;, par l&#224; m&#234;me, en partant de cette distinction ou conditionn&#233;e par elle, nulle pens&#233;e du spectre n'est possible non plus, si bien que Derrida peut dire que quand on veut s'assurer de la diff&#233;rence entre fant&#244;me et la r&#233;alit&#233; v&#233;ritable, &#171; il n'y a pas de diff&#233;rence entre &#8216;&#234;tre s&#251;r' et &#8216;vouloir &#234;tre s&#251;r'&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Derrida, Spectres de Marx, p. 70.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
On comprend de cela pourquoi, selon Derrida, le fant&#244;me doit par sa fant&#244;malit&#233; m&#234;me confondre le philosophe, en tant que ce dernier plonge son regard dans l'&#234;tre v&#233;ritable, et le savant, en tant que le savoir de ce dernier doit d'une certaine fa&#231;on toujours rappeler la d&#233;termination ontologique fondatrice&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans la Ghost Dance (Ken McMullen, 1983), Derrida a r&#233;pondu &#224; la question (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Semblerait donc s'en suivre qu'il n'y a pas de question plus insidieuse (&#224; en croire Derrida, en tout cas) que &#171; Les fant&#244;mes existent-ils ? &#187;. Soit on &#244;te au fant&#244;me sa fant&#244;malit&#233; (s'il on dit oui), soit on &#244;te le fant&#244;me (si l'on dit non comme cela va de soi). Pour ne pas r&#233;pondre en savant, que peut-on donc dire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Derrida retourne ainsi en quelque sorte la situation. Si au moins depuis l'av&#232;nement du cart&#233;sianisme le spectre (avec le visionnaire, son envers) a &#233;t&#233; plus ou moins syst&#233;matiquement malmen&#233; par les philosophes, cela ne serait pas gr&#226;ce au fait que la raison philosophique a su dompter la superstition, mais &#224; cause d'une limitation interne de la philosophie qui l'emp&#234;che de penser tout ce qui rel&#232;ve de la hantise et de la revenance. Il est cependant frappant que le spectre dont parle Derrida est celui du communisme mis en sc&#232;ne au d&#233;but du &lt;i&gt;Manifeste&lt;/i&gt; de Marx. Certes, si ce fant&#244;me a &#233;t&#233; originellement entendu comme une m&#233;taphore, Derrida t&#226;che &#224; montrer qu'il y l&#224; de la hantise v&#233;ritable et non m&#233;taphorique. Cependant, il me semble qu'il parle toujours plus volontiers de la spectralit&#233; que des spectres, de la hantise que des fant&#244;mes, de la revenance que des revenants...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre bien que la r&#233;ponse parfaite a &#233;t&#233; &#233;nonc&#233;e par Mme du Deffand (XVIII&#232;me s.) : &#171; Je ne crois pas aux fant&#244;mes, mais j'en ai peur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. Delaplace, &#171; Les Fant&#244;mes sont des choses qui arrivent &#187; in Terrain 69 &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; (ce qui revient presque &#224; dire &#171; je n'y crois pas mais &#231;a existe toute de m&#234;me &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut noter avec surprise une amphibologie un peu similaire dans les R&#234;ves (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). Pour l'anthropologue Gr&#233;gory Delaplace qui cite Mme du Deffand dans l'introduction du num&#233;ro de la revue anthropologique &lt;i&gt;Terrain&lt;/i&gt; d&#233;di&#233; aux fant&#244;mes qu'il a dirig&#233;, il s'agit, avant de se poser la question si les gens croient ou non aux fant&#244;mes, d'&#234;tre sensible au caract&#232;re &#233;v&#233;nementiel des apparitions. En effet, si Mme du Deffand peut avoir peur des fant&#244;mes sans &#234;tre s&#251;re d'y croire, il semblerait que les fant&#244;mes peuvent appara&#238;tre sans se d&#233;ranger de la distinction entre l'essence et l'existence. Les fant&#244;mes sont avant tout &#171; des choses qui arrivent &#187; &#233;crit Delaplace&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. Delaplace, art. cit. in Terrain 69, p. 9.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; M&#234;me dans les contextes o&#249; l'existence des fant&#244;mes semble &#234;tre la mieux &#233;tablie, la plus commun&#233;ment accept&#233;e, [&#8230;] les apparitions [&#8230;] constituent [...] des &#8216;&#233;v&#233;nements', qui d&#233;finissent un avant et un apr&#232;s dans la vie des familles chez qui un mort se manifeste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. Delaplace, art. cit., p. 12. Il cite &#224; l'appui l'&#233;tude de Christophe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. On comprendrait le spectre qu'en le regardant comme un &#233;v&#233;nement ou &#224; partir de l'&#233;v&#233;nement de son apparition. Ce caract&#232;re &#233;v&#233;nementiel ne doit-il pas lier essentiellement le fant&#244;me au r&#233;cit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. Delaplace avance une th&#232;se allant dans ce sens. Art. cit., p. 22.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Ainsi, le v&#233;ritable &#233;l&#233;ment du fant&#244;me ne serait pour nous pas un discours savant, mais une histoire. Pourrait-on dire donc que le discours philosophique sur le spectre devrait &#171; tenir de &#187; ou &#171; &#234;tre un peu comme &#187; une histoire des fant&#244;mes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On se rappelle que Gilles Deleuze a &#233;crit pour sa part qu'&#171; un livre de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons pour exemple la &#171; Cafeti&#232;re &#187; de Th&#233;ophile Gautier, une merveilleuse invocation litt&#233;raire du spectre. Jeune Th&#233;odore va passer les vacances avec ses copains d'atelier en Normandie. Une fois le groupe arriv&#233; chez leur h&#244;te, Th&#233;odore qui est fatigu&#233; apr&#232;s le voyage, prend vite cong&#233; de la compagnie. Or avant qu'il ne puisse s'endormir, des choses &#233;tranges commencent se passer dans sa chambre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les bougies s'allum&#232;rent toutes seules ; le soufflet, sans qu'aucun &#234;tre visible lui imprim&#226;t le mouvement, se prit &#224; souffler le feu, en r&#226;lant comme un vieillard asthmatique, pendant que les pincettes fourgonnaient dans les tisons et que la pelle relevait les cendres. Ensuite une cafeti&#232;re se jeta en bas d'une table o&#249; elle &#233;tait pos&#233;e, et se dirigea, clopin-clopant, vers le foyer, o&#249; elle se pla&#231;a entre les tisons. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le h&#233;ros assiste ensuite &#224; un bal de fant&#244;mes o&#249; il remarque au bout d'une heure une femme qui ne semble pas prendre part au divertissement et dont il tombe imm&#233;diatement amoureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Jamais, m&#234;me en r&#234;ve, rien d'aussi parfait ne s'&#233;tait pr&#233;sent&#233; &#224; mes yeux ; une peau d'une blancheur &#233;blouissante, des cheveux d'un blond cendr&#233;, de longs cils et des prunelles bleues, si claires et si transparentes, que je voyais son &#226;me &#224; travers aussi distinctement qu'un caillou au fond d'un ruisseau. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est d'accord de danser avec le h&#233;ros et, quand elle est fatigu&#233;e, de s'asseoir sur ses genoux. Il ressent un bonheur intense pendant le temps qu'ils restent ainsi, mais au premier chant d'alouette, la femme se l&#232;ve, fait quelques pas, tr&#233;buche et tombe. Sur la place o&#249; elle est tomb&#233;e, le h&#233;ros ne trouvera qu'une cafeti&#232;re bris&#233;e en morceaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lendemain il pleut et chacun des compagnons s'amuse comme il peut, Th&#233;odore se met alors &#224; dessiner la cafeti&#232;re. Or, &#224; la remarque du h&#244;te, il s'aper&#231;oit qu'il a dessin&#233; en v&#233;rit&#233; un portrait de la femme d'hier dont le h&#244;te affirme qu'elle est sa s&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &#8212; De par tous les saints du paradis ! est-elle morte ou vivante ? m'&#233;criai-je d'un ton de voix tremblant, comme si ma vie e&#251;t d&#233;pendu de sa r&#233;ponse.
&lt;br /&gt;&#8212; Elle est morte, il y a deux ans, d'une fluxion de poitrine &#224; la suite d'un bal.
&lt;br /&gt;&#8212; H&#233;las ! r&#233;pondis-je douloureusement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et, retenant une larme qui &#233;tait pr&#232;s de tomber, je repla&#231;ai le papier dans l'album.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je venais de comprendre qu'il n'y avait plus pour moi de bonheur sur la terre ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut cependant pas croire que la litt&#233;rature va nous rendre le spectre que la modernit&#233;, la &lt;i&gt;Weltanschauung&lt;/i&gt; m&#233;caniste et la science nous ont &#171; vol&#233; &#187;. Le lien intrins&#232;que entre le fant&#244;me et l'histoire de fant&#244;mes a &#233;t&#233; explor&#233; par Daniel Sangsue, l'auteur des &lt;i&gt;Fant&#244;mes, esprits et autres morts-vivants : essai de pneumatologie litt&#233;raire&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D. Sangsue, Fant&#244;mes, esprits et autres morts-vivants : essai de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans son &lt;i&gt;Essai&lt;/i&gt;, ainsi que dans la suite constitu&#233;e par un recueil des articles sous le titre &lt;i&gt;Vampires, fant&#244;mes et apparitions : nouveaux essais de pneumatologie litt&#233;raire&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D. Sangsue, Vampires, fant&#244;mes et apparitions : nouveaux essais de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (Hermann, 2018), l'auteur soutient que la hantise des revenants dans la litt&#233;rature du XIX&#232;me si&#232;cle a des r&#233;percussions sur cette litt&#233;rature m&#234;me, si bien que ce sont des r&#233;cits qui finissent par revenir hanter d'autres r&#233;cits&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La revenance des r&#233;cits de revenants.&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La proposition est int&#233;ressante : le r&#233;cit de revenants, devenu lui-m&#234;me un revenant, revient dans un autre r&#233;cit qui reprend et transforme son histoire, mais devient alors lui-m&#234;me un revenant qui hantera un autre r&#233;cit &#224; son tour&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hantise transmise par l'&#233;coute de l'histoire ou par le visionnage est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il y a ainsi des faisceaux d'histoires o&#249; d'une part la revenance fait objet de la narration et o&#249; elle est d'autre part la structure m&#234;me des renvois d'un r&#233;cit &#224; l'autre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'auteur a appliqu&#233; cette strat&#233;gie interpr&#233;tative pour la premi&#232;re fois (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, on soup&#231;onne qu'au lieu d'&#233;claircir le lien entre le fant&#244;me et la narration de son apparition, cette id&#233;e tend &#224; convertir la revenance en une m&#233;taphore qui d&#233;crit un certain type d'intertextualit&#233;. Le doute va bient&#244;t se confirmer quand l'auteur affirme que la vraie revenance est celle des r&#233;cits&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Il faut se rendre &#224; l'&#233;vidence : ce qui revient dans les histoires de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si une histoire des fant&#244;mes est quelque part toujours aussi une &#233;vocation des fant&#244;mes, ces fant&#244;mes se sont alors r&#233;duits aux yeux de Sangsue &#224; d'autres histoires. Le fant&#244;me a &#224; nouveau quitt&#233; le discours et n'a laiss&#233; derri&#232;re lui qu'un r&#233;sidu formel sous l'esp&#232;ce d'une &#171; revenance textuelle &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibidem.&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'auteur a pouss&#233; le lien entre le fant&#244;me et le r&#233;cit si loin que le lien s'est bris&#233; et que le r&#233;cit a fini par ravaler le fant&#244;me. Quoique le livre de Daniel Sangsue est tr&#232;s int&#233;ressant, on part donc quand m&#234;me un peu d&#233;&#231;u&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Symptomatiquement, Sangsue ne parle pas de la popularit&#233; des romans o&#249; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les conclusions que tire Rapha&#235;lle Guid&#233;e dans son article intitul&#233; &#171; Conjurer les fant&#244;mes &#187; publi&#233; dans le num&#233;ro 25 de la revue &lt;i&gt;Otrante&lt;/i&gt; dont l'autrice a &#233;galement dirig&#233; la publication&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R. Guid&#233;e, &#171; Conjurer les fant&#244;mes : exclusion et retour des spectres dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, semblent aller dans le m&#234;me sens. Selon Guid&#233;e, si les spectres abondent dans la tradition des r&#233;cits fantastiques originaire du Romantisme, leur appartenance au monde imaginaire n'est-elle pas par la m&#234;me plut&#244;t confirm&#233;e que contest&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R. Guid&#233;e, art.cit., p. 119. Il me semble d'ailleurs que Guid&#233;e confirme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? En effet, la description r&#233;aliste de l'apparition est le plus souvent et peut-&#234;tre toujours entour&#233;e d'un dispositif qui la neutralise pour ne laisser planer qu'un doute plus ou moins &lt;i&gt;agr&#233;able&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le doute se d&#233;place. Avant d'h&#233;siter si le fant&#244;mes est bienveillant ou (&#8230;)&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi dans la &#171; Cafeti&#232;re &#187; o&#249;, apr&#232;s la rencontre fantomatique, le h&#233;ros se r&#233;veille sans que l'on sache quand est-ce qu'il s'est endormi. Tout nous indique d'ailleurs que &#231;a a &#233;t&#233; d&#233;j&#224; avant le bal (son &#233;tat fi&#233;vreux, les tentatives vaines de trouver le sommeil). Et finalement, quand on est presque s&#251;r que c'&#233;tait un r&#234;ve, l'&#233;crivain nous laisse entendre que la fronti&#232;re entre la r&#233;alit&#233; et le r&#234;ve n'est peut-&#234;tre pas tout &#224; fait imperm&#233;able (le lien inexplicable entre la cafeti&#232;re et la s&#339;ur du h&#244;te), il nous est permis de croire un peu que le r&#234;ve n'est pas qu'un r&#234;ve. Or la mani&#232;re la plus agr&#233;able de r&#234;ver &#224; ces choses, c'est bien lire une histoire fantastique. On comprend alors pourquoi selon Guid&#233;e &#171; Le retour du refoul&#233; historique [&#224; savoir le fant&#244;me dans la litt&#233;rature Romantique] [&#8230;] illustre moins la survivance des croyances archa&#239;ques dans le retour des morts que l'alt&#233;rit&#233; nouvelle de ces croyances&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R. Guid&#233;e, art. cit., p. 122.&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_497 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/IMG/png/sadako_ringu_nakata_1998_puits.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/IMG/png/sadako_ringu_nakata_1998_puits.png' width='500' height='306' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. La philosophie du spectre doit tenir de la rumeur, le paradoxe d'adieu.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me semble par cons&#233;quent que la philosophie du spectre qui s'apparente &#224; une histoire de fant&#244;mes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une piste suppl&#233;mentaire pourrait &#234;tre la c&#233;r&#233;monie japonaise &#171; veill&#233;e aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ne doit pas partir de l'&#233;tranget&#233; ou de l'alt&#233;rit&#233; du spectre, mais au contraire chercher le point d'appui dans la vie ordinaire. Donc pas le r&#233;cit merveilleux litt&#233;raire, mais plut&#244;t une rumeur qui circule dans le voisinage. On en trouve une source tr&#232;s appr&#233;ciable dans le mentionn&#233;e num&#233;ro 69 de la revue anthropologique &lt;i&gt;Terrain&lt;/i&gt; et sur le blog qui lui est associ&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La revue est int&#233;gralement accessible en ligne (l'abonnement OpenEdition (&#8230;)&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Je vais donner trois exemples. Le premier est extrait d'une anecdote relat&#233;e par l'anthropologue Jiao Wang qui a s&#233;journ&#233; sur l'&#238;le J&#299;nm&#233;n (&#37329;&#38272;) sous la juridiction ta&#239;wanaise au pr&#233;sent et o&#249;, lors d'une bataille entre les communistes et le Kuomintang en 1949, 5000 soldats sont morts :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Notre discussion avec Tsai se termine vers 22h. L'un de ses amis me propose de me raccompagner &#224; moto, car le service de bus s'arr&#234;te apr&#232;s 19h. [&#8230;] Nous longeons &#224; moto un chemin sans lampadaire, bord&#233; de collines des deux c&#244;t&#233;s de la route. La nuit est tr&#232;s noire, et tout d'un coup, je vois deux petites flammes appara&#238;tre sur le bord de la route. Deux hommes, assis &#224; un arr&#234;t de bus de style ancien, sont en train de fumer. Trouvant cela un peu &#233;trange, je fais remarquer &#224; mon compagnon de route : 'A cette heure, ces deux hommes restent ici, ils n'ont pas froid ?'. Mais celui-ci dit n'avoir rien vu et, lorsque j'insiste, conclut : &#8216;C'est une illusion.'&lt;/i&gt; [L'ami de l'anthropologue refuse alors de plus en parler. Quand ils en rediscute le lendemain, il dit :] &lt;i&gt;&#8216;Je pense que tu as vu des fant&#244;mes. Tu sais, les soldats aiment beaucoup fumer. Quand ils font leur tourn&#233;e de nuit, ils fument. Ce que tu as vu, sont probablement deux soldats morts, mais qui continuent leur service'&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jiao Wang, &#171; Histoires de fant&#244;mes &#224; Kinmen (Ta&#239;wan) &#187;, Carnet Terrain, URL (&#8230;)&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre exemple est racont&#233; par l'anthropologue Gilly Carr originaire des &#238;les Anglo-Normandes qui ont connu l'occupation allemande entre 1940 et 1945 et o&#249; circulent parmi les habitants de nombreuses histoires sur les soldats allemandes et les travailleurs forc&#233;s qui hantent les bunkers construits par le Reich.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Je crois avoir entendu ma premi&#232;re histoire de fant&#244;me par ma m&#232;re, lorsque j'&#233;tais enfant, sans doute aux alentours de 1980 ; le fant&#244;me de son histoire ne se trouvait pas, lui non plus, dans un bunker, mais sur une moto &#224; l'un des carrefours de l'&#238;le qu'il &#233;tait cens&#233; hanter. Ce r&#233;cit donnait substance &#224; une entit&#233; immat&#233;rielle que nous &#233;tions susceptibles de rencontrer sur le trajet en voiture pr&#233;vu pour ce soir-l&#224; et ma perception de ce petit bout de route s'en est trouv&#233;e irr&#233;m&#233;diablement transform&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. Carr, &#171; La m&#233;moire du b&#233;ton : trouver une place pour les fant&#244;mes de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier exemple : Ann Guillaume dont le travail est d&#233;crit encore dans le m&#234;me num&#233;ro 69 de la revue &lt;i&gt;Terrain&lt;/i&gt; par Thomas Golsenne, va chercher les traces des spectres dans la vie ordinaire des habitants du 11&#232;me arrondissement de Paris :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Dans le cadre du&lt;/i&gt; Festival de l'inattention &lt;i&gt;&#224; Glassbox dans le 11e arrondissement de Paris, en 2016, l'artiste a parcouru le quartier autour de la galerie en interrogeant les habitants et les commer&#231;ants au sujet de leurs fant&#244;mes. Une vendeuse de v&#234;tements vintage raconte qu'elle aime que ses v&#234;tements aient &#233;t&#233; port&#233;s par des personnes disparues, mais dont la pr&#233;sence est encore sensible dans l'empreinte qu'elles ont laiss&#233;e ; chez une herboriste, elle demande une plante qui chasse les fant&#244;mes de son appartement ; la vendeuse lui tend imm&#233;diatement un pot dans lequel pousse une sauge apparemment tr&#232;s efficace et tr&#232;s demand&#233;e dans le quartier, d&#233;cid&#233;ment propice&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;T. Golsenne, &#171; Artistes, savants, m&#233;diums : art contemporain et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thomas Golsenne r&#233;sume dans une tr&#232;s jolie formule ce qu'&#224; la fois sous-entend et en quelque sorte d&#233;montre ce proc&#233;d&#233; artistique original : &#171; Les fant&#244;mes sont des fabricateurs de r&#233;cits, et les vivants sont leurs porte-parole&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibidem.&#034; id=&#034;nh34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. La suite des trois extraits nous a amen&#233; d'un ailleurs plus ou moins exotique au plus pr&#232;s d'un quotidien plus ou moins p&#233;n&#233;tr&#233; par des signaux de l'&#233;tranget&#233;. Je vais maintenant ajouter une exp&#233;rience personnelle qui n'a en elle-m&#234;me rien de spectrale mais qui permet &#224; mes yeux de penser la &#171; loi de retour &#187; dont parle Derrida&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Derrida, &#201;chographies de la t&#233;l&#233;vision, p. 148.&#034; id=&#034;nh35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sans recourir &#224; l'alt&#233;rit&#233; abyssale de la mort et des morts mais au contraire &#224; partir de la familiarit&#233; dont le fant&#244;me est malgr&#233; tout porteur.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une exp&#233;rience on ne peut plus ordinaire. Une soir&#233;e enivr&#233;e du festival open air de th&#233;&#226;tre &#224; Fribourg en Suisse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme le Fribourg allemand est singularis&#233; par le qualificatif &#171; en Brisgau (&#8230;)&#034; id=&#034;nh36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, on quitte avec un groupe d'amis la terrasse d'un bar pour se mettre en route &#224; la maison. On n'a pas encore fait deux pas qu'il faut s'arr&#234;ter pour dire adieu &#224; d'autres amis. Ces amis, je ne les connais pas, j'ai tr&#232;s froid et ai envie de rentrer. J'attends les autres qui ne devraient pas tarder, quand je me rends compte qu'au lieu de dire adieu et poursuivre le chemin, une nouvelle conversation s'est nou&#233;e. En effet, pour partir, il faut encore assurer les autres que l'on se revoie demain, leur dire que la pi&#232;ce a &#233;t&#233; bien etc. Quand cela s'est reproduit non pas encore une fois mais plusieurs, j'ai eu l'impression qu'une logique mal&#233;fique doit &#234;tre &#224; l'&#339;uvre qui nous interdit imp&#233;rieusement de partir en effet. J'ai alors pens&#233; (et je pense toujours) qu'il s'agit du paradoxe de l'adieu. En effet, &#171; adieu &#187; ne se laisse dire en toute rigueur ni avant, ni apr&#232;s le d&#233;part. Avant le d&#233;part, il est sans effet parce que celui qui part est encore l&#224;. Apr&#232;s le d&#233;part non plus, parce qu'il n'y est plus, &#233;videmment.&lt;br class='autobr' /&gt;
(J'ai communiqu&#233; cette observation &#224; un philosophe analyticien qui a &#233;t&#233; pr&#233;sent. Il a hauss&#233; les &#233;paules et m'a r&#233;pondu, taciturne, que c'est comme &#231;a qu'on utilise le mot, sans expliquer davantage sa pens&#233;e. Je crois qu'il se disait tout simplement que je raconte des &#226;neries et qu'il trouvait plus chic de me le dire par une formule vaguement wittgensteinienne. En y repensant, je trouve cependant sa remarque pr&#233;cieuse et suis m&#234;me tent&#233;e de chercher quelque n&#233;cessit&#233; dans le fait qu'il a dit ce qu'il a dit de la fa&#231;on dont il l'a dit pour que la r&#233;v&#233;lation puisse s'accomplir &#224; ce moment-l&#224;, puisqu'en effet, il s'agit de la fa&#231;on dont fonctionne l'adieu, Dieu n'a &#224; mon avis rien &#224; voir l&#224;-dedans.)&lt;br class='autobr' /&gt;
Il va sans dire qu'il n'y a pas tout le monde qui est forc&#233;ment sensible &#224; un degr&#233; &#233;gal au pouvoir de ce paradoxe, qui se laisse donc capturer dans le pi&#232;ge de l'adieu. Les consid&#233;rations relationnelles entrent &#233;galement en compte. Par exemple moi je suis rest&#233; un spectateur ext&#233;rieur dans la situation que j'ai racont&#233;e, mais j'ai constat&#233; &#224; d'autres occasions que je suis extr&#234;mement impressionnable par le paradoxe d'adieu, comme quand je sens une n&#233;cessit&#233; absolue d'&#233;crire un message aux gens avec lesquelles on vient de se quitter, pr&#233;cis&#233;ment pour tenter de dire adieu apr&#232;s l'adieu, dire l'adieu en absence. Quoiqu'il procure un relatif apaisement, l'astuce d'un sms &#233;crit ainsi par exemple dans le train qui nous porte loin de nos proches ne peut &#233;videmment rien accomplir de d&#233;cisif, puisque le moment juste pour dire adieu n'existe tout simplement pas, entre &#171; encore l&#224; &#187; et &#171; plus l&#224; &#187;, il n'y a aucun interm&#233;diaire. On se d&#233;tourne et on n'est plus l&#224;, on se retourne et on est l&#224; &#224; nouveau, c'est tout.&lt;br class='autobr' /&gt;
La question qu'il faut maintenant poser c'est &#233;videmment si le pi&#232;ge du paradoxe d'adieu peut porter par-del&#224; la mort ou si la mort est la possibilit&#233; extr&#234;me de l'humain, la possibilit&#233; au-del&#224; de laquelle rien n'est possible, bref la possibilit&#233; de l'impossibilit&#233; comme le veut Heidegger ou &#171; un grand philosophe de notre [donc du XX&#232;me] si&#232;cle &#187; comme dirait Pato&#269;ka. Je ne veux pas trop m'engager ici dans un argument philosophique concernant Heidegger, mais admettons que je ne peux rien au-del&#224; de ma mort. Ne suis-je pas, impuissant que je suis alors, d'autant plus en proie au pi&#232;ge de l'adieu ? On peut penser, certes, que toute ma passivit&#233; est encore (fond&#233;e dans) ma possibilit&#233; (active)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il nous revient imm&#233;diatement le scolie de la proposition XIII de l'Ethique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais ne puis-je pas &#234;tre contraint au-del&#224; ce que je peux moi-m&#234;me ? Ne peut-on pas imaginer qu'il y a quelque chose, peut-&#234;tre pas moi qui suis mort (supposant que l'on croit comprendre ce que &#171; moi &#187; veut dire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; T'es qui toi ? &#187; Voir Cl&#233;ment Rosset, Loin de moi, Paris, &#201;ditions de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), mais quelque chose &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; moi qui par-del&#224; tout ce que je peux (ma mort y compris) peut se laisser pi&#233;ger par les mirages de l'adieu impossible, &#224; y tourner pour finalement peut-&#234;tre&#8230; &lt;i&gt;retourner&lt;/i&gt; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; supposer que mourir est bien la derni&#232;re chose que je peux, ce quelque chose dont il y retourne doit &#234;tre pr&#233;cis&#233;ment une part de moi-m&#234;me dont je ne peux rien, qui m'&#233;chappe. Eh bien, il se trouve que ledit Pato&#269;ka a &#233;crit un texte, assez singulier dans le contexte de son &#339;uvre, o&#249; il &#233;labore une ontologie de l'&#234;tre humain qui met en sc&#232;ne une telle partie retorse. Il s'agit d'une &#233;tude intitul&#233;e &#171; La ph&#233;nom&#233;nologie de la vie apr&#232;s la mort &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Pato&#269;ka, Papiers ph&#233;nom&#233;nologiques, traduction de E. Abrams, Grenoble, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que sa traductrice Erika Abrams date avec probabilit&#233; de 1967 (en admettant qu'il ne s'agit que d'une rumeur d'origine incertaine, elle sugg&#232;re que Jan Pato&#269;ka aurait &#233;crit le texte sur la vie des morts et la vie avec les morts &#171; au lendemain de la mort de sa femme &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 295.&#034; id=&#034;nh40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;).&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce texte, Pato&#269;ka refuse d'embl&#233;e de r&#233;duire la question de la vie apr&#232;s la mort &#224; la question de l'immortalit&#233; de l'&#226;me. Si l'affirmation de l'immortalit&#233; de l'&#226;me lui semble irrecevable parce qu'elle suppose un dualisme m&#233;taphysique dogmatique (au sens kantien), la n&#233;gation positiviste (au sens husserlien) l'est tout aussi bien, puisqu'elle n'explique pas le statut v&#233;ritable des morts avec lesquels on continue &#224; vivre par-del&#224; leur disparition. Pour &#233;laborer sa position unique entre ces deux extr&#234;mes, Pato&#269;ka proc&#232;de &#224; une &#233;num&#233;ration des modes d'&#234;tre propres &#224; tout individu humain qui ressemble presque &#224; la liste des parties de l'&#226;me que l'on trouve dans le livre &#233;gyptien des morts (&lt;i&gt;djet, ib, ren, ka, ba, shout, akh&lt;/i&gt;). La structure d'un soi comporte donc :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	mon &#234;tre en moi-m&#234;me&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	mon &#234;tre pour moi-m&#234;me&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&lt;strong&gt;mon &#234;tre pour autrui&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	l'&#234;tre d'autrui pour moi-m&#234;me&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	mon &#234;tre en soi&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&lt;mon &#234;tre pour autrui&gt; pour moi-m&#234;me&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit cependant pas d'analyser maintenant cette liste mais d'observer simplement qu'aucun de ces &#233;l&#233;ments n'est pas identifiable &#224; qui je suis. Mon identit&#233; n'est pas &#224; l'int&#233;rieur pour n'&#234;tre que devin&#233;e &#224; tort ou &#224; raison de l'ext&#233;rieur, puisque le regard d'autrui constitue aussi mon &#234;tre et parce que ce regard conserve toujours pour moi un secret, si bien que je ne peux jamais savoir et d'autant moins ma&#238;triser qui je suis. Mon identit&#233; n'est pas non plus juste &#224; l'ext&#233;rieur, constitu&#233;e par mon &#234;tre social dont mon &#234;tre int&#233;rieur ne serait qu'une esp&#232;ce de double fictif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est la position exprim&#233;e avec force par Cl&#233;ment Rosset dans le Loin de moi.&#034; id=&#034;nh41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, suppos&#233; par commodit&#233;, par paresse, voire par l&#226;chet&#233;, puisque je peux toujours garder un secret et parce que ma libert&#233; constitue toujours une ligne de fuite par laquelle je ne suis jamais que ce que je suis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais alors on voit bien que je suis au-del&#224; de mes possibilit&#233;, de ce que je peux. Ma puissance n'est pas &#224; la mesure de ce que je suis, le fait qui n'est compens&#233; que par le fait que je n'y suis pas non plus pour rien dans ce qui est mon autrui. Bref, si je ne peux rien au-del&#224; de ma mort, cela ne veut peut-&#234;tre pas dire qu'il n'y a rien de moi qui ne se peut malgr&#233; le fait que ma pr&#233;sence vivante n'est plus l&#224; pour le soutenir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut aller plus loin. Peut-&#234;tre que si ma puissance vivante n'est pas partout l&#224; o&#249; je suis, peut-&#234;tre qu'alors qui je suis se constitue et se d&#233;cide au-del&#224; de ce que je peux, au-del&#224; donc de ma derni&#232;re possibilit&#233;, de ma mort. C'est ainsi que Pato&#269;ka parle de quelque chose qu'il appelle &#233;trangement une &#171; qualit&#233; m&#233;taphysique &#187;, terme qu'il reprend &#224; tort ou &#224; raison &#224; Roman Ingarden qui, lui, l'emploie dans son analyse du mode d'&#234;tre de l'&#339;uvre litt&#233;raire. La &#171; qualit&#233; m&#233;taphysique &#187; serait pour ainsi dire la coh&#233;rence de mon &#234;tre au-del&#224; de ma puissance vivante. Elle n'est en moi comme la v&#233;rit&#233; cach&#233;e de mon comportement, elle n'est pas non plus simplement dans mes actes, bien qu'elle se nourrit d'eux. Elle n'est ni mon &#234;tre social, parce qu'elle me r&#233;v&#232;le en profondeur, ni mon &#234;tre intime, parce qu'elle est hors de ma port&#233;e. Elle est plut&#244;t l'intimit&#233; sociale et la profondeur ext&#233;rieure de mon &#234;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
En inversant la perspective, on peut donc dire que si en apparence, il ne reste apr&#232;s la mort d'une personne que les souvenirs, ces souvenirs renvoient encore &#224; quelque chose au-del&#224; de ce dont je me souviens. Comme un portrait n'est pas seulement une image d'une personne &#224; un endroit et dans un moment pr&#233;cis, mais fait voir cette personne pour elle-m&#234;me, ainsi le souvenir d'une personne (autrefois) famili&#232;re renvoie &#224; quelque chose dont je ne me souviens pas, mais qui parcourt encore ces souvenirs, si bien qu'un pass&#233; qui n'a jamais eu lieu puisse surgir, si bien que (et l&#224; je suis d&#233;j&#224; all&#233; vraiment bien en avant du texte de Pato&#269;ka, mais peu importe) le mort puisse faire ce qu'il n'a jamais fait ou dire ce qu'il n'a jamais dit, qu'il puisse &lt;i&gt;revenir&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je souviens en ce lieu &#233;videmment la d&#233;finition derridienne du fant&#244;me : &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Friedrich J&#252;rgenson, producteur de cin&#233;ma su&#233;dois, enregistra en 1959 des chants d'oiseaux, passa la bande &#224; l'envers et crut entendre la voix de sa d&#233;funte m&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;T. Golsenne, art. cit., p. 169.&#034; id=&#034;nh43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; le moment o&#249; je peux joindre les deux bouts, la possibilit&#233; ancr&#233;e dans la &#171; qualit&#233; m&#233;taphysique &#187; patockienne et la n&#233;cessit&#233; relative donn&#233;e dans le paradoxe d'adieu (toutes deux plut&#244;t de l'ordre d'une rumeur philosophique que d'une intuition claire et distincte), et en tirer quelque chose comme une &#171; loi de retour &#187;. Je repasse ma ritournelle : il s'agit de l'adieu qui ne se laisse dire en toute rigueur ni avant, ni apr&#232;s le d&#233;part. Avant le d&#233;part, il est sans effet parce que celui qui part est encore l&#224;. Apr&#232;s le d&#233;part non plus, parce qu'il n'y est plus, &#233;videmment. Eh bien, il faut donc revenir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, chez les Asmat en M&#233;lan&#233;sie les gens d&#233;c&#233;d&#233;s au cours de l'ann&#233;e pass&#233;e reparaissent lors de la c&#233;r&#233;monie de &lt;i&gt;jipae&lt;/i&gt;, avant d'entrer d&#233;finitivement dans le monde des esprits. Ainsi, &#224; Ta&#239;wan l'esprit du d&#233;c&#233;d&#233; revient sept jours apr&#232;s la mort pour dire adieu une derni&#232;re fois, justement quand il n'est plus l&#224;. Aucune loi naturelle ne semble prescrire ce retour, il est simplement &lt;i&gt;ce qui est d&#251;&lt;/i&gt;. Le spectre est par l&#224;-m&#234;me plac&#233; d'embl&#233;e dans la dimension de la justice et de la revendication de ce qui sera contre ce qui est. Ainsi, le retour spectral retrouve sa v&#233;rit&#233; profonde dans la revenance des opprim&#233;s, des trahis et des assassin&#233;s. Et des oppresseurs, des tra&#238;tres et des assassins.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il appara&#238;t alors aussi que l'adieu dont je parlais est un sch&#233;ma susceptible de variations dont il faudrait encore d&#233;crire le fonctionnement. (Il y a des raisons pour entrer dans la mati&#232;re par la voie du paradoxe d'adieu, mais ces raisons sont encore de l'ordre d'une rumeur ou plus pr&#233;cis&#233;ment d'un murmure, de ce qui &lt;i&gt;se murmure&lt;/i&gt; dans mes oreilles.) Tandis que le paradoxe d'adieu semble contracter une r&#233;p&#233;tition inexorable de l'instant traumatique de la partance, d'autre logiques vont produire d'autres genres du retour qui vont diff&#233;rer par leur rythme, par leur productivit&#233; sp&#233;cifique etc. Le r&#233;sidu ni mort ni vivant que j'ai nomm&#233; &#224; la suite de Pato&#269;ka &#171; qualit&#233; m&#233;taphysique &#187; peut ainsi dans diff&#233;rents cas &#234;tre affect&#233; de n&#233;cessit&#233; de s'excuser, de se venger ou de se sauver, d'aider ou de fuir et ainsi de suite. J'aimerais &#224; ce titre citer un extrait gla&#231;ant de l'article de Gilly Carr :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Alors que je faisais du terrain dans les &#238;les Anglo-Normandes sur l'h&#233;ritage et la m&#233;moire de l'occupation allemande de 1940 &#224; 1945, j'ai enregistr&#233; sans le vouloir le son d'une voix sur mon dictaphone. J'&#233;tais &#224; Guernesey en train de visiter des fortifications souterraines de b&#233;ton, labyrinthiques et mal &#233;clair&#233;es ; bien que je fusse seule, me sentant observ&#233;e, j'avais allum&#233; mon dictaphone &#224; la mani&#232;re d'un chasseur de fant&#244;mes de s&#233;rie t&#233;l&#233; &#8211; j'avais entendu des histoires sur ce lieu. L'enregistrement que j'obtins, de quelques secondes &#224; peine, r&#233;v&#233;la une voix masculine murmurant instamment, en anglais, &#171; aide-nous ! &#187; (help us !). Je n'avais pas per&#231;u la voix au moment de l'incident et fus donc passablement stup&#233;faite de la d&#233;couvrir en me repassant la bande le soir m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. Carr, art. cit., p. 41.&#034; id=&#034;nh44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait objecter que dans la perspective que j'ai tent&#233; d'esquisser, la volont&#233; libre, la capacit&#233; de prendre une d&#233;cision est refus&#233;e aux habitants de cet au-del&#224; qui ne commence pas ailleurs qu'ici-bas m&#234;me. Voil&#224; quelque chose qui ne me semble pas les distinguer des (soi-disants) vivants. Sur ce point et pour conclure l&#224;-dessus, je vais citer Monsieur de Sainte Colombe des &lt;i&gt;Tous les matins du monde&lt;/i&gt; de Pascal Quignard : &#171; Quand je tire mon archet, c'est un petit morceau de mon c&#339;ur vivant qui se d&#233;chire. Ce que je fais, ce n'est que la discipline d'une vie o&#249; aucun jour n'est f&#233;ri&#233;. J'accomplis mon destin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. Quignard, Tous les matins du monde, Paris, Gallimard, 1991, p. 75.&#034; id=&#034;nh45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustrations : Photogramme de Sadako (Rie Inou) dans &lt;i&gt;Ringu&lt;/i&gt; (1998) de Hideo Nakata.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D. A. F. de Sade, &lt;i&gt;La Nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu&lt;/i&gt;, chapitre V &#171; Projet d'un crime ex&#233;crable [...] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Patocka, &lt;i&gt;Libert&#233; et sacrifice : Ecrits politiques&lt;/i&gt;, traduit par E. Abrams, Grenoble, J&#233;r&#244;me Millon, 1990, p. 329.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Derrida, &lt;i&gt;Spectres de Marx : L'&#201;tat de la dette, le travail du deuil et la nouvelle Internationale&lt;/i&gt;, Paris, Galil&#233;e, 1993, p. 32.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Inversement, Marcellus anticipait peut-&#234;tre la venue, un jour, une nuit, quelques si&#232;cles plus tard, le temps ne se compte plus ici de la m&#234;me mani&#232;re, d'un autre &lt;i&gt;scholar&lt;/i&gt; [&#8230;] &#187; J. Derrida, &lt;i&gt;Spectres de Marx&lt;/i&gt;, p. 34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Derrida, &lt;i&gt;Spectres de Marx&lt;/i&gt;, p. 33.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fr. B 6 dans l'&#233;d. &lt;i&gt;DK.&lt;/i&gt; &#171; &#7956;&#963;&#964;&#953; &#947;&#8048;&#961; &#949;&#7990;&#957;&#945;&#953;, &#956;&#951;&#948;&#8050;&#957; &#948;&#8127; &#959;&#8016;&#954; &#7956;&#963;&#964;&#953;&#957;&#903; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fr. B 1 &lt;i&gt;ib.&lt;/i&gt; &#171; &#913;&#955;&#951;&#952;&#949;&#8055;&#951;&#962; &#949;&#8016;&#954;&#965;&#954;&#955;&#8051;&#959;&#962; &#7936;&#964;&#961;&#949;&#956;&#8050;&#962; &#7974;&#964;&#959;&#961; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Derrida, &lt;i&gt;Spectres de Marx&lt;/i&gt;, p. 84.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Derrida, &lt;i&gt;Spectres de Marx&lt;/i&gt;, p. 70.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans la &lt;i&gt;Ghost Dance&lt;/i&gt; (Ken McMullen, 1983), Derrida a r&#233;pondu &#224; la question s'il croit aux fant&#244;mes : &#171; est-ce qu'on demande d'abord au fant&#244;me s'il croit aux fant&#244;mes ? &#187; Et puis : &#171; Cin&#233;ma plus psychanalyse &#233;galent science des fant&#244;mes &#187;. Il a plus tard exprim&#233; des r&#233;serves &#224; l'&#233;gard de cette derni&#232;re formule dans les &lt;i&gt;Echographies&lt;/i&gt;, l'entretien film&#233; fait avec Bernard Stiegler. &#171; &#192; la r&#233;flexion au-del&#224; de l'improvisation &#187; (puisque la sc&#232;ne du film en question a &#233;t&#233; improvis&#233;e) &#171; le mot de science, je ne sais pas si je le garderait [&#8230;] C'est au nom de la scientificit&#233; de la science qu'on conjure les fant&#244;mes ou qu'on condamne l'obscurantisme, le spiritisme, bref tout ce qui traite de hantise et de spectres (J. Derrida avec B. Stiegler, &lt;i&gt;Echographies de la t&#233;l&#233;vision : entretiens film&#233;s&lt;/i&gt;, Paris, Galil&#233;e, 1996, p. 133) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G. Delaplace, &#171; Les Fant&#244;mes sont des choses qui arrivent &#187; &lt;i&gt;in Terrain&lt;/i&gt; 69 &#171; Fant&#244;mes &#187;, avril 2018, p. 10. Cit&#233; &#233;galement par D. Sangsue, &lt;i&gt;Fant&#244;mes, esprits et autres morts-vivants : essai de pneumatologie litt&#233;raire&lt;/i&gt;, Jos&#233; Corti, 2011, p. 260. Sangsue remarque qu'il n'a pas r&#233;ussi &#224; trouver la source originale de la citation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On peut noter avec surprise une amphibologie un peu similaire dans les &lt;i&gt;R&#234;ves d'un visionnaire&lt;/i&gt; de Kant, m&#234;me si chez lui, la caract&#233;risation la plus juste serait peut-&#234;tre inverse : &#171; j' y crois m&#234;me si &#231;a n'existe pas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G. Delaplace, &lt;i&gt;art. cit. in Terrain&lt;/i&gt; 69, p. 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G. Delaplace, &lt;i&gt;art. cit.&lt;/i&gt;, p. 12. Il cite &#224; l'appui l'&#233;tude de Christophe Pons, &#171; Pour en finir avec la croyance. Une analyse anthropologique d'histoire de fant&#244;me &#187; &lt;i&gt;in Sk&#237;rnir. Hins &#237;slenska b&#243;kmenntaf&#233;lags&lt;/i&gt;, n&#176; 172, 1983, p. 143-163.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G. Delaplace avance une th&#232;se allant dans ce sens. &lt;i&gt;Art. cit.&lt;/i&gt;, p. 22.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On se rappelle que Gilles Deleuze a &#233;crit pour sa part qu'&#171; un livre de philosophie doit &#234;tre pour une part une esp&#232;ce tr&#232;s particuli&#232;re de roman policier, pour une autre part une sorte de science-fiction (Deleuze, &lt;i&gt;Diff&#233;rence et r&#233;p&#233;tition&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 1968, p. 3) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D. Sangsue, &lt;i&gt;Fant&#244;mes, esprits et autres morts-vivants : essai de pneumatologie litt&#233;raire&lt;/i&gt;, Paris, Jos&#233; Corti, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D. Sangsue, &lt;i&gt;Vampires, fant&#244;mes et apparitions : nouveaux essais de pneumatologie litt&#233;raire&lt;/i&gt;, Paris, Hermann, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La revenance des r&#233;cits de revenants.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hantise transmise par l'&#233;coute de l'histoire ou par le visionnage est d'ailleurs connue des histoires de fant&#244;mes modernes dont l'exemple &#233;minent est &lt;i&gt;Ringu&lt;/i&gt; (Nakata Hideo, 1998), &#233;videmment. Ce n'est cependant que dans &lt;i&gt;Ringu 2&lt;/i&gt; (idem, 1999) que la hantise (de Yamamura Sadako) transmise par la cassette vid&#233;o va transformer sa victime en un nouveau fant&#244;me (Sawaguchi Kanae).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'auteur a appliqu&#233; cette strat&#233;gie interpr&#233;tative pour la premi&#232;re fois dans son article sur les vampires litt&#233;raires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Il faut se rendre &#224; l'&#233;vidence : ce qui revient dans les histoires de fant&#244;mes, ce sont moins des fant&#244;mes que des &lt;i&gt;r&#233;cits&lt;/i&gt; sur les fant&#244;mes ; autrement dit, la v&#233;ritable revenance de ces histoires est avant tout une revenance textuelle, ou plus pr&#233;cis&#233;ment &lt;i&gt;intertextuelle&lt;/i&gt;. &#187; D. Sangsue, &lt;i&gt;Fant&#244;mes, esprits et autres morts-vivants&lt;/i&gt;, p. 295.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibidem&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Symptomatiquement, Sangsue ne parle pas de la popularit&#233; des romans o&#249; apparaissent des fant&#244;mes, tels des roman de Dumas, dans le milieu spirite (cf. par ex. &lt;i&gt;Terrain&lt;/i&gt; 70, p. 22). Celle-ci indique pourtant que l'int&#233;r&#234;t du lecteur de ces romans d&#233;passe le simple &#171; se faire peur &#187; (voir le concept dans &lt;i&gt;Vampires, fant&#244;mes et apparitions&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R. Guid&#233;e, &#171; Conjurer les fant&#244;mes : exclusion et retour des spectres dans les discours de la modernit&#233; &#187; &lt;i&gt;in Otrante&lt;/i&gt; 25 &#171; Hantologies : les fant&#244;mes et la modernit&#233; &#187;, juin 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R. Guid&#233;e, &lt;i&gt;art.cit.&lt;/i&gt;, p. 119. Il me semble d'ailleurs que Guid&#233;e confirme par-l&#224; la th&#232;se de Sangsue.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le doute se d&#233;place. Avant d'h&#233;siter si le fant&#244;mes est bienveillant ou mal&#233;fique, qu'est-ce qu'il veut etc., la question &#171; existes-tu vraiment ? &#187; s'impose. Ainsi, si Derrida souligne l'effroi des t&#233;moins de l'apparition du vieux Hamlet, Guid&#233;e fait plut&#244;t remarquer leur sang-froid. En effet, Hamlet (le prince) ne perd pas trop de temps avant de demander l'essentiel : &#171; &lt;i&gt;Say why is this, wherefore, what should we do&lt;/i&gt; &#187; ? On peut ajouter comme un autre exemple &#171; l'effet de visi&#232;re &#187; &#233;voqu&#233; par Derrida &#224; propos du heaume de l'apparition du roi (Derrida, &lt;i&gt;Spectres de Marx&lt;/i&gt;, p. 26). La visi&#232;re semble tr&#232;s importante pour l'auteur, indiquant que le fant&#244;me nous regarde sans que l'on ne le voie ou en tout cas avant que l'on ne le voie, soit une asym&#233;trie fondamentale ou l'apparition devient par sa forme anachronique m&#234;me une injonction. Quoique cet argument me semble tout &#224; fait convaincant, le fait est que la visi&#232;re du vieux roi est lev&#233;e et tous les pr&#233;sents peuvent voir son visage sans probl&#232;me. Derrida &#233;carte le probl&#232;me en disant que l'important est que la visi&#232;re aurait pu &#234;tre ferm&#233;e, ce qui convainc un peu moins.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R. Guid&#233;e, &lt;i&gt;art. cit.&lt;/i&gt;, p. 122.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une piste suppl&#233;mentaire pourrait &#234;tre la c&#233;r&#233;monie japonaise &#171; veill&#233;e aux cent bougies &#187; [Hyakumonogatari Kaidankai] o&#249; &#171; &#224; la fin de chaque histoire, une bougie &#233;tait &#233;teinte de mani&#232;re &#224; plonger progressivement la pi&#232;ce dans l'obscurit&#233;. Comme des s&#233;ances de spiritisme, ces veill&#233;es aboutissent &#224; la manifestation d'un esprit ou d'une cr&#233;ature fantastique (&lt;i&gt;y&#244;ka&#239;&lt;/i&gt;) (Julien Rousseau &lt;i&gt;in Enfers et fant&#244;mes d'Asie&lt;/i&gt;, 2018, p. 100) &#187;. Voire une mise en sc&#232;ne de cette c&#233;r&#233;monie dans une manga r&#233;cente &lt;i&gt;xxxHolic&lt;/i&gt; de CLAMP.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La revue est int&#233;gralement accessible en ligne (l'abonnement &lt;i&gt;OpenEdition Journals&lt;/i&gt; est requis seulement pour l'acc&#232;s aux fac-simile en format pdf).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jiao Wang, &#171; Histoires de fant&#244;mes &#224; Kinmen (Ta&#239;wan) &#187;, &lt;i&gt;Carnet Terrain&lt;/i&gt;, URL : &lt;a href=&#034;https://blogterrain.hypotheses.org/11192&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://blogterrain.hypotheses.org/11192&lt;/a&gt;, publi&#233; 25 septembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G. Carr, &#171; La m&#233;moire du b&#233;ton : trouver une place pour les fant&#244;mes de la guerre dans les &#238;les Anglo-Normandes &#187; &lt;i&gt;in Terrain&lt;/i&gt; 69, p. 46. On peut par ailleurs remarquer la capacit&#233; transformatrice mise en avant par Delaplace que j'ai cit&#233; plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;T. Golsenne, &#171; Artistes, savants, m&#233;diums : art contemporain et communication avec l'invisible [portfolio] &#187; &lt;i&gt;in Terrain&lt;/i&gt; 69, p. 156.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibidem.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Derrida, &lt;i&gt;&#201;chographies de la t&#233;l&#233;vision&lt;/i&gt;, p. 148.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme le Fribourg allemand est singularis&#233; par le qualificatif &#171; en Brisgau &#187;, le Fribourg suisse est dit &#171; en Nuithonie &#187; (bien que peu de gens l'utilise ou m&#234;me savent), ce qui traduit l'allemand &#171; im &#220;chtland &#187;, pays de la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il nous revient imm&#233;diatement le scolie de la proposition XIII de l'&lt;i&gt;Ethique&lt;/i&gt; de Spinoza : &#171; plus un Corps est apte comparativement aux autres &#224; agir et &#224; p&#226;tir de plusieurs fa&#231;ons &#224; la fois, plus l'&#226;me de Corps [etc.] &#187; (&#233;d. d'Appuhn). Quant &#224; Heidegger, ce sont les analyses de Renaud Barbaras qui ont montr&#233; qu'il n'y a pour le penseur fondamentalement pas de passivit&#233; du &lt;i&gt;Dasein&lt;/i&gt; qui ne soit fond&#233;e dans sa possibilit&#233;, voir R. Barbaras, &lt;i&gt;Ouverture du monde&lt;/i&gt;, Chatou, Ed. de la Transparence, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; T'es qui toi ? &#187; Voir Cl&#233;ment Rosset, &lt;i&gt;Loin de moi&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions de Minuit, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Papiers ph&#233;nom&#233;nologiques&lt;/i&gt;, traduction de E. Abrams, Grenoble, J&#233;r&#244;me Millon, 1995, p. 145-156.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 295.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est la position exprim&#233;e avec force par Cl&#233;ment Rosset dans le &lt;i&gt;Loin de moi&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je souviens en ce lieu &#233;videmment la d&#233;finition derridienne du fant&#244;me : &#171; souvenir d'un pass&#233; qui n'a jamais eu lieu &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;T. Golsenne, &lt;i&gt;art. cit.&lt;/i&gt;, p. 169.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G. Carr, &lt;i&gt;art. cit.&lt;/i&gt;, p. 41.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;P. Quignard, &lt;i&gt;Tous les matins du monde&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 1991, p. 75.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le m&#233;taphysicien et son regard ou Pato&#269;ka et la m&#233;taphysique</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=827</link>
		<guid isPermaLink="true">https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=827</guid>
		<dc:date>2019-07-01T06:55:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Adam Pa&#353;ek</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Far is where I'm near Far is where I live (Linda Gregg) Le rapport de Pato&#269;ka &#224; la m&#233;taphysique est compliqu&#233; ; conjuguant critique et appr&#233;ciation probl&#233;matique, il &#233;volue selon une trajectoire dont la cartographie exacte est encore &#224; &#233;tablir. Il faudrait voir comment la distribution des r&#244;les entre les personnages principaux du drame de la m&#233;taphysique change &#224; travers son &#339;uvre. Je choisis cependant une autre approche et me propose plus modestement de relever un topos de cette carte, le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=19" rel="directory"&gt;Portraits philosophiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Far is where I'm near&lt;br class='autobr' /&gt;
Far is where I live&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
(Linda Gregg)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport de Pato&#269;ka &#224; la m&#233;taphysique est compliqu&#233; ; conjuguant critique et appr&#233;ciation probl&#233;matique, il &#233;volue selon une trajectoire dont la cartographie exacte est encore &#224; &#233;tablir. Il faudrait voir comment la distribution des r&#244;les entre les personnages principaux du drame de la m&#233;taphysique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les figures de Platon et d'Aristote sont d'une ambigu&#239;t&#233; exemplaire, mais (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; change &#224; travers son &#339;uvre. Je choisis cependant une autre approche et me propose plus modestement de relever un &lt;i&gt;topos&lt;/i&gt; de cette carte, le chiasme de la philosophie vivante et de la vie du philosophe. Les in&#233;galit&#233;s de terrain divisant le paysage de la pens&#233;e patockienne qui appara&#238;tront, sillonnent, &#224; mon avis, &#233;galement le sol qu'a &#224; gravir la r&#233;flexion au sujet de la m&#233;taphysique en g&#233;n&#233;ral.&lt;br class='autobr' /&gt;
M'inspirant &#233;galement de l'enseignement de Jocelyn Benoist &#224; l'universit&#233; Panth&#233;on-Sorbonne en hiver 2018&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Benoist, &#171; Le visible et l'invisible &#187;, semestre d'hiver 2018, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, je vais d&#233;terminer ce qu'est le geste m&#233;taphysique &#224; partir de la lecture du &lt;i&gt;Platonisme n&#233;gatif&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Pato&#269;ka, &#171; Platonisme n&#233;gatif &#187;, in : Libert&#233; et sacrifice, Grenoble, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. J'aurai ensuite recours &#224; l'&lt;i&gt;&#201;tude sur le concept du monde&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Pato&#269;ka, &#171; Studie k pojmu sv&#283;ta &#187;, Sebran&#233; spisy vol. 8/1, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et j'essaierai de pr&#233;ciser davantage ce geste en le situant dans ledit chiasme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Partir sans arriver&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les fun&#233;railles de la m&#233;taphysique ressemblaient &#224; l'enterrement d'un cercueil vide, ses retours semblent tout aussi ind&#233;cis. La perte de cr&#233;dibilit&#233; de tout projet m&#233;taphysique a beau nous &#234;tre devenue &#233;vidente, on a le plus grand mal &#224; se situer dans une pens&#233;e v&#233;ritablement non m&#233;taphysique. En effet, &#171; d&#232;s qu'on parle de la m&#233;taphysique, on est dans la m&#233;taphysique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Benoist, cours &#171; Le visible et l'invisible &#187;, 17 septembre 2018, notes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Mais l'inverse est aussi vrai : &#224; regarder de pr&#232;s l'actuel retour de la m&#233;taphysique, il n'est pas &#233;vident d'y trouver celle qui est cens&#233;e revenir. L'essence comme un d&#233;passement du sensible est sans cesse reconduite &#224; la structure immanente de ce dernier, la voie de la m&#233;taphysique au sens platonicien et aristot&#233;licien &#233;tant barr&#233;e par l'univocit&#233; de l'&#234;tre caract&#233;risant le tournant moderne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Benoist, cours &#171; Le visible et l'invisible &#187;, 24 septembre 2018, notes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
N'est-ce pas une situation paradoxale ? La philosophie contemporaine s'efforce d'&#233;chapper &#224; la m&#233;taphysique sans parvenir &#224; la semer tout &#224; fait, mais quand elle se retourne vers sa poursuivante, celle-ci se d&#233;robe &#224; son regard. On dirait un mauvais r&#234;ve. La question ne semble alors plus &#234;tre de savoir si on veut &#233;chapper &#224; la m&#233;taphysique ou retourner &#224; elle mais si on sait seulement faire l'un ou l'autre. L'&#233;trange h&#233;sitation de la m&#233;taphysique &#224; mourir ou &#224; se relever, ne tient-elle finalement pas simplement &#224; notre incapacit&#233; &#224; penser ou bien m&#233;taphysiquement ou bien non-m&#233;taphysiquement ? La m&#233;taphysique est retenue dans les limbes entre la vie et la mort et nous les philosophes y sommes en quelque sorte retenus avec elle. Il me semble que c'est dans cette perspective qu'il faut appr&#233;cier le geste qu'op&#232;re Jocelyn Benoist dans son cours, &#224; savoir relever le d&#233;fi de penser &lt;i&gt;le&lt;/i&gt; m&#233;taphysique de la m&#233;taphysique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Prise au sens traditionnel, la m&#233;taphysique appara&#238;t comme un d&#233;passement du visible (ce qui est donn&#233; &#224; voir) vers l'invisible (ce qui donne &#224; voir sans &#234;tre vu) et de la science de la nature au profit de la science de ce qui d&#233;termine la r&#233;gion de l'&#233;tant naturel sans y appartenir. Or ce d&#233;passement se laisse prendre par deux bouts. Ou bien comme passage &#224; un terme donn&#233;, ou bien comme geste du d&#233;passer sans aucun point d'arriv&#233;e certain. Ne peut-on alors consid&#233;rer le geste m&#233;taphysique s&#233;par&#233;ment d'une doctrine m&#233;taphysique quelconque ? Cela permettrait de proc&#233;der &#224; rebours de la tendance &#224; relever le caract&#232;re m&#233;taphysique g&#233;n&#233;ral qui affecte le tout de la philosophie sans la contredire pour autant. Le constat de l'emp&#234;trement de la philosophie actuelle dans les d&#233;combres de la m&#233;taphysique (&#224; savoir sa r&#233;f&#233;rence persistante &#224; une pens&#233;e syst&#233;matique &#233;puisant le r&#233;el) n'exclut pas de ce point de vue l'absence du geste m&#233;taphysique proprement dit.&lt;br class='autobr' /&gt;
La question &#224; poser semble alors &#234;tre la suivante : est-ce que la m&#233;taphysique est pensable comme s'&#233;puisant dans le geste du d&#233;passement du sensible et plus sp&#233;cifiquement du visible ? Or, dans ce cas, il faudrait penser un d&#233;passement s'&#233;puisant dans son geste, c'est-&#224;-dire un &#171; d&#233;part &#187; auquel ne correspond aucune &#171; arriv&#233;e &#187;. Le domaine du visible serait d&#233;pass&#233; au profit de l'invisible sans que le second soit d&#233;sign&#233; comme le caract&#232;re d'un objet quelconque mais n'&#233;tant qu'un reniement pur de la visibilit&#233;. Il faut regarder &#171; derri&#232;re &#187;, tout en se refusant d'y voir, pour arriver &#224; l'invisibilit&#233; au-del&#224; de &#171; l'ordre de l'in-visible visible &#187;, &#171; absolue et absolument non visible [&#8230;] qui ne rel&#232;ve pas du registre de la vue &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Derrida, Donner la mort, Paris, Galil&#233;e, coll. Incises, 1999, p. 125.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut se figurer ce geste &#224; l'aide de la formule kierkegaardienne que cite Pato&#269;ka dans son interpr&#233;tation de la tentation de J&#233;sus, comme un &#171; saut sur place &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, SS vol. 8/1, FS III/1, p. 162.&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette figuration suffit-elle &#224; ce que le geste ne s'efface pas sur lui-m&#234;me ? Dans le texte de Pato&#269;ka, la tentation de J&#233;sus signifie une &#233;preuve du fini par l'infini dans lequel le premier cherche &#224; se d&#233;passer. Elle se distingue en cela de la tentation ordinaire o&#249; on est mis &#224; l'&#233;preuve par ce qui, en nous, est plus bas que nous&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pato&#269;ka distingue, suivant en cela Kierkegaard, die Versuchung et die (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ici, c'est le plus haut qui nous d&#233;fie (comme s'il &#233;tait jaloux de la hauteur que l'on atteint&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sans parler dans ce contexte jud&#233;o-chr&#233;tien de la jalousie des dieux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) de s'oublier et de se perdre dans l'infini. En d'autres mots, en touchant &#224; l'infini, le fini doit d&#233;fendre sa finitude devant l'absolu qu'il d&#233;sire. N'est-ce pas l&#224; exactement le probl&#232;me de la m&#233;taphysique telle que l'on voulait l'envisager ?&lt;br class='autobr' /&gt;
On retrouve le m&#234;me geste d&#233;shabill&#233; du dispositif mythique une dizaine d'ann&#233;es plus tard dans le &lt;i&gt;Platonisme n&#233;gatif&lt;/i&gt;. En effet, d&#233;non&#231;ant la &#171; confusion entre l'&#234;tre transcendant et non-&#233;tant et l'&#233;tant &#233;ternel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, LS, p. 63.&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, Pato&#269;ka invite au d&#233;passement de tout le fini qui ne se ferait au profit de quoi que ce soit de positif mais serait une exp&#233;rience du &#171; caract&#232;re n&#233;gatif d'une distance, d'une distanciation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. ibid., p. 83.&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Selon Pato&#269;ka, le platonisme historique a transpos&#233; l'objectivisme dans ce qui aurait d&#251; &#234;tre un pur d&#233;passement. Les interpr&#233;tations modernes tentent souvent de retranscrire le &lt;i&gt;kh&#244;rismos&lt;/i&gt; dans l'&#233;tant pour s'&#233;pargner la th&#232;se d'un &#233;tant transcendant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. ibid., p. 86.&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; mais c'est encore interpr&#233;ter le geste (parce que c'est d'un geste que le &lt;i&gt;kh&#244;rismos&lt;/i&gt; est le nom) &#224; partir d'un objet. En interpr&#233;tant l'Id&#233;e &#224; partir du &lt;i&gt;kh&#244;rismos&lt;/i&gt;, on peut au contraire faire valoir ce dernier comme une s&#233;paration absolue de toute objectit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. ibid., p. 87.&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'Id&#233;e n'appara&#238;t alors plus comme un terme auquel on se rapporte par ladite s&#233;paration mais comme n'&#233;tant rien sinon son &#171; abr&#233;viation &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. ibid., p. 88.&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, une Id&#233;e n&#233;gative. Pato&#269;ka nous demande donc d'abandonner tout ce qui est donn&#233; sans trouver un refuge chez quoi que ce soit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'o&#249; le danger inh&#233;rent que fait remarquer Renaud Barbaras. Cf. R. Barbaras, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tout point d'arriv&#233;e compromettant le d&#233;part.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais une quelconque exp&#233;rience peut-elle correspondre &#224; l'acte d&#233;crit ci-dessus ? Dans le cas contraire, ne faudrait-il pas capituler devant la critique positiviste et lui accorder que tout discours m&#233;taphysique est d&#233;pourvu de signification, quitte &#224; pouvoir la pratiquer au m&#234;me titre que la peinture ou la danse suivant la proposition de Carnap&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R. Carnap, &#171; Le d&#233;passement de la m&#233;taphysique par l'analyse logique du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? L'exp&#233;rience que l'on cherche, ne nous rapportant &#224; rien, serait n&#233;cessairement sans objet. Est-ce une exp&#233;rience que le sujet &#233;prouve quand il ferme les yeux et se retire en soi-m&#234;me ? Ce serait prendre l'exp&#233;rience d'un sujet absolument s&#233;par&#233; pour l'exp&#233;rience de la s&#233;paration absolue ! On ne cherche pas &#224; abolir la distance mais &#224; l'absolutiser. Prise relativement &#224; un objet, la distanciation est &#224; chaque fois un affranchissement du rapport qui nous y lie ; prise absolument, elle est un affranchissement de tout le fini ou une libert&#233; absolue.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est donc l'exp&#233;rience de la libert&#233; qui, en nous soustrayant &#224; tous les rapports finis, remplit ces conditions et av&#232;re selon nos suppositions la possibilit&#233; de la m&#233;taphysique s'&#233;puisant dans le geste du d&#233;passement. &#171; La m&#233;taphysique [&#8230;] s'appuie sur le fondement d'une exp&#233;rience authentique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. LS., p. 83.&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Dans cette mesure, on peut donner tort &#224; Carnap et dire que la m&#233;taphysique n'est pas d&#233;pourvue de sens. Or justement pour permettre la d&#233;couverte de ce sens, il ne faut pas envisager la m&#233;taphysique comme une doctrine mais comme l'expression du mouvement vital. C'est dire que la m&#233;taphysique ne peut que se contredire, tant qu'elle ne se ressaisit pas &#224; sa source, non pas comme une v&#233;rit&#233; toute faite mais comme une explication de l'exp&#233;rience &#171; d'un sens ind&#233;pendant de l'objectif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. ibid., p. 87.&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La libert&#233; est, &#233;crit Pato&#269;ka, [&#8230;] affaire d'exp&#233;rience &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. ibid., p. 79.&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est pourquoi la m&#233;taphysique en tant que r&#233;alisation de l'exp&#233;rience de la libert&#233; sous esp&#232;ce de son explication n'est pas extrins&#232;que &#224; la libert&#233;. Au contraire, elle est le devenir-libre m&#234;me du m&#233;taphysicien. Il n'en reste pas moins que ce n'est pas que le m&#233;taphysicien qui est libre. Pour Pato&#269;ka, la religion et l'art sont d'autres fa&#231;ons dont la libert&#233; se concr&#233;tise (en rapprochant la m&#233;taphysique d'une cr&#233;ation artistique, Carnap n'a donc pas eu tout faux non plus). Comment donc penser l'apport de la m&#233;taphysique &#224; la libert&#233; ? Un artiste est libre indiff&#233;remment de l'existence de la m&#233;taphysique mais le m&#234;me ne vaut pas pour un m&#233;taphysicien. Puisqu'il s'agit d'une exp&#233;rience, il faut croire que les conditions de possibilit&#233; de cette exp&#233;rience sont universellement donn&#233;es, tandis que la libert&#233; doit &#224; chaque fois &#234;tre conquise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. ibid. Mais une exp&#233;rience cens&#233;e &#234;tre int&#233;gralement non objective, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et que cette &#171; conqu&#234;te &#187; doit toujours &#234;tre faite d'une certaine fa&#231;on.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la m&#233;taphysique, la libert&#233; s'accomplit dans le registre de la vision comme un d&#233;tournement du regard de tout ce qui est objectivement donn&#233; vers le non-&#233;tant qui pr&#233;side &#224; toute donation possible non comme sa source positive mais comme la totalit&#233; n&#233;gative. Le rapport &#224; cette derni&#232;re introduit une faille dans l'imbrication du sujet dans la r&#233;alit&#233; sensible. S'inscrivant ainsi &#224; l'int&#233;rieur du monde, le n&#233;ant de l'Id&#233;e n&#233;gative n'est pas sans rapport au monde, mais n'y appartient pas non plus. C'est pourquoi l'Id&#233;e n&#233;gative se confond avec le monde comme totalit&#233; qui, sans rien ajouter &#224; l'&#233;tant intramondain, ne s'y r&#233;duit pas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. R. Barbaras, Le mouvement de l'existence, p. 15.&#034; id=&#034;nh2-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le rapport au monde comme totalit&#233; est donc la distanciation absolue dont on a parl&#233; plus haut et c'est en elle que s'inscrivent comme ses objectivations les distances relationnelles qui forment la condition empirique de la vision sensible&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. LS, p. 84.&#034; id=&#034;nh2-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En outre de devoir toujours se faire sur un mode d&#233;termin&#233;, la conqu&#234;te de la libert&#233; ne peut jamais c&#233;der sa place &#224; une possession sans cesser d'&#234;tre ce qu'elle est. &#171; L'exp&#233;rience &lt;i&gt;que nous avons&lt;/i&gt; est toujours &#224; la fois une exp&#233;rience &lt;i&gt;qui nous a&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. ibid., p. 79.&#034; id=&#034;nh2-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, l'exp&#233;rience que nous poss&#233;dons ne peut jamais &#234;tre une exp&#233;rience libre, c'est-&#224;-dire de la libert&#233;. Si donc la m&#233;taphysique est indiff&#233;rente &#224; la libert&#233; en g&#233;n&#233;ral, elle est n&#233;cessaire &#224; la libert&#233; d'un m&#233;taphysicien, et cela non seulement en tant qu'il devient libre mais aussi en tant qu'il l'est, puisqu'on ne demeure libre qu'en le devenant sans cesse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On remarque en ce point la proximit&#233; de la &#171; conqu&#234;te de la libert&#233; &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour l'exprimer autrement, on pourrait dire que le geste m&#233;taphysique ne peut jamais devenir une disposition.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois, la critique de la m&#233;taphysique du point de vue de l'ad&#233;quation avec le geste qui la fonde, est sous-tendue, me semble-t-il, par un autre questionnement, &#224; savoir celui qui porte sur la vie qui lui correspond. Ce second moment n'est pas explicitement soulev&#233; dans &lt;i&gt;Platonisme n&#233;gatif&lt;/i&gt; mais le geste m&#233;taphysique dont il y va, si l'on veut bien nous accorder ce point, n'est-il pas au fond la fa&#231;on dont la m&#233;taphysique s'inscrit dans une vie concr&#232;te du m&#233;taphysicien ? Cette vie doit &#234;tre telle que ce geste puisse y avoir lieu et inversement, en tant que retournement de l'existence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. ibid., p. 88.&#034; id=&#034;nh2-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il met en jeu cette vie tout enti&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je crois que la question de savoir d'une part ce que devrait &#234;tre une vie philosophique et d'autre part quelle vie sous-tend ou est justifi&#233;e par telle ou telle philosophie (une question ficht&#233;enne) est au fond de la critique que Pato&#269;ka adresse et au positivisme et &#224; la m&#233;taphysique. Au fond, l'inqui&#233;tude de cette question, n'interdit-elle pas que la philosophie se consolide en une discipline unitaire, qu'elle soit m&#233;taphysique, mat&#233;rialiste dialectique ou finalement m&#234;me ph&#233;nom&#233;nologique ? N'y a-t-il pas lieu de nous demander si cette question n'est pas &#224; l'origine de l'&#233;tat fragmentaire de l'&#339;uvre de Pato&#269;ka ? Eclat&#233;e mais gravitant autour d'un ensemble de probl&#232;mes qui lui donne, &#224; d&#233;faut d'un syst&#232;me, une esp&#232;ce d'unit&#233; probl&#233;matique. Marion Bernard a montr&#233; dans son livre sur l'exemple du probl&#232;me du monde, la voie d'une lecture probl&#233;matique et transversale de cette &#339;uvre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M. Bernard, Pato&#269;ka et l'unit&#233; pol&#233;mique du monde, Leuven, Peeters, coll. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Quant &#224; la question du probl&#232;me qui serait &lt;i&gt;le&lt;/i&gt; probl&#232;me permettant de traverser l'enti&#232;ret&#233; de la pens&#233;e patockienne, je ne crois pas qu'il y en ait un, &#224; moins que ce ne soit le probl&#232;me de la &lt;i&gt;probl&#233;maticit&#233;&lt;/i&gt; m&#234;me dans lequel il y va finalement toujours en derni&#232;re instance du sens de la vie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce propos J. Patocka, Essais h&#233;r&#233;tiques sur la philosophie de l'histoire.&#034; id=&#034;nh2-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Finalement, le &lt;i&gt;Platonisme n&#233;gatif&lt;/i&gt; omet de traiter de la question de la vie philosophique en passant en quelque sorte &#171; tout droit &#187; &#224; l'exp&#233;rience de la libert&#233; et &#224; l'Id&#233;e n&#233;gative. C'est peut-&#234;tre l&#224; que r&#233;side le vrai d&#233;faut de cet &#233;crit fondamental et m&#234;me (qui sait ?) la raison pour laquelle Pato&#269;ka a abandonn&#233; ce projet philosophique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La th&#233;orie des mouvements vitaux du Monde naturel et le mouvement de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On pourrait appliquer &#224; cette critique du platonisme l'avertissement de Platon m&#234;me qui stipule dans le &lt;i&gt;Phil&#232;be&lt;/i&gt; que la dialectique se distingue de l'&#233;ristique par ce qu'en passant du multiple &#224; l'Un et de l'Un au multiple, elle n'omet pas les interm&#233;diaires mais cherche &#224; les &#233;num&#233;rer de mani&#232;re exhaustive&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Platon, Phil&#232;be, 17a.&#034; id=&#034;nh2-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Revenons maintenant aux &#233;crits des ann&#233;es 1940 o&#249; transpara&#238;t la probl&#233;matique de la vie philosophique, non tant sur le mode d'une solution mais d'un probl&#232;me et d'une inqui&#233;tude. En effet, comment imaginer une vie capable de se mesurer &#224; l'exigence m&#233;taphysique de renoncer &#224; voir tout en gardant les yeux (toujours plus) grands ouverts, de supporter le regard de l'invisible ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_487 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/IMG/jpg/sima_josef_-_paysage_1932_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/IMG/jpg/sima_josef_-_paysage_1932_.jpg' width='500' height='663' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le chiasme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans l'&lt;i&gt;&#201;tude sur le concept du monde&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit d'un fragment amorc&#233; probablement au d&#233;but des ann&#233;es 1940 et en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que l'on trouve un petit paragraphe permettant d'aborder la question fondamentale de la vie philosophique. L'air de rien, je crois qu'il fait voir le sol probl&#233;matique commun &#224; la s&#233;paration de l'exp&#233;rience de la libert&#233; du &lt;i&gt;Platonisme n&#233;gatif&lt;/i&gt; et &#224; la th&#233;orie des mouvements vitaux, et que s'y rejoignent l'exigence philosophico-m&#233;taphysique la plus haute et ses soubassements vitaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la section 38 dudit fragment, l'auteur va abandonner le d&#233;veloppement de la r&#233;flexion sur le monde qu'il a suivi jusqu'alors&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce chapitre marque le tournant dans le courant du texte.&#034; id=&#034;nh2-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pour s'attarder sur &#171; l'id&#233;e de Marcel d'un &#034;journal m&#233;taphysique&#034;, une id&#233;e tr&#232;s belle et fructueuse, &#224; condition d'&#234;tre r&#233;alis&#233;e avec une vraie sinc&#233;rit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, SS vol. 8/1, FS III/1, p. 151. La traduction compl&#232;te du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Qu'est-ce qui retient dans cette id&#233;e l'attention de Pato&#269;ka ? Il y voit un mode de pr&#233;sentation de la philosophie o&#249;, &#224; la place de la &#171; discussion dogmatique &#187; d'un trait&#233;, &#171; il n'y va que de la croissance naturelle de la pens&#233;e et de son observation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. ibid.&#034; id=&#034;nh2-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, du processus, justement, dont le mode d'exposition traditionnel fait abstraction.&lt;br class='autobr' /&gt;
De cette &#171; croissance naturelle &#187;, le penseur n'est nullement un t&#233;moin impassible. En tirant le fil que Pato&#269;ka nous laisse au d&#233;tour d'une phrase, on pourrait dire que pour un philosophe, dans la philosophie, il y va de sa vie m&#234;me, et cela pr&#233;cis&#233;ment dans la mesure o&#249; il vit une vie philosophique, &#224; savoir une vie dans laquelle il y va de la philosophie. Un philosophe doit prendre sur soi cet enjeu vital, mais en vertu de sa structure chiasmatique, ce dernier n'est pas non plus sans cons&#233;quence pour la philosophie m&#234;me. C'est dire que ce qui est vrai de la vie philosophique en tant qu'elle est philosophique &#8211; la m&#233;taphysique comme une forme de la philosophie, et m&#234;me la seule forme de la philosophie depuis Platon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il y avait de la philosophie avant Platon et cette pr&#233;existence est m&#234;me (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, se confond ici avec elle &#8211; vaut &#233;galement pour la philosophie en elle-m&#234;me. C'est pourquoi l'effacement de la vie personnelle du philosophe dans le trait&#233; n'est pas indiff&#233;rent. Mais en quoi la vie personnelle du philosophe (une vie philosophique donc) d&#233;termine la philosophie ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout d'abord, elle se caract&#233;rise par &#171; ses luttes, ses chutes et ses rel&#232;vements &#187;. En quoi ceux-ci int&#233;ressent-ils la philosophie en elle-m&#234;me ? on a presque l'impression que Pato&#269;ka regrette que le lecteur d'un trait&#233; philosophique ne ressente pas les efforts de sa cr&#233;ation et que son auteur soit esseul&#233; dans ses peines. N'est-ce pas le lot de tout &#233;crivain ? Toutefois, &#224; mon sens, cette remarque dit en filigrane tout autre chose. Loin du sentimentalisme, elle dit que la philosophie n'est que secondairement une doctrine parachev&#233;e, mais est d'abord un combat avec un probl&#232;me. Interroger le sens pr&#233;cis de cette lutte revient &#224; interroger le sens de la philosophie m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un second temps, Pato&#269;ka rel&#232;ve que, dans la vie philosophique, il n'y va pas d'un &#171; &lt;i&gt;happy end&lt;/i&gt; de la solution discutoriale, mais d'un &lt;i&gt;happy beginning&lt;/i&gt; de la fondation radicale, d'une auscultation de soi et des autres et de parvenir finalement &#224; la hauteur inatteignable d'o&#249; on peut regarder les probl&#232;mes comme des vall&#233;es des plus hautes montagnes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Happy end &#187; et &#171; happy beginning &#187; en anglais dans le texte original. Je (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. En passant pour l'instant sous silence l'oxymore de la &#171; hauteur inatteignable &#187; &#224; laquelle on parvient tout de m&#234;me, c'est la pr&#233;tendue non essentialit&#233; de la solution qui est la plus frappante. L'&#233;trange n&#233;ologisme (discutorial / &lt;i&gt;diskutorick&#253;&lt;/i&gt;) nous signale que si la solution importe, ce n'est que pour la vanit&#233; des victoires dans les discussions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De fa&#231;on tr&#232;s platonicienne, je crois, la discussion est ici implicitement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En revanche, ce qui importe, ce dont il y va dans la vie philosophique et par la voie de cons&#233;quence dans la philosophie, c'est l'ouverture m&#234;me du champ de la recherche o&#249; s'alignent des probl&#232;mes &#224; perte de vue, un d&#233;ploiement libre de l'horizon d&#233;gag&#233; pour l'activit&#233; pensante (on retrouve &#224; nouveau la th&#233;matique de la vision). L'essence de la vie philosophique aussi bien que de la philosophie prise dans sa v&#233;rit&#233; comme une possibilit&#233; vitale de l'humain, serait donc contenue dans ce regard dans le lointain. Le mouvement vital qui d&#233;ploiera cette essence, peut-il &#234;tre autre qu'un chemin infini ?&lt;br class='autobr' /&gt;
N'entend-on pas ici un &#233;cho de la conf&#233;rence &lt;i&gt;La crise de l'humanit&#233; europ&#233;enne et la philosophie&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. E. Husserl, La crise de l'humanit&#233; europ&#233;enne et la philosophie, &#233;dition (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; prononc&#233;e par Husserl le 7 mai 1935 &#224; Vienne, o&#249; l'auteur affirme que la philosophie est &#171; l'id&#233;e d'une t&#226;che infinie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. ibid., p. 69.&#034; id=&#034;nh2-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ? L'humain devient un philosophe, en prenant sur soi la t&#226;che infinie de la connaissance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. ibid., pp. 42&#8212;47.&#034; id=&#034;nh2-40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#232;s lors, &#171; la vie ne reste pas normale, enti&#232;rement paisible&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. ibid., p. 57.&#034; id=&#034;nh2-41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; mais en est au contraire transform&#233;e d'un bout &#224; l'autre : le philosophe est un &#171; nouvel homme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. ibid., p. 47.&#034; id=&#034;nh2-42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il est li&#233; par cette t&#226;che dans sa vie m&#234;me, de sorte que son bonheur d&#233;pend de sa fid&#233;lit&#233; &#224; cette vocation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. ibid., p. 69.&#034; id=&#034;nh2-43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par-del&#224; la r&#233;sonance des deux conceptions, la diff&#233;rence qui affecte le mode sur lequel Pato&#269;ka h&#233;rite du &lt;i&gt;pathos&lt;/i&gt; husserlien est d'autant plus int&#233;ressante. En effet, pour Husserl, l'infinit&#233; de la t&#226;che philosophique traduit la t&#233;l&#233;ologie qui pose la fin d'une connaissance parfaite inatteignable. En revanche, il transpara&#238;t de ce qu'on vient de lire que pour Pato&#269;ka, la finalit&#233; essentielle de la philosophie n'est pas dans une connaissance &#224; atteindre mais est plut&#244;t simplement de faire la philosophie. Pour reprendre la formule de Filip Karf&#237;k, la philosophie serait pour Pato&#269;ka &#171; un &lt;i&gt;mouvement&lt;/i&gt; qui ne s'efforce pas &#224; s'accomplir mais &#224; se poursuivre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. Karf&#237;k, Unendlichwerden durch die Endlichkeit. Eine Lekt&#252;re der (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'id&#233;e de la philosophie comme ouverture infinie au myst&#232;re du monde et corr&#233;lativement comme un cheminement sans fin, s'oppose nettement &#224; la cl&#244;ture que sugg&#232;re l'id&#233;e de la solution. En un mot, la m&#233;taphysique ne vit pas de la solution des probl&#232;mes, mais des probl&#232;mes m&#234;mes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ou plus pr&#233;cis&#233;ment de la probl&#233;maticit&#233; du sens dont ils proc&#232;dent en en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une victoire sur un probl&#232;me nous dit ce que la philosophie &lt;i&gt;a &#233;t&#233;&lt;/i&gt;, mais ne nous dit jamais ce qu'elle &lt;i&gt;est&lt;/i&gt; au pr&#233;sent, quand elle se fait. Ne deviendrait-elle pas alors comme le Ma&#238;tre h&#233;g&#233;lien une fois vainqueur, un moment s'&#233;vanouissant de l'histoire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans un autre passage de l'Etude sur le concept du monde, Pato&#269;ka explique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Il y a, dans la m&#233;taphysique, une contradiction entre sa finalit&#233;, &#224; savoir parvenir &#224; une possession de la v&#233;rit&#233; sur le monde et l'&#234;tre humain, et ce qui lui correspond comme un mouvement vital. Elle aurait promis de r&#233;aliser la dimension proprement spirituelle de l'&lt;i&gt;homo viator&lt;/i&gt; mais elle aurait finalement fait de lui, par un tour de passe-passe dont pas un m&#233;taphysicien ne serait satisfait, un tranquille possesseur de la v&#233;rit&#233; d&#233;finitive&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un autre versant de cette critique se r&#233;v&#232;le dans les ann&#233;es 1970, o&#249; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette contradiction interne de la m&#233;taphysique n'est pas r&#233;solue m&#234;me si on dit que la fin du chemin est infiniment loin : un d&#233;lai in&#233;puisable n'en reste pas moins un d&#233;lai. Le sens de la v&#233;rit&#233; serait pr&#233;suppos&#233;, tout le drame du cheminement philosophique &#233;tant plac&#233; dans le jour du pressentiment de la cl&#244;ture. La probl&#233;maticit&#233; ne serait alors pas inh&#233;rente au sens m&#234;me de la v&#233;rit&#233; mais r&#233;siderait dans la relation qu'entretient avec elle le m&#233;taphysicien par-del&#224; l'&#233;tant fini au sein duquel il vit. Or, pour Pato&#269;ka, c'est l'exact inverse qui est vrai. Le p&#244;le vers lequel tend le philosophe par-del&#224; l'&#233;tant n'a aucun contenu positif. Son seul sens est l'exc&#232;s du monde sur la totalit&#233; de l'&#233;tant, il signifie que le sens objectif n'est pas tout le sens qu'il y a&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. R. Barbaras, Le mouvement de l'existence, p. 15.&#034; id=&#034;nh2-48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Loin d'en &#234;tre une assise ferme, il est la probl&#233;matisation universelle de tout sens. C'est en se pla&#231;ant sur cette position que la philosophie devient un cheminement infini et que le philosophe est effectivement un &lt;i&gt;homo viator&lt;/i&gt; spirituel. Cette position est &#233;videmment celle du rapport au monde comme totalit&#233;. On y est en quelque sorte comme au sommet du monde, dans la &#171; hauteur inatteignable &#187; dont Pato&#269;ka nous dit que l'on peut n&#233;anmoins y parvenir. Nous dira-t-il aussi comment ? Pour conclure, je vais tenter une r&#233;ponse &#224; partir du m&#234;me fragment dont j'ai tir&#233; le paragraphe sur le &#171; journal m&#233;taphysique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vivre dans le lointain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En explorant la structure profonde de l'int&#233;riorit&#233;, Pato&#269;ka en vient &#224; parler d&#232;s la section 21 de l'&lt;i&gt;&#201;tude sur le concept du monde&lt;/i&gt; de la pl&#233;nitude et de l'inanit&#233; de la vie. Il faut, dit-il, distinguer la pl&#233;nitude de la vie de la satisfaction qui n'est qu'un &#233;v&#233;nement contingent et ne change en rien la condition fondamentale du manque. La pl&#233;nitude qui serait soustraite &#224; cette contingence ne peut r&#233;sider dans un rapport aux choses mais dans le rapport au monde, &#171; inali&#233;nable et toujours de nouveau enivrant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, SS vol. 8/1, FS III/1, p. 113.&#034; id=&#034;nh2-49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Elle &#171; est ins&#233;parablement li&#233;e &#224; l'exp&#233;rience du monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. ibid., p. 118.&#034; id=&#034;nh2-50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Comment parvenir &#224; vivre cette exp&#233;rience ? C'est pr&#233;cis&#233;ment ce qui nous int&#233;resse. Poursuivons la lecture dans la section 23 : &#171; &#224; l'exp&#233;rience du monde appartiennent essentiellement le lointain, le pass&#233;, le bleu des brumes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. ibid.&#034; id=&#034;nh2-51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Dans cette triade (quelque peu in&#233;gale), c'est le lointain qui a l'importance cl&#233;. C'est en lui que le monde nous est donn&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La difficult&#233; du probl&#232;me n'en est pourtant pas amoindrie mais plut&#244;t accrue. En effet, comment est-ce qu'on exp&#233;rimente le lointain ? Il faut s'en approcher sans le transformer en proximit&#233;, de la sorte qu'il conserve son &#171; caract&#232;re de distance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. ibid., p. 119.&#034; id=&#034;nh2-52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il ne suffit pas d'y tourner l'attention comme quand un chasseur ou un marin (les exemples de Pato&#269;ka) fixent quelque chose au loin : bien que la distance n'ait pas objectivement diminu&#233;, la chose qu'ils regardent perd son &#171; caract&#232;re de distance &#187; &#224; mesure que ses contours se pr&#233;cisent. En somme, le lointain nous impose par la force du monde qui se ph&#233;nom&#233;nalise en lui, une double contrainte qui nous est d&#233;j&#224; famili&#232;re : l'injonction de regarder sans y voir (quelque chose) a la m&#234;me structure que l'exigence m&#233;taphysique.&lt;br class='autobr' /&gt;
On a besoin d'une &#171; compr&#233;hension pour l'extra-concret, pour l'extra-chosique, pour ce qui est hors d'atteinte de tout le contenu de la r&#233;alit&#233; concr&#232;te mais qui en fournit son cadre ins&#233;parable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. ibid.&#034; id=&#034;nh2-53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. &#201;tranger puisque insaisissable et non-fini, ce cadre nous est en m&#234;me temps familier (il est tout en tout sans s'&#233;puiser en rien), si bien que quand pour un court instant on y p&#233;n&#232;tre, on a l'impression d'un d&#233;j&#224; connu, d'un souvenir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. ibid.&#034; id=&#034;nh2-54&#034;&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On d&#233;couvre alors dans le lointain la dimension du pass&#233; (qui s'y confond avec le futur dont il garde le secret).&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais comment donc y p&#233;n&#232;tre-t-on ? Au caract&#232;re intangible du lointain est corr&#233;lative l'attirance qu'il exerce sur nous&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le caract&#232;re [&#8230;] d'attirance ins&#233;parablement li&#233;e avec l'intangibilit&#233; &#187;. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-55&#034;&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au regarder sans voir r&#233;pond un toucher sans saisir, un saisir qui se retient, une caresse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-56&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Caresse [est] un renoncement &#224; saisir, prendre ou manipuler &#187;, cf. M. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-56&#034;&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pato&#269;ka explicite lui-m&#234;me l'association &#233;rotique en rapprochant les deux esp&#232;ces du rapport au lointain et deux modalit&#233;s de (faire) l'amour dont la premi&#232;re a lieu dans le saisissable et l'autre repr&#233;sente un &#171; contact direct du magique, du lointain, du nouveau &#187;. En effet, Pato&#269;ka dit ailleurs que dans une v&#233;ritable rencontre de deux personnes &#171; s'ouvre &#224; nous un nouveau monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-57&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, SS vol. 8/1, FS III/1, p. 147.&#034; id=&#034;nh2-57&#034;&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Dans les deux cas, on rencontre un &#233;trange chiasme du connu et du nouveau : des choses toujours nouvelles ne nous donnent jamais le lointain radicalement autre et pourtant le lointain pr&#233;sente un caract&#232;re de familiarit&#233; et se d&#233;couvre avec un sentiment d'anamn&#232;se ; de m&#234;me, seulement en me retenant devant sa distance irr&#233;ductible, l'autre se d&#233;couvre sous mes caresses comme tout un monde nouveau et pourtant, dans cet inconnu, je me &#171; souviens &#187; de ce que je &#171; savais &#187; obscur&#233;ment, &#224; savoir que je suis un corps&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-58&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Pato&#269;ka, &#171; Ph&#233;nom&#233;nologie de la vie apr&#232;s la mort &#187;, in : Papiers (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-58&#034;&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre regard est port&#233; au loin par le d&#233;sir. Apparemment par le d&#233;sir des choses toujours diff&#233;rentes et nouvelles. Or c'est l&#224; pr&#233;cis&#233;ment o&#249; on se trompe, comme nous l'apprendra notre d&#233;ception. &#171; Le voyageur peut cent fois parcourir le lointain, il ne lui signifie rien, son monde est petit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-59&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, SS vol. 8/1, FS III/1, p. 120.&#034; id=&#034;nh2-59&#034;&gt;59&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Ce que l'on d&#233;sire v&#233;ritablement, c'est le lointain en tant qu'il conserve son caract&#232;re particulier, en tant qu'il est infini et le monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-60&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On note au passage que cette r&#233;activation &#233;vidente de la critique h&#233;g&#233;lienne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-60&#034;&gt;60&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce d&#233;sir ne saurait &#234;tre satisfait par aucune chose ou endroit o&#249; on peut parvenir. C'est pourquoi ce regard d&#233;sirant doit se retenir de voir. Dans un acte paradoxal, il doit &#171; s'abandonner &#224; l'attirance du lointain tout en refusant sa satisfaction imm&#233;diate&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-61&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, SS vol. 8/1, FS III/1, p. 120. Ce refus est nomm&#233; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-61&#034;&gt;61&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Ce d&#233;sir proprement inassouvissable est capable d'une pl&#233;nitude, or il n'est pas rempli par quoi que ce soit de positif. Par une conscience inh&#233;rente au d&#233;sir du monde en tant que monde, il sait que le d&#233;sir&#233; est d&#233;sirable en tant que d&#233;sir&#233; et que le d&#233;sir&#233; n'est d&#233;sir&#233; qu'aussi longtemps qu'il se d&#233;robe ; par cette conscience, la frustration peut se renverser en pl&#233;nitude (la possibilit&#233; ouverte par le monde et ses avatars&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-62&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E.g. &#171; L''autre chose', le monde hors de moi, s'est incarn&#233; dans un &#234;tre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-62&#034;&gt;62&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;).&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce remplissement ne peut n&#233;anmoins jamais avoir un caract&#232;re d&#233;finitif. Pour cela, il aurait fallu que ce qui remplit le d&#233;sir puisse &#234;tre poss&#233;d&#233;, acquis une fois pour toutes. Mais ce rien de concret qui remplit le d&#233;sir du monde, quand on essaie de s'en saisir, on ne tient entre nos mains que le vide &#8211; une fois de plus &#8211; comme dans un r&#234;ve. Le remplissement du d&#233;sir du monde n'est donc possible que sur le mode d'un incessant devenir-monde du remplissant. Par cons&#233;quent, le d&#233;sir n'est pas plus rempli qu'il n'est toujours plus profond&#233;ment creus&#233;. C'est dire que l'int&#233;riorit&#233; du sujet gagne en profondeur &#224; mesure que le monde lui d&#233;voile son infinitude, c'est dire m&#234;me que c'est par l'inscription de cette infinitude du monde dans le sujet par son d&#233;sir, qu'advienne la profondeur v&#233;ritablement abyssale qu'est la personn&#233;it&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-63&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, SS vol. 8/1, FS III/1, p. 122.&#034; id=&#034;nh2-63&#034;&gt;63&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Maintenant, cette description de la vie qui se met en rapport au monde comme un tout est en m&#234;me temps, il me semble, une description d'une vie telle qu'elle peut devenir philosophique. On a vu que l'exigence m&#233;taphysique y est implicitement inscrite, un peu en pressentiment de l'amorce de la m&#233;taphysique pr&#233;sente dans l'exp&#233;rience de la libert&#233; selon le &lt;i&gt;Platonisme n&#233;gatif&lt;/i&gt;. En revenant sur le rapport chiasmatique entre la philosophie et la vie philosophique que l'on a d&#233;velopp&#233; &#224; partir du passage sur le &#171; journal m&#233;taphysique &#187;, on peut maintenant voir comment s'inscrivent les caract&#232;res de la vie v&#233;cue en rapport au monde dans la philosophie m&#234;me. Conform&#233;ment &#224; la d&#233;termination fondamentale de la m&#233;taphysique, cette caract&#233;risation va se confondre avec la caract&#233;risation du regard du m&#233;taphysicien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-64&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Toutefois, la m&#233;taphysique est aussi essentiellement un discours. &#192; c&#244;t&#233; de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-64&#034;&gt;64&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Premi&#232;rement donc, le regard du m&#233;taphysicien est mu par le d&#233;sir et c'est &#224; titre d'&#234;tre d&#233;sirant qu'il peut d'une part comprendre comment le monde se donne &#224; lui en se d&#233;robant, d'autre part le supporter et m&#234;me s'en r&#233;jouir. De ce point d&#233;coule une inversion par rapport &#224; la m&#233;taphysique th&#233;ologique traditionnelle, &#224; savoir que son &lt;i&gt;contemptus mundi&lt;/i&gt; se transforme en lumi&#232;re de la nouvelle compr&#233;hension de ce qu'est v&#233;ritablement l'exigence m&#233;taphysique, en &lt;i&gt;amor mundi&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Deuxi&#232;mement, on peut dire que le rapprochement au r&#234;ve n'a pas &#233;t&#233; anodin, au contraire, c'est la fantaisie, un r&#234;ve qu'on r&#234;ve les yeux ouverts, qui va insuffler la vie aux horizons. Cette fantaisie n'est pas cr&#233;atrice d'images qui donneraient aux dits horizons la vie sur le mode de l'actualit&#233; au d&#233;triment de la somnolence de l'infini de leurs potentialit&#233;s. La fantaisie dont il s'agit se retient de cr&#233;er des images et ranime les horizons sans recouvrir leur infinit&#233;. Ainsi elle d&#233;veloppe notre &#171; sens de l'infini qui vit dans l'enivrante interaction entre l'image et la brume&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-65&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. ibid., p. 90.&#034; id=&#034;nh2-65&#034;&gt;65&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Au lieu de r&#233;duire la plurivocit&#233; du r&#234;ve &#224; une r&#233;alisation univoque, on se situe sur le plateau transversal d'un r&#234;ve &#233;veill&#233; qui ouvre les possibilit&#233;s dissimul&#233;es dans l'&#234;tre-actuelle de la r&#233;alit&#233; d'une part et qui enjoint le r&#234;ve &#224; r&#233;fl&#233;chir la position r&#233;elle d'o&#249; il est r&#234;v&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-66&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce propos la formule frappante par laquelle Pato&#269;ka d&#233;finit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-66&#034;&gt;66&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Finalement, on revient en quelque sorte &#224; notre point de d&#233;part, la philosophie est irr&#233;parablement toujours en chemin, non par d&#233;faut mais en tant qu'elle s'accomplit pr&#233;cis&#233;ment comme cheminant. Autrement dit, elle a le caract&#232;re d'une progression &#224; l'infini sans d&#233;pendre de la pl&#233;nitude de son sens en m&#234;me temps pr&#233;suppos&#233;e et irr&#233;alisable. Au contraire, son sens est en lui-m&#234;me probl&#233;matique est donc simultan&#233;ment atteint et perdu &#224; chaque moment de la lutte que la philosophie m&#232;ne pour le gagner. Il faut penser ici au bout les cons&#233;quences du fait que le sens est probl&#233;matique par essence : il devient obscur par le m&#234;me mouvement qu'il se d&#233;voile, il est creus&#233; &#224; la mesure qu'il s'accro&#238;t. &#192; chaque instant qu'il se d&#233;voile davantage, il se d&#233;voile aussi plus probl&#233;matique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-67&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sans pouvoir d&#233;velopper plus longuement ici ce point, la philosophie ou la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-67&#034;&gt;67&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;br class='autobr' /&gt;
Je crois qu'&#224; travers cette lecture des textes des ann&#233;es 1940 &#224; la lumi&#232;re de la critique de la m&#233;taphysique explicit&#233;e &#224; partir des ann&#233;es 1950 et jusqu'aux &#233;crits des ann&#233;es 1970, &#233;merge la figure d'un philosophe-m&#233;taphysicien originale qui, d'une part, n'est pas encore porteur de la charge antim&#233;taphysique et qui, d'autre part, incarne d&#233;j&#224; l'exigence de la m&#233;taphysique et de la vie philosophique qui, r&#233;alis&#233;e jusqu'aux derni&#232;res cons&#233;quences, aura amen&#233; le m&#233;taphysicien au-del&#224; de ce que d&#232;s le &lt;i&gt;Platonisme n&#233;gatif&lt;/i&gt; sera identifi&#233; et critiqu&#233; comme la pens&#233;e m&#233;taphysique. C'est-&#224;-dire &#224; une m&#233;taphysique (si l'on veut bien) qui se sait &#234;tre une production du sens toujours probl&#233;matique au regard du monde n&#233;gativement transcendant qui, loin d'&#234;tre une mesure d&#233;finitive de la v&#233;rit&#233; ind&#233;finiment approch&#233;e, est un partenaire d'un combat qui &#233;vacue toute domination et ne permet de perte que de celui qui capitule par un recours &#224; l'&#202;tre supr&#234;me ou une r&#233;signation nihiliste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-68&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En r&#233;alit&#233;, Pato&#269;ka en viendra d&#232;s la Surcivilisation et son conflit interne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-68&#034;&gt;68&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;BIBLIOGRAPHIE&lt;/strong&gt; :&lt;br class='autobr' /&gt;
BARBARAS, Renaud, &lt;i&gt;Le mouvement de l'existence. Etudes sur la ph&#233;nom&#233;nologie de Jan Pato&#269;ka&lt;/i&gt;, Chatou, Editions de la transparence, coll. Philosophie, 2007.&lt;br class='autobr' /&gt;
BERNARD, Marion, &lt;i&gt;Pato&#269;ka et l'unit&#233; pol&#233;mique du monde&lt;/i&gt;, Leuven, Peeters, coll. Biblioth&#232;que philosophique de Louvain, 2016.&lt;br class='autobr' /&gt;
DERRIDA, Jacques, &lt;i&gt;Donner la mort&lt;/i&gt;, Paris, Galil&#233;e, 1999.&lt;br class='autobr' /&gt;
HEGEL, Georg Wilhelm, &lt;i&gt;Ph&#233;nom&#233;nologie de l'Esprit&lt;/i&gt;, trad. Jean-Pierre Lefebvre, Paris, Flammarion, 2012.&lt;br class='autobr' /&gt;
HUSSERL, Edmund, &lt;i&gt;La crise de l'humanit&#233; europ&#233;enne et la philosophie&lt;/i&gt;, &#233;dition bilingue, trad. Paul Ricoeur, Paris : Aubier Montaigne, 1977.&lt;br class='autobr' /&gt;
KARF&#205;K, Filip, &lt;i&gt;Unendlichwerden durch die Endlichkeit. Eine Lekt&#252;re der Philosophie Jan Pato&#269;kas&lt;/i&gt;, W&#252;rzburg, K&#246;nigshausen &amp; Neumann, 2008.&lt;br class='autobr' /&gt;
PATO&#268;KA, Jan, &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, trad. Erika Abrams, Lagrasse, Verdier, &#233;d. La Nuit surveill&#233;e, 1983.&lt;br class='autobr' /&gt;
PATO&#268;KA, Jan, &lt;i&gt;Le monde naturel et le mouvement de l'existence humaine&lt;/i&gt;, trad. Erika Abrams, Dordrecht, Kluwer, 1988.&lt;br class='autobr' /&gt;
PATO&#268;KA, Jan, &lt;i&gt;Libert&#233; et sacrifice&lt;/i&gt;, trad. Erika Abrams, Grenoble, Million, coll. Krisis, 1990.&lt;br class='autobr' /&gt;
PATO&#268;KA, Jan, &lt;i&gt;Papiers ph&#233;nom&#233;nologiques&lt;/i&gt;, trad. Erika Abrams, Grenoble, Million, 1995.&lt;br class='autobr' /&gt;
PATO&#268;KA, Jan, &lt;i&gt;Sebran&#233; spisy vol. 8/1, Fenomenologick&#233; spisy III/1. Nitro a sv&#283;t, nepublikovan&#233; texty ze 40. Let&lt;/i&gt;, Praha, OIKOUMEH, 2014.&lt;br class='autobr' /&gt;
PATO&#268;KA, Jan, &lt;i&gt;Sebran&#233; spisy vol. 8/2, Fenomenologick&#233; spisy III/2. O zjevov&#225;n&#237;, nepublikovan&#233; studie, fragment a pozn&#225;mky z 50.&#8212;70. Let&lt;/i&gt;, Praha, OIKOUMEH, 2016.&lt;br class='autobr' /&gt;
PLATON, &lt;i&gt;&#338;uvres compl&#232;tes. Tome IX, 2e partie : Phil&#232;be&lt;/i&gt;, texte &#233;tabli et traduit par : Auguste Di&#232;s, Les Belles lettres, coll. Bud&#233;, 1941.&lt;br class='autobr' /&gt;
SOULEZ, Antonia (&#233;d.), &lt;i&gt;Manifeste du Cercle de Vienne et autres &#233;crits&lt;/i&gt;, Paris, Vrin, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;APPENDICES :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
38. [Journal m&#233;taphysique]&lt;br class='autobr' /&gt;
L'id&#233;e de Marcel d'un &#171; journal m&#233;taphysique &#187; une id&#233;e tr&#232;s belle et fructueuse, &#224; condition d'&#234;tre r&#233;alis&#233;e avec une vraie sinc&#233;rit&#233;. J'ai vu le &lt;i&gt;Journal m&#233;taphysique&lt;/i&gt; autour de 1929, sans y p&#233;n&#233;trer ; mais peut-&#234;tre cette id&#233;e m'&#233;tait-elle pr&#233;sente quand je commen&#231;ais ce cahier de note. Par ailleurs, les &lt;i&gt;Tageb&#252;cher&lt;/i&gt; de Kierkegaard et les notes de Novalis ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; un tel journal. Il n'y va de rien d'autre que de la croissance naturelle de la pens&#233;e et de son observation. La fa&#231;on habituelle de l'exposition philosophique &#8211; pr&#233;sentation dogmatique du probl&#232;me, sa discussion et sa solution &#8211; ne laisse qu'&#224; peine soup&#231;onner la mani&#232;re propre du travail du m&#233;taphysicien, sa vie personnelle de philosophe, ses luttes, ses chutes et ses rel&#232;vements : elle dissimule &#233;galement de quoi il y va en r&#233;alit&#233; dans la vie philosophique : non pas d'un happy end de la solution discutoriale, mais d'un happy beginning d'une fondation radicale, d'une auscultation de soi et des autres afin de parvenir finalement &#224; la hauteur inatteignable de laquelle on peut regarder les probl&#232;mes comme on regarde des vall&#233;es des plus hautes montagnes.&lt;br class='autobr' /&gt;
(J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Sebran&#233; spisy vol. 8/1, Fenomenologick&#233; spisy III/1. Nitro a sv&#283;t, nepublikovan&#233; texty ze 40. Let&lt;/i&gt;, Praha, OIKOUMEH, 2014, p. 151).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les figures de Platon et d'Aristote sont d'une ambigu&#239;t&#233; exemplaire, mais Socrate n'est pas une figure totalement univoque non plus. &#192; titre d'illustration, on remarque que tandis que, dans le &lt;i&gt;Platonisme n&#233;gatif&lt;/i&gt;, il est une &#171; abr&#233;viation symbolique de la plus ancienne [&#8230;] philosophie &#187;, dans &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, il se situe davantage entre le mythe et la philosophie, figurant le probl&#232;me de l'&#233;mergence de la philosophie &#224; partir de la non-philosophie. Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Libert&#233; et Sacrifice&lt;/i&gt;, Grenoble, Millon, &#233;d. Krisis, p. 90 ; Idem., &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, Lagrasse, Verdier, &#233;d. La Nuit surveill&#233;e, 1983, p. 95. Dans la suite, je cite dans la forme &lt;i&gt;LS&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;PE&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Benoist, &#171; Le visible et l'invisible &#187;, semestre d'hiver 2018, d&#233;partement de la Philosophie &#224; l'Universit&#233; Paris 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Pato&#269;ka, &#171; Platonisme n&#233;gatif &#187;, in : &lt;i&gt;Libert&#233; et sacrifice&lt;/i&gt;, Grenoble, Million, coll. Krisis 1990, pp. 53&#8212;98.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Pato&#269;ka, &#171; Studie k pojmu sv&#283;ta &#187;, &lt;i&gt;Sebran&#233; spisy vol. 8/1, Fenomenologick&#233; spisy III/1. Nitro a sv&#283;t, nepublikovan&#233; texty ze 40. Let&lt;/i&gt;, Praha, OIKOUMEH, 2014, pp. 70&#8212;173. Le texte n'a pas encore &#233;t&#233; traduit en fran&#231;ais. Je traduis les passages sur lesquels se concentre mon commentaire en appendices. Dans la suite je cite dans la forme &lt;i&gt;SS vol. 8/1, FS III/1&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Benoist, cours &#171; Le visible et l'invisible &#187;, 17 septembre 2018, notes personnelles de l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Benoist, cours &#171; Le visible et l'invisible &#187;, 24 septembre 2018, notes personnelles de l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Derrida, &lt;i&gt;Donner la mort&lt;/i&gt;, Paris, Galil&#233;e, coll. Incises, 1999, p. 125.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;SS vol. 8/1, FS III/1&lt;/i&gt;, p. 162.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pato&#269;ka distingue, suivant en cela Kierkegaard, &lt;i&gt;die Versuchung et die Anfechtung&lt;/i&gt;, la tentation par ce qui, respectivement, est plus bas et par ce qui est plus haut, cf. &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sans parler dans ce contexte jud&#233;o-chr&#233;tien de la jalousie des dieux hell&#232;nes, Pato&#269;ka n'h&#233;site pas &#224; y importer le mot &lt;i&gt;hubris&lt;/i&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;LS&lt;/i&gt;, p. 63.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 83.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 86.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 87.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 88.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'o&#249; le danger inh&#233;rent que fait remarquer Renaud Barbaras. Cf. R. Barbaras, &lt;i&gt;Le mouvement de l'existence&lt;/i&gt;, Chatou, Editions de la transparence, coll. Philosophie, 2007, p. 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R. Carnap, &#171; Le d&#233;passement de la m&#233;taphysique par l'analyse logique du langage &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Soulez (&#233;d.), &lt;i&gt;Manifeste du Cercle de Vienne et autres &#233;crits&lt;/i&gt;, Paris, Vrin, 2010, p. 149-171.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;LS.&lt;/i&gt;, p. 83.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 87.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 79.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt; Mais une exp&#233;rience cens&#233;e &#234;tre int&#233;gralement non objective, peut-elle avoir une condition de possibilit&#233; qui s'en distingue ? Cela reviendrait, semble-t-il, &#224; la reconduire &#224; un &#233;tat de choses. C'est la raison pour laquelle Pato&#269;ka pr&#233;f&#232;re de dire en d'autres endroits que l'exp&#233;rience de la libert&#233; est pr&#233;sente chez chacun mais &#224; degr&#233;s diff&#233;rents, de sa pleine r&#233;alisation jusqu'&#224; &#234;tre presque enti&#232;rement endormi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. R. Barbaras, &lt;i&gt;Le mouvement de l'existence&lt;/i&gt;, p. 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;LS&lt;/i&gt;, p. 84.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 79.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On remarque en ce point la proximit&#233; de la &#171; conqu&#234;te de la libert&#233; &#187; patockienne et du devenir deleuzien.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 88.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M. Bernard, &lt;i&gt;Pato&#269;ka et l'unit&#233; pol&#233;mique du monde&lt;/i&gt;, Leuven, Peeters, coll. Biblioth&#232;que philosophique de Louvain, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; ce propos J. Patocka, &lt;i&gt;Essais h&#233;r&#233;tiques sur la philosophie de l'histoire&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La th&#233;orie des mouvements vitaux du &lt;i&gt;Monde naturel et le mouvement de l'existence humaine&lt;/i&gt; t&#233;moigne peut-&#234;tre du fait qu'il s'est aper&#231;u de ce probl&#232;me et en repr&#233;sente sa solution. Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Le monde naturel et le mouvement de l'existence humaine&lt;/i&gt;, traduit par E. Abrams, Dordrecht, Kluwer, 1988.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Platon, &lt;i&gt;Phil&#232;be&lt;/i&gt;, 17a.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'agit d'un fragment amorc&#233; probablement au d&#233;but des ann&#233;es 1940 et en cours de r&#233;daction au moins jusqu'en automne 1945. Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;SS vol. 8/1, FS III/1&lt;/i&gt;, pp. 70&#8212;173. Pour la datation cf. &lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt;, p. 333.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce chapitre marque le tournant dans le courant du texte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;SS vol. 8/1, FS III/1&lt;/i&gt;, p. 151. La traduction compl&#232;te du passage est jointe en appendice.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il y avait de la philosophie avant Platon et cette pr&#233;existence est m&#234;me tout &#224; fait essentielle pour ce dernier qui n'est possible que comme un h&#233;ritier (&#171; Socrate est l'objet pour ainsi dire constant de la m&#233;ditation de Platon &#187;, cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;PE&lt;/i&gt;, p. 96). D'autre part, c'est dans la figure de Platon que la philosophie devient consciente de soi. On peut donc dire avec une certaine licence que d&#232;s qu'elle se conna&#238;t, la philosophie se conna&#238;t comme une m&#233;taphysique. &#192; ce propos cf. J., Pato&#269;ka, &lt;i&gt;LS&lt;/i&gt;, p. 60.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Happy end &#187; et &#171; happy beginning &#187; en anglais dans le texte original. Je me permets de traduire avec le n&#233;ologisme &#171; discutorial &#187; le mot &#171; diskutorick&#253; &#187; figurant dans le texte tch&#232;que, invention linguistique non moins bizarre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De fa&#231;on tr&#232;s platonicienne, je crois, la discussion est ici implicitement critiqu&#233;e du point de vue du dialogue.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. E. Husserl, &lt;i&gt;La crise de l'humanit&#233; europ&#233;enne et la philosophie&lt;/i&gt;, &#233;dition bilingue, trad. par P. Ricoeur, Paris, Aubier Montaigne, 1977.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 69.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, pp. 42&#8212;47.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 57.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 47.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 69.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. Karf&#237;k, &lt;i&gt;Unendlichwerden durch die Endlichkeit. Eine Lekt&#252;re der Philosophie Jan Pato&#269;kas&lt;/i&gt;, W&#252;rzburg, K&#246;nigshausen &amp; Neumann, 2008, p. 32 (traduction de l'auteur).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ou plus pr&#233;cis&#233;ment de la probl&#233;maticit&#233; du sens dont ils proc&#232;dent en en &#233;tant tir&#233;s par la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans un autre passage de l'&lt;i&gt;Etude sur le concept du monde&lt;/i&gt;, Pato&#269;ka explique l'ali&#233;nation du vainqueur qui doit ind&#233;finiment d&#233;fendre la puissance qu'il a acquise, son activit&#233; s'&#233;puisant par cons&#233;quent ext&#233;rieurement sans possibilit&#233; de jouir de sa puissance. Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;SS vol. 8/1, FS III/1&lt;/i&gt;, p. 113.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un autre versant de cette critique se r&#233;v&#232;le dans les ann&#233;es 1970, o&#249; la pens&#233;e de Pato&#269;ka prend le tournant plus politique. Je pense notamment &#224; &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt; : la possibilit&#233; d'une v&#233;rit&#233; d&#233;finitive sur le monde et l'humain, la possibilit&#233; de poss&#233;der la v&#233;rit&#233;, est interpr&#233;t&#233;e dans les termes de la domination.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. R. Barbaras, &lt;i&gt;Le mouvement de l'existence&lt;/i&gt;, p. 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;SS vol. 8/1, FS III/1&lt;/i&gt;, p. 113.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 118.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 119.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-54&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-54&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-55&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-55&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le caract&#232;re [&#8230;] d'attirance ins&#233;parablement li&#233;e avec l'intangibilit&#233; &#187;. Cf. &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-56&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-56&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-56&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Caresse [est] un renoncement &#224; saisir, prendre ou manipuler &#187;, cf. M. Bernard, &lt;i&gt;Pato&#269;ka et l'unit&#233; pol&#233;mique du monde&lt;/i&gt;, p. 330.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-57&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-57&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-57&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;SS vol. 8/1, FS III/1&lt;/i&gt;, p. 147.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-58&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-58&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-58&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Pato&#269;ka, &#171; Ph&#233;nom&#233;nologie de la vie apr&#232;s la mort &#187;, in : &lt;i&gt;Papiers ph&#233;nom&#233;nologiques&lt;/i&gt;, Grenoble, Million, 1995, p. 154 ; en tch&#232;que &#171; Fenomenologie posmrtn&#233;ho &#382;ivota &#187;, in : J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Sebran&#233; spisy vol. 8/2, Fenomenologick&#233; spisy III/2&lt;/i&gt;, p. 140. Je cite dans la suite dans la forme &lt;i&gt;SS vol. 8/2, FS III/2.&lt;/i&gt; Cf. &#233;ventuellement l'analyse de M. Bernard, &lt;i&gt;Pato&#269;ka et l'unit&#233; pol&#233;mique du monde&lt;/i&gt;, p. 329.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-59&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-59&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-59&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;59&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;SS vol. 8/1, FS III/1&lt;/i&gt;, p. 120.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-60&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-60&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-60&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;60&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On note au passage que cette r&#233;activation &#233;vidente de la critique h&#233;g&#233;lienne du mauvais infini de la &lt;i&gt;Begierde&lt;/i&gt; animale ne reste pas implicite, cf. p. 89 ; cf. G. W. Hegel, &lt;i&gt;Ph&#233;nom&#233;nologie de l'Esprit&lt;/i&gt;, trad. Jean-Pierre Lefebvre, Paris, Flammarion, 2012, p. 193.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-61&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-61&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-61&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;61&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;SS vol. 8/1, FS III/1&lt;/i&gt;, p. 120. Ce refus est nomm&#233; par Pato&#269;ka &#233;galement un &#171; sacrifice de toute imm&#233;diatet&#233; &#187; (&lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;). On sait combien la figure du sacrifice absolu est important pour la formulation de ce que sera le troisi&#232;me mouvement de l'existence dont on est sans doute en droit de dire qu'il s'annonce dans ces descriptions du rapport au monde qui pourtant, notamment dans tout ce qu'elles tirent de la notion du d&#233;sir, diff&#232;rent des &#233;laborations plus tardives et porteront sans doute sur ces derni&#232;res un &#233;clairage nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-62&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-62&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-62&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;62&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E.g. &#171; L''autre chose', le monde hors de moi, s'est incarn&#233; dans un &#234;tre capable de m'accepter en son nom. &#187; Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Le monde naturel et le mouvement de l'existence humaine&lt;/i&gt;, trad. Erika Abrams, pr&#233;face H. Decl&#232;ve, Dodrecht, Kluwer, 1988, p. 113. Voir aussi M. Bernard, &lt;i&gt;Pato&#269;ka et l'unit&#233; pol&#233;mique du monde&lt;/i&gt;, p. 337.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-63&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-63&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-63&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;63&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;SS vol. 8/1, FS III/1&lt;/i&gt;, p. 122.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-64&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-64&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-64&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;64&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Toutefois, la m&#233;taphysique est aussi essentiellement un discours. &#192; c&#244;t&#233; de l'injonction du regard, il y a une injonction de la parole. Ces deux &#171; il faut &#187; vont s'articuler sur le mode de &#171; il y va de &#187; chiasmatique du passage sur le &#171; journal m&#233;taphysique &#187;, ce que l'on ne peut pas &#233;laborer ici. Pour &#234;tre tout &#224; fait explicite, il y a donc, je crois, trois chiasmes qu'il faut distinguer : celui entre la philosophie et la vie philosophique, celui entre l'injonction de regarder et l'injonction de parler et celui entre le familier et le lointain.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-65&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-65&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-65&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;65&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 90.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-66&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-66&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-66&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;66&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; ce propos la formule frappante par laquelle Pato&#269;ka d&#233;finit l'importance du r&#234;ve encore en 1970 : &#171; Le donn&#233; d&#233;coule de ce qui n'est pas donn&#233;. Le non-donn&#233; est la condition de possibilit&#233; du donn&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-67&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-67&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-67&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;67&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sans pouvoir d&#233;velopper plus longuement ici ce point, la philosophie ou la m&#233;taphysique s'apparente dans cette perspective &#224; l'intuition telle que d&#233;crite par Barbaras dans &lt;i&gt;Le Mouvement de l'existence&lt;/i&gt;. Selon Barbaras, une certaine c&#233;cit&#233; est paradoxalement inh&#233;rente &#224; l'intuition, puisque la transcendance de l'objet (qui le distingue d'un simple v&#233;cu) est le sens de l'infinitude du flux de ses esquisses &#224; laquelle sa pleine pr&#233;sence dans une pleine vision aurait mis un terme. Un m&#233;taphysicien, me semble-t-il, doit tirer profit de cette c&#233;cit&#233; pour laisser transpara&#238;tre le virtuel comme tel dans lequel se donne le monde comme r&#233;el. Cf. R. Barbaras, &lt;i&gt;Le mouvement de l'existence&lt;/i&gt;, p. 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-68&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-68&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-68&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;68&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En r&#233;alit&#233;, Pato&#269;ka en viendra d&#232;s la &lt;i&gt;Surcivilisation et son conflit interne&lt;/i&gt; &#224; d&#233;celer le nihilisme dans la m&#233;taphysique, c'est-&#224;-dire que derri&#232;re sa pr&#233;tendue positivit&#233; se cache un refus du fait que, dans l'entreprise philosophique, le sens n'est pas seulement cherch&#233; mais aussi risqu&#233;. Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;LS&lt;/i&gt;, p. 176.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les ailes de la libert&#233; comme tentacules du pouvoir. Autour d'un livre de Fr&#233;d&#233;ric Lordon</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=824</link>
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		<dc:date>2019-06-18T08:45:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Adam Pa&#353;ek</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'usage des philosoph&#232;mes spinozistes dans l'&#339;uvre de Lordon date au moins de L'int&#233;r&#234;t souverain (2006). L'auteur s'y demande comment maintenir une critique de la calculisation du social op&#233;r&#233;e par l'utilitarisme &#233;conomiste sans verser dans l'humanisme lib&#233;ral dont la pens&#233;e du don des partisans du MAUSS sert d'exemple. La pr&#233;face de 2011 rel&#232;ve que l'opposition &#224; l'&#233;conomisation g&#233;n&#233;rale a tout int&#233;r&#234;t &#224; la critique du fantasme du don d&#233;sint&#233;ress&#233;, sous peine de laisser l'ennemi coloniser (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=16" rel="directory"&gt;Politique et subjectivation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'usage des philosoph&#232;mes spinozistes dans l'&#339;uvre de Lordon date au moins de &lt;i&gt;L'int&#233;r&#234;t souverain&lt;/i&gt; (2006)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. Lordon, L'int&#233;r&#234;t souverain, D&#233;couverte, Paris, premi&#232;re &#233;d. 2006, 2011.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'auteur s'y demande comment maintenir une critique de la calculisation du social op&#233;r&#233;e par l'utilitarisme &#233;conomiste sans verser dans l'humanisme lib&#233;ral dont la pens&#233;e du don des partisans du MAUSS sert d'exemple. La pr&#233;face de 2011 rel&#232;ve que l'opposition &#224; l'&#233;conomisation g&#233;n&#233;rale a tout int&#233;r&#234;t &#224; la critique du fantasme du don d&#233;sint&#233;ress&#233;, sous peine de laisser l'ennemi coloniser un concept aussi important que celui de l'int&#233;r&#234;t&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. Lordon, L'int&#233;r&#234;t souverain, p. 13.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or la d&#233;n&#233;gation de l'int&#233;r&#234;t dans le don et la libert&#233; de l'arbitre sont des id&#233;es solidaires l'une de l'autre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 8.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le d&#233;terminisme spinozien appara&#238;t alors comme la condition &lt;i&gt;sine qua non&lt;/i&gt; d'une anthropologie qui s'opposerait &#224; l'&#233;conomisme triomphant sans verser dans la revendication morale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 43.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si &lt;i&gt;L'int&#233;r&#234;t souverain&lt;/i&gt; confronte l'&#233;conomisme sur le plan anthropologique, &lt;i&gt;Capitalisme, d&#233;sir et servitude&lt;/i&gt; (2010) r&#233;investit la critique sociale en revisitant la th&#233;orie marxienne du salariat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem, Capitalisme, d&#233;sir et servitude. Marx et Spinoza, La fabrique, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; moins de nous laisser convaincre par le discours conformiste qui clame b&#233;atement la fin de la soci&#233;t&#233; des classes et de la domination du travail par le capital, il faut rendre compte de la complexification du paysage social qui semble adresser &#224; la description marxienne du face-&#224;-face des ouvriers et des propri&#233;taires un d&#233;menti r&#233;solu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., pp. 11 et 186.&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si les temps de Marx connaissaient le cas probl&#233;matique du contre-ma&#238;tre, les ann&#233;es 1960&#8211;1970 ont vu une &#233;mergence massive des cadres, c'est-&#224;-dire des travailleurs paradoxaux qui, eux-m&#234;mes salari&#233;s, sont &#171; symboliquement du c&#244;t&#233; du capital &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., pp. 11 et 187.&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment penser la domination d&#232;s lors qu'un nombre consid&#233;rable de domin&#233;s sont heureux et cela pr&#233;cis&#233;ment en tant qu'ils sont domin&#233;s et en assumant pleinement ce rapport&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 12 ; idem, La soci&#233;t&#233; des affects, Seuil, Paris, 2012, p. 232.&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? En effet, si l'h&#233;t&#233;ronomie mat&#233;rielle est le principe du rapport salarial &#8211; le salari&#233; se soumettant &#224; la contrainte de subvenir &#224; ses besoins&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem, Capitalisme&#8230;, pp. 24 et 165.&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211;, une frange repr&#233;sentative consent librement &#224; employer leur temps au service d'un autre. C'est bien le terme du &lt;i&gt;consentement&lt;/i&gt; qui devient alors une barri&#232;re qui emp&#234;che de comprendre comment ce rapport est encore un rapport de forces et de domination : comment un asservissement consenti est-il encore un asservissement quand le sujet le prend sur soi librement ? Il s'agit toutefois de s'efforcer d'assouvir le d&#233;sir d'un autre et donc de le servir. Inversement, comment cet asservissement peut-il &#234;tre librement consenti puis qu'il consiste &#224; c&#233;der sur sa libert&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 31 ; La soci&#233;t&#233; des affects, p. 233.&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand La Bo&#233;tie pose au XVIe si&#232;cle une question proche de la n&#244;tre &#8211; comment le plus grand nombre peut-il &#234;tre asservi par un seul ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Bo&#233;tie, Discours de la servitude volontaire, Vrin, Paris, 2002, p. 26.&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211;, le concept de la servitude volontaire qu'il fabrique en guise de r&#233;ponse, fait observer l'auteur, repr&#233;sente la m&#234;me impasse th&#233;orique et politique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. Lordon, Capitalisme&#8230;, p. 31.&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; Si [&#8230;] non pas cent, non pas mille hommes, mais [...] un million d'hommes &#187; sont domin&#233;s par un seul, cela ne peut pas relever de la &#171; couardise &#187;, puisqu' &#171; il y a en tous vices naturellement une borne &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Bo&#233;tie, op. cit., p. 27.&#034; id=&#034;nh3-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le dominant, infiniment plus faible que la masse des domin&#233;s, serait &#171; de soi-m&#234;me d&#233;fait, [pourvu que] le pays ne consente &#224; sa servitude &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 28.&#034; id=&#034;nh3-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Comme rien ne semble emp&#234;cher le peuple de s'affranchir, la question est pourquoi ne veut-il pas le faire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 29.&#034; id=&#034;nh3-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? L'&#233;mancipation serait-elle une question d'une simple prise de conscience de ce qu'il a oubli&#233; vouloir ? Il suffirait d'entendre l'exhortation de La Bo&#233;tie &#171; soyez r&#233;solus de ne servir plus, et vous voil&#224; libres &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 30.&#034; id=&#034;nh3-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#224; moins que la &#171; volont&#233; de servir &#187; ne soit &#171; enracin&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 31.&#034; id=&#034;nh3-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en quelque mani&#232;re dans l'&lt;i&gt;habitus&lt;/i&gt; des gens, &#224; moins qu'ils ne soient en fin de compte pas tout &#224; fait libres de volont&#233; (ainsi tout le d&#233;veloppement de La Bo&#233;tie sur l'accoutumance par les &#171; nourritures &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 38.&#034; id=&#034;nh3-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et surtout le tableau saisissant de la hi&#233;rarchie pyramidale des privil&#232;ges&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 47.&#034; id=&#034;nh3-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui fait &#233;crire &#224; Lordon que &#171; la th&#232;se de La Bo&#233;tie vaut infiniment mieux que son titre &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. Lordon, Capitalisme&#8230;, p. 40.&#034; id=&#034;nh3-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;).&lt;br class='autobr' /&gt;
La dialectique que Lordon d&#233;ploie autour du concept de consentement s'amorce &#224; partir du concept labo&#233;tien. Que faut-il penser de l'acquiescement &#224; la domination quand il ne se fait pas sous la contrainte (sans qu'il puisse en &#234;tre, dans le rapport salarial, jamais tout &#224; fait libre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 132.&#034; id=&#034;nh3-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) ? Ce vouloir de sa propre domination met n&#233;cessairement en question la capacit&#233; qu'avait suppos&#233;ment le sujet de d&#233;terminer librement sa volont&#233;, c'est-&#224;-dire son autonomie. Or d&#232;s le moment o&#249; l'on conc&#232;de, face &#224; des consentements que l'on ne veut ou ne peut pas consid&#233;rer comme libres, que la volont&#233; n'est pas toujours autonome, comment d&#233;terminer o&#249; elle c&#232;de &#224; la d&#233;termination ext&#233;rieure et comment elle le peut, si elle est d&#233;finitoire de la subjectivit&#233; humaine, sans que l'individu ne cesse d'&#234;tre un sujet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 79&#8211;80.&#034; id=&#034;nh3-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Comment serait-il loisible de d&#233;finir le sujet par une facult&#233; dont l'exp&#233;rience nous enseigne qu'il en est le plus souvent d&#233;poss&#233;d&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette perplexit&#233; ne serait-elle pas simplement le prix &#224; payer quand on consid&#232;re que &#171; l'homme est dans la Nature comme un empire dans un empire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eth. III pr&#233;f. Je cite tous les textes de Spinoza selon &#338;uvres de Spinoza (4 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Disons, pour mieux comprendre en quoi consiste le geste spinoziste de Lordon, comme un empire de la causalit&#233; finale dans l'empire de la causalit&#233; efficiente ? En effet, l'arbitre, en tant qu'il est suppos&#233; libre, d&#233;termine l'action du sujet &#224; partir de son objet, de sa fin. Sa libert&#233; ne saurait &#234;tre limit&#233;e que dans la mesure o&#249; l'objet peut nous tromper. C'est alors que d'une part, en mettant le corps en mouvement, il agit en cause efficiente, mais surtout que d'autre part, en tant que l'individu est d'embl&#233;e et fondamentalement en et un mouvement, il s'inscrit dans un encha&#238;nement des causes efficientes. Ce mouvement traduit &#171; l'effort de pers&#233;v&#233;rer dans son &#234;tre &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eth. III 6.&#034; id=&#034;nh3-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qu'est fondamentalement le sujet. Si le sujet tend vers les objets qui lui paraissent d&#233;sirables, c'est qu'il est &#171; d&#233;termin&#233; &#224; faire quelque chose par une affection &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eth. III d&#233;f. des affects 1. On parle du D&#233;sir qui subsume la volont&#233; et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et le fait m&#234;me que lesdits objets paraissent d&#233;sirables d&#233;coule de cette activit&#233; dirig&#233;e vers eux et, par l&#224;-m&#234;me, de ladite d&#233;termination affective&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eth. III 9 sc ; F. Lordon, op. cit., p. 33.&#034; id=&#034;nh3-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On voit ainsi la causalit&#233; finale de l'empire humain ramen&#233;e enti&#232;rement &#224; la causalit&#233; efficiente et la libert&#233; de l'arbitre r&#233;duite &#224; un &#233;cran d'imagination qui comble l'ignorance des causes qui d&#233;terminent ce m&#234;me individu &#224; d&#233;sirer et agir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eth. I app.&#034; id=&#034;nh3-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est bien l&#224; o&#249; s'engouffre la pens&#233;e de Lordon. Si on est toujours d&#233;termin&#233;s par des causes dont on ne peut pas &#234;tre les ma&#238;tres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eth. IV 4.&#034; id=&#034;nh3-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la diff&#233;rence entre le consentement et la contrainte dans le rapport de forces salarial ne consiste pas dans l'exercice de la libert&#233; de l'arbitre. Si la question pr&#233;c&#233;dente &#233;tait comment on peut &#234;tre tromp&#233; au point de prendre l'esclavage pour la libert&#233;, il faut maintenant se demander plut&#244;t comment, &#224; quelle condition un d&#233;sir est produit qui s'accorde ou d&#233;saccorde avec le d&#233;sir du ma&#238;tre &#8211; s'aligne ou se d&#233;saligne pour user du vocabulaire de Lordon &#8211;, r&#233;sultant ainsi en soumission ou en soul&#232;vement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. Lordon, op. cit., p. 86.&#034; id=&#034;nh3-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'affaire de la soumission n'est d&#232;s lors pas une question de l'oubli de la libert&#233; ou de la dissimulation de la contrainte, ainsi que l'affaire de l'&#233;mancipation une question de prise de conscience. Il s'agit au contraire de la production affective &#8211; et donc effective ! &#8211; respectivement de la docilit&#233; ou de la r&#233;sistance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lordon peut ainsi d&#233;gager le passage du pouvoir patronal qui tient les salari&#233;s en laisse par &#171; &#8216;l'aiguillon de faim' &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. Lordon, op. cit., p. 53.&#034; id=&#034;nh3-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, au mod&#232;le fordien qui d&#233;passe les limites de la mobilisation salariale par des affects tristes en investissant les affects joyeux des salari&#233;s par &#171; l'ali&#233;nation marchande &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh3-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et ensuite &#224; la version contemporaine manag&#233;riale qui refuse de perdre quelle parcelle de d&#233;sir du salari&#233; que ce soit et r&#233;invente le travail comme une &#171; &#8216;r&#233;alisation de soi' &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. Lordon, op. cit., p. 76.&#034; id=&#034;nh3-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le sch&#233;ma lordonien des formes successives de la mobilisation des sujets au service du d&#233;sir-ma&#238;tre est donc (1) mobilisation par les affects tristes, ensuite (2) par les affects joyeux extrins&#232;ques au rapport salarial et finalement (3) par les affects joyeux intrins&#232;ques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh3-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Quel r&#244;le joue &#224; ce moment le signifiant de la libert&#233; individuelle, sinon qu'il justifie la qualification de l'obnubilation du sujet salari&#233; d'un &#171; consentement &#187; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est bien l&#224; l'hypoth&#232;se de Lordon aux yeux duquel, pour r&#233;soudre le probl&#232;me des cadres, c'est-&#224;-dire pour restaurer l'unit&#233; du concept de la domination dans le rapport travail-capital, il est n&#233;cessaire de l&#226;cher la m&#233;taphysique du sujet autonome&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. Lordon, op. cit., p. 79.&#034; id=&#034;nh3-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; avec sa libert&#233; de l'arbitre et de souscrire au d&#233;terminisme affectif de Spinoza. Les ailes de la libert&#233; dont la pens&#233;e contemporaine lib&#233;rale pare volontiers les &#233;paules des sujets seraient en v&#233;rit&#233; bien plut&#244;t un habillage imaginaire des tentacules du patronat. Mu par les affects joyeux dans le sens du d&#233;sir du patron, le sujet salari&#233; ne peut pas ne pas se sentir choisir librement la direction. Cet &#171; assujettissement heureux &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. Lordon, op. cit., p. 120.&#034; id=&#034;nh3-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est ainsi le plus facilement &#233;tiquet&#233; comme un &#171; consentement &#187; et recouvert par le label de la libert&#233; individuelle. Le sujet &#233;tant naturellement oublieux de son d&#233;terminisme quand les choses vont bien, le pouvoir patronal n'a qu'&#224; se servir de cette tendance pour lui faire accroire qu'il ob&#233;it librement, une croyance qui va encore augmenter son bonheur au travail&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eth. III d&#233;f. des affects 25.&#034; id=&#034;nh3-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
N'y a-t-il cependant ici une contradiction ? En posant le probl&#232;me des &#171; domin&#233;s heureux &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. Lordon, op. cit., p. 12.&#034; id=&#034;nh3-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, on se d&#233;trompe tout d'abord au sujet de leur pr&#233;tendue libert&#233; et pose en principe l'exo-d&#233;termination g&#233;n&#233;rale &#8211; pour critiquer ensuite l'assujettissement de ces m&#234;mes domin&#233;s sur quelle base, puis qu'ils sont contents ? Cela ne peut pas &#234;tre, sous peine d'une contradiction patente, au nom de la libert&#233; individuelle et de son ali&#233;nation. Ce probl&#232;me n'&#233;chappe pas &#224; notre auteur et il propose deux r&#233;ponses. Premi&#232;rement, aucune &#233;laboration du complexe affectif salarial ne peut en fin de compte effacer compl&#232;tement les affects tristes de la d&#233;pendance de la reproduction de la vie nue de l'entreprise qui en constitue la base&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. Lordon, op. cit., p. 131.&#034; id=&#034;nh3-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Deuxi&#232;mement, m&#234;me si cette &#233;laboration peut &#233;radiquer virtuellement toute trace du n&#233;gatif, elle n'en fixe pas moins le d&#233;sir du sujet sur un domaine restreint d'objets en en excluant les autres, comme par exemple &#8230; &#171; questionner la division du travail m&#234;me au lieu de simplement la subir &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. Lordon, op. cit., p. 141.&#034; id=&#034;nh3-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce n'est donc pas &#224; cause de l'ali&#233;nation de la libert&#233; du sujet que la domination est injuste mais en tant qu'elle restreint le champ des d&#233;sirables possibles pour qu'aucun d&#233;sir ne vient contester l'alignement du salari&#233; au d&#233;sir-ma&#238;tre, sinon des d&#233;sirs infantiles consum&#233;ristes inoffensifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai essay&#233; dans ce qui pr&#233;c&#232;de de faire voir la coh&#233;rence interne du geste spinoziste de Lordon. Il y a toutefois quelque chose d'un peu d&#233;rangeant dans la fa&#231;on dont l'auteur passe de l'universalit&#233; de la d&#233;termination par des affections &#224; la d&#233;termination par des passions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'universelle servitude passionnelle, c'est-&#224;-dire l'assujettissement &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (les passions &#233;tant les affections dont l'individu est affect&#233; en tant qu'il est passif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eth. III def. 3.&#034; id=&#034;nh3-41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), c'est-&#224;-dire &#224; la servitude passionnelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eth. IV pr&#233;f.&#034; id=&#034;nh3-42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Lordon mentionne alors la possibilit&#233; d'une &#233;mancipation de l'emprise des passions dont l'&lt;i&gt;&#201;thique&lt;/i&gt; repr&#233;sente la voie, mais l'&#233;carte aussit&#244;t sous pr&#233;texte que &#171; peu nombreux sont les &#233;mancip&#233;s &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. Lordon, Capitalisme&#8230;, p. 34&#034; id=&#034;nh3-43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Certes, mais la possibilit&#233; m&#234;me d'une &#233;mancipation &#224; l'&#233;gard de la servitude passionnelle, ne structure-t-elle pas n&#233;anmoins cette servitude dans ses diverses modalit&#233;s ? Ne peut-il se concevoir de ce point de vue des degr&#233;s de la servitude ? Le scolie de la proposition 20 de la partie V de l'&lt;i&gt;&#201;thique&lt;/i&gt; semble l'indiquer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le probl&#232;me se lit en filigrane dans l'expression &#171; automate passionnel &#187; que Lordon forge pour d&#233;signer la condition universelle de la d&#233;termination ext&#233;rieure par des passions. Le mot automate se trouve-t-il chez Spinoza ? En effet, il y en a deux occurrences dans le &lt;i&gt;Trait&#233; sur la r&#233;forme de l'entendement&lt;/i&gt; dont la seconde (&#171; automate spirituel &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;TIE &#167;46, pour l'autre cf. &#167;31.&#034; id=&#034;nh3-44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) th&#233;matise pr&#233;cis&#233;ment l'ext&#233;riorit&#233; ou l'int&#233;riorit&#233; de la d&#233;termination de l'individu. Si Lordon utilise le mot pour indiquer que l'action de l'individu est d&#233;termin&#233;e enti&#232;rement par des causes efficientes sans intervention du libre arbitre, Spinoza l'emploie dans le sens plus proche de sa signification historique (ce &#171; qui se meut soi-m&#234;me &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Grand Bailly, Hachette, Paris, 2000, p. 315.&#034; id=&#034;nh3-45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) pour dire qu'en tant qu'il y a en l'&#226;me une id&#233;e ad&#233;quate, la d&#233;duction (l'&#234;tre objectif) est corr&#233;lative de la causation (l'&#234;tre formel) sans en &#234;tre l'effet, somme toute pour dire l'autonomie de la pens&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Spinoza, O.C., Gallimard, Paris, 1954, p. 1402.&#034; id=&#034;nh3-46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Autant dire que l'individu est pour Spinoza un &#171; automate &#187; quand il est libre et non plus asservi aux passions, si bien que &#171; l'av&#232;nement de la raison elle-m&#234;me comme cause &#187; qui suit de la &#171; recherche naturelle de la joie &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L. Bove, Strat&#233;gie du conatus, Vrin, Paris, 1996, p. 131.&#034; id=&#034;nh3-47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ressemble &#224; une &#171; automatisation &#187; de l'individu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'&lt;i&gt;homo liber&lt;/i&gt; spinozien s'introduit chez Lordon qui lui donnait cong&#233; pour affirmer la g&#233;n&#233;ralit&#233; de la m&#233;canique passionnelle, ce n'est pas, il me semble, pour d&#233;stabiliser l'&#233;difice de l'auteur mais pour rappeler que le d&#233;terminisme de Spinoza n'est pas si press&#233; de biffer la libert&#233; humaine. Quand Spinoza affirme qu' &#171; il n'y a en homme aucune volont&#233; absolue ou libre &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eth. II 48.&#034; id=&#034;nh3-48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est le libre arbitre qui est mis &#224; la porte. Or la critique du libre arbitre n'est-elle pas une condition &lt;i&gt;sine qua non&lt;/i&gt; de tout discours philosophique sur la libert&#233; et cela pour cette m&#234;me raison qui conduit Lordon &#224; le d&#233;monter, &#224; savoir qu'il finit bien souvent par vouloir la servitude ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Citons pour exemple le &lt;i&gt;De libertate arbitrii&lt;/i&gt; d'Anselme de Cantorb&#233;ry&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Anselme de Cantorb&#233;ry, L'&#339;uvre, T. 2, sous la dir. de M. Corbin, Cerf, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si la volont&#233; humaine poss&#232;de selon Anselme une libert&#233; de choix, le pouvoir de p&#233;cher en tant qu'il est un pouvoir de s'asservir ne rel&#232;ve pas de la libert&#233;. La libert&#233; de l'arbitre, c'est donc seulement le pouvoir de tenir la voie droite. Par cons&#233;quent, loin d'&#234;tre infaillible, la volont&#233; est toujours libre de ne pas faillir, si impuissante qu'elle puisse parfois para&#238;tre. En somme, il ne reste de la libert&#233; du choix pas beaucoup plus que chez Spinoza (pour lequel la volont&#233; signifie d'ailleurs justement la capacit&#233; de tenir le cap&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Jaquet, op. cit., p. 106.&#034; id=&#034;nh3-50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), sauf pour ce r&#233;sidu qui au fond ne permet que d'inculper le p&#233;cheur pour sa servitude &#8211; comme d'ailleurs la suppos&#233;e libert&#233; m&#233;taphysique des domin&#233;s peut souvent motiver le m&#233;pris&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. Lordon, op. cit., p. 84.&#034; id=&#034;nh3-51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'on admet ma conjecture, &#224; savoir que tout discours philosophique sur la libert&#233; se doit de commencer par une critique du libre arbitre, la radicalit&#233; de sa critique spinozienne, ne serait-elle pas finalement l'indice de la radicalit&#233; de la libert&#233; que Spinoza d&#233;fend ? La m&#233;canique passionnelle qui est n&#233;gation en acte du libre arbitre, ne serait-elle pas un moyen par lequel peut advenir la vraie libert&#233; ? Si &#171; les affections humaines &#187; sont &#171; des mani&#232;res d'&#234;tre qui lui appartiennent comme le chaud et le froid, la temp&#234;te, le tonnerre et tous les m&#233;t&#233;ores appartiennent &#224; la nature de l'air &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;TP I, 4.&#034; id=&#034;nh3-52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il n'est gu&#232;re utile de plaider contre elles la libert&#233; du choix. Ce qu'il faut, c'est plut&#244;t, pour qu'elles ne conduisent pas au pire, en trouver un usage pour le mieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en ce point que la th&#233;orie de l'alignement et du d&#233;salignement du d&#233;sir d&#233;velopp&#233;e par Lordon dans &lt;i&gt;Capitalisme, d&#233;sir et servitude&lt;/i&gt; prolonge positivement le moment n&#233;gatif de la critique de la libert&#233; de l'arbitre. Si vivre librement, non plus en automate passionnel mais spirituel, consiste &#224; vivre selon les pr&#233;ceptes de la Raison, cet id&#233;al n'est peut-&#234;tre pas &#233;puis&#233; dans la figure du sage. Le scolie de la proposition 18 de la partie III de l'&lt;i&gt;&#201;thique&lt;/i&gt; affirme que la Raison commande de chercher l'utile propre, que le plus utile pour l'homme est l'homme et que la Raison recommande de poursuivre l'utile commun dans une communaut&#233; avec les autres. Les individus r&#233;unis en vue de l'utile commun de fa&#231;on telle que la jouissance de l'un augmente la jouissance des autres, en tant qu'ils sont ainsi r&#233;unis, ne se comportent-t-ils pas rationnellement et ne sont-ils pas par cons&#233;quent dans cette m&#234;me mesure libres ? C'est bien cette direction que pointe la th&#233;orie de Lordon en d&#233;montrant comment le mouvement de l'&#233;mancipation du bien priv&#233; du capital proc&#232;de de la dynamique propre des affects plut&#244;t que de la libert&#233; m&#233;taphysique dont le postulat gracieux a fini par nous appara&#238;tre comme faisant partie de la strat&#233;gie de prise en otage des sujets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bove, Laurent, &lt;i&gt;Strat&#233;gie du conatus. Affirmation et r&#233;sistance chez Spinoza&lt;/i&gt;, Vrin, Paris, 1996.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cantorb&#233;ry, Anselme de , &lt;i&gt;L'&#339;uvre, T. 2&lt;/i&gt;, sous la dir. de M. Corbin, Cerf, Paris, 1986.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jaquet, Chantal, &lt;i&gt;Les expressions de puissance d'agir chez Spinoza&lt;/i&gt;, &#201;d. de la Sorbonne, Paris, 2014.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Bo&#233;tie, &#201;tienne de, &lt;i&gt;Discours de la servitude volontaire&lt;/i&gt;, Vrin, Paris, 2002.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lordon, Fr&#233;d&#233;ric, &lt;i&gt;L'int&#233;r&#234;t souverain. Essai d'anthropologie &#233;conomique spinoziste&lt;/i&gt;, D&#233;couverte, Paris, premi&#232;re &#233;d. 2006, 2011.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Capitalisme, d&#233;sir et servitude. Marx et Spinoza&lt;/i&gt;, La fabrique, Paris, 2010.&lt;br class='autobr' /&gt;
Spinoza, Baruch de, &lt;i&gt;&#338;uvres de Spinoza&lt;/i&gt; (4 vol.), GF Flammarion Paris, 1964&#8211;1966.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;llustration : Dans un bureau comme celui que l'on voit dans le film Her (2013), la corv&#233;e du salari&#233; est juste un d&#233;lice...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. Lordon, &lt;i&gt;L'int&#233;r&#234;t souverain&lt;/i&gt;, D&#233;couverte, Paris, premi&#232;re &#233;d. 2006, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. Lordon, &lt;i&gt;L'int&#233;r&#234;t souverain&lt;/i&gt;, p. 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 43.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Idem, &lt;i&gt;Capitalisme, d&#233;sir et servitude. Marx et Spinoza&lt;/i&gt;, La fabrique, Paris, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, pp. 11 et 186.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, pp. 11 et 187.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 12 ; idem, &lt;i&gt;La soci&#233;t&#233; des affects&lt;/i&gt;, Seuil, Paris, 2012, p. 232.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Idem, &lt;i&gt;Capitalisme&#8230;&lt;/i&gt;, pp. 24 et 165.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 31 ; &lt;i&gt;La soci&#233;t&#233; des affects&lt;/i&gt;, p. 233.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La Bo&#233;tie, &lt;i&gt;Discours de la servitude volontaire&lt;/i&gt;, Vrin, Paris, 2002, p. 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. Lordon, &lt;i&gt;Capitalisme&#8230;&lt;/i&gt;, p. 31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La Bo&#233;tie, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 38.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 47.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. Lordon, &lt;i&gt;Capitalisme&#8230;&lt;/i&gt;, p. 40.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 132.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 79&#8211;80.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Eth.&lt;/i&gt; III pr&#233;f. Je cite tous les textes de Spinoza selon &lt;i&gt;&#338;uvres de Spinoza&lt;/i&gt; (4 vol.), GF Flammarion Paris, 1964&#8211;1966.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Eth.&lt;/i&gt; III 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Eth.&lt;/i&gt; III d&#233;f. des affects 1. On parle du D&#233;sir qui subsume la volont&#233; et l'app&#233;tit &#224; la diff&#233;rence du d&#233;sir esp&#232;ce de l'app&#233;tit, cf. explication de la d&#233;finition cit&#233;e, &lt;i&gt;Eth.&lt;/i&gt; III 9 sc. et C. Jaquet, &lt;i&gt;Les expressions de puissance d'agir chez Spinoza&lt;/i&gt;, &#201;d. de la Sorbonne, Paris, 2014, p. xy.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Eth.&lt;/i&gt; III 9 sc ; F. Lordon, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 33.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Eth.&lt;/i&gt; I app.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Eth.&lt;/i&gt; IV 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. Lordon, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 86.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. Lordon, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 53.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. Lordon, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 76.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. Lordon, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 79.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. Lordon, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 120.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Eth.&lt;/i&gt; III d&#233;f. des affects 25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. Lordon, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. Lordon, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 131.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. Lordon, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 141.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'universelle servitude passionnelle, c'est-&#224;-dire l'assujettissement &#224; l'encha&#238;nement des cause et des effets [&#8230;] &#187; F. Lordon, &lt;i&gt;La soci&#233;t&#233; des affects&lt;/i&gt;, p. 238.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Eth.&lt;/i&gt; III def. 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Eth.&lt;/i&gt; IV pr&#233;f.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. Lordon, &lt;i&gt;Capitalisme&#8230;&lt;/i&gt;, p. 34&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;TIE&lt;/i&gt; &#167;46, pour l'autre cf. &#167;31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Grand Bailly&lt;/i&gt;, Hachette, Paris, 2000, p. 315.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Spinoza, &lt;i&gt;O.C.&lt;/i&gt;, Gallimard, Paris, 1954, p. 1402.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L. Bove, &lt;i&gt;Strat&#233;gie du conatus&lt;/i&gt;, Vrin, Paris, 1996, p. 131.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Eth.&lt;/i&gt; II 48.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Anselme de Cantorb&#233;ry, &lt;i&gt;L'&#339;uvre, T. 2&lt;/i&gt;, sous la dir. de M. Corbin, Cerf, Paris, 1986 pp. 209&#8211;247.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C. Jaquet, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 106.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. Lordon, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 84.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;TP I&lt;/i&gt;, 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jan Pato&#269;ka et les survivances de l'Europe</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=762</link>
		<guid isPermaLink="true">https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=762</guid>
		<dc:date>2019-01-06T23:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Adam Pa&#353;ek</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Conf&#233;rence prononc&#233;e lors de l'UIE &#171; Orient, Orientation, D&#233;sorientation &#187; en septembre 2018 &#224; l'Universit&#233; Galatasaray &#224; Istanbul. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Notre probl&#232;me, c'est de nous orienter dans notre situation &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
S'orienter, cela veut forc&#233;ment dire s'orienter dans la situation qui est la n&#244;tre. Et l'orientation et la situation sont des sujets importants dans l'&#339;uvre de Pato&#269;ka. C'est notamment dans le cycle des s&#233;minaires clandestins Platon et l'Europe de l'ann&#233;e 1973, qu'il les d&#233;veloppe. &#192; y lire (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=27" rel="directory"&gt;Rencontres&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conf&#233;rence prononc&#233;e lors de l'UIE &#171; Orient, Orientation, D&#233;sorientation &#187; en septembre 2018 &#224; l'Universit&#233; Galatasaray &#224; Istanbul.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je tiens &#224; remercier les organisateurs de l'Universit&#233; internationale d'&#233;t&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	&#171; &lt;i&gt;Notre probl&#232;me, c'est de&lt;/i&gt; nous orienter dans notre situation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, Platon et l'Europe, trad. par Erika Abrams, Lagrasse, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'orienter, cela veut forc&#233;ment dire s'orienter dans la situation qui est la n&#244;tre. Et l'orientation et la situation sont des sujets importants dans l'&#339;uvre de Pato&#269;ka. C'est notamment dans le cycle des s&#233;minaires clandestins &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt; de l'ann&#233;e 1973, qu'il les d&#233;veloppe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Significativement, le programme du s&#233;minaire est r&#233;sum&#233; au d&#233;but par la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; y lire Pato&#269;ka, philosopher, c'est penser la situation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Philosopher, c'est r&#233;fl&#233;chir dans et sur cette situation g&#233;n&#233;rale &#187;. Cf. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sinon, s'il ne s'agit que de &#171; se r&#233;unir pour parler de choses abstraites et sublime &#187;, c'est peut-&#234;tre &#171; bel et bon mais, quant &#224; leur port&#233;e, ces discussions ressemblent le plus souvent &#224; un simple passe-temps pour vieilles dames&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, Platon et l'Europe, p. 9 ; SS-2/PD-2, p. 149.&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Penser la situation, &#233;videmment, il le faut &#224; partir de la situation. La philosophie doit expliquer aussi sa propre possibilit&#233;, montrer &#224; la fin d'o&#249; elle parle. Ou plut&#244;t juste avant la fin, juste avant de montrer ailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais si la situation est celle du d&#233;sarroi de la pens&#233;e, d'o&#249; se laissera-t-elle penser, par qui et comment ? La pens&#233;e de la situation qui veut constater un naufrage de la pens&#233;e, doit ou r&#233;pondre &#224; ces questions, ou rester une affirmation abstraite, suspendue dans le vide, non situ&#233;e. Or le constat de Pato&#269;ka est justement que l'Europe est morte et que son histoire est termin&#233;e. Comment r&#233;pond donc Pato&#269;ka aux d&#233;fis qu'on vient d'&#233;voquer ? C'est cette question que j'aimerais poser dans le pr&#233;sent essai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'en venir l&#224;, il faudra n&#233;anmoins bri&#232;vement dire ce que Pato&#269;ka entend par l'Europe et par sa mort. Deux questions dont on ne pourra qu'esquisser les r&#233;ponses en esp&#233;rant que le d&#233;veloppement ult&#233;rieur les &#233;claircira davantage. Il importe de dire tout d'abord que la crise de l'Europe (sujet h&#233;rit&#233; de Husserl) est d&#232;s le d&#233;part la v&#233;ritable motivation pour l'interrogation de ce qu'elle &#233;tait. Qu'est-ce qu'elle est ? Elle n'est plus elle-m&#234;me, en tout cas. Ce qu'elle &#233;tait, est, en elle, d&#233;truit, mort.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour en rendre compte il faudrait parler de l'Europe en un double sens ; elle &#233;tait d'un c&#244;t&#233; une concr&#232;te formation historico-politico-g&#233;ographique, de l'autre, elle &#233;tait ce qui survivait en elle. Elle s'est form&#233;e &#224; travers une succession de catastrophes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, Platon et l'Europe, p. 99 ; SS-2/PD-2, p. 227. Idem., Essais (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans une esp&#232;ce de transposition ph&#233;nom&#233;nologique de la &lt;i&gt;translatio imperii&lt;/i&gt;, on voit &#233;merger l'Europe comme Saint Empire Romain Germanique apr&#232;s la catastrophe de l'Empire Romain qui &#233;merge lui-m&#234;me apr&#232;s la d&#233;cr&#233;dibilisation de la polis grecque qui survient en r&#233;action &#224; la dissolution du monde traditionnel du mythe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et on peut sans doute penser aux mots de Daniel qui r&#234;ve de la statue dont &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Chacune des susnomm&#233;es catastrophes est d'une part destruction d'un dispositif o&#249; une id&#233;e de vivre-ensemble prenait corps, d'autre part lib&#233;ration de cette derni&#232;re id&#233;e qui lui permet de transcender son cadre mat&#233;riel donn&#233;. Ainsi Pato&#269;ka peut dire &#171; [qu'] &#224; travers les catastrophes [&#8230;], l'h&#233;ritage s'&#233;tend&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, Platon et l'Europe, p. 99 ; SS-2/PD-2, p. 227.&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Europe &#233;tait donc essentiellement une h&#233;riti&#232;re, et cela d&#232;s son origine dans la polis grecque. D&#233;j&#224; l&#224; elle h&#233;rite du monde mythique, de ce qui n'avait pas &#233;t&#233; elle. En tant qu'h&#233;riti&#232;re, elle &#233;tait identifi&#233;e par son h&#233;ritage et en tant que diff&#233;rente de lui. Par cons&#233;quent, mourir, c'est pour elle ne plus accueillir cette survivance, ne plus &#234;tre un lieu de ce retour. J'essaierai de tirer de cette structure quelques cons&#233;quences pour la r&#233;flexion sur la situation de l'Europe, pour la possibilit&#233; de l'orientation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour l'instant, soit dit en passant, dans la mesure o&#249; mourir signifie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut remarquer que l'interrogation pato&#269;kienne de l'Europe, de ce qu'elle &#233;tait et du monde posteurop&#233;en se situe dans un dialogue avec la pens&#233;e husserlienne de l'Europe. Dans ce dialogue, Pato&#269;ka se montre critique de l'universalisme na&#239;f de son professeur fribourgeois comme l'a montr&#233; notamment Kwok-Ying Lau dans la conf&#233;rence &#171; La conception de Pato&#269;ka de l'Europe, une &#233;tude interculturelle &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kwok-Ying Lau, &#171; Pato&#269;kovo pojet&#237; Evropy : interkulturn&#237; &#250;vaha &#187;, in : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il rel&#232;ve surtout deux points :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	premi&#232;rement, suivant la critique pato&#269;kienne, la rationalit&#233; de l'esprit europ&#233;en a beau lui &#234;tre sp&#233;cifique, elle ne peut pas fonder quelque supr&#233;matie que ce soit ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	deuxi&#232;mement, si, pour Husserl, l'europ&#233;isation des civilisations extra-europ&#233;ennes devait r&#233;pondre &#224; la perte du monde en l'unissant et en r&#233;alisant sa v&#233;ritable communaut&#233;, elle est, pour Patocka, une &#171; mal&#233;diction de l'esprit europ&#233;en&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, Libert&#233; et sacrifice. Ecrits politiques, trad. par Erika (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Du reste, Kwok-Ying Lau affirme que la conception pato&#269;kienne de l'Europe n'est pas eurocentr&#233;e puisque le soin de l'&#226;me, qui est son c&#339;ur, est comparable avec la pens&#233;e non-europ&#233;enne telle que (c'est l'exemple que l'auteur choisit d'exploiter) la doctrine morale et politique du confucien Mencius&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mencius est un important auteur confucien du d&#233;but du IVe si&#232;cle av. J.C. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Bien que la comparaison soit int&#233;ressante, je crois que l'argument devrait souligner plut&#244;t comment Pato&#269;ka entend ce que c'est que d'h&#233;riter. J'y reviendrai bri&#232;vement &#224; la fin du papier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons-en maintenant &#224; la pens&#233;e en tant qu'elle ne laisse pas impens&#233;e sa situation. Il est d'embl&#233;e clair qu'une pens&#233;e puisse dire le d&#233;sarroi o&#249; elle-m&#234;me se trouve, elle ne peut pas le faire depuis son seul point de vue puisque c'est celui-l&#224; m&#234;me dont elle constate l'infirmit&#233;. Elle ne peut pas non plus le faire de l'ext&#233;rieur, sous peine d'oublier la le&#231;on de l'Introduction &#224; la &lt;i&gt;Ph&#233;nom&#233;nologie de l'Esprit&lt;/i&gt;, faute dont se gardera Pato&#269;ka qui commente longuement ce texte dans son cours de 1949/1950&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le texte de ce cours reste &#224; pr&#233;sent in&#233;dit, je me r&#233;f&#232;re &#224; la version (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Entre ces deux &#233;cueils, la pens&#233;e qu'on cherche doit s'en tenir &#224; une position ambigu&#235; entre soi-m&#234;me et une pens&#233;e autre. Il faut donc parler de l'alt&#233;rit&#233;, de ce qui est autre que l'Europe. Faut-il chercher l'orientation en tournant notre regard vers l'Orient comme nous le sugg&#232;re Kant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Kant, Qu'est-ce que s'orienter dans la pens&#233;e, trad. par Alexis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Cette suggestion, on la retrouvera dans les r&#233;flexions de Patocka sur les &#233;garements de l'Europe au XXe si&#232;cle. Mais avant d'en venir l&#224;, il ne sera pas inutile de s'arr&#234;ter bri&#232;vement sur une autre solution que consid&#232;re Pato&#269;ka dans &#171; La surcivilisation et son conflit interne &#187; &#233;crit dans les ann&#233;es 1950&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, &#171; La surcivilisation et son conflit interne &#187;, in : Libert&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cet essai, Pato&#269;ka distingue entre la culture, la civilisation et la surcivilisation. Tandis que la culture se distingue par sa particularit&#233;, la civilisation est essentiellement caract&#233;ris&#233;e par une tendance &#224; l'universalisation. La surcivilisation se distingue par ce que les moyens qu'elle emploie pour se propager sont rationnels, sont des raisons qui s'imposent &#224; l'autre par leur contenu m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il me semble que l'id&#233;e est ici que la force persuasive du discours (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En devenant rationnelle et en employant son rationalisme pour s'universaliser, la surcivilisation atteint suppos&#233;ment une parfaite ad&#233;quation des moyens &#224; leur fin. En effet, compar&#233; &#224; la force guerri&#232;re et au pros&#233;lytisme religieux, le rationalisme scientifique appara&#238;t comme intrins&#232;quement ad&#233;quat &#224; une propagation sans bornes, puisque l'universalit&#233; est envelopp&#233;e dans son essence m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il semblerait donc que rien ne peut emp&#234;cher l'universalisation progressive de la surcivilisation, or elle est scind&#233;e en deux et se pr&#233;sente d'un c&#244;t&#233; et de l'autre du Rideau de fer sous les esp&#232;ces de l'Union sovi&#233;tique et de l'Occident capitaliste, soit une &#171; surcivilisation radicale &#187; et une &#171; surcivilisation mod&#233;r&#233;e &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La v&#233;rit&#233; de l'Europe n'est pas repr&#233;sent&#233;e par son identit&#233; profonde mais au contraire par une non-identit&#233; qu'elle contient dans son centre comme un mur. Cette scission signifie que le probl&#232;me de l'humanit&#233; &#224; l'&#226;ge plan&#233;taire n'a pas de solution sur le plan de la rationalit&#233; europ&#233;enne moderne. L'&#233;cart int&#233;rieur signifie le p&#233;ril en lequel se trouve l'Europe si elle ne parvient pas &#224; lib&#233;rer sa pens&#233;e de la m&#233;taphysique. M&#233;taphysique, dit Pato&#269;ka, est la pr&#233;tention &#224; l'acc&#232;s directe &#224; la r&#233;alit&#233;. M&#233;taphysique est de chercher &#224; d&#233;placer le rapport au monde de la &#171; sph&#232;re de la foi, de la r&#233;solution et de la d&#233;cision &#187; dans la &#171; fiabilit&#233; objective &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, &#171; La surcivilisation et son conflit interne &#187;, in : Libert&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_449 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/IMG/jpg/jp2.jpg' width='400' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;ill. Jan Pato&#269;ka devant Mala Strana, un beau quartier pragois, avec la basilique Saint Nicolas&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons maintenant des ann&#233;es 1950 &#224; vingt ans plus tard. Si dans &#171; La surcivilisation &#187; Pato&#269;ka constatait un p&#233;ril pour l'Europe qui peut ou se d&#233;passer ou p&#233;rir, dans les textes de &#171; Fondements spirituels de la vie contemporaine &#187; &#224; travers &#171; L'&#233;poque posteurop&#233;enne et ses probl&#232;mes spirituels &#187; et &#171; L'Europe et l'&#233;poque posteurop&#233;enne &#187; jusqu'aux &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt; et les &lt;i&gt;Essais h&#233;r&#233;tiques sur la philosophie de l'histoire&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, &#171; Fondements spirituels de la vie contemporaine &#187; in : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ce qui en appelle &#224; une transformation radicale est un constat autrement plus grave : l'Europe est morte dans les deux guerres mondiales, &#171; elle s'est d&#233;truite elle-m&#234;me par ses propres forces&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, Platon et l'Europe, p. 14 ; SS-2/PD-2, p. 156.&#034; id=&#034;nh4-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ici que l'on peut revenir sur les questions que j'ai mises en t&#234;te de ces r&#233;flexions. &#192; partir de quel point de vue, &#224; partir de quelle position un constat de la mort de l'Europe se laisse-t-il &#233;noncer ? Qu'est-ce qui av&#232;re le constat de l'advenue d'un monde posteurop&#233;en ? Si l'Europe en tant qu'entit&#233; g&#233;ographico-politique a perdu son emprise sur le monde, peut-&#234;tre n'&#233;tait-ce que pour se voir revivre dans d'autres puissances mondiales ? L'Europe, on l'a vu, s'est faite et a &#233;t&#233; faite &#224; travers des catastrophes successives et c'est gr&#226;ce &#224; cela qu'elle s'&#233;tait d'embl&#233;e constitu&#233;e comme un h&#233;ritage et comme une h&#233;riti&#232;re. La catastrophe europ&#233;enne du XXe si&#232;cle, n'est-elle pas &#171; simplement &#187; un autre bouleversement int&#233;rieur &#224; l'histoire de l'Europe comme histoire des destructions et des recompositions ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les &#171; Fondements spirituels de la vie contemporaine &#187;, &#171; L'&#233;poque posteurop&#233;enne et ses probl&#232;mes spirituels &#187; et dans &#171; L'Europe et apr&#232;s &#187;, Pato&#269;ka commence par un long commentaire du livre &lt;i&gt;An Introduction to Contemporary History&lt;/i&gt; de Geoffrey Barraclough&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. Barraclough, An Introduction to Contemporary History, London, New York : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La th&#232;se qui int&#233;resse Pato&#269;ka chez l'historien est la suivante : apr&#232;s la Deuxi&#232;me guerre mondiale, dans les ann&#233;es 1960, on entre dans un monde radicalement diff&#233;rent du pr&#233;c&#233;dent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est plus le &#171; concert europ&#233;en &#187; mais des constellations d'autres &#171; colosses d&#233;mographiques et politiques extra-europ&#233;ens &#187; qui jouent le r&#244;le d&#233;cisif dans le monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, L'Europe et apr&#232;s l'Europe, p. 46 ; SS-2/PD-2, s. 86.&#034; id=&#034;nh4-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ceci, dit Pato&#269;ka, en cons&#233;quence de la faillite de l'imp&#233;rialisme europ&#233;en qui s'est r&#233;v&#233;l&#233; &#234;tre impraticable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, SS-2/PD-2, p. 10.&#034; id=&#034;nh4-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est encore ce projet de l'extension de l'Europe, celui-l&#224; m&#234;me que l'on a rencontr&#233; dans les analyses de la surcivilisation des ann&#233;es 1950. Comme dans ce pr&#233;c&#233;dent cas, il y a ici un lien interne entre l'Europe et son &#233;lan d'extension mais contrairement &#224; l'essai des ann&#233;es 1950 d'apr&#232;s lequel le lien consistait en ce qui &#233;tait propre &#224; toute civilisation, Pato&#269;ka pense dans les ann&#233;es 1970 qu'il est plus sp&#233;cifiquement li&#233; &#224; l'Europe. Pour comprendre ce lien qui, &#224; travers l'histoire de l'Europe, devient son destin, il faut suivre la remont&#233;e aux origines de l'Europe qu'op&#232;re Pato&#269;ka pour examiner la th&#232;se husserlienne selon laquelle &#171; l'Europe est une intuition &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, Platon et l'Europe, p. 100 ; SS-2/PD-2, p. 228. Abrams (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce mot d'intuition qui ne fait r&#233;f&#233;rence &#224; rien d'autre qu'au moment socratique, appelle tout de suite des pr&#233;cisions. Il sugg&#232;re qu'il s'agit l&#224; d'une origine unique, qui conf&#232;re &#224; l'Europe une identit&#233; univoque qui ne se soutient que par ce qui lui est propre. Il en va ainsi parce que l'intuition au sens platonicien n'a d'appui que dans l'id&#233;alit&#233; de l'objet intuitionn&#233;. Une telle intuition aurait donc fond&#233; une identit&#233; id&#233;ale qu'il s'agirait de pr&#233;server de toute contamination, l'ext&#233;rieur de l'Europe n'&#233;tant qu'une contingence empirique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or l'intuition socratique n'a pas d'objet positif mais est une vis&#233;e toute n&#233;gative comme une libert&#233; par rapport &#224; toute donn&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le Platonisme n&#233;gatif de 1953, cette libert&#233; est mise en rapport avec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le sens positif de cette intuition est la coh&#233;rence possible d'un comportement fond&#233; dans cette libert&#233;. D&#232;s lors, le sens s'&#233;mancipe de la r&#233;alit&#233; objective donn&#233;e et &lt;strong&gt;devient historique&lt;/strong&gt;. L'existence humaine qui se passe fondamentalement dans le domaine du sens, entre alors dans l'histoire. Le sens ne peut plus &#234;tre garanti par la seule tradition mais est toujours probl&#233;matique et soutenu par le travail r&#233;flexif de recherche d'un fondement (&#171; la philosophie est en qu&#234;te de fondation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, L'Europe et apr&#232;s l'Europe, p. 74 ; SS-2/PD-2, p. 106.&#034; id=&#034;nh4-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; dit Pato&#269;ka).&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, en 1973, Patocka interpr&#232;te cette libert&#233; comme un rapport au monde comme totalit&#233; non-totalisable, &#171; totalit&#233; non additive mais englobante &#187; pour reprendre le mot de Paul Ricoeur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. P. Ricoeur, &#171; Jan Pato&#269;ka et le nihilisme &#187;, in : Esprit, no. 166 (11), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le monde est ce qui n'est jamais donn&#233; en personne mais est donn&#233; ensemble avec chaque donation dans le monde comme une vis&#233;e de la connexion de toutes choses. Dans chaque donation, la co-donation du monde est ce qui est cach&#233;, ce qui s'y dissimule, l'in&#233;puisable mouvement de l'appara&#238;tre d&#233;bordant sans cesse tout apparaissant donn&#233; ou possible&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. R. Barbaras, Le Mouvement de l'existence, Chatou, Les Editions de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est dans cet &#233;cart que jaillit la libert&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la base de ces quelques br&#232;ves remarques, on peut distinguer cette intuition fondatrice de l'identification plut&#244;t id&#233;ale qu'historique. Formulons &#224; ce propos, deux observations. La premi&#232;re porte sur l'apparition m&#234;me du monde. C'est le mythe qui pr&#233;sente pour la premi&#232;re fois le monde comme un tout, fondamentalement transcendant tout &#233;tant apparaissant en son sein, c'est le mythe qui oppose le monde commun comme connexion totale de toutes les choses aux mondes priv&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, Platon et l'Europe, p. 74 ; SS-2/PD-2, p. 205.&#034; id=&#034;nh4-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est cette apparition mythique que la philosophie parvient &#224; r&#233;interpr&#233;ter comme un probl&#232;me et non plus comme une r&#233;ponse. De ce qui asservit les humains aux dieux, elle transforme le mythe en une possibilit&#233; de se saisir de l'existence en assumant sa probl&#233;maticit&#233;. L'humain ne peut jamais saisir la totalit&#233; du monde &#8211; condition impossible d'une fondation absolue du sens &#8211; mais il peut &#234;tre en rapport au monde, r&#233;aliser ce rapport en s'effor&#231;ant de maintenir une attitude d'examen critique du sens qui n'est ni donn&#233; avec l'&#233;vidence dans ou avec les choses dans le monde, ni octroy&#233; aux humains par la surpuissance divine du tout du monde mais qui se fait historiquement dans leur &#233;cart. Cet examen critique incessant est appel&#233; par Pato&#269;ka : le soin de l'&#226;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette apparition mythique, il ne s'agit pas d'un mythe pr&#233;cis, d'une origine identifiable. Au contraire, la &#171; v&#233;rit&#233; du mythe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, Platon et l'Europe, p. 52 ; SS-2/PD-2, p. 186.&#034; id=&#034;nh4-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; traverse des mythologies diff&#233;rentes. Elle ne fournit donc pas &#224; la philosophie un fondement ultime mais est une origine trou&#233;e, qui ouvre la philosophie &#224; un sentiment myst&#233;rieux de l'appartenance probl&#233;matique au monde. La philosophie qui r&#233;fl&#233;chit cette origine n'est pas renvoy&#233;e &#224; un ensemble des premi&#232;res &#233;vidences mais se voit transie par un myst&#232;re qu'elle d&#233;passe en d&#233;gageant une possibilit&#233; de la clart&#233; mais qu'elle ne peut jamais tout &#224; fait contenir et qui, donc, la surpasse &#224; son tour.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si la premi&#232;re observation regardait en amont, la seconde regarde en aval du moment socratique. L'univocit&#233; de son sens est contest&#233;e par l'opposition des deux philosophes (&#171; deux fr&#232;res ennemis &#187;) qui pr&#233;sentent deux fa&#231;ons diff&#233;rentes d'envisager le soin de l'&#226;me, &#224; savoir Platon et D&#233;mocrite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, Platon et l'Europe, p. 85 ; SS-2/PD-2, p. 215.&#034; id=&#034;nh4-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les deux mettent en lumi&#232;re selon Pato&#269;ka le lien essentiel entre la compr&#233;hension du monde et de l'&#226;me, mais tandis que pour le premier la conception ontologique se rapporte &#224; la formation de l'&#226;me comme &#224; sa fin, pour D&#233;mocrite c'est au contraire la purification de l'&#226;me de toute croyance non fond&#233;e qui est la condition de la connaissance objective de l'univers&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, Platon et l'Europe, p. 87 et 91 ; SS-2/PD-2, pp. 216 et 220.&#034; id=&#034;nh4-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De ces deux penseurs ou de ces deux conceptions, c'est la seconde qui anticipe le d&#233;veloppement de la science objectiviste et son geste qui entend rabattre l'int&#233;riorit&#233; psychique &#224; son fondement objectif. Dans &#171; L'Europe et apr&#232;s &#187;, c'est l'aspect d&#233;mocrit&#233;en et l'aspect platonicien du soin de l'&#226;me qu'il faut tenir ensemble et c'est parce que l'aspect d&#233;mocrit&#233;en l'emporte que la philosophie se meut en science objectiviste et l'Europe en complexe technologique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, L'Europe apr&#232;s l&#8216;Europe, p. 40 et 81 ; SS-2/PD-2, pp. 82 et 110.&#034; id=&#034;nh4-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
On pourrait alors croire que le moment socratique est &#224; l'abri de l'ambigu&#239;t&#233; qu'on vient de relever, que c'est par la suite que l'opposition de Platon et de D&#233;mocrite introduit l'ambigu&#239;t&#233; qui fait bifurquer le chemin. La voie s'ouvre au recouvrement progressif du soin de l'&#226;me par la connaissance des moyens de la domination du monde allant de pair avec l'oubli de l'historicit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or cette ambigu&#239;t&#233; se redouble au sein m&#234;me de l'&#339;uvre de Platon. Il n'y a donc pas seulement une opposition entre D&#233;mocrite et Platon. Il faut &#233;galement en voir une &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me de la pens&#233;e de Platon qui &#233;labore d'une part le programme du soin de l'&#226;me et qui pr&#233;figure d'autre part son oubli en formulant une doctrine m&#233;taphysique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il faut donc, me semble-t-il, voir l'&#233;cart m&#233;taphysique d'abord entre Platon (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Tout se d&#233;cide, d'une certaine mani&#232;re, dans le soin de l'&#226;me platonicien. Tel que Pato&#269;ka l'expose dans &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, il est structur&#233; en trois plans&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, Platon et l'Europe, p. 107 ; SS-2/PD-2, p. 233.&#034; id=&#034;nh4-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Premi&#232;rement, le plan onto-cosmologique tire cons&#233;quence du fait que l'&#226;me est ce &#224; quoi appara&#238;t le monde. Il s'agit de prendre soin de cette manifestation de la totalit&#233; du monde. De toujours mettre en &#233;vidence la diff&#233;rence entre le monde comme ensemble de l'&#233;tant et le monde comme un tout transcendant cet ensemble dont la cosmicit&#233; &#171; d&#233;passe toutes celles qui se pr&#233;tendent exhaustives&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, &#171; Fondements spirituels de la vie &#224; notre &#233;poque &#187;, in : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Deuxi&#232;mement, le plan politique, l'h&#233;ritage de la mort de Socrate ; la &lt;i&gt;polis&lt;/i&gt; traditionnelle met &#224; mort celui qui vient la questionner, elle se condamne alors elle-m&#234;me puisqu'elle pr&#233;f&#232;re commettre l'injustice plut&#244;t que de se laisser mettre en question. Ce qui devient alors une question philosophique est la possibilit&#233; d'une &lt;i&gt;polis&lt;/i&gt; o&#249; un philosophe peut vivre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, Platon et l'Europe, p. 98 et 121 ; SS-2/PD-2, pp. 226 et 246.&#034; id=&#034;nh4-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est-&#224;-dire d'une &lt;i&gt;polis&lt;/i&gt; capable de faire face &#224; la critique du philosophe qui dit, pour citer le mot de Marc Cr&#233;pon, que &#171; rien dans les relations morales ou politiques ne va de soi, que dans leur &#233;vidence imm&#233;diate n'est rien qui ne demande une explication&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. M. Cr&#233;pon, &#171; Strach, odvaha, hn&#283;v &#187;, in : My&#353;len&#237; Jana Pato&#269;ky o&#269;ima (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Troisi&#232;mement le plan psychologique, un examen continuel de soi-m&#234;me, de l'&#226;me comme lieu m&#234;me de la manifestation. Il est la condition et la forme m&#234;me des deux plans pr&#233;c&#233;dents dans la mesure o&#249; ils supposent une critique incessante de la coh&#233;rence et de l'&#233;vidence de nos opinions. Sur ce plan, le partage platonicien entre &lt;i&gt;doxa&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#233;pist&#233;m&#232;&lt;/i&gt; ne signifie pas qu'il faut abandonner la &lt;i&gt;doxa&lt;/i&gt; et se placer sur le sol ferme de l'&lt;i&gt;&#233;pist&#233;m&#232;&lt;/i&gt; mais l'obligation d'un travail au sein de la &lt;i&gt;doxa&lt;/i&gt; qui incombe &#224; tout un chacun. &#171; Toute v&#233;rit&#233;, &#233;crit Pato&#269;ka, commence comme une erreur au moins partielle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, Platon et l'Europe, p. 9 ; SS-2/PD-2, p. 149.&#034; id=&#034;nh4-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Ni dans l'&#226;me elle-m&#234;me ni ailleurs n'est aucune derni&#232;re assise pour appuyer cet examen autre que son ex&#233;cution m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est-&#224;-dire l'activit&#233; m&#234;me de l'&#226;me qui lui t&#233;moigne de sa capacit&#233; pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre un syst&#232;me m&#233;taphysique, le soin de l'&#226;me postule un id&#233;al de la &#171; vie dans la v&#233;rit&#233; &#187;, de la vie tourn&#233;e enti&#232;rement vers la clart&#233;. Or, que le soin de l'&#226;me reste tel ne va pas de soi. Son principe, sa raison et sa mesure doivent, sur tous les trois plans susnomm&#233;s, r&#233;sider dans la formation de l'&#226;me comme le lieu de la manifestation et comme ce qui est par cons&#233;quent capable de v&#233;rit&#233;. Si telle est l'intention profonde de l'&#339;uvre de Platon, il faut reconna&#238;tre, dit Pato&#269;ka toujours dans &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, que Platon lui-m&#234;me n'est pas toujours &#224; la hauteur de cette derni&#232;re et qu'il subordonne le soin de l'&#226;me &#224; un &#233;tant objectif, &#224; savoir l'Id&#233;e. Le principe de l'apparition de l'&#233;tant ne serait pas dans l'appartenance probl&#233;matique de l'humain au tout du monde mais &#171; un &lt;i&gt;&#233;tant sup&#233;rieur&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, Platon et l'Europe, p. 114 ; SS-2/PD-2, p. 240.&#034; id=&#034;nh4-40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. C'est alors que &#171; l'id&#233;al philosophique de la &lt;i&gt;vie dans la v&#233;rit&#233;&lt;/i&gt; prend ici la forme d'un id&#233;al &lt;i&gt;m&#233;taphysique&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, Platon et l'Europe, p. 114 ; SS-2/PD-2, p. 241.&#034; id=&#034;nh4-41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Si donc Pato&#269;ka dit &#224; la fin du 4e s&#233;minaire du &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt; que &#171; l'Europe en tant qu'Europe est n&#233;e du th&#232;me du soin de l'&#226;me. Elle a p&#233;ri pour l'avoir laiss&#233; de nouveau se voiler dans l'oubli&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, Platon et l'Europe, p. 79 ; SS-2/PD-2, p. 210.&#034; id=&#034;nh4-42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, il semble que ce p&#233;ril est pr&#233;sent d&#232;s le d&#233;but dans le renversement du soin de l'&#226;me en m&#233;taphysique.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'appr&#233;ciation du terme de la m&#233;taphysique dans le corpus pato&#269;kien conna&#238;t une trajectoire assez tortueuse et il n'y a pas de place ici pour la suivre en d&#233;tail. Je me contenterai donc de signaler qu'elle n'est pas toujours n&#233;gative. C'est notamment dans le &lt;i&gt;Platonisme n&#233;gatif&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, Libert&#233; et sacrifice, p. 88 ; SS-1/PD-1, p. xv.&#034; id=&#034;nh4-43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de 1953 qu'elle re&#231;oit une signification positive sous condition que l'Id&#233;e soit comprise comme une abr&#233;viation du mouvement du transcender et ne soit pas hypostasi&#233;e comme un &#233;tant positif, comme l'explique par ailleurs Renaud Barbaras dans la premi&#232;re &#233;tude du &lt;i&gt;Mouvement de l'existence&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. R. Barbaras, Le Mouvement de l'existence, pp. 7&#8212;28, notamment pp. 7&#8212;12 ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En revanche, son &#233;valuation appara&#238;t d&#233;cid&#233;ment n&#233;gative dans l'essai sur la &#171; surcivilisation &#187; (la suite du &lt;i&gt;Platonisme n&#233;gatif&lt;/i&gt;) o&#249; il s'agit de d&#233;passer toute pens&#233;e m&#233;taphysique qui, feignant de s'y opposer, serait secr&#232;tement nihiliste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, Libert&#233; et Sacrifice, p. 176 ; SS-1/PD-1, p. 301.&#034; id=&#034;nh4-45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour en revenir au s&#233;minaire &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt; qu'on a principalement suivi dans ce qui pr&#233;c&#232;de, la faute de la m&#233;taphysique y ressemble &#224; ce qu'on lui reproche dans &#171; La surcivilisation et son conflit interne &#187;, &#224; savoir qu'elle soumet l'appara&#238;tre et donc les trois moments de sa structure, le sujet, autrui et le monde, &#224; un &#233;tant objectif. L'&#233;tant objectif que l'on peut saisir, que la pens&#233;e peut &#233;puiser et pour ainsi dire dominer. C'est-&#224;-dire que si le soin de l'&#226;me engageait le sujet dans un jeu o&#249; le monde, in&#233;puisable, &#233;tait tant&#244;t adversaire, tant&#244;t partenaire, la m&#233;taphysique serait la tentative d'une emprise th&#233;orique sur le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut donc apr&#232;s cette longue digression revenir sur le sujet de l'&#233;lan de l'universalisation de la civilisation europ&#233;enne. &#192; la lumi&#232;re des d&#233;veloppements pr&#233;c&#233;dents, on peut voir, il me semble, le rapport qu'il y a entre le renversement de l'id&#233;al de la &#171; vie dans la v&#233;rit&#233; &#187; en &#171; id&#233;al m&#233;taphysique &#187; et le renversement du soin de l'&#226;me en &#171; souci de la domination du monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Platon et l'Europe, p. 99 ; SS-2/PD-2, p. 228.&#034; id=&#034;nh4-46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. D'un c&#244;t&#233; la m&#233;taphysique pr&#233;pare par son objectivisme le d&#233;placement du point d'&#233;quilibre de la pens&#233;e dans la sph&#232;re des moyens. De l'autre, en tant qu'elle est une pens&#233;e de l'ordre universel du monde, cet ordre doit tendre &#224; se r&#233;aliser, le rapport au monde comme un tout englobant se renverse alors dans une &lt;strong&gt;pr&#233;tention &#224; devenir le tout du monde&lt;/strong&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette fa&#231;on tr&#232;s g&#233;n&#233;rale de formuler ce lien se laisse sp&#233;cifier de plusieurs mani&#232;res plus ou moins sp&#233;culatives dont la plus pouss&#233;e me semble la tentative des 5e et 6e &#171; Essais h&#233;r&#233;tiques &#187; o&#249; la multiplication toujours plus grande des connaissances objectives due &#224; l'orientation unilat&#233;rale de la pens&#233;e scientifique m&#232;ne &#224; la sp&#233;cialisation de toutes les activit&#233;s et par cons&#233;quent &#224; une toujours plus grande d&#233;pendance du dispositif technologique complexe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, Essais h&#233;r&#233;tiques sur le Philosophie de l'histoire, p. 120 ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'existence de ce dernier est l'ultime stade de l'objectivation g&#233;n&#233;ralis&#233;e de l'&#233;tant. La tendance de ce dispositif &#224; sa r&#233;alisation la plus pleine passe par l'accumulation maximale de l'&#233;nergie, et d&#233;termine alors par la suite le vingti&#232;me si&#232;cle comme un si&#232;cle de la guerre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. ibid., p. 134 ; SS-3/PD-3, p. 121.&#034; id=&#034;nh4-48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la guerre &#233;tant &#171; la plus grande entreprise de la civilisation industrielle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit. in : P. Ric&#339;ur, op. cit., p. 36.&#034; id=&#034;nh4-49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La tentation pour le soin de l'&#226;me de se ranger sous l'&#233;gide de l'&#233;tant (qui correspond &#224; son renversement en &#171; id&#233;al m&#233;taphysique &#187;) appara&#238;t alors comme n&#233;cessaire puisque inscrite dans l'origine m&#234;me de l'Esprit europ&#233;en. Il est tentant de penser que ce dernier doit aller jusqu'au bout pour &#233;puiser les cons&#233;quences de cet &#233;garement, s'en lib&#233;rer et tout &#224; fait le d&#233;passer, mais Pato&#269;ka ne tire &#224; ma connaissance jamais explicitement cette conclusion h&#233;g&#233;lienne : dans l'histoire telle que Patocka la voit, rien n'est jamais acquis une fois pour toute, y compris son historicit&#233; m&#234;me. La mort de l'Europe qui est l'issue de son expansionnisme, n'est-elle pas un reflet, une r&#233;p&#233;tition de la condamnation divine qui frappe la &lt;i&gt;polis&lt;/i&gt; grecque qui a mis &#224; mort Socrate et r&#233;v&#232;le ainsi qu'elle &#171; est dans le mal &#187; comme en parle Pato&#269;ka dans le 5e s&#233;minaire du cycle &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Platon et l'Europe, p. 97 ; SS-2/PD-2, p. 226 ; et Essais h&#233;r&#233;tiques sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons au commentaire de Barraclough des trois essais du d&#233;but des ann&#233;es 1970 que l'on a d&#233;j&#224; mentionn&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir plus haut la note de bas de page 13. Cf. SS-2/PD-2, pp. 10&#8212;12, 29&#8212;31, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pato&#269;ka y esquisse un mouvement historique qui va de la R&#233;volution industrielle &#224; l'imp&#233;rialisme et de l'imp&#233;rialisme aux deux Guerres mondiales. Ces derni&#232;res auraient scell&#233; la faillite finale de l'imp&#233;rialisme europ&#233;en, en m&#234;me temps que la mort de l'Europe et sa sortie de l'histoire. Il aurait sembl&#233; que le devenir-le-tout-du-monde est devenu l'unique fa&#231;on d'&#234;tre historique pour l'Europe, &#233;tant donn&#233; que le souci de la domination du monde aurait barr&#233; le chemin au soin de l'&#226;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'issue de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale &#233;merge &#171; un monde post-colonial, formellement europ&#233;anis&#233;, mais dont le contenu est nouveau, non-europ&#233;en. C'est un monde o&#249; l'Europe a cess&#233; de jouer le r&#244;le d&#233;terminant sur le plan du pouvoir comme dans la sph&#232;re culturelle, et o&#249;, &#224; c&#244;t&#233; des deux superpuissances, commencent &#224; entrer en sc&#232;ne d'autres colosses d&#233;mographiques et politiques extra-europ&#233;en&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, Libert&#233; et sacrifice, p. 217 ; SS-2/PD-2, p. 11.&#034; id=&#034;nh4-52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. J'aimerais maintenant comparer cette fa&#231;on d'appr&#233;hender la situation avec celle que l'on a vue dans &#171; La Surcivilisation et son conflit interne &#187;. Le trait dominant n'est plus l'antinomie qui oppose la version mod&#233;r&#233;e et la version radicale de la civilisation rationnelle. D&#233;sormais le plus important semblerait &#234;tre que l'Europe est devenue monde, le monde &#233;tant europ&#233;is&#233;, mais qu'elle perd en m&#234;me temps son pouvoir. En outre, de cette Europe devenue monde, du monde europ&#233;is&#233;, on apprend qu'il ne l'est que formellement, tandis que son contenu est fonci&#232;rement diff&#233;rent. Pato&#269;ka pense d'abord aux &#201;tats-Unis et &#224; l'Union Sovi&#233;tique. Bien qu'ils &#171; vivent du moins &#224; partir d'id&#233;es et des motifs produits par la dialectique de la d&#233;composition de cette substance [europ&#233;enne] &#187;, ils sont &#171; eux-aussi ali&#233;n&#233;s &#224; l'&#233;gard des grandes traditions de l'Antiquit&#233; et du christianisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, Libert&#233; et sacrifice, p. 223 ; SS-2/PD-2, p. 15.&#034; id=&#034;nh4-53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Du reste, de nouveaux pouvoirs mondiaux prennent l'aspect europ&#233;en en adoptant sa technologie et son organisation mais se nourrissent int&#233;rieurement de substances historiques toutes diff&#233;rentes. En un mot, advient un monde posteurop&#233;en. Monde qui dans ses formes ext&#233;rieures peut conserver des &#233;l&#233;ments propres &#224; l'Europe mais qui a une signification et un sens nouveaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, Platon et l'Europe, p. 17 ; SS-2/PD-2, p. 156.&#034; id=&#034;nh4-54&#034;&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'aimerais insister sur ce paradoxe : une g&#233;n&#233;ralisation de l'Europe et en m&#234;me temps l'extinction de sa vie int&#233;rieure. Cette g&#233;n&#233;ralisation &#8211; qui &#171; appara&#238;t aujourd'hui comme un fait incontournable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, Libert&#233; et sacrifice, p. 211 ; SS-3/PD-3, p. 183.&#034; id=&#034;nh4-55&#034;&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; &#8211; est de prime abord mat&#233;rielle, Pato&#269;ka parle de la technologie et des techniques de l'organisation. C'est comme si l'Europe, dans son effort pour devenir monde, r&#233;pandait sur tout le monde son corps d&#233;mesur&#233;. Et comme si, en m&#234;me temps, l'esprit de l'Europe ne suffisait pas pour animer ce corps monstrueux. L'aspect que son propre corps donne &#224; voir &#224; l'Europe est alors le spectacle d'une ali&#233;nation, d'une d&#233;possession de soi. Ce n'est pas seulement la technologie mais &#233;galement des id&#233;es qui ne sont plus &#224; elle. Parlant du marxisme qui paraissait &#234;tre encore un candidat possible d'un prolongement de l'esprit europ&#233;en, Pato&#269;ka commente ainsi la s&#233;rie &#171; Marx, L&#233;nine, Staline, Mao &#187; : &#171; l'assimilation de ces syst&#232;mes de pens&#233;e se fait, non seulement en fonction de la situation historique momentan&#233;e, mais en harmonie avec les traditions indig&#232;nes et les th&#232;mes d&#233;j&#224; propres aux collectivit&#233;s concern&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-56&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, L'Europe apr&#232;s l'Europe, p. 209 ; SS-2/PD-2, p. 38.&#034; id=&#034;nh4-56&#034;&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Commentant la r&#233;volution en Chine, il se demande si &#171; &#224; travers l'habit moderne ne transpara&#238;t pas l'antique &#171; universisme &#187; chinois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-57&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, L'Europe apr&#232;s l'Europe, p. 210 ; SS-2/PD-2, p. 39. Pour se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-57&#034;&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. &#171; Les g&#233;ants &#233;mergents ne sont pas des nouveau-n&#233;s, enfants du XXe si&#232;cle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-58&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Ibid.&#034; id=&#034;nh4-58&#034;&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, dit-il encore.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que voit donc l'Europe quand elle contemple son &#233;norme corps devenu monde ? Serait-ce trop os&#233; de dire que de contempler son propre corps dont on est d&#233;poss&#233;d&#233;, qui n'est plus &#224; nous, que l'on reconna&#238;t comme ce qui &#233;tait &#224; nous mais qui ne l'est plus, c'est contempler notre propre cadavre comme dans la sc&#232;ne o&#249; l'esprit demande &#233;tourdiment &#224; la Mort : &#171; qui &#234;tes-vous ? &#187; ; et elle ne fait que lui montrer du doigt solennellement le cadavre gisant sur le sol ? En cela, on voit l'Europe en train de comprendre sa situation non dans le regard port&#233; sur sa division interne comme dans l'essai sur la surcivilisation mais dans le regard tourn&#233; dehors. C'est finalement l'image que renvoie &#224; l'Europe l'Orient qui lui fait comprendre la nouveaut&#233; du monde pluriel posteurop&#233;en o&#249; elle entre et doit apprendre &#224; s'orienter.&lt;br class='autobr' /&gt;
S'il est vrai que l'Europe est morte dans le m&#234;me moment qu'elle est devenue monde, on peut justement s'interroger s'il y a entre ces deux faits un autre lien que l'&#233;puisement de ses ressources mat&#233;rielles. Ce lien est sans doute la pens&#233;e erron&#233;e du monde comme totalisable. Si l'Europe a &#233;t&#233; dans son essence &lt;i&gt;logos&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;ratio&lt;/i&gt;, l'&#233;mergence d'une universalit&#233; capable de &#171; faire du monde un monde un&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-59&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, L'Europe apr&#232;s l'Europe, p. 38 ; SS-2/PD-2, p. 80.&#034; id=&#034;nh4-59&#034;&gt;59&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, de r&#233;aliser un monde commun, cette capacit&#233; &#233;tait &#233;galement frapp&#233;e par l'ambigu&#239;t&#233; fatidique que l'on a suivie. Devenue une pr&#233;tention &#224; la domination du monde, elle s'est vid&#233;e de son sens initial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, je vais maintenant revenir &#224; la probl&#233;matique du d&#233;part. Dans ce qui pr&#233;c&#232;de, j'ai expos&#233; quelques &#233;l&#233;ments que Pato&#269;ka utilise pour rendre compte de la situation de l'Europe. C'&#233;tait cependant autant d'&#233;l&#233;ments objectifs mis en place pour comprendre une r&#233;alit&#233; qui ne se laisse pas enti&#232;rement objectiver. En effet, la situation comporte toujours un aspect objectif mais &#233;galement un aspect subjectif, &#224; savoir l'attitude que l'on prend vis-&#224;-vis d'elle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-60&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pato&#269;ka distingue parmi les composantes de l'&#234;tre-situ&#233; d'un &#234;tre humain les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-60&#034;&gt;60&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'attitude qu'assume le sujet dans et par rapport &#224; sa situation, participe &#224; la constitution de cette derni&#232;re. Il s'agit d'une part de sa disposition affective et de l'autre part sa conscience plus ou moins juste de la situation. La r&#233;flexion sur la situation la modifie en m&#234;me temps qu'elle r&#233;fl&#233;chit sur elle. Loin d'&#234;tre une neutre contemplation, elle est une v&#233;ritable &#171; action int&#233;rieure&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-61&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, Platon et l'Europe, p. 9 ; SS-2/PD-2, p. 149.&#034; id=&#034;nh4-61&#034;&gt;61&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. C'est gr&#226;ce &#224; ces consid&#233;rations que Pato&#269;ka peut affirmer dans &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt; que le chemin du philosophe en dehors de la grotte platonicienne et son retour sont en r&#233;alit&#233; &#171; un seul et &lt;i&gt;m&#234;me&lt;/i&gt; mouvement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-62&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, Platon et l'Europe, p. 50 ; SS-2/PD-2, p. 185.&#034; id=&#034;nh4-62&#034;&gt;62&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. &#171; Nous philosophons dans la caverne, dit-il, et la philosophie que nous nous effor&#231;ons de formuler dans l'&#233;lan qui nous fait quitter la caverne, fait elle-m&#234;me partie de la caverne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-63&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh4-63&#034;&gt;63&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il n'y a aucun dehors de la situation o&#249; la philosophie peut s'&#233;tablir, impassible&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-64&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, &#171; Des deux fa&#231;ons de philosopher &#187;, in : SS-8.1/FS-3.1, pp. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-64&#034;&gt;64&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle ne peut que s'employer &#224; modifier la situation dans un va-et-vient entre son int&#233;rieur qui nous engloutit, et sa limite extr&#234;me d'o&#249; elle puise sa lucidit&#233;, et ainsi r&#233;pondre &#224; l'urgence qui nous opprime.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et c'est ici qu'on revient pour la derni&#232;re fois au soin de l'&#226;me. &#171; Le soin de l'&#226;me, qui est &#224; la base de l'h&#233;ritage europ&#233;en, n'est-il pas aujourd'hui encore &#224; m&#234;me de nous interpeller, nous qui avons besoin de trouver un appui au milieu de la faiblesse g&#233;n&#233;rale et de l'acquiescement au d&#233;clin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-65&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, Platon et l'Europe, p. 21 ; SS-2/PD-2, p. 160.&#034; id=&#034;nh4-65&#034;&gt;65&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ? L'importance que notre auteur accorde &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne si europ&#233;en qu'il se confond avec Europe m&#234;me, nous pousse &#224; nous demander encore une fois si malgr&#233; la critique de l'eurocentrisme husserlien, Pato&#269;ka n'y succombe pas lui-m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, Pato&#269;ka accorde r&#233;solument &#224; l'id&#233;e du soin de l'&#226;me une signification universelle tout en insistant sur son origine particuli&#232;rement europ&#233;enne (bien que &#171; trou&#233;e &#187;, on l'a dit, par son encadrement dans le monde ant&#233;historique et non-europ&#233;en du mythe). Malgr&#233; cela, c'est la fa&#231;on dont il interpr&#232;te la notion d'h&#233;ritage qui me semble d&#233;livrer cette id&#233;e du soup&#231;on de l'eurocentrisme. D'une part, dans le monde posteurop&#233;en dont l'av&#232;nement est affirm&#233; par Pato&#269;ka le plus r&#233;solument, l'Europe n'a plus aucun privil&#232;ge par rapport &#224; cet h&#233;ritage. D'autre part, h&#233;riter, ce n'est pas passivement accepter ou d'&#234;tre assimil&#233; par quelque chose d'&#233;tranger. C'est d'accueillir une survivance en devenant autre que soi-m&#234;me mais aussi devenir soi-m&#234;me en pouvant r&#233;fl&#233;chir sa propre vie gr&#226;ce &#224; l'&#233;cart qu'introduit &#224; l'int&#233;rieur de notre propre vie cet h&#233;ritage. &#171; R&#233;p&#233;ter, &#233;crit Pato&#269;ka, ne signifie pas refaire ce qui a &#233;t&#233; l&#224; d&#233;j&#224; une fois. R&#233;p&#233;ter signifie revendiquer le m&#234;me &lt;i&gt;en des guises nouvelles&lt;/i&gt;, dire le m&#234;me avec des mots nouveaux, par des moyens nouveaux. &lt;i&gt;Nous devons dire ce qui est toujours &#224; nouveau et toujours diff&#233;remment, mais ce que nous disons doit &#234;tre toujours le m&#234;me&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-66&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J. Pato&#269;ka, Platon et l'Europe, p. 10 ; SS-2/PD-2, p. 228&#8212;229.&#034; id=&#034;nh4-66&#034;&gt;66&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adam Pasek&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;BIBLIOGRAPHIE :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BARBARAS, Renaud, &lt;i&gt;Le Mouvement de l'existence&lt;/i&gt;, Chatou, Les Editions de la Transparence, 2007.&lt;br class='autobr' /&gt;
BERNARD, Marion, &lt;i&gt;Pato&#269;ka et l'unit&#233; pol&#233;mique du monde&lt;/i&gt;, Louvain-La-Neuve, Peeters, 2016.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHVAT&#205;K, Ivan (&#233;diteur), &lt;i&gt;My&#353;len&#237; Jana Pato&#269;ky o&#269;ima dne&#353;n&#237; fenomenologie&lt;/i&gt;, Praha, OIKOYMEH, 2009.&lt;br class='autobr' /&gt;
PATO&#268;KA. Jan, &lt;i&gt;Essais h&#233;r&#233;tiques sur la philosophie de l'histoire&lt;/i&gt;, trad. par Erika Abrams, pr&#233;face de Paul Ricoeur et postface de Roman Jakobson, Lagrasse, Verdier, 1981.&lt;br class='autobr' /&gt;
PATO&#268;KA, Jan, &lt;i&gt;Platon et l'Europe. S&#233;minaire priv&#233; du semestre d'&#233;t&#233; 1973&lt;/i&gt;, trad. par Erika Abrams, Lagrasse, Verdier, 1983.&lt;br class='autobr' /&gt;
PATO&#268;KA, Jan, &lt;i&gt;Libert&#233; et sacrifice. Ecrits politiques&lt;/i&gt;, trad. par Erika Abrams, Grenoble, Millon, 1990.&lt;br class='autobr' /&gt;
PATO&#268;KA, Jan, &lt;i&gt;Sebran&#233; spisy vol. 2, P&#233;&#269;e o du&#353;i II. Stati z let 1970&#8212;1977, nevydan&#233; texty a p&#345;edn&#225;&#353;ky ze sedmdes&#225;t&#253;ch let&lt;/i&gt;, texte &#233;tabli par Ivan Chvat&#237;k et Pavel Kouba, Praha, OIKOUMENH, 1999.&lt;br class='autobr' /&gt;
PATO&#268;KA, Jan, &lt;i&gt;Sebran&#233; spisy vol. 3, P&#233;&#269;e o du&#353;i III. Nitro a sv&#283;t, nepublikovan&#233; texty ze 40. let&lt;/i&gt;, texte &#233;tabli par Ivan Chvat&#237;k et Pavel Kouba, OIKOUMENH, 2002.&lt;br class='autobr' /&gt;
PATO&#268;KA, Jan, &lt;i&gt;L'Europe et apr&#232;s l'Europe&lt;/i&gt;, trad. par Erika Abrams, postface de Marc Cr&#233;pon, Lagrasse, Verdier, 2007.&lt;br class='autobr' /&gt;
PATO&#268;KA, Jan, &lt;i&gt;Sebran&#233; spisy vol. 8/1, Fenomenologick&#233; spisy III/1. Nitro a sv&#283;t, nepublikovan&#233; texty ze 40. Let&lt;/i&gt;, texte &#233;tabli par Ivan Chvat&#237;k, Jan Frei et Jan Puc, Praha, OIKOUMENH, 2014.&lt;br class='autobr' /&gt;
RICOEUR, Paul, &#171; Jan Pato&#269;ka et le nihilisme &#187;, in : &lt;i&gt;Esprit&lt;/i&gt;, no. 166 (11), novembre 1990, pp. 30&#8212;37.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Photographie en t&#234;te d'article : Occupation de Prague en Ao&#251;t 1968.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je tiens &#224; remercier les organisateurs de l'Universit&#233; internationale d'&#233;t&#233; d'avoir rendu possibles les &#233;changes et les rencontres qui sont toujours une tr&#232;s belle source d'inspiration. J'aimerais &#233;galement remercier C&#233;dric Cagnat qui a sugg&#233;r&#233; ma participation &#224; l'UIE au d&#233;part et m'a aid&#233; avec la r&#233;daction de la version finale de ce papier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, trad. par Erika Abrams, Lagrasse, Verdier, 1983, p. 50 ; pour l'&#233;dition tch&#232;que, voir J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Sebran&#233; spisy vol. 2, P&#233;&#269;e o du&#353;i II&lt;/i&gt;, Praha, OIKOUMENH, 1999, p. 184. Dans la suite, je cite l'&#233;dition tch&#232;que dans la forme &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt; pour indiquer le volume des &#339;uvres compl&#232;tes et leur partie, soit &lt;i&gt;PD&lt;/i&gt; pour &lt;i&gt;P&#233;&#269;e o du&#353;i, FS&lt;/i&gt; pour &lt;i&gt;Fenomenologick&#233; spisy&lt;/i&gt;, et le num&#233;ro de volume, pour les d&#233;tails cf. la bibliographie donn&#233;e &#224; la fin du papier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Significativement, le programme du s&#233;minaire est r&#233;sum&#233; au d&#233;but par la phrase : &#171; Ce que je me propose de vous dire aujourd'hui sera moins une le&#231;on &#224; proprement parler qu'une tentative d'introduction aux questions g&#233;n&#233;rales d'orientation dans la situation pr&#233;sente du monde &#187;. Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, p. 9 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 149.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Philosopher, c'est r&#233;fl&#233;chir dans et sur cette situation g&#233;n&#233;rale &#187;. Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, 1983, p. 11 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 151.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, p. 9 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 149.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, p. 99 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 227. Idem., &lt;i&gt;Essais h&#233;r&#233;tiques sur la philosophie de l'histoire&lt;/i&gt;, trad. par Erika Abrams, pr&#233;face de Paul Ricoeur et postface de Roman Jakobson, Lagrasse, Verdier, 1981, p. 92&#8212;93 ; SS-3/PD-3, p. 88.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Et on peut sans doute penser aux mots de Daniel qui r&#234;ve de la statue dont &#171; la t&#234;te [&#8230;] &#233;tait en or pur, sa poitrine et ses bras en argent, son ventre et ses cuisses en bronze, ses jambes en fer, ses pieds en partie en fer et en partie en argile. [&#8230;] Quant &#224; la pierre qui avait frapp&#233; la statue, elle est devenue une grande montagne et a rempli toute la terre &#187; (Da 2,32&#8212;33).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, p. 99 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 227.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour l'instant, soit dit en passant, dans la mesure o&#249; mourir signifie toujours &#233;videmment devenir autre, l&#233;guer ou m&#234;me devenir un h&#233;ritage et o&#249; semblablement h&#233;riter est aussi une alt&#233;ration, cette mort contient peut-&#234;tre pour l'Europe une promesse d'une autre vie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Kwok-Ying Lau, &#171; Pato&#269;kovo pojet&#237; Evropy : interkulturn&#237; &#250;vaha &#187;, in : &lt;i&gt;My&#353;len&#237; Jana Pato&#269;ky o&#269;ima dne&#353;n&#237; fenomenologie&lt;/i&gt;, ed. Ivan Chvat&#237;k, Praha, OIKOYMEH, 2009, p. 475&#8212;492.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Libert&#233; et sacrifice. Ecrits politiques&lt;/i&gt;, trad. par Erika Abrams, Grenoble, Millon, 1990, p. 211 ; &lt;i&gt;SS-3/PD-3&lt;/i&gt;, p. 183.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mencius est un important auteur confucien du d&#233;but du IVe si&#232;cle av. J.C. (dynastie Song). Il est connu pour la doctrine des quatre germes inn&#233;s de la moralit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le texte de ce cours reste &#224; pr&#233;sent in&#233;dit, je me r&#233;f&#232;re &#224; la version num&#233;rique provisoire o&#249; l'Introduction est comment&#233;e pp. 41&#8212;42.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Kant, &lt;i&gt;Qu'est-ce que s'orienter dans la pens&#233;e&lt;/i&gt;, trad. par Alexis Philonenko, pr&#233;face de Ferdinand Alqui&#233;, Paris, Vrin, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &#171; La surcivilisation et son conflit interne &#187;, in : &lt;i&gt;Libert&#233; et sacrifice&lt;/i&gt;, pp. 99&#8212;177 ; &lt;i&gt;SS-1/PD-1&lt;/i&gt;, pp. 243&#8212;302.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il me semble que l'id&#233;e est ici que la force persuasive du discours rationnel ne tient &#224; aucun contexte, qu'il s'impose (avec la &lt;i&gt;Weltanschauung&lt;/i&gt; qui lui correspond) &#224; la croyance d'autrui par lui-m&#234;me, un peu comme &#171; l'id&#233;e vraie &#187; spinozienne, cf. B. Spinoza, &lt;i&gt;Ethique&lt;/i&gt;, trad. par Charles Appuhn, Paris, GF Flammarion, 1965, p. 117.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &#171; La surcivilisation et son conflit interne &#187;, in : &lt;i&gt;Libert&#233; et sacrifice&lt;/i&gt;, pp. 176 ; &lt;i&gt;SS-1/PD-1&lt;/i&gt;, p. 301.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &#171; Fondements spirituels de la vie contemporaine &#187; in : &lt;i&gt;Libert&#233; et sacrifice&lt;/i&gt;, p. 215&#8212;241 ; &#171; L'&#233;poque posteurop&#233;enne et ses probl&#232;mes spirituels &#187; in : &lt;i&gt;L'Europe et apr&#232;s l'Europe&lt;/i&gt;, trad. par Erika Abrams, postface de Marc Cr&#233;pon, Lagrasse, Verdier, 2007, pp. 207&#8212;218 ; &#171; L'Europe et apr&#232;s &#187; in : &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, pp. 37&#8212;136. Pour le texte tch&#232;que, voir &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, pp. 9&#8212;28, 29&#8212;44, 80&#8212;148.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, p. 14 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 156.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G. Barraclough, &lt;i&gt;An Introduction to Contemporary History&lt;/i&gt;, London, New York : C. A. Watts, 1964. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, pp. 10&#8212;12, 29&#8212;33, 85&#8212;87.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;L'Europe et apr&#232;s l'Europe&lt;/i&gt;, p. 46 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, s. 86.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, p. 100 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 228. Abrams traduit ici &#171; nahl&#233;dnut&#237; &#187; par &#171; entrevision &#187;, un choix intriguant et &#224; mon sens tr&#232;s juste quant &#224; la transformation qu'op&#232;re Pato&#269;ka sur le th&#232;me husserlien mais aussi d&#233;j&#224; interpr&#233;tatif et recouvrant l'ambigu&#239;t&#233; de la r&#233;f&#233;rence au professeur fribourgeois, je remplace pour cette raison dans la citation par le mot habituel de l' &#171; intuition &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans le &lt;i&gt;Platonisme n&#233;gatif&lt;/i&gt; de 1953, cette libert&#233; est mise en rapport avec l'Id&#233;e platonicienne. Cf. J. Pato&#269;ka, &#171; Platonisme n&#233;gatif &#187;, in : &lt;i&gt;Libert&#233; et sacrifice&lt;/i&gt;, p. 96 ; &lt;i&gt;SS-1/PD-1&lt;/i&gt;, p. xv.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;L'Europe et apr&#232;s l'Europe&lt;/i&gt;, p. 74 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 106.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. P. Ricoeur, &#171; Jan Pato&#269;ka et le nihilisme &#187;, in : &lt;i&gt;Esprit&lt;/i&gt;, no. 166 (11), novembre 1990, pp. 30&#8212;37.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. R. Barbaras, &lt;i&gt;Le Mouvement de l'existence&lt;/i&gt;, Chatou, Les Editions de la Transparence, 2007. Le co-appara&#238;tre du monde est la condition de possibilit&#233; de tout appara&#238;tre (p. 26), mais comme une &#171; immensit&#233; inapparente &#187; (p. 20), le monde ne se donne que &#171; comme son propre d&#233;faut &#187; (p. 21).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, p. 74 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 205.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, p. 52 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 186.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, p. 85 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 215.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, p. 87 et 91 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, pp. 216 et 220.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;L'Europe apr&#232;s l&#8216;Europe&lt;/i&gt;, p. 40 et 81 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, pp. 82 et 110.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il faut donc, me semble-t-il, voir l'&#233;cart m&#233;taphysique d'abord entre Platon et D&#233;mocrite, mais ensuite &#233;galement &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me de la pens&#233;e de Platon et par cons&#233;quent aussi entre Socrate et Platon avec D&#233;mocrite ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, p. 107 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 233.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &#171; Fondements spirituels de la vie &#224; notre &#233;poque &#187;, in : &lt;i&gt;Libert&#233; et sacrifice&lt;/i&gt;, p. 238 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, p. 98 et 121 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, pp. 226 et 246.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. M. Cr&#233;pon, &#171; Strach, odvaha, hn&#283;v &#187;, in : &lt;i&gt;My&#353;len&#237; Jana Pato&#269;ky o&#269;ima dne&#353;n&#237; fenomenologie&lt;/i&gt;, Ivan Chvat&#237;k (&#233;d.), 2009, p. 428.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, p. 9 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 149.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est-&#224;-dire l'activit&#233; m&#234;me de l'&#226;me qui lui t&#233;moigne de sa capacit&#233; pour la vertu. Pato&#269;ka saisit &#233;videmment l'occasion d'int&#233;grer dans la conception du soin de l'&#226;me les vertus de la &lt;i&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt; qu'il se gardera d'hypostasier en en mentionnant les substantifs. Elles ne sont qu'adjectives, ce qui qualifie l'&#226;me comme mouvement s'accomplissant. Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, pp. 102&#8212;103 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, pp. 230&#8212;231.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, p. 114 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 240.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, p. 114 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 241.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, p. 79 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 210.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Libert&#233; et sacrifice&lt;/i&gt;, p. 88 ; &lt;i&gt;SS-1/PD-1&lt;/i&gt;, p. xv.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. R. Barbaras, &lt;i&gt;Le Mouvement de l'existence&lt;/i&gt;, pp. 7&#8212;28, notamment pp. 7&#8212;12 ; voir &#233;galement la partie /A/ du 4e chapitre dans M. Bernard, &lt;i&gt;Pato&#269;ka et l'unit&#233; pol&#233;mique du monde&lt;/i&gt;, Louvain-La-Neuve, Peeters, 2016, pp. 121&#8212;150.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Libert&#233; et Sacrifice&lt;/i&gt;, p. 176 ; &lt;i&gt;SS-1/PD-1&lt;/i&gt;, p. 301.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, p. 99 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 228.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Essais h&#233;r&#233;tiques sur le Philosophie de l'histoire&lt;/i&gt;, p. 120 ; &lt;i&gt;SS-3/PD-3&lt;/i&gt;, p. 110.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 134 ; &lt;i&gt;SS-3/PD-3&lt;/i&gt;, p. 121.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit. in : P. Ric&#339;ur, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 36.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, p. 97 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 226 ; et &lt;i&gt;Essais h&#233;r&#233;tiques sur la philosophie de l'histoire&lt;/i&gt;, p. 91 ; &lt;i&gt;SS-3/PD-3&lt;/i&gt;, p. 87.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir plus haut la note de bas de page 13. Cf. &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, pp. 10&#8212;12, 29&#8212;31, 85&#8212;87.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Libert&#233; et sacrifice&lt;/i&gt;, p. 217 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Libert&#233; et sacrifice&lt;/i&gt;, p. 223 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-54&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-54&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, p. 17 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 156.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-55&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-55&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Libert&#233; et sacrifice&lt;/i&gt;, p. 211 ; &lt;i&gt;SS-3/PD-3&lt;/i&gt;, p. 183.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-56&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-56&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-56&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;L'Europe apr&#232;s l'Europe&lt;/i&gt;, p. 209 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 38.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-57&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-57&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-57&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;L'Europe apr&#232;s l'Europe&lt;/i&gt;, p. 210 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 39. Pour se convaincre que Pato&#269;ka n'a pas eu tort sur ce point, pensons ici &#224; la doctrine confucienne du &lt;i&gt;Tianxia&lt;/i&gt; et &#224; son renouveau dans des &#233;tudes confuciennes aujourd'hui massivement subventionn&#233;es par le gouvernement chinois, le ph&#233;nom&#232;ne qu'a relev&#233; Joyce C. H. Liu dans sa conf&#233;rence lors de l'Universit&#233; internationale d'&#233;t&#233; &#171; Orient, Orientation, D&#233;sorientation &#187; &#224; l'Universit&#233; Galatasaray &#224; Istanbul le 4 septembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-58&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-58&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-58&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-59&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-59&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-59&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;59&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;L'Europe apr&#232;s l'Europe&lt;/i&gt;, p. 38 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 80.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-60&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-60&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-60&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;60&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pato&#269;ka distingue parmi les composantes de l'&#234;tre-situ&#233; d'un &#234;tre humain les composantes chosique et non-chosique en donnant en exemple des secondes la conscience ou l'inconscience de la situation. Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 151. Le paragraphe concern&#233; fait d&#233;faut dans l'&#233;dition fran&#231;aise. Il aurait figur&#233; (suivante un autre court paragraphe absent dans l'&#233;d. fran&#231;aise) sur la p. 17 apr&#232;s le paragraphe finissant &#171; ce qu'autrefois elle fut &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-61&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-61&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-61&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;61&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, p. 9 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 149.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-62&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-62&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-62&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;62&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, p. 50 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 185.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-63&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-63&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-63&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;63&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-64&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-64&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-64&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;64&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &#171; Des deux fa&#231;ons de philosopher &#187;, in : &lt;i&gt;SS-8.1/FS-3.1&lt;/i&gt;, pp. 9&#8212;14. Le fragment n'est pas encore traduit en fran&#231;ais, je traduis le passage qui me semble &#234;tre de l'importance cl&#233; : &#171; Le travail philosophique se passe sur le fond noir du tragique de l'existence humaine qu'il s'efforce d'&#233;clairer face &#224; l'insistante possibilit&#233; de le densifier encore davantage et le servir jusqu'&#224; la fin. C'est sa situation qu'il en soit conscient ou pas &#187; &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-65&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-65&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-65&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;65&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, p. 21 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 160.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-66&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-66&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-66&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;66&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, p. 10 ; &lt;i&gt;SS-2/PD-2&lt;/i&gt;, p. 228&#8212;229.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Guerre et polemos h&#233;raclit&#233;en dans le sixi&#232;me &#171; essai h&#233;r&#233;tique &#187; de Jan Pato&#269;ka</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=692</link>
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		<dc:date>2018-05-27T08:37:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Adam Pa&#353;ek</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le sixi&#232;me &#171; essai h&#233;r&#233;tique &#187; de Pato&#269;ka se pr&#233;sente comme un discours critique contre la guerre. Pourtant, une lecture plus attentive met en &#233;vidence que la paix n'est pas l'exact contraire de la guerre, comme on pourrait le croire, mais en serait plut&#244;t son prolongement direct. Ainsi la paix ne serait-elle jamais qu'une illusion &#8212; puisque rien ne semble arr&#234;ter la violence envers les humains, les animaux ou la nature. D&#233;masquer cette fausse paix et partir &#224; la conqu&#234;te de la paix (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=16" rel="directory"&gt;Politique et subjectivation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le sixi&#232;me &#171; essai h&#233;r&#233;tique &#187; de Pato&#269;ka se pr&#233;sente comme un discours critique contre la guerre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je remercie Ir&#232;ne Salas pour son attentive lecture et ses pr&#233;cieuses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pourtant, une lecture plus attentive met en &#233;vidence que la paix n'est pas l'exact contraire de la guerre, comme on pourrait le croire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chez Pato&#269;ka, l'opposition guerre/paix est en effet d&#233;clin&#233;e et redoubl&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais en serait plut&#244;t son prolongement direct. Ainsi la paix ne serait-elle jamais qu'une illusion &#8212; puisque rien ne semble arr&#234;ter la violence envers les humains, les animaux ou la nature. D&#233;masquer cette &lt;i&gt;fausse paix&lt;/i&gt; et partir &#224; la conqu&#234;te de la &lt;i&gt;paix v&#233;ritable&lt;/i&gt;, tel est le programme auquel nous convie le philosophe pragois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le chemin s'annonce p&#233;rilleux et jalonn&#233; de surprises : invoquant d'embl&#233;e la c&#233;l&#232;bre formule d'H&#233;raclite, &#171; &lt;i&gt;polemos&lt;/i&gt; est le p&#232;re de toutes choses&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fragment 53, voir H&#233;raclite, Fragments, texte &#233;tabli, traduit, comment&#233; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, le sixi&#232;me essai semble paradoxalement partir en guerre contre lui-m&#234;me. Or c'est par l&#224;, comme le sugg&#232;re la pr&#233;face de Ric&#339;ur, qu'il faut commencer la lecture ou plut&#244;t &#171; la relecture&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Lecteur abordera alors une seconde lecture plus radicale [...] &#187;. (J. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Car la notion de &lt;i&gt;polemos&lt;/i&gt;, loin de relativiser la condamnation de la guerre, m&#232;ne &#224; sa critique r&#233;solue. La guerre serait une instrumentalisation du &lt;i&gt;polemos&lt;/i&gt; et rel&#232;verait d'une fausse compr&#233;hension du monde. La critique pato&#269;kienne de la guerre est donc une critique &#171; cosmologique &#187;, s'appuyant justement sur le caract&#232;re pol&#233;mique de l'unit&#233; du monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. M. Bernard, Pato&#269;ka et l'unit&#233; pol&#233;mique du monde, Louvain, Peeters, 2016.&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un deuxi&#232;me temps, il s'agira de comprendre comment mettre fin &#224; cet &#233;tat de guerre. Je vais montrer qu'il y a au c&#339;ur de ce probl&#232;me une d&#233;termination de tout para&#238;tre, et par l&#224; m&#234;me, de toute r&#233;alit&#233; &#224; partir de la clart&#233;. Appara&#238;tra alors comme solution l'h&#233;ritage de la m&#233;taphore mythologique qui fait voir l'appara&#238;tre de l'opaque et nous met en rapport au monde par-del&#224; l'abstraction rationaliste. Mais peut-on, nous aujourd'hui, encore acc&#233;der &#224; cette m&#233;taphore dans sa vraie puissance ? On d&#233;couvrira que malgr&#233; la pauvret&#233; de l'exp&#233;rience dont l'humain moderne est encore capable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. B. Latour, Face &#224; Ga&#239;a, huit conf&#233;rences sur le nouveau r&#233;gime (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il existe selon Pato&#269;ka un type d'exp&#233;rience qui peut nous confronter &#224; l'enti&#232;ret&#233; du monde, &#224; savoir l'exp&#233;rience de l'&lt;i&gt;&#233;branlement&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de compte, guerre et paix, telles qu'elles sont discut&#233;es dans le sixi&#232;me essai, seront pour nous un pr&#233;texte d'une r&#233;flexion ph&#233;nom&#233;nologique, voire le point de d&#233;part d'une &#233;thique de la libert&#233; et d'une &#233;thique &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;I &#8211; &lt;i&gt;Polemos&lt;/i&gt; h&#233;raclit&#233;en&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Curieuse provocation : comment peut-on, dans un m&#234;me essai critiquer la guerre et en m&#234;me temps pr&#244;ner le &lt;i&gt;polemos&lt;/i&gt; ? Certes, une distinction au moins est &#233;vidente : le &lt;i&gt;polemos&lt;/i&gt; dont parle le fragment d'H&#233;raclite nomme un drame cosmique, tandis que la guerre d&#233;signe un affrontement particulier entre deux ou plusieurs communaut&#233;s humaines. Pourtant, au sein de l'histoire, la guerre n'appara&#238;t-elle pas comme une manifestation &#233;vidente du &lt;i&gt;polemos&lt;/i&gt; ? Dire que ce dernier est le principe du mouvement du monde et de l'histoire, ne reviendrait-il pas, par cons&#233;quent, &#224; donner raison &#224; la guerre ? Celle-ci serait &#224; la fois n&#233;cessaire et &#171; vraie &#187;, soit un moment historique privil&#233;gi&#233; qui ouvrirait l'histoire au mouvement du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;carter ce doute, il faudra d&#233;montrer que loin de les associer, l'auteur avance dans son essai l'opinion oppos&#233;e, &#224; savoir que la guerre n'est pas une assomption du conflit h&#233;raclit&#233;en qui anime l'univers mais le contraire, son reniement. Du reste, cette subtile d&#233;marcation entre la guerre et le &lt;i&gt;polemos&lt;/i&gt; semble d&#233;j&#224; inscrite dans le titre de l'essai : &#171; Les guerres du XXe si&#232;cle et le XXe si&#232;cle comme guerre &#187;. Regardons-le de plus pr&#232;s. Sa premi&#232;re moiti&#233; est factuelle, un sujet d'historien, en somme ; la deuxi&#232;me sugg&#232;re en revanche davantage une sp&#233;culation philosophique. Les deux parties sont reli&#233;es par un &#171; et &#187; qui instaure le suspense singulier du texte. Les guerres du XXe si&#232;cle et le XXe si&#232;cle comme guerre, donc : des guerres du XXe si&#232;cle au XXe si&#232;cle comme guerre. Des guerres, la guerre. Et aussit&#244;t la question nous revient : la &lt;i&gt;guerre-une&lt;/i&gt;, n'est-ce pas cela, le &lt;i&gt;polemos&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons un autre fragment h&#233;raclit&#233;en&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je dois la lecture des fragments d'H&#233;raclite au livre de Zden&#283;k Kratochv&#237;l, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &#171; Il faut savoir que le &lt;i&gt;polemos&lt;/i&gt; est liaison, que la justice est lutte&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fragment 80. Je pr&#233;f&#232;re ici la traduction de Simone Weil &#224; celle de Marcel (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Les choses ne trouvent leur liaison v&#233;ritable qu'agit&#233;es par une lutte, &lt;i&gt;eris&lt;/i&gt;, qu'on peut &#233;galement traduire comme une discorde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir LSJ.&#034; id=&#034;nh5-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il s'ensuit, &#224; mes yeux, que le &#171; &lt;i&gt;polemos&lt;/i&gt; qui unit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;EH, p. 146.&#034; id=&#034;nh5-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; n'est pas une matrice o&#249; les choses atteignent les places qui leur seraient d'avance pr&#233;destin&#233;es ; c'est une &#171; harmonie d'un arc&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Platon, Banquet 187a.&#034; id=&#034;nh5-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; dont l'ordre ne pr&#233;c&#232;de pas l'agencement concret des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le fragment 51, l'harmonie pol&#233;mique des choses est caract&#233;ris&#233;e comme une &lt;i&gt;palintropos harmoni&#232;&lt;/i&gt;, un &#171; ajustement par actions de sens contraire &#187; (suivant la traduction de Conche&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Conche, p. 425.&#034; id=&#034;nh5-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), mais on pourrait aussi dire une &#171; connexion r&#233;versible &#187;, une union qui ne demeure pas la m&#234;me en elle-m&#234;me mais change&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Weil traduit : &#171; changement de c&#244;t&#233; &#187; mais aussi &#171; va et vient &#187; ou &#171; acte (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il doit en &#234;tre ainsi, puisqu'il ne s'agit pas d'une unit&#233; objective &#8212; qui serait encore une chose &#8212;, mais d'une unit&#233; comme &lt;i&gt;pure activit&#233; d'unir&lt;/i&gt;, ainsi que le rel&#232;ve Renaud Barbaras&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R. Barbaras, &#171; Le sens de l'ontologie &#187;, in Le mouvement de l'existence, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il me semble n&#233;anmoins que par rapport &#224; l'analyse plotinienne de Barbaras, il faut, dans le contexte h&#233;raclit&#233;en de &#171; l'essai h&#233;r&#233;tique &#187;, ajouter que pour unir, l'Un doit du m&#234;me diff&#233;rer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le concept de polemos permet d'opposer &#224; l'unit&#233; homog&#232;ne du cosmos (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ceci est illustr&#233; par la m&#233;taphore dont se sert le fragment 64 suivant lequel &#171; la foudre gouverne tout&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Conche, p. 302.&#034; id=&#034;nh5-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ; l'Un r&#233;gnant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fragment 32 et 41, Conche, p. 243 et 241.&#034; id=&#034;nh5-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; serait un &#233;clair qui, pour unir le haut et le bas, divise le ciel en deux et se divise lui-m&#234;me. Il est une diff&#233;rence qui, pour les unir, distingue les choses tout en diff&#233;rant d'elle-m&#234;me. &#171; L'un cosmique, l'Un immanent (il n'y en a pas d'autre&#8230;), est toujours &lt;i&gt;l'un qui est deux&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Conche, p. 244, c'est moi qui souligne.&#034; id=&#034;nh5-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, l'harmonie pol&#233;mique &#8212; seule unit&#233; que l'essai semble permettre &#8212;, n'est pas une unit&#233; qui aurait surplomb&#233; la discorde, subsum&#233;e et supprim&#233;e, mais une unit&#233; &#224; la fois engendr&#233;e dans la discorde et qui engendre la discorde. Ainsi, par exemple, la nuit vaut le jour et sans elle le jour ne serait plus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir fr. 67, Conche, p. 379, &#171; Dieu est jour nuit [&#8230;] &#187;.&#034; id=&#034;nh5-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce jour qui ne serait plus un jour, nous sentons qu'il serait d'une obscurit&#233; plus redoutable que toutes les horreurs nocturnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lib&#233;ration des forces&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivant ces distinctions, qu'en est-il de la guerre selon Pato&#269;ka ? On a dit plus haut qu'elle reniait le &lt;i&gt;polemos&lt;/i&gt; dont on sait, d&#233;sormais, qu'il est cr&#233;ateur de l'harmonie. Cette harmonie pol&#233;mique se fait dans et de la discorde. En somme, elle n'a pas pour principe une forme identique qui rassemble les &#233;tants dans une hi&#233;rarchie universelle des ressemblances, mais une dissemblance diff&#233;rante qui les agence dans un jeu cosmique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir fr. 52. Cf. Conche, p. 446.&#034; id=&#034;nh5-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'origine des guerres du XXe si&#232;cle (qui en ont fait un si&#232;cle de guerres), il y a selon Pato&#269;ka une &#171; compr&#233;hension de l'&#234;tre comme force&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;EH, p. 134.&#034; id=&#034;nh5-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Expliquer en d&#233;tail le sens de cette expression nous ferait d&#233;vier de notre sujet ; mais il vaut toutefois la peine de rappeler bri&#232;vement que l'&#234;tre signifie pour Pato&#269;ka le mouvement qui fait appara&#238;tre les &#233;tants comme des choses distinctes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R. Barbaras, Le mouvement de l'existence, Chatou : Les &#201;ditions de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si ce mouvement est compris comme la force, chaque &#233;tant sera une certaine formation de cette derni&#232;re &#8212; un cristal qui, droitement agenc&#233;, peut livrer la force qu'il cache.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette compr&#233;hension, cette conception, a, nous dit-on, son origine dans le tournant cart&#233;sien de la philosophie. Cette derni&#232;re &#233;tait d'abord &#171; encombr&#233;e &#187; dans des vieux concepts m&#233;taphysiques tels que la substance, les accidents, etc. Mais l'&#233;mergence de la science m&#233;canique a finalement rendu possible une lib&#233;ration pl&#233;ni&#232;re des forces, la transformation de tout &#233;tant en un r&#233;servoir d'&#233;nergie disponible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essence de ce projet est d'embl&#233;e positive. Il a pour but une universalisation de la disponibilit&#233; de l'&#233;tant. Dans le monde o&#249; il serait accompli, toute opacit&#233; des choses serait &#233;radiqu&#233;e, tout se plierait aux besoins de l'humanit&#233;. Dispara&#238;trait alors tout ce qui est de l'ordre du &#171; nocturne &#187;, oppos&#233; &#224; l'ordre &#171; diurne &#187; de la culture. Il s'agit d'une vraie r&#233;alisation de l'humanisme, d'une compl&#232;te m&#233;diation du monde par la culture. On peut y voir &#233;galement le probl&#232;me du passage au stade plan&#233;taire de l'humanit&#233; qu'annonce, selon Heidegger, le Zarathoustra de Nietzsche et qui est actuellement discut&#233; par Bruno Latour&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M. Heidegger, &#171; Qui est Zarathoustra de Nietzsche ? &#187;, in Essais et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour filer la m&#233;taphore pato&#269;kienne, dans le monde ainsi transform&#233; par l'humain, la lumi&#232;re se r&#233;pandrait sans limite : &#171; la perspective de la paix, de la vie et du jour &#187;, &#233;crit-il, &#171; est sans fin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;EH, p. 142.&#034; id=&#034;nh5-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette vision aura aussi un envers. En effet, Pato&#269;ka affirme que cette &#171; transformation &#233;nerg&#233;tique du monde &#187; ne pouvait &#171; se faire que par voie de guerre &#187;, parce que &#171; le schisme est un grand moyen que la Force [...] emploie pour faciliter son passage de la virtualit&#233; &#224; l'actualit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;EH, p. 134.&#034; id=&#034;nh5-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il semble alors que la force lumineuse aurait ensorcel&#233; l'humanit&#233; par des fausses promesses. &#192; l'endroit du d&#233;ploiement de la vie sans contrainte, sa lib&#233;ration aurait men&#233; &#8212; et c'est l&#224; un paradoxe consid&#233;rable &#8212; &#224; la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la paix guerri&#232;re &#224; la paix &#171; pol&#233;mique &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, la distinction entre le principe du &lt;i&gt;polemos&lt;/i&gt; et la guerre para&#238;t se perdre &#224; nouveau. Dans les deux cas, une division appel&#233;e tant&#244;t &#171; discorde &#187;, tant&#244;t &#171; schisme &#187; fait na&#238;tre une nouvelle unit&#233;. O&#249; donc est la diff&#233;rence ? Elle doit r&#233;sider dans la relation entre la discorde et l'unit&#233; dans l'un et dans l'autre cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a vu que le &lt;i&gt;polemos&lt;/i&gt; est &#224; l'origine d'une harmonie qui est elle-m&#234;me pol&#233;mique. Le conflit n'est pas, dans la vision h&#233;raclit&#233;enne que Pato&#269;ka prend &#224; son compte, un moyen pour parvenir &#224; l'harmonie qui va lui succ&#233;der. En revanche, il est son essence m&#234;me. L'affrontement des forces contraires ne supprime pas leur discorde. L'&#233;limination de la discorde serait du m&#234;me coup une suppression de l'harmonie : &lt;i&gt;il n'y a que la discorde qui accorde&lt;/i&gt;. Or c'est pr&#233;cis&#233;ment cette suppression qui va d&#233;terminer, tel un &lt;i&gt;telos&lt;/i&gt;, la machine de la guerre. Elle n'est pas un agencement des choses divergentes, cr&#233;ateur de &#171; l'harmonie d'un arc &#187; ; elle n'est qu'un moyen d'int&#233;grer ceux qui r&#233;sistent dans un organisme totalisant. Elle est projet&#233;e &#224; partir de l'unit&#233; et non &#224; partir de la discorde diversifiante. En tant que discorde, elle n'est qu'une &#171; g&#234;ne &#187; regrettable, &#171; un hiatus d&#233;sagr&#233;able mais n&#233;cessaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;EH, p. 130.&#034; id=&#034;nh5-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. &#192; l'encontre de ce qui pouvait sembler &#234;tre le cas, le principe dont rel&#232;ve la guerre du XXe si&#232;cle, le XXe si&#232;cle comme guerre, n'est d&#233;finitivement &lt;i&gt;pas&lt;/i&gt; le &lt;i&gt;polemos&lt;/i&gt;. Au contraire, le &lt;i&gt;polemos&lt;/i&gt; y est soumis &#224; un autre principe, tel un instrument, un moyen terme qui m&#233;diatise une unit&#233; qui le surpasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le mouvement par lequel les choses se distinguent et se d&#233;coupent, ce n'est pas la discorde cosmique. Le but de la guerre n'est-il pas la conqu&#234;te ? La suppression de la diff&#233;rence en for&#231;ant l'Autre &#224; s'unir &#224; un nouveau corps social ? C'est dans ce sens que la guerre veut en finir avec le &lt;i&gt;polemos&lt;/i&gt; en parvenant &#224; une unit&#233; par exclusion de la discorde. &#192; la place de l'harmonie pol&#233;mique des discordants qui laisse ses &#233;l&#233;ments &#234;tre ce qu'ils sont dans un ajointement libre, la guerre est une imposition violente d'un principe unique de l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne revient-il pas &#224; dire que la guerre ressortit &#224; une certaine compr&#233;hension de la paix, &#224; savoir d'une paix d&#233;termin&#233;e par &#233;limination de la division ? Et qu'en cela, elle est enti&#232;rement redevable &#224; son but v&#233;ritable, &#224; savoir la lib&#233;ration des forces ? C'est dans cette paix que la force pourra pleinement &#233;clore, dans un espace dont &#233;taient purg&#233;s tout obstacle, toute diff&#233;rence : &#171; [c'est] la paix qui r&#232;gne dans la volont&#233; de guerre &#187;, r&#233;sume Pato&#269;ka&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;EH, p. 139.&#034; id=&#034;nh5-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette paix s'av&#232;re &#234;tre, paradoxalement, une &lt;i&gt;paix guerri&#232;re&lt;/i&gt;. Cela n'a donc pas de sens de parler des &#171; objectifs de la guerre &#187;, car &#171; il s'agit des objectifs de la paix, des objectifs bien s&#251;r de la &lt;i&gt;pax teutonica&lt;/i&gt; ou de la &lt;i&gt;pax americana&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;EH, p. 135.&#034; id=&#034;nh5-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. On le voit bien ici, la &#171; paix guerri&#232;re &#187; est toujours un projet de faire valoir une communaut&#233; sur une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus haut, on a vu que c'est de la compr&#233;hension de l'&#234;tre comme force que le XIXe si&#232;cle comme guerre est le r&#233;sultat. Cette compr&#233;hension &#233;tait li&#233;e &#224; la normalisation de la clart&#233; et au passage de l'humanit&#233; &#224; son stade plan&#233;taire. L'humanisation du monde, c'est bien &#233;videment aussi une mondialisation de l'humanit&#233; &#8212; mais de laquelle ? Pour que l'humanit&#233; puisse devenir mondiale, il doit d'abord y avoir une humanit&#233; universelle. Or pour cela, une certaine humanit&#233;, ne doit-elle pas forc&#233;ment imposer son h&#233;g&#233;monie aux autres ? C'est suivant la m&#234;me logique que Pato&#269;ka a esquiss&#233;, dans un essai r&#233;dig&#233; dans les ann&#233;es 50, d'une part, l'&#233;volution de la culture particuli&#232;re en civilisation, qui s'universalise par des moyens particuliers ; et d'autre part, l'&#233;volution de la culture particuli&#232;re en sur-civilisation, qui s'universalise par les moyens universels, &#224; savoir rationnels&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Pato&#269;ka, &#171; La surcivilisation et son conflit interne &#187;, in : Libert&#233; et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est d&#233;j&#224; dans ce texte qu'il a observ&#233; que scission de la &lt;i&gt;sur-civilisation&lt;/i&gt; en deux, &#224; savoir l'occidentale et la sovi&#233;tique, montre que l'universalit&#233;, si elle existe, n'est pas rationnelle (dans le sens de la rationalit&#233; objective, positive)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 177.&#034; id=&#034;nh5-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la lumi&#232;re des consid&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes, il est manifeste que la guerre est une cons&#233;quence de la politique du d&#233;saveu du &lt;i&gt;polemos&lt;/i&gt; cosmique, puisque c'est le &lt;i&gt;polemos&lt;/i&gt; qui dit la v&#233;rit&#233; des &#233;tants : pour &#234;tre ce qu'ils sont, ils doivent rester en mouvement. Ils s'&#233;panouissent, c'est-&#224;-dire deviennent ce qu'ils peuvent &#234;tre, dans leurs diff&#233;rences, et par cons&#233;quent dans leurs diff&#233;rends. La paix qui veut se r&#233;aliser en supprimant leur discorde, doit leur faire en quelque sorte violence, c'est-&#224;-dire les faire taire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une int&#233;ressante tentative d'une th&#233;orie ph&#233;nom&#233;nologique de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, on comprend bien que le &lt;i&gt;polemos&lt;/i&gt; doit r&#233;solument &#234;tre oppos&#233; &#224; la guerre. Confondre la guerre avec le &lt;i&gt;polemos&lt;/i&gt;, ce serait prendre des flammes terrestres pour le feu cosmique, cher &#224; H&#233;raclite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. fr. 30, Conche, p. 279.&#034; id=&#034;nh5-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La vraie paix, non pas qui abolirait la violence mais qui ne serait pas fond&#233;e sur la violence, ne peut advenir qu'en vue du &lt;i&gt;polemos&lt;/i&gt;, soit &#224; partir de l'Un qui unit en diff&#233;rant. Au lieu d'&#233;chapper par la guerre au &lt;i&gt;polemos&lt;/i&gt;, elle doit d&#233;passer la guerre par le &lt;i&gt;polemos&lt;/i&gt; ; elle doit &#234;tre en quelque sorte une paix &#171; pol&#233;mique &#187;. Mais comment se figurer un tel d&#233;passement ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;II &#8211; M&#233;taphores diurne et nocturne&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avant de poursuivre plus en avant notre analyse, un petit r&#233;sum&#233; s'impose : a) La guerre est une cons&#233;quence de la mise en &#339;uvre de la compr&#233;hension de l'&#234;tre comme force ; b) La lib&#233;ration des forces en laquelle cette compr&#233;hension s'exprime ne peut se faire que par le moyen de la guerre qui br&#251;le ce qui, dans des &#233;tants, s'oppose &#224; leur int&#233;gration en un organisme unitaire du complexe &#233;nerg&#233;tique ; c) Cette guerre aboutit &#224; la fin &#224; une sorte de paix, mais celle-ci n'est qu'un masque qui cache la violence par laquelle les &#233;tants (la nature et les hommes), &#233;taient forc&#233;s de devenir des rouages dans la machine &#224; l'&#233;nergie infinie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;EH, p. 143.&#034; id=&#034;nh5-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept qui relie ces trois &#233;l&#233;ments &#8212; &#224; savoir, la compr&#233;hension de l'&#234;tre comme force, la guerre et le complexe &#233;nerg&#233;tique &#8212;, c'est une suppression de la diversit&#233;, une unit&#233; impos&#233;e qu'il faut, pour relier avec les r&#233;flexions introductives sur le &lt;i&gt;polemos&lt;/i&gt; h&#233;raclit&#233;en, opposer &#224; l'harmonie pol&#233;mique des choses. Elle unifie tout sous le signe de la force au lieu de &#171; distinguer chaque chose selon sa nature&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. fr. 1, Conche, p. 29.&#034; id=&#034;nh5-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Elle repr&#233;sente une compr&#233;hension de l'&#234;tre qui cherche &#224; faire entrer tout dans une organisation unitaire faisant ainsi violence aussi bien &#224; la nature qu'aux animaux et aux gens. &#192; cela r&#233;pond un r&#233;tr&#233;cissement de l'ouverture au r&#233;el qui le d&#233;termine comme ce qui peut &#234;tre amen&#233; &#224; se manifester de fa&#231;on claire et distincte, en excluant tout ce qui ne se montre de soi que comme opaque &#8212; le &#171; nocturne &#187; dont parle Pato&#269;ka. La solution, ne serait-elle donc pas de faire valoir l'opaque et le nocturne pour ce qu'ils sont, en tant qu'ils se montrent ? L'opacit&#233; n'aurait pas pour le sens d'&#234;tre simplement une privation de lumi&#232;re mais serait dot&#233;e de son propre sens positif sp&#233;cifique ; ne serait pas une n&#233;gation de la monstration mais une de ses modalit&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Pato&#269;ka, Platon et l'Europe, Lagrasse, Verdier, 1983, p. 82 ; SS, vol. 2, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Suivant ma proposition, cette positivit&#233; de l'opaque &#233;claircirait &#233;galement la positivit&#233; de la discorde, son essentielle productivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle valorisation du n&#233;gatif, on la retrouve dans ce qu'&#233;crit Pato&#269;ka sur la pens&#233;e mythique. Selon le philosophe, c'est en effet cette derni&#232;re qui maintiendrait l'ouverture du monde humain au monde, qui contrecarrerait en lui sa tendance &#224; se renfermer sur soi-m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Pato&#269;ka, Libert&#233; et sacrifice, Grenoble, Million, 1990, p. 231.&#034; id=&#034;nh5-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pato&#269;ka le montre notamment sur l'exemple (assez curieux) du roman tch&#232;que du XIXe si&#232;cle intitul&#233; &lt;i&gt;Grand-m&#232;re&lt;/i&gt; : bien que la culture, l'habitation humaine du monde soit diurne, il demeure en elle un pressentiment du &#171; nocturne &#187;, de tous ces aspects par lesquels le monde &#233;chappe &#224; la m&#233;diation de la culture&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Pato&#269;ka, Platon et l'Europe, op. cit., p. 53 et 64.&#034; id=&#034;nh5-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce sentiment agit comme une inqui&#233;tude &#224; l'int&#233;rieur de la culture. Pour ce faire, il doit lui-m&#234;me repr&#233;senter dans la culture quelque chose qui ne se laisse pas int&#233;grer dans la logique diurne. Il s'agit donc d'un sentiment dont l'affectivit&#233; n'est r&#233;ductible &#224; aucune th&#233;orisation mais n'est accessible que par la parole m&#233;taphorique du mythe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or c'est &#171; dans cette &lt;i&gt;opposition&lt;/i&gt; [du diurne et du nocturne] que se tient la concr&#233;tion de la vie humaine. Sans cette opposition, nous ne vivons pas. [&#8230;] Le &lt;i&gt;probl&#232;me du monde mythique&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire de notre vie, c'est &lt;i&gt;le rapport entre les deux contraires&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 54 ; SS, vol. 2, p. 187.&#034; id=&#034;nh5-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. En d&#233;pit d'un nombre de passages qui pourraient nous faire croire que le mythe est quelque chose de r&#233;volu, qui le d&#233;crivent comme un sommeil dont la philosophie est un r&#233;veil, on voit ici que c'est lui et seulement lui qui r&#233;v&#232;le le probl&#232;me de l'opposition du diurne et du nocturne. Si elle est exprim&#233;e dans le sixi&#232;me essai par le concept essentiellement m&#233;taphorique du &lt;i&gt;polemos&lt;/i&gt;, il faut y voir une reconnaissance d'un &lt;i&gt;irr&#233;ductible h&#233;ritage du mythe dans la philosophie&lt;/i&gt;. Le mythe est ainsi pour Pato&#269;ka proprement ind&#233;passable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est peut-&#234;tre sur ce point que la philosophie de l'histoire pato&#269;kienne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au risque d'&#234;tre h&#233;r&#233;tique &#224; l'&#233;gard de l'h&#233;r&#233;sie de Pato&#269;ka m&#234;me, j'aimerais en conclure provisoirement que la philosophie, pour pouvoir encore parler de &lt;i&gt;ce qui importe&lt;/i&gt;, &#224; savoir du &#171; monde concr&#232;tement exp&#233;riment&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Pato&#269;ka, Platon et l'Europe, op. cit., p. 53 ; SS, vol. 2, p. 186.&#034; id=&#034;nh5-40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, doit rester en de&#231;&#224; d'elle-m&#234;me, &#224; mi-chemin, &#233;cartel&#233;e entre la pens&#233;e m&#233;taphorique du mythe et la r&#233;flexion rationnelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la signification de la m&#233;taphore (&#171; m&#233;taphore ontologique &#187;) dans et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour Jean-Claude Gens, du reste, &#171; Pato&#269;ka relativise lui-m&#234;me le renvoi du mythe &#224; un pass&#233; imm&#233;morial, &#224; ce qui a toujours d&#233;j&#224; &#233;t&#233; donn&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J.-C. Gens, &#171; La v&#233;rit&#233; du mythe &#187;, in : N. Frogneux (dir.), Jan Pato&#269;ka. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire &#224; la fermeture au questionnement et &#224; la passivit&#233; devant le myst&#232;re du monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 226 et 233.&#034; id=&#034;nh5-43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si, dans le mod&#232;le initial, la philosophie est un r&#233;veil &#224; une libre interrogation du sens accept&#233; passivement dans le mythe, il s'av&#232;re qu'elle &#171; pr&#233;suppose donc ce sens, puisqu'elle le r&#233;fl&#233;chit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 235.&#034; id=&#034;nh5-44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Simplement se r&#233;veiller n'est donc pas suffisant ; encore faut-il se souvenir de quoi on a r&#234;v&#233; pour bien comprendre la r&#233;alit&#233; qui s'offre &#224; nous une fois les yeux ouverts. Le monde commun pour tous en d&#233;pit des diff&#233;rences entre les mondes historiques qu'ils habitent, ne se donne que comme un noyau probl&#233;matique du monde, comme un myst&#232;re et comme une nuit imp&#233;n&#233;trable &#8211; dans la m&#233;taphore mythologique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 236.&#034; id=&#034;nh5-45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Comprendre ce dont il y va&#8230;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. EH, 144.&#034; id=&#034;nh5-46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais est-ce pour nous v&#233;ritablement une possibilit&#233; ? D'apr&#232;s ce que dit Pato&#269;ka dans &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, &#171; nous sommes tellement rationalis&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Pato&#269;ka, Platon et l'Europe, op. cit, p. 53 ; SS, vol. 2, p. 186.&#034; id=&#034;nh5-47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; que la manifestation mythique du c&#244;t&#233; &#171; nocturne &#187; (de cette autre face) du monde ne nous est plus accessible. Du point de vue du sixi&#232;me &#171; essai h&#233;r&#233;tique &#187;, cela signifie qu'on est emp&#234;tr&#233;s dans le syst&#232;me des valeurs humanistes au point d'&#234;tre compl&#232;tement ferm&#233;s &#224; la &#171; clart&#233; &#187; du nocturne, &#224; sa capacit&#233; de nous ouvrir &#224; l'essence pol&#233;mique du monde. N'y a-t-il donc point d'issue ? Pato&#269;ka en propose pourtant une et la nomme &#171; &#233;branlement &#187;. Il s'agit d'une exp&#233;rience de privation momentan&#233;e de toute perspective, de toute promesse de futur assur&#233;, de tout espoir en une vie normale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;EH, p. 140.&#034; id=&#034;nh5-48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Autrement dit, tout moyen de prolongement de la vie ou de relativisation de la mort &#224; travers la prog&#233;niture &#8212; qu'il soit l'&#339;uvre commune dans la soci&#233;t&#233;, ou relay&#233; des id&#233;aux auxquels on soumet notre individualit&#233; &#8212;, tout cela dispara&#238;t. Or ce qui appara&#238;t, c'est la finitude humaine face au monde qui d&#233;passe tout le monde humain historique, et avec cette finitude, paradoxalement, la libert&#233; absolue, c'est-&#224;-dire la capacit&#233; d'agir qui a son sens en soi et n'est rapport&#233; &#224; aucune possibilit&#233; de vie ult&#233;rieure&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid, p. 139.&#034; id=&#034;nh5-49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est pourquoi Pato&#269;ka peut dire que l'humain &#233;branl&#233; est celui qui &#171; comprend ce dont il y va dans l'histoire &#187;, &#224; savoir de cette plus haute possibilit&#233; humaine et, en derni&#232;re instance, de la r&#233;sistance &#224; la Force&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid, p. 145.&#034; id=&#034;nh5-50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il importe enfin de se poser la redoutable question &#224; laquelle le sixi&#232;me &#171; essai h&#233;r&#233;tique &#187; nous confronte : la paix v&#233;ritable n'est depuis la r&#233;volution industrielle ou depuis la premi&#232;re guerre mondiale pas possible que dans un d&#233;passement du syst&#232;me des valeurs positives&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid, p. 135.&#034; id=&#034;nh5-51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, est-ce de dire que nous sommes encore en guerre ? Pour Pato&#269;ka, lorsqu'il r&#233;dige les &lt;i&gt;Essais h&#233;r&#233;tiques&lt;/i&gt; en 1975, cela ne fait pas de doute, or &#224; l'&#233;poque, bien que l'&#233;tat de guerre f&#251;t dissimul&#233;, il y avait pourtant un rideau de fer qui divisait le monde en deux partis oppos&#233;s. Dans la mesure o&#249; ceci ne s'applique pas au monde d'aujourd'hui, on ne peut gu&#232;re d&#233;terminer sans sp&#233;culation si la guerre &#233;voqu&#233;e par Pato&#269;ka est achev&#233;e ou non. A moins qu'il ne s'agisse, comme il l'&#233;crit lui-m&#234;me, d'une &#171; guerre en forme d'une demi-paix &#187; : &#171; L&#224; o&#249; nous croyons la dominer et pouvoir nous fier &#224; la s&#233;curit&#233; qu'elle nous promet, nous sommes en r&#233;alit&#233; dans un stade de d&#233;mobilisation, en train de perdre la guerre qui a chang&#233; insidieusement de forme mais n'a point cess&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid, p. 142.&#034; id=&#034;nh5-52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Malgr&#233; les apparences, cette guerre est tout aussi capable de ruiner les vies&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid, p. 143.&#034; id=&#034;nh5-53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, nous dit Pato&#269;ka, or cela veut dire qu'elle suscite &#233;galement l'exp&#233;rience de l'&#233;branlement et qu'elle n'est donc pas sans issue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre cela plus pr&#233;cis&#233;ment, il faut s'imaginer une multiplicit&#233; des fronts sur lesquels on est appel&#233;s &#224; r&#233;sister &#224; la Force. On a vu qu'il lui est propre d'ignorer la finitude de la vie humaine et que l'augmentation de la vie qu'elle vise se fait au d&#233;triment des individus. Il appara&#238;t aujourd'hui qu'avec cela va de paire l'insensibilit&#233; &#224; la finitude du monde humain ou humainement habitable, de la plan&#232;te Terre. Plus haut, on a mentionn&#233; l'id&#233;e de l'Anthropoc&#232;ne ; or c'est justement cette derni&#232;re qui pr&#233;sente une tentative d'exprimer le sens positif de cette finitude. Si le monde dans lequel nous vivons est fini, que cela signifie-t-il ? Que la cha&#238;ne des cons&#233;quences de nos actes va finir par nous tomber dessus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. B. Latour, Face &#224; Ga&#239;a, op. cit., p. 183.&#034; id=&#034;nh5-54&#034;&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'arriv&#233;e de l'Anthropoc&#232;ne signifie que cette boucle s'est ferm&#233;e, qu'on ne peut plus se repr&#233;senter le monde comme divinement indiff&#233;rent &#224; nos actions, que le monde &lt;i&gt;devient sensible&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. B. Latour, Face &#224; Ga&#239;a, op. cit., p. 186.&#034; id=&#034;nh5-55&#034;&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Accueillir, laisser para&#238;tre cette sensibilit&#233;, n'est-ce peut-&#234;tre en cela que consiste aujourd'hui la charge des &#171; &#233;branl&#233;s &#187; de Pato&#269;ka, de &#171; ceux qui comprennent de quoi il y va dans l'histoire &#187; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je remercie Ir&#232;ne Salas pour son attentive lecture et ses pr&#233;cieuses suggestions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chez Pato&#269;ka, l'opposition guerre/paix est en effet d&#233;clin&#233;e et redoubl&#233;e par les oppositions nuit/jour et mort/vie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fragment 53, voir H&#233;raclite, &lt;i&gt;Fragments&lt;/i&gt;, texte &#233;tabli, traduit, comment&#233; par M. Conche, Paris, PUF, 1986, p. 441. Je cite les fragments d'H&#233;raclite dans la traduction de Marcel Conche. L&#224; o&#249; &#171; guerre &#187; traduit &#171; polemos &#187;, je laisse le mot grec pour des raisons de compr&#233;hension. La num&#233;rotation des fragments suit l'&#233;dition Diels-Kranz.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Lecteur abordera alors une seconde lecture plus radicale [...] &#187;. (J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Essais h&#233;r&#233;tiques sur la philosophie de l'histoire&lt;/i&gt;, Lagrasse, Verdier, 1981, traduit par Erika Abrams, pr&#233;face de Paul Ric&#339;ur, postface de Roman Jakobson, p. 8, dor&#233;navant cit&#233; comme EH).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. M. Bernard, &lt;i&gt;Pato&#269;ka et l'unit&#233; pol&#233;mique du monde&lt;/i&gt;, Louvain, Peeters, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. B. Latour, &lt;i&gt;Face &#224; Ga&#239;a, huit conf&#233;rences sur le nouveau r&#233;gime climatique&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions La D&#233;couverte, 2015, p. 143. &#171; Un humain r&#233;duit &#224; un tout petit nombre de comp&#233;tence intellectuelles, dot&#233; d'un cerveau capable de faire de simples calculs de capitalisation et de consommation, auquel on attribue un tout petit nombre de d&#233;sirs et que l'on est enfin parvenu &#224; convaincre de se prendre vraiment pour un individu, au sens atomique du mot &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je dois la lecture des fragments d'H&#233;raclite au livre de Zden&#283;k Kratochv&#237;l, D&#233;lsk&#253; pot&#225;p&#283;&#269; (publi&#233; &#224; Prague, Hermann a synov&#233;, 2006), soit &#171; Plongeur d&#233;lien &#187; en fran&#231;ais, et au cours qu'il a donn&#233; sur le m&#234;me sujet &#224; la facult&#233; des lettres de l'Universit&#233; de Charles en automne 2013. Vu que n'existe aucune traduction du livre, je dispense le lecteur des r&#233;f&#233;rences plus d&#233;taill&#233;es, d'autant plus que je puise de l'esprit globale de l'interpr&#233;tation et ne saurais gu&#232;re pointer des endroits concrets dans le texte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fragment 80. Je pr&#233;f&#232;re ici la traduction de Simone Weil &#224; celle de Marcel Conche. Son usage du mot &#171; liaison &#187; pour traduire &#171; &lt;i&gt;xunon&lt;/i&gt; &#187; rend &#224; mes yeux mieux que le &lt;i&gt;polemos&lt;/i&gt; unit parce qu'il est commun &#224; toutes choses. (S. Weil, &lt;i&gt;La source grecque&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 1953, p. 155).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir LSJ.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;EH&lt;/i&gt;, p. 146.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Platon, &lt;i&gt;Banquet&lt;/i&gt; 187a.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Conche, p. 425.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Weil traduit : &#171; changement de c&#244;t&#233; &#187; mais aussi &#171; va et vient &#187; ou &#171; acte de tourner &#187; (S. Weil, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 152).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R. Barbaras, &#171; Le sens de l'ontologie &#187;, in &lt;i&gt;Le mouvement de l'existence&lt;/i&gt;, Chatou, Les &#201;ditions de la transparence, 2007, p. 45-60.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le concept de &lt;i&gt;polemos&lt;/i&gt; permet d'opposer &#224; l'unit&#233; homog&#232;ne du cosmos harmonieux mais subordonn&#233; &#224; un principe extramondain d'Aristote, dans lequel le n&#233;gatif est toujours signe d'un moindre &#234;tre et le mouvement index&#233; au telos positif qu'il r&#233;alise, une autre unit&#233; plus profonde et du n&#233;gatif, du possible et du donn&#233; : une unit&#233; cosmique &#8220;qui ne divise pas mais unit&#8221; &#187; (M. Bernard, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 252).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Conche, p. 302.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fragment 32 et 41, Conche, p. 243 et 241.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Conche, p. 244, c'est moi qui souligne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir fr. 67, Conche, p. 379, &#171; Dieu est jour nuit [&#8230;] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir fr. 52. Cf. Conche, p. 446.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;EH&lt;/i&gt;, p. 134.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R. Barbaras, &lt;i&gt;Le mouvement de l'existence&lt;/i&gt;, Chatou : Les &#201;ditions de la transparence, 2007, p. 30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M. Heidegger, &#171; Qui est Zarathoustra de Nietzsche ? &#187;, in &lt;i&gt;Essais et conf&#233;rences&lt;/i&gt;, trad. par Andr&#233; Pr&#233;au et pr&#233;f. par Jean Beaufret, Paris, Gallimard, 1958, p. 116&#8212;147 ; B. Latour, &lt;i&gt;Face &#224; Ga&#239;a, huit conf&#233;rences sur le nouveau r&#233;gime climatique&lt;/i&gt;, Paris, La D&#233;couverte, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;EH&lt;/i&gt;, p. 142.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;EH&lt;/i&gt;, p. 134.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;EH&lt;/i&gt;, p. 130.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;EH&lt;/i&gt;, p. 139.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;EH&lt;/i&gt;, p. 135.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Pato&#269;ka, &#171; La surcivilisation et son conflit interne &#187;, in : &lt;i&gt;Libert&#233; et sacrifice&lt;/i&gt;, Grenoble, Millon, 1990, p. 99-177.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 177.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une int&#233;ressante tentative d'une th&#233;orie ph&#233;nom&#233;nologique de la violence voir : M. Staudigl, &#171; Sens d&#233;truit, nous bris&#233;, monde retir&#233; &#187;, in : N. Frogneux (dir.), &lt;i&gt;Jan Pato&#269;ka. Libert&#233;, existence et monde commun&lt;/i&gt;, Louvain, Le Cercle Herm&#233;neutique &#201;diteur, 2012, p. 65-84.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. fr. 30, Conche, p. 279.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;EH&lt;/i&gt;, p. 143.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. fr. 1, Conche, p. 29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, Lagrasse, Verdier, 1983, p. 82 ; SS, vol. 2, p. 211.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Libert&#233; et sacrifice&lt;/i&gt;, Grenoble, Million, 1990, p. 231.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 53 et 64.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 54 ; SS, vol. 2, p. 187.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est peut-&#234;tre sur ce point que la philosophie de l'histoire pato&#269;kienne s'av&#232;re anti-h&#233;g&#233;lienne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Platon et l'Europe&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 53 ; SS, vol. 2, p. 186.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur la signification de la m&#233;taphore (&#171; m&#233;taphore ontologique &#187;) dans et pour le mythe, voir &lt;i&gt;EH&lt;/i&gt;, p. 46.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J.-C. Gens, &#171; La v&#233;rit&#233; du mythe &#187;, in : N. Frogneux (dir.), &lt;i&gt;Jan Pato&#269;ka. Libert&#233;, existence et monde commun&lt;/i&gt;, Louvain : Le Cercle Herm&#233;neutique &#201;diteur, 2012, p. 234.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 226 et 233.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 235.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 236.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;EH&lt;/i&gt;, 144.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Pato&#269;ka, &lt;i&gt;Platon et l'Europe, op. cit&lt;/i&gt;, p. 53 ; SS, vol. 2, p. 186.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;EH&lt;/i&gt;, p. 140.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;, p. 139.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;, p. 145.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;, p. 135.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;, p. 142.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;, p. 143.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-54&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-54&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. B. Latour, &lt;i&gt;Face &#224; Ga&#239;a, op. cit.&lt;/i&gt;, p. 183.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-55&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-55&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. B. Latour, &lt;i&gt;Face &#224; Ga&#239;a, op. cit.&lt;/i&gt;, p. 186.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>La production de l'ignorance. Carnet de bord</title>
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		<dc:date>2018-05-13T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Adam Pa&#353;ek</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le voyage de Paris &#224; Fertans dans la voiture de F&#233;lix fut fort agr&#233;able, avec un paysage couvert par la neige pendant la premi&#232;re moiti&#233; du trajet, on s'&#233;tonna combien tout est pareil, recouvert par cette beaut&#233;. Puis vint le cr&#233;puscule et du coup ce sont toujours des nouvelles perspectives sur le noir imp&#233;n&#233;trable de la nuit qui se succ&#233;d&#232;rent pour nous distraire. Une fois arriv&#233;s au g&#238;te, quelle joie, tout de suite des verres et des cigarettes discr&#232;tement fum&#233;es la t&#234;te dans la chemin&#233;e. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=31" rel="directory"&gt;&#034;Voyons o&#249; la philo m&#232;ne&#034;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le voyage de Paris &#224; Fertans dans la voiture de F&#233;lix fut fort agr&#233;able, avec un paysage couvert par la neige pendant la premi&#232;re moiti&#233; du trajet, on s'&#233;tonna combien tout est pareil, recouvert par cette beaut&#233;. Puis vint le cr&#233;puscule et du coup ce sont toujours des nouvelles perspectives sur le noir imp&#233;n&#233;trable de la nuit qui se succ&#233;d&#232;rent pour nous distraire. Une fois arriv&#233;s au g&#238;te, quelle joie, tout de suite des verres et des cigarettes discr&#232;tement fum&#233;es la t&#234;te dans la chemin&#233;e. On sort des biscuits v&#233;g&#233;taliens, on ressert du rouge, les gens de Grenoble viennent, fort aimables, et d'autres gens encore et on d&#238;ne, je sens que rien de mauvais ne peut arriver et c'est dans un &#233;tat de cette jubilation irraisonnable qu'&#224; la question si &#231;a me chante d'&#233;crire le carnet de bord, je dis non si mal qu'on entend oui et je sens qu'il est trop tard pour des pr&#233;cisions, l'affaire est boucl&#233;e. Plus tard, je commence &#224; prendre des notes, mais &#224; les relire maintenant, elles sont bien confuses et je ne sais pas trop quoi en retenir, sauf peut-&#234;tre, voil&#224;, une grande inscription calligraphi&#233;e au milieu de la premi&#232;re page dont la provenance probable se situe quelque part entre minuit et une heure de matin, qui affirme que &#171; nous sommes des athl&#232;tes du vrai &#187;, et qui est accompagn&#233;e d'un croquis d'une lune croissante avec trois &#233;toiles autour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je repense &#224; ce moment o&#249; le destin m'a assign&#233; la t&#226;che pesante du chroniqueur. En ce moment-l&#224;, j'ai repris un verre et me suis demand&#233; qu'est-ce que &#231;a va donner comme week-end, un trou... J'y repense, puisque je suis en train de me poser la m&#234;me question, mais au pass&#233;, et je bute contre un trou, justement, dans ma m&#233;moire, mais cela para&#238;t ad&#233;quat, et par ailleurs, ce fut Orgest qui a dit qu'il faut reconstruire l'histoire &#224; partir d'un trou. Et cela &#233;tait peut-&#234;tre aussi la raison pour laquelle il a si mal dormi cette nuit ; nerveux &#224; propos de son expos&#233; sur l'agnotologie dont l'heure devait venir le matin suivant, il a trou&#233; son sommeil pour ensuite enfoncer dans cette cavit&#233; une s&#233;rie de cigarettes angoiss&#233;es. Le matin, apr&#232;s ce tour aux enfers, il revient un peu tremblant et il s'installe dans une fortification faites de quantit&#233; de copies et de notes qui l'auraient prot&#233;g&#233; contre une &#233;ventuelle invasion des Turcs. La prise de parole, c'est de la torture, dit-il, le visage p&#226;le, beau et grave, mais il nous invite &#224; porter ce fardeau avec lui et &#224; le partager en prenant nous-aussi la parole dans la discussion selon la belle tradition pl&#233;b&#233;ienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans chaque savoir, il y aurait, para&#238;t-il, de l'ignorance. Non pas celle qui s'oppose &#224; la connaissance comme ce que l'on ne sait pas encore, une ignorance &#224; propos de quelque chose que l'on pourrait tout aussi bien apprendre pour en accro&#238;tre notre savoir, mais une ignorance telle que le savoir exige que l'on reste &#224; ce propos ignorant. &#192; c&#244;t&#233; de la production du savoir, et plus encore, il faudrait donc interroger la production de l'ignorance. Le domaine est d'ailleurs d&#233;j&#224; occup&#233; par une discipline qui porte justement le nom d'agnotologie. Mais on n'est pas tellement s&#251;r si on a beaucoup en commun avec les agnotologues dans nos pr&#233;occupations philosophiques. Se rendent-ils compte de l'&#233;trange positivit&#233; du r&#244;le des trous dans les savoirs ? Et plus gravement, est-ce que &#231;a leur importe du tout, des consid&#233;rations de ce genre ? Bref, l'ambigu&#239;t&#233; restera sur ce point enti&#232;re et formera un trou &#224; son tour.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_365 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/IMG/png/orgest.png' width='409' height='557' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, Orgest se propose de refaire rapidement l'histoire de la philosophie en regardant du c&#244;t&#233; de l'ignorance et en commen&#231;ant par Platon. Il h&#233;site si l'exercice n'est pas trop scolaire, mais il est &#233;videmment pertinent de voir quelle ignorance est produite dans le savoir sur le savoir, et du reste, en vrai pl&#233;b&#233;ien, il ne saurait pas dire non &#224; l'occasion d'envoyer des piques aux v&#233;n&#233;rables anciens, et du coup on y va. Le moment d&#233;mocratique, c'est le surgissement du peuple comme ce qui peut aussi exercer le pouvoir. Son sens, l'identification du gouverneur et du gouvern&#233;, est possible gr&#226;ce au grand nombre et &#224; l'anonymat. Il en r&#233;sulte un trouble et le premier trou se creuse, un trou des innombrables qui exclut un savoir de la politique. C'est une ignorance qui &#233;merge et que la philosophie essaiera de g&#233;rer, et c'est en ce sens que Platon repr&#233;sente le moment de la naissance de la philosophie comme une tentative de combler le trou des innombrables. Sa question n'aurait donc pas &#233;t&#233; vraiment &#171; qu'est-ce que le savoir ? &#187;, mais &#171; qui doit savoir ? &#187; et la r&#233;ponse, on s'y attendait, c'est un petit cercle des &#233;lus qui va imposer la loi au trou du grand nombre. Le philosophe n'aurait pas su donner une autre r&#233;ponse au trou troublant que de l'enfoncer dans un trou &#224; lui : celui de la fameuse grotte platonicienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre-temps, l'heure a consid&#233;rablement avanc&#233;, et le reste du parcours arch&#233;ologique, Kant, Marx et Freud a d&#251; &#234;tre survol&#233; en vitesse. Une br&#232;ve pol&#233;mique a eu lieu entre Orgest et Olivier qui voulait sauver Socrate comme figure pl&#233;b&#233;ienne. On h&#233;site si ce dernier, quand il se moque de tout le monde sur agora, veut sauver l'autonomie du savoir relatif et pluriel ou s'il le relativise pour l'asservir &#224; un savoir un et absolu. Olivier est pour la premi&#232;re hypoth&#232;se : Platon n'aurait pas seulement enfoui le trou dans la grotte comme l'a voulu Orgest, mais il y aurait de surcro&#238;t enterr&#233; Socrate qu'il aurait apr&#232;s fait revenir en zombie pour le faire jouer dans son th&#233;&#226;tre perfide. Bref, le cas Socrate n'est pas pr&#232;s d'&#234;tre clos et on peut s'attendre &#224; d'autres retours encore.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_402 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/IMG/jpg/claire.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/IMG/jpg/claire.jpg' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le repas qui s'est ensuivi fut festif sans doute, mais les notes me manquent pour en reconstruire le d&#233;roulement. Je me souviens n&#233;anmoins des g&#226;teaux d'Estelle qui nous ont retenu &#224; table un bon moment apr&#232;s les fromages et dont les images me reviennent parfois dans les r&#234;ves les plus d&#233;licieux. Lentement on s'est r&#233;unis ensuite pour &#233;couter Claire parler des gestes de lecture. Elle n'est pas une conf&#233;renci&#232;re, nous pr&#233;vient-elle, elle organise les ateliers avec l'association Kerfad et avec ses coll&#232;gues, ils se consid&#232;rent comme des militants &#233;ducatifs. Pas de conf&#233;rence mais un atelier, les chaises dispos&#233;es en cercle en plus, on sent bien que quelque chose se pr&#233;pare et voil&#224;, c'&#233;tait bien vrai, Claire distribue des feuilles avec des grilles en feutre vert et nous convie &#224; les remplir en mettant dans la premi&#232;re colonne cinq lectures qui nous ont marqu&#233;s, auxquelles on associera des temps, des espaces, des personnes, des sensations et des traces dans les colonnes suivantes. La salle s'anime pour ensuite se rev&#234;tir d'une atmosph&#232;re pensive de r&#233;miniscences. Claire nous invite ensuite &#224; r&#233;fl&#233;chir sur les &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; qu'on a sur la lecture, dont quelques uns auraient aussi pu &#234;tre d&#233;couverts avec la petite grille. Qu'est-ce qu'on y a nomm&#233; et montr&#233;, qu'est-ce qu'on a cach&#233; et dissimul&#233; ? Notre identit&#233; de lecteur, o&#249; a-t-elle le trou ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une association trop rapide de la lecture &#224; la litt&#233;rature et l'habitude de compter cette derni&#232;re en volumes nous font n&#233;gliger dans nos petites grilles les lettres d'amour qui nous ont pourtant boulevers&#233;s, et m&#234;me les revues qui nous accompagnent des ann&#233;es durant, par exemple. Un concept singuli&#232;rement &#233;litiste de lecteur en r&#233;sulte, celui-ci apparaissant forc&#233;ment comme une esp&#232;ce de d&#233;voreur de Balzac, tandis que dans nos soci&#233;t&#233;s on lit tous &#8211; la litt&#233;rature ou les journaux ou au moins les bulletins de votes ou les factures. Or la lecture, c'est un croisement entre le texte, le lecteur et le contexte, d&#233;finit Claire. On lit seul, ind&#233;pendamment, &#224; l'aide des appareil divers, avec des autres, on &#233;coute quelqu'un lire en haute voix, des modalit&#233;s se prolif&#232;rent sans fin, en tout cas le petit Marcel dans la couronne de l'arbre au jardin avec un bouquin de Bergotte devrait arr&#234;ter de s'insinuer en &#233;talon de lecteur, puisque une telle vision de ce que c'est qu'&#234;tre lecteur privil&#232;gie certains dans le monde o&#249; ne pas &#234;tre un lecteur n'est plus une option.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che est donc bien de transformer la conceptualit&#233; qui entoure la lecture en commen&#231;ant par les cat&#233;gories normatives des petits et des grands lecteurs, et en poursuivant par l'opposition binaire lu &#8211; pas lu. Bien que la plupart du vocabulaire concernant la lecture soit tir&#233; du contexte religieux, il nous faut aplanir sa verticalit&#233; et remplacer pour la lecture l'image de la hi&#233;rarchie c&#233;leste par une cartographie qui nous aidera r&#233;ellement &#224; nous orienter dans les vastes territoires des textes litt&#233;raires et autres. En tout cas il en transpara&#238;t autant dans les notes que j'ai prises et qui se terminent par deux &#233;nonc&#233;s gnomiques que je transcris &lt;i&gt;in extenso&lt;/i&gt; : &#171; On ne transmet pas la lecture, mais qu'est-ce qui se transmet &#224; travers la lecture ? &#187; et sur un ton plus grave encore, &#171; Quand on ouvre un espace, n&#233;cessairement on le ferme. &#187; &#192; m&#233;diter.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_366 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/IMG/png/razac.png' width='410' height='501' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s des brefs rafra&#238;chissements, Olivier encha&#238;ne avec l'incontournable Columbo. On se demande o&#249; sera le trou, mais puisque des extraits de la s&#233;rie sont promis en illustrations de la conf&#233;rence, on fait volontiers confiance et on passe le plateau avec le g&#226;teau au voisin. Olivier commence en d&#233;montrant tout d'abord l'appartenance pl&#233;b&#233;ienne du h&#233;ros (h&#233;ros de son enfance, avoue-t-il). On en remarque des signes : le notoire imperm&#233;able froiss&#233;, la chevelure syst&#233;matiquement d&#233;coiff&#233;e, la posture d'un clerc fatigu&#233; &#224; dos pench&#233; &#8211; et la liste est loin de s'arr&#234;ter l&#224;. La voiture qui ne d&#233;marre pas, le chien qui n'ob&#233;it jamais, diverses faiblesses physiques...Bref, toujours &#224; l'oppos&#233; des riches dont il d&#233;niche les secrets en infestant leurs appartements avec des puissantes bouff&#233;es de son cigare &#233;ternel. En effet, Olivier nous en assure, les adversaires de Columbo, les criminels qu'il affronte dans chacun des 68 &#233;pisodes, sont sans exceptions des riches, jamais personne de la classe moyenne ou basse n'est le coupable dans la s&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment &#231;a se fait, est-ce Columbo qui ne choisit que des crimes o&#249; il soup&#231;onne d'embl&#233;e que c'est l'entrepreneuse richissime ou le riche h&#233;ritier salaud le meurtrier ? Cela doit rester un myst&#232;re, la s&#233;rie n'en fournit pas d'explication, mais d&#233;j&#224; on constate une certaine partialit&#233;... Et quand on d&#233;couvre que Columbo, cette figure de haute stature morale, le justicier pl&#233;b&#233;ien, peut m&#234;me jouer aux suspects des vrais sales coups et utiliser des m&#233;thodes tr&#232;s irr&#233;guli&#232;res et douteuses pour prouver la culpabilit&#233; de ses millionnaires en peignoirs aux boutons d'or, on sent d&#233;j&#224; que derri&#232;re cela se cache un trou glouton. Olivier &#233;carte l'hypoth&#232;se vigilantiste, on est bien d'accord que ce n'est pas une vengeance que cherche le charmant bossu &#224; l'imper beige, mais le vrai r&#233;tablissement de la justice. Comment donc expliquer ses manigances &#233;tranges, les pi&#232;ges qu'il tend, les preuves qu'il manipule ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les images du h&#233;ros populaire remplace alors sur l'&#233;cran une grille cart&#233;sienne des coordonn&#233;es. Olivier propose de projeter sur elle les relations de devoir entre les individus. Dans une telle grille kanto-cart&#233;sienne, on peut &#233;tablir des comparaisons proportionnelles entre elles et d&#233;terminer les rapports de commensurabilit&#233;. Mais que se passe-t-il quand un des points gagne un tel pouvoir et une telle fortune que la grille s'en d&#233;forme ? Le point s'enfonce, pesant par son tr&#233;sor si lourdement sur la trame des relations ordonn&#233;es que les relations qu'il entretiendra avec les autres ne seront plus commensurables avec celles que les autres entretiennent entre elles, et une fois pass&#233; l'horizon d'&#233;v&#233;nement, la loi est engloutie dans le trou. La grille cart&#233;sienne se meut alors en illustration de la th&#233;orie g&#233;n&#233;rale de relativit&#233; blanc sur noir, Olivier se noie dans l'obscurit&#233;, seulement le trou noir sch&#233;matique en lignes blanches illumine sa poitrine pl&#233;b&#233;ienne et la conf&#233;rence se cl&#244;t sur ces belles images.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'atmosph&#232;re joyeuse de la soir&#233;e de cl&#244;ture t&#233;moigne bien l'&#233;tat de mes notes qui deviennent en ce moment un vrai gribouillis automatique et quasiment m&#233;diumnique. Lors du repas, l'information m'a surtout marqu&#233;, m'informe mon calepin, que je ne peux pas me marier avec F&#233;lix, puisque le mariage des personnes du m&#234;me genre n'est pas permis au cas o&#249; une des deux personnes vient du pays o&#249; le mariage pour tous n'est pas l&#233;gal. Plus tard, on apprend des tas de choses sur Orgest et sur son enfance &#224; Tirana &#8211; soudainement un tout autre homme appara&#238;t devant nos yeux, on le voit bronz&#233; et on s'aper&#231;oit qu'il enveloppe en lui un paysage maritime et des cris de mouettes. Je trouve &#233;galement une note &#233;nigmatique qui affirme qu'Agamben enchante les jeunes albanaises et une autre plut&#244;t factice selon laquelle Olivier a une ceinture noire en karat&#233;. Par ailleurs, on se souvient qu'on a omis d'applaudir Orgest &#224; la fin de sa conf&#233;rence et on suppl&#233;e all&#232;grement &#224; ce manquement, s'ensuivent des sp&#233;culations sur les raisons de cette omission f&#226;cheuse et il nous appara&#238;t qu'autant que son excellence nous a laiss&#233; sans parole, elle nous a laiss&#233; sans applaudissement dont la prise a pr&#233;sent&#233; un fardeau que personne n'&#233;tait en mesure d'assumer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les verres de rouge scellent progressivement le sort sombre de ma m&#233;moire, surtout d&#232;s le moment o&#249; leur contenu tourne en blanc. Le cercle devient plus restreint et les gens bien intentionn&#233;s me donnent des conseils pour le carnet de bord que j'oublie aussit&#244;t. J'ai tout de m&#234;me not&#233; dans le calepin, le jugeant utile sans doute, la possibilit&#233; d'exploiter la doublette trou-orifice, mais l&#224; au final, vous voyez, je n'ai pas os&#233; jouer cette carte, malgr&#233; le fait qu'Estelle m'a rassur&#233; qu'elle assume la responsabilit&#233; pour l'id&#233;e que l'on a beaucoup admir&#233;e, &#224; savoir l'ambigu&#239;t&#233; constitutive du trou-orifice qui est toujours et la sortie et l'entr&#233;e. Sur cette aire myst&#233;rieuse je termine ma chronique. Ne reste que trou et les d&#233;bris du sens qui gravitent autour, les joyeux pl&#233;b&#233;iens et les souvenirs du g&#226;teau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fribourg, 23 Mars 2018&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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