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	<title>Ici et ailleurs</title>
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	<description>Association pour une Philosophie Nomade</description>
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		<title>Ici et ailleurs</title>
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		<title>Let's talk about sex, baby !</title>
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		<dc:date>2024-10-03T07:08:59Z</dc:date>
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		<dc:creator>Eerie Doofus-Dreck</dc:creator>



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&lt;p&gt;Abb&#233; Pierre : plut&#244;t que pousser des cris d'orfraie (de quelle esp&#232;ce et qualit&#233; est donc la morale qui vous les inspire ?), remonter &#224; la sc&#232;ne primitive &#8211; le c&#233;libat des pr&#234;tres. L'Eglise catholique est une institution totale qui enveloppe toutes les dimensions de la vie, qui livre un r&#233;cit complet du monde et qui se singularise par le nombre imposant de restrictions et d'interdictions qu'elle &#233;dicte &#8211; qui gouverne ses sujets (les fid&#232;les, les croyants) non pas seulement &#224; la discipline, &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=55" rel="directory"&gt;Actualit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Abb&#233; Pierre&lt;/i&gt; : plut&#244;t que pousser des cris d'orfraie (de quelle esp&#232;ce et qualit&#233; est donc la morale qui vous les inspire ?), remonter &#224; la sc&#232;ne primitive &#8211; le c&#233;libat des pr&#234;tres. L'Eglise catholique est une institution totale qui enveloppe toutes les dimensions de la vie, qui livre un r&#233;cit complet du monde et qui se singularise par le nombre imposant de restrictions et d'interdictions qu'elle &#233;dicte &#8211; qui gouverne ses sujets (les fid&#232;les, les croyants) non pas seulement &#224; la discipline, &#224; l'ob&#233;issance mais &#224; &lt;i&gt;l'interdiction&lt;/i&gt;. Donc, l'interdiction de se marier pour les pr&#234;tres, entre tant d'autres, destin&#233;es &#224; tous/toutes &#8211; on pourrait m&#234;me dire que le &lt;i&gt;no sex&lt;/i&gt; impos&#233; aux religieux et religieuses est le fleuron, la m&#232;re de toutes ces interdictions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, contrairement &#224; ce qu'on imagine, l'interdiction ne fait pas ici que limiter, emp&#234;cher, r&#233;duire le champ de la vie, etc. La r&#232;gle qui interdit, tout au contraire, ouvre un espace dans lequel elle s'affronte avec ce qui la d&#233;fie et la transgresse, tout comme les disciplines appellent les contre-conduites. La r&#232;gle du c&#233;libat des pr&#234;tres, depuis qu'elle a &#233;t&#233; instaur&#233;e peu apr&#232;s l'An Mil ouvre ce champ dans lequel les pulsions de vie affrontent l'interdit ; ainsi se dessine ce &lt;i&gt;topos&lt;/i&gt; infini o&#249; pr&#233;vaut le jeu du d&#233;sir et de ce qui le contrarie et qui vise, chose &#233;videmment impossible, &#224; l'annuler ; espace du jeu de la r&#232;gle et de sa transgression, donc de l'ordre et du d&#233;sordre, de l'ob&#233;issance et de la d&#233;sob&#233;issance, de la conformit&#233; et du scandale...&lt;br class='autobr' /&gt;
En d'autres termes, en instaurant la r&#232;gle &lt;i&gt;impossible&lt;/i&gt;, impraticable &#8211; donc une r&#232;gle issue d'un fantasme &#8211; celle du c&#233;libat des pr&#234;tres (de l'obligation de chastet&#233;), l'Eglise catholique suscite en v&#233;rit&#233; l'apparition d'une forme particuli&#232;re, paradoxale, de la vie sexuelle, une vie sexuelle dont la ressource puissante et in&#233;puisable provient de ce qu'elle est plac&#233;e sous le signe de l'interdit et de sa transgression. Cette sexualit&#233; interdite et n&#233;anmoins bel et bien existante est le miroir invers&#233; de la sexualit&#233; obligatoire du couple chr&#233;tien &#8211; le devoir conjugal, l'obligation de faire des enfants tout en r&#233;duisant &#224; la portion congrue la part du plaisir &#8211; toutes ces choses sinistres o&#249; la sexualit&#233; demeure associ&#233;e au devoir ; dans l'ordre familial, cela va dans le sens de l'exercice hebdomadaire et non pas de la privation ou l'abstention ou l'abstinence, en tout cas, cela demeure fermement encadr&#233; par la r&#232;gle. S'impose alors le couplage de la sexualit&#233; et d'un &#171; il faut &#187;, d'un imp&#233;ratif fix&#233; par l'institution totale, avec la d&#233;raisonnable pr&#233;somption de celle-ci : exercer un contr&#244;le v&#233;tilleux, non seulement du mouvement des &#226;mes mais de l'activit&#233; des corps, dans leur exercice le plus intime &#8211; la sexualit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;C'est la plaie du pr&#233;sent&lt;/i&gt; : l'&#226;ge des jugements h&#226;tifs et d&#233;finitifs, b&#226;cl&#233;s, se substituant &#224; la r&#233;flexion, excluant tout effort pour se tenir sans pr&#233;jug&#233; &#224; la hauteur d'un sujet tant vaste que difficile, faisant l'&#233;conomie de toute tentative d'approfondir la question. On pense qu'une fois qu'on a abaiss&#233; le pouce apr&#232;s avoir pris connaissance de la derni&#232;re d&#233;p&#234;che &#233;voquant les turpitudes de l'abb&#233; Pierre ou de tout autre infracteur sexuel ayant prononc&#233; ses v&#339;ux de chastet&#233;, on a fait le tour de la question et l'on peut passer &#224; l'ordre du jour.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il serait infiniment pr&#233;f&#233;rable de voir plut&#244;t le c&#233;libat des pr&#234;tres &#8211; mais des bonnes s&#339;urs et autres nonnes et nonettes aussi (Diderot et Rivette vont en bateau) comme une r&#233;serve infinie, une fourmili&#232;re de belles histoires, un espace tourment&#233; d'intensification et de dramatisation de la sexualit&#233;. Si, comme le dit Foucault, la sexualit&#233;, c'est quand m&#234;me avant tout, en Occident, l'enjeu d'un bavardage universel, alors la &lt;i&gt;sexualit&#233; malgr&#233; tout&lt;/i&gt; des pr&#234;tres et des religieuses catholiques est assur&#233;ment, dans ce grand ensemble, l'un des sous-espaces les plus richement peupl&#233;s, les plus dramatiques autant qu'affriolants &#8211; ce n'est pas pour rien que le monde de Sade et de la litt&#233;rature libertine du XVIII&#232;me si&#232;cle (qui &#233;tait autrement moins collet mont&#233; et plus curieux, plus libre que le n&#244;tre) abonde en personnages de pr&#234;tres ou moines d&#233;bauch&#233;s et de religieuses folles de leur corps.&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;duire toute cette prolif&#233;ration, comme on le fait aujourd'hui, &#224; la seule dimension de l'emprise et des violences sexuelles exerc&#233;es par des pr&#233;dateurs m&#226;les (des pr&#234;tres) sur des femmes, de tous &#226;ges et conditions, cela revient &#224; &#233;teindre le probl&#232;me au profit de la plus &lt;i&gt;cheap&lt;/i&gt; des morales &#8211; celle dont la pr&#233;misse des pr&#233;misses est que le monde est peupl&#233; de victimes et de pers&#233;cuteurs, de plaignant.e.s et de pr&#233;sum&#233;s coupables. Mais ce n'est pas ainsi : du fait de l'interdit (dont il ne suffit pas de dire qu'il est archa&#239;que ou &#171; d&#233;pass&#233; &#187; pour en avoir fait le tour, comme enjeu de pens&#233;e), la sexualit&#233; des religieux catholiques est un domaine sombre et tragi-comique et qui &#171; fuit &#187; perp&#233;tuellement vers le monde en g&#233;n&#233;ral, celui des croyants, dans la mesure m&#234;me o&#249; le propre de la sexualit&#233; des pr&#234;tres (tout particuli&#232;rement) est de d&#233;border en direction des la&#239;cs/la&#239;ques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici qui est passionnant : comment une institution totale fait-elle face &#224; un trouble perp&#233;tuel n&#233; de l'existence d'une r&#232;gle impraticable &#224; laquelle elle ne saurait renoncer, tant celle-ci appara&#238;t quintessentielle, notamment en ce qu'elle distingue la religion catholique des autres &#171; grandes &#187; religions monoth&#233;istes ? Comment l'Eglise affronte-t-elle le trouble et le scandale produits de son propre fait ? La n&#233;cessit&#233; de se conformer aux exigences de la religion contemporaine de l'indignation a pour effet que l'on ne peut m&#234;me plus r&#233;fl&#233;chir sereinement &#224; ces questions et faire valoir son droit &#224; le faire, sans se faire traiter de monstre d'insensibilit&#233; ou de provocateur. Une fois que vous aurez r&#233;p&#233;t&#233; sur tous les tons que vous &#234;tes accabl&#233;.e par les r&#233;v&#233;lations &#224; propos des inconduites sexuelles r&#233;currentes de l'abb&#233; Pierre, vous ne serez pas plus avanc&#233;.e dans votre r&#233;flexion sur ces enjeux qui, quand m&#234;me, soit dit en passant, n'embarquent pas rien qu'un peu la civilisation occidentale elle-m&#234;me &#8211; ils d&#233;bordent largement les limites du catholicisme comme institution, communaut&#233; des croyants, monde spirituel et temporel &#224; la fois. Il faut entreprendre des g&#233;n&#233;alogies savantes qui permettent de suivre le fil sinueux de cette guerre perp&#233;tuelle de la r&#232;gle et de ce qui y fait infraction, de revisiter les hauts lieux et les tr&#233;fonds de ses &#233;clats, de ses n&#339;uds, des &#233;v&#233;nements, des crises et des &#339;uvres qui jalonnent toute cette prolifique et prolif&#233;rante histoire... Il faut de la profondeur de champ pour lutter contre les approches pr&#233;sentistes qui sont d'autant plus moralisantes qu'elles sont impensantes. Il faut rassembler des histoires, le plus possible, dans toute leur diversit&#233;. Ce n'est pas par hasard qu'il y aurait ici abondance de biens &#8211; ici, un Foucault nous manque vraiment, qui empoignerait joyeusement le sujet &#224; bras-le-corps, et nous gu&#233;rirait de la tentation de moraliser &#224; propos de tout et n'importe quoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Eerie Doofus-Dreck&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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