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	<title>Ici et ailleurs</title>
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	<description>Association pour une Philosophie Nomade</description>
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		<title>Ici et ailleurs</title>
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		<title>Des gestes de lecteurs : sortir du flou</title>
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		<dc:date>2018-05-16T06:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Claire Aubert</dc:creator>



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&lt;p&gt;Voyons o&#249; la philo m&#232;ne proposait le 10 f&#233;vrier 2018 &#224; Fertans une journ&#233;e sur &#171; la production de l'ignorance. Entre les trous de savoir et Colombo, j'ai propos&#233; &#224; cette occasion une intervention consacr&#233;e &#224; mes travaux autour de la lecture et du rapport &#224; l'&#233;crit. &lt;br class='autobr' /&gt;
Claire Aubert &lt;br class='autobr' /&gt;
La lecture est une pratique sociale &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques points d'ancrage d'abord, pour prendre le contrepoint de ce qui semble &#234;tre le lieu commun principal : en France, aujourd'hui, la lecture serait une affaire intime (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=31" rel="directory"&gt;&#034;Voyons o&#249; la philo m&#232;ne&#034;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Voyons o&#249; la philo m&#232;ne&lt;/i&gt; proposait le 10 f&#233;vrier 2018 &#224; Fertans une journ&#233;e sur &#171; la production de l'ignorance. Entre les trous de savoir et Colombo, j'ai propos&#233; &#224; cette occasion une intervention consacr&#233;e &#224; mes travaux autour de la lecture et du rapport &#224; l'&#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claire Aubert&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un pied dans l'animation et la formation, l'autre dans le monde du livre, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La lecture est une pratique sociale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques points d'ancrage d'abord, pour prendre le contrepoint de ce qui semble &#234;tre le lieu commun principal : en France, aujourd'hui, la lecture serait une affaire intime et singuli&#232;re, un peu myst&#233;rieuse, dont on scande d'autant plus l'importance qu'on ne la saisit pas tr&#232;s bien. Et pourtant&#8230; Et pourtant, la simple proposition de demander &#224; chacun et chacune de lister cinq lectures marquantes et de les ancrer dans des r&#233;alit&#233;s (de temps, d'espace, de relations, de sensations) suffit &#224; nous rappeler que notre m&#233;moire se nourrit d'&#233;l&#233;ments sensibles, et &lt;strong&gt;qu'une lecture est d'abord le point de rencontre entre un texte, un lecteur et un contexte&lt;/strong&gt; (plut&#244;t que le seul souvenir du contenu &#171; litt&#233;ral &#187; du texte).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre point d'ancrage tr&#232;s simple tient &#224; l'observation de ce qui nous vient en r&#233;pondant &#224; cette consigne : des livres, uniquement des livres. L'immense vari&#233;t&#233; de nos lectures (supports num&#233;riques, quotidiennes, documents administratifs, travail, relectures, copies, courriers, articles, journaux&#8230;) s'efface devant la premi&#232;re &#233;quivalence &lt;strong&gt;lecture = livre&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et son corollaire arrive imm&#233;diatement : bien que nous soyons dans un repaire de philosophes, les quelques titres &#233;voqu&#233;s ont &#233;t&#233; majoritairement des ouvrages de fiction. C'est &lt;strong&gt;que livre = litt&#233;rature&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre rappel serait que &lt;strong&gt;les normes varient selon les &#233;poques et les contextes&lt;/strong&gt; : les rencontres avec d'autres lecteurs l'ont rappel&#233; tr&#232;s vite. Le rapport &#224; la bande dessin&#233;e ne se construit pas de la m&#234;me fa&#231;on dans les ann&#233;es 1980 et dans les ann&#233;es 2010. La &#171; simple &#187; fr&#233;quentation de documents &#233;crits pour une enfant des ann&#233;es 1930 en milieu rural est tr&#232;s diff&#233;rente de la surexposition des ann&#233;es 2010 en milieu urbain. Etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, et aux antipodes de cette lecture fantasm&#233;e intime, &lt;strong&gt;on ne lit jamais seul&lt;/strong&gt; : d'abord d'un point de vue factuel, nos choix et nos trouvailles de lectures s'inscrivent dans un tissu de relations (conseill&#233;, offert, &#233;voqu&#233; par un.e ami.e, recommand&#233; par un.e journaliste ou intellectuel.le, pr&#233;sent&#233; par un.e professeur.e, ou rappelant une figure ou une voix quand on se raconte qu'il ne s'agit que de notre choix propre&#8230;). Ensuite parce que l'acte physique de la lecture s'inscrit lui aussi dans des r&#233;alit&#233;s mat&#233;rielles tr&#232;s concr&#232;tes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Georges Perec, &#171; Lire : esquisse socio-physiologique &#187;, Lecture II : le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : de temps, d'espaces, de supports, d'interrelations&#8230; ou d'organisation de leur &#171; absence &#187; suppos&#233;e. Nos &#171; identit&#233;s &#187; de lecteurs se construisent par nos inscriptions successives dans des sph&#232;res sociales, les convergences ou contradictions &#224; l'&#339;uvre, et &#233;voluent en permanence. Nous mettons en jeu (physiquement, mat&#233;riellement) ces mondes sociaux dans nos fa&#231;ons de lire les plus concr&#232;tes (position du corps, situation dans l'espace, choix du lieu, rapport aux objets, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re conclusion donc, temporaire : le simple mot de &#171; lecture &#187;, au singulier et employ&#233; seul, nous enferme dans une id&#233;e fantasm&#233;e et normative de &#171; la lecture &#187; et nous pousse &#224; nous consid&#233;rer comme des &#171; lecteurs &#187; au singulier. Employ&#233; au singulier, &#171; la lecture &#187; convoque surtout les normes aujourd'hui &#224; l'&#339;uvre autour de cette activit&#233; hautement symbolique et bien peu &#233;tudi&#233;e. La repr&#233;sentation normative de l'activit&#233; &#171; lire &#187; pourrait &#234;tre, caricaturalement : &#171; d&#233;chiffrer de la premi&#232;re &#224; la derni&#232;re ligne un texte et en saisir le contenu tel qu'il a &#233;t&#233; pens&#233; par son auteur, puis s'en souvenir de fa&#231;on &#224; pouvoir le citer ou le mentionner selon les occasions &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Interpr&#233;tation assez libre des propos de Pierre Bayard, Comment parler des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or une observation tr&#232;s rapide de pratiques de lecture nous rappelle que selon les personnes, les occasions, les pr&#233;textes, les contextes et les contenus, on peut observer des lectures en diagonale, des lectures buissonni&#232;res, des lectures clandestines, des lectures que l'on oublie, des lectures que l'on transforme, des lectures utilitaires, des lectures pour briller en soci&#233;t&#233;, et bien d'autres encore &#8211; et la m&#234;me vari&#233;t&#233; des contenus et des supports : recevoir et envoyer des SMS, c'est lire ; tenter de comprendre les attributions des aides de la CAF, c'est lire ; &#234;tre titulaire d'un contrat de travail ou d'un bail de location, c'est lire ; tout comme prendre connaissance de la presse (num&#233;rique ou papier), correspondre, contribuer &#224; des listes de diffusion, s'enflammer en recevant un mail, r&#233;clamer des droits, recevoir des compte rendus, et bien d'autres choses encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pluriel (des situations, des moments, des sens, des enjeux, des int&#233;r&#234;ts, des fa&#231;ons de faire, des contenus&#8230;) nous ouvre des horizons (les lectures, les &#233;crits, les diffusions, les &#233;critures) et nous oblige &#224; la pr&#233;cision : de quoi parle-t-on dans cette situation pr&#233;cise ? De la lecture d'&#339;uvres litt&#233;raires, ou d'un apprentissage du d&#233;chiffrement des signes &#233;crits ? Ou encore de la manipulation de langage et de la construction d'un esprit critique sur toute forme de discours ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pluriel nous emp&#234;che &#233;galement de nous engouffrer dans le raisonnement binaire qui voudrait qu'il y ait donc des &#171; lecteurs &#187; et des &#171; non-lecteurs &#187; (terminologie utilis&#233;e dans la sociologie de la lecture publique, pour les &#233;tudes de publics en biblioth&#232;ques, les &#171; non-lecteurs &#187; &#233;tant le plus souvent les personnes qui ne fr&#233;quentent pas les biblioth&#232;ques). Je d&#233;fie quiconque de d&#233;finir avec pr&#233;cision &lt;strong&gt;de quoi serait faite cette fronti&#232;re entre &#171; lecteurs &#187; et &#171; non-lecteurs &#187;&lt;/strong&gt; : de quelle lecture parle-t-on ? De quels contenus ? De quelles fa&#231;ons de lire ? Peut-on rester aussi flous sur la multiplicit&#233; (des pratiques, des contenus, des supports, des situations, des contextes) dont je parlais plus haut, et trancher dans l'humanit&#233; pour d&#233;cider qui est concern&#233; et qui ne l'est pas ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Par rigueur, et pour ne pas enfermer notre pens&#233;e dans un syst&#232;me normatif dont nous serions &#224; la fois les gardiens et les prisonniers, tentons donc de penser la lecture de fa&#231;on tr&#232;s extensive : &lt;strong&gt;serait lectrice toute personne en relation avec de l'&#233;crit pour tenter d'y construire du sens&lt;/strong&gt;. Autant dire que compte tenu de l'omnipr&#233;sence des &#233;crits (en France, aujourd'hui), les non-lecteurs n'existent pas &#8211; et d'autre part que penser &#171; la lecture &#187; en dehors de contextes sociaux pr&#233;cis, d'usages, de fonctions particuli&#232;res est une mission impossible (ou une aberration).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des enjeux de soci&#233;t&#233; plut&#244;t que sociaux autour de la lecture ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, les points de d&#233;part sont fort simples : l'affirmation &#171; lire rend citoyen &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une association des libraires ind&#233;pendants posait cette assertion au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; revient r&#233;guli&#232;rement &#8211; mais on rencontre bien peu son explication : &lt;strong&gt;pourquoi et comment lire rendrait citoyen ?&lt;/strong&gt; Dans quelles conditions ? Et de quels citoyens parle-t-on ? Finalement, interroger la lecture, c'est un peu comme ouvrir le d&#233;bat sur la vaccination : on s'expose surtout &#224; se faire traiter de dangereux terroriste (mais puisqu'on vous dit que la vaccination c'est bien !) et on a bien du mal &#224; d&#233;plier, d&#233;cortiquer, distinguer, nuancer quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on rappelle qu'en France, aujourd'hui, l'&#233;crit est omnipr&#233;sent (dans les situations de la vie sociale, comme condition d'inscriptions sociales), &lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'on accepte le principe &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; que toute personne (en France, aujourd'hui) se trouve de fait lectrice, en tout cas d&#233;veloppe forc&#233;ment une relation &#224; l'&#233;crit puisqu'elle y est expos&#233;e en permanence (cette relation pouvant &#234;tre compliqu&#233;e, d&#233;sagr&#233;able, jouissive, d&#233;plaisante, lacunaire, et encore plus probablement mouvante), &lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'on consid&#232;re que les chiffres de l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme, qui estiment &#224; environ 7% la part de la population en grande difficult&#233; avec l'&#233;crit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; personnes qui, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; scolaris&#233;es en France, n'ont pas acquis une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sont plut&#244;t optimistes (en les comparant aux r&#233;sultats des enqu&#234;tes Pisa, ou &#224; des travaux d'autres pays sur une question comparable), &lt;br class='autobr' /&gt;
Et si l'on prend en compte l'affirmation de Jean Foucambert&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;voir l'AFL (Association fran&#231;aise pour la lecture) pour consulter les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#171; une soci&#233;t&#233; ne g&#233;n&#232;re que le nombre de lecteurs autonomes dont elle a besoin &#187;, c'est-&#224;-dire le nombre de personnes susceptibles de lire et surtout d'&#233;crire selon des finalit&#233;s vari&#233;es, des enjeux vari&#233;s, dans des situations vari&#233;es&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour m&#233;moire, l'&#233;crit joue un r&#244;le majeur dans l'organisation du pouvoir en France, aujourd'hui : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les documents qui font foi, dans les domaines juridiques ou professionnels, sont des documents &#233;crits, &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les supports num&#233;riques de communication se sont multipli&#233;s, le rythme et la fr&#233;quence des informations circulant se sont intensifi&#233;s : une partie de la vie politique et m&#233;diatique consiste davantage &#224; commenter ces flux qu'&#224; d&#233;crire autre chose, &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les marqueurs culturels agissent dans toutes les situations sociales (faire mine d'avoir lu telle ou telle chose, &#233;crire, mettre en page, r&#233;diger un courrier &#233;lectronique, s'adresser de telle ou telle fa&#231;on &#224; un interlocuteur&#8230;)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; Les personnes cultiv&#233;es le savent, et surtout, pour leur malheur, les personnes non cultiv&#233;es l'ignorent : la culture est d'abord une affaire d'orientation &#187;. Cette citation de Pierre Bayard&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comment parler des livres que l'on n'a pas lus, &#233;ditions de Minuit.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; nous rappelle que ce qui est en jeu l&#224; rel&#232;ve de la capacit&#233; d'orientation, de la possibilit&#233; de situer un &#233;crit, un discours, dans un ensemble plus vaste, et non de le comprendre en tant que tel pour ce qu'il est. Savoir et pouvoir, vous avez dit ?&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut alors se demander qui a int&#233;r&#234;t &#224; ce que le flou se maintienne tel qu'il est autour de cette histoire de lecture au singulier, plut&#244;t qu'&#224; ce qu'il ne s'&#233;claire ? Le flou ou l'illusion : persister &#224; envisager la lecture d'abord comme une pratique &#171; unique &#187;, ensuite comme une affaire intime et singuli&#232;re. Le sort de chaque lecteur se jouerait &#224; l'&#233;cole (puisque c'est l'&#233;cole qui se trouve aujourd'hui officiellement responsable de l'apprentissage de la lecture et de l'&#233;criture). Une fois pass&#233;e cette &#233;tape, les &#171; lecteurs &#187; auxquels on fait r&#233;f&#233;rence sont ceux qui cherchent &#224; se divertir (point de vue des biblioth&#232;ques), ceux qui repr&#233;sentent une manne &#233;conomique (point de vue des librairies, des &#233;diteurs, des circuits &#233;conomiques de la &#171; cha&#238;ne du livre &#187;), ceux qui sont &#171; non-lecteurs &#187; (il faudrait les soigner puisqu'ils sont le probl&#232;me de l'illettrisme, qui serait donc une question &#171; sociale &#187;, c'est-&#224;-dire de travail social&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la recherche appliqu&#233;e : et la philo dans tout &#231;a ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce travail d'&#233;lucidation, les sciences sociales telles qu'elles existent aujourd'hui ne r&#233;pondaient pas &#224; mes questions. Comme &#233;voqu&#233; plus haut, la sociologie de la lecture actuelle s'int&#233;resse plut&#244;t aux aspects institutionnels&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Affaire de points de vue, tr&#232;s compr&#233;hensible, puisque les travaux de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : fr&#233;quentation des &#233;tablissements de lecture publique ou des librairies, &#233;ventuellement construction des identit&#233;s sociales par la lecture&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Viviane Albenga, &#171; Lecteurs, lectures et trajectoires de genre &#187;, th&#232;se de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8230; Des &#233;tudes nationales statistiques questionnent les personnes sur le nombre de livres qu'elles lisent par an sans prendre en compte les biais de repr&#233;sentation, pourtant nombreux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Enqu&#234;te &#171; Les jeunes et la lecture &#187;, minist&#232;re de la Culture, 2016.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un colloque organis&#233; en 1984 sous la houlette de Roger Chartier et Pierre Bourdieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Roger Chartier (dir.), Pratiques de la lecture, Payot Rivages, 1996.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; rappelait pourtant la n&#233;cessit&#233; d'une approche pluridisciplinaire solide pour aborder les pratiques de lecture. En &#233;cho aux rencontres de Fertans, je vais dresser ici une liste des points d'appuis qui m'ont &#233;t&#233; n&#233;cessaires dans le champ de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment &#233;tudier, nommer ce qui semble invisible ? En prenant le pari que &#171; &#231;a &#187; existe, d'abord, en accordant de l'attention ensuite &#224; ce qu'on n'attendait pas n&#233;cessairement, donc en prenant de la distance avec nos propres cat&#233;gories de pens&#233;e. En affirmant un choix &#233;thique de refus de cat&#233;gorisation des personnes comme le fait Michel de Certeau : &#171; &#8230; (des) conqu&#233;rants de l'espace que sont les m&#233;dias (&#8230;) et (des) foules (&#224; qui) il resterait seulement la libert&#233; de brouter la ration de simulacres que le syst&#232;me distribue &#224; chacun. Voil&#224; pr&#233;cis&#233;ment l'id&#233;e contre laquelle je m'&#233;l&#232;ve : pareille repr&#233;sentation des consommateurs n'est pas recevable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel de Certeau, L'invention du quotidien, tome 1, &#171; Arts de faire &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Refuser donc la repr&#233;sentation massive de non-lecteurs qui ne fr&#233;quenteraient pas d'&#233;crit, et chercher dans quelle mesure, dans quelle part, de quelles fa&#231;ons tout le monde lit et chacun lit. Dans le m&#234;me chapitre consacr&#233; &#224; &#171; Lire : un braconnage &#187;, Michel de Certeau remet en cause la binarit&#233; qui ferait de la lecture une activit&#233; de r&#233;ception ou de consommation, face &#224; l'&#233;criture qui serait une activit&#233; d'expression, en consid&#233;rant la lecture comme une activit&#233; cr&#233;atrice &#8211; et en rappelant la dualit&#233; n&#233;cessaire de ce bin&#244;me. Ce point d'appui permet d'interroger les politiques publiques autour de la lecture dans leur rapport m&#234;me &#224; l'&#233;criture : quelle finalit&#233; poursuivent-elles, celle de produire des lecteurs-consommateurs d'industries culturelles, ou celle de contribuer &#224; des &#171; citoyens &#187; en mesure de lire et d'&#233;crire, de comprendre un discours et d'en produire ? De fa&#231;on encore plus concr&#232;te, la proposition de Michel de Certeau dans &lt;i&gt;L'invention du quotidien&lt;/i&gt; a constitu&#233; un appui m&#233;thodologique important dans le travail d'entretiens et d'analyse d'entretiens autour de la lecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre parti pris ancr&#233; dans la philosophie, que j'ai d'abord travaill&#233; dans le domaine p&#233;dagogique et qui intervient maintenant ma posture de recherche (sans que je sache tr&#232;s bien comment, &#224; vrai dire) : le postulat de l'&#233;galit&#233; des intelligences d&#233;velopp&#233; par Jacques Ranci&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien r&#233;alis&#233; par Andrea Benvenuto, Laurence Cornu et Patrice Vermeuren (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. P&#233;dagogiquement, pour faire travailler des textes th&#233;oriques &#224; des stagiaires, &#233;tudiants, adultes en formation, l'invitation ressemble &#224; &#171; acceptons de nous appuyer sur les 2 % que nous pensons comprendre dans ce texte plut&#244;t que de nous laisser effrayer par les 98 % que nous pensons ne pas comprendre &#187;. P&#233;dagogiquement, encore une fois, il s'agit d'axer le travail sur ce que les personnes retiennent ou observent en premier lieu, plut&#244;t que de parier sur leur suppos&#233;e ignorance en tentant de la combler. Jacques Ranci&#232;re pose bien ce postulat comme un principe, un &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;, un pr&#233;alable, non comme un but : l'&#233;galit&#233; (des intelligences, ici) n'est ni une fin en soi, ni un objectif &#224; atteindre, ni une r&#233;alit&#233; qui se d&#233;cr&#232;te, elle est un principe qui se pose &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;. Pour la recherche, ce m&#234;me principe consisterait &#224; consid&#233;rer &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; que chaque personne rencontr&#233;e est bien experte de sa propre situation, situations dont les r&#233;alit&#233;s ne peuvent qu'&#234;tre in&#233;gales (vari&#233;t&#233; des parcours, des &#233;tudes, du rapport au langage, &#224; la situation &#233;voqu&#233;e, etc.). Choix &#233;thique peut-&#234;tre, une fois encore : ce n'est pas parce que je tiens le stylo (ou le dictaphone, ou le rapport d'enqu&#234;te) que je connais &#171; mieux &#187; la situation &#233;voqu&#233;e que mon interlocuteur. Il se trouve que ma place, &#224; ce moment-l&#224;, dans cette situation, me permet d'en rendre compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce glissement vers la posture de recherche a &#233;t&#233; d&#233;crit en tant que tel par Vinciane Despret et Jocelyne Porcher&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Etre b&#234;te, Actes Sud.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : elles y &#233;voquent la &lt;i&gt;politesse&lt;/i&gt; de la question de recherche. Dans cet essai fut&#233; et affut&#233;, la chercheuse-philosophe et la chercheuse-agronome reposent la question de la diff&#233;rence entre l'homme et l'animal. Etudi&#233;e depuis des d&#233;cennies, qu'en est-il si on l'adresse &#224; des sp&#233;cialistes des animaux, par exemple des &#233;leveurs ? Une r&#233;plique parmi d'autres, d'une vieille dame, qui les prend au mot : &#171; comment voulez-vous que je vous r&#233;ponde, moi je n'ai pas d'homme&#8230; &#187;, et les enqu&#234;trices poursuivent leur travail en demandant &#224; leurs interlocuteurs de quelle fa&#231;on il faudrait poser cette question pour qu'elles les int&#233;ressent. Concernant les pratiques de lecture, j'ai transpos&#233; tr&#232;s litt&#233;ralement cette posture pour traiter de la question &#171; Mais que se passe-t-il en centres de loisirs autour du livre de jeunesse ? &#187; : le choix m&#233;thodologique a &#233;t&#233; de livrer telle quelle cette question (formul&#233;e par des commanditaires appartenant au monde du livre) &#224; des interlocuteurs (professionnels, institutionnels, acteurs de terrain, etc.), en leur demandant de quelle fa&#231;on ils l'entendent, ce qu'elle &#233;voque, ce qui les y int&#233;resse et ce qui ne les concerne pas. Chercher la politesse d'une question de recherche consisterait &#224; se soucier de l'int&#233;r&#234;t qu'elle pr&#233;sente pour les personnes interrog&#233;es, en se demandant lors d'un entretien si on leur fait perdre leur temps ou bien ce qu'elles pourraient avoir &#224; gagner dans ce moment. Si je sollicite des animateurs d'accueils de loisirs au sujet de la place du livre de jeunesse, comment puis-je m'y prendre pour qu'ils trouvent un int&#233;r&#234;t &#224; cet &#233;change ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la m&#234;me ligne &#233;thique, c'est Marielle Mac&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sid&#233;rer, consid&#233;rer, &#233;ditions Verdier, 2017.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, une autre philosophe, r&#233;cemment, qui a formul&#233; cette proposition : comment passer de la sid&#233;ration &#224; la consid&#233;ration, c'est-&#224;-dire &#224; une attention qui retiendrait quelque peu ses jugements habituels, qui prendrait le temps de l'observation, du questionnement du plus simple et na&#239;f ? Point d'appui encore : devant une vaste question paralysante (par son ampleur, par l'&#233;motion qu'elle suscite, par sa complexit&#233;, par sa monstruosit&#233;, par la somme d'impens&#233;s qu'elle v&#233;hicule&#8230;), comment mobiliser notre consid&#233;ration aux d&#233;tails, aux faits, aux fa&#231;ons de faire que nous ne soup&#231;onnerons pas si nous demeurons dans nos habitudes de pens&#233;e et de jugement ? Si Marielle Mac&#233; &#233;voque sa sid&#233;ration devant les camps de migrants sur les quais d'Austerlitz &#224; Paris, le m&#234;me terme semble un peu fort concernant la lecture &#8211; et pourtant, la plupart des discours concernant la lecture aujourd'hui rel&#232;vent davantage de l'incantatoire que de la description ou de la tentative d'&#233;tude factuelle de l'affaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc cet ensemble de points d'appui &#8211; et d'autres sans doute &#8211; qui ont pu charpenter mes fa&#231;ons de faire. Le travail r&#233;gulier de ces principes (philosophiques, &#233;thiques), de d&#233;finitions conceptuels et de fa&#231;ons de questionner m'a pouss&#233;e &#224; adapter mes m&#233;thodes (de recherche ou p&#233;dagogiques) aux singularit&#233;s des objets de recherche, des th&#233;matiques et des terrains. En ce qui concerne le rapport &#224; l'&#233;crit, il s'agit d'interroger en imposant le moins possible de pr&#233;suppos&#233;s, en projetant le moins possible mes propre cat&#233;gories ou jugements (de ce que serait une &#171; bonne &#187; ou une &#171; mauvaise &#187; lecture), en pr&#234;tant de l'attention &#224; ce que g&#233;n&#232;rent les situations d'entretiens dans les r&#233;alit&#233;s sociales o&#249; elles se placent, en gardant enfin en permanence &#224; l'esprit que chaque personne est experte de sa propre situation &#8211; et que donc elle seule pourra juger de ce qu'il convient d'y modifier ou pas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un pied dans l'animation et la formation, l'autre dans le monde du livre, j'ai entrepris un travail de recherche en sciences sociales pour m'expliquer d'abord &#224; moi-m&#234;me ce qui grin&#231;ait entre ces deux mondes. Aujourd'hui permanente associative et formatrice d'adultes dans des cadres vari&#233;s, je poursuis ce travail de recherche sur des terrains o&#249; les rapports au savoir et &#224; l'exp&#233;rience mettent en jeu l'&#233;crit de mille fa&#231;ons (travail social, associations, animation socio-culturelle, monde culturel&#8230;). La recherche que j'ai effectu&#233;e s'inscrit dans la d&#233;marche des recherches-actions, dans la mesure o&#249; les questionnements qui la motivent s'ancrent dans mes pratiques &#8211; et n&#233;cessitent, de ce fait et pour se transformer en questions de recherche multiples, de m'appuyer sur diff&#233;rents domaines th&#233;oriques. Pour travailler les enjeux sociaux et politiques autour de la lecture, j'ai utilis&#233; ma formation litt&#233;raire, d'abord cherch&#233; des appuis dans les sciences sociales puis des &#233;l&#233;ments de charpente dans la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Georges Perec, &#171; Lire : esquisse socio-physiologique &#187;, &lt;i&gt;Lecture II : le texte dans l'espace&lt;/i&gt;, Esprit n&#176;453, 1976&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Interpr&#233;tation assez libre des propos de Pierre Bayard, &lt;i&gt;Comment parler des livres que l'on n'a pas lus&lt;/i&gt;, Minuit, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une association des libraires ind&#233;pendants posait cette assertion au fondement de ses revendications. Des essais (par exemple de Charles Dantzig en 2010) mentionnent &#233;galement l'id&#233;e que lire libre : ce ne sont pas ces assertions que j'interroge ici, mais l'absence totale de travaux qui se demanderaient &#171; comment &#187; lire rend libre, dans quelles conditions, de quelle fa&#231;on, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; personnes qui, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; scolaris&#233;es en France, n'ont pas acquis une ma&#238;trise suffisante de la lecture, de l'&#233;criture, du calcul, des comp&#233;tences de base, pour &#234;tre autonomes dans les situations simples de la vie quotidienne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;voir l'AFL (Association fran&#231;aise pour la lecture) pour consulter les travaux de Jean Foucambert.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comment parler des livres que l'on n'a pas lus, &#233;ditions de Minuit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Affaire de points de vue, tr&#232;s compr&#233;hensible, puisque les travaux de recherche en mati&#232;re de lecture sont la plupart du temps soutenus ou effectu&#233;s en lien avec les politiques de lecture publique (donc les biblioth&#232;ques et leurs enjeux propres), ou en lien avec l'&#233;cole (donc ses enjeux propres), ou encore avec des approches psychologiques (donc qui envisagent les individus davantage que leurs environnements, ou qui prennent l'angle des pathologies ou dysfonctionnements pour travailler).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Viviane Albenga, &#171; Lecteurs, lectures et trajectoires de genre &#187;, th&#232;se de sociologie soutenue en 2009 &#224; l'EHESS et &lt;i&gt;S'&#233;manciper par la lecture, genre, classe et usages sociaux des livres&lt;/i&gt;, PUR, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Enqu&#234;te &#171; Les jeunes et la lecture &#187;, minist&#232;re de la Culture, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Roger Chartier (dir.), &lt;i&gt;Pratiques de la lecture&lt;/i&gt;, Payot Rivages, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel de Certeau, &lt;i&gt;L'invention du quotidien&lt;/i&gt;, tome 1, &#171; Arts de faire &#187;, Gallimard 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Entretien r&#233;alis&#233; par Andrea Benvenuto, Laurence Cornu et Patrice Vermeuren publi&#233; dans le recueil &lt;i&gt;Et tant pis pour les gens fatigu&#233;s&lt;/i&gt;, &#233;ditions Amsterdam, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Etre b&#234;te&lt;/i&gt;, Actes Sud.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Sid&#233;rer, consid&#233;rer&lt;/i&gt;, &#233;ditions Verdier, 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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