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	<title>Ici et ailleurs</title>
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	<description>Association pour une Philosophie Nomade</description>
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		<title>Ici et ailleurs</title>
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		<title>Le &#171; monde d'apr&#232;s &#187;, comment ?</title>
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		<dc:date>2020-05-19T14:47:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denise Avenas</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le discours sur le &#171; monde d'apr&#232;s &#187;, pur blabla la plupart du temps, a pris le relais du &#171; plus jamais &#231;a &#187; si souvent d&#233;&#231;u - la guerre de 14/18 ne fut pas &#171; la der des der &#187;, apr&#232;s l'extermination des Juifs d'Europe, des Roms, des malades mentaux et autres &#171; sous-hommes &#187; par les nazis, on s'entretua ou Cambodge, au Rwanda pour m'en tenir aux plus connus des g&#233;nocides. D&#233;&#231;ues aussi les esp&#233;rances des lendemains des d&#233;colonisations, de l'&#233;bullition (mondiale, pas seulement fran&#231;aise) du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=55" rel="directory"&gt;Actualit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le discours sur le &#171; monde d'apr&#232;s &#187;, pur blabla la plupart du temps, a pris le relais du &#171; plus jamais &#231;a &#187; si souvent d&#233;&#231;u - la guerre de 14/18 ne fut pas &#171; la der des der &#187;, apr&#232;s l'extermination des Juifs d'Europe, des Roms, des malades mentaux et autres &#171; sous-hommes &#187; par les nazis, on s'entretua ou Cambodge, au Rwanda pour m'en tenir aux plus connus des g&#233;nocides. D&#233;&#231;ues aussi les esp&#233;rances des lendemains des d&#233;colonisations, de l'&#233;bullition (mondiale, pas seulement fran&#231;aise) du printemps 68, des &#171; printemps arabes &#187;, sauf un demi-succ&#232;s en Tunisie et encore, des occupations de place&#8230; Et la magnifique &#171; Histoire populaire des Etats-Unis &#187; de Howard Zinn&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Agone, 2002-2014. Je ne saurais trop recommander la lecture de cet ouvrage, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui synth&#233;tise tous les combats qui s'y men&#232;rent depuis les d&#233;buts de la colonisation, est aussi une longue histoire de batailles perdues, pour parler comme Louis Guilloux, si acharn&#233;es eussent-elles &#233;t&#233; et les victoires, arrach&#233;es de haute lutte, toujours remises en question. Pourtant, il en faudrait, un &#171; monde d'apr&#232;s &#187;, un v&#233;ritable &#171; tout monde &#187; selon Glissant.&lt;br class='autobr' /&gt;
1- &lt;i&gt;Le d&#233;sir de soul&#232;vement est r&#233;el&lt;/i&gt;, la qu&#234;te de justice et de libert&#233; perdure malgr&#233; les &#233;checs r&#233;p&#233;t&#233;s, la r&#233;pression, les tentatives de r&#233;gression quand il engendre des succ&#232;s, les contre-r&#233;volutions. Les infirmi&#232;res qui ont interpel&#233; notre roitelet lors de sa visite &#224; la Salp&#234;tri&#232;re, le 15 mai, indiquent assez, en France, qu'une &#171; prime &#187; ne saurait l'&#233;teindre. Il a d'ailleurs admis, dans un acc&#232;s soudain &#171; d'humilit&#233; &#187;, et surtout j'imagine pour se tirer d'un mauvais pas en ces heures o&#249; il est convenu de c&#233;l&#233;brer les &#171; soignants &#187;, &#171; l'erreur &#187; qu'il avait faite en continuant de d&#233;munir l'h&#244;pital public, et voil&#224; qu'on promet d'augmenter leurs salaires. C'est qu'il risque d'exploser en m&#234;me temps que le ch&#244;mage (on a un peu vite enterr&#233; la classe ouvri&#232;re, m&#234;me si elle n'est plus ce qu'elle &#233;tait en nombre et en termes d'organisation, et les classes dites moyennes trinqueront aussi), qui multipliera les &#171; superflus &#187; de la &#171; soci&#233;t&#233; de travail sans travailleurs &#187; pr&#233;dite par Anders&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Anders : L'obsolescence de l'homme, vol II, Fario 2011p 93, &#171; l'obsolescence (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou d&#233;nonc&#233;e plus r&#233;cemment par Viviane Forrester dans &lt;i&gt;L'horreur &#233;conomique&lt;/i&gt;, tout ceci d&#233;j&#224; acc&#233;l&#233;r&#233; par la robotisation et l'informatisation. Paysans, Employ&#233;s, &#171; petits &#187; fonctionnaires mal r&#233;tribu&#233;s (dans ce pays, les enseignants, pour ne prendre qu'un exemple, gagnent deux fois moins qu'en Espagne). Mais ce n'est pas seulement la maltraitance mat&#233;rielle (mal logement, mal bouffe, pauvret&#233; voire franche mis&#232;re) qui le cause, c'est aussi la maltraitance psychique, le m&#233;pris g&#233;n&#233;ralis&#233;, le d&#233;faut de reconnaissance, l'humiliation constante, sociale, raciale, machiste (les trois pouvant se combiner jusque chez les opprim&#233;s (voir &lt;i&gt;Black f&#233;minism&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Collectif, L'Harmattan 2008. L'une des auteures note que la plupart des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) qui l'attisent. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Effet collat&#233;ral &#187;, comme on disait nagu&#232;re des &#171; frappes &#187; a&#233;riennes occidentales suppos&#233;es &#171; chirurgicales, la mis&#232;re cro&#238;t partout dans le monde, et avec elle &lt;i&gt;les&lt;/i&gt; maladies, la malbouffe, la mort multiforme des pauvres, voire des peuples que l'on dit aujourd'hui &#171; premiers &#187;, ou &#171; autochtones &#187;, parce qu'on n'ose plus les appeler &#171; primitifs &#187;. Pour ne prendre que deux exemples, les peuples amazoniens ont vu fondre sur eux comme jamais les vautours, chercheurs d'or, &#233;leveurs, cultivateurs de soja transg&#233;nique, et avec eux, outre le covid, la d&#233;forestation acc&#233;l&#233;r&#233;e, les pesticides, Bolsonaro applaudissant des deux mains, bon d&#233;barras, et en Afrique noire s'accentuent les trag&#233;dies dans les lieux les plus d&#233;sh&#233;rit&#233;s, m&#234;me si le nouveau virus l'a, dit-on, relativement &#233;pargn&#233;e parce qu'elle est &#171; jeune &#187; (mais les parents des jeunes d'aujourd'hui sont morts en masse du sida, il faut le rappeler). Pour les puissants, le &#171; monde d'apr&#232;s &#187; devra ressemble &#224; celui d'avant, en pire, Sanofi t&#233;moigne que la sant&#233; c'est business first, et &#231;a rapporte gros, les patrons r&#233;clament qu'on &#171; travaille plus &#187;, d'aucuns ont m&#234;me l'ind&#233;cence de r&#233;clamer que l'&#201;tat les aide &#224; payer les salaires. La &#171; croissance &#187; reste sacro-sainte quand c'est &#171; d&#233;cro&#238;tre &#187; intelligemment qu'il faudrait, vivre mieux avec moins, mettre fin &#224; l'&#233;conomie g&#233;n&#233;ralis&#233;e du g&#226;chis, &#224; la dictature implacable et mortif&#232;re de l'argent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le beau livre de Pierre Lantz, L'Argent, la mort, l'Harmattan, 1988.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais ce serait th&#232;me &#224; traiter &#224; part, que celui des &#171; effets collat&#233;raux &#187; de la panique g&#233;n&#233;r&#233;e par le covid, j'y reviendrai peut-&#234;tre une autre fois.&lt;br class='autobr' /&gt;
En tous cas, il y a mati&#232;re, partout, &#224; susciter le d&#233;sir de soul&#232;vement, mais o&#249; il existe, il risque de rester &#233;clat&#233; ou vite divis&#233; malgr&#233; des tentatives de coordination, on a pu le voir avec les gilets jaunes qu'il faut saluer sans les id&#233;aliser comme d'aucuns, min&#233; par la d&#233;fiance, largement justifi&#233;e h&#233;las, envers la &#171; repr&#233;sentation &#187; politique, voire toute forme de repr&#233;sentation et les grandes institutions transnationales, ces parfaits &#171; monstres froids &#187;, voir l'&#233;tat actuel de l'Europe. Mais la d&#233;mocratie directe, outre qu'elle a ses propres d&#233;fauts, les forts en gueule et les manipulateurs en tous genre y fleurissent, ne saurait exister, &#233;crivait d&#233;j&#224; Rousseau, surtout &#224; l'&#233;chelle du monde ! &lt;br class='autobr' /&gt;
2 &#8211; &lt;i&gt;Alors, quelle issue ?&lt;/i&gt; Le &#171; monde d'apr&#232;s id&#233;al &#187;, on peut le brosser &#224; grands traits, &#224; titre d'horizon, d'&#233;toile polaire, beaucoup s'y emploient, de fa&#231;on parfois int&#233;ressante, qui voient dans le virus l'occasion de tout chambouler. Mais le moyen de l'approcher, au moins autant qu'il est humainement, donc failliblement possible ? Par la dictature, &#233;crivaient r&#233;cemment Alain Brossat et Alain Naze. J'avoue consid&#233;rer l'avenir assez largement en Cassandre, m&#234;me si je sais que voir le verre aux trois quarts vide plut&#244;t qu'&#224; moiti&#233; plein ne conduit &#224; rien. Mais comment substituer une &#171; mondiation &#187; positive, pour reprendre un terme dont j'ai h&#233;las oubli&#233; l'auteur &#224; une &#171; mondialisation &#187; mortif&#232;re, et pas seulement &#224; cause des virus voyageurs qu'elle multiplie (entre autres en privant d'espace les animaux sauvages qui investissent les lieux humanis&#233;s, en les braconnant sans vergogne, &#231;a rapporte, sur les march&#233;s parall&#232;les). Quelques mots sur la dictature, donc - non point &#224; la romaine, g&#233;n&#233;ralement patricienne, pour se tirer de situations d'exception, non point &#224; la stalinienne dans ses diff&#233;rentes versions, mais, si j'ai bien compris, &#171; populaire &#187;.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D&#233;j&#224;, le mot peuple, c'est un terme bien vague, d&#233;fini selon ce qui arrange qui l'emploie : l'ensemble des citoyens pour les r&#233;publicains, des &#171; natifs &#187; pour les partisans du sol et du sang, le populo, la populace pour les nantis, l'ensemble des opprim&#233;s pour les r&#233;volutionnaires r&#233;els ou pr&#233;tendus, la &#171; pl&#232;be &#187; pour vous, je crois&#8230; Mais si la pl&#232;be exclut certes les n&#233;o-patriciens, riches ou ultra-riches, les membres de la &#171; noblesse d'&#201;tat &#187;, pour parler Bourdieu ou toutes autres cat&#233;gories de &#171; notables &#187;, qui la constitue ? Au sortie de ma hlm natale, arriv&#233;e par la gr&#226;ce de mes enseignants en classe pr&#233;paratoire &#224; Lyon, j'adh&#233;rai &#224; l'UEC et fus stup&#233;faite de voir &#224; quel point le &#171; prol&#233;tariat &#187; dont on parlait encore alors n'avait rien &#224; voir avec &lt;i&gt;les ouvriers&lt;/i&gt;, frais issus des campagnes il est vrai et catholiques, parmi lesquels j'avais grandi. Plus tard, dans ma &#171; cellule &#187; gauchiste, je me sentis d'un autre monde, moi &#171; transfuge de classe &#187;, que mes camarades du XVIe arrondissement, qui fr&#233;quentaient l'universit&#233; flambant neuve de Nanterre &#171; la folie &#187;. J'admirai qu'ils fussent traitres &#224; leurs origines, mais &#231;a me clouait le bec &#8211;heureusement, je pouvais tout de m&#234;me &#233;crire, &#224; d&#233;faut de parler&#8230; Mais surtout, quelle qu'elle soit, la pl&#232;be, que voudrait-elle &lt;i&gt;en positif&lt;/i&gt;, et qui soit &#171; plan&#233;tarisable &#187;, puisque c'est &#224; cette &#233;chelle qu'il faut d&#233;sormais penser ? &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ensuite, la &#171; d&#233;mocratie &#187; a bel et bien failli. Elle a d'ailleurs &lt;i&gt;toujours&lt;/i&gt; &#233;t&#233; un leurre, si on prend le mot demos au sens d'ensemble des habitants de la &#171; cit&#233; &#187; au sens large. Pas seulement parce qu'elle ne saurait &#234;tre directe, ou parce que les &#171; repr&#233;sentants &#187; du dit peuple &lt;i&gt;ne peuvent que finir par se corrompre&lt;/i&gt;, &#233;crivait le tr&#232;s pessimiste Rousseau&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rousseau, dans le Contrat social, quasi livre sacr&#233; des r&#233;publicains, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pour qui la duplicit&#233; de l'individu, membre de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale comme citoyen et volont&#233; particuli&#232;re pour le reste ne pouvait qu'entra&#238;ner la d&#233;g&#233;n&#233;rescence du &#171; corps politique &#187;, muer le contrat social en contrat de dupes. Le &#171; demos &#187; grec &#233;tait nanti (en tous cas ne travaillait pas de ses mains), m&#226;le, et natif de la cit&#233;. Au XIXe si&#232;cle, il fut m&#226;le et poss&#233;dant, et quand il cessa d'&#234;tre censitaire pour devenir &#171; universel &#187;, il resta masculin, les femmes ne comptant pour rien, &#171; incluses &#187; qu'elles &#233;taient en leurs &#233;poux, sous la tutelle de leur p&#232;re, de leur fr&#232;re ou de l'&#201;glise (d'o&#249; l'opposition du mouvement ouvrier)). Aujourd'hui, en France, tout citoyen a, en principe, le droit de vote (mais les femmes depuis la fin de la deuxi&#232;me guerre seulement, et les &#233;trangers non &#171; naturalis&#233;s &#187; ( !) toujours pas, m&#234;me localement et install&#233;s depuis longtemps) , chacun est, en principe, &#233;ligible (mais si on est femme, &#171; de couleur &#187; ou pauvre, a fortiori les trois, on a peu ou aucune chance), le droit de manifester (encore qu'&#224; ses risques et p&#233;rils), de penser et de publier sa pens&#233;e (s'il le peut, ce n'est pas si simple, sous le r&#232;gne de l'argent roi et de la &#171; fracture num&#233;rique, pour ne rien dire de l'in&#233;galit&#233; sociale que le syst&#232;me scolaire perp&#233;tue voire creuse), de croire en ce qu'il veut, pour peu que cela ne nuise pas &#224; autrui (mais pas d'arborer des signes ext&#233;rieurs musulmans, kippa ou croix oui, foulard non, qu'on assimile au voile ou autre tchador, quand Montesquieu &#233;crivait quelque part qu'on ne change pas les m&#339;urs par la loi, mais par l'exemple &#8211; or la pub favorise la femme objet d&#233;nud&#233;e, fragment&#233;e, au sourire niais suppos&#233; aguicheur). Bref, les libert&#233;s politiques et civiles formelles ont fini par &#234;tre g&#233;n&#233;ralis&#233;es, on y a m&#234;me adjoint, d&#232;s avant mais surtout apr&#232;s 1945, des &lt;i&gt;droits sociaux&lt;/i&gt; tant il &#233;tait flagrant que sans ces deniers les premi&#232;res ne valaient que pour une &#171; &#233;lite &#187; cultiv&#233;e mais riche, cultiv&#233;e parce que riche. En principe, les pouvoirs l&#233;gislatif, ex&#233;cutif et judiciaire sont s&#233;par&#233;s. En principe, en principe&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Parce qu'en r&#233;alit&#233;, si on a coup&#233; la t&#234;te du roi, et malgr&#233; quelques tentatives de restauration voire d'empires, install&#233; la R&#233;publique, la derni&#232;re constitution de la France l'a mu&#233;e en &#171; monarchie &#233;lective &#187;. Le peuple - ensemble des citoyens choisit le chef de l'&#201;tat au terme de campagnes &#233;lectorales in&#233;galitaires, mais ses pouvoirs sont exorbitants par rapport au Parlement, lequel est majoritairement peupl&#233; de notables et de m&#226;les, m&#234;me si une &#171; parit&#233; &#187; forc&#233;e y a install&#233; des femmes et si l'on peut trouver, en cherchant bien, quelques personnes &#171; issues de la diversit&#233; &#187; (!!!!) Mais o&#249; sont les prol&#233;taires, les paysans (car il en reste), les membres de la &#171; classe moyenne &#187;, surtout inf&#233;rieure ? Et les r&#233;gions sont plus que m&#233;taphoriquement des &#171; fiefs &#187;, comme disent les journalistes. Coquille vide, la d&#233;mocratie politique, d'autant qu'elle s'est asservie &#224; la finance et &#224; l'&#233;conomie globalis&#233;e ultra-lib&#233;rale, transformant nos gouvernants en repr&#233;sentants de commerce pr&#234;ts &#224; s'asseoir sur les pr&#233;tendus &#171; droits de l'homme &#187; (droits humains serait mieux, mais les m&#226;les r&#233;sistent, l&#224; aussi !) pour conqu&#233;rir des &#171; march&#233;s &#187;, but supr&#234;me. La d&#233;mocratie sociale est largement en panne, et le peu de d&#233;mocratie &#171; participative &#187; existant reste symbolique&#8230; Coquille vide, oui, malgr&#233; les droits acquis par les femmes, les minorit&#233;s sexuelles, ce qui reste de l'&#201;tat providence (un peu plus qu'en d'autres lieux il est vrai). &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pourtant, la &#171; dictature &#187; me pose probl&#232;me, et pas seulement en raison des &#171; r&#233;volutions trahies &#187; du pass&#233; et du pr&#233;sent. Je me suis dite l&#233;niniste, dans ma jeunesse militante, mais je pr&#233;f&#233;rais tout de m&#234;me Rosa Luxembourg, et l'histoire m'a appris non seulement que la dictature du prol&#233;tariat l'&#233;tait d&#233;j&#224;, sous L&#233;nine et Trotski, &#171; sur &#187; le prol&#233;tariat, le parti bolchevik &#233;tant seul &#224; m&#234;me de guider le peuple in&#233;duqu&#233;, inexpert, comme le bon berger platonicien son troupeau. Certes, ce devait &#234;tre un &#171; &#201;tat disparaissant &#187;, mais les circonstances historiques n'expliquent enti&#232;rement sa consolidation, sa transformation en n&#233;o-despotisme, si lourdes eussent-elles &#233;t&#233;. Les soviets, montre Ferro&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Des soviets au communisme bureaucratique, Folio Histoire 2017.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, se bureaucratis&#232;rent par le haut &lt;i&gt;et par le bas&lt;/i&gt;, m&#234;me si &lt;i&gt;les&lt;/i&gt; partis les investirent tr&#232;s t&#244;t, si le parti bolchevik dominant tua vite, de surcro&#238;t, toute d&#233;mocratie interne. Donc, je ne crois pas plus &#224; une &#171; dictature populaire &#187;, si j'ai bien compris ce dont il s'agit, qui ne finisse par d&#233;g&#233;n&#233;rer, qu'&#224; celle du &#171; prol&#233;tariat &#187;. Une fois le syst&#232;me balay&#233; par un soul&#232;vement qu'il faudrait tendanciellement mondial, m&#234;me s'il devra bien commencer quelque part, il lui faudra &lt;i&gt;s'institutionnaliser&lt;/i&gt;, sauf impasse et chaos permanent, inclure et contr&#244;ler la masse d'experts et autres scientifiques que n&#233;cessitent les soci&#233;t&#233;s hyper-complexes et connect&#233;es qui sont d&#233;sormais les n&#244;tres, et le danger bureaucratique repara&#238;tra, ou technocratique. Il lui faudra surtout &lt;i&gt;accepter la pluralit&#233; des points de vue&lt;/i&gt;, m&#234;me pour faire primer l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, et donc la libre discussion de toutes choses, ce que Marx ne vit pas, qui id&#233;alisa la Commune de Paris (laquelle, n'ayant dur&#233; que 3 mois, n'eut pas le temps de d&#233;g&#233;n&#233;rer, mais, divis&#233;e entre proudhoniens majoritaires, &#171; marxistes &#187; et quelques autres, l'aurait fait je le crains). Il refusa de penser le et la politique &#171; d'apr&#232;s &#187; au nom de l'auto-&#233;mancipation des masses, mais prit comme Owen la fabrique pour mod&#232;le, si je me souviens bien, et voulut comme Saint Simon substituer l'administration des choses au gouvernement des hommes. Gouvernement des hommes il faudra, donc espace politique public et libre discussion, sauf dictature despotique s'auto-entretenant. Et il faudrait surtout que &lt;i&gt;chacun&lt;/i&gt; veuille (et puisse) se m&#234;ler en &lt;i&gt;permanence&lt;/i&gt; de politique, ou du moins contr&#244;ler ceux &#224; qui il s'en remettrait, bref, inventer les formes d'une authentique &#171; d&#233;mocratie &#187;, une fois qu'il n'y aurait plus de financiers, de multinationales, de capitalistes grands et petits &#224; &#171; terroriser &#187;, pour emp&#234;cher que les &#171; dictateurs populaires &#187; ne s'installent aux affaires. Arendt, dont les parents &#233;taient luxembourgistes, tenta d'imaginer un mixte de la pyramide des conseils et des communes am&#233;ricaines originaires &#8211; mais, outre qu'elle coupa le politique du social vou&#233; &#224; la vie biologique, qui relevait du priv&#233; pour elle (il y a beaucoup &#224; contredire sur son &lt;i&gt;Essai sur la r&#233;volution&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tel Gallimard, 1963.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), elle buta sur l'absence du d&#233;sir de tous de &#171; faire de la politique &#187;, d'aucuns pr&#233;f&#232;rent &#233;crire des romans, peindre, faire de la musique, ou cultiver leur jardin&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt; Je conclurai sur cette citation de &lt;i&gt;L'institut Benjamenta&lt;/i&gt;, magnifique texte de Martin Walser, contemporain de Kafka avec qui il a un ind&#233;niable &#171; air de famille &#187; : &#171; C'est la libert&#233;, dit la ma&#238;tresse, elle est hivernale, et on ne peut la supporter longtemps. &lt;i&gt;Il faut toujours se donner du mouvement, comme nous le faisons en ce moment, il faut danser dans la libert&#233;&lt;/i&gt; (soulign&#233; par moi). Elle est froide et belle. Mais ne va pas t'en &#233;prendre ! &lt;i&gt;&#199;a ne ferait que te rendre triste, car on ne peut s&#233;journer que des moments, pas plus, dans les r&#233;gions de la libert&#233;&lt;/i&gt;. (soulign&#233; par moi). Nous sommes d&#233;j&#224; rest&#233;s un peu trop longtemps. Regarde comme la piste sur laquelle nous glissons se d&#233;fait lentement. Maintenant, si tu ouvres les yeux, tu pourras voir la libert&#233; mourir. Plus tard, tu assisteras encore plus d'une fois &#224; ce spectacle navrant &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'imaginaire, Gallimard, 1967, p 153. Walzer passa des dizaines d'ann&#233;es (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt; Jusqu'ici, l'histoire lui a donn&#233; raison, h&#233;las.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Denise Avenas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Illustration&lt;/i&gt; : Lo Hui-Chen&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Agone, 2002-2014. Je ne saurais trop recommander la lecture de cet ouvrage, qui brasse magistralement les luttes am&#233;rindiennes, noires, ouvri&#232;res, f&#233;ministes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Anders : &lt;i&gt;L'obsolescence de l'homme&lt;/i&gt;, vol II, Fario 2011p 93, &#171; l'obsolescence du travail &#187; . Forrester : Fayard 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Collectif, L'Harmattan 2008. L'une des auteures note que la plupart des femmes noires sont victimes non seulement de la discrimination raciale, sociale et machiste g&#233;n&#233;rale, mais, au sein du mouvement f&#233;ministe g&#233;n&#233;ral, du racisme m&#234;me inconscient des femmes blanches, et dans leurs mouvements d'&#233;mancipation africains-am&#233;ricains, du machisme des &lt;i&gt;militants&lt;/i&gt;, que nous avons d'ailleurs bien connu ici en d'autres temps&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le beau livre de Pierre Lantz, &lt;i&gt;L'Argent, la mort&lt;/i&gt;, l'Harmattan, 1988.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rousseau, dans le &lt;i&gt;Contrat social&lt;/i&gt;, quasi livre sacr&#233; des r&#233;publicains, &#233;crivait qu'il faudrait un peuple de dieux pour vivre en d&#233;mocratie, et que ledit contrat ne pouvait que d&#233;g&#233;n&#233;rer (livre III, chp X et suivants, Pl&#233;iade, &#233;crits politiques, p 421 et sq), comme le contrat de dupes du &lt;i&gt;Discours sur l'origine et les fondements de l'in&#233;galit&#233; parmi les hommes&lt;/i&gt; (Pl&#233;iade, &lt;i&gt;Ecrits politiques&lt;/i&gt;, p 177 et sq).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Des soviets au communisme bureaucratique&lt;/i&gt;, Folio Histoire 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tel Gallimard, 1963.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'imaginaire, Gallimard, 1967, p 153. Walzer passa des dizaines d'ann&#233;es dans un h&#244;pital psychiatrique o&#249; il mourut.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Sans contact &#187;, ou le corps ennemi</title>
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		<dc:date>2020-05-10T13:26:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denise Avenas</dc:creator>



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&lt;p&gt;En notre si&#232;cle pr&#233;tendument mat&#233;rialiste (au sens le plus vulgaire du terme), le dualisme platonico-religieux se porte toujours bien ! Ce n'est plus seulement la vieillesse qui est ennemie (encore que nous voil&#224;, d&#232;s soixante-cinq ans, soixante-dix en tous cas, devenus des dangers publics), c'est le corps mortel que nous pensons, en grande majorit&#233;, &#171; avoir &#187; plut&#244;t que l'&#234;tre, dans notre soci&#233;t&#233; post tout ce qu'on voudra. Ainsi, la nouvelle devise de la R&#233;publique/Covid, tra&#231;abilit&#233;, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=55" rel="directory"&gt;Actualit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En notre si&#232;cle pr&#233;tendument mat&#233;rialiste (au sens le plus vulgaire du terme), le dualisme platonico-religieux se porte toujours bien ! Ce n'est plus seulement la vieillesse qui est ennemie (encore que nous voil&#224;, d&#232;s soixante-cinq ans, soixante-dix en tous cas, devenus des dangers publics), c'est le corps mortel que nous pensons, en grande majorit&#233;, &#171; avoir &#187; plut&#244;t que l'&#234;tre, dans notre soci&#233;t&#233; post tout ce qu'on voudra. Ainsi, la nouvelle devise de la R&#233;publique/Covid, &lt;i&gt;tra&#231;abilit&#233;, distanciation &#171; sociale &#187;, gestes barri&#232;re, qui remplacent point par point la libert&#233;, l'&#233;galit&#233; (en droits, formellement) et la fraternit&#233; (qui devrait, &#171; d&#233;genr&#233;e &#187;, &#234;tre &#171; solidarit&#233; &#187;) classiques)&lt;/i&gt; m'a &#233;voqu&#233; irr&#233;sistiblement le &lt;i&gt;noli me tangere&lt;/i&gt;, ne me touche pas, adress&#233; selon l'Evangile de Jean par J&#233;sus tout juste ressuscit&#233; &#224; Marie Madeleine qui veillait devant le tombeau&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Traduction latine par J&#233;r&#244;me du me mou aptou grec, voir Wikip&#233;dia pour le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pourquoi cette injonction &#224; la femme qui l'aimait (et qu'il aurait aim&#233;e, selon d'aucuns, si tant est qu'il ait exist&#233; - un certain Josu&#233; fut crucifi&#233;, il est vrai, qui haranguait les foules pour les monter contre les puissants du temps, mais le Christ ne fut invent&#233; que bien apr&#232;s sa mort&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Maurice Sachot, L'invention du Christ, Odile Jacob 1998&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) ? Parce qu'il n'&#233;tait pas encore, aurait-il r&#233;pondu, mont&#233; vers le P&#232;re &#233;ternel (qui l'avait d&#233;j&#224;, faut-il le rappeler, pour s'incarner lui-m&#234;me, con&#231;u &#171; sans contact &#187; autre que le rayon style laser qu'on voit sur certaines annonciations et la parole de l'ange Gabriel au magnifique corps immat&#233;riel) - ce qu'on peut interpr&#233;ter comme &#171; ne touche pas mon corps terrestre impur, &#224; peine sorti du linceul, du s&#233;pulcre et pas encore &#171; glorieux &#187; (parfait et immortel) voire inexistant, puisque je ne suis &#171; fils de Dieu &#187; qu'en apparence&#8230; La mythologie religieuse encore dominante en Occident dit mieux que Platon que le corps est prison, tombeau de l'&#226;me, et le pr&#233;sent d&#233;lire transhumaniste qui entend nous &#171; machiniser &#187; n'en est que l'ultime avatar &#8211; transf&#233;rer notre &#171; esprit &#187; sur un disque dur au lieu de notre pauvre cerveau mou et facilement malade, quel r&#234;ve ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le rapport avec le Covid 19, direz-vous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; litt&#233;ralement &lt;i&gt;sid&#233;r&#233;e&lt;/i&gt; par la &lt;i&gt;panique&lt;/i&gt; que ce virus si joli, avec sa couronne non d'&#233;pines mais d'excroissances quasi-florales, a soudain fait r&#233;gner sur la plan&#232;te enti&#232;re &#224; grand renfort de surchauffe m&#233;diatique. Certes, beaucoup &#233;taient touch&#233;s et des milliers mouraient, pour lesquels j'ai compassion et respect car &#231;'aurait pu &#234;tre amoindri sinon &#233;vit&#233;, mais beaucoup moins qu'en d'autres lieux, d'autres temps pas si anciens, si l'on s'en tient du moins aux chiffres officiels. Alors, pourquoi tant d'effroi, d'affolement, confinement, et pourquoi dans l'ensemble cela a-t-il march&#233; ? Ne me suis-je moi-m&#234;me pli&#233;e &#224; l'injonction omnipr&#233;sente &#171; restez chez vous &#187;, la vieille ! Toussant et l&#233;g&#232;rement fi&#233;vreuse, n'ai-je m&#234;me eu la chance rare d'&#234;tre test&#233;e (n&#233;gative, petite angine, allergie au pollen&#8230;) ? Et je sors masqu&#233;e, respecte distance et &#171; gestes barri&#232;re &#187;. Le souvenir de l'agonie de mon p&#232;re inconscient, intub&#233; ? Le souci des autres ? La peur de mourir que je n'&#233;prouve pas consciemment ? Le savoir &lt;i&gt;qu'&#233;tant&lt;/i&gt; mon corps et ne &lt;i&gt;l'ayant&lt;/i&gt; pas seulement, comme tant l'imaginent (ce qui s'explique pour partie), avec lui c'est &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt; qui mourrai ? Bref, l'injonction marche, qui le peut quitte Paris pour une maison avec jardin, qui ne le peut s'y confine, confortablement pour les uns, pour leur malheur pour trop d'autres (les violences conjugales, familiales explosent, une personne de ma connaissance qui s'occupe de la mis&#232;re extr&#234;me a tant d'horreurs &#224; raconter !). &lt;br class='autobr' /&gt; Cette &#171; pand&#233;mie &#187; prit le monde de court &#8211; le monde &lt;i&gt;riche&lt;/i&gt; ou &#171; &#233;mergent &#187; d'abord, pour une fois le plus touch&#233;. l'Am&#233;rique, l'Europe du Nord, la Chine s'aper&#231;urent qu'&#224; tout sacrifier au Dieu Argent et &#224; sa par&#234;dre la Marchandise, on avait oubli&#233; qu'il fallait des corps en &#233;tat de les produire &#8211; corps de pauvres pour le basique, cerveaux &#233;duqu&#233;s, m&#234;me assist&#233;s par des ordinateurs surpuissants, pour les faire fructifier et alimenter la fatidique &#171; croissance &#187;. On fit mine de d&#233;couvrir et d'honorer les &#171; invisibles &#187; de la soci&#233;t&#233; du m&#233;pris&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'ouvrage du m&#234;me nom d'Axel Honneth, la D&#233;couverte 2008, et ses autres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ceux, celles surtout, qui soignent, nourrissent, vendent, gardent, &#233;duquent les petits, s'occupent des vieux, ramassent les poubelles pour des clopinettes&#8230;, qu'on ne peut remplacer tous par des machines comme d&#233;j&#224; tant de caissi&#232;res. Et prit conscience que les plus riches &lt;i&gt;aussi&lt;/i&gt; pouvaient &#234;tre touch&#233;s, m&#234;me ministres, que s'ils mouraient, ce serait corps et &#226;me (mais ils sont bien mieux prot&#233;g&#233;s !). Comme les gouvernants, tout occup&#233;s &#224; servir la globalisation financi&#232;re et &#233;conomique, avaient liquid&#233; autant qu'ils l'avaient pu &#171; l' &#201;tat providence &#187; et ses insupportables atteintes &#224; la libert&#233; de faire toujours plus d'argent et somm&#233;, en particulier, l'h&#244;pital de devenir &#171; rentable &#187; en r&#233;duisant les lits, le personnel et ses salaires, en rabiotant sur le mat&#233;riel tout en multipliant les examens inutiles pour faire du chiffre, ils se trouv&#232;rent fort d&#233;pourvu quand l'&#233;pid&#233;mie fut venue et s'en all&#232;rent crier famine en la lointaine Chine d'o&#249; provenait d'ailleurs l'invisible tueur, ce qu'on ne manqua pas de lui faire savoir. Alors on confina bon gr&#233; mal gr&#233;, sauf exception, faute de protection, de traitement, de vaccin, on enjoignit &#224; chaque mortel potentiellement mortif&#232;re de se reclure, fut-ce dans une ou deux pi&#232;ces mis&#233;rables avec X autres personnes, on donna m&#234;me au d&#233;but des amendes &#224; des sdf, qu'on appelle pourtant pudiquement dans mon quartier &#171; personnes en situation de rue &#187; !!!). Et si l'on ob&#233;it, dans l'ensemble (sauf o&#249; c'&#233;tait impossible), c'est qu'on &#233;tait d&#233;j&#224; accoutum&#233; par la d&#233;ferlante ultra-lib&#233;rale &#224; vivre comme jamais dans sa bulle, pour peu qu'on en ait les moyens. &lt;br class='autobr' /&gt; De temps de ma jeunesse, on voulait abolir les &#171; distances &#187; entre &#171; classes &#187; sociales, aujourd'hui, on fait un principe &#233;thique de la d&#233;fiance de chacun envers chacun, on mue l'&#233;gotisme en altruisme &#8211; sauvez-vous vous-m&#234;me et vous sauverez les autres ! Aujourd'hui, chacun est en effet menace pour chacun, &#233;carte-toi de mon chemin, ne me fr&#244;le surtout pas, parle-moi le moins possible, garde tes postillons pour toi comme je garde les miens, paie avec une carte &#171; sans contact &#187;, ne m'invite pas plus que je ne t'invite, m&#234;me si &#231;a doit pr&#233;cipiter ta mort, comme cela fit de celle d'une amie ch&#232;re, atteinte de l'abominable maladie de Charcot et soudain oblig&#233;e de ne plus voir que son admirable compagnon, elle qui d&#233;jeunait tous les jours avec des amis au restaurant, allait au cin&#233;ma, assister &#224; des conf&#233;rences en fauteuil roulant et v&#233;cut du mieux qu'elle put m&#234;me presqu'enti&#232;rement paralys&#233;e. Plus de soignants, plus de kin&#233;, ils n'avaient pas de masques. Ce n'est pas le confinement qui l'a tu&#233;e, mais il a &#224; coup s&#251;r pr&#233;cipit&#233; sa mort, &#224; elle qui aimait tant la vie, les autres qu'elle garda le sourire jusqu'au bout, si violentes fussent ses douleurs. Prisonni&#232;re de son corps, pour le coup (c'est la part de v&#233;rit&#233; du dualisme), mais faisant face avec un rare courage, une encore plus rare bonne humeur, sauf &#224; la toute fin. Mes deux meilleures amies, disparues &#224; quatre ann&#233;es de distance, aimaient la vie, et elles ont aussi su mourir, la maladie leur avait appris le prix (l'horrible mot) de l'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais revenons au g&#233;n&#233;ral &#8211; la &#171; distanciation sociale &#187;, un m&#232;tre au minimum, est donc une injonction &#224; laquelle on ne saurait se soustraire sauf amende lourde, on ne peut toucher que ses plus proches, ceux avec qui on vit (il para&#238;t que la vente de tests de grossesse a bondi, la vie veut vivre, disait Schopenhauer, si tant est qu'elle &#171; veuille &#187; quelque chose). Et elle a d&#233;bouch&#233; sur la g&#233;n&#233;ralisation de cette invention admirable, le &#171; t&#233;l&#233;travail &#187;, pour ceux qui peuplaient jusque-l&#224; bureaux et &#171; open-spaces &#187;. L'open-space, invention am&#233;ricaine, est une horreur qui symbolisait tr&#232;s bien le &#171; monde d'avant &#187; (puisqu'il para&#238;t qu'il y aura un &#171; monde d'apr&#232;s &#187;) : on y &#233;tait &lt;i&gt;chacun tout seul avec les autres&lt;/i&gt; qu'on subissait, comme les atomes sociaux de l'&#233;tat de nature hobbesien, les yeux riv&#233;s sur son &#233;cran, t&#233;l&#233;phones &#224; port&#233;e de main, casque pour &#233;viter les bruits parasites. Mais peu &#224; peu, le face &#224; face avec l'&#233;cran a investi l'espace priv&#233; &#8211; ainsi ai-je vu assises c&#244;te &#224; c&#244;te sur mon canap&#233; trois personnes suppos&#233;es l&#224; pour &#234;tre &lt;i&gt;ensemble&lt;/i&gt;, qui regardaient chacune son ordi, son smartphone, ou l'espace &#171; semi-public &#187; &#8211; ainsi ai-je vu des couples manger au restaurant casque sur les oreilles et t&#233;l&#233;phone pr&#232;s de l'assiette, marcher main dans la main avec chacun son &#171; baladeur &#187;, comme si on pr&#233;f&#233;rait les lointains aux pr&#233;sents, et voici qu'on vient d'inventer (les &#171; concepts &#187; fusent, en ce moment !), outre les t&#233;l&#233;consultations qui remplaceront &#233;conomiquement les m&#233;decins de campagne, une splendide distinction entre le &#171; t&#233;l&#233;-enseignement &#187; (pour les &#171; ais&#233;s &#187; qui peuvent en user) et le &#171; pr&#233;sentiel (!!!) &#187;. Ah, si on pouvait g&#233;n&#233;raliser le premier comme on voudrait remplacer l'open-space, encore trop co&#251;teux, par le t&#233;l&#233;travail, chacun chez soi et pour soi ! C'en serait enfin fini, peut-&#234;tre, d'un syndicalisme moribond ou intempestif, d'un associationnisme tapageur, et beaucoup malheureusement y voient une libert&#233; (fini, les heures dans les transport en commun ou les embouteillages, la cantine, les coll&#232;gues insupportables ou concurrents&#8230;) quand &#231;a met fin aussi &#224; l'espace &lt;i&gt;priv&#233;&lt;/i&gt;, installe la t&#233;l&#233;surveillance jusque dans l'intimit&#233;, le panoptique et le t&#233;l&#233;cran ont d&#233;cid&#233;ment de l'avenir partout. La soci&#233;t&#233; confin&#233;e battrait alors son plein, enfants et parents travailleraient &#224; domicile, comme ils regardent d&#233;j&#224; des films sur Netflix, ou des matches, ou des concerts&#8230; Bien s&#251;r, on inventera des parades, mais quand m&#234;me, la t&#233;l&#233;contestation, t&#233;l&#233;syndicalisme, la t&#233;l&#233;manifestation, la vid&#233;o-conf&#233;rence ont des limites, les applaudissements et banderoles aux fen&#234;tres aussi.&lt;br class='autobr' /&gt; Il y aura des r&#233;sistances, je n'en doute pas, les gilets jaunes ont d&#233;j&#224; renouvel&#233; le &#171; pr&#233;sentiel &#187; contestataire (mais mal leur en a pris, leur malheureux corps a s&#233;rieusement trinqu&#233; au contact des &#171; forces de l'ordre &#187; qui, lui, perdure et se durcit. Resteront l'amour, de l'amiti&#233; - mais on a invent&#233;, pour les solitaires qui se multiplient, la &#171; love doll &#187; (surtout pour les hommes, mais les femmes doivent s'en procurer aussi). Des Japonais les &#233;pousent m&#234;me, les inhument, triste avatar des relations amoureuses perdues &#8211; mais &#231;a ne manque pas d'avantages, pas de MST (les vagins sont d&#233;tachables et lavables), pas de sc&#232;nes de m&#233;nage, et ces merveilles sourient, suivent votre regard, conversent ! Les &#171; amiti&#233;s &#187; virtuelles se comptent par milliers de &#171; likers &#187; et autres &#171; followers &#187;, &#231;a profite bien s&#251;r au commerce et &#224; la surveillance, &#231;a d&#233;multiplie le bavardage mondial inconsistant, mais bof&#8230; , et comme &#231;a, les d&#233;ceptions sont moins rudes ! M&#234;me les b&#233;b&#233;s sont t&#233;l&#233;surveill&#233;s aujourd'hui, un &#171; biper &#187; alerte les parents qui, dans la pi&#232;ce &#224; c&#244;t&#233;, peuvent t&#233;l&#233;travailler tranquillement. Le &#171; sans contact &#187; est &#224; l'ordre du jour, &#224; la mode, le &#171; d&#233;confinement &#187; ne l'abolira pas, et le covid ne fait qu'acc&#233;l&#233;rer une tendance d&#233;j&#224; en cours.&lt;br class='autobr' /&gt; Nous voil&#224; donc loin de la lib&#233;ration des corps, de l'amour, des sexualit&#233;s promise par les lendemains de 68, il est redevenu objet, instrument, le corps, de travail ou de s&#233;duction, et ennemi, avec ses d&#233;faillances, il faut l'entretenir, le bichonner, pour se montrer &lt;i&gt;performant&lt;/i&gt; en toutes circonstances quand la station assise permanente lui nuit, le raffermir dans les salles de fitness, le maquiller, l'op&#233;rer pour le rajeunir, le grimer m&#234;me mort, voire le cryog&#233;ner tant qu'on n'a pas invent&#233; le transfert de &#171; l'esprit &#187;, du &#171; moi &#187; sur une machine, il est faire voir et valoir et non plus &#171; chair &#187; prise dans le tissu du monde, comme &#233;crivait si bien Merleau-Ponty&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Ph&#233;nom&#233;nologie de la perception, Gallimard, ou, plus bref, L'&#339;il et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On r&#234;ve de &#171; l'augmenter &#187; pour mieux se le soumettre, on le fait d&#233;j&#224; quelque peu, ce n'est pas a priori ill&#233;gitime, le tout est de savoir pour quoi faire, de ne pas oublier qu'il ne serait rien de plus sinistre qu'un monde d'archi-vieux, car la plan&#232;te d&#233;j&#224; surpeupl&#233;e ne supporterait plus de g&#233;n&#233;rations nouvelles, et &#171; qu'augmenter &#187; les uns diminuera n&#233;cessairement les autres, creusant &#224; l'infini les in&#233;galit&#233;s dans le meilleur des mondes &#224; venir. Le Covid nous a rappel&#233; brutalement que nous &#233;tions mortels, quels que soient nos efforts pour l'oublier, diff&#233;rer l'&#233;ch&#233;ance, et pas seulement les Africains, les migrants, les superflus, les vieux, &lt;i&gt;nous tous&lt;/i&gt;. Et que la mort du corps, c'est celle de l'esprit, le mot &#171; d&#233;pouille &#187; le dit bien, qui d&#233;signe cette &#233;trange &#171; chose &#187; qu'est le cadavre. Descartes, fauteur de dualisme aussi honni aujourd'hui qu'on l'honora jadis parce qu'on omet souvent de lire la 6eme m&#233;ditation, la plus longue et la plus tortueuse il est vrai, le savait bien, qui voulait d'abord voir progresser &lt;i&gt;la m&#233;decine&lt;/i&gt; parce que l'homme, ni ange ni machine, est un &lt;i&gt;compos&#233; d'&#226;me et de corps, inextricablement unis&lt;/i&gt;. Seul son ent&#234;tement l'emp&#234;cha d'acquiescer aux objections difficilement r&#233;futables de la princesse palatine, il est parfois tout pr&#232;s de Spinoza, lequel pensait l'esprit comme &#171; id&#233;e du corps &#187;, c'est &#233;trangement dit mais sonne juste, et la philosophie comme m&#233;ditation &lt;i&gt;de la vie&lt;/i&gt;, non de la mort, pour les &#171; modes &#187; pris dans le grand tout que nous sommes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ethique, proposition 67 du livre III.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour conclure, le virus satanique fonctionne comme un &#171; analyseur &#187;, disait-on en psychoth&#233;rapie ou p&#233;dagogie institutionnelle, il met au jour ce qu'on pr&#233;f&#232;re oublier, notre ind&#233;passable &#171; finitude &#187;, notre &#171; mortellit&#233; &#187;, laquelle, &#233;tant consciente, nous fait humains et non b&#234;tes ou dieux. Accepter de mourir, puisque tel est notre lot dit le plus c&#233;l&#232;bre des syllogismes, parce que d&#232;s la naissance &#231;a fait partie de la vie (voir la r&#233;f&#233;rence &#224; la barque de Delphes dans le &lt;i&gt;Banquet&lt;/i&gt; de Platon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Discours de Socrate/Diotime, Pl&#233;iade p 742/3&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), et fait &lt;i&gt;place aux jeunes&lt;/i&gt;. Mais pas n'importe comment, pour n'importe quoi, n'importe qui. Il est toujours du devoir de l'&#201;tat moderne de pr&#233;voir, pr&#233;venir, se donner les moyens de soigner, de gu&#233;rir, de faire vivre plut&#244;t que laisser mourir - mais aussi de contribuer &#224; r&#233;inclure le mourir dans le social, de r&#233;inventer des rites fun&#233;raires (pas forc&#233;ment tristes, ainsi les Antillais boivent-ils le rhum du mort au son du gros-ka). Regarder la mort en face, ce n'est pas qu&#234;ter &#171; l'authenticit&#233; &#187; heidegg&#233;rienne de quatre sous, &#231;a permet simplement de jouir mieux de la vie. Refuser de la rel&#233;guer dans les mouroirs qu'&#233;taient d&#233;j&#224; les Ehpads bien souvent, &#224; l'h&#244;pital comme presque toujours, dans ces unit&#233;s de soins palliatifs qui pratiquent d'hypocrites euthanasies masqu&#233;es. C'est changer de &lt;i&gt;mode de vie&lt;/i&gt; qu'il faudrait, pas seulement de gouvernement ou m&#234;me de r&#233;publique, car le &#171; buen vivir &#187; n'est pas l'objectif premier de ceux qui gouvernent le monde, et je crains qu'il n'en aille pas mieux du &#171; monde d'apr&#232;s &#187; o&#249; le &#171; bizness as usual &#187; aura vite repris ses droits.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Traduction latine par J&#233;r&#244;me du &lt;i&gt;me mou aptou grec&lt;/i&gt;, voir Wikip&#233;dia pour le dialogue&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Maurice Sachot, &lt;i&gt;L'invention du Christ&lt;/i&gt;, Odile Jacob 1998&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'ouvrage du m&#234;me nom d'Axel Honneth, la D&#233;couverte 2008, et ses autres travaux sur la place centrale de la reconnaissance&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;Ph&#233;nom&#233;nologie de la perception&lt;/i&gt;, Gallimard, ou, plus bref, &lt;i&gt;L'&#339;il et l'esprit&lt;/i&gt;, Folio essais&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ethique&lt;/i&gt;, proposition 67 du livre III.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Discours de Socrate/Diotime, Pl&#233;iade p 742/3&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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