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	<title>Ici et ailleurs</title>
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	<description>Association pour une Philosophie Nomade</description>
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		<title>Ici et ailleurs</title>
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		<title>Ernesto Laclau, La raison populiste</title>
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		<dc:date>2018-10-10T09:17:21Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Astier</dc:creator>


		<dc:subject>peuple</dc:subject>
		<dc:subject>populisme</dc:subject>
		<dc:subject>cahiers de philom&#232;ne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'ouvrage d'Ernesto Laclau, La Raison populiste analyse la nature et la logique de la formation des identit&#233;s collectives, des identit&#233;s populaires. Le philosophe ne sous-estime pas les exc&#232;s des mouvements populistes, cependant il s'agit pour lui de montrer que le rejet du populisme &#233;quivaut au rejet du politique. L'unit&#233; de base de la formation des identit&#233;s populaires selon Laclau n'est pas le r&#233;f&#233;rent groupe de l'analyse sociale avec ses paradigmes fonctionnalistes et structuralistes, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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/ 
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=mot&amp;id_mot=54" rel="tag"&gt;peuple&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=mot&amp;id_mot=104" rel="tag"&gt;populisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=mot&amp;id_mot=105" rel="tag"&gt;cahiers de philom&#232;ne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ouvrage d'Ernesto Laclau, &lt;i&gt;La Raison populiste&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernesto Laclau, La raison populiste, Seuil, 2008.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; analyse la nature et la logique de la formation des identit&#233;s collectives, des identit&#233;s populaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le philosophe ne sous-estime pas les exc&#232;s des mouvements populistes, cependant il s'agit pour lui de montrer que le rejet du populisme &#233;quivaut au rejet du politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'unit&#233; de base de la formation des identit&#233;s populaires selon Laclau n'est pas le r&#233;f&#233;rent &lt;i&gt;groupe&lt;/i&gt; de l'analyse sociale avec ses paradigmes fonctionnalistes et structuralistes, mais la &lt;i&gt;demande&lt;/i&gt; (une revendication vis-&#224;-vis d'un ordre &#233;tabli). L'unit&#233; d'un groupe d&#233;pendra de &lt;i&gt;l'articulation des diff&#233;rentes demandes&lt;/i&gt;, une configuration instable et emplie de n&#233;gativit&#233;. La demande doit entrer dans un rapport &#224; une totalit&#233; pour faire revendication dans le syst&#232;me de l'ordre, qui lui n'est pas une totalit&#233; coh&#233;rente. L'articulation des diff&#233;rentes demandes compose entre la logique de la diff&#233;rence et la logique de l'&#233;quivalence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fixer l'unit&#233; d'une formation sociale sous un concept est une chose impossible selon Laclau, d'o&#249; l'indispensable &lt;i&gt;nomination&lt;/i&gt; pour l'unit&#233; de la formation sociale ainsi que le r&#244;le de l'&lt;i&gt;affect&lt;/i&gt;, dans la mesure o&#249; le lien social est un lien libidinal, tel que le con&#231;oit Freud.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec les notions donc d'articulation de demandes, les logiques d'&#233;quivalence et de diff&#233;rence, de nomination et d'affect, Laclau s'appuie &#233;galement sur les cat&#233;gories de signifiants vides et signifiants flottants, d'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; sociale, de repr&#233;sentation et de d&#233;mocratie ; ces notions et ces logiques, selon Laclau, sont inscrites dans le fonctionnement de tout espace communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les masses d&#233;nigr&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble de la litt&#233;rature sur la psychologie des foules du XIXe si&#232;cle constitue un vaste d&#233;nigrement des masses qui sera par la suite int&#233;rioris&#233;. N&#233;anmoins, Freud d&#233;c&#232;le certaines caract&#233;ristiques de la foule propres &#224; la formation de toute identit&#233; sociale, dans la mesure o&#249; : &#171; &lt;i&gt;la psychologie individuelle&lt;/i&gt; [la vie psychique de l'individu pris isol&#233;ment] &lt;i&gt;est aussi, d'embl&#233;e et simultan&#233;ment, une psychologie sociale&lt;/i&gt;&#8230;[ou psychologie des foules] &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sigmund Freud, Essais de psychanalyse, Payot, 1981, p. 123.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le populisme est une cat&#233;gorie d'analyse politique aux contours flous m&#234;me si on lui r&#233;f&#232;re souvent des mouvements et une multiplicit&#233; de ph&#233;nom&#232;nes politiques, au contenu toujours impr&#233;cis quant &#224; l'analyse sociale, aux crit&#232;res incoh&#233;rents vis-&#224;-vis de l'exp&#233;rience politique des personnes, des agents sociaux. Le populisme finalement n'est pas sp&#233;cifi&#233;, d&#233;fini par l'ensemble de la litt&#233;rature qui lui est consacr&#233;e, cependant le populisme est objectivement condamn&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si le discours populiste exprime du simplisme politique et des mouvements disparates alors facilement &#233;tiquet&#233;s, puis rel&#233;gu&#233;s, Laclau estime que pour tenter une autre approche du populisme hors du d&#233;nigrement, il s'agirait plut&#244;t de voir si l'expression &#171; le vague du discours populiste &#187; est n&#233;cessaire ; et si le &#171; vague &#187; des discours populistes ne renverrait-il pas plut&#244;t &#224; une cons&#233;quence de la r&#233;alit&#233; sociale, elle-m&#234;me vague et ind&#233;termin&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le c&#233;l&#232;bre ouvrage intitul&#233; &lt;i&gt;Psychologie des foules&lt;/i&gt; (1895) de Gustave Le Bon, se d&#233;couvre par simplification une foule comme d&#233;nu&#233;e de tout sens du raisonnement, dont les sentiments et les id&#233;es se propagent sur le mode pathologique de la contagion. Devenir membre d'une foule d&#233;grade socialement l'individu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Hippolyte Taine souligne le caract&#232;re irrationnel des comportements des foules ; un pr&#233;suppos&#233; qui restera chez les th&#233;oriciens des foules, selon lequel un individu perd nombre d'attributs de la rationalit&#233; lorsqu'il fait partie d'une foule. Taine invoque la contagion mentale des foules manipul&#233;es par les parties du crime. Une foule se comporte comme un alcoolique, comme une femme, lesquels incarnent tout ce qui menace et avilit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tarde voit le meneur de la foule jouer un r&#244;le essentiel dans la possibilit&#233; de l'imitation, qui hypnotise la foule somnambule.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est &#224; noter que si Taine et Le Bon se sont int&#233;ress&#233;s &#224; la foule par le biais de la canaille, Freud commencera son &#233;tude &#224; partir de l'organisation de l'Arm&#233;e et de l'Eglise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tarde va distinguer les foules qui appartiennent au pass&#233; et les publics &#224; l'avenir des soci&#233;t&#233;s ; le publiciste succ&#232;de au meneur. Les publics et les foules peuvent &#234;tre anim&#233;s aussi bien par l'amour que par la haine, toutefois, les individus qui composent les publics y trouvent davantage de force &#224; leur unisson que dans les foules.&lt;br class='autobr' /&gt;
William MacDougall va souligner &#171; le principe d'induction directe de l'&#233;motion &#187; qui r&#233;git les foules de personnes, comme chez les animaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Laclau souligne l'importance accord&#233;e par Tarde et MacDougall &#224; l'unit&#233; d'un groupe, d'une foule ou d'un public fond&#233;e sur l'identification d'un m&#234;me objet qui &#233;tablit de mani&#232;re &#233;quivalente cette unit&#233;, la notion d'&#233;quivalence jouant pour Laclau le r&#244;le essentiel dans sa conception du populisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans son essai intitul&#233; &lt;i&gt;Psychologie des foules et analyse du moi&lt;/i&gt; (1921), Freud d&#233;finit donc la psychologie individuelle [la vie psychique de l'individu pris isol&#233;ment] comme &#233;tant aussi d'embl&#233;e et simultan&#233;ment, une psychologie sociale [ou psychologie des foules]. Le lien social est un lien libidinal. Les liens affectifs qui donnent corps &#224; un groupe sont r&#233;gis par le m&#233;canisme de l'identification ; il y a un investissement affectif sur un objet ; et l'objet, selon Freud se met, non pas &#224; la place du moi mais &#224; la place de l'id&#233;al du moi. Ainsi, dans une foule, l'identification se produira entre ceux qui sont men&#233;s mais non pas entre les men&#233;s et le meneur. Freud, finalement, estime Laclau, ne r&#233;duit pas le processus de formation des foules au r&#244;le central jou&#233; par le chef autoritaire, &#224; savoir si &#171; le meneur est r&#233;ellement indispensable &#224; l'essence de la foule &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour ponctuer sur la litt&#233;rature des foules, Laclau insiste sur les deux points suivants :&lt;br class='autobr' /&gt;
1. Le th&#232;me de la dualit&#233; (deux choses distinctes) entre l'homog&#233;n&#233;it&#233; sociale et la diff&#233;renciation sociale est en fait un dualisme (deux choses en conflit, en tension). Avec Taine, les forces homog&#233;n&#233;isatrices (la logique des &#233;quivalences) ne peuvent que d&#233;truire l'organisation sociale en place hi&#233;rarchis&#233;e. La dualit&#233; est maintenue avec LeBon, dans la mesure o&#249; la foule est une partie in&#233;vitable de la communaut&#233; qu'il s'agit de manipuler pour la contenir. Ce dualisme s'amenuise ensuite, avec Tarde, pour qui le moment des &#233;quivalences d'homog&#233;n&#233;isation se trouve dans l'imitation, ce moment constituant le ciment du tissu social. Et avec MacDougall, pour qui, &#224; partir de la notion de volont&#233; collective, qu'elle provienne de la foule ou d'un groupe organis&#233;e, la diff&#233;renciation et l'homog&#233;n&#233;it&#233; ne sont plus oppos&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. Avec Freud, tout tourne autour de la question-cl&#233; de l'identification et du degr&#233; de distance entre le moi (de l'individu) et l'id&#233;al du moi (qui se d&#233;place vers le meneur). Que cette distance augmente : 1) alors l'identification par &#233;quivalence entre les membres de la foule augmente 2) ou diminue, alors le meneur fait partie de la foule, il en est membre, et il participe au processus g&#233;n&#233;ral d'identification mutuelle ce qui, dans les deux cas, estime Laclau, ouvre sur des variations de possibilit&#233;s sociopolitiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La construction du peuple du populisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une demande sociale (une p&#233;tition, une r&#233;clamation, une exigence, une demande d'explication) qui reste insatisfaite et isol&#233;e est une demande d&#233;mocratique. Lorsque plusieurs demandes sont articul&#233;es par &#233;quivalence, il y a une subjectivit&#233; sociale plus large, ces demandes sont alors des demandes populaires et constituent &#224; un stade embryonnaire &#171; le peuple &#187; comme acteur historique potentiel. Nous sommes d&#233;j&#224; dans une configuration populiste, dont les conditions sont :&lt;br class='autobr' /&gt;
1.Une fronti&#232;re int&#233;rieure antagoniste entre le peuple et le pouvoir : la soci&#233;t&#233; est divis&#233;e en deux camps.&lt;br class='autobr' /&gt;
2.Une articulation de demandes &#233;quivalentes.&lt;br class='autobr' /&gt;
3.L'unification des diff&#233;rentes demandes lorsque l'&#233;quivalence d&#233;passe le vague sentiment de solidarit&#233;, par extension des cha&#238;nes et par symbolique.	&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a l'exemple des &#233;meutes du bl&#233; de 1775 dans la r&#233;gion parisienne, qui explosent en r&#233;action par l'initiative locale et &#224; la force de l'exemple, mais les cha&#238;nes d'&#233;quivalence ne s'&#233;tendirent pas aux demandes d'autres secteurs sociaux et les paysans n'avaient pas de discours national pour inscrire leurs demandes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une identit&#233; sociale, laquelle est discursive, se constitue au point de rencontre de la diff&#233;rence et de l'&#233;quivalence. D'autre part, il y a une in&#233;galit&#233; dans le social, dans la mesure o&#249; la totalisation exige qu'un &#233;l&#233;ment diff&#233;rentiel assume la repr&#233;sentation d'une totalit&#233;, en fait impossible. Il y a l'exemple de Solidarnosc avec les demandes d'un groupe d'ouvriers de Gdansk qui vont gagner un camp populaire plus vaste : ainsi, une certaine identit&#233; est choisie qui va incarner une fonction totalisatrice.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le peuple du populisme, qui r&#233;sulte toujours de la fronti&#232;re divisant la soci&#233;t&#233; en deux camps, est une partie de la totalit&#233; des membres de la communaut&#233; ; c'est donc un &#233;l&#233;ment partiel mais qui se pr&#233;tend comme la seule totalit&#233; l&#233;gitime. Le peuple du populisme est &lt;i&gt;plebs&lt;/i&gt; (les plus d&#233;munis) qui se pose comme &lt;i&gt;populus&lt;/i&gt; (l'ensemble de tous les citoyens) ; cette distinction n'est pas juridique mais antagonique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Laclau insiste sur ce point : cet antagonisme social &#233;chappe &#224; l'appr&#233;hension conceptuelle, il n'est pas dialectique. Il est constitutif et exige un espace fractur&#233; (l'exemple de la r&#233;sistance de paysans expuls&#233;s de leur terre). Un ennemi est imp&#233;rativement d&#233;sign&#233;. Cependant, l'ennemi est global, donc difficile &#224; identifier dans la mesure o&#249; une lutte populaire implique l'&#233;quivalence de nombreux combats partiels.&lt;br class='autobr' /&gt;
La division en deux camps pr&#233;suppose la pr&#233;sence de signifiants privil&#233;gi&#233;s. Il faut distinguer le r&#244;le ontologique (la fonction) de la construction discursive de la division sociale et le contenu ontique (le r&#233;el, la satisfaction). Le rapport est asym&#233;trique entre les deux. Entre le populisme de gauche et celui de droite, il existe un &#171; no man's land &#187; qui peut &#234;tre travers&#233;, du PC au FN en France. L'anomie favorisant cette travers&#233;e, l'ontologique (une forme quelconque d'ordre) l'emporte sur l'ontique r&#233;el.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si les demandes individuelles, d&#233;mocratiques, l'emportent sur les liens d'&#233;quivalence, ces derniers se dissolvent, la fronti&#232;re politique dispara&#238;t et le peuple du populisme se d&#233;sint&#232;gre comme acteur historique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lien d'&#233;quivalence &#233;tait initialement subordonn&#233; aux demandes. Maintenant, c'est le lien qui r&#233;agit sur elles. C'est ce renversement qui permet le populisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lien d'&#233;quivalence qui s'&#233;tablit entre les demandes individuelles suppose un d&#233;nominateur commun &#224; la pluralit&#233; de demandes : il s'agit l&#224; de l'op&#233;ration h&#233;g&#233;monique (l'exemple de Solidarnosc).&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt;L'identit&#233; populaire devient de plus en plus pleine du point de vue extensionnel, car elle repr&#233;sente une cha&#238;ne de demandes de plus en plus longue ; mais du point de vue intensionnel elle devient de plus en plus pauvre, car elle doit se d&#233;pouiller des contenus particuliers afin d'embrasser des demandes sociales qui sont tr&#232;s h&#233;t&#233;rog&#232;nes. Autrement dit : une identit&#233; populaire fonctionne comme un signifiant tendanciellement vide.&lt;/i&gt; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne faut pas confondre le vide et l'abstraction ; il y a une n&#233;gativit&#233; sp&#233;cifique inh&#233;rente au lien d'&#233;quivalence. Une cha&#238;ne d'&#233;quivalences s'exprime &#224; travers l'investissement d'un &#233;l&#233;ment singulier, ce n'est pas une op&#233;ration conceptuelle mais une op&#233;ration performative, on ne recherche pas un trait commun aux demandes sociales, il s'agit d'un processus de condensation. Les identit&#233;s populaires constituent des points de tension/n&#233;gociation entre universalit&#233; et particularit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le vide, le vague et l'impr&#233;cision qui exprimeraient le populisme, qualifi&#233; de primitif, de marginal, sont inh&#233;rents et inscrits dans la nature m&#234;me au politique, estime Laclau, avec par exemple les mobilisations populistes qui &#233;clatent dans les soci&#233;t&#233;s hyperd&#233;velopp&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La nomination et l'affect&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A) La question des identit&#233;s populaires est fond&#233;e sur la dimension performative de la nomination. Le nom devient le fondement de la chose. Les signifiants vides ont un lieu dans le syst&#232;me de la signification, un lieu qui est irrepr&#233;sentable, c'est un vide qui peut &#234;tre signifi&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La question de l'articulation entre le particulier et l'universel, apr&#232;s Hegel et Marx, dans la construction du peuple du populisme, trouve chez Gramsci le sens qui convient pour Laclau : il y a une particularit&#233;, la &lt;i&gt;plebs&lt;/i&gt;, qui revendique h&#233;g&#233;moniquement la constitution d'un &lt;i&gt;populus&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;populus&lt;/i&gt;, ne pouvant exister qu'incarn&#233; dans une &lt;i&gt;plebs&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour illustrer son propos, Laclau imagine des syndicats organisant une lutte antiraciste dans un quartier, ce qui n'est pas l&#224; leur fonction (mais la n&#233;gociation des salaires, la d&#233;fense des employ&#233;s). Cependant cette prise en charge suppose une relation entre la fonction traditionnelle du syndicat et la lutte antiraciste, une relation de d&#233;placement va s'op&#233;rer entre questions et acteurs, par m&#233;tonymie (terme de la rh&#233;torique). Les gens vont ensuite avoir le sentiment qu'il existe un lien naturel entre les deux types de combats et une certaine homog&#233;n&#233;it&#233; &#233;quivalentielle se r&#233;alise. Le syndicat n'est plus alors seulement synonyme de l'expression de d&#233;fense d'int&#233;r&#234;ts sectoriels, corporatifs, mais devient le point de constitution d'un peuple, une organisation h&#233;g&#233;monique.&lt;br class='autobr' /&gt;
B) Le passage des demandes isol&#233;es, h&#233;t&#233;rog&#232;nes, &#224; une demande globale, sans transition logique, dialectique, conceptuelle, se r&#233;alise donc par la nomination, et n&#233;cessite un &#171; investissement radical &#187; de l'ordre de l'affect.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Une relation h&#233;g&#233;monique est une relation dans laquelle une certaine particularit&#233; signifie une universalit&#233; impossible &#224; atteindre&lt;/i&gt; &#187;, comme dans le rapport &lt;i&gt;plebs/populus&lt;/i&gt;, o&#249; une partie fonctionne comme le tout.&lt;br class='autobr' /&gt;
Laclau &#233;claire cette relation avec la notion d'objet partiel, l'objet petit a de Lacan &#224; travers lequel il voit l'&#233;l&#233;ment-cl&#233; d'une ontologie du social. Laclau se r&#233;f&#232;re notamment &#224; une remarque de Joan Copjec, selon laquelle &#171; &lt;i&gt;l'objet partiel n'est pas une partie d'un tout mais une partie qui est le tout&lt;/i&gt; &#187; ; Copjec se r&#233;f&#232;re &#224; B&#233;la Balasz, et Deleuze pour qui les gros plans sont une mani&#232;re de &#171; &lt;i&gt;redimensionner toute la sc&#232;ne &#224; travers le d&#233;tail&lt;/i&gt; &#187;. Voir davantage avec Deleuze, dans la mesure o&#249; &#171; &lt;i&gt;le gros plan r&#233;v&#232;le plut&#244;t la totalit&#233; de la sc&#232;ne elle-m&#234;me&lt;/i&gt; &#187;. On conna&#238;t l'importance de l'affect pour Deleuze, de l'&#171; image-affection &#187; au cin&#233;ma, de son r&#244;le dans le champ de l'immanence, de son implication avec l'&#171; image-temps &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui d&#233;finit donc une relation h&#233;g&#233;monique, c'est une certaine particularit&#233;, telle qu'une &#171; lutte contingente &#187; d'une force sociale, qui assume le r&#244;le d'une universalit&#233; impossible, et il n'y a pas de populisme sans investissement affectif dans un objet partiel.&lt;br class='autobr' /&gt;
La cha&#238;ne des &#233;quivalences joue un double r&#244;le : elle rend possible l'&#233;mergence du particularisme des demandes, mais, en m&#234;me temps, elle se les subordonne comme une surface d'inscription.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Signifiants flottants et h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; sociale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une identit&#233; populaire &#233;merge &#224; condition qu'un signifiant vide exprime et en m&#234;me temps constitue une cha&#238;ne d'&#233;quivalences. A condition ensuite de l'autonomisation du moment de l'&#233;quivalence vis-&#224;-vis des maillons int&#233;grateurs (c'est le moment de l'inscription). L'inscription &#233;quivalentielle procure solidit&#233; et stabilit&#233; aux demandes mais restreint aussi leur autonomie car l'inscription rentre dans des configurations strat&#233;giques &#233;tablies par la cha&#238;ne des &#233;quivalences. Il y a ce double jeu de subordination et d'autonomisation des demandes particuli&#232;res, une tension entre les deux. Les &#171; signifiants vides &#187; concernent les identit&#233;s populaires une fois que la fronti&#232;re (entre les deux camps antagonistes) est consid&#233;r&#233;e comme acquise. Les &#171; signifiants flottants &#187; prennent en compte les d&#233;placements de cette fronti&#232;re (c'est le cas avec les d&#233;placements des opinions, tel que le &#171; gaucho-lep&#233;nisme &#187;, ou bien dans la crise de la repr&#233;sentation, en Am&#233;rique dans les ann&#233;es 1960 avec l'explosion populiste anti-institutionnelle).&lt;br class='autobr' /&gt;
L'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; sociale est une ext&#233;riorit&#233; radicale ; ce n'est pas une question de diff&#233;rence ; l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; sociale est sans espace commun de repr&#233;sentation, sans partage d'un m&#234;me terrain et par-del&#224; la fronti&#232;re des deux camps antagoniques et de l'historicit&#233;. Marx et Engels distinguaient le prol&#233;tariat du &lt;i&gt;lumpenprol&#233;tariat&lt;/i&gt;, le premier comme acteur du d&#233;veloppement historique, le second, m&#233;pris&#233;, consid&#233;r&#233; comme l'&#233;tranger absolu, mais dont les effets sociaux gagnent ensuite les niveaux plus &#233;lev&#233;s de la soci&#233;t&#233; (de la canaille &#224; l'aristocratie financi&#232;re par exemple, les artistes, la population des grandes villes dans son ensemble). Le &lt;i&gt;lumpen&lt;/i&gt; constitue un groupe plut&#244;t qu'une classe, susceptible d'articulation politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Laclau affirme que &#171; &lt;i&gt;les forces sociales sont l'agr&#233;gation d'une s&#233;rie d'&#233;l&#233;ments h&#233;t&#233;rog&#232;nes r&#233;unis au moyen de l'articulation politique&lt;/i&gt; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; est constitutive dans la mesure o&#249; elle se d&#233;prend d'une n&#233;gation, d'une contradiction puis d'un renversement dialectiques. Elle n'est pas r&#233;cup&#233;rable. En ce sens, le peuple n'est pas seulement oppos&#233; au pouvoir, il est quelque chose en plus. D'autant plus que le particularisme des demandes &#233;quivalentes ne peut &#234;tre &#233;limin&#233; sinon la cha&#238;ne des &#233;quivalences n'aurait aucun lieu d'&#234;tre. L'h&#233;t&#233;rog&#232;ne comporte du multiple, une complexit&#233; interne qui structure le camp populaire. La fronti&#232;re entre les deux camps n'&#233;tant pas immobile, il y a toujours une part ind&#233;cidable entre les &#171; signifiants vides &#187; et les &#171; signifiants flottants &#187;, entre l'h&#233;t&#233;rog&#232;ne et l'homog&#232;ne, entre le prol&#233;tariat et le &lt;i&gt;lumpenprol&#233;tariat&lt;/i&gt;, o&#249; le jeu politique prend place ; c'est &#171; une guerre de position &#187; au sens de Gramsci, &#171; &lt;i&gt;une logique de d&#233;placement des fronti&#232;res politiques&lt;/i&gt; &#187;, qui n'est autre qu'&#171; &lt;i&gt;une op&#233;ration politique de construction du peuple&lt;/i&gt; &#187;, conclut Laclau.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le politique est donc synonyme de populisme. La construction du &#171; peuple &#187; est l'acte politique par excellence vis-&#224;-vis de &#171; &lt;i&gt;la pure administration dans un cadre institutionnel stable&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La repr&#233;sentation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La repr&#233;sentation consiste en une combinaison entre homog&#233;n&#233;it&#233; et h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;. La constitution d'un peuple requiert une complexit&#233; interne. Rien dans ces demandes n'annonce une &#171; destin&#233;e manifeste &#187;, une unit&#233;, une cha&#238;ne. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; du moment homog&#233;n&#233;isateur du signifiant vide. Sans ce moment, il n'y aurait pas de cha&#238;ne d'&#233;quivalences. Le signifiant vide, qui est quelque chose de plus que l'image d'une totalit&#233; existant &#224; l'avance, constitue cette totalit&#233;, ajoutant ainsi une nouvelle dimension qualitative. Il repr&#233;sente tous les maillons de la cha&#238;ne. Toute identit&#233; populaire a une structure interne qui est essentiellement repr&#233;sentative. Pour qu'il y ait populisme, il faut que la logique des demandes &#233;quivalentes traverse des groupes sociaux h&#233;t&#233;rog&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour situer la conception de la politique de Laclau&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; Claude Lefort qui voit la question de la d&#233;mocratie (l'&#233;galit&#233;, l'identit&#233; entre gouvernants et gouvern&#233;s et la souverainet&#233; populaire) li&#233;e au cadre symbolique lib&#233;ral (la loi, la d&#233;fense des droits de l'homme et le respect de libert&#233; individuelle), Chantal Mouffe ne con&#231;oit pas de relation n&#233;cessaire entre ces deux traditions, mais une &#171; articulation historique contingente &#187;. Elle propose un mod&#232;le agonique de la d&#233;mocratie o&#249; le r&#244;le des passions et des affects est crucial pour la connaissance des conditions d'existence d'un sujet d&#233;mocratique. Pour Lefort, le lieu du pouvoir dans les d&#233;mocraties est vide, laiss&#233; vacant par le roi, le prince. Mais pour Laclau, c'est une question de production du vide &#224; partir du fonctionnement de la logique h&#233;g&#233;monique. Le vide est un type d'identit&#233; et non pas un emplacement structurel, ce qui n'est pas abstrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; non-terrain &#187; sur lequel la politique populiste se construit est &#171; une zone grise de contamination &#187; qui rel&#232;ve de l'essence m&#234;me du politique, selon Laclau. C'est un terrain &#224; red&#233;finir constamment, qui s'oppose au th&#232;me de la &#171; fin du politique &#187; des postmodernes ; hors des certitudes, il s'agit de consid&#233;rer plut&#244;t &#171; l'arriv&#233;e dans une &#232;re pleinement politique &#187;. L'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; sociale joue un r&#244;le primordial, constitutif et irr&#233;ductible pour penser la construction du &#171; peuple &#187; comme acteur politique. C'est un exc&#232;s (non manipulable, sans dialectique). Son trait essentiel est la d&#233;ficience, &#171; pr&#233;sente comme ce qui est absent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;i&gt;Les Cahiers de Philom&#232;ne&lt;/i&gt;, n&#176;1)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernesto Laclau, &lt;i&gt;La raison populiste&lt;/i&gt;, Seuil, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sigmund Freud, &lt;i&gt;Essais de psychanalyse&lt;/i&gt;, Payot, 1981, p. 123.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le corps contestataire et ses expressions autour de 1968 Journ&#233;e d'&#233;tude</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=149</link>
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		<dc:date>2011-05-21T08:31:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Astier</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Samedi 28 mai 2011 &lt;br class='autobr' /&gt; &#224; la Maison de la Recherche &#8211; Sorbonne (28 rue Serpente, Paris 6e) Salle D223, entr&#233;e libre dans la limite des places disponibles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Institutions partenaires : * Centre de Recherche en Histoire du XIXe si&#232;cle (Paris I &#8211; Paris IV) * Maison des Sciences de l'Homme &#8211; Paris Nord (Paris 8, CNRS, Paris 13) * Les Cahiers du Jazz &lt;br class='autobr' /&gt;
Renseignements et contact : jazzjo68@gmail.com &lt;br class='autobr' /&gt;
Programme de la journ&#233;e soutenue par le Professeur Jacques-Olivier Boudon, Paris-Sorbonne, et le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=27" rel="directory"&gt;Rencontres&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samedi 28 mai 2011&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/IMG/jpg/Jazz_Band.jpg' width='178' height='250' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &#224; la Maison de la Recherche &#8211; Sorbonne&lt;br class='autobr' /&gt;
(28 rue Serpente, Paris 6e)&lt;br class='autobr' /&gt;
Salle D223, entr&#233;e libre dans la limite des places disponibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Institutions partenaires :&lt;br class='autobr' /&gt;
* Centre de Recherche en Histoire du XIXe si&#232;cle (Paris I &#8211; Paris IV)&lt;br class='autobr' /&gt;
* Maison des Sciences de l'Homme &#8211; Paris Nord (Paris 8, CNRS, Paris 13)&lt;br class='autobr' /&gt;
* Les Cahiers du Jazz&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renseignements et contact : jazzjo68@gmail.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Programme de la journ&#233;e soutenue par &lt;br class='autobr' /&gt;
le Professeur Jacques-Olivier Boudon, Paris-Sorbonne, &lt;br class='autobr' /&gt;
et le Professeur Alain Bertho, Paris 8 et MSH &#8211;Paris Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MATINEE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10h00 : OUVERTURE DE LA JOURNEE &lt;br class='autobr' /&gt;
10h10 : pr&#233;sentation de la journ&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10h15 : &lt;strong&gt;Alice Cartier&lt;/strong&gt; (historienne, chercheur associ&#233; au Centre de Recherche en Histoire du XIXe si&#232;cle, et MSH &#8211; Paris Nord), &lt;strong&gt;Anne Legrand&lt;/strong&gt; (musicologue, MSH &#8211; Paris Nord) et &lt;strong&gt;Fr&#233;d&#233;ric Astie&lt;/strong&gt;r (philosophe, chercheur associ&#233; Paris 8 d&#233;partement de philosophie et MSH &#8211; Paris Nord) &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Exprimer les contestations noires am&#233;ricaines autour de 1968, des jazzmen aux Jeux olympiques de Mexico &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11h : &lt;strong&gt;Manola Antonioli&lt;/strong&gt; (philosophe, &#201;quipe &#171; Esth&#233;tique &#187; de l'EA HAR 4414, Histoire de l'art et des repr&#233;sentations, Universit&#233; de Paris Ouest Nanterre La D&#233;fense)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; R&#233;flexion sur le corps-sans-organes &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11h45 : Rencontre avec &lt;strong&gt;G&#233;rard Terron&#232;&lt;/strong&gt;s (producteur des disques Futura et Marge, producteur de concerts et g&#233;rant de club, producteur de radio sur Radio Libertaire (1982-2008) ; t&#233;moin essentiel des artistes afro-am&#233;ricains en 1968).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12h30-13h50 : D&#201;JEUNER&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;APRES-MIDI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14h00 : Pr&#233;sentation et Projection de &lt;strong&gt;&#171; Par la force des mots&lt;/strong&gt; &#187;, documentaire (57 mn), VOST fran&#231;ais, K Production &#8211; TLT, r&#233;alis&#233; par Marc Oriol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15h15 : &lt;strong&gt;Ana&#239;s Ledure&lt;/strong&gt; (M&#233;moire de Master 2 en &#233;tudes Anglophones, juin 2010, Universit&#233; Paris Est - Marne La Vall&#233;e)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; The color of consciousness : le f&#233;minisme noir aux &#201;tats-Unis (1968-1980) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15h45 : PAUSE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16h00 : &lt;strong&gt;Roman Dominguez&lt;/strong&gt; (doctorant, d&#233;partement de philosophie, universit&#233; Paris 8)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Cool rythms : jazz et montage dans &#034;The Cool World&#034; de Shirley Clarke &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16h45 : CONCLUSION DE LA JOURNEE&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>An inscription of the event May 68 : recorded voice of Gilles Deleuze</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=71</link>
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		<dc:date>2010-03-01T22:43:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Astier</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Recorded lectures of Gilles Deleuze at Paris 8 University &lt;br class='autobr' /&gt; The audiocassette recordings of Gilles Deleuze at the University of Paris 8, 1979-1987 (177 courses, 400 hours) transport us, his listeners and readers, in the ebb and flow of the words lines and chapters of the philosopher. His classes were the moment at which he could sharpen an idea or elaborate a concept out of an abstraction, then create concrete examples that would captivate and address specialists and non-philosophers alike. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=19" rel="directory"&gt;Portraits philosophiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/IMG/logo/arton71.jpg' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; alt=&#034;&#034; style='max-width: 150px;max-width: min(100%,150px); max-height: 150px' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Recorded lectures of Gilles Deleuze at Paris 8 University&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	The audiocassette recordings of Gilles Deleuze at the University of Paris 8, 1979-1987 (177 courses, 400 hours) transport us, his listeners and readers, in the ebb and flow of the words lines and chapters of the philosopher. His classes were the moment at which he could sharpen an idea or elaborate a concept out of an abstraction, then create concrete examples that would captivate and address specialists and non-philosophers alike. A philosophical notion repeated in class would enrich itself with a multitude of artistic, political, and scientific references ; anecdotes shaped lifestyles as well as conceptual approaches. These various points of view led to a form of experimentation. In the same movement, a new philosophical vocabulary and a &#8220;pedagogical approach&#8221; were invented. Far from the academic philosophy, the teachings of Gilles Deleuze at Vincennes resulted in an unprecedented encounter, an inauguration of creative reasoning and the virtual. According to a dialogical style of teaching, his oral philosophy was a prerequisite to his books and a laboratory necessary to the unfolding of the &#034;affect of the concept&#034;. Oral philosophy is followed today by the movement towards &#034;become-listener&#034; thus linking with oral tradition, creative writing, the transmission of philosophical notions and living university research.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	I was used to crossing Richelieu Street by the subteranean passages at the national Library of France to forward ancient 78 records to the Vivienne studios of the Phonot&#232;que Department, but one morning, much to my surprise, I could hear behind a thick glass wall the voice of Gilles Deleuze, with the background noise of a motorway, amplified by a prefabricated room usually intended to immigrants (The LOPOFA). A great deal of audiotapes had been sent to us by a few students. Some months later, as an humble employee, confident with a few years of Studies at Paris 8 University, I suggested to my superiors my taking care of the checking, and then classifying, labelling, classification marking and technical verifying of the durations of these recordings transfered on compact disc, and in order to do that, I had to listen to them.&lt;br class='autobr' /&gt; As luck would have it, I remember that I laughed when hearing him as he would with his hoarse, metallous voice, that the philosopher must talk to the non philosopher, or again that Nicolas De Cuses' idiot is a very good observer. I felt myself in the skin of both of them, that is the least I can say.&lt;br class='autobr' /&gt; And this is how for months, I noted ideas developped in these 177 lectures, 400 hours &#8211; from 1979 to 1987, a shadow work.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	To get on the thought of Deleuze, I thought, needed basic knowledge and a horizon of references, since however much our author would say &#171; don't you worry, everybody can understand &#187;, as a philosopher or not, I hardly believed him.&lt;br class='autobr' /&gt; This invitation however was very effective &#171; take what you want, what suits you , it is up to you &#187; because it enabled me to feel at ease, comfortable and at the same time, I was bound to ask myself : but what concerns me in what he says ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	What suits me, what talks to me, what makes me think of something, that is a freeing remark which encourages you to work for yourself and by yourself. Deleuze knows how to institute the other as an author : of his notes, his corrections, his comparisons, his own plans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Then, after having left my ears rest for a year no doubt, I resumed my listening to lectures of certain years in order to verify my notes more calmly, ones a few courses, during which I had probably been dozing, namely the fourth and last year that Deleuze dedicated to cinema.&lt;br class='autobr' /&gt; The recorded lectures of Gilles Deleuze, soon after the Paris 8 University moved from Vincennes to Saint Denis, may be consulted at the Biblioth&#232;que nationale de France, at the Paris 8 Library, and are progressively avaible on www. Paris8.fr/deleuze website.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Deleuze's style &#8211; One may say that his lectures enabled him to test out logical suites, those of his next chapters, but in a way opposite to the speed of the brilliant professor. Very slowly, with ebb and flow he went forward then backword. Deleuze was obsiously following very precise notes, even if his references of editions, dates or pages were incomplete. His lecture was an experimentation, in the strong sense of the word. He could hear if his corrections happened from time to time, the small lights of the eyes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Some main lines go through the lectures of Gilles Deleuze :&lt;br class='autobr' /&gt;
First of all, his meticulousness. He doesn't look so at first sight but the preparation is extreme, all main lines are written, but developments happen like waves, by preliminary repetitions. That is the whole constructed dimension of the lecture, its mastery and unity. No room for the appeal of the orator, or for his arm flourishing, it is the auditor who perceives, who sees, who evaluates his needs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Then, the framework of the lectures, the duration of the working thought and its resumptions, the abstract notions and the links which Deleuze verifies. He forces himself to make clear, to suppress misunderstandings, to rebuild bridges for comprehension. As one of may speak of a medicine, he speaks with delayed effects, he takes a knot tied long before, he formulates in a different way and evaluates, and he brings comfort : &#171; feel how beautiful it is, let yourself go, you will understand later &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Finally, a last stage for the brightest, from whom he demands that they understand absolutely : Deleuze needs them, absolutely, the next lecture is at stake, together with its preparation, its repetition. That is why, sometimes again, Deleuze considers that his lecture failed as far as comprehension was concerned, that it lead to a deadend, which he makes sure to assert in the next lecture. And he therefore resumes, going back to the previous lecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	The auditor and the reader will not be surprised. The recorded lectures and their written works are not some syllabus, neither perfect index, nor a summary, it is at best concepts, authors, sentences uncertainly distributed as lectures went for months and years. I did not mean to cover all sets of concepts, but I rather drifted, looking for what talked to me most. One must say that Deleuze incites to do so. His lectures have to be followed as an angler who follows his float from the riverside, one has to be patient, to accept not to understand, to accept as well this hesitating way which finally authorizes the auditory to follow him in spite of its lack of knowledge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	A last word about Deleuze's flat refusal of letting his lectures be published. This is because for him, to speak is not to write. There is a radical breach between them. If speaking may stand hesitation, postponements and emptiness, laughs and shouts, writing is a cooling process. The spoken word has not to be written, nor therefore to be retranscribed, since it is &#171; inhabited with voices &#187;. It sets tapes in notion, it picks, captures and shatters. &lt;br class='autobr' /&gt; Like a set of broken rings, speaking is often made of discussions, just to say one goes forward, just a brief interactive moment which must stay as such.&lt;br class='autobr' /&gt; If one may say that the May 68 events brought free speech, dispute and argument do not frame Deleuze's lectures at Saint-Denis'University. To speak for one's self, to experiment concepts, these are remarkable way of speaking of philosophy, which are intended to minorities, in an impersonnal mode. The May 68 events introduced this way of speech, but Deleuze took it in a style and code ethics which were his.&lt;br class='autobr' /&gt; Let's bet that the recorded lectures may clarify some perspectives, may enlighten the issues of such and such painter, such and such movie director, may enable to join concepts according to such and such philosophical, artisted, political, personnal issue.&lt;br class='autobr' /&gt; Let's bet as well that when listening, you will know to lose your time, in order to increase in speed of thinking.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Traduit du fran&#231;ais par Agn&#232;s Gallois&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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