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	<title>Ici et ailleurs</title>
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	<description>Association pour une Philosophie Nomade</description>
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		<title>Ici et ailleurs</title>
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		<title>La r&#233;volte, la lettre - La revuelta, la letra</title>
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		<dc:date>2020-04-26T10:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Drago Yurac</dc:creator>



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&lt;p&gt;Drago Yurac &#201;tudiant en Psychologie et Licence en Esth&#233;tique UC (Pontificia Universidad Cat&#243;lica de Chile) &lt;br class='autobr' /&gt;
29 f&#233;vrier &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#201;criture, c'est le montage de l'estallido &#8211; &#233;crivit quelqu'un il y a une ann&#233;e. Afin de savoir ce que le territoire subit, il suffirait d'aller lire sur le champ de bataille : missives d'une seule phrase qui s'amassent l'une sur l'autre dans la ville. Depuis le 18 octobre, les murs n'ont pas cess&#233; de crier : on ne nous effacera pas. Une &#233;criture &#233;merge lorsqu'il est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=55" rel="directory"&gt;Actualit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Drago Yurac&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;tudiant en Psychologie et Licence en Esth&#233;tique UC (Pontificia Universidad Cat&#243;lica de Chile)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Traduction et notes de Rom&#225;n Dom&#237;nguez Jim&#233;nez, proffeseur &#224; l'Insituto de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 f&#233;vrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;criture, c'est le montage de l'&lt;i&gt;estallido&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#201;clatement &#187; en fran&#231;ais. Estallido social (&#233;clatament social), c'est le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; &#233;crivit quelqu'un il y a une ann&#233;e. Afin de savoir ce que le territoire subit, il suffirait d'aller lire sur le champ de bataille : missives d'une seule phrase qui s'amassent l'une sur l'autre dans la ville. Depuis le 18 octobre, les murs n'ont pas cess&#233; de crier : &lt;i&gt;on ne nous effacera pas&lt;/i&gt;. Une &#233;criture &#233;merge lorsqu'il est obvie qu'il n'est plus possible d'obvier. Ce n'est plus possible de dire que trente pesos n'importent pas : &lt;i&gt;No son 30 pesos, son 30 a&#241;os&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Ce ne sont 30 pesos, ce sont 30 ann&#233;es &#187;. En effet, la hausse de prix a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans les lignes qui convergent les rues, un paradigme s'est satur&#233; : &lt;i&gt;&#233;chec n&#233;olib&#233;ral&lt;/i&gt;. L'Ouverture que devra permettre une autre &#233;criture, une autre fin du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les quatre mois de l'&lt;i&gt;estallido&lt;/i&gt;, la r&#233;volte n'a pas cess&#233; d'insister dans son tremblement : la rue ne se tait pas. Partant de cette d&#233;cision, qui n'est pas encore judiciaire, on a d&#233;j&#224; exp&#233;di&#233; des lois polici&#232;res, le pr&#233;sident a d&#233;clar&#233; la guerre, la machine de guerre de l'&#201;tat s'est activ&#233;e. La pr&#233;fecture s'est occup&#233;e &#224; combler des points n&#233;vralgiques des manifestations, &#224; gaspiller des millions de pesos pour peindre en gris des fa&#231;ades, autrefois recouvertes de consignes de lutte, qui d&#233;bouchent sur l'&lt;i&gt;estallido&lt;/i&gt;. Les forces r&#233;pressives continuent &#224; produire des blessures oculaires et des morts. On &#233;crit en renfor&#231;ant la rature de la r&#233;pression. Les veines ouvertes de la ville ne devront pas se suturer en peu de temps. Comment &#233;crire, comment on &#233;crira demain ? On ne peut pas rendre visite &#224; un &#233;v&#233;nement. Lorsque les fondements bougent, il n'y a plus de temps pour des visites ni pour un coup d'&#339;il, l'&#233;v&#233;nement n'a plus ni ne doit rien au discours. Lorsqu'on &#233;crit avec le sang du dedans, une lettre nouvelle est n&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les nuages tombent comme des cailloux sur les rues / Ai&#235; ! Lorsque la rancune distille comme liquide cristallin pr&#233;cieux, dans le plus pur &#233;gouttage se forme la figure de notre &#233;pop&#233;e. &#187; (Gonzalo Mu&#241;oz, &lt;i&gt;L'&#233;toile noire&lt;/i&gt;). Une r&#233;volte peut rendre fluide les limites du monde r&#233;el en m&#234;me temps qu'illusoire et o&#249;, par le biais de l'anarchie ludique et la transe festive, &#233;merge l'esth&#233;tisation de la vie quotidienne peupl&#233;e de symboles comme le &lt;i&gt;negro matapacos&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Noir Tueur de flics &#187;. C'est le nom d'un chien v&#234;tu avec un foulard rouge (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : un chien de pelage noir, fait de plantes, de feu, d'acier. Le renouvellement all&#233;gorique du monde dans les rues de chaque place, &#224; c&#244;t&#233; de l'inondation par le tag, le gribouillage, le dessin, un art graphique des rues qui devient viral. La lettre est machine baroque. Ce n'est plus un baroque soumis, mais plut&#244;t un baroque dangereux en constant p&#233;ril d'extinction face &#224; une r&#233;pression sans loi. C'est peut-&#234;tre l'expression tumultueuse des blessures qui sont n&#233;es il y a plus de trente ans, hors de toute loi qui puisse ranger les noms, constitution du sol qui se montre fragile, ill&#233;gitime, avec des petits morceaux de cailloux parsem&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fissure qui s'ouvre sur l'histoire ne cesse pas d'&#234;tre incroyable, au sein du croyable. Cette fissure se fait ressentir lorsqu'elle peut faire monter un collage de pass&#233;s vers la surface. Un m&#233;tro qui laisse son heure de pointe &#224; la faveur de l'heure sur le point de d&#233;railler &#8211;la ville se d&#233;membre parce qu'elle d&#233;laisse sa circulation : 1973=2019. Santiago fut peut-&#234;tre la premi&#232;re mutil&#233;e, lorsque Pedro de Valdivia &#233;crase avec ses cohortes le site Inca. Alors ces envahisseurs, &lt;i&gt;huincas&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Huinca. C'est un terme qui en mapudung&#250;n (la langue des mapuches), d&#233;signe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ont ressenti dans les environs, par le biais d'un complexe projectif, d' autres envahisseurs. Les statues envahisseuses tombent une apr&#232;s l'autre. &lt;i&gt;Invasion des aliens&lt;/i&gt; : nouvelle lettre &#224; venir, depuis le dehors de la plan&#232;te pour enlever les signifiants du ma&#238;tre. Une lettre dignement anthropophagique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Letra hambrienta : &#8220;Recorridos. Recorridos. Recorridos. Recorridos. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, lettre araign&#233;e qui tisse son fil au moment o&#249; elle le garde dans son corps. Une nouvelle lettre parasite est en train de s'&#233;crire, et ce n'est pas seulement une nouvelle Constitution. La premi&#232;re dame s'imagine une invasion extraterrestre et elle se fait d&#233;noncer par un souffle d'alcool&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En effet, au lendemain de l'estallido, l'&#233;pouse du Pr&#233;sident Pi&#241;era a pondu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : d&#233;sespoir. La pi&#232;ce &lt;i&gt;Les envahisseurs&lt;/i&gt; (1963) d'Egon Wolf r&#233;sonne dans l'inconscient mythique des classes sup&#233;rieures, elles voient alors, avec une certitude parano&#239;aque comment &lt;i&gt;China&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Toletole&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;El Cojo&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce sont des surnoms fictifs mais probables de manifestants. &#171; El cojo &#187; est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; osent inonder leurs quartiers. Ils osent d&#233;molir les murs de la s&#233;gr&#233;gation en amenant avec eux leurs corps &lt;i&gt;rotos&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Cass&#233; &#187; en fran&#231;ais. Roto, c'est une d&#233;signation qui fut &#224; l'origine (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, coup&#233;s en mille morceaux, des corps qui tentent de revendiquer une f&#234;te de r&#234;ve lucide : lettre qui se r&#233;pand pour le continent, elle ne peut plus dormir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 mars&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un virus se r&#233;pand &#224; travers le continent, il ne peut plus dormir &#8211; &#233;crivit quelqu'un il y a un mois. En remarquant comment l'&#233;v&#233;nement mutait, au milieu de tout, il a substitu&#233; &lt;i&gt;virus&lt;/i&gt; &#224; &lt;i&gt;lettre&lt;/i&gt;. Peut-&#234;tre il ne voulait pas conjurer la nouvelle lettre qui se r&#233;pandait sur l'&lt;i&gt;estallido&lt;/i&gt; sous la forme d'un virus qui se diffuse en ab&#238;mant les syst&#232;mes et les corps. C'est un virus r&#233;el, mortif&#232;re, il est aussi un virus m&#233;diatique qui assi&#232;ge les consciences, et qui r&#233;veille la peste sur l'inconscient. Comment ne pas &#233;voquer que les envahisseurs du continent ont marqu&#233; notre historie virale. &#171; Il nous faut des millions de virus / pour arriver &#224; un point visible &#187; (Gonzalo Mill&#225;n, &lt;i&gt;Virus&lt;/i&gt;). Pourquoi tout &#233;v&#233;nement est-il de l'ordre de la peste, de la r&#233;volte, de la guerre, de la blessure, de la mort ? Faut-il se r&#233;signer ? Faut-il d&#233;noncer ? Comment &#233;crire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cours bref du XXI&#232;me si&#232;cle. Quatre mois sur les rues, quatre mois chez soi, qui peut. Un coup de massue au public et au priv&#233;. Avec ce virus l'abandon de la circulation dans la ville prend le visage d'une &#233;mergence sanitaire, pendant que les veines restent ouvertes, la machinerie continue &#224; essayer d'effacer les tags dans les rues vides. On manipule la contamination : Lavez-vous les mains, lave-t-on les murs. Silencieusement les groupes de pouvoir parano&#239;aques regardent avec de joie cet enfermement : fantaisie de bunker, perversion apocalyptique du papier toilette. Ils s'&#233;chappent vers les plages, ils s'enfuient aux paradis artificiels. Combien de fois nous &#233;couterons le mot supermarch&#233;. Saccag&#233;, prot&#233;g&#233;, d&#233;sinfect&#233;, contamin&#233;, &#233;puis&#233;, r&#233;gul&#233;, d&#233;nonc&#233;, corrompu, accapar&#233;. &#192; ce moment, Une caissi&#232;re continue &#224; enregistrer le code &#224; barres des produits, des articles de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; : &#171; les m&#234;mes marchandises qui &#233;taient parfaitement, harmonieusement et bellement pr&#233;sent&#233;es lors de l'irruption des vandales. C'est incroyable &#187;. Le masque pr&#233;serve ta respiration, les gants prot&#232;gent celle-ci d'une menace invisible : &#171; C'est absolument incroyable. Ils touchent le produit comme s'ils frottaient Dieu. Ils le caressent avec une d&#233;votion fanatique (et religieusement pr&#233;cipit&#233;e) pendant qu'ils se vantent face au pr&#233;sage d'un ressentiment sacr&#233;, urgent et tragique. C'est v&#233;ridique. Je suis en mesure d'assurer que derri&#232;re ces attitudes se cache la mol&#233;cule d'une mystique contamin&#233;e &#187; (Diamela Eltit, &lt;i&gt;Mano de obra&lt;/i&gt;). La mol&#233;cule de l'ARN du virus, enveloppe et noyau. En m&#234;me temps, la caissi&#232;re poursuit son travail, au risque de tomber malade. Comme si elle se situait au-del&#224; des premi&#232;res n&#233;cessit&#233;s, dans une zone indiscernable, &#224; moiti&#233; vivante, &#224; moiti&#233; inorganique, comme le virus, mol&#233;cule de travail et de capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce moment la ville est un souffle d'insomnie. Et pourtant, nous ne d&#233;sesp&#233;rons pas, la fissure reste ouverte dans le r&#234;ve lucide : la vie est un processus de d&#233;molition. Une nouvelle lettre est en train de s'&#233;crire, patiente, dans le noyau de ses mol&#233;cules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Santiago du Chili, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_520 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/IMG/jpg/chili2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/IMG/jpg/chili2.jpg' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La revuelta, la letra&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Drago Yurac&lt;br class='autobr' /&gt;
Estudiante de Psicolog&#237;a y Licenciatura en Est&#233;tica UC&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 de febrero&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La escritura es el montaje del estallido &#8211;escribi&#243; alguien hace un a&#241;o. Para saber lo que est&#225; sufriendo el territorio bastar&#237;a ir a leer ah&#237; en el campo de batalla, como cartas de una sola frase que se acumulan encima unas a otras en la ciudad. Desde el 18 de octubre, las paredes no han dejado de gritar : &lt;i&gt;No nos borrar&#225;n&lt;/i&gt;. Una escritura emerge cuando es obvio que ya no se puede obviar. Ya no se puede decir que no importan treinta pesos : &lt;i&gt;No son 30 pesos, son 30 a&#241;os&lt;/i&gt;. En las l&#237;neas que convergen las calles satur&#243; un paradigma en Chile : &lt;i&gt;Fracaso neoliberal&lt;/i&gt;. La abertura que ha de permitir otra escritura posible, otro fin del mundo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De los cinco meses del estallido, la revuelta no ha dejado de insistir en su temblor, la calle no calla. De este fallo, a&#250;n sin juicios, ya despacharon leyes policiales, el presidente declar&#243; la guerra, se activ&#243; la m&#225;quina de guerra del Estado. La intendencia se ha dedicado a copar los puntos neur&#225;lgicos de las protestas, a gastar millones en pintar con gris las fachadas que desembocan en el estallido, siguen produci&#233;ndose heridas oculares y muertos por las fuerzas represivas. Se escribe remarcando la tachadura de la represi&#243;n. Las venas abiertas de la ciudad no han de suturarse en poco tiempo. &#191;C&#243;mo escribir, c&#243;mo se escribir&#225; ma&#241;ana ? No se puede &lt;i&gt;visitar&lt;/i&gt; un acontecimiento. Al removerse los cimientos, no hay tiempo para visitas ni ojeos al paso, el acontecer ya no tiene ni le debe paciencia al discurso. Al escribir desde la sangre de dentro nace una nueva letra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Las nubes caen como piedras sobre las calles / &#161;Ay ! Cuando el rencor destila como precioso l&#237;quido cristalino, en lo m&#225;s puro de su goteo forma la figura de nuestra epopeya.&#8221; (Gonzalo Mu&#241;oz, &lt;i&gt;La estrella negra&lt;/i&gt;). Una revuelta puede volver fluidos los l&#237;mites del mundo real e ilusorio, donde a trav&#233;s de la anarqu&#237;a l&#250;dica y el trance festivo, emerge la estetizaci&#243;n de la vida rutinaria plagada de s&#237;mbolos como el negro matapacos. Un perro de pelaje negro, hecho de plantas, de fuego, de acero. La renovaci&#243;n aleg&#243;rica del mundo en las estatuas de cada plaza, junto a la inundaci&#243;n del rayado, del garabato, del dibujo, un arte gr&#225;fico callejero que se hace virus. La letra es m&#225;quina barroca. Ya no es un barroco sumiso, sino m&#225;s bien un barroco peligroso y en constante peligro de extinci&#243;n ante la represi&#243;n sin ley. Tal vez es la expresi&#243;n tumultuosa de las heridas que se ubicaron hace m&#225;s de treinta a&#241;os fuera de toda ley que pueda ordenar los nombres, constituci&#243;n del suelo que se revela fr&#225;gil, ileg&#237;tima, con pedacitos de piedra esparcidos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fisura que se abre en la historia no deja de ser incre&#237;ble, en el seno de lo cre&#237;ble. Esta fisura se deja sentir cuando puede traer un collage de pasados a la superficie. Un metro que deja su hora punta en favor de la hora apunto del descarrilamiento &#8211;la ciudad se desmiembra porque abandona su circulaci&#243;n : 1973 = 2019. Quiz&#225;s Santiago fue el primer mutilado, desde el momento en que Pedro de Valdivia aplasta con sus cuadras el emplazamiento inca. Entonces, aquellos invasores, &lt;i&gt;huincas&lt;/i&gt;, por complejo proyectivo vieron en los alrededores a otros invasores. Caen una por una las estatuas invasoras. &lt;i&gt;Invasi&#243;n alien&#237;gena&lt;/i&gt; : nueva letra porvenir, desde afuera del planeta para abducir los significantes del amo. Una letra dignamente antropof&#225;gica&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Letra hambrienta : &#8220;Recorridos. Recorridos. Recorridos. Recorridos. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, letra ara&#241;a que teje su hilo al tiempo que se lo guarda en el cuerpo. Una nueva letra par&#225;sita se est&#225; escribiendo, y no es s&#243;lo una nueva Constituci&#243;n. La primera dama se imagina una invasi&#243;n extraterrestre delatada por un audio con h&#225;lito de alcohol : desesperaci&#243;n. Resuena la obra de teatro &lt;i&gt;Los invasores&lt;/i&gt; (1963) del dramaturgo Egon Wolff, en el inconsciente m&#237;tico de las clases altas, que ven con paranoica certidumbre c&#243;mo China, Toletole y El Cojo se atreven a inundar sus barrios. Se atreven a derribar los muros de la segregaci&#243;n llevando sus cuerpos rotos, cortados en mil pedazos, cuerpos que buscan revindicar una fiesta del sue&#241;o l&#250;cido : letra que se esparce por el continente, no puede ya dormir m&#225;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 de marzo&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un virus se esparce por el continente, no puede ya dormir m&#225;s &#8211;escribi&#243; alguien hace un mes. Al notar c&#243;mo el acontecimiento mutaba, en la mitad de todo, reemplaz&#243; &lt;i&gt;virus&lt;/i&gt; por &lt;i&gt;letra&lt;/i&gt;. Quiz&#225;s no quer&#237;a conjurar la letra nueva que se esparc&#237;a en el estallido bajo la forma de un virus que se expande estropeando los sistemas y los cuerpos. Un virus real, mort&#237;fero, tambi&#233;n un virus medi&#225;tico que asedia las conciencias, despertando la peste en el inconsciente. C&#243;mo no recordar que los invasores del continente marcaron nuestra historia viral. &#8220;Son necesarios / varios millones de virus / para conseguir un punto visible&#8221; (Gonzalo Mill&#225;n, &lt;i&gt;Virus&lt;/i&gt;). &#191;Por qu&#233; todo acontecimiento es del tipo de la peste, la revuelta, la guerra, la herida, la muerte ? &#191;Es preciso resignarse ? &#191;Es preciso denunciar ? &#191;C&#243;mo escribir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curso breve del siglo XXI. Cuatro meses en las calles, cuatro meses en las casas, quienes puedan. Un mazazo a lo p&#250;blico y lo privado. El abandono de la circulaci&#243;n en la ciudad, con este virus, toma el rostro de una emergencia sanitaria, mientras las venas siguen abiertas, la maquinaria sigue intentando borrar los rayados en las calles vac&#237;as. Se manosea la contaminaci&#243;n : l&#225;vese las manos, l&#225;vese los muros. Silenciosamente los grupos paranoicos de poder ven con regocijo este encierro : fantas&#237;a del b&#250;nker, perversi&#243;n apocal&#237;ptica del papel higi&#233;nico. Escapan a las playas, huyen a los para&#237;sos artificiales. Cu&#225;ntas veces escucharemos la palabra supermercado. Saqueado, protegido, sanitizado, contaminado, regulado, escaseado, denunciado, corrompido, acaparado. Una cajera, en estos momentos, sigue ingresando el c&#243;digo de barra de los productos, los art&#237;culos de primera necesidad : &#8220;Las mismas mercader&#237;as que estaban perfecta, armoniosa y bellamente presentadas en el momento de la precipitaci&#243;n vand&#225;lica. Es incre&#237;ble.&#8221; La mascarilla contiene su respiraci&#243;n, los guantes la protegen de una amenaza invisible : &#8220;Definitivamente incre&#237;ble. Tocan el producto igual que si rozaran a Dios. Lo acarician con una devoci&#243;n fan&#225;tica (y religiosamente precipitada) mientras se ufanan ante el presagio de un resentimiento sagrado, urgente y tr&#225;gico. Es ver&#237;dico. Estoy en condiciones de asegurar que detr&#225;s de estas actitudes se esconde la mol&#233;cula de una m&#237;stica contaminada.&#8221; (Diamela Eltit, &lt;i&gt;Mano de obra&lt;/i&gt;). La mol&#233;cula de ARN del virus, envoltura y n&#250;cleo, la mol&#233;cula de una m&#237;stica, de un fetichismo del producto que ha sido saciado por la marca, envoltura y n&#250;cleo. Mientras tanto, la cajera contin&#250;a su labor, al peligro de la enfermedad. Como si se ubicara m&#225;s all&#225; de las primeras necesidades, en una zona indiscernible, media viva, media inorg&#225;nica, como el virus, mol&#233;cula de trabajo y capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En estos momentos la ciudad es un h&#225;lito de insomnio. Aun as&#237;, no desesperamos, la grieta sigue abierta en el sue&#241;o l&#250;cido : la vida es un proceso de demolici&#243;n. Una nueva letra se est&#225; escribiendo, paciente, en el n&#250;cleo de estas mol&#233;culas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Santiago de Chile, 2020&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Traduction et notes de Rom&#225;n Dom&#237;nguez Jim&#233;nez, proffeseur &#224; l'Insituto de Est&#233;tica, UC (Pontificia Universidad Cat&#243;lica de Chile).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &#201;clatement &#187; en fran&#231;ais. &lt;i&gt;Estallido social&lt;/i&gt; (&#233;clatament social), c'est le nom qui d&#233;signe la r&#233;volte chilienne depuis le 18 octobre 2019 autant dans les milieux populaires que dans les m&#233;dias. Ce soir, apr&#232;s des &lt;i&gt;cacerolazos&lt;/i&gt; et des incursions massives dans le m&#233;tro en protestation contre la hausse du prix des billets, quelques groupes ont mis le feu &#224; plusieurs stations de m&#233;tro en signe de r&#233;bellion. Le lendemain des manifestations mais aussi des pillages et des &#233;meutes ont suscit&#233; la d&#233;claration &#171; d'&#201;tat d'urgence &#187; et de couvre-feu par le gouvernement Pi&#241;era &#224; Santiago et dans autres villes et r&#233;gions du pays.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Ce ne sont 30 pesos, ce sont 30 ann&#233;es &#187;. En effet, la hausse de prix a &#233;t&#233; marginale (30 pesos chiliens sont &#224; peu pr&#232;s 3 centimes d'euros), la clameur populaire s'explique plut&#244;t par presque 30 ann&#233;es du retour de la d&#233;mocratie (1990), mais sans changement du r&#233;gime &#233;conomique ultralib&#233;rale instaur&#233; par la dictature de Pinochet (septembre 1973-mars 1990). Bien au contraire, les diff&#233;rents gouvernements qui ont succ&#233;d&#233; &#224; la dictature (socialistes inclus) ont approfondi le mod&#232;le &#233;conomique instaur&#233; par les &lt;i&gt;Chicago Boys&lt;/i&gt;, un groupe d'&#233;conomistes issues pour la plupart de l'Universit&#233; Catholique et qui ont fait leurs doctorats &#224; l'Universit&#233; de Chicago sous l'&#233;gide de Milton Friedman. Ana Tijoux a utilis&#233; cette phrase dans sa chanson &lt;i&gt;Cacerolazo&lt;/i&gt; en soutien &#224; la r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Noir Tueur de flics &#187;. C'est le nom d'un chien v&#234;tu avec un foulard rouge qui est devenu c&#233;l&#232;bre lors de sa participation aux manifestations pendant la d&#233;cennie de 2010 en s'attaquant aux carabiniers. Bien que le chien soit mort en 2017, son image est devenue un symbole populaire. Des manifestants ont &#233;rig&#233; une statue en papier en hommage au chien dans un parc &#224; Santiago pendant l'&lt;i&gt;estallido&lt;/i&gt;. Alors des groupes d'inconnus ont d&#233;truit la statue seulement pour que le lendemain une nouvelle statue du Negro s'&#233;rige cette fois avec des fleurs, et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Huinca&lt;/i&gt;. C'est un terme qui en &lt;i&gt;mapudung&#250;n&lt;/i&gt; (la langue des mapuches), d&#233;signe les populations envahisseuses europ&#233;ennes et par extension des chiliens, m&#233;tis ou cr&#233;oles. Des &#233;tymologies sugg&#232;rent que &lt;i&gt;huinca&lt;/i&gt; veut dire &#171; nouvel Inca &#187;. Car en effet, les Incas ont envahi ce qui est aujourd'hui une part de Chili, dont le site de ce qui est aujourd'hui Santiago, des si&#232;cles avant les Espagnols.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Letra hambrienta : &#8220;Recorridos. Recorridos. Recorridos. Recorridos. Recorridos. Recorridos. Recorridos.&#8221; (Oswald de Andrade, &lt;i&gt;Manifiesto Antrop&#243;fago&lt;/i&gt;). Il s'agit du c&#233;l&#232;bre manifeste r&#233;dig&#233; par le br&#233;silien Andrade en 1928.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En effet, au lendemain de l'&lt;i&gt;estallido&lt;/i&gt;, l'&#233;pouse du Pr&#233;sident Pi&#241;era a pondu cette phrase : &#171; C'est comme une invasion d' aliens ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce sont des surnoms fictifs mais probables de manifestants. &#171; El cojo &#187; est litt&#233;ralement &#171; le boiteux &#187; en fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Cass&#233; &#187; en fran&#231;ais. &lt;i&gt;Roto&lt;/i&gt;, c'est une d&#233;signation qui fut &#224; l'origine p&#233;jorative &#224; l'&#233;gard de gens issus de milieux urbains populaires, mais qui avec le temps est devenue affirmative et m&#234;me un signe de fiert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Letra hambrienta : &#8220;Recorridos. Recorridos. Recorridos. Recorridos. Recorridos. Recorridos. Recorridos.&#8221; (Oswald de Andrade, &lt;i&gt;Manifiesto Antrop&#243;fago&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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