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	<title>Ici et ailleurs</title>
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	<description>Association pour une Philosophie Nomade</description>
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		<title>Ici et ailleurs</title>
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		<title>Les &#171; gilets jaunes &#187; : un soul&#232;vement populaire contre l'acte II de l'offensive n&#233;olib&#233;rale</title>
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		<dc:date>2019-05-21T09:03:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Bihr</dc:creator>



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&lt;p&gt;Atelier de philosophie pl&#233;b&#233;ienne &#8211; Fertans, Samedi 16 f&#233;vrier 2019 De nombreux observateurs du mouvement des &#171; gilets jaunes &#187; se sont &#233;tonn&#233;s de voir ces derniers concentrer leurs critiques et leurs revendications sur le gouvernement, en ciblant en particulier sa politique fiscale et plus largement sa gestion des finances publiques, en omettant de s'en prendre au patronat qui porte, bien &#233;videmment, une lourde responsabilit&#233; dans la d&#233;gradation de leur pouvoir d'achat et, plus largement, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=31" rel="directory"&gt;&#034;Voyons o&#249; la philo m&#232;ne&#034;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Atelier de philosophie pl&#233;b&#233;ienne &#8211; Fertans, Samedi 16 f&#233;vrier 2019&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux observateurs du mouvement des &#171; &lt;i&gt;gilets jaunes&lt;/i&gt; &#187; se sont &#233;tonn&#233;s de voir ces derniers concentrer leurs critiques et leurs revendications sur le gouvernement, en ciblant en particulier sa politique fiscale et plus largement sa gestion des finances publiques, en omettant de s'en prendre au patronat qui porte, bien &#233;videmment, une lourde responsabilit&#233; dans la d&#233;gradation de leur pouvoir d'achat et, plus largement, de leurs conditions d'existence dont ils se plaignent. Certains, notamment au sein des organisations syndicales, ont m&#234;me tir&#233; argument de cette omission et de cette incoh&#233;rence pour d&#233;noncer le mouvement comme typiquement &#171; &lt;i&gt;poujadiste&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;consum&#233;riste&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;citoyenniste&lt;/i&gt; &#187;, remettre en question sa nature de classe et refuser par cons&#233;quent de le rejoindre et de le soutenir. Pour r&#233;pondre &#224; ces critiques, un petit d&#233;tour th&#233;orique s'impose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	1. D&#232;s leurs origines, &#224; la fin des ann&#233;es 1970, les politiques n&#233;olib&#233;rales se sont propos&#233;, comme objectif non d&#233;clar&#233;, de contribuer au redressement du taux de profit dont la d&#233;gradation &#233;tait la cause imm&#233;diate et principale de la crise structurelle dans laquelle &#233;tait entr&#233; le r&#233;gime fordiste d'accumulation du capital dans le cours de cette d&#233;cennie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une analyse d&#233;taill&#233;e de la mise en &#339;uvre des politiques n&#233;olib&#233;rales (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Essayons de saisir en quoi a pu consister cette contribution.&lt;br class='autobr' /&gt; Le taux de profit se d&#233;finit par le rapport entre la masse de la plus-value (pl) form&#233;e et r&#233;alis&#233;e dans le cours d'un cycle de reproduction du capital social (la totalit&#233; du capital en fonction dans la soci&#233;t&#233;) et la masse de ce dernier (C) qu'il a fallu avancer, sous quelque forme que ce soit (capital constant comme capital variable, capital improductif repr&#233;sentant les frais de circulation comme capital productif, capital fixe comme capital circulant) pour obtenir cette plus-value. Pour redresser le taux de profit, il faut donc chercher et &#224; augmenter pl, donc accro&#238;tre la dur&#233;e, l'intensit&#233; et la productivit&#233; du travail mis en &#339;uvre (exploit&#233;) par le capital, et &#224; diminuer la masse C de ce dernier &#224; avancer &#224; cette fin. &lt;br class='autobr' /&gt; Ces deux r&#233;sultats doivent et peuvent s'atteindre, au moins en partie, par les moyens propres au capital comme rapport de production, en l'occurrence par la mise en &#339;uvre de nouveaux modes d'exploitation et de domination du travail : de nouvelles formes d'emploi, de nouvelles formes d'organisation du travail, de nouvelles formes de management des travailleurs dans l'entreprise, de nouvelles technologies productives, un nouveau discours de l&#233;gitimation de l'entreprise, etc. Le nouveau paradigme productif, celui de l'usine fluide, flexible, diffuse et nomade, mis en &#339;uvre dans l'ensemble des branches industrielles des formations capitalistes centrales &#224; partir des ann&#233;es 1980, quoique avec des succ&#232;s in&#233;gaux, aura pr&#233;cis&#233;ment eu ce but&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une pr&#233;sentation de ce nouveau paradigme productif, cf. La novlangue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il aura signifi&#233;, entre autres, le d&#233;ploiement des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC), le d&#233;veloppement de l'emploi pr&#233;caire (CDD et int&#233;rim), une intensification g&#233;n&#233;rale du travail sous l'effet et des NTIC et d'un management par le harc&#232;lement et le stress, le recours &#224; la sous-traitance et &#224; la filialisation, etc. Mais ces innovations au sein du proc&#232;s capitaliste de production et de circulation du capital n'auraient pas suffi &#224; elles seules &#224; redresser le taux de profit. Il y aura fallu le concours des politiques n&#233;olib&#233;rales dans leurs diff&#233;rentes dimensions de privatisation (des entreprises et des services publics), de d&#233;r&#233;glementation des march&#233;s (march&#233; du travail et march&#233; du capital aussi bien que du march&#233; des marchandises) et de lib&#233;ralisation de la circulation internationale du capital sous toutes ses formes. &lt;br class='autobr' /&gt; En ce qui concerne la diminution de la masse du capital social C, leur contribution sera rest&#233;e secondaire quoique non n&#233;gligeable. Elles auront op&#233;r&#233; essentiellement en d&#233;r&#233;glementant et en lib&#233;ralisant le march&#233; du capital, avec pour effet d'accro&#238;tre la concurrence entre les capitaux et de durcir les conditions d'acc&#232;s au cr&#233;dit, de sorte en d&#233;finitive &#224; &#233;liminer les &#171; &lt;i&gt;canards boiteux&lt;/i&gt; &#187; : &#224; &#171; lib&#233;rer &#187; le capital social du poids mort des capitaux les moins concurrentiels et productifs, qui n'avaient pu survivre qu'au prix de la poursuite du fordisme &#224; cr&#233;dit dans la seconde moiti&#233; des ann&#233;es 1970 et, en d&#233;finitive, d'une &#171; &lt;i&gt;&#233;conomie de surendettement&lt;/i&gt; &#187;. Que cela se soit traduit par des licenciements collectifs massifs dans des branches comme le textile, la sid&#233;rurgie, les chantiers navals, l'automobile, etc., en plongeant des r&#233;gions enti&#232;res dans la pauvret&#233; et la marginalit&#233; socio&#233;conomique, cela aura &#233;t&#233; le moindre souci des gouvernements mettant en &#339;uvre ces politiques, fussent-ils soi-disant de gauche. &lt;br class='autobr' /&gt; Par contre, la contribution des politiques n&#233;olib&#233;rales &#224; l'augmentation de la plus-value, donc &#224; l'aggravation de l'exploitation de la force de travail mise en &#339;uvre par le capital, aura &#233;t&#233; beaucoup plus s&#233;rieuse et, sous certains rapports, d&#233;cisive. Elle s'est op&#233;r&#233;e &#224; deux niveaux et en deux temps. Voyons cela de plus pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	2. Aggraver l'exploitation de la force de travail passe en premier lieu par une d&#233;gradation des conditions d'emploi, de travail et de r&#233;mun&#233;ration de cette force. A ce premier niveau, la contribution des politiques n&#233;olib&#233;rales a rev&#234;tu de multiples formes.&lt;br class='autobr' /&gt; La plus g&#233;n&#233;rale est l'assouplissement des conditions juridiques (contractuelles, administratives et l&#233;gales) d'embauche et de licenciement qui rendent possible le d&#233;veloppement du ch&#244;mage et du travail pr&#233;caire. Cela revient tout simplement &#224; gonfler &#171; &lt;i&gt;l'arm&#233;e industrielle de r&#233;serve&lt;/i&gt; &#187; (Marx&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Capital, Livre I, Chapitre XXV.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) et, par cons&#233;quent, &#224; accro&#238;tre la concurrence entre ses membres plus ou moins imm&#233;diatement employables par le capital (ce que Marx appelle &#171; &lt;i&gt;la surpopulation flottante&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;la surpopulation latente&lt;/i&gt; &#187;) tout comme &#224; accentuer la menace permanente et silencieuse que cette &#171; &lt;i&gt;arm&#233;e de r&#233;serve&lt;/i&gt; &#187; exerce &#224; l'encontre de &#171; &lt;i&gt;l'arm&#233;e industrielle active&lt;/i&gt; &#187; (les travailleurs employ&#233;s), en &#171; disciplinant &#187; les uns aussi bien que les autres, c'est-&#224;-dire en les for&#231;ant &#224; accepter les conditions d'emploi, de travail et de r&#233;mun&#233;ration que le capital leur &#171; offre &#187;, actuellement ou potentiellement. &lt;br class='autobr' /&gt; La contribution des politiques n&#233;olib&#233;rales &#224; l'aggravation de l'exploitation de la force de travail prend par ailleurs diff&#233;rentes formes plus particuli&#232;res. Par exemple le durcissement des conditions d'indemnisation du ch&#244;mage (en termes de preuves de recherche active d'emploi, de stages de formation &#224; suivre, de bonne volont&#233; &#224; manifester, etc.), qui ne vise qu'&#224; accro&#238;tre la concurrence entre ch&#244;meurs et &#224; les responsabiliser/culpabiliser, en leur faisant croire que leur sort (heureux et malheureux) ne d&#233;pend que d'eux. Tout cela pour faire oublier que le volant de quelque 350 000 offres d'emploi non satisfaites est bien incapable d'absorber les 5 650 000 demandeurs d'emploi actuellement enregistr&#233;s &#224; P&#244;le Emploi &#8211; sans compter tous les ch&#244;meurs ayant renonc&#233; &#224; toute recherche d'emploi et qui ont disparu de la statistique du ch&#244;mage. Car ceux-l&#224; au moins savent que, dans ces conditions, ils auront beau &#171; &lt;i&gt;travers&#233; la rue&lt;/i&gt; &#187; plusieurs fois, ce sera en vain !&lt;br class='autobr' /&gt; Le d&#233;mant&#232;lement op&#233;r&#233; du droit du travail tout comme l'affaiblissement des organisations syndicales sous l'effet, entre autres, du d&#233;veloppement du ch&#244;mage et de la pr&#233;carit&#233;, auront contribu&#233; &#224; durcir les conditions de travail. Car ils auront d&#233;grad&#233; le rapport de force entre capitalistes et travailleurs sur les lieux de travail m&#234;me, en rendant plus difficile la lutte des seconds contre les nouvelles formes d'exploitation, tout comme contre les anciennes perp&#233;tu&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt; L'abandon de toute politique salariale, fond&#233;e sur l'indexation des salaires sur les prix et la productivit&#233; du travail, impliquant &#233;ventuellement des mesures de r&#233;duction de la hi&#233;rarchie salariale (par augmentation plus rapide des bas salaires), a &#233;galement fait partie de la panoplie des politique n&#233;olib&#233;rales, qui n'ont rien tant en horreur que la r&#233;glementation administrative des prix. En r&#233;duisant le salaire (comme prix de la force de travail) &#224; fluctuer comme tous les autres prix en fonction du seul soi-disant rapport de l'offre et de la demande&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soi-disant parce que, comme Marx l'a montr&#233;, les d&#233;s sont pip&#233;s en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, elles auront ainsi contribu&#233; &#224; la stagnation ou du moins, &#224; une moindre progression, du pouvoir d'achat des salaires directs, aggraver la hi&#233;rarchie salariale et l'in&#233;galit&#233; entre les r&#233;mun&#233;ration du travail (salari&#233;) et celle du capital (de ses ayants droit), donc &#224; la d&#233;valorisation relative de la force de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	3. Mais il est un second niveau o&#249; les politiques n&#233;olib&#233;rales ont pu contribuer &#224; l'aggravation de l'exploitation de la force de travail. Et ce d'une mani&#232;re plus d&#233;cisive qu'au niveau pr&#233;c&#233;dent. &lt;br class='autobr' /&gt; Pour d&#233;valoriser la force sociale de travail, il faut diminuer la quantit&#233; de travail social n&#233;cessaire &#224; sa (re)production. L&#224; encore, le capital peut y parvenir directement par ses propres moyens, en augmentant la productivit&#233; du travail et en freinant la progression des salaires r&#233;els pour qu'elle reste inf&#233;rieure &#224; celle de la productivit&#233;. C'est l&#224; le m&#233;canisme de la formation de ce que Marx appelle la plus-value relative&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Capital, Livre I, Chapitre XII.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais, ici encore, les vertus du capital restent limit&#233;es, tout simplement parce qu'une partie, importante, du travail social n&#233;cessaire &#224; la (re)production de la force de travail lui &#233;chappe.&lt;br class='autobr' /&gt; En effet, cette (re)production ne se r&#233;duit &#224; ce que Marx en pr&#233;sente dans &lt;i&gt;Le Capital&lt;/i&gt;, &#224; savoir la circulation de la force de travail comme marchandise. Pour assurer cette (re)production, il ne suffit pas que cette force de travail trouve &#224; se vendre (contre un salaire) et que le salaire s'&#233;change contre les moyens de consommation n&#233;cessaire &#224; l'entretien des travailleurs et des siens. Outre tout l'immense masse de travail domestique qui contribue &#224; cet entretien, dont la majeure partie a toujours &#233;t&#233; et reste assur&#233;e par les femmes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. par exemple Delphine Roy, &#171; Le travail domestique : 60 milliards (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il y faut tout un ensemble de services et d'&#233;quipements collectifs : un appareil scolaire et universitaire (pour former et qualifier la force sociale de travail dans toute sa diversit&#233;), un appareil sanitaire (des h&#244;pitaux, des &#233;quipes de m&#233;decins, infirmier-e-s, aides-soignants) pour r&#233;tablir une force de travail d&#233;grad&#233; par la maladie, un appareil d'assistance (pour entretenir les ch&#244;meurs de longue dur&#233;e, les handicap&#233;s, les invalides, les personnes &#226;g&#233;es d&#233;pendantes), des moyens de communication et de transport, etc. &lt;br class='autobr' /&gt;
De ces services et &#233;quipements collectifs, de la masse de travail mort et vivant qu'ils mat&#233;rialisent et mettent en &#339;uvre, l'&#201;tat n'a pas toujours &#233;t&#233; directement le ma&#238;tre d'ouvrage (ce n'est pas lui qui les a produits, entretenus et d&#233;velopp&#233;s) mais il en a &#233;t&#233;, jusqu'&#224; pr&#233;sent du moins, le ma&#238;tre d'&#339;uvre : il les a financ&#233;s (par l'interm&#233;diaire des fameux pr&#233;l&#232;vements obligatoires : les imp&#244;ts et les cotisations sociales, ces derni&#232;res constituant la partie socialis&#233;e du salaire) et il en a gouvern&#233; (dirig&#233;, organis&#233; et contr&#244;l&#233;) la mise en &#339;uvre. S'il en a &#233;t&#233; ainsi, c'est pour toute une s&#233;rie de raisons, variables dans l'espace et le temps : le capital aurait &#233;t&#233; incapable de les produire par lui-m&#234;me (par exemple certaines infrastructures de communication et de transport) ; ils lui ont &#233;t&#233; impos&#233;s par les luttes populaires par l'interm&#233;diaire de l'&#201;tat (par exemple l'acc&#232;s gratuit aux services hospitaliers), notamment dans le cadre du compromis fordiste ; ils r&#233;pondent en partie &#224; d'autres n&#233;cessit&#233;s d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral ou, au contraire, &#224; des n&#233;cessit&#233;s proc&#233;dant de l'int&#233;r&#234;t singulier de l'&#201;tat (par exemple des imp&#233;ratifs militaires). Ce qui revient aussi &#224; dire que leur co&#251;t d'&#233;quipement et de fonctionnement n'entre pas int&#233;gralement dans la formation de la valeur de la force sociale de travail, m&#234;me si cette derni&#232;re comprend sans doute une part importante du premier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A ma connaissance, il n'y a jamais eu une &#233;valuation de la part des finances (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt; Le financement de ces services et &#233;quipements collectifs p&#232;sent sur le capital (par l'interm&#233;diaire des imp&#244;ts et des cotisations sociales) et limitent d'autant sa valorisation. C'est dans cette mesure m&#234;me que les politiques n&#233;olib&#233;rales se sont propos&#233; d'en r&#233;duire le co&#251;t global (en effectuant des coupes, sombres ou claires, dans les d&#233;penses publiques) &#8211; ce qui revient directement &#224; d&#233;valoriser en due proportion la force sociale de travail &#8211; et, notamment, la contribution du capital &#224; son financement (en r&#233;duisant les cotisations sociales et les imp&#244;ts pesant sur le capital et le profit, soit de mani&#232;re absolue soit de mani&#232;re relative, par exemple relativement &#224; ceux pesant sur le travail). Toute l'antienne n&#233;olib&#233;rale, fustigeant l'exc&#232;s de d&#233;penses publiques (&#171; &lt;i&gt;le pognon de dingue&lt;/i&gt; &#187; que co&#251;terait la protection sociale) et l'exc&#232;s de pr&#233;l&#232;vement obligatoires (la &#171; voracit&#233; &#187; de l'&#201;tat), s'explique en bonne partie par l&#224;, tout en s'alimentant &#224; la conviction que, si l'&#201;tat est un mal n&#233;cessaire, il faut cependant toujours veiller &#224; le r&#233;duire &#224; la portion congrue.&lt;br class='autobr' /&gt; A ce premier objectif, les politiques n&#233;olib&#233;rales en ajoutent un second &#224; ce niveau. Tout en veillant &#224; d&#233;manteler les services et &#233;quipements collectifs financ&#233;s sur fonds publics, ils cherchent &#224; en faire passer sous la coupe du capital tous les &#233;l&#233;ments qui offrent des opportunit&#233;s de valorisation plus ou moins certaines &#224; ce dernier. C'est ce &#224; quoi ont tendu &#233;videmment les op&#233;rations de privatisation de ces &#233;quipements et services, dont les exemples sont l&#233;gion ; la mont&#233;e des fonds priv&#233;s de pension (par capitalisation) en place de syst&#232;mes publics de retraite par r&#233;partition en repli, les assurances priv&#233;es promettant de prendre le relais de l'assurance maladie publique dont le p&#233;rim&#232;tre et le taux de couverture sont revus en baisse, l'essor des cliniques priv&#233;es en marge ou m&#234;me au sein d'un h&#244;pital public priv&#233; de moyens, celui des &#233;tablissements scolaires priv&#233;s accueillant des &#233;l&#232;ves fuyant la d&#233;gradation du service public d'enseignement, sont autant d'exemples allant dans le m&#234;me sens. &lt;br class='autobr' /&gt; Entre ces deux objectifs, il existe un rapport &#233;vident. Comme il serait politiquement difficile voire dangereux de d&#233;clarer par exemple que l'on va purement et simplement supprimer l'&#233;cole publique et l'h&#244;pital public pour les remplacer par des &#233;coles et des cliniques priv&#233;es ou encore que l'on va abolir l'assurance maladie ou l'assurance vieillesse pour leur substituer des assurances priv&#233;es que chacun-e ne pourra payer que dans la mesure des ses moyens mon&#233;taires, la man&#339;uvre consiste depuis des lustres &#224; asphyxier financi&#232;rement les administrations publiques pour provoquer la d&#233;gradation des prestations qu'elles assurent au public, faire ainsi le lit de leurs concurrents priv&#233;s et ouvrir la voie aux privatisations int&#233;grales tant exig&#233;es par les id&#233;ologues n&#233;olib&#233;raux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	4. Les deux contributions des politiques n&#233;olib&#233;rales &#224; l'aggravation de l'exploitation de la force de travail qui viennent d'&#234;tre d&#233;taill&#233;es font partie d'un ensemble d'une grande coh&#233;rence, et dans sa conception et dans son ex&#233;cution, et elles ont donc &#233;t&#233; mises en &#339;uvre simultan&#233;ment. D'une phase &#224; l'autre de leur ex&#233;cution, l'une aura pr&#233;valu sur l'autre cependant, en France du moins. &lt;br class='autobr' /&gt; Dans un premier temps, en gros durant les deux derni&#232;res d&#233;cennies du si&#232;cle pass&#233;, c'est leur contribution &#224; la d&#233;gradation directe des conditions d'emploi, de travail et de r&#233;mun&#233;ration qui aura pr&#233;valu. Durant cette phase, abandonnant ou sacrifiant l'h&#233;ritage des politiques &#233;conomiques et sociales nagu&#232;re pratiqu&#233;es dans le cadre du compromis fordiste, les gouvernants successifs, soi-disant de gauche ou r&#233;ellement de droite, laissent filer le ch&#244;mage et la pr&#233;carit&#233;, par exemple par l'instauration de formes successives de soi-disant &#171; &lt;i&gt;emplois aid&#233;s&lt;/i&gt; &#187; qui sont autant de mises &#224; disposition quasi gratuite de la force de travail aux employeurs (cf. la cr&#233;ation des &#171; &lt;i&gt;travaux d'utilit&#233; collective&lt;/i&gt; &#187;, les TUC, en octobre 1984). Ils instaurent la d&#233;sindexation des salaires (directs) sur les prix et la productivit&#233; (suppression de l'&#233;chelle mobile des salaires en juin 1982). Ils commencent &#224; d&#233;tricoter le droit du travail (par exemple en supprimant l'autorisation administrative pr&#233;alable pour les licenciements en juillet 1986). Et ils r&#233;duisent consid&#233;rablement les conditions ant&#233;rieurement &#171; g&#233;n&#233;reuses &#187; d'indemnisation de l'emploi en termes de r&#233;mun&#233;ration et de dur&#233;e, conduisant &#224; l'instauration de l'allocation sp&#233;cifique de solidarit&#233; (mars 1984) et du revenu minimum d'insertion (d&#233;cembre 1988). &#201;videmment, d&#232;s ce moment, l'offensive n&#233;olib&#233;rale se d&#233;roule aussi sur l'autre front, celui des conditions socialis&#233;es de reproduction de la force sociale de travail : c'est l'instauration d'un forfait hospitalier en janvier 1983 ; ce sont les premi&#232;res mesures de d&#233;remboursement des m&#233;dicaments dans le cadre du plan S&#233;guin de &#171; &lt;i&gt;ma&#238;trise des d&#233;penses de sant&#233;&lt;/i&gt; &#187; (d&#233;cembre 1986 &#8211; janvier 1987) ; c'est la premi&#232;re &#171; &lt;i&gt;r&#233;forme&lt;/i&gt; &#187; des retraites impos&#233;e par le gouvernement Balladur en juillet 1993 allongeant la dur&#233;e de cotisation et d&#233;gradant le niveau de la pension vers&#233;e. Mais, dans l'ensemble, le premier volet l'emporte sur le second durant cette premi&#232;re phase. &lt;br class='autobr' /&gt; Ce sera l'inverse durant la phase suivante qui couvre les deux premi&#232;res d&#233;cennies du pr&#233;sent si&#232;cle. Sans doute, la d&#233;gradation des conditions d'emploi, de travail et de r&#233;mun&#233;ration ne dispara&#238;t-elle pas alors de l'agenda des politiques n&#233;olib&#233;rales : la succession des dites &#171; &lt;i&gt;lois travail&lt;/i&gt; &#187; au cours de ces toutes derni&#232;res ann&#233;es, de la loi El Khomry (ao&#251;t 2016) jusqu'&#224; la r&#233;cente &#171; r&#233;forme &#187; du Code du travail adopt&#233;e au pas de charge (septembre 2017), en t&#233;moignent, entre autres. Mais cette phase va &#234;tre domin&#233;e par le lancinant probl&#232;me de la ma&#238;trise de l'endettement public. Constamment aggrav&#233; par la politique d'all&#232;gements des imp&#244;ts et des cotisations sociales (dont b&#233;n&#233;ficient essentiellement le capital, les titulaires de hauts revenus et les d&#233;tenteurs de grandes fortunes) pratiqu&#233;e d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 2000, cet endettement va brutalement bondir &#224; l'occasion de la crise financi&#232;re dite des &lt;i&gt;subprime&lt;/i&gt; de 2007-2008, sous la conjugaison du sauvetage massif du capital financier failli ou en passe de l'&#234;tre, des plans de relance destin&#233;s &#224; contenir la d&#233;pression &#233;conomique g&#233;n&#233;rale et le d&#233;ficit de recettes entra&#238;n&#233; par cette derni&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour le d&#233;tail, cf. l'article &#171; Dette publique &#187; dans La novlangue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#232;s lors, sous pr&#233;texte de r&#233;duire un endettement public qui r&#233;sulte pourtant avant tout de l'injustice fiscale au profit du capital et des poss&#233;dants et de la socialisation d'un endettement priv&#233; en gros occasionn&#233; par les m&#234;mes, et en tirant argument de la n&#233;cessit&#233; de r&#233;duire son insoutenable fardeau, l'obsession de nos gouvernants va &#234;tre de r&#233;duire les d&#233;penses publiques en amplifiant et acc&#233;l&#233;rant le d&#233;mant&#232;lement des &#233;quipements et services collectifs que ces d&#233;penses financent. Le tout au grand dam des couches populaires frapp&#233;es ainsi d'une double peine : d&#251;ment mises &#224; contribution par l'alourdissement de la fiscalit&#233; indirecte et de la part de la fiscalit&#233; directe portant sur le travail, ils voient quotidiennement se d&#233;grader des services et des &#233;quipements, qui font partie des conditions imm&#233;diates et, pour partie, indispensables d'existence de leurs membres, surtout les plus d&#233;munis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	5. Replac&#233;e dans ce contexte, la r&#233;volte des &#171; &lt;i&gt;gilets jaunes&lt;/i&gt; &#187; se comprend mieux, y compris dans le fait qu'elle a principalement cibl&#233; l'&#201;tat, notamment dans sa dimension fiscale. Le choix de cette cible n'en fait pas un mouvement &#171; &lt;i&gt;poujadiste&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;consum&#233;riste&lt;/i&gt; &#187; comme on s'est plu &#224; la dire et &#224; le r&#233;p&#233;ter, pas plus qu'il ne place cette r&#233;volte en dehors de lutte anticapitaliste. Au contraire, il identifie l'un des deux moments (moyens, proc&#233;d&#233;s, axes) principaux du proc&#232;s global d'aggravation de l'exploitation de la force social de travail par le capital auquel contribuent les politiques n&#233;olib&#233;rales. Il d&#233;signe les finances publiques, tant dans leur volet recettes que dans leur volet d&#233;penses, comme l'un des deux principaux enjeux de la lutte des classes aujourd'hui sur le plan &#233;conomique, l'autre restant bien entendu le partage de &#171; valeur ajout&#233;e &#187; entre profits et salaires tel qu'il r&#233;sulte de l'affrontement direct entre travail et capital au sein du proc&#232;s de production m&#234;me. Il fait de l'inflexion de ces politiques, dans le sens d'une mise &#224; contribution du capital et de ses ayants droit &#224; la hauteur v&#233;ritable de leurs facult&#233;s en la mati&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon les termes de l'article 13 de la D&#233;claration des droits de l'homme et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et d'une priorit&#233; donn&#233;e &#224; la satisfaction des besoins sociaux les plus &#233;l&#233;mentaires des classes populaires (en termes d'&#233;ducation, de sant&#233;, de logement, de culture, de loisirs), un objectif essentiel de toute politique visant &#224; unifier ces classes dans une perspective anticapitaliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans doute la conscience de la nature politique et de la port&#233;e globale de cet enjeu n'est-elle encore que partielle au sein du mouvement des GJ, bien qu'elle ait progress&#233; depuis les premi&#232;res revendications de ce dernier limit&#233;es &#224; la question de la taxation des carburants. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; d'intervenir dans les d&#233;bats qui se m&#232;nent dans le mouvement pour la faire m&#251;rir et la renforcer. Voici quelques propositions en ce sens, dont une partie relev&#233;e dans des cahiers revendicatifs &#233;labor&#233;s par des GJ et qui ne sont livr&#233;es ici qu'&#224; titre indicatif. &lt;br class='autobr' /&gt; a) &lt;strong&gt;C&#244;t&#233; recettes&lt;/strong&gt;. Rendre l'ensemble des pr&#233;l&#232;vements obligatoires (imp&#244;ts et cotisations sociales) fortement progressif. Ce qui implique notamment de :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Diminuer la part des impositions indirectes et augmenter la part des impositions directes : suppression de la TVA sur les produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; avec instauration de prix administr&#233;s sur ces produits ; diminution de la TICPE sur les produits entrant dans la consommation des m&#233;nages et augmentation sur ceux entrant dans la consommation des entreprises (par exemple le k&#233;ros&#232;ne et le fuel lourd des navires marchands).&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Au sein des impositions directes, diminuer l'imposition du travail et augmenter l'imposition du capital et des ses ayants droit : augmentation du taux de l'IS ; forte taxation de la part des profits distribu&#233;s sous forme de dividendes ; r&#233;tablissement des tranches sup&#233;rieures de l'IRPP ; suppression de l'ensemble des niches fiscales ; augmentation du taux d'imposition des revenus de la propri&#233;t&#233; au titre de protection sociale ; r&#233;tablissement et durcissement de l'ISF.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Accro&#238;tre la progressivit&#233; des cotisations sociales en fonction de la concentration du capital : imposer davantage les gros capitaux et diminuer l'imposition du petit capital. &lt;br class='autobr' /&gt; b) &lt;strong&gt;C&#244;t&#233; d&#233;penses&lt;/strong&gt;. Adoption d'un moratoire sur la dette publique ; ouverture d'une proc&#233;dure d'audit de cette dette pour en d&#233;terminer la part ill&#233;gitime qui ne sera pas rembours&#233;e. Tailler dans les d&#233;penses publiques au b&#233;n&#233;fice du capital (par exemple suppression du CIR et du CICE). Augmenter les d&#233;penses servant &#224; satisfaire les besoins sociaux des classes populaires : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&lt;i&gt;Les prestations sociales&lt;/i&gt;. Porter les minima sociaux au-del&#224; de l'actuel seuil de pauvret&#233; (par exemple &#224; 1200&#8364;). Instauration d'un risque d&#233;pendance financ&#233; par cotisations sociales. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&lt;i&gt;Le logement social&lt;/i&gt;. Relogement de tous les SDF dans des logements vacants comme la loi l'y autorise. Instaurer un encadrement des loyers. Lancement d'un programme d&#233;cennal, financ&#233; sur fonds publics, de construction de logements sociaux (au moins 500 000 par an). Lancement d'un programme d'isolement thermique de l'ensemble des logements, sociaux ou non, financ&#233; sur fonds publics, en commen&#231;ant par ceux occup&#233;s par des m&#233;nages en &#233;tat de pr&#233;carit&#233; &#233;nerg&#233;tique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&lt;i&gt;Les transports publics&lt;/i&gt;. R&#233;ouverture de lignes locales de chemin de fer ferm&#233;es. Gratuit&#233; des transports en commun urbains et p&#233;riurbains. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&lt;i&gt;La formation scolaire&lt;/i&gt;. Aucune fermeture de classe dans le primaire. Institution d'une distance minimale &#224; parcourir par les &#233;l&#232;ves de l'enseignement secondaire et mise en place de ramassage scolaire syst&#233;matique. Institution et respect de la norme de 25 &#233;l&#232;ves maximum par classe. Des moyens suppl&#233;mentaires (en personnel, en &#233;quipement) pour les activit&#233;s p&#233;riscolaires&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&lt;i&gt;La sant&#233;&lt;/i&gt;. Abrogation des mesures de d&#233;remboursement des m&#233;dicaments. Institution d'une p&#233;riode de pr&#233;sence obligatoire des jeunes m&#233;decins dans les d&#233;serts m&#233;dicaux. R&#233;ouverture des h&#244;pitaux et services hospitaliers ferm&#233;s. Plan d'urgence pour pourvoir les h&#244;pitaux publics de moyens suppl&#233;mentaires et abandon de toute subvention aux cliniques priv&#233;es. Instauration d'un droit &#224; la retraite pour tous apr&#232;s 35 ans d'activit&#233; sur la base de 75% du meilleur revenu brut d'activit&#233; plafonn&#233; &#224; deux fois le SMIC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain Bihr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une analyse d&#233;taill&#233;e de la mise en &#339;uvre des politiques n&#233;olib&#233;rales en tant que r&#233;ponse &#224; la crise du fordisme, cf. l'article &#171; Crise &#187; dans &lt;i&gt;La novlangue n&#233;olib&#233;rale&lt;/i&gt;, 2e &#233;dition, Page 2 &amp; Syllepse, 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une pr&#233;sentation de ce nouveau paradigme productif, cf. &lt;i&gt;La novlangue n&#233;olib&#233;rale&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, pages 169-173.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Capital&lt;/i&gt;, Livre I, Chapitre XXV.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Soi-disant parce que, comme Marx l'a montr&#233;, les d&#233;s sont pip&#233;s en l'occurrence. Sur le march&#233; du travail, loin que l'offre et la demande de travail soient deux facteurs ind&#233;pendants de l'un de l'autre, ils sont l'un et l'autre command&#233;s par le capital, qui est ma&#238;tre de l'offre d'emplois tout comme il d&#233;termine largement la demande d'emplois par le biais de &#171; &lt;i&gt;surpopulation relative&lt;/i&gt; &#187; qu'il engendre dans le cours de son proc&#232;s de reproduction.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Capital&lt;/i&gt;, Livre I, Chapitre XII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. par exemple Delphine Roy, &#171; Le travail domestique : 60 milliards d'heures en 2010 &#187;, &lt;i&gt;Insee Premi&#232;re&lt;/i&gt;, n&#176;1423, Insee, novembre 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A ma connaissance, il n'y a jamais eu une &#233;valuation de la part des finances publiques (recettes et d&#233;penses) entrant dans la composition de la valeur de la force sociale de travail.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour le d&#233;tail, cf. l'article &#171; Dette publique &#187; dans &lt;i&gt;La novlangue n&#233;olib&#233;rale&lt;/i&gt;, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon les termes de l'article 13 de la D&#233;claration des droits de l'homme et du citoyen du 26 ao&#251;t 1789 : &#171; Pour l'entretien de la force publique, et pour les d&#233;penses d'administration, une contribution commune est indispensable : elle doit &#234;tre &#233;galement r&#233;partie entre tous les citoyens, en raison de leurs facult&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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