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	<title>Ici et ailleurs</title>
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	<description>Association pour une Philosophie Nomade</description>
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		<title>Ici et ailleurs</title>
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		<title>Animal, on n'est pas mal...</title>
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		<dc:date>2022-03-26T08:09:49Z</dc:date>
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		<dc:creator> Manki Hon</dc:creator>



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&lt;p&gt;Devenir-animal, c'est un concept cr&#233;&#233; par Deleuze et son ami Guattari dans L'Anti-&#338;dipe publi&#233; en 1972 dans une s&#233;rie intitul&#233;e &#171; capitalisme et schizophr&#233;nie &#187;. En 1980, Deleuze et Guattari publient le deuxi&#232;me tome de cette s&#233;rie, Mille Plateaux. Et dans Mille Plateaux, le concept devenir-animal se red&#233;ploie au chapitre 10 ou sur le Plateau 10 : 1730 - devenir-intense, devenir-animal, devenir-imperceptible. &lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; l'arri&#232;re-fond, maintenant on en vient au personnage principal, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=16" rel="directory"&gt;Politique et subjectivation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Devenir-animal, c'est un concept cr&#233;&#233; par Deleuze et son ami Guattari dans L'&lt;i&gt;Anti-&#338;dipe&lt;/i&gt; publi&#233; en 1972 dans une s&#233;rie intitul&#233;e &#171; capitalisme et schizophr&#233;nie &#187;. En 1980, Deleuze et Guattari publient le deuxi&#232;me tome de cette s&#233;rie, &lt;i&gt;Mille Plateaux&lt;/i&gt;. Et dans &lt;i&gt;Mille Plateaux&lt;/i&gt;, le concept devenir-animal se red&#233;ploie au chapitre 10 ou sur le Plateau 10 : 1730 - devenir-intense, devenir-animal, devenir-imperceptible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; l'arri&#232;re-fond, maintenant on en vient au personnage principal, devenir-animal. Peut-&#234;tre peut-on le d&#233;cliner en trois questions : 1. Qu'est-ce l'animal ? 2. Comment devenir animal ? 3. Pourquoi faut-il devenir animal ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces trois questions, Deleuze y r&#233;pond plus ou moins dans l'interview, je ne r&#233;p&#232;te alors pas ce qu'il a dit. Je veux plut&#244;t citer quelques passages de &lt;i&gt;Mille Plateaux&lt;/i&gt; pour &#233;voquer, comme suppl&#233;ment, les endroits qui &#233;chappent &#224; l'interview de Deleuze, mais que je trouve important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Mille Plateaux&lt;/i&gt;, Deleuze classe les animaux en trois sortes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faudrait m&#234;me distinguer trois sortes d'animaux : les animaux individu&#233;s, familiers familiaux, sen-timentaux, les animaux &#339;dipiens, de petite histoire, &#171; mon &#187; chat, &#171; mon &#187; chien ; ceux-l&#224; nous invitent &#224; r&#233;gresser, nous entra&#238;nent dans une contemplation narcissique, et la psychanalyse ne comprend que ces animaux-l&#224;, pour mieux d&#233;couvrir sous eux l'image d'un papa, d'une maman, d'un jeune fr&#232;re (quand la psychanalyse parle des animaux, les animaux apprennent &#224; rire) : &lt;i&gt;tous ceux qui aiment les chats, les chiens, sont des cons&lt;/i&gt;. &#187; p. 294&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mettons de c&#244;t&#233; d'abord la derni&#232;re phrase d'un ton provocant. Qu'est-ce qui caract&#233;rise la premi&#232;re sorte d'animaux ? On peut dire que leur caract&#233;ristique c'est qu'ils sont des individus. Les animaux trait&#233;s comme des individus. C'est qu'on extrait un animal de sa meute. L'animal dans une meute est devenu un animal domestique, mon chat, mon chien, dans la famille, trait&#233; comme un membre de fa-mille, tout comme la psychanalyse qui traite les animaux dans le r&#234;ve comme papa mama, fr&#232;re et s&#339;ur. Le rapport qu'on a avec ces animaux c'est un rapport entre les individus. De diff&#233;rentes ma-ni&#232;res, on investit les sentiments sur l'autre, en parlant avec lui, en jouant avec lui, etc. &#199;a, c'est la pre-mi&#232;re sorte d'animaux, l'animal comme individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et puis il y aurait une seconde sorte, les animaux &#224; caract&#232;re ou attribut, les animaux de genre, de classification ou d'Etat, tels que les grands mythes divins les traitent, pour en extraire des s&#233;ries ou des structures, des arch&#233;types ou des mod&#232;les (&#171; Jung est quand m&#234;me plus profond que Freud &#187;, p. 294.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la premi&#232;re sorte d'animaux est l'individu, la deuxi&#232;me c'est l'esp&#232;ce. On distingue les animaux par leurs caract&#233;ristiques, on les classifie, comme dans l'encyclop&#233;die ou l'herbier. Les animaux se classi-fient selon diff&#233;rentes caract&#233;ristiques : ont-ils deux pattes, ou quatre, ou huit, avec ou sans ailes, habi-tation dans l'eau ou sur la terre, reproduction en viviparit&#233; ou oviparit&#233;, etc. Deleuze a rang&#233; l'encyclop&#233;die avec le mythe, malgr&#233; leurs diff&#233;rences, parce que le mythe extrait aussi un mod&#232;le, un arch&#233;type des animaux. Tel animal est tel arch&#233;type, comme l'encyclop&#233;die qui extrait les caract&#232;res des animaux, propose une classification pour le r&#232;gne animale. Les deux comprennent les animaux comme des esp&#232;ces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Enfin, il y aurait des animaux davantage d&#233;moniaques, &#224; meutes et affects, et qui font multiplicit&#233;, devenir, population, conte. &#187; p. 294&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me sorte, c'est les animaux d&#233;moniaques. En groupe et &#224; meute, et non pas les individus, ce-lui-ci c'est mon chat, celui-l&#224; c'est mon chien, et non plus les esp&#232;ces, reptiles ou mammif&#232;res. A meute et affects, qu'est-ce que &#231;a veut dire ? Ici, il faut distinguer sentiment et affect. Si la premi&#232;re mani&#232;re c'est qu'on investit ses sentiments sur les animaux, la troisi&#232;me mani&#232;re est tout &#224; fait diff&#233;rente. Ce n'est pas qu'on a un sentiment quelconque envers eux, mais &#224; l'inverse, ils ont un affect, ils sont un affect, qui nous emporte, mais o&#249; ? Parmi eux, nous devenons eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deleuze critique la classification de l'encyclop&#233;die ou du mythe, mais se contredit-il en faisant lui-m&#234;me une classification des animaux en trois sortes ? Il y a pens&#233;, c'est pourquoi il a aussit&#244;t &#233;crit : &#171; Ou bien, une fois de plus, n'est-ce pas tous les animaux qui peuvent &#234;tre trait&#233;s des trois fa&#231;ons ? Il y aura toujours possibilit&#233; qu'un animal quelconque, pou, gu&#233;pard ou &#233;l&#233;phant, soit trait&#233; comme un animal familier, ma petite b&#234;te &#224; moi. Et, &#224; l'autre extr&#234;me, tout animal aussi peut &#234;tre trait&#233; sur le mode de la meute et du pullulement, qui nous convient &#224; nous, sorciers. M&#234;me le chat, m&#234;me le chien&#8230; &#187; p. 294&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de ce que les animaux sont en soi - de leurs caract&#233;ristiques. Les animaux sont &#233;gaux. L'&#233;galit&#233; veut dire ici, non pas une indiff&#233;rence totale, mais que tous les animaux se traitent de ces trois mani&#232;res. Un oiseau peut &#234;tre animal domestique bien aim&#233; dans la famille, il peut aussi &#234;tre l'objet de recherche d'une encyclop&#233;die comme une esp&#232;ce, l'objet de protection dans une composition &#233;tatique, il peut aussi surgir et pulluler et nous mettre en d&#233;sordre, comme &lt;i&gt;les oiseaux&lt;/i&gt; de Hitchcock. D&#232;s lors, les trois sortes d'animaux deviennent trois mani&#232;res de &lt;i&gt;sentir les animaux&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut alors poser la deuxi&#232;me question : comment devenir animal ? Dans l'interview, Deleuze en a donn&#233; quelques exemples : enfant, chasseur, &#233;crivain. Ici je vais citer un exemple qu'il donne dans &lt;i&gt;Mille Plateaux&lt;/i&gt;, un roman de Vladimir Slepian, &lt;i&gt;fils de chien&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans un texte tout &#224; fait curieux, Vladimir Slepian pose le &#171; probl&#232;me &#187; : j 'ai faim, tout le temps faim, un homme ne doit pas avoir faim, je dois donc devenir chien, mais comment ? Il ne s'agira ni d'imiter le chien, ni d'une analogie de rapports. Il faut que j 'arrive &#224; donner aux parties de mon corps des rapports de vitesse et de lenteur qui le font devenir chien, dans un agencement original qui ne pro-c&#232;de pas par ressemblance ou par analogie. Car je ne peux devenir chien sans que le chien ne devienne lui-m&#234;me autre chose. Slepian, pour r&#233;soudre le probl&#232;me, a l'id&#233;e d'utiliser des chaussures, l'artifice des chaussures. Si mes mains sont chauss&#233;es, leurs &#233;l&#233;ments entreront dans un nouveau rapport d'o&#249; d&#233;coulent l'affect ou le devenir cherch&#233;s. Mais comment pourrai-je nouer la chaussure sur ma seconde main, la premi&#232;re &#233;tant d&#233;j&#224; prise ? Avec ma bouche qui se trouve &#224; son tour investie dans l'agencement, et qui devient gueule de chien dans la mesure o&#249; la gueule de chien sert maintenant &#224; lasser la chaussure. A chaque &#233;tape du probl&#232;me, il faut non pas comparer des organes, mais mettre des &#233;l&#233;ments ou mat&#233;riaux dans un rapport qui arrache l'organe &#224; sa sp&#233;cificit&#233; pour le faire devenir &#171; avec &#187; l'autre. &#187; p. 315-316.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devenir animal n'est pas imiter l'animal. Le h&#233;ros du roman ne devient pas chien en imitant le chien. Bien s&#251;r, on peut dire qu'il imite le chien en essayant de marcher &#224; quatre pattes, mais il faut se rappe-ler qu'il a mis les chaussures. Si c'&#233;tait une imitation, il n'y aurait pas de raison de mettre les chaussures car les chiens ne portent pas de chaussures. C'est aussi le sens de &#171; je ne peux devenir chien sans que le chien ne devienne lui-m&#234;me autre chose &#187;. Devenir chien n'est pas devenir un chien. Il est impossible pour l'homme de devenir r&#233;ellement un chien, mais le devenir-chien est suffisamment r&#233;el, pas la peine de devenir un chien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si devenir animal n'est pas imiter animal, qu'est-ce que c'est ? L'une des r&#233;ponses possibles, c'est com-poser. Devenir animal c'est composer avec l'animal. Le h&#233;ros du roman compose avec le chien. C'est hors du rapport sentimental. Pas de projection des sentiments, pas d'interaction entre sujet et objet. Le h&#233;ros n'a pas trait&#233; le chien comme un animal domestique ou un individu. Composer avec, c'est aussi hors du rapport analogique. La main n'est pas une analogie de la patte, encore moins pour l'homme et le chien. Devenir animal c'est &#234;tre entra&#238;n&#233; par un affect dans le devenir. Tous les rapports fixes sont cass&#233;s et tous les &#233;l&#233;ments sont &#224; recomposer d'apr&#232;s une certaine question. Par exemple, la bouche, organe et &#233;l&#233;ment de l'homme, est arrach&#233;e et remis dans un nouveau rapport. Elle a perdu sa fonction initiale et devenue une gueule pour faire les lacets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ces deux questions, qu'est-ce que l'animal et comment devenir animal, on ne saurait s'emp&#234;cher de poser &#171; la &#187; question (traditionnellement et b&#234;tement assign&#233;e &#224; la philo), pourquoi devenir animal ? A quel titre &#231;a nous int&#233;resse, le devenir-animal ? Ce n'est que parce que devenir animal est une affaire politique. Mais dans quel sens ? Pour y r&#233;pondre, il faut saisir ce que Deleuze entend par &lt;i&gt;la politique&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citons un passage du m&#234;me chapitre dans &lt;i&gt;Mille Plateaux&lt;/i&gt; : Pourquoi y a-t-il tant de devenirs de l'homme, mais pas de devenir-homme ? C'est d'abord parce que l'homme est majoritaire par excel-lence, tandis que les devenirs sont minoritaires, &lt;i&gt;tout devenir est un devenir minoritaire&lt;/i&gt;. Par majorit&#233;, nous n'entendons pas une quantit&#233; relative plus grande, mais la d&#233;termination d'un &#233;tat ou d'un &#233;talon par rapport auquel les quantit&#233;s plus grandes aussi bien que les plus petites seront dites minoritaires : homme-blanc-adulte-m&#226;le, etc. Majorit&#233; suppose un &#233;tat de domination, non pas l'inverse. Il ne s'agit pas de savoir s'il y a plus de moustiques ou de mouches que d'hommes, mais comment &#171; l'homme &#187; a constitu&#233; dans l'univers un &#233;talon par rapport auquel les hommes forment n&#233;cessairement (analyti-quement) une majorit&#233; &#187;. p. 355-356&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on parle de la politique, on parle toujours de la majorit&#233;-minorit&#233;, de la d&#233;mocratie lib&#233;rale repr&#233;sentative. Tout le monde le comprend. Et Deleuze parle d'une autre politique. En premier lieu, la politique d'ici n'est pas une question de r&#233;gime. Il ne s'agit pas de tel ou tel r&#233;gime de tel ou tel &#201;tat, mais de la vie, de comment vivre les uns avec les autres, de comment les mondes fonctionnent. En deuxi&#232;me lieu, la politique n'est pas une question de majorit&#233;-minorit&#233;, mais de majoritaire-minoritaire. Par exemple, on sait bien que les capitalistes sont d'une minorit&#233;, mais eux ou leur monde s'impose encore sur la plan&#232;te. D'o&#249; leur &#233;tat majoritaire. Revenons sur les animaux, si on compte par quantit&#233;, les mouches sont bien d'une majorit&#233; bien plus grande que les hommes, mais on ne va pas dire que les mouches sont majoritaires par rapport aux hommes. Que ce soient les chats, les chiens, les cochons, ou bien les serpents, les araign&#233;es, les souris&#8230; les animaux sont encore minoritaire dans l'univers. De ce point de vue, devenir animal c'est bien devenir minoritaire. Mais &#231;a veut dire quoi, minoritaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deleuze nous rappelle : &#171; Il ne faut pourtant pas confondre &#171; minoritaire &#187; en tant que devenir ou pro-cessus, et &#171; minorit&#233; &#187; comme ensemble ou &#233;tat. Les juifs, les tziganes, etc., peuvent former des minori-t&#233;s dans telles ou telles conditions ; ce n'est pas encore suffisant pour en faire des devenirs. On se re-territorialise, ou on se laisse reterritorialiser sur une minorit&#233; comme Etat ; mais on se d&#233;territorialise dans un devenir. &#187; p. 356.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que &#231;a veut dire, &#171; minorit&#233; &#187; comme &#233;tat ? Un &#233;tat se caract&#233;rise par le fait qu'il est constant. Constant ne veut pas dire pas de changement. Mais le changement se fait toujours d'un &#233;tat &#224; un autre &#233;tat, par exemple d'une minorit&#233; &#224; une majorit&#233;. C'est l'accumulation quantitative, sans changement de qualit&#233;, ni de dimension. Or le devenir-minoritaire est fluide. La fluidit&#233; ne consiste pas en un mouve-ment d'un point &#224; un autre (par exemple de majoritaire &#224; minoritaire), mais plut&#244;t en un geste par le-quel on compose diff&#233;rents &#233;l&#233;ments, d'apr&#232;s les questions qu'on confronte dans diff&#233;rents lieux et temps, comme le h&#233;ros du fils de chien, qui t&#226;che &#224; composer des &#233;l&#233;ments &#224; chaque &#233;tape de la ques-tion, &#224; se faire une ligne de fuite, &#224; s'&#233;chapper &#224; l'&#233;talon majoritaire en ouvrant une vari&#233;t&#233; de dimen-sions, de rapport de vitesse et de lenteur, &#224; ne plus &#234;tre mesurable par l'&#233;talon ou saisissable par le standard g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le devenir-animal nous sensibilise, il nous fait sentir que la politique peut avoir une autre dimension que celle impos&#233;e par les politiciens, les m&#233;dias et les &#201;tats. Cette politique qui diff&#232;re de la politique de l'&#201;tat et des partis politiques, Deleuze l'appelle &#171; micro-politique &#187; : &#171; Devenir-minoritaire est une affaire politique, et fait appel &#224; tout un travail de puissance, &#224; une micro-politique active. C'est le con-traire de la macro-politique, et m&#234;me de l 'Histoire, o&#249; il s 'agit plut&#244;t de savoir comment l'on va con-qu&#233;rir ou obtenir une majorit&#233;. &#187; p. 357.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re et la seconde mani&#232;re de traiter les animaux, &#224; savoir les inclure dans la famille comme une partie de la famille pour la projection des sentiments, ou les inclure dans l'institution &#233;tatique et leur assigner une vari&#233;t&#233; de droits, ces deux mani&#232;res traitent encore l'&#234;tre humain et l'animal comme individu fixe, ils traitent encore l'animal avec un &#233;talon. Le devenir-animal que Deleuze revendique ou plut&#244;t &lt;i&gt;fait&lt;/i&gt;, c'est de s'efforcer de fuir la famille et l'&#201;tat, d'aller dehors, de devenir minoritaire. Deve-nir minoritaire c'est l'affaire de la micro-politique, et non pas de la majorit&#233;-minorit&#233; de l'Histoire, de la macro-politique. Certes, le devenir-minoritaire s'expose toujours au danger ou au destin de se r&#233;ter-ritorialiser, de se rabattre en une minorit&#233; ou majorit&#233;. Mais d&#232;s le moment venu, il y aura d'autres de-venir-minoraires qui appara&#238;tront. Il n'est pas caract&#233;gorique de devenir animal, mais dans une situa-tion o&#249; l'homme domine encore, o&#249; l'homme est encore (ou peut-&#234;tre toujours, qu'importe) majori-taire, il n'y peut-&#234;tre &lt;i&gt;pas encore&lt;/i&gt; d'autre moyen que de devenir animal, de casser l'id&#233;e de l'individu, de l'essence, de d&#233;gager les inhumanit&#233;s de l'&#234;tre humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;capitulons : il y a trois mani&#232;res d'&#233;prouver l'animal : &lt;i&gt;comme individu, comme esp&#232;ce, comme affect&lt;/i&gt;. De-venir animal n'est pas imiter l'animal, mais composer d'apr&#232;s une question, laisser diff&#233;rents &#233;l&#233;ments devenir les uns avec les autres. Devenir animal c'est devenir minoritaire, l'affaire de la micro-politique. Devenir animal, c'est ne plus &#234;tre saisi par l'&#233;talon-homme qui domine actuellement l'univers...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manki Hon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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