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	<title>Ici et ailleurs</title>
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	<description>Association pour une Philosophie Nomade</description>
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		<title>Ici et ailleurs</title>
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		<title>Pour un autre monde</title>
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		<dc:date>2022-04-29T22:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Valerio Romitelli</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#192; propos de l'essai de Pierandrea Amato et Luca Salza, La fin du monde. Pand&#233;mie, politique, d&#233;sertion, traduction fran&#231;aise de Melinda Palombi, L'Harmattan, collection &#171; Quelle dr&#244;le d'&#233;poque &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un texte c&#233;l&#232;bre pr&#233;c&#233;dant l'essai d'Amato et Salza, on peut lire ceci : &#171; Certes, le monde peut finir, mais qu'il finisse, c'est son probl&#232;me, parce qu'&#224; l'homme n'incombe que de le remettre toujours &#224; nouveau en cause et de le commencer toujours &#224; nouveau. La pens&#233;e de la fin du monde, pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=21" rel="directory"&gt;Parutions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; propos de l'essai de Pierandrea Amato et Luca Salza, &lt;i&gt;La fin du monde. Pand&#233;mie, politique, d&#233;sertion&lt;/i&gt;, traduction fran&#231;aise de Melinda Palombi, L'Harmattan, collection &#171; Quelle dr&#244;le d'&#233;poque &#187;.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans un texte c&#233;l&#232;bre pr&#233;c&#233;dant l'essai d'Amato et Salza, on peut lire ceci : &#171; Certes, le monde peut finir, mais qu'il finisse, c'est son probl&#232;me, parce qu'&#224; l'homme n'incombe que de le remettre toujours &#224; nouveau en cause et de le commencer toujours &#224; nouveau. La pens&#233;e de la fin du monde, pour &#234;tre f&#233;conde, doit inclure un projet de vie, elle doit servir d'interm&#233;diaire &#224; une lutte contre la mort, et m&#234;me, en derni&#232;re instance, elle doit &#234;tre ce m&#234;me projet et cette m&#234;me lutte &#187;. Cette r&#233;affirmation de l'in&#233;vitable dialectique entre fin et d&#233;but, destruction et reconstruction, entre l'immanence toujours caduque et la capacit&#233; primordiale de transcendance nous vient du recueil posthume de notes d'Ernesto De Martino, intitul&#233; justement &lt;i&gt;La fin du monde&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. De Martino, La fin du monde. Essai sur les apocalypses culturelles, texte (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un th&#232;me r&#233;current dans l'histoire de l'humanit&#233;, sur lequel le grand ethnologue napolitain s'interrogeait principalement entre les ann&#233;es 50 et 60, au c&#339;ur d'une &#233;poque, celle des &#171; Trente glorieuses &#187;, durant laquelle ne manquaient certes ni les espoirs pour l'avenir, ni les ph&#233;nom&#232;nes appr&#233;ciables (comme les progr&#232;s de l'industrialisation mondiale, le &#171; boom &#233;conomique &#187; en Italie, le d&#233;veloppement g&#233;n&#233;ralis&#233; de la classe moyenne, des salaires, de l'instruction, de la d&#233;colonisation, etc.), m&#234;me si sur tout cela incombait la terreur d'une fin du monde caus&#233;e par la &#171; guerre froide &#187; entre les grandes puissances disposant de bombes atomiques, en premier lieu les &#201;tats-Unis et l'URSS.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi les nombreux m&#233;rites du bref tout autant que passionn&#233;, et passionnant, pamphlet d'Amato et Salza (enrichi de suggestifs contenus visuels), on peut compter celui-ci : nous permettre de mesurer combien la &#171; fin du monde &#187; dont nous nous sentons proches, voire o&#249; nous sommes d&#233;j&#224; irr&#233;m&#233;diablement plong&#233;s, a une forme radicalement diff&#233;rente de celle sur laquelle m&#233;ditait De Martino. S'il y a en effet une nette prise de distance dans ce livre par rapport au c&#233;l&#232;bre ethnologue, c'est pr&#233;cis&#233;ment par rapport &#224; la mani&#232;re de concevoir le monde et sa fin. La citation propos&#233;e ci-dessus ne laisse en effet que peu de place au doute : pour ce qui est de l'approche philosophique &#8211; d&#233;clin&#233;e de fa&#231;on magistrale dans de formidables recherches sur le terrain &#8211; De Martino adh&#233;rait &#233;videmment aux canons qui &#233;taient presque obligatoires pour de nombreux intellectuels italiens des ann&#233;es 60. Les canons d'une dialectique historiciste d'inspiration un peu crocienne, un peu marxiste &#224; m&#234;me de ponctuer tout discours par des th&#232;ses et des antith&#232;ses qui se situaient toujours dans l'attente d'une synth&#232;se r&#233;solutive : qu'on craigne que le monde finisse si on veut, l'important c'est d'&#234;tre conscients que c'est &#224; nous de le reconstruire !&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224;, c'est d'une telle morale (que je condense) dont Amato et Salza ne veulent pas entendre parler. Les sources philosophiques inspiratrices de leur approche sont en effet tous des auteurs (Nietzsche, Deleuze, Foucault, Blanchot, Koj&#232;ve, mais aussi Joyce) pour qui la Grande Histoire tout comme sa Fin sont per&#231;ues comme des exp&#233;dients narratifs eux-m&#234;mes d&#233;j&#224; &#233;puis&#233;s et/ou toujours en voie d'&#233;puisement. &#171; En finir finalement avec la fin &#187; est en effet l'un des imp&#233;ratifs admis par ce texte qui invite &#224; une : &#171; d&#233;cision radicale : faire sienne, jusqu'au bout, la gravit&#233; de la situation et aggraver la catastrophe jusqu'&#224; ce que le syst&#232;me &#233;conomique lib&#233;ral ne doive d&#233;clarer sa propre faillite parce que priv&#233; des corps, du chaos, du capital humain, de l'ingouvernable, qu'il doit gouverner pour se reproduire sans cesse &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un th&#232;me central est &#233;videmment la pand&#233;mie en cours, &#224; cause de ce que les deux auteurs nomment le &#171; Virus Kapital &#187;, ne voyant dans la diffusion pand&#233;mique aucun &#233;v&#233;nement effectif, mais seulement une &#171; occasion pour un renouvellement du capitalisme n&#233;olib&#233;ral global &#187; visant &#224; sa propre r&#233;affirmation en tant que &#171; logique du monde &#187;. &#171; Maintenant &#8211; affirment-ils &#224; propos de l'avenir &#8211; il est &#233;vident qu'un [...] nouveau programme d'&#201;tat providence, un peu &lt;i&gt;vert&lt;/i&gt; cette fois-ci, est incompatible avec le n&#233;olib&#233;ralisme &#187; &#224; partir du moment o&#249; &#171; les derni&#232;res vell&#233;it&#233;s des diff&#233;rentes tentatives de r&#233;former le capitalisme de l'int&#233;rieur : vertes ou roses, insoutenables depuis trente ans d&#233;j&#224;, sont, aujourd'hui plus que jamais, embarrassantes et insupportables. [...] C'est la raison pour laquelle il ne s'agit pas de &#8220;recommencer&#8221; ; il n'y a rien &#224; &#8220;reconstruire&#8221;. Il faut plut&#244;t ne rien faire : ne collaborer d'aucune fa&#231;on &#224; un retour &#224; la &lt;i&gt;normalit&#233;&lt;/i&gt;. [...] il s'agit au contraire de d&#233;truire la destruction, de ruiner les ruines, d'an&#233;antir la d&#233;solation pour esquiver l'id&#233;e qu'il s'agisse seulement de r&#233;p&#233;ter ce que nous connaissons &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quoi qu'il en soit, Amato et Salza n'&#233;vitent pas de se poser, de mani&#232;re plus concr&#232;te encore, d'autres questions fatidiques dont la port&#233;e est politique : &#171; Que faire ? Comment faire ? Comment d&#233;serter ? Comment refuser d'adh&#233;rer au &#8220;comme avant, pire qu'avant&#8221; ? &#192; qui nous adressons-nous ? &#192; quel peuple, &#224; quel groupe social ? &#187;. Mais l&#224; aussi les r&#233;ponses ne sont absolument pas &#233;videntes : &#171; Nous ne parlons pour personne [...] peut-&#234;tre m&#234;me pas pour nous-m&#234;mes. Plut&#244;t, cela m&#234;me n'est pas s&#251;r, quelque chose nous parle et nous traverse &#187;. La question cruciale devient alors : &#171; Comment esquiver la d&#233;solation et le ressentiment et red&#233;couvrir la joie et la f&#234;te de la r&#233;volte sans c&#233;der aux moralismes et aux jugements sommaires ? [...] Il nous faut aujourd'hui &#233;crire, penser, lutter dans des espaces vides. Livr&#233;s &#224; une &#233;criture des r&#233;sidus, comme si l'&#233;criture m&#234;me &#233;tait devenue, dans le vide, un r&#233;sidu &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi les nombreux doutes, des r&#233;f&#233;rences hardies surgissent toutefois : &#171; Nous avons probablement en t&#234;te une op&#233;ration politique et esth&#233;tique bolch&#233;vique, ou dada &#187;. Une d&#233;claration suivie de l'un des &#233;nonc&#233;s les plus f&#233;rocement lapidaires, que nous commenterons bient&#244;t : &#171; nous devons faire appel &#224; ce qui n'existe pas comme notre seule chance d'&#234;tre ici, ensemble, autrement qu'avant &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui s'impose, c'est donc un &lt;i&gt;devoir&lt;/i&gt; dit &lt;i&gt;hyperbolique&lt;/i&gt; : &#171; ne plus jamais penser une r&#233;forme de l'&#201;tat, une mani&#232;re quelconque de faire fonctionner ses diff&#233;rentes &#233;manations &#187;, mais &#171; repartir &#224; z&#233;ro &#187;, c'est-&#224;-dire faire des conditions d&#233;riv&#233;es de la pand&#233;mie l'occasion d'un &lt;i&gt;&#233;v&#233;nement politique effectif&lt;/i&gt;. Et je dois ici d&#233;clarer mon accord total. Je suis moins convaincu en revanche par le terme le plus fr&#233;quemment utilis&#233; pour d&#233;signer cet &#233;v&#233;nement, &lt;i&gt;gr&#232;ve d'existence&lt;/i&gt;, une formule &#233;videmment paradoxale et provocatrice qui est illustr&#233;e par des questions sans r&#233;ponse comme &#171; une &#233;vasion de masse en restant o&#249; nous sommes ? Pouvons-nous dispara&#238;tre (presque) tous ? Pouvons-nous conjurer la logique actuelle de l'injonction et prendre l'initiative et ainsi d&#233;cider de n'en prendre aucune ? &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'id&#233;e, c'est que l'on pourrait ainsi miner cette &lt;i&gt;co&#239;ncidence entre vie et travail&lt;/i&gt; que la gestion de la pand&#233;mie est en train de rendre &lt;i&gt;presque totale&lt;/i&gt;. Le discours d'Amato et Salza, apr&#232;s d'autres r&#233;flexions diverses et stimulantes, s'efforce de d&#233;crire la &lt;i&gt;chose&lt;/i&gt; qu'ils r&#234;vent, imaginent et d&#233;sirent le plus, peut-&#234;tre m&#234;me jusqu'&#224; la limite du d&#233;lire, comme ils l'admettent eux-m&#234;mes. Sont ainsi &#233;voqu&#233;s &#171; des millions, des milliards d'habitants de la terre [...] une gigantesque organisation par le bas [...] un r&#233;seau de solidarit&#233; invisible mais tenace, capable d'offrir assistance &#224; tous [...] de nouvelles institutions clandestines &#187;, tout cela pour d&#233;ployer &#171; les diff&#233;rentes protestations des mouvements &#233;cologistes et les diff&#233;rentes formes d'organisation qui sont en train d'&#233;merger maintenant, dans la catastrophe, pour r&#233;pondre et r&#233;sister au d&#233;sastre social et &#233;conomique (cantines pour les pauvres, coop&#233;ration sociale, gr&#232;ves dans les plateformes de livraison &#224; domicile, etc&#8230;) &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#224; aussi, j'ai envie d'applaudir. Comment ne pas &#234;tre d'accord, ne pas partager ce r&#234;ve esquiss&#233; de fa&#231;on si heureuse ? Amato et Salza nous donnent en effet &#224; contempler une perspective singuli&#232;re plus que jamais stimulante, sensiblement diff&#233;rente de celle propos&#233;e par Bifo&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Franco Berardi (Bifo), Fenomenologia della fine, Nero editions, Roma, 2020.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et sainement &#233;loign&#233;e de ces tentations si nombreuses et born&#233;es de relancer un improbable souverainisme de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant&#8230; Pourtant, ne serait-ce que pour le plaisir, aujourd'hui quelque peu n&#233;glig&#233;, de la discussion, j'aurais quelques r&#233;serves, formul&#233;es dans un style &#233;videmment t&#233;l&#233;graphique. Pas tellement &#224; propos de la &#171; chose &#187; que sur la mani&#232;re d'y parvenir. Et sans revendiquer aucune autre r&#233;f&#233;rence que celles, d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;es, au bolch&#233;visme et au dada&#239;sme. Je reprends ici le beau passage d&#233;j&#224; cit&#233; : &#171; faire appel &#224; ce qui n'existe pas comme notre seule chance d'&#234;tre ici &#187;. Si c'est pr&#233;cis&#233;ment &#231;a la question, je crois qu'un effort suppl&#233;mentaire serait d&#233;cisif, en plus d'imaginer, r&#234;ver, d&#233;sirer une organisation, par ailleurs gigantesque, ou m&#234;me &#171; un autre code (visuel) de relations &#187; ou &#171; des montages inexplor&#233;s entre les mots et les corps &#187;. Un jour j'ai &#233;crit (j'esp&#232;re que la n&#233;cessit&#233; de la concision excusera mon autocitation) un texte intitul&#233; &lt;i&gt;L'h&#233;g&#233;monisme, maladie s&#233;nile du communisme&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Je m'en prenais &#224; la fr&#233;n&#233;sie majoritaire de la gauche. Contrairement &#224; leur nom et &#224; ce que l'on croit souvent de fa&#231;on illusoire, on peut dire que les bolch&#233;viques comme les dada&#239;stes ne furent jamais majoritaires, les uns en politique, les autres dans l'art et la culture de leur temps. Ce qu'ils eurent, plus que tout autre formation qui leur fut contemporaine, ce fut la passion pour l'organisation, non pas bureaucratique cependant : une organisation intellectuellement &#233;labor&#233;e, d'un c&#244;t&#233;, et ponctuellement finalis&#233;e, de l'autre. Leur &#171; nous &#187; r&#233;unissait certes absolument et en priorit&#233; autour d'id&#233;aux et de valeurs, mais divisait aussi radicalement contre ceux qui s'opposaient. Leur existence ne se nourrissait pas du consensus d'un &#171; peuple &#187; ou d'un &#171; bloc social &#187;, mais de leur &#171; pr&#233;sence &#187; parmi des populations tr&#232;s restreintes : dans le cas des bolch&#233;viques, des populations victimes de la guerre et de l'exploitation, comme certaines sections de soldats et d'ouvriers des rares usines existant &#224; cette &#233;poque-l&#224; en Russie ou, dans le cas des dada&#239;stes, particuli&#232;rement sensibles &#224; un changement esth&#233;tique (pour dire cela brutalement). Et c'est ainsi qu'ils r&#233;ussirent &#224; marquer leur temps et &#224; changer le monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le monde n'est jamais vraiment unique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme le montre Alain Badiou dans Logiques des mondes, Seuil, Paris, 2006.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et s'il l'est, tant qu'il l'est, c'est parce que d'autres se sont &#233;teints. Le monde capitaliste semble aujourd'hui unique et ind&#233;passable seulement parce qu'avec l'&#233;croulement de l'URSS et la conversion capitaliste de la Chine se sont d&#233;compos&#233;s ces autres mondes (communiste et non align&#233;, anti-imp&#233;rialiste) que les bolch&#233;viques eux-m&#234;mes, ne serait-ce que de loin, avaient rendu possibles. Des mondes qui, bien qu'&#233;tant tout sauf parfaits, avaient quoi qu'il en soit &#224; leur tour permis de mettre sur la d&#233;fensive le monde capitaliste philo am&#233;ricain. Ce qui explique toutes les merveilles sociales in&#233;dites de l'&#233;poque de De Martino, aujourd'hui regrett&#233;es. Loin de moi l'id&#233;e de vouloir ressusciter les propensions id&#233;ologiques et dialectiques qui dominaient le progressisme durant ces &#171; trente glorieuses &#187;. Mais je crois qu'aujourd'hui &#8211; plong&#233;s comme nous le sommes dans ce cauchemar pand&#233;mique galopant &#8211; pour penser comment refaire un autre monde &#224; la place de celui qui est en train de se d&#233;composer et de tout d&#233;truire, il faut une perspective certes semblable &#224; celles des bolch&#233;viques et des dada&#239;stes (comme le conseillent &#224; juste titre Amato et Salza), mais, avant tout, pour leur essence d&#233;cid&#233;ment et fructueusement minimaliste : une perspective tr&#232;s organis&#233;e d'un point de vue intellectuel et pratique, mais aussi capable de s'enraciner parmi les populations les plus en souffrance et &#171; invisibles &#187;, comme les appelle Abubakar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Valerio Romitelli&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. De Martino, &lt;i&gt;La fin du monde. Essai sur les apocalypses culturelles&lt;/i&gt;, texte &#233;tabli, traduit de l'italien et annot&#233; sous la direction de Giordana Charuty, Daniel Fabre et Marcello Massenzio, Paris, EHESS, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Franco Berardi (Bifo), &lt;i&gt;Fenomenologia della fine&lt;/i&gt;, Nero editions, Roma, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;a href=&#034;http://www.inchiestaonline.it/politica/valerio-romitelli-legemonismo-malattia-senile-del-comunismo-12-punti-di-discussione/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.inchiestaonline.it/politica/valerio-romitelli-legemonismo-malattia-senile-del-comunismo-12-punti-di-discussione/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme le montre Alain Badiou dans &lt;i&gt;Logiques des mondes&lt;/i&gt;, Seuil, Paris, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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