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	<title>Ici et ailleurs</title>
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	<description>Association pour une Philosophie Nomade</description>
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		<title>Ici et ailleurs</title>
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		<title>Terrorisme ou tragi-com&#233;die,</title>
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		<dc:date>2008-11-22T19:40:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Giorgio Agamben.</dc:creator>



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&lt;p&gt;A l'aube du 11 novembre, 150 policiers, dont la plupart appartenaient aux brigades antiterroristes, ont encercl&#233; un village de 350 habitants sur le plateau de Millevaches avant de p&#233;n&#233;trer dans une ferme pour arr&#234;ter 9 jeunes gens (qui avaient repris l'&#233;picerie et essay&#233; de ranimer la vie culturelle du village). Quatre jours plus tard, les 9 personnes interpell&#233;es ont &#233;t&#233; d&#233;f&#233;r&#233;es devant un juge antiterroriste et &#171; accus&#233;es d'association de malfaiteurs &#224; vis&#233;e terroriste &#187;. Les journaux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=55" rel="directory"&gt;Actualit&#233;&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/IMG/logo/arton62.jpg' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; alt=&#034;&#034; style='max-width: 150px;max-width: min(100%,150px); max-height: 150px' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A l'aube du 11 novembre, 150 policiers, dont la plupart appartenaient aux brigades antiterroristes, ont encercl&#233; un village de 350 habitants sur le plateau de Millevaches avant de p&#233;n&#233;trer dans une ferme pour arr&#234;ter 9 jeunes gens (qui avaient repris l'&#233;picerie et essay&#233; de ranimer la vie culturelle du village). Quatre jours plus tard, les 9 personnes interpell&#233;es ont &#233;t&#233; d&#233;f&#233;r&#233;es devant un juge antiterroriste et &#171; accus&#233;es d'association de malfaiteurs &#224; vis&#233;e terroriste &#187;. Les journaux rapportent que le ministre de l'Int&#233;rieur et le chef de l'Etat &#171; ont f&#233;licit&#233; la police et la gendarmerie pour leur diligence &#187;. Tout est en ordre en apparence. Mais essayons d'examiner de plus pr&#232;s les faits et de cerner les raisons et les r&#233;sultats de cette &#171; diligence &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les raisons d'abord : les jeunes gens qui ont &#233;t&#233; interpell&#233;s &#171; &#233;taient suivis par la police en raison de leur appartenance &#224; l'ultra-gauche et &#224; la mouvance anarcho-autonome &#187;. Comme le pr&#233;cise l'entourage de la ministre de l'Int&#233;rieur, &#171; ils tiennent des discours tr&#232;s radicaux et ont des liens avec des groupes &#233;trangers &#187;. Mais il y a plus : certains des interpell&#233;s &#171; participaient de fa&#231;on r&#233;guli&#232;re &#224; des manifestations politiques &#187;, et, par exemple, &#171; aux cort&#232;ges contre le fichier Edvige et contre le renforcement des mesures sur l'immigration &#187;. Une appartenance politique (c'est le seul sens possible de monstruosit&#233;s linguistiques comme &#171; mouvance anarcho-autonome &#187;), l'exercice actif des libert&#233;s politiques, la tenue de discours radicaux suffisent donc pour mettre en marche la Sous direction antiterroriste de la police (Sdat) et la Direction centrale du renseignement int&#233;rieur (DCRI). Or, qui poss&#232;de un minimum de conscience politique ne peut que partager l'inqui&#233;tude de ces jeunes gens face aux d&#233;gradations de la d&#233;mocratie qu'entra&#238;nent le fichier Edvige, les dispositifs biom&#233;triques et le durcissement de r&#232;gles sur l'immigration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux r&#233;sultats, on s'attendrait &#224; ce que les enqu&#234;teurs aient retrouv&#233; dans la ferme de Millevaches des armes, des explosifs, et des cocktails Molotov. Tant s'en faut. Les policiers de la Sdat sont tomb&#233;s sur &#171; des documents pr&#233;cisant les heures de passage des trains, commune par commune, avec horaire de d&#233;part et d'arriv&#233;e dans les gares &#187;. En bon fran&#231;ais : un horaire de la SNCF. Mais ils ont aussi s&#233;questr&#233; du &#171; mat&#233;riel d'escalade &#187;. En bon fran&#231;ais : une &#233;chelle, comme celles qu'on trouve dans n'importe quelle maison de campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc temps d'en venir aux personnes des interpell&#233;s et, surtout, au chef pr&#233;sum&#233; de cette bande terroriste, &#171; un leader de 33 ans issu d'un milieu ais&#233; et parisien, vivant gr&#226;ce aux subsides de ses parents &#187;. Il s'agit de Julien Coupat, un jeune philosophe qui a anim&#233; nagu&#232;re, avec quelques-uns de ses amis, Tiqqun, une revue responsable d'analyses politiques sans doute discutables, mais qui compte aujourd'hui encore parmi les plus intelligentes de cette p&#233;riode. J'ai connu Julien Coupat &#224; cette &#233;poque et je lui garde, d'un point de vue intellectuel, une estime durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons donc &#224; l'examen du seul fait concret de toute cette histoire. L'activit&#233; des interpell&#233;s serait &#224; mettre en liaison avec les actes de malveillance contre la SNCF qui ont caus&#233; le 8 novembre le retard de certains TGV sur la ligne Paris-Lille. Ces dispositifs, si l'on en croit les d&#233;clarations de la police et des agents de la SNCF eux-m&#234;mes, ne peuvent en aucun cas provoquer des dommages aux personnes : ils peuvent tout au plus, en entravant l'alimentation des pantographes des trains, causer le retard de ces derniers. En Italie, les trains sont tr&#232;s souvent en retard, mais personne n'a encore song&#233; &#224; accuser de terrorisme la soci&#233;t&#233; nationale des chemins de fer. Il s'agit de d&#233;lits mineurs m&#234;me si personne n'entend les cautionner. Le 13 novembre, un communiqu&#233; de la police affirmait avec prudence qu'il y a peut-&#234;tre &#171; des auteurs des d&#233;gradations parmi les gard&#233;s a vue, mais qu'il n'est pas possible d'imputer une action &#224; tel ou tel d'entre eux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule conclusion possible de cette t&#233;n&#233;breuse affaire est que ceux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;qui s'engagent activement aujourd'hui contre la fa&#231;on (discutable au demeurant) dont on g&#232;re les probl&#232;mes sociaux et &#233;conomiques sont consid&#233;r&#233;s ipso facto comme des terroristes en puissance, quand bien m&#234;me aucun acte ne justifierait cette accusation. Il faut avoir le courage de dire avec clart&#233; qu'aujourd'hui, dans de nombreux pays europ&#233;ens (en particulier en France et en Italie), on a introduit des lois et des mesures de police qu'on aurait autrefois jug&#233;es barbares et antid&#233;mocratiques et qui n'ont rien &#224; envier &#224; celles qui &#233;taient en vigueur en Italie pendant le fascisme. L'une de ces mesures est celle qui autorise la d&#233;tention en garde &#224; vue pour une dur&#233;e de quatre-vingt-seize heures d'un groupe de jeunes imprudents peut-&#234;tre, mais auxquels &#171; il n'est pas possible d'imputer une action &#187;. Une autre tout aussi grave est l'adoption de lois qui introduisent des d&#233;lits d'association dont la formulation est laiss&#233;e intentionnellement dans le vague et qui permettent de classer comme &#171; &#224; vis&#233;e &#187; ou &#171; &#224; vocation terroriste &#187; des actes politiques qu'on n'avait jamais consid&#233;r&#233;s jusque-l&#224; comme destin&#233;s &#224; produire la terreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'italien par Martin Rueff.&lt;br class='autobr' /&gt;
(Premi&#232;re publication : 22 novembre 2008)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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