<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Ici et ailleurs</title>
	<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/</link>
	<description>Association pour une Philosophie Nomade</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?id_auteur=76&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Ici et ailleurs</title>
		<url>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L144xH127/logo-b65f2.png?1774727851</url>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/</link>
		<height>127</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Pourquoi ce sont les minorit&#233;s qui font, confortent, voire fondent, la d&#233;mocratie authentique</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=718</link>
		<guid isPermaLink="true">https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=718</guid>
		<dc:date>2023-05-27T12:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Dacheux</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;1 - De la logique politique majoritaire, en France &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis quelques semaines les Fran&#231;ais se sont dot&#233;s d'une nouvelle majorit&#233; politique ou, plus pr&#233;cis&#233;ment, d'une nouvelle majorit&#233; &#233;lectorale, &#224; la suite des &#233;lections pr&#233;sidentielles (o&#249; l'on a pu constater une tr&#232;s forte participation citoyenne) et les &#233;lections l&#233;gislatives (beaucoup moins suivies). Ce double scrutin est, &#224; certains &#233;gards, historique. Depuis 1958 et l'av&#232;nement de la 5e R&#233;publique, c'est la seconde fois seulement que (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=1" rel="directory"&gt;L'association&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1 - De la logique politique majoritaire, en France&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques semaines les Fran&#231;ais se sont dot&#233;s d'une nouvelle majorit&#233; politique ou, plus pr&#233;cis&#233;ment, d'une nouvelle majorit&#233; &#233;lectorale, &#224; la suite des &#233;lections pr&#233;sidentielles (o&#249; l'on a pu constater une tr&#232;s forte participation citoyenne) et les &#233;lections l&#233;gislatives (beaucoup moins suivies).&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Pierre Dacheux, longtemps pr&#233;sident d'Ici et ailleurs pour une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce double scrutin est, &#224; certains &#233;gards, historique. Depuis 1958 et l'av&#232;nement de la 5e R&#233;publique, c'est la seconde fois seulement que le parti socialiste place l'un des siens &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat. Pourtant, &#224; la diff&#233;rence de Fran&#231;ois Mitterrand, en 1981, Fran&#231;ois Hollande dispose, en plus du soutien de l'Assembl&#233;e Nationale et du S&#233;nat, de celui de la majorit&#233; des r&#233;gions, des d&#233;partements et des communes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;lections de 2012 n'en sont pas moins banales parce qu'elles reproduisent, une fois encore, le mod&#232;le fran&#231;ais qui veut que l'&#233;lection pr&#233;sidentielle soit d&#233;cisive et structurante, tandis que les &#233;lections l&#233;gislatives ne servent qu'&#224; conforter le succ&#232;s de l'h&#244;te de l'Elys&#233;e, en lui fournissant les moyens l&#233;gislatifs de gouverner. La majorit&#233; pr&#233;sidentielle (moins de 52% des suffrages exprim&#233;s) a d&#233;clench&#233; une majorit&#233; massive &#224; l'Assembl&#233;e Nationale, bien que la majorit&#233; du corps &#233;lectoral ait brutalement reflu&#233;, recul&#233;, au point que l'abstention a pu atteindre, en juin, un nouveau record.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mode de scrutin, en France, permet toutes ces ambigu&#239;t&#233;s. Le scrutin majoritaire uninominal &#224; deux tours a install&#233;, de fait, depuis 1962, date du r&#233;f&#233;rendum ayant permis l'&#233;lection du pr&#233;sident de la R&#233;publique au suffrage universel, un bipartisme qui n'a fait que se renforcer. Mise &#224; part la tentative d'instauration du scrutin proportionnel, pour les l&#233;gislatives, en 1986, la France n'a connu, pour les &#233;lections nationales, que ce mode de scrutin dont les effets ont &#233;t&#233; aggrav&#233;s, en 2002, par l'apparition inattendue du candidat Jean-Marie Le Pen, au second tour, ce qui a confort&#233; et en 2007 et en 2012, le vote utile, c'est-&#224;-dire le choix, d&#232;s le premier tour, non de son candidat pr&#233;f&#233;r&#233;, mais du candidat &#233;ligible pouvant faire obstacle au candidat estim&#233; inacceptable. Le raccourcissement du mandat pr&#233;sidentiel &#224; 5 ans, d&#232;s avant 2002, avec concomitance, &#224; quelques semaines pr&#232;s, de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle suivie des &#233;lections l&#233;gislatives, a fait le reste. L'alternance, au sommet de l'&#201;tat, entre les candidats du parti pr&#233;tendument gaulliste &#8211; l'UMP, &#224; la suite du RPR &#8211; et les candidats du PS, demeure, certes, toujours possible, mais la cohabitation entre deux majorit&#233;s (pr&#233;sidentielle et l&#233;gislative) est devenue improbable, sauf &#224; l'occasion du d&#233;c&#232;s accidentel du pr&#233;sident ou de la dissolution de l'Assembl&#233;e Nationale (laquelle serait, alors, caus&#233;e par un &#233;v&#233;nement politique impr&#233;vu et de toute premi&#232;re grandeur). &lt;br class='autobr' /&gt;
A cette domination sans &#233;quivalent, en Europe, de la majorit&#233; issue de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, il faut ajouter la nuance &#8211; mais c'est plus qu'une nuance ! &#8211; qui diff&#233;rencie l'&#233;lection majoritaire uninominale &#224; deux tours (celle du Pr&#233;sident de la R&#233;publique) de l'&#233;lection uninominale majoritaire &#224; deux tours (celle des d&#233;put&#233;s de la R&#233;publique) ! Pour &#233;lire leur Pr&#233;sident, les Fran&#231;ais, au second tour, n'ont le choix qu'entre les deux candidats arriv&#233;s en t&#234;te. Pour choisir leur d&#233;put&#233;, par contre, les Fran&#231;ais, au second tour, ont le choix entre ceux des candidats ayant obtenu plus de 12,5% des &#233;lecteurs inscrits, s'ils se maintiennent. Cela signifie que le Chef de l'&#201;tat est n&#233;cessairement &#233;lu &#224; la majorit&#233; absolue des suffrages exprim&#233;s tandis que, parfois, trois, voire quatre candidats peuvent se retrouver devant les &#233;lecteurs, au second tour, dans telle ou telle circonscription, afin de solliciter les suffrages et se retrouver alors, dans ce cas, pour le vainqueur, &#233;lu &#224; une majorit&#233; obligatoirement relative. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est plus qu'une nuance ai-je dit, parce que, par exemple, en 2002, avec trois candidats s'&#233;tant tenus de tr&#232;s pr&#232;s (dans l'ordre, Chirac, Le Pen, et Jospin), l'&#233;lection de Lionel Jospin eut &#233;t&#233; possible &#224; en juger par les soutiens qu'il pouvait obtenir. C'est plus qu'une nuance aussi parce que le vote blanc risque de rester ind&#233;finiment, en France, non comptabilis&#233; comme suffrage exprim&#233;, simplement parce qu'il peut priver le Pr&#233;sident &#233;lu d'une majorit&#233; absolue (par exemple, deux candidats restant peuvent se retrouver plac&#233;s sous la barre des 50%, si 5% d'&#233;lecteurs votants, ou plus, refusent de choisir entre les postulants, lesquels peuvent &#234;tre ainsi ramen&#233;s, l'un et l'autre, &#224; 48%, 47% des suffrages exprim&#233;s, ou moins). &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;flexion sur les cons&#233;quences du vote majoritaire n'a pas &#233;t&#233; conduite suffisamment loin, ne fut-ce que parce qu'elle pourrait r&#233;v&#233;ler le caract&#232;re sc&#233;l&#233;rat d'une pratique &#233;lectorale qui bloque l'expression de la volont&#233; populaire. Le renforcement, depuis peu, des conditions de pr&#233;sence au second tour des &#233;lections l&#233;gislatives (12,5% des &#233;lecteurs inscrits) &#233;limine, fr&#233;quemment, les candidats appartenant &#224; de &#171; petits &#187; partis (ou &#224; des partis peu fortun&#233;s), car selon le taux de participation, 12,5% des inscrits peuvent devenir 18% ou 20% des votants, voire davantage ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout existe, donc, pour que les majorit&#233;s &#233;lectorales &#233;crasent, en France, les minorit&#233;s ou, pire, pour que des majorit&#233;s d'alternance se d&#233;gagent, sans coup f&#233;rir. Non seulement les &#233;lecteurs ne peuvent exprimer leur pr&#233;f&#233;rence et doivent se contenter d'&#233;carter ce qu'ils ex&#232;crent, mais les citoyens qui se refusent &#224; participer &#224; un jeu truqu&#233; ne comptent pour rien. Le &#171; premier parti de France &#187;, celui des abstentionnistes, n'est pris en consid&#233;ration que pour d&#233;plorer un manque de civisme (du reste contredit par les tr&#232;s fortes participations pratiquement &#224; toutes les &#233;lections pr&#233;sidentielles, depuis 1965). R&#233;cuser un choix impossible, ou mauvais, n'est pas faire montre de d&#233;sint&#233;r&#234;t pour la vie politique. Bref, ne pas voter n'est pas n&#233;cessairement une faute politique et ne pas pouvoir disposer des moyens de se faire entendre en votant blanc (bulletin blanc ou enveloppe vide) freine l'expression d&#233;mocratique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a bien lieu de s'interroger sur les majorit&#233;s n&#233;es d'&#233;lections qui refl&#232;tent mal la volont&#233; populaire. A s'en tenir aux seules cat&#233;gories &#8211; de plus en plus relatives et discutables &#8211; de droite et de gauche, rien ne certifie que la majorit&#233; des Fran&#231;ais ayant choisi un nouveau Pr&#233;sident soit actuellement &#171; de gauche &#187;. En outre, les majorit&#233;s d'opinion, fluctuantes, et tr&#232;s sensibles &#224; des &#233;v&#232;nements relay&#233;s puissamment par les m&#233;dias, ne constituent pas des majorit&#233;s politiques. Enfin, &#171; les majorit&#233;s d'id&#233;es &#187; comme disait Edgar Faure, personnage incontournable de la IVe R&#233;publique, ne composent pas des majorit&#233;s stables. On peut voir se juxtaposer des majorit&#233;s diff&#233;rentes, selon les sujets abord&#233;s, qui ne recoupent pas les clivages parlementaires ou partidaires. Les majorit&#233;s se font et se d&#233;font et vouloir les fixer est vain voire n&#233;faste si l'on veut que des dialogues r&#233;publicains fructueux enrichissent le d&#233;bat public. Tel est le contexte o&#249; s'inscrit notre r&#233;flexion sur majorit&#233; et minorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2 - De la logique culturelle minoritaire des Rroms&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons l'exemple, &#224; pr&#233;sent, d'une minorit&#233; embl&#233;matique : les Rroms. En France, apr&#232;s les &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2012, que peuvent attendre les Rroms de la nouvelle majorit&#233; ? La question se pose avec d'autant plus d'acuit&#233; que le pr&#233;c&#233;dent Pr&#233;sident de la R&#233;publique, depuis son discours de Grenoble, au d&#233;but de l'&#233;t&#233; 2010, avait fait de la question des &#171; Roms et gens du voyage &#187; une priorit&#233; de sa politique dite de s&#233;curit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles que soient la bonne volont&#233; et les bonnes intentions des gouvernants, &#224; pr&#233;sent, l'ignorance de ce qu'est le peuple Rrom interdit de lui proposer des solutions p&#233;rennes et minimales permettant de vivre dans la dignit&#233;. Pour mieux saisir l'ampleur d'une question qui n'est pas que fran&#231;aise, il convient de placer des rep&#232;res sans lesquels aucune politique ne peut donc s'envisager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.1&lt;/strong&gt; &#8211; L'Union europ&#233;enne (compos&#233;e de 27, bient&#244;t 28 &#201;tats-membres avec la Croatie, en 2013) ainsi que le Conseil de l'Europe (compos&#233; de 47 &#201;tats-membres, presque l'ensemble des &#201;tats du continent, hormis la Bi&#233;lorussie) consid&#232;rent, tant &#224; Bruxelles qu'&#224; Strasbourg, qu'il n'y a pas d'Europe politique pensable sans les Rroms. Pourquoi ?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; parce qu'il y a plus de 15 millions de Rroms dans toute l'Europe et que c'est la plus nombreuse des minorit&#233;s culturelles, r&#233;partie dans la quasi totalit&#233; des &#201;tats.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; parce que les Rroms, pr&#233;sents depuis au moins sept si&#232;cles dans l'Europe continentale, -avant m&#234;me la cr&#233;ation de l'Allemagne, de l'Italie ou de la Roumanie- font partie des peuples fondateurs de l'Europe et sont Europ&#233;ens avant d'&#234;tre des nationaux, ce que G&#252;nter Grass avait bien analys&#233; en soulignant qu'ils &#233;taient &#171; les premiers des Europ&#233;ens &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; parce que les Rroms ont &#233;t&#233; victimes d'une tentative d'&#233;radication totale, comme les Juifs, de la part du r&#233;gime nazi et de ses alli&#233;s fascistes. Ce g&#233;nocide, ou &lt;i&gt;samudaripen&lt;/i&gt; en langue romani, n'est pas encore reconnu par tous les &#201;tats. Catherine Coquio, &#224; pr&#233;sent professeure &#224; Paris 8, parle, &#224; ce sujet, d'&#171; histoire trou&#233;e &#187;, autrement dit d'un d&#233;ni europ&#233;en qui reste encore &#224; r&#233;parer.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; parce que, donc, les Rroms sont nos concitoyens europ&#233;ens et des marqueurs d''Europe. L&#224; o&#249; ils vivent, au sein comme &#224; l'ext&#233;rieur de l'Union europ&#233;enne, ils posent, par leur seule pr&#233;sence, la question fondamentale : qu'est-ce que l'Europe, quelles sont ses limites, quel est son avenir politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.2&lt;/strong&gt; &#8211; La France, au sein de l'Union, n'est pas actuellement en mesure de r&#233;server aux Rroms la place qui est la leur. Les populations concern&#233;es sont confondues, m&#233;lang&#233;es, trait&#233;es &#224; part, sous pr&#233;texte -c'est un comble- de n'&#234;tre pas discrimin&#233;es ! Une x&#233;nophobie particuli&#232;re, qu'on l'appelle romaphobie ou tsiganophobie, est partout pr&#233;sente, de fa&#231;on affich&#233;e ou masqu&#233;e, mais le r&#233;sultat est l&#224; : la marginalisation est g&#233;n&#233;ralis&#233;e et la m&#233;connaissance des Roms de France comme des Roms en France persiste quoi qu'on fasse. Pourquoi ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; parce que l'on n'a pas conscience que les Manouches, Sintis, Gitans, et autres Y&#233;niches, pr&#233;sents en France depuis des si&#232;cles, sont non seulement nos compatriotes mais des Fran&#231;ais de souche dont les familles font partie, g&#233;n&#233;ration apr&#232;s g&#233;n&#233;ration, des peuples fondateurs de la R&#233;publique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; parce que, apr&#232;s avoir confondu les voyageurs avec des nomades, officiellement, jusqu'en 1972, on en est encore &#224; confondre l'habitat mobile avec ce nomadisme alors qu'en Europe 95% des Rroms ou Tsiganes sont s&#233;dentaires, et alors qu'en France, le pays qui compte le plus de caravanes, ce mode de vie, (faiblement itin&#233;rant et nullement nomade, il faut y insister), n'int&#233;resse plus qu'une proportion d&#233;croissante de nos compatriotes tsiganes ou Rroms (peut-&#234;tre le tiers d'entre eux tout au plus).&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; parce que les 400 000 &#224; 500 000 Roms de France ne peuvent &#234;tre confondus avec les 15 &#224; 20 000 Rroms &#233;trangers venus, apr&#232;s la chute du mur de Berlin, de Roumanie, pour l'essentiel, ou de Bulgarie, parfois du Kosovo ou de Bosnie. M&#234;me s'ils sont &#171; cousins &#187; par la langue, l'histoire et l'origine, ils n'ont pas les m&#234;mes habitudes, les m&#234;mes traditions familiales et les m&#234;mes activit&#233;s. Cette confusion nuit aux uns comme aux autres. Les Fran&#231;ais tsiganes doivent &#234;tre, enfin, reconnus comme des Fran&#231;ais &#224; part enti&#232;re -ce qui n'est que tr&#232;s formellement le cas - ; les &#233;trangers rroms ou tsiganes doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;s, puisque c'est leur situation, pour la plupart d'entre eux, depuis 2007, comme des Europ&#233;ens ayant, comme les autres membres de l'Union europ&#233;enne, droit de circulation et d'installation en France, ce qui ne peut se faire sans des am&#233;nagements voulus par la puissance publique en concertation avec les int&#233;ress&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; parce que notre pays, enfin, est bloqu&#233; par son refus de reconna&#238;tre les minorit&#233;s culturelles, qu'il s'agisse des Corses, des Basques, des Occitans ou des Rroms. Seul grand pays d'Europe &#224; n'avoir pas ratifi&#233; la Convention europ&#233;enne de 1992 reconnaissant les minorit&#233;s, la France est attach&#233;e &#224; sa constitution qui ne reconna&#238;t qu'un seul et unique peuple, opposant, ainsi, &#224; tort, l'unit&#233; politique du peuple fran&#231;ais et la diversit&#233; culturelle de ses composantes. C'est aussi pourquoi a &#233;t&#233; invent&#233;e la locution &#171; gens du voyage &#187; afin de ne pas appeler par son nom une population trop originale qu'on tente en vain d'int&#233;grer, d'assimiler, alors qu'elle ne d&#233;sire rien de plus que s'ins&#233;rer, avoir une place, mais sans &#234;tre fondue et confondue dans l'ensemble national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.3&lt;/strong&gt; &#8211; &#171; Minorit&#233; majoritaire &#187;, les Rroms interrogent notre pratique de la d&#233;mocratie, notre conception de la nation, notre d&#233;finition de l'ethnie et la devise que l'Europe s'est donn&#233;e : &#171; unit&#233; dans la diversit&#233; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Rroms, minoritaires partout, p&#232;sent pourtant plus lourd, tous ensemble, que les populations d'&#201;tats entiers (la Gr&#232;ce par exemple). Ils sont, d&#232;s lors, incontournables, sauf &#224; r&#233;envisager l'horreur nazie qui voulait &#233;liminer les &lt;i&gt;Zigeuner&lt;/i&gt; de la grande Europe national-socialiste. Et par cons&#233;quent, ce peuple, qui a toute l'Europe comme patrie, ne peut &#234;tre ni enferm&#233; dans un romanoland qu'on ne saurait o&#249; mettre, ni, une fois de plus, &#171; oubli&#233; &#187;. Reste &#224; lui accorder la place qui est la sienne en tant qu'hommes parmi les hommes (&#171; Rroms &#187; ne veut-il pas dire, simplement, homme ?)&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Rroms, minoritaires donc partout en Europe, ne r&#233;clament pour eux-m&#234;mes aucun territoire. Ils ne sont nulle part, mais ils sont partout, chez eux. Ils s'affirment cependant comme une nation (ce qui n'a aucun sens pour les pays, notamment la France, o&#249; a &#233;t&#233; invent&#233; le concept d'&#201;tat-nation). Pour eux la nation, ou peuple des natifs, a pr&#233;c&#233;d&#233; l'&#201;tat et n'est rien d'autre que la r&#233;alit&#233; humaine d'une ethnie qui n'a ni territoire en propre, ni gouvernement g&#233;n&#233;ral, ni arm&#233;e, mais qui a une langue, une histoire et des coutumes qui l'identifient. Cette pr&#233;tention &#224; exister dans l'Europe, en tant que nation, et dans ces conditions, bouleverse la philosophie politique dominante en occident. Cela explique aussi la sourde hostilit&#233; des gadj&#233; que nous sommes, vis-&#224;-vis d'une population qui se pense &#224; part de nous, et &#224; qui nous renvoyons, &#224; notre tour, cette mise &#224; part, en l'installant dans... la marginalisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, car l'&#233;tendue du sujet appellerait d'autres d&#233;veloppements et d'autres analyses, les Rroms interpellent notre pratique de la d&#233;mocratie. Ils votent peu ou pas. Que peuvent-ils attendre d'&#233;lections qui, jusqu'ici, n'ont jamais pes&#233; autrement sur leur sort que pour l'aggraver ? Une minorit&#233; ne peut modifier, &#224; elle seule, des lois ou une politique. Les gadj&#233; s'occupent des Rroms mais les Rroms ne sont pas en position de s'occuper des lois et r&#232;glements qui les concernent, pas plus, du reste, que des textes affectant la vie des gadj&#233;, bien entendu. Il n'y a pourtant d&#233;mocratie que l&#224; o&#249; l'on vote librement et l&#224; o&#249; il y a dialogue entre majorit&#233; et minorit&#233;(s). Sans minorit&#233;, pas de majorit&#233;. Et sans respect des minorit&#233;s pas de d&#233;mocratie. Cela est clair dans les esprits mais pas dans les pratiques. Les minorit&#233;s qui se veulent temporaires &#233;tablissent des rapports de force avec le pouvoir en place. Pas les Rroms. L'exp&#233;rience leur a prouv&#233;, si&#232;cle apr&#232;s si&#232;cle, que la r&#233;sistance &#224; la discrimination ne pouvait s'exercer ni par la force, ni par le nombre, c'est-&#224;-dire le vote. &lt;br class='autobr' /&gt;
Voici donc les questions que nous pouvons poser et nous poser. Elles sont lourdes mais constituent un pr&#233;alable &#224; toutes les autres questions, fort nombreuses, qui affectent la vie ordinaire des Rroms : sant&#233;, formation, travail, habitat, religion etc. C'est par ce biais que peut &#234;tre propos&#233;e une approche nouvelle, plus macro-politique, qui nous am&#232;ne &#224; &#171; changer de regard &#187; sur ces compatriotes ou concitoyens et tout simplement &#171; fr&#232;res et s&#339;urs en humanit&#233; &#187; qui ne peuvent compter que sur leur r&#233;silience pour survivre dans un monde qui les nie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 &#8211; Passer du &#171; devenir majoritaire &#187; au &#171; devenir minoritaire &#187; : un paradoxe d&#233;mocratique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons tous vocation &#224; devenir minoritaires. Les majorit&#233;s engourdissent les soci&#233;t&#233;s. Dans un monde divers, l'unit&#233; n'est pas l'unicit&#233;. Il y a contradiction du reste, entre majorit&#233; et unanimit&#233;. S'il y a majorit&#233;, il y a minorit&#233; (avec ou sans &#171; s &#187;). &lt;br class='autobr' /&gt;
Mineur a pour sens banal : ce qui est trop petit. Qu'il s'agisse de la minorit&#233; due &#224; l'&#226;ge ou &#224; une incapacit&#233;, le mineur doit faire appel &#224; un majeur auquel on donne le nom de parent, de tuteur ou de curateur. L'assist&#233;, le d&#233;pendant redevient un mineur, m&#234;me si, avant l'accident, la vieillesse, la mis&#232;re, il fut un jour le responsable de sa propre vie et tout &#224; fait majeur. Une soci&#233;t&#233; tr&#232;s banale est compos&#233;e de citoyens qui peuvent passer par des phases de majorit&#233; et de minorit&#233;. Nous avons non seulement vocation mais int&#233;r&#234;t &#224; envisager la minorit&#233; comme un &#233;tat ordinaire in&#233;vitable qui ne devient trop p&#233;nible que s'il n'est pas accompagn&#233;, accept&#233;, port&#233; par la volont&#233; politique de ceux qui ont en charge l'en commun.&lt;br class='autobr' /&gt; Les minorit&#233;s, selon le qualificatif qui les accompagne, se composent et se d&#233;composent, se d&#233;veloppent et r&#233;gressent tout au long des si&#232;cles. On ne s'est jamais parfaitement entendu, &#224; l'ONU, pour d&#233;finir ce qu'est une minorit&#233;. &#171; La d&#233;claration des droits des personnes appartenant &#224; des minorit&#233;s nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques &#187;, qui fut vot&#233;e en d&#233;cembre 1992, par l'organisation internationale, n'&#233;voque pas, par exemple, les minorit&#233;s sexuelles, ni m&#234;me les minorit&#233;s culturelles. &#171; La convention-cadre pour la protection des minorit&#233;s nationales &#187;, adopt&#233;e &#224; Strasbourg, le 1er f&#233;vrier 1995 &#8211; que la France n'a jamais sign&#233;e en vertu de sa Constitution qui ne reconna&#238;t aucune minorit&#233;, rappelons-nous le sans cesse &#8211; fait un pas de plus en affirmant que &#171; la diversit&#233; culturelle est une source, ainsi qu'un facteur, non de division mais d'enrichissement pour chaque soci&#233;t&#233; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces deux textes fondamentaux, cependant, &#233;voquent seulement les minorit&#233;s nationales, ce qui sous entend qu'il s'agit de &#171; collectivit&#233;s vivant &#224; l'int&#233;rieur d'un &#201;tat &#187;, mais dont l'ethnie, la langue, les coutumes rel&#232;vent d'un autre &#201;tat, en g&#233;n&#233;ral voisin. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas le cas des Rroms, qui constituent la plus nombreuse des minorit&#233;s en Europe, ni celui des minorit&#233;s grecques en Albanie, turque en Allemagne, hongroise en Roumanie, serbe au Kosovo etc. qui sont, en effet, li&#233;es &#224; un &#201;tat voisin. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous voici au c&#339;ur de la complexit&#233; des rapports entre majorit&#233; et minorit&#233; qui conduisent directement, aux rapports de pouvoir, et plus exactement, dans la sph&#232;re de la d&#233;mocratie. &lt;br class='autobr' /&gt;
L&#224; o&#249; il y a d&#233;mocratie, il y a majorit&#233; et minorit&#233;. Quand il y a totalit&#233;, c'est-&#224;-dire une seule ethnie, une seule religion, une seule langue, n&#233;cessairement alors dominatrices, on n'est pas loin du totalitarisme, ou l'on y sombre. On l'a constat&#233; tr&#232;s fr&#233;quemment au cours de l'histoire, quelles que soient ses motivations, quand un groupe humain centralise, monopolise le pouvoir de l'&#201;tat, il engendre un nationalisme souvent meurtrier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Se mettre en qu&#234;te d'un &#171; devenir minoritaire &#187; est donc une aspiration visant &#224; faire &#233;chapper &#224; la tentation majoritaire, qui conduit &#224; l'&#233;limination du concurrent de l'adversaire, du rival, &#8211; bref de l'autre &#8211;. L'allophobie, cet autre nom du racisme qu'Albert Memmi nomme l'h&#233;t&#233;rophobie, r&#233;sulte de l'incapacit&#233; &#224; vivre avec qui vit une vie apparemment trop &#233;loign&#233;e de la sienne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette &#171; tentation majoritaire &#187; prend des formes plus ou moins agressives, mais elle aboutit, n&#233;cessairement &#224; des dominations. Nos pluri-appartenances pourraient permettre d'&#233;chapper &#224; la confiscation du pouvoir si nous comprenions que, dans une soci&#233;t&#233; d'&#233;quilibre, il est non seulement des majorit&#233;s d'id&#233;es &#8211; qui peuvent se constituer &#224; partir d'additions d'approches minoritaires &#8211;, mais qu'il est n&#233;cessaire de chercher &#224; obtenir des consensus. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le consensus n'est pas l'unanimit&#233;. Il se construit. Il prend du temps. Il ne se r&#233;sout pas &#224; laisser fonctionner la loi du plus grand nombre. &#171; La minorit&#233; a quelquefois raison, la majorit&#233; a toujours tort &#187; affirmait George Bernard Shaw. La v&#233;rit&#233; ne se d&#233;clenche pas quand une opinion atteint le niveau de 51% ! Le groupe qui obtient le moins de voix, lors d'une &#233;lection ou d'un vote n'est pas n&#233;cessairement dans l'erreur. Que minorit&#233;, en politique, se trouve remplac&#233; par le mot &#171; opposition &#187;, dit assez que l'on ne peut, dans l'actuel r&#233;gime d&#233;mocratique, si l'on est minoritaire, que tenter de rendre la pouvoir impraticable. Inversement, remporter une &#171; bataille &#187; &#233;lectorale (le vocabulaire des candidats, lors d'un scrutin, est celui de militants-militaires engag&#233;s dans une campagne qui a quelque chose de la guerre civile) revient &#224; garder jalousement pour son clan les outils du pouvoir, information incluse. On est loin de l'affirmation d'Albert Camus pour qui &#171; la d&#233;mocratie ce n'est pas la loi de la majorit&#233;, mais la protection de la minorit&#233; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Mais de quelle minorit&#233; est-il question pour l'auteur de Caligula (cet empereur que l'absolu du pouvoir entra&#238;ne vers l'absolu de la violence) ? S'agit-il de celui qui n'a pas atteint l'&#226;ge de la majorit&#233; l&#233;gale ? S'agit-il du groupe qui a obtenu le moins de voix lors d'un scrutin ? S'agit-il d'une collectivit&#233; vivant au sein d'un ensemble plus grand ? Ne s'agit-il pas, plut&#244;t, quelle qu'en soit la cause, de l'&#233;tat de tout humain subissant, au cours ou tout au long de sa vie, la domination de plus riche, plus puissant ou plus instruit que soi ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Vaclav Havel, qui gouverna puis renon&#231;a &#224; gouverner, consid&#233;rait, en prenant l'exemple des Rroms, qu'on ne pouvait mesurer l'&#233;tat d'une d&#233;mocratie, qu'&#224; la fa&#231;on dont elle traitait la population tsigane. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'en arrive alors &#224; l'&#233;vocation du pouvoir des faibles. L'argumentaire annon&#231;ant les journ&#233;es de Fertans pose la question : &#171; Pourquoi ne pourrions nous pas &#234;tre des majeurs tout en assumant et m&#234;me en visant activement une condition minoritaire ? &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Je serai enclin &#224; affirmer qu'&#224; l'&#233;chelle historique les faibles seuls sont forts. Je prends souvent l'exemple des Rroms qui interpellent sans cesse, muettement, nos d&#233;mocraties, parce qu'ils ont r&#233;ussi &#224; traverser les si&#232;cles en ayant subi l'esclavage, le risque d'&#233;radication g&#233;nocidaire, l'expulsion et la pers&#233;cution. Ils ne votent gu&#232;re, et ne croient pas en ces pouvoirs qui passent et se corrodent sans cesse. Ils r&#233;cusent la possibilit&#233; de poss&#233;der ou d'acheter la terre. Ils contestent la propri&#233;t&#233; ou l'appropriation qui n'apportent pas le bonheur. Ils se pensent majeurs (ma&#238;tres de leurs vies) et revendiquent pourtant la condition minoritaire qui est la leur, face aux gadj&#233; dont les app&#233;tits sont insatiables. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les peuples autochtones, tels les Inuits (ce mot, dans leur langue, signifie homme, comme Rrom en romani), bien plus nombreux que les &#171; nations-&#201;tats &#187; (&#224; peine 200 au sein de l'ONU), ne cherchent pas le pouvoir dans la conqu&#234;te de l'&#201;tat, que ce soit par la force ou par les urnes. Les minorit&#233;s sont souvent des populations d&#233;poss&#233;d&#233;es. Elles sont incluses dans des ensembles territoriaux o&#249; s'exercent des pouvoirs militaires, administratifs et culturels qui ont pu &#234;tre install&#233;s par l'esclavage et la colonisation. Elles sont des peuples fix&#233;s, ou au contraire, chass&#233;s. Entre les Aborig&#232;nes et les Am&#233;rindiens, mis en r&#233;serve et donc mis &#224; part, et les Rroms qui, apr&#232;s leur diaspora, se sont donn&#233;s comme patrie, toute l'Europe, et eux aussi mis &#224; part, il y a un point commun : la capacit&#233; de r&#233;silience, de r&#233;sistance qui les a fait survivre aux tentatives d'ethnocide dont ils ont &#233;t&#233; l'objet plusieurs si&#232;cles durant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Devrions-nous trouver l&#224; un exemple ? La question est aussi vaine qu'inutile. Nous n'appartenons pas &#224; une minorit&#233; ethnique ou culturelle, et c'est d'autant plus vrai que nous cherchons le &#171; devenir minoritaire &#187;. Par contre, nous sommes non globalement mais de multiples fois minoritaires de fait de nos appartenances diverses li&#233;es &#224; notre histoire personnelle, nos rencontres et nos choix. Il ne s'agit pas de devenir-minoritaires pour redevenir majoritaires. Il s'agit de rester minoritaire dans une soci&#233;t&#233; sachant g&#233;rer sa diversit&#233; sans cr&#233;er de hi&#233;rarchie entre les minorit&#233;s, toujours plus nombreuses, qui la composent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous en sommes loin encore parce que cette &#233;volution vers la d&#233;mocratie plurielle exige plus que de la tol&#233;rance. La la&#239;cit&#233; n'y peut suffire. La remise en cause de la structure politique brutale mais stable que constitue l'&#201;tat &#8211; un bouleversement in&#233;luctable, simplement parce que des probl&#232;mes majeurs se pr&#233;sentent aux hommes qui ne trouvent aucune solution &#224; ce niveau&#8211;, cette remise en cause donc, cette d&#233;construction politique ne peuvent qu'engendrer, pour le coup, une v&#233;ritable &#171; r&#233;volution culturelle &#187; qui se produira sans h&#226;te mais sans doute pas sans violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain Brossat, en Albanie, au cours du s&#233;minaire organis&#233; &#224; l'Universit&#233; de Tirana, &#233;voquant le risque de caricature du populisme, soulignait la contradiction entre la d&#233;mocratie de gouvernement et la d&#233;mocratie d'&#233;galit&#233;. L'&#233;galit&#233; du tous pareil ayant v&#233;cu, reste l'&#233;galit&#233; politique accord&#233;e aux minorit&#233;s ou conquises par elles. La mondialisation a explos&#233; et d'uniformisante qu'elle risquait de devenir, elle est pass&#233; &#224; la reconnaissance des diversit&#233;s quelles qu'en soient les dimensions. Majorit&#233;s et minorit&#233;s s'interp&#233;n&#232;trent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes entr&#233;s dans un autre temps sans nous en rendre compte et les mains nues...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Pierre Dacheux, longtemps pr&#233;sident d'Ici et ailleurs pour une philosophie nomade, homme-orchestre infatigable de notre association, pr&#233;sence constamment chaleureuse, nous a quitt&#233;s en 2018. Le texte ci-dessus retranscrit une intervention qu'il fit &#224; Fertans (Doubs), en juillet 2012, dans le cadre des ateliers organis&#233;s par l'association Philom&#232;ne, texte t&#233;moignant de ses combats, ses convictions et ses esp&#233;rances jamais reni&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>P - Populisme(s)</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=672</link>
		<guid isPermaLink="true">https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=672</guid>
		<dc:date>2018-03-25T17:32:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Dacheux</dc:creator>


		<dc:subject>d&#233;mocratie</dc:subject>
		<dc:subject>peuple</dc:subject>
		<dc:subject>Revue Casus Belli</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La philosophie politique ne sait, au fond, pas trop quoi faire du peuple Jean-Fran&#231;ois Kervegan &lt;br class='autobr' /&gt;
1 &#8211; Du confusionnisme volontaire. Le populisme n'est pas ce qu'on en dit &lt;br class='autobr' /&gt;
Les z&#233;lateurs d'Emmanuel Macron auraient &#171; ronronn&#233; de bonheur &#187; apr&#232;s la victoire de leur leader en laquelle ils voyaient &#171; le premier coup d'arr&#234;t d&#233;cisif &#224; la vague populiste &#187;. Olivier Duhamel, dans un article dat&#233; du 10 Mai 2017, paru dans Lib&#233;ration avait titr&#233; : &#171; Macron, premi&#232;re victoire contre le populisme (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=56" rel="directory"&gt;Revue Casus Belli&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=mot&amp;id_mot=22" rel="tag"&gt;d&#233;mocratie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=mot&amp;id_mot=54" rel="tag"&gt;peuple&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=mot&amp;id_mot=96" rel="tag"&gt;Revue Casus Belli&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;La philosophie politique ne sait, au fond, pas trop quoi faire du peuple&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Jean-Fran&#231;ois Kervegan&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour en savoir plus, consulter :&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1 &#8211; Du confusionnisme volontaire. Le populisme n'est pas ce qu'on en dit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les z&#233;lateurs d'Emmanuel Macron auraient &#171; ronronn&#233; de bonheur &#187; apr&#232;s la victoire de leur leader en laquelle ils voyaient &#171; le premier coup d'arr&#234;t d&#233;cisif &#224; la vague populiste &#187;. Olivier Duhamel, dans un article dat&#233; du 10 Mai 2017, paru dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; avait titr&#233; : &#171; Macron, premi&#232;re victoire contre le populisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi et de qui parle-t-on quand on &#233;voque les dangers du populisme ? Historiquement, du &#171; boulangisme &#187;, c'est-&#224;-dire, de l'appel au peuple d'un personnage de la fin du XIXe si&#232;cle, le g&#233;n&#233;ral Boulanger, qui a laiss&#233; le souvenir d'un d&#233;magogue d'extr&#234;me-droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses successeurs, tels Pierre Poujade (1920-2003) furent, un temps, (de 1953 &#224; 1958), les repr&#233;sentants de la r&#233;volte contre, tout &#224; la fois, les &#171; gros &#187;, le fisc, les notables et les intellectuels au nom du &#171; bon sens &#187; et des &#171; petites gens &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est &#233;videmment pas de ce populisme-l&#224; dont il est question, de nos jours dans la presse. Populisme est un vocable d&#233;cr&#233;dibilisant. Nombre de journalistes en font un abondant usage. Ils amalgament, ainsi, les courants politiques radicaux qui n'entrent pas dans les cat&#233;gories partisanes conventionnelles. Ils y ajoutent, le cas &#233;ch&#233;ant, les suppos&#233;s ou bien r&#233;els d&#233;magogues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute l'ambigu&#239;t&#233; repose sur la confusion, &#224; mes yeux volontaire, faite par ceux qui veulent que soient rejet&#233;s vers l'extr&#233;misme les contestataires du syst&#232;me &#171; &#233;conomiste &#187; n&#233;o-lib&#233;ral. Serait alors &#171; populiste &#187; quiconque ne s'est pas r&#233;sign&#233; au dogme thatch&#233;rien sur l'in&#233;luctabilit&#233; du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est aussi une autre confusion, peut-&#234;tre plus grave. Elle consiste &#224; mettre, dans le m&#234;me panier &#171; populiste &#187;, ceux des perdants des &#233;lections r&#233;centes rest&#233;s id&#233;ologiquement socialistes : Sanders, Corbyn, Iglesias, M&#233;lenchon, et m&#234;me Renzi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le num&#233;ro du 14 au 20 septembre 2017 de Politis demande : &#171; le populisme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2 &#8211; Mais qu'en est-il, en fait, de ce &lt;i&gt;peuple&lt;/i&gt; qui enfanterait des populistes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot &lt;i&gt;peuple&lt;/i&gt; est intouchable. Il figure dans la m&#232;re des lois. ll a donc fallu r&#233;duire sa dimension &#224; celle du seul corps &#233;lectoral afin de n'accorder au peuple que le pouvoir de se faire repr&#233;senter par des &#233;lus. Pourquoi alors, si on le prive de son sens et de son effectivit&#233;, laisser figurer, dans le texte m&#234;me de notre Constitution, ce principe perp&#233;tuellement trahi, oubli&#233; ou d&#233;form&#233; (&#171; la R&#233;publique est le gouvernement du peuple &lt;strong&gt;par le peuple&lt;/strong&gt;, pour le peuple &#187;, article 2 du Titre I : De la souverainet&#233;) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quiconque pr&#233;tend que le &lt;i&gt;peuple&lt;/i&gt; seul est souverain est soup&#231;onn&#233; de &#171; populisme &#187;. Quiconque recherche une d&#233;mocratie plus directe serait aussi un populiste, plus dangereux encore, un anarchiste. De quel &lt;i&gt;peuple&lt;/i&gt; parlait donc Lincoln quand il d&#233;clarait, (peu avant son assassinat) : &#171; on peut tromper tout le peuple une partie du temps, une partie du peuple tout le temps, mais pas tout le peuple tout le temps &#187; ? Ce peuple am&#233;ricain-l&#224;, &#233;tait, alors, selon son pr&#233;sident, celui qui entendait rester, &#224; jamais, ma&#238;tre de son destin et pas seulement par ses &#233;lus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quel &lt;i&gt;peuple&lt;/i&gt; parlait-on encore quand, &#8211; durant les guerres coloniales et sous l'apartheid &#8211;, on &#233;voquait &#171; le droit des peuples &#224; disposer d'eux m&#234;mes &#187; ? Tout dirigeant qui s'y opposa par la force, finit par &#233;chouer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Rousseau &#224; Toqueville, de Lamartine &#224; Hugo et Jaur&#232;s, toujours ces &#233;crivains politiques, penseurs ou po&#232;tes, et tant d'autres qu'on loue et qu'on commente sans fin, sans les comprendre, voire sans les lire, ont &#233;voqu&#233; la d&#233;mocratie comme le pouvoir non pas &lt;i&gt;accord&#233; au peuple&lt;/i&gt;, mais intrins&#232;quement &lt;i&gt;constitutif de ce peuple m&#234;me&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 &#8211; Est-il un ou des populismes, un &#224; gauche et un &#224; droite ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ric Fassin, professeur de sciences politiques &#224; l'universit&#233; ParisVIII, a publi&#233;, cette ann&#233;e, aux &#233;ditions Textuel, un court essai : &lt;i&gt;Populisme : le grand ressentiment&lt;/i&gt;. Il y d&#233;nonce &#171; le caract&#232;re ind&#233;fini du mot &#187;, &#171; qu'on utilise pour disqualifier &#187;. Jusque l&#224; on ne peut que le suivre. La nouveaut&#233;, dit-il, est qu'&#224; pr&#233;sent on l'utilise &#224; gauche ! Il exprime, alors, son d&#233;saccord avec la philosophe belge Chantal Mouffe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui th&#233;oriserait le populisme de gauche et aurait inspir&#233; Jean-Luc M&#233;lenchon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous ce diff&#233;rend se cache mal la controverse entre ceux qui estiment que les concepts de gauche et de droite sont obsol&#232;tes et ceux qui, au contraire, pensent que le clivage droite / gauche reste une r&#233;alit&#233;, sous peine de &#171; d&#233;politiser la politique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple, affirme &#201;ric Fassin, ne s'identifie pas &#224; la classe populaire. Populaire, ...? Encore un mot de la famille de peuple qui d&#233;tient sa dose d'ambigu&#239;t&#233; ! La d&#233;mocratie &#171; populaire &#187; n'eut de populaire que son adjectif. Le Front &#171; populaire &#187;, au contraire, fut, durant un temps, la coalition efficiente de forces issues du monde salarial. Ce qui en &#233;mana et qui se prolongea apr&#232;s la guerre 1939-1945, en application du &lt;i&gt;Programme du Conseil National de la R&#233;sistance&lt;/i&gt;, n'appartint pas seulement &#224; la partie la plus malmen&#233;e du peuple, mais au peuple fran&#231;ais tout entier. Nous en conservons encore les traces et les effets aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fuyons les &#171; ismes &#187;. Presque tous les mots se terminant par ce suffixe s'emparent d'une valeur et en font un syst&#232;me id&#233;ologique total qui rapidement se referme sur lui-m&#234;me, quand il ne se contredit pas totalement. Il y a loin de la libert&#233; au lib&#233;ral&lt;i&gt;isme&lt;/i&gt;, des Communs au commun&lt;i&gt;isme&lt;/i&gt;, de la Sociale au social&lt;i&gt;isme&lt;/i&gt;, et, actuellement, du peuple au populisme...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, tout acteur de la vie politique qui &#171; sort du cadre &#187;, autrement dit qui ne se satisfait pas de l'existant et recherche une autre organisation des pouvoirs publics, peut se voir accus&#233; de populisme, surtout quand il s'exprime, comme philosophe, sociologue, historien, ou simple citoyen influent, en s'effor&#231;ant de convaincre ses contemporains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4 &#8211; Le populisme utilis&#233; contre le peuple&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le terme populisme est souvent utilis&#233; dans un sens p&#233;joratif par les classes dirigeantes ou les politiciens au pouvoir pour critiquer l'opposition &#224; leur politique &#187; lit-on, dans l'article de Wikipedia consacr&#233; &#224; ce terme ! Le mot populisme &#171; d&#233;signe un complexe d'id&#233;es, d'exp&#233;riences et de pratiques qu'aucune typologie, si fouill&#233;e soit-elle, ne saurait &#233;puiser &#187;, &#233;crit, de son c&#244;t&#233;, l'historien Philippe Roger&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Philippe Roger est directeur d'&#233;tudes &#224; l'EHSS, directeur de recherche au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Autrement dit, le vocable populisme n'est qu'un fourre-tout, pratique quand il s'agit de d&#233;consid&#233;rer un adversaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nuit-debout&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; aura &#233;t&#233;, en France, au cours de l'ann&#233;e 2016, l'une des expressions politiques qui appelaient les citoyens &#224; exercer directement leur souverainet&#233;. Albert Ogien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sandra Laugier et Albert Ogien, Le Principe D&#233;mocratie : enqu&#234;te sur les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un sociologue fran&#231;ais, directeur de recherches au CNRS, estime que ces initiatives citoyennes sont &#171; un ph&#233;nom&#232;ne tr&#232;s g&#233;n&#233;ral en Europe &#187; qui s'explique par &#171; le fait que le syst&#232;me des partis &#8211; le syst&#232;me de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative &#8211; apr&#232;s 70 ann&#233;es d'existence en paix, apr&#232;s la Seconde guerre mondiale, est un peu rouill&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La rue ne saurait faire la loi &#187; rab&#226;chent les conservateurs de toutes sensibilit&#233;s. &#171; Le peuple ne peut pas s'exprimer uniquement par les &#233;lus, au Parlement &#187; r&#233;pondent les citoyens les plus conscients d'avoir &#224; intervenir dans la vie politique, y compris dans cette &#171; rue &#187;, o&#249; s'est souvent &#233;crite l'histoire, pour peu que les int&#233;r&#234;ts directs et l&#233;gitimes du peuple aient &#233;t&#233; mis en jeu et menac&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2017, les &#233;lections, pr&#233;sidentielle et l&#233;gislatives n'ont pas fourni la r&#233;ponse qu'attendaient les Fran&#231;ais et beaucoup, parfois en majorit&#233;, se sont abstenus. Le &#171; d&#233;gagisme &#187; n'a pas tout d&#233;gag&#233;, c'est-&#224;-dire sorti de l'espace politique, ce qui avait longuement paralys&#233; le pays &#224; savoir le personnel (fourbu) et les organisations politiques (d&#233;su&#232;tes.) Des partis ont, certes, vol&#233; en &#233;clats ou largement perdu de leur influence, mais il s'en est suivi plus un vaste d&#233;placement qu'un grand changement. La V&#232;me R&#233;publique &#233;tait en fin de course au printemps ; la voil&#224; semble-t-il requinqu&#233;e &#224; l'automne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, le paysage politique se transforme. Les humains venus d'ailleurs, &#171; migrants &#187; ou r&#233;fugi&#233;s, (en fait des &#171; arrivants &#187;, en qu&#234;te de pouvoirs &#224; exercer sur leur vie m&#234;me), p&#232;sent au sein des &#201;tats o&#249; ils passent ? Ces exil&#233;s contraints seront, de plus en plus nombreux, en France aussi, en d&#233;pit des freinages constants de nos gouvernements successifs ! Plus encore, la fuite des habitants menac&#233;s par les bouleversements climatiques augmentera aussi les arriv&#233;es en Europe, et ce pendant longtemps... Mais qui s'y pr&#233;pare ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le &lt;i&gt;Brexit&lt;/i&gt; a chang&#233; profond&#233;ment notre perspective europ&#233;enne. En politique, tout &#171; bouge &#187; constamment. &#201;chapper au populisme c'est, d'abord, &#233;chapper aux nationalismes, leurs replis, et leur fixisme. Tout populisme, contient, en effet, sa dose de nationalisme. On le voit en Pologne, en Hongrie, Tch&#233;quie, en Autriche, sans oublier aux marges de l'Union, la vaste Turquie, et l'immense Russie. Y r&#232;gnent des populistes qui usent, certes, du vocabulaire d&#233;mocratique, mais sans en penser un mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5 &#8211; Parler moins de populisme, et plus du peuple&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#171; populisme de gauche &#187; que Chantal Mouffe est cens&#233;e voudrait opposer au populisme &#171; tout court &#187;, est, en fait, un anti-populisme plus qu'un autre populisme. Mieux vaut, pour la comprendre, la citer : &#171; Le terme populisme passe souvent mal&#8230;,constate-t-elle, et c'est pour cela qu'&lt;strong&gt;il est urgent de le resignifier&lt;/strong&gt;. Il ne faut pas se laisser accuser d'&#234;tre &#8220;populiste&#8221;. Je ne suis pas d'accord, &#233;crit-elle, avec Pierre Rosanvallon, qui juge que le populisme est une perversion de la d&#233;mocratie. Pour moi, c'est une dimension n&#233;cessaire de la d&#233;mocratie, dont l'&#233;tymologie est &lt;i&gt;demos cratos&lt;/i&gt;. Il faut donc cr&#233;er un peuple. Aujourd'hui, nous avons une d&#233;mocratie sans peuple, sans &lt;i&gt;demos&lt;/i&gt;. Nous vivons dans une post-d&#233;mocratie qui n'a que l'apparence des institutions d&#233;mocratiques. Comme le disaient les Indignados, &#8220;on a un vote, mais on n'a pas de voix&#8221;. Les &#233;lections ne permettent gu&#232;re que de choisir &#8220;entre Coca-Cola et Pepsi-Cola&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; bien lire Chantal Mouffe, le populisme est donc bien ce qu'elle combat et non ce qu'elle promeut. Ce qu'il faut &#171; resignifier &#187;, c'est le peuple constituant comme l'&#233;crivait Antonio Negri&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Relisons : Antonio Negri, Le Pouvoir constituant, Paris, Puf, 1997&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un peuple qui a les moyens d'exprimer la volont&#233; g&#233;n&#233;rale et pas seulement la passion collective, comme l'affirmait aussi Simone Weil&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Simone Weil, Note sur la suppression g&#233;n&#233;rale des partis politiques, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en se r&#233;f&#233;rant &#224; Rousseau. Il va donc falloir redonner leur signification aux locutions et &#224; tous vocables se r&#233;f&#233;rant au mot peuple qui se sont ternis ou affadis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion : les populismes sont des machines politiques servant &#224; duper&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque populisme ob&#233;it &#224; la m&#234;me loi et prend m&#234;me visage : il est l'ennemi du peuple en lequel il voit un fauve &#224; dompter ou s&#233;duire. Les populismes, aurait dit La Bo&#233;tie, sont, le plus souvent, des tyrannies, qui nous dominent, parce que nous nous laissons dominer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tienne de la Bo&#233;tie, Discours de la servitude volontaire, &#233;crit en 1576, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les tyrans r&#232;gnent, &#233;crit-il, (il n'a alors que 18 ans !) &#171; soit par l'&#233;lection du peuple, soit par la force des armes, soit par la succession de race &#187;. Son propos d&#233;borde des marges du seizi&#232;me si&#232;cle. Il est actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, &#224; bien y regarder, on s'aper&#231;oit, &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt;, que, parce que dominateur, &lt;strong&gt;tout populisme est de droite ou le devient&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour en savoir plus, consulter : &lt;a href=&#034;http://nosophi.univ-paris1.fr/perso/jfkervegan.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://nosophi.univ-paris1.fr/perso/jfkervegan.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le num&#233;ro du 14 au 20 septembre 2017 de &lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt; demande : &#171; le populisme peut-il sauver la gauche ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Chantal_Mouffe&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Chantal_Mouffe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Philippe Roger est directeur d'&#233;tudes &#224; l'EHSS, directeur de recherche au CNRS, et dirige la revue &lt;i&gt;Critique&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/221017/nuit-debout-ce-qu-il-en-reste&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/221017/nuit-debout-ce-qu-il-en-reste&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sandra Laugier et Albert Ogien, &lt;i&gt;Le Principe D&#233;mocratie : enqu&#234;te sur les nouvelles formes du politique&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Relisons : Antonio Negri, &lt;i&gt;Le Pouvoir constituant&lt;/i&gt;, Paris, Puf, 1997&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Simone Weil, &lt;i&gt;Note sur la suppression g&#233;n&#233;rale des partis politiques&lt;/i&gt;, &#233;dition Climats-Flammarion 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;tienne de la Bo&#233;tie, &lt;i&gt;Discours de la servitude volontaire&lt;/i&gt;, &#233;crit en 1576, R&#233;imprim&#233; en 2017 par les &#233;ditions Mille et Une Nuits.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>I - Ind&#233;pendance (politique)</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=659</link>
		<guid isPermaLink="true">https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=659</guid>
		<dc:date>2018-02-25T16:01:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Dacheux</dc:creator>


		<dc:subject>d&#233;mocratie</dc:subject>
		<dc:subject>Revue Casus Belli</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;colonisation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une note br&#232;ve, pour appeler &#224; la critique et pour obliger &#224; une suite. (ce qui va se passer en Catalogne, l'Espagne tout enti&#232;re et l'Europe, qui se cherche sans se trouver, peut y aider) ___ &lt;br class='autobr' /&gt; Au cours de cette ann&#233;e 2017, il est difficile de faire porter la r&#233;flexion philosophique sur la question de l'ind&#233;pendance sans consid&#233;rer la situation en Catalogne, aujourd'hui. Il est m&#234;me impossible de ne pas se r&#233;f&#233;rer &#224; ce que l'histoire, a fourni, hier, comme enseignements durant le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=56" rel="directory"&gt;Revue Casus Belli&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=mot&amp;id_mot=22" rel="tag"&gt;d&#233;mocratie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=mot&amp;id_mot=96" rel="tag"&gt;Revue Casus Belli&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=mot&amp;id_mot=101" rel="tag"&gt;d&#233;colonisation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une note br&#232;ve, pour appeler &#224; la critique et pour obliger &#224; une suite.&lt;br class='autobr' /&gt; (ce qui va se passer en Catalogne, l'Espagne tout enti&#232;re et l'Europe, qui se cherche sans se trouver, peut y aider)&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
___&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Au cours de cette ann&#233;e 2017, il est difficile de faire porter la r&#233;flexion philosophique sur la question de l'ind&#233;pendance sans consid&#233;rer la situation en Catalogne, aujourd'hui. Il est m&#234;me impossible de ne pas se r&#233;f&#233;rer &#224; ce que l'histoire, a fourni, hier, comme enseignements durant le dernier si&#232;cle &#233;coul&#233;. Mais le futur aussi est concern&#233; : une fois pass&#233;e la tourmente catalane, on ne pensera plus, demain, en Espagne et ailleurs, l'ind&#233;pendance politique comme on l'a pens&#233;e, jusqu'&#224; pr&#233;sent.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
___&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mardi 10 octobre 2017&lt;/strong&gt;, le Parlement catalan avait eu &#224; choisir entre trois options :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 &#8211; Tirer les enseignements du r&#233;f&#233;rendum et annoncer au monde entier que la Catalogne avait d&#233;cid&#233; souverainement d'entrer dans une ind&#233;pendance politique irr&#233;versible.&lt;br class='autobr' /&gt; 2 &#8211; Proposer d'ouvrir une n&#233;gociation visant &#224; cr&#233;er, en Espagne, une &#171; ind&#233;pendance dans l'inter- d&#233;pendance &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
3 &#8211; Accepter un &#233;largissement de l'autonomie de la Catalogne qui ne d&#233;bouche pas sur l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A - Les objections qui sont faites aux partisans de l'ind&#233;pendance &#233;taient de nature tr&#232;s diff&#233;rente :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; L'ind&#233;pendance serait une rupture dans la solidarit&#233; et une manifestation de l'&#233;go&#239;sme des habitants d'une province riche ne voulant plus &#171; payer pour les pauvres &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; L'ind&#233;pendance de la Catalogne serait un refus, et un rejet anticonstitutionnels de l'unit&#233; du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; L'ind&#233;pendance de la Catalogne risquerait d'entra&#238;ner, en Europe, des s&#233;cessions en cascades (Pays basque, Flandre, Corse, &#201;cosse, Lombardie...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B - Les r&#233;ponses et autres arguments des partisans de l'ind&#233;pendance se fondent souvent sur &lt;i&gt;le droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes&lt;/i&gt;, droit reconnu depuis longtemps au niveau international. Il s'y ajoute quelques autres consid&#233;rations.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; En Afrique, &#224; la suite du retrait des empires coloniaux anglais et fran&#231;ais, et en Europe, apr&#232;s la chute de l'Empire sovi&#233;tique et de la dislocation de la Yougoslavie, l'ONU a vu augmenter, sensiblement, le nombre de ses membres. Elle compte, &#224; ce jour, officiellement, &#224; ce 193 &#201;tats-membres (plus les deux &#201;tats-observateurs permanents : le Vatican et la Palestine, d'une part, et les Iles Cook et Niue, les deux &#201;tats encore sous souverainet&#233; n&#233;o-z&#233;landaise, d'autre part,) soit 197 &#201;tats reconnus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;51 membres fondateurs en 1945, 60 en 1950, 80 en 1956, 99 en 1960, 189 en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;i&gt;Le nombre des &#201;tats n'a donc cess&#233; de cro&#238;tre sans que cela ait engendr&#233; de conflits majeurs&lt;/i&gt; (hormis Ta&#239;wan et le Kosovo qui n'ont pu rester ou n'ont pu entrer dans l'ONU par opposition entres autres de la Chine continentale et de la Serbie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &lt;i&gt;Le catalan et l'occitan sont deux langues et deux cultures distinctes mais cousines&lt;/i&gt;. Le catalan est aussi la langue officielle de la principaut&#233; d'Andorre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &lt;i&gt;Le castillan&lt;/i&gt; (l'espagnol) est une langue diff&#233;rente. &lt;i&gt;L'histoire linguistique r&#233;v&#232;le des diff&#233;rences culturelles essentielle&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &lt;i&gt;La Catalogne a beaucoup souffert du franquisme&lt;/i&gt;. Les blessures ne sont pas encore toutes gu&#233;ries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &lt;i&gt;L'ind&#233;pendance n'est pas la rupture, c'est la non-d&#233;pendance, l'autod&#233;termination, l'auto-gestion&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &lt;i&gt;Un conflit ne peut, survenir qu'en cas de recours &#224; la force pour interdire la volont&#233; populaire&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C &#8211; Un conflit politique se noue qui ne concerne pas que l'Espagne.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mercredi 10 octobre 2017, au soir, la Catalogne, par la voix de Carles Puygdemont, son pr&#233;sident, a affirm&#233; que le processus d'ind&#233;pendance &#233;tait bien engag&#233; mais prendrait le temps de la n&#233;gociation afin que la violence soit &#233;vit&#233;e. Le Conseil des ministres espagnol par la voix de son pr&#233;sident, Mariano Rajoy, a consid&#233;r&#233;, d&#232;s le lendemain matin du 11 octobre, que cette d&#233;claration &#233;tait ambig&#252;e et demandait &#224; &#234;tre pr&#233;cis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, les deux parties sont bloqu&#233;es, l'une par sa volont&#233; d'aboutir, t&#244;t ou tard, &#224; une R&#233;publique de Catalogne, l'autre par sa d&#233;cision de rejeter toute &#233;ventualit&#233; d'ind&#233;pendance quitte &#224; retirer au Parlement Catalan son pouvoir de gestion autonome. L'appel &#224; une intercession europ&#233;enne visant &#224; obtenir un compromis n'est pas pris en consid&#233;ration au sein de l'union europ&#233;enne et celui qui a le plus pris de distances, par rapport &#224; cette proposition, est Emmanuel Macron pour qui un &#201;tat et une r&#233;gion ne sauraient &#234;tre mis sur le m&#234;me plan. On reconna&#238;t l&#224;, la doctrine traditionnelle de la France pour qui un &#201;tat ne se divise pas et pour qui l'Europe est une Union ou une f&#233;d&#233;ration d'&#201;tats-nations. La solidarit&#233; avec le gouvernement de Madrid, celui de l'Espagne tout enti&#232;re ne se discute donc m&#234;me pas...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, de nombreuses questions de philosophie politique essentielles, directes ou connexes, sont pos&#233;es par ce qui se passe en Catalogne et elles ne peuvent mener qu'&#224; des modifications du statu quo. C'est de l'avenir de l'Europe, voire de l'ONU, de la place des r&#233;gions dans chaque &#201;tat d&#233;j&#224; organis&#233; par r&#233;partition des pouvoirs locaux, dont il va &#234;tre question &#224; &#233;chelle internationale. C'est dangereux mais in&#233;vitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D - Des questions redoutables sont, en effet, pos&#233;es ou repos&#233;es ; elles sont ineffa&#231;ables ; il faudra bien y r&#233;pondre.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les mots m&#234;mes du vocabulaire politique sont interrog&#233;s ainsi que les concepts les mieux &#233;tablis :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;strong&gt;Qu'est-ce qu'un &#201;tat au XXI&#232;me si&#232;cle&lt;/strong&gt;, en ce temps &#171; mondial &#187; o&#249; les peuples se m&#234;lent, parlent des langues diff&#233;rentes et occupent des territoires modifi&#233;s par l'&#233;conomie et le climat plus encore que par l'histoire ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;strong&gt;&#171; L'&#233;tat-nation &#187; qu'inventa la France est une figure de l'&#201;tat qui soude le territoire &#224; sa population d'une fa&#231;on ind&#233;fectible&lt;/strong&gt;. S'agit-il, partout, d'une unit&#233; de gouvernement encore en rapport avec la gestion d'un pays moderne ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;strong&gt;Est-ce le droit qui fa&#231;onne l'organisation d'une communaut&#233; humaine ou la politique ?&lt;/strong&gt; Le droit contient les r&#232;gles et les lois qui &lt;i&gt;r&#233;sultent&lt;/i&gt; de rapports de forces mesur&#233;s au sein d'un Parlement ou suite &#224; des manifestations de la volont&#233; populaire exprim&#233;es autrement, et notamment par &#171; la rue &#187;, comme il advint fr&#233;quemment en Europe.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;strong&gt;Les &#201;tats qui ne reconnaissent pas ou ne respectent pas le droit international sont-ils sanctionnables ?&lt;/strong&gt; Qui a autorit&#233;, alors, pour juger et punir les &#201;tats fautifs ? Et par quels moyens ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;strong&gt;Pourquoi des &#201;tats qui &#171; fonctionnent &#187; ne sont-ils pas encore membres de l'ONU&lt;/strong&gt; (Ta&#239;wan, Kosovo, Tibet, entre autres,) &lt;strong&gt; ?&lt;/strong&gt; Qui l'interdit sinon un autre &#201;tat qui s'estime en droit, &#171; propri&#233;taire &#187; du territoire concern&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;strong&gt;Il est des r&#233;gions plus puissantes que des &#201;tats&lt;/strong&gt; (la Bavi&#232;re par rapport au Luxembourg, par exemple, ou encore, pr&#233;cis&#233;ment, la Catalogne, par rapport &#224; l'&#238;le de Malte ). Qu'est-ce alors que l'ind&#233;pendance d'un &#201;tat &#233;conomiquement faible ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;strong&gt;Il est, bien entendu, des entreprises priv&#233;es plus puissantes que des &#171; puissances publiques &#187;.&lt;/strong&gt; De tels constats ne bouleversent-ils pas les ordres nationaux et ou internationaux et leurs l&#233;galit&#233;s ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &lt;strong&gt;Les 5 membres permanents du Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU : Chine, &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, F&#233;d&#233;ration de Russie, France et Royaume-Uni sont les &#201;tats les plus arm&#233;s.&lt;/strong&gt; O&#249; est le si&#232;ge des pouvoirs de ces &#201;tats nucl&#233;aires dot&#233;s de l'arme absolue ? Ils figent, &#224; leur profit, les relations internationales et bloquent toute &#233;volution de l'ONU. Ce fixisme politique peut-il perdurer longtemps encore ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E - L'ind&#233;pendance est n&#233;cessaire au fonctionnement d&#233;mocratique des soci&#233;t&#233;s humaines.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mot ind&#233;pendance contient, &#224; lui seul, depuis des d&#233;cennies, et m&#234;me des si&#232;cles, l'aspiration de populations enti&#232;res &#224; l'autod&#233;termination, &#224; la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours du si&#232;cle pass&#233;, l'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie, apr&#232;s plusieurs ann&#233;es d'une guerre qui fut, de fait, coloniale, d&#233;boucha sur un r&#233;f&#233;rendum d'autod&#233;termination, le 8 janvier 1961 qui pr&#233;para le retrait de la France, au grand dam de l'extr&#234;me-droite fran&#231;aise. La France-Afrique, celle de l'ind&#233;pendance fictive, de la domination &#233;conomique maintenue et de la manipulation des &#233;lites locales, dont Jacques Foccart, (1913-1997), tr&#232;s proche de De Gaulle, fut charg&#233;, a succ&#233;d&#233;, de fait &#224; la Communaut&#233; Fran&#231;aise (article 76 de la constitution de 1958, devenue caduque d&#232;s 1960&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La &#171; Communaut&#233; fran&#231;aise &#187; fut l'association politique entre la France et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce vocable, ind&#233;pendance, appartint au vocabulaire &#171; progressiste &#187; et fut une valeur politique dite &#171; de gauche &#187;. De nos jours, toute vell&#233;it&#233; d'ind&#233;pendance est pr&#233;sent&#233;e comme une manifestation d'un s&#233;paratisme s&#233;ditieux, voire d'un s&#233;cessionnisme nationaliste imm&#233;diatement condamnable. Cette condamnation est exprim&#233;e par des dirigeants politiques, eux-m&#234;mes fort nationalistes et conservateurs, de droite comme de gauche, et qui ne supportent pas la contestation de l'&#201;tat-nation centralisateur. Ce courant de pens&#233;e nationaliste s'&#233;tend et enferme les citoyens dans une appartenance territoriale dont ils ne peuvent m&#234;me envisager de sortir ! (Ce qui les pousse &#224; ne pas vouloir que de nouveaux venus y entrent !). La mont&#233;e de l'extr&#234;me-droite en Europe peut trouver l&#224; l'une de ses sources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ind&#233;pendance d'un peuple, ind&#233;pendance de chaque citoyen : il n'est pas de d&#233;mocratie sans libert&#233; de penser et surtout sans prise en compte de cette pens&#233;e libre dans les d&#233;cisions &#224; prendre. Le r&#233;f&#233;rendum, &#224; cet &#233;gard, semble plus simple et &#233;vident, pour exercer un pouvoir qu'une &#233;lection &#224; mode de scrutin variable ne donnant que d&#233;l&#233;gation. Il importe, cependant, que quelques conditions soient remplies avant vote : conna&#238;tre, sans &#233;quivoque, qui est appel&#233; l&#233;gitimement &#224; voter et savoir, avec certitude, si la question pos&#233;e ne contient aucune ambigu&#239;t&#233;. Autrement dit : s'entendre au pr&#233;alable sur le juste territoire d'application, la d&#233;termination exacte des &#233;lecteurs concern&#233;s et r&#233;daction sans &#233;quivoque de la question soumise &#224; ces &#233;lecteurs. Le r&#233;f&#233;rendum confirme l'ind&#233;pendance bien plus qu'il ne l'institue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit, l'ind&#233;pendance n'est pas principalement la cr&#233;ation d'un nouvel &#201;tat, m&#234;me si &lt;a href=&#034;http://www.linternaute.com/histoire/categorie/67/a/1/3/histoire_de_la_decolonisation.shtml&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la d&#233;colonisation a permis l'&#233;mergence de nombreux &#201;tats&lt;/a&gt; entre 1946 et 2002. C'est la politique qui. d&#233;termine les rapports de force, id&#233;ologiques d'abord, et secondairement militaires. La c&#233;l&#232;bre formule d'Edgar Faure (&lt;i&gt;&#171; l'ind&#233;pendance dans l'interd&#233;pendance &#187;&lt;/i&gt;) n'emp&#234;cha pas l'ind&#233;pendance du Maroc, en 1956, et de la Tunisie, en 1957. Pr&#233;sident du Conseil, alors, Edgar Faure accompagna, sans s'y opposer, la naissance de ces nouveaux &#201;tats. L'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie, en 1962, s'effectua, au contraire, dans la douleur et le sang. De Gaulle comprit, trop tard, qu'elle &#233;tait in&#233;vitable et les effets de cette ind&#233;pendance, arrach&#233;e au lieu d'avoir &#233;t&#233;, &#224; temps, n&#233;goci&#233;e, ont &#233;t&#233; immenses et p&#232;sent encore sur la politique et les institutions de la France actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ind&#233;pendance n'est jamais totalement acquise dans un monde qui &#171; bouge &#187;. Elle n'est pas davantage interdite au nom d'un droit qui serait intangible et qui, lui-m&#234;me dat&#233;, r&#233;sulte d'&#233;v&#233;nements politiques ant&#233;rieurs d&#233;terminants. La Catalogne, quoi qu'il arrive, donne et donnera &#224; penser &#224; tous ceux qui veulent, en ce si&#232;cle, par la pratique, organiser des communaut&#233;s de destin, de type nouveau, paisibles et efficaces, o&#249; les conflits, in&#233;vitables, puissent se g&#233;rer autrement que l'arme au poing.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;51 membres fondateurs en 1945, 60 en 1950, 80 en 1956, 99 en 1960, 189 en l'an 2000, 193 depuis 2011...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La &#171; Communaut&#233; fran&#231;aise &#187; fut l'association politique entre la France et les &#201;tats de son empire colonial, alors en voie de d&#233;colonisation. Cr&#233;&#233;e en1958 par la Constitution de la Ve R&#233;publique pour remplacer l'Union fran&#231;aise, la Communaut&#233; devient caduque d&#232;s 1960 du fait de l'ind&#233;pendance de tous les &#201;tats membres. Ce n'est cependant qu'en 1995 que les dispositions constitutionnelles la concernant furent officiellement abrog&#233;es. La 5&#232;me R&#233;publique issue de la constitution de 1958, mainte fois retouch&#233;e, est rest&#233;e monocratique jusqu'&#224; pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ce qu'on dit des Rroms (et ce qu'il faut savoir) : un nouveau livre pour y voir clair</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=487</link>
		<guid isPermaLink="true">https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=487</guid>
		<dc:date>2015-03-26T21:22:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Dacheux</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s un premier livre, aujourd'hui &#233;puis&#233;, &#233;crit avec Bernard Delemotte en 2010, (Roms de France, Roms en France, le peuple du voyage), il m'est apparu n&#233;cessaire, en 2015, de proposer un nouveau livre, modeste mais pr&#233;cis, ayant pour objectif de d&#233;construire les id&#233;es fausses, courant plus que jamais, sur les Rroms. &lt;br class='autobr' /&gt;
Reprenant l'&#233;criture du mot &#171; Rrom &#187; telle que je l'avais d&#233;j&#224; employ&#233;e dans le texte de ma th&#232;se de doctorat, j'ai voulu qu'on distingue l'appellation devenue commune et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=21" rel="directory"&gt;Parutions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s un premier livre, aujourd'hui &#233;puis&#233;, &#233;crit avec Bernard Delemotte en 2010, (&lt;i&gt;Roms de France, Roms en France, le peuple du voyage&lt;/i&gt;), il m'est apparu n&#233;cessaire, en 2015, de proposer un nouveau livre, modeste mais pr&#233;cis, ayant pour objectif de d&#233;construire les id&#233;es fausses, courant plus que jamais, sur les Rroms.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenant l'&#233;criture du mot &#171; Rrom &#187; telle que je l'avais d&#233;j&#224; employ&#233;e dans le texte de ma th&#232;se de doctorat, j'ai voulu qu'on distingue l'appellation devenue commune et officielle (Rom) de la d&#233;nomination que, dans leur langue, utilisent les int&#233;ress&#233;s eux-m&#234;mes (Rroms).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce nouveau livre, paru aux &#233;ditions du Passager clandestin, a donc pour titre : &lt;i&gt;Ce qu'on dit des Rroms (et ce qu'il faut savoir)&lt;/i&gt;. Il s'agit bien, en effet, de contribuer &#224; effacer les id&#233;es pr&#233;con&#231;ues en rappelant ce que sont les Rroms, depuis des si&#232;cles, et pourquoi ils font partie de notre propre histoire, dans toute l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prendre en compte la dimension d&#233;mographique de cette pr&#233;sence continentale (les Rroms constituent la plus nombreuse des minorit&#233;s culturelles en Europe), rappeler qu'ils furent tenus en esclavage cinq si&#232;cles durant et que le 3e Reich entreprit de les exterminer, comme les Juifs, permet de changer de regard sur un peuple dont la langue, la culture, l'histoire et le mode de vie sont rest&#233;s d'une grande originalit&#233; et d'un grand apport pour notre civilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La litt&#233;rature, la musique, les arts du cirque en t&#233;moignent : ceux qu'on a appel&#233;, selon les r&#233;gions, Tsiganes ou Gitans ou Manouches ou &#171; gens du voyage &#187;, etc..., puis Roms ou Rroms, ont influenc&#233; et influencent encore les &#233;crivains, les musiciens, les artistes, les anthropologues ou les philosophes. Notre regard sur le monde s'en est trouv&#233; modifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, les Rroms sont des hommes qui ne sont ni meilleurs ni pires que les autres et il ne s'agit pas de voir en eux un mod&#232;le. Il suffit largement de comprendre pourquoi ils sont depuis si longtemps m&#233;connus, &#233;cart&#233;s, sujets &#224; la d&#233;fiance permanente des &lt;i&gt;gadj&#233;&lt;/i&gt; (les non-Rroms en langue rromani).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Rroms nous interpellent, c'est-&#224;-dire nous interrogent. Pouvoir entrer en dialogue avec eux et surmonter nos diff&#233;rends, constitue un enjeu essentiel pour notre soci&#233;t&#233;, dans l'unit&#233; et la diversit&#233; fran&#231;aise et europ&#233;enne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Du je&#251;ne et de la gr&#232;ve de la faim comme actions politiques.</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=375</link>
		<guid isPermaLink="true">https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=375</guid>
		<dc:date>2014-02-14T09:19:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Dacheux</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le je&#251;ne est un engagement du corps. C'est une action sur soi, pour soi, ou bien, dans le cas du je&#251;ne politique, c'est une interpellation. Le renoncement volontaire &#224; s'alimenter exerce une pression sur ceux qui en sont les t&#233;moins. C'est pourquoi, il n'est pas de je&#251;ne politique qui soit secret. Tout au contraire, il est public, annonc&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le je&#251;ne-action est un je&#251;ne politique diff&#233;rent de la gr&#232;ve de la faim(1). Sa dur&#233;e dans le temps est fix&#233;e. Il ne met pas en p&#233;ril la sant&#233; des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=42" rel="directory"&gt;Universit&#233; d'&#233;t&#233; : &#034;Les usages politiques du corps&#034; en Albanie aout 2014&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le je&#251;ne est un engagement du corps.&lt;/strong&gt; C'est une action sur soi, pour soi, ou bien, dans le cas du je&#251;ne politique, c'est une interpellation. Le renoncement volontaire &#224; s'alimenter exerce une pression sur ceux qui&lt;br class='autobr' /&gt;
en sont les t&#233;moins. C'est pourquoi, il n'est pas de je&#251;ne politique qui soit secret. Tout au contraire, il est public, annonc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le je&#251;ne-action est un je&#251;ne politique diff&#233;rent de la gr&#232;ve de la faim&lt;/strong&gt;(1). Sa dur&#233;e dans le temps est fix&#233;e. Il ne met pas en p&#233;ril la sant&#233; des je&#251;neurs si les pr&#233;cautions utiles sont prises. Ce n'en est pas moins une&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;preuve physique et psychologique. C'est un temps d'arr&#234;t favorable &#224; l'&#233;change et &#224; la m&#233;ditation. C'est une action publique qui interpelle la soci&#233;t&#233;. C'est v&#233;cu comme une d&#233;sob&#233;issance civile qui manifeste le refus de politiques inciviles. Les participants ont des motivations qui peuvent &#234;tre spirituelles ou pas. L'esprit m&#234;me du je&#251;ne exclut tout pros&#233;lytisme et tout sectarisme. La non-violence active est au coeur de l'inspiration de&lt;br class='autobr' /&gt;
ces je&#251;neurs. La fin vis&#233;e est radicale : l'arr&#234;t d&#233;finitif de ce que l'on pas fin avec la fin du je&#251;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le je&#251;ne n'alt&#232;re pas la sant&#233;.&lt;/strong&gt; Il peut m&#234;me lui &#234;tre favorable. Le je&#251;ne hydrat&#233; n'offre g&#233;n&#233;ralement pas de difficult&#233;s particuli&#232;res. Les obstacles rencontr&#233;s sont ; le plus souvent, d'ordre psychologique : (crainte de l'affaiblissement, de la souffrance ou de l'accident de sant&#233;, perte d'un rythme de vie o&#249; les repas sont des rep&#232;res, pr&#233;sence autour de soi d'incitations &#224; manger). La &#171; d&#233;dramatisation &#187; du je&#251;ne fait partie de sa&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;paration. La pr&#233;sence d'un m&#233;decin est une garantie le plus souvent inutile. Un je&#251;neur en bonne sant&#233; ne risque rien. Un je&#251;neur malade chronique ou tr&#232;s &#226;g&#233; a besoin d'une autorisation m&#233;dicale. Interrompre un&lt;br class='autobr' /&gt;
je&#251;ne par angoisse ou grande fatigue n'est pas une faute. Les je&#251;nes brefs font souvent d&#233;couvrir les apports et bienfaits du je&#251;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;flexion philosophique sur ce moyen d'agir sur soi et sur la soci&#233;t&#233; est tr&#232;s ancienne.&lt;/strong&gt; Elle se pr&#233;sente, dans les traditions religieuses, comme une purification et une ma&#238;trise de soi. C'est l'inversion de l'addiction qui est une d&#233;pendance. C'est un effort lib&#233;ratoire. Il fait partie de coutumes ancestrales et de pratiques confessionnelles (durant les temps de car&#234;me ou de ramadan). Ce peut-&#234;tre aussi, au contraire, une perversion, si c'est une punition qu'on s'inflige, une soumission &#224; une contrainte disciplinaire. C'est, dans l'ordre de la sant&#233; publique, une maladie, si c'est un refus de s'alimenter, une anorexie qui, en fait, n'a plus rien &#224; voir avec le je&#251;ne, lequel est un choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le je&#251;ne-citoyen ou je&#251;ne-politique n'est pas en contradiction avec le je&#251;ne personnel&lt;/strong&gt;, mais c'est un je&#251;ne partag&#233;, dont la motivation n'est pas, d'abord, la construction de soi mais bien la manifestation d'un d&#233;saccord, avec appel &#224; rectifier des choix jug&#233;s erron&#233;s et dangereux. C'est le cas des je&#251;nes antinucl&#233;aires qui se r&#233;p&#232;tent, tous les ans, entre le 6 et le 9 ao&#251;t, en comm&#233;moration des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki, mais aussi pour en appeler &#224; l'abandon, par les 9 pays dot&#233;s, de leur armement nucl&#233;aire. Les je&#251;nes personnels et partag&#233;s de Gandhi et des Indiens qui le soutenaient, indissociables des gr&#232;ves de la faim car sans limites, ont sans doute &#233;t&#233; parmi les plus efficients et ont contribu&#233; au retrait de l'empire britannique de son immense possession coloniale. Le je&#251;ne sans retour, &#171; &#224; mort &#187; sauf satisfaction, conduisit Bobby Sand &#224; sa fin, face &#224; une Margaret Thatcher implacable et, au contraire, permis &#224; Louis Lecoin de faire reconna&#238;tre l'objection de conscience &#224; Charles de Gaulle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'engagement du corps dans l'action au moyen du je&#251;ne ou de la gr&#232;ve de la faim est une agression faite non aux personnes mais &#224; la violence elle-m&#234;me, &lt;/strong&gt; en ce sens que c'est la manifestation d'un refus total d'une injustice estim&#233;e insupportable. Ce n'est pas une absence de violence car le je&#251;neur, d'une part, se fait violence &#224; lui-m&#234;me de fa&#231;on exceptionnelle, pour attirer l'attention et modifier un &#233;tat de fait mais, d'autre part, risque de d&#233;clencher la violence institutionnelle, en contestant les pouvoirs. C'est pourtant une non-violence active, car c'est l'une des voies emprunt&#233;es, pendant un temps ou en permanence, par ceux qui, de fa&#231;on pratique et consciente, tels Gandhi, Mandela, Luther King ou d'autres, ont su comment &#224; la violence dire : non.&lt;br class='autobr' /&gt;
1 - Cette distinction &#233;tait abord&#233;e avec pr&#233;cision et clart&#233;, dans l'article suivant :&lt;br class='autobr' /&gt;
Daniel Besan&#231;on, Le je&#251;ne, la gr&#232;ve de la faim, Anarchisme et non-violence, n&#176;13, avril 1968.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.la-presse-anarchiste.net/spip.php?article1043&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.la-presse-anarchiste.net/spip.php?article1043&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ce qu'est Ici &amp; Ailleurs</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=212</link>
		<guid isPermaLink="true">https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=212</guid>
		<dc:date>2012-05-03T07:06:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Dacheux</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ici &amp; Ailleurs, association pour une philosophie nomade , participe, en ce d&#233;but de printemps, au sein de la facult&#233; des Sciences sociales de l'Universit&#233; de Tirana, &#224; une rencontre internationale ayant pour th&#232;me &#171; peuple et populisme &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'occasion nous est ainsi offerte de faire mieux conna&#238;tre ce qu'est, aujourd'hui, Ici &amp; Ailleurs, ce lieu mobile d'&#233;changes et de d&#233;couvertes qui vise &#224; porter la r&#233;flexion philosophique partout o&#249; la vie a fait se croiser des &#233;tudiants, leurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=54" rel="directory"&gt;Qui sommes-nous ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Ici &amp; Ailleurs, association pour une philosophie nomade&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, participe, en ce d&#233;but de printemps, au sein de la facult&#233; des Sciences sociales de l'Universit&#233; de Tirana, &#224; une rencontre internationale ayant pour th&#232;me &#171; peuple et populisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'occasion nous est ainsi offerte de faire mieux conna&#238;tre ce qu'est, aujourd'hui, &lt;i&gt;Ici &amp; Ailleurs&lt;/i&gt;, ce lieu mobile d'&#233;changes et de d&#233;couvertes qui vise &#224; porter la r&#233;flexion philosophique partout o&#249; la vie a fait se croiser des &#233;tudiants, leurs professeurs et des citoyens engag&#233;s dans une r&#233;flexion commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ici &amp; Ailleurs&lt;/i&gt; signifie, &#233;videmment, que nous sommes sortis des localisations g&#233;ographiques et universitaires o&#249; s'enseigne la philosophie. En clair, nous avons, au cours d'Universit&#233;s d'&#233;t&#233;, de conf&#233;rences internationales et de s&#233;minaires d'&#233;tudes, cess&#233;, depuis longtemps, de nous appuyer exclusivement sur le D&#233;partement de philosophie de l'Universit&#233; Paris 8, en France, d'o&#249; sont issus nombre de nos membres actifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ce soit en Albanie, en Roumanie, au Portugal, en Turquie, &#224; Ta&#239;wan, nous avons toujours voulu marier un travail intellectuel s&#233;rieux et exigeant avec la rencontre de cultures et de points-d'o&#249;-l'on-voit le monde diff&#233;remment, d'o&#249; l'on pense de fa&#231;on plus large et plus nuanc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ici &amp; Ailleurs, association pour une philosophie nomade&lt;/i&gt; se situe donc sur le terrain de l'&#233;tude et de l'insertion dans la cit&#233;, tout &#224; la fois. Elle cherche &#224; contribuer &#224; nourrir la pens&#233;e des ceux qui observent le monde mais aussi y interviennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous disons que la philosophie peut-&#234;tre nomade, c'est surtout pour nous interdire de nous fixer dans des espaces d&#233;limit&#233;s, voire clos, qu'il s'agisse des ghettos occidentaux ou des cadres hors desquels il devient difficile d'&#233;chapper aux doxas dominantes au sein de nos &#201;tats respectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mobiles, nomades et libres, pour mieux aborder la complexit&#233; du r&#233;el, &#233;chapper &#224; l'ethnocentrisme et devenir des citoyens du monde de la pens&#233;e, telle est notre orientation. C'est dire si notre regard est politique tout en &#233;vitant, autant que possible, les conditionnements innombrables qui nous submergent dans l'oc&#233;an des &#171; pr&#234;ts &#224; penser &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes donc ambitieux et modestes, mais nous voulons essaimer, afin que de nouvelles organisations b&#233;n&#233;ficiant de la m&#234;me libert&#233; de penser apparaissent au sein, &#224; c&#244;t&#233; ou &#224; distance des universit&#233;s, afin que notre initiative soit reprise, enrichie et &#233;largie. En France,&lt;i&gt; l'association Philom&#232;ne&lt;/i&gt;, depuis quelques mois, s'engage dans cette voie, dans la r&#233;gion de Franche-Comt&#233;. En Espagne, &lt;i&gt;l'association Aqu&#237; y all&#225;&lt;/i&gt;, &#224; son tour, s'est constitu&#233;e. Il s'agit d'associations-s&#339;urs plus que d'associations-filles. Nous appartenons &#224; la m&#234;me famille mais sans aucun lien de d&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait, selon nous, positif que, ici comme ailleurs, naissent d'autres associations-s&#339;urs. Il entre dans notre projet que se diffuse une pens&#233;e qui ne doive rien &#224; des organismes, partis et institutions officiels. La philosophie nomade, telle que nous l'avons abord&#233;e, telle que nous la pr&#233;sentons dans nos &#233;changes, nos &#171; salons &#187; (des r&#233;unions publiques de pr&#233;sentation d'un th&#232;me riche d'actualit&#233;), nos documents, notre site, ne peut servir qu'&#224; chacun et jamais &#224; un groupe constitu&#233;. Notre autonomie est sans limite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra revenir sur la sp&#233;cificit&#233; de&lt;i&gt; Ici &amp; Ailleurs, association pour une philosophie nomade&lt;/i&gt;. Cela pourrait constituer, &#224; l'occasion d'une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale extraordinaire, un temps d'papprofondissement de ce que nous sommes. Ce qu'est&lt;i&gt; Ici &amp; Ailleurs&lt;/i&gt; ne peut qu'&#233;voluer et il importe que cela ne se produise pas &#224; notre insu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous r&#233;jouissons que ce soit en Albanie, l&#224; o&#249; nous comptons des amis et des soutiens, que ce rappel et cette ouverture sur ce qu'est&lt;i&gt; Ici &amp; Ailleurs&lt;/i&gt; soient, m&#234;me rapidement, pr&#233;sent&#233;s au cours de ce temps fort d'expression philosophique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#034; Qu'est-ce qu'un peuple &#224; la lumi&#232;re de la r&#233;alit&#233; du peuple rom ? et qu'est-ce, aujourd'hui, que le peuple, comme entit&#233; politique, dans le contexte europ&#233;en de mont&#233;e des populismes ?&#034;</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=205</link>
		<guid isPermaLink="true">https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=205</guid>
		<dc:date>2012-04-25T10:33:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Dacheux</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'un peuple, &#224; la lumi&#232;re de la r&#233;alit&#233; du peuple rrom ? De quelle entit&#233; politique s'agit-il, dans le contexte europ&#233;en de mont&#233;e des populismes ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La philosophie politique ne sait au fond pas trop quoi faire du peuple &#187; Jean-Fran&#231;ois Kervejan 1 &lt;br class='autobr' /&gt;
1 - Il est plusieurs peuples dans chaque &#201;tat-nation. Depuis Hobbes, nous cherchons qui est le peuple. L'Union europ&#233;enne n'a pas vocation &#224; devenir un super &#201;tat-nation. Un doute profond subsiste alors sur l'identit&#233; politique des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=33" rel="directory"&gt;Albanie avril 2012&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qu'un peuple, &#224; la lumi&#232;re de la r&#233;alit&#233; du peuple rrom ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;De quelle entit&#233; politique s'agit-il, dans le contexte europ&#233;en de mont&#233;e des populismes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La philosophie politique ne sait au fond pas trop quoi faire du peuple &#187; Jean-Fran&#231;ois Kervejan 1&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1 - Il est plusieurs peuples dans chaque &#201;tat-nation.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis Hobbes, nous cherchons qui est le peuple.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Union europ&#233;enne n'a pas vocation &#224; devenir un super &#201;tat-nation. Un doute profond subsiste alors sur l'identit&#233; politique des Vingt-sept, demain Vingt-huit avec la Croatie. O&#249; est le peuple ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe politique quand ses responsables s'expriment en son nom, sait-elle, et a-t- elle jamais su, o&#249; est l'Europe ? L&#224; se trouve l'une des questions litigieuses &#224; r&#233;soudre. L'identit&#233; politique de l'Europe va bien au-del&#224; des vingt-huit &#201;tats de l'Union europ&#233;enne, mais jusqu'o&#249; va-t-elle ? Quelle place les Balkans occupent-ils, par exemple, d&#232;s &#224; pr&#233;sent, dans la dynamique de cette Europe politique en construction ? L'entr&#233;e de la Roumanie et de la Bulgarie, et avec eux de plus de trois millions de Rroms, a-t-elle mis un terme, provisoire, &#224; un &#233;largissement de l'Europe &#224; l'&#233;vidence mal ma&#238;tris&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les peuples se cherchent et ils se cherchent une place. Ce n'est plus tout &#224; fait la g&#233;ographie qui les installe. La mobilit&#233; professionnelle n'est pas li&#233;e seulement aux d&#233;localisations. Les populations se brassent sans cesse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais qu'est-ce donc qu'un peuple, aujourd'hui ? Peuple, nation, ethnie, &#233;tat, la pens&#233;e navigue autour de ces quatre mots pour caract&#233;riser cette population consciente d'elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout homme apparu sur la Terre est &#171; n&#233; quelque part &#187;. Entre ce sort g&#233;n&#233;ral de Terrien et cette particularit&#233; de naissance, chacun ne cesse, toute sa vie, d'&#233;tablir des liens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La nation&lt;/strong&gt; serait la population des natifs du pays l'on est n&#233; et qui nous accueille selon des m&#339;urs et des rites qui sont port&#233;s par la famille qui nous engendre et nous &#233;l&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La patrie&lt;/strong&gt; serait cette portion de Terre o&#249; cette aventure commence et o&#249;, le plus souvent, elle se prolonge. C'est le lieu familier qu'on privil&#233;gie comme Terre des p&#232;res o&#249; l'on a pris ses habitudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#201;tat&lt;/strong&gt; est l'organisation politique qui fonctionne l&#224; o&#249; la nation s'est install&#233;e, l&#224; o&#249; la patrie existe. Il est soumis aux rapports de forces et n'a, ni en interne, ni en externe, de caract&#232;re p&#233;renne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &lt;strong&gt;l'ethnie&lt;/strong&gt;, qu'est-elle et que devient-elle dans cette analyse ? &#171; L'ethnie n'est rien d'autre qu'un peuple sans &#233;tat 2 &#187;, affirme l'historienne Claire Auzias. L'ethnie rassemble des humains mais n'a pas historiquement ou l&#233;galement de droit &#224; poss&#233;der un sol. Les Rroms constituent l'une de ces innombrables ethnies que Robert Lafont d&#233;finissait comme &#171; des existants historiques continu&#233;s &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la nation qui serait la plus proche de l'ethnie mais &#224; une &#233;norme r&#233;serve pr&#232;s : l'ethnie n'est plus pensable en termes d'entit&#233;s raciales homog&#232;nes. Le concept de race est d'ailleurs sans fondement. L'ethnie de l'ethnologue, la soci&#233;t&#233; sans &#233;tat est, en outre, en voie de disparition. La culture occidentale dominante a &#233;t&#233;, comme le d&#233;montrait Pierre Clastres, &#171; ethnocidaire &#187;. Mais l'ethnie subsiste sous la forme d'entit&#233;s culturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tymologie associe bien davantage ethnie et peuple qu'ethnie et race ! Le Robert pr&#233;cise qu'ethnie vient du grec ethnos (peuple, nation) et que c'est un &#171; ensemble d'individus que rapprochent un certain nombre de caract&#232;res de civilisation, notamment la communaut&#233; de langue et de culture (alors que la race d&#233;pend de caract&#232;res anatomiques) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements internationaux ont r&#233;v&#233;l&#233;, par exemple en C&#244;te d'Ivoire, que la d&#233;coupe territoriale op&#233;r&#233;e par les colonisateurs pour donner naissance &#224; d'artificiels &#201;tats, a d&#233;solidaris&#233; les peuples de leur territoire et enfoui des germes de conflits interethniques. Il est commode d'attribuer aux pulsions racistes l'origine de massacres et d'atrocit&#233;s qui sont les effets in&#233;luctables des guerres, toutes les guerres, qui opposent des peuples d&#233;racin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que les peuples de la Terre ne seront pas pris en compte comme des unit&#233;s humaines collectives, bien plus nombreuses que les quelque 200 &#201;tats reconnus et si&#233;geant &#224; l'ONU, la question de l'occupation du sol continuera de nourrir d'irr&#233;pressibles conflits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Rroms apportent une partie des r&#233;ponses possibles &#224; nos interrogations s&#233;mantiques et politiques. Ne constituant ni un &#201;tat ni une race, les Rroms forment une ethnie (une &#171; communaut&#233; de langue et de culture &#187; selon le Robert), un peuple (une population ayant une histoire commune) et une nation (c'est-&#224;-dire un peuple vivant majoritairement sur un territoire, en ce cas l'Europe tout enti&#232;re). Mais qu'en est-il de leur avenir dans l'Europe en devenir ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2 &#8211; Minorit&#233;s et majorit&#233; : peut-on dire d'un peuple qu'il est assimilable &#224; une &#171; minorit&#233; nationale &#187; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;S'il s'agit d'affirmer qu'il existe des minorit&#233;s culturelles au sein des &#201;tats-nations existants, on peut convenir de cette &#233;vidence. Certaines minorit&#233;s ne sont minoritaires que parce qu'elles sont dispers&#233;es (les Kurdes r&#233;partis sur cinq pays diff&#233;rents, par exemple). Il est des minorit&#233;s qui exercent une influence d&#233;cisive, majoritaire, sur la politique du pays concern&#233; (les Sunnites, en Irak,depuis de tr&#232;s nombreuses ann&#233;es)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est des majorit&#233;s qui deviennent minorit&#233;s &#224; cause de d&#233;placements de fronti&#232;res. Toute majorit&#233; peut devenir minoritaire si l'on consid&#232;re sa d&#233;mographie par rapport &#224; un ensemble politique nouveau. En un sens, une population peut se trouver, tour &#224; tour, en situation de s'imposer par son nombre, sa position &#233;conomique, son influence historique ou son pouvoir politique. Le concept de minorit&#233;, au sein des d&#233;mocraties, ne peut qu'&#234;tre fluctuant, al&#233;atoire et r&#233;versible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Convention-cadre pour la protection des minorit&#233;s nationales adopt&#233;e, en novembre 1994, par le Comit&#233; des ministres du Conseil de l'Europe, fut le premier instrument multilat&#233;ral ayant force de loi consacr&#233; &#224; la protection des minorit&#233;s nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Charte europ&#233;enne des langues r&#233;gionales et minoritaires,3 adopt&#233;e d&#232;s juin juin 1992, pouvait &#234;tre le pendant de la Convention-cadre. Elle reconna&#238;t que le droit d'utiliser une langue r&#233;gionale ou minoritaire, en priv&#233; ou en public, est un droit inali&#233;nable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, les minorit&#233;s nationales, ethniques ou culturelles, existent davantage par les r&#233;sistances &#224; l'assimilation qu'elles d&#233;veloppent qu'&#224; cause du respect, par les Gouvernements des pays concern&#233;s, des textes internationaux les concernant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Rroms, minorit&#233; nationale, ethnique ou culturelle, selon l'approche intellectuelle qui est faite d'eux (minorit&#233; transnationale, ou nation europ&#233;enne minoritaire sans territoire compact, ou nation sans &#201;tat, ou minorit&#233; linguistique...) ne doivent leur maintien dans la communaut&#233; humaine qu'&#224; leur exp&#233;rience s&#233;culaire qui leur permet de s'opposer, par la pratique, aux tentatives d'assimilation forc&#233;e dont ils n'ont cess&#233; de faire l'objet en d&#233;pit de toutes les d&#233;clarations et de tous les trait&#233;s ou autres documents &#224; caract&#232;re officiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les peuples autochtones, en fait les ethnies conscientis&#233;es, n'ont jamais &#233;t&#233; aussi pr&#233;sents sur le r&#233;seau du Net ! Inuits, Am&#233;rindiens, Polyn&#233;siens y d&#233;barquent comme Christophe Colomb sur la terre d'Am&#233;rique. L'objectif avou&#233; est d'offrir une cybercommunaut&#233; aux peuples autochtones.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes entr&#233;s dans l'&#232;re de l'inter, de la relation, du relatif, du r&#233;seau, de l'&#233;change, de la diversit&#233;, de la mobilit&#233;, de la souplesse, de la pluralit&#233; universelle et pas de l'uniformit&#233; nationale ou mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Non seulement il est plusieurs peuples dans la nation mais il devient difficile de penser la nation, quand elle est d&#233;finie comme ne constituant qu'un seul peuple.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les peuples autochtones composent un v&#233;ritable &#171; quart-monde &#187; politique. (&#171; Il faut entendre par Quart-Monde un terme servant &#224; d&#233;signer les peuples autochtones en situation de type colonial dans le cadre d'&#201;tats-nations dominants &#187;). Ils ont obtenu un statut d'ONG intervenant aupr&#232;s du Groupe de Travail sur les populations autochtones au sein de l'Organisation des Nations unies, et c'est tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les populations autochtones ne veulent plus &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des minorit&#233;s. Plus pr&#233;cis&#233;ment elles veulent &#234;tre reconnues comme peuples et non comme minorit&#233;s ethniques. La plupart des gouvernements r&#233;cusent la possibilit&#233; de leur appliquer ce mot de peuple qui implique le droit &#224; l'autod&#233;termination. Pour les autochtones, le rapprochement de ces deux termes (peuple et autod&#233;termination) ne d&#233;bouche pourtant pas, n&#233;cessairement, sur la revendication d'ind&#233;pendance. Ils envisagent l'autod&#233;termination en terme d'autonomie et d'autogestion de leurs territoires, pour d&#233;cider eux-m&#234;mes de leur devenir et de leur d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ind&#233;pendance nationale est, du reste, un leurre si, pour parler comme Sartre, le peuple qui vote &#171; croit &#224; un changement de politique et n'obtient qu'un changement de personnel4 &#187;. Est d&#233;mocratique la nation qui compte des minorit&#233;s auxquelles nul n'a &#224; craindre d'appartenir. La d&#233;mocratie v&#233;ritable n'offre pas le pouvoir au plus grand nombre ; elle s'offre au peuple qui se fait une loi de servir d'abord, le mieux possible, sa plus petite minorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapport&#233;es &#224; la r&#233;alit&#233; europ&#233;enne, les minorit&#233;s dites nationales, autrement dit politiquement d&#233;pendantes d'un &#201;tat-nation, accentuent encore ce caract&#232;re de relativit&#233;. Elles peuvent &#234;tre majoritaires selon leur r&#233;partition g&#233;ographique sur un territoire donn&#233; (la minorit&#233; Corse est majoritaire... en Corse !), minoritaires mais associ&#233;es &#224; une majorit&#233; voisine (la minorit&#233; magyare de Transylvanie reste tr&#232;s attach&#233;e &#224; la Hongrie), minoritaires mais politiquement dominantes (les &#034;Protestants&#034; d'Irlande du Nord, dits l&#233;gitimistes, se sont longtemps impos&#233;s avec l'aide du pouvoir central londonien)..., minoritaires, enfin, dans chaque &#201;tat tout en totalisant des effectifs sup&#233;rieurs &#224; ceux des populations recens&#233;es (les Tsiganes sont, ensemble, en Europe plus nombreux que les Irlandais, les Su&#233;dois, ou les Autrichiens).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant pr&#233;cis&#233;ment des Tsiganes, identifi&#233;s comme minorit&#233;s (ou &#171; nationalit&#233;s &#187;) et reconnus comme tels en Hongrie, en Slovaquie ou en Finlande, ils sont peut-&#234;tre (on ne peut exactement les compter) plus de quinze millions dans toute l'Europe &#233;largie. C'est autant ou plus que les populations de cinq &#201;tats de l'ex-Europe des quinze ou de neuf &#201;tats de l'Europe &#233;largie &#224; vingt-huit ! Et encore dans cette comptabilit&#233; europ&#233;enne approximative mais qui fournit un ordre de grandeur, n'est-il question ni de la Suisse, ni de l'Islande, ni de la Norv&#232;ge, ni de cinq &#201;tats des Balkans, dont l'Albanie, non encore concern&#233;s par une admission dans l'Union europ&#233;enne et qui tous, hormis la Serbie, comptent moins de dix millions d'habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute comptabilit&#233; est perverse ; il ne faut donc pas s'y tenir. Les d&#233;mocraties pluralistes ignorent les citoyens de seconde zone. Et pourtant, &#171; Que de minorit&#233;s des anciens empires sont aujourd'hui majorit&#233; dans leur propre &#201;tat ! &#187;, observait Andr&#233; Liebich. Et, disait-il encore : &#171; on peut s'imaginer une Europe future o&#249; les fronti&#232;res entre &#201;tats s'estompent. &#192; ce moment nous serons tous europ&#233;ens mais nous serons aussi tous minoritaires... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les minorit&#233;s nationales en Europe peuvent, en effet, cesser d'&#234;tre regard&#233;es comme telles si, d'une part, la transversalit&#233; ou transeurop&#233;anit&#233; des minorit&#233;s autorisent &#224; cesser de les consid&#233;rer comme des minorit&#233;s, et si, d'autre part, tout peuple &#233;tant, d&#233;sormais, minoritaire en Europe, un autre regard peut se trouver port&#233; sur un ph&#233;nom&#232;ne banalis&#233; : l'&#233;tat minoritaire devenant en quelque sorte la condition ordinaire des populations. Toute majorit&#233; d&#233;mocratique est circonstancielle. Toute majorit&#233; ethnique stable constitue une domination indue faisant le lit de nationalismes violents auxquels s'apparentent les ph&#233;nom&#232;nes populistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne suffit pas de v&#233;rifier que &#171; la philosophie politique ne sait pas trop quoi faire du peuple. Il n'y a de minorit&#233; nationale que l&#224; o&#249; il y a conscience d'une d&#233;faveur permanente chez une partie des habitants, d&#233;faveur due &#224; une sp&#233;cificit&#233; caract&#233;risant un groupe identifi&#233; dans le pays. Une minorit&#233; non permanente, constitu&#233;e d'individus divers, non seulement n'est pas une minorit&#233; nationale mais constitue une composante n&#233;cessaire dans une d&#233;mocratie. Dans un &#201;tat multinational, chaque nation peut bien &#234;tre une minorit&#233;, elle n'en sera pas, pour autant, une minorit&#233; nationale si ses membres ne sont victimes d'aucune stigmatisation, d'aucune oppression, d'aucun traitement particulier d&#251; &#224; leur appartenance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'y a-t-il pas lieu de mettre fin au concept m&#234;me de minorit&#233; nationale s'il est inutilement discriminatoire ? Ou bien il renvoie &#224; un &#201;tat-nation ext&#233;rieur (comme les Souabes allemands, en Hongrie) et c'est le rapport &#224; l'Allemagne qui mesure, alors, le rapport aux citoyens hongrois d'origine allemande ! Ou bien il donne &#224; penser qu'une nation est peut-&#234;tre en gestation au sein de l'&#201;tat (comme les Kabyles en Alg&#233;rie) et alors c'est la minorit&#233; nationale, suspect&#233;e de s&#233;paratisme ou de nationalisme, qui est r&#233;prim&#233;e comme telle ! .&lt;br class='autobr' /&gt;
Ni minorit&#233; hors de la nation, ni minorit&#233; dans la nation, ni minorit&#233; au travers des nations, la minorit&#233; nationale semble n'avoir plus aucune raison d'&#234;tre. Les Rroms, une fois encore, minorit&#233; pr&#233;sente dans chacun comme dans tous les &#201;tats o&#249; ils vivent, n'ont aucun territoire &#224; revendiquer en propre, ils ne sont donc pas une minorit&#233; nationale et c'est l&#224; leur force autant que leur faiblesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Nous sommes tous minoritaires &#187; : cette curieuse formule pourrait bien devenir l'heureux constat de tous les d&#233;mocrates !&lt;/strong&gt; Cette situation minoritaire que toute pens&#233;e en d&#233;veloppement rencontre est un bienfait et non une carence. Tous minoritaires un jour, et donc aussi majoritaires &#224; l'occasion, nous vivons, comme citoyens, hors des cadres particularistes de nos diverses appartenances. La minorit&#233; nationale comme donne intangible d'un groupe humain n'a pas de sens car elle fige ses rapports et fixe la domination qu'elle subit sous le poids constant de la majorit&#233;. Le caract&#232;re minoritaire d'un groupe ne d&#233;termine pas son poids politique, ni sa reconnaissance. C'est en tout cas pourquoi les peuples autochtones et les populations aux m&#339;urs homog&#232;nes incluses dans des entit&#233;s politiques plus vastes peuvent esp&#233;rer ne plus d&#233;pendre en tout des &#201;tats-nations constitu&#233;s ou des regroupements d'&#201;tats-nations telle que l'est, actuellement l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3 - Les Rroms, une minorit&#233; dans chaque nation, renouvelle notre approche du concept de minorit&#233;.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Partout pr&#233;sents, les Rroms sont partout minoritaires en Europe. Regroup&#233;s, ils pourraient constituer une population &#233;gale ou sup&#233;rieure en nombre aux populations de plusieurs &#201;tats avons-nous constat&#233; ! Tel n'est pas leur d&#233;sir, ni leur projet, ni leur conception de leur unit&#233;. Sans territoire et sans &#201;tat, r&#233;p&#233;tons-le, ils consid&#232;rent leur dispersion non comme une faiblesse mais comme une force, non point la force du nombre, mais seulement la force de la vie qui diffuse et circule dans tout le corps de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Minorit&#233; perp&#233;tuelle, les Rroms sont &#224; l'abri de la tentation de s'&#233;riger en &#201;tat. Minorit&#233; permanente, ils ont appris &#224; n'exercer et &#224; ne subir jamais la domination. Vivre en groupes familiaux, s&#233;par&#233;s et solidaires, ne procure aucun pouvoir mais prot&#232;ge des risques de l'isolement et de l'exploitation. La minorit&#233; rrom interpelle ainsi le concept m&#234;me de minorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disposer de la majorit&#233; rassure et offre la perspective de la puissance. La d&#233;mocratie a ceci de pervers qu'elle pr&#233;suppose que le nombre autorise le droit ! Chaque citoyen qui n'a pas appris les avantages et les limites de la majorit&#233; se met en situation d'accepter la dictature ! Chacun est ou pourrait &#234;tre, tour &#224; tour, minoritaire et majoritaire, pas seulement &#224; l'occasion d'un scrutin, mais par simple conscience de ses appartenances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#202;tre minoritaire peut n'&#234;tre que l'&#233;tat ordinaire de la vie en soci&#233;t&#233;. Dissocier le pouvoir du nombre mais aussi de la violence met &#224; l'abri de la tentation de s'imposer. Ce communautarisme &#224; propos duquel les analystes de tous calibres inondent les gazettes a si peu &#224; voir avec la communaut&#233; qu'il en est la n&#233;gation m&#234;me. Vivre en communaut&#233; est vivre en harmonie. Vivre sous le r&#233;gime du communautarisme est vivre sous la loi intangible et rigide d'un clan. La communaut&#233; familiale &#233;largie des Rroms est une communaut&#233; de partage, serr&#233;e et vaste, protectrice et exigeante, disjoignable et reconstituable selon les possibilit&#233;s d'occupation du sol ; c'est un lieu de formation o&#249; l'on s'exerce &#224; vivre en groupe, minoritaire et majoritaire tout &#224; la fois, selon les rencontres que l'on fait, la tol&#233;rance dont on b&#233;n&#233;ficie, les regroupements auxquels on participe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus souvent en situation de minorit&#233;, les Rroms d&#233;pendent des gadj&#233;, les non- Rroms, mais aussi peu que possible. N'&#234;tre jamais celui qui poss&#232;de les moyens d'imposer sa loi tout en menant, &#224; peu pr&#232;s, la vie que l'on aime, suppose une adaptabilit&#233;, une souplesse de comportement, mais aussi une patience, une fiert&#233; cach&#233;e, une r&#233;sistance, une r&#233;silience, qui sont autant de qualit&#233;s dues &#224; cette obligation constante de n'&#234;tre point mineur tout en &#233;tant minoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos multiappartenances devraient nous permettre de go&#251;ter aux affres et aux plaisirs de la minorit&#233; ! De la vie individuelle jusqu'&#224; la vie collective de chaque citoyen, les occasions d'&#234;tre minoritaires sont quotidiennes. Faire de ce statut de minoritaire une valeur n'est pas ais&#233;. On heurte le dogme du pouvoir, l'article de foi de la propri&#233;t&#233;. M&#234;me le tenant d'une langue minoritaire qui dit souffrir de discrimination est conduit &#224; se rassurer en se sachant majoritaire qui dans son &#238;le, qui dans ses montagnes ou sa province ! M&#234;me la raret&#233;, pour &#234;tre accept&#233;e, a besoin de prendre valeur. Nous sommes encore loin d'acqu&#233;rir cette culture de la diversit&#233; qui fait du foisonnement des minorit&#233;s quelles qu'elles soient, humaines, animales, botaniques, la richesse collective de tous, un bonheur humain partageable, non mesurable, non monnayable : un bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Rroms, en se disant &#171; hommes v&#233;ritables &#187; sont dans cette philosophie de minoritaires o&#249;, &#224; force d'&#234;tre toujours &#171; plus petit que &#187;, on apprend et on comprend que l'essentiel n'appartient &#224; personne si ce n'est &#224; tous, &#224; la fois par usages et emprunts successifs. La minorit&#233; a m&#234;me l'avantage de donner sens et valorisation &#224; la majorit&#233;. Sans minorit&#233; il n'est point de majorit&#233;. Plusieurs minorit&#233;s peuvent faire une majorit&#233;. Une majorit&#233; qui se scinde fait na&#238;tre des minorit&#233;s. Relativiser le rapport entre majorit&#233; et minorit&#233;, dans l'ordre sociologique autant que politique, est de bonne sant&#233; sociale et citoyenne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Rroms peuvent-ils &#234;tre convoqu&#233;s pour participer &#224; ce d&#233;bat ? Certes ! Les Rroms apparaissent, aux yeux des populations europ&#233;ennes, comme des ensembles clos, des &#171; communaut&#233;s &#187; imp&#233;n&#233;trables, des regroupements de familles repli&#233;es sur elles-m&#234;mes r&#233;servant leur solidarit&#233; &#224; leurs membres. Cette observation n'est pas totalement inexacte, &#224; ceci pr&#232;s que ces cl&#244;tures ne sont pas monastiques, que le rapport au &#171; gadjo &#187; n'est pas bris&#233; mais seulement contr&#244;l&#233;, et que cette solidarit&#233; r&#233;serv&#233;e a toujours &#233;t&#233; une protection face &#224; des menaces potentielles ou bien r&#233;elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les fixit&#233;s qu'il faut craindre, point les diversit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4 &#8211; Les Rroms comme minorit&#233;-test selon Vaclav Havel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faut se dresser contre l'esprit des murs. La d&#233;mocratie se mesure par le rapport&lt;br class='autobr' /&gt;
de la soci&#233;t&#233; aux minorit&#233;s5 &#187; affirmait Vaclav Havel. Car on a tent&#233; d'enfermer, derri&#232;re des murs, en Tch&#233;quie, au c&#339;ur de l'Europe ce peuple certes partout pr&#233;sent sur Terre, mais constituant principalement un peuple europ&#233;en. Quelle que soit son origine, ce peuple en marche s'est arr&#234;t&#233; en Europe o&#249; il s'est fix&#233; tout en s'y mouvant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de presque un mill&#233;naire de pr&#233;sence en Europe, les Rroms ont cess&#233; d'y &#234;tre des &#171; passagers &#187; : ils sont l&#224;, depuis tr&#232;s longtemps l&#224;, et ils font partie int&#233;grante de l'Europe en construction. Ce sont devenus des &#171; europ&#233;ens de souche &#187; ! Pourrait-on, ainsi, devenir autochtone ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d'autant plus impossible de penser l'Europe sans les Rroms que leur histoire porte les stigmates de crimes inoubliables que les Europ&#233;ens ont commis et dont l'humanit&#233; tout enti&#232;re reste bless&#233;e. Esclavage, g&#233;nocide, ostracisme ethnocidaire, ont enferm&#233; les populations victimes dans des conduites qui, de fuite en exil, de diaspora en expulsions, ont pu, parfois, &#233;viter la disparition et la mort, mais s&#251;rement pas la mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas d'entrer ici dans une r&#233;flexion victimisant les Rroms : il s'agit de soutenir que la minorit&#233; la plus importante en Europe a &#233;t&#233;, et reste, menac&#233;e dans son existence m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La question tsigane, affirmait encore Vaclav Havel, constitue un test pour l'avenir d&#233;mocratique de l'Europe 6 &#187;. On peut parler de &#171; test &#187; si l'on pense que c'est &#224; la fa&#231;on dont l'Union Europ&#233;enne consid&#232;re les 15 millions de Rroms vivant en Europe, qu'on pourra caract&#233;riser le niveau de civilisation atteint dans l'Union europ&#233;enne et &#224; ses marges.&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut &#233;voquer aussi ce &#171; test &#187; non plus apr&#232;s avoir effectu&#233; un constat critique, mais pour mettre &#224; l'&#233;preuve nos pratiques d&#233;mocratiques. La menace, alors, se d&#233;place : ce ne sont plus seulement les Rroms qui risquent de se retrouver exclus du processus d&#233;mocratique mais tous les Europ&#233;ens qui, faute d'avoir su prendre en compte la sp&#233;cificit&#233; d'une minorit&#233; tr&#232;s importante &#8211; tant du point de vue d&#233;mographique que du point de vue culturel &#8211; peuvent se retrouver en contradiction avec les valeurs et les id&#233;aux qu'ils affichent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas, en quelque sorte, d'Europe d&#233;mocratique qu'on puisse installer au sein de laquelle les Rroms n'auraient ni place, ni statut. L'interpellation tsigane, pour muette qu'elle soit, n'en est pas moins essentielle : si l'Europe l'oublie, elle se nie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les Rroms, la nation est une id&#233;e neuve en Europe. Il est, en effet, impossible de continuer &#224; penser la nation comme la population politique d'un &#201;tat d&#233;fini, toutefois, la nation dont les Rroms se r&#233;clament reste encore un concept &#233;tranger &#224; la philosophie politique en cours en Europe d&#232;s lors qu'elle n'est associ&#233;e ni &#224; un &#201;tat, ni &#224; un territoire (du moins &#224; aucun territoire autre que l'ensemble de l'Europe elle- m&#234;me !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le nationalisme Rrom est une utopie qui interroge l'utopie de la construction europ&#233;enne &#187; affirmait, avec bonheur, Morgan Garo, dans la th&#232;se de g&#233;ographie qu'elle soutint &#224; Paris 8. Autrement dit, la revendication nationale Rrom que n'accompagne aucune revendication territoriale, ni aucune recherche d'un pouvoir &#233;tatique sp&#233;cifique, n'est pas plus illusoire que la qu&#234;te politique europ&#233;enne elle- m&#234;me (qui cherche toujours et ses limites g&#233;ographiques &#8211;voil&#224; pour le territoire ! &#8211; et le r&#244;le exact des pouvoirs nationaux int&#233;gr&#233;s &#8211; voil&#224; pour les &#201;tats ! &#8211;).&lt;br class='autobr' /&gt;
Parler, comme le fait Marcel Courthiade, si souvent venu en Albanie, d'une nation dont &#171; la langue remplace le territoire &#187;, revient &#224; fournir une d&#233;finition culturelle, ethnique parce que culturelle et s&#251;rement pas raciale... de la nation. Cette d&#233;marche peut conduire, y compris, &#224; faire na&#238;tre des &#233;lites au sein du peuple rrom !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein du Conseil de l'Europe, on trouve plus qu'aupr&#232;s du Parlement europ&#233;en une &#233;coute attentive de ceux qui effectuent cette recherche in&#233;dite de modes d'affirmation multiculturels, multi identitaires, multi nationaux. Les Rroms ont bel et bien leur place dans cette qu&#234;te d'une organisation originale de l'espace du territoire europ&#233;en, et ils ne sont pas les seuls &#224; y revendiquer une place que ne d&#233;limite aucune exclusivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce droit ontologique n'a besoin d'aucun parti, aucun mouvement organis&#233; pour &#234;tre affirm&#233;. La culture tsigane contient, &#224; elle seule, tout le principe que le mot Rrom, en langue rromani, r&#233;sume : je suis &#171; homme &#187;, rien d'autre qu'un homme, un homme v&#233;ritable ! Et si l'humanit&#233; du Rrom ne prend pas toutes les formes par lesquelles on reconna&#238;t l'humanit&#233; des autres Europ&#233;ens, cela n'inf&#232;re pas que l'humanit&#233; des Rroms ne soit pas aussi europ&#233;enne que celle des autres humains r&#233;sidant sur le continent ! Cette pr&#233;tention des Rroms d'&#234;tre homme parmi les hommes sans adopter toutes les m&#339;urs de la majorit&#233; d'entre eux, leur a d&#233;j&#224; caus&#233; bien des tourments et rien ne donne &#224; penser qu'ils soient parvenus au bout de leurs peines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henriette Ass&#233;o, historienne, consid&#232;re qu'il y a grand p&#233;ril, pour les Rroms &#224; s'affirmer comme nation sans territoire. Alors que, partout, les nationalismes et les &#201;tats-nations sont malades, l'apparition d'une nation rrom risque de conduire, pense- elle, &#224; une impasse ! La double appartenance &#224; une nation sans territoire et &#224; un territoire, fut-il &#233;tendu aux limites d'une Europe en extension, contient, en germes, de nombreux dangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peuple esclave en Europe, Europe zinganeurfrei, population sans nation : les trag&#233;dies de l'esclavage, du g&#233;nocide et de l'ethnocide ne sont pas, pour les Rroms, des horreurs n'appartenant qu'au pass&#233; ! Un peuple qui s'affirme, sans en avoir les moyens politiques, est condamn&#233; aux pires formes de l'exclusion : aux morts lentes ou programm&#233;es que leur pr&#233;parent les &#233;lites politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ha&#239;s pour n'&#234;tre pas ce que nous, les gadj&#233;, voudrions qu'ils soient, les Rroms sont, pour beaucoup d'Europ&#233;ens, destin&#233;s &#224; dispara&#238;tre : de notre vue, de nos pens&#233;es ou de l'histoire elle-m&#234;me, c'est selon..., mais rien ne justifie qu'ils osent pr&#233;tendre &#224; une existence incompatible avec les r&#232;gles et les lois que se sont donn&#233;es les &#201;tats qui coop&#232;rent dans l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'utopie de l'utopie, c'est de penser un projet de vie en soci&#233;t&#233; qui non seulement n'est pas viable mais qui, le serait-il en tout ou partie, n'est pas acceptable pour la majorit&#233; des Europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie se replie comme un pi&#232;ge sur les minorit&#233;s et notamment celles qui vivent sur des territoires &#171; non compacts &#187;. Quand la volont&#233; politique est soumise &#224; la loi du nombre, ou bien elle s'&#233;teint ou bien elle nourrit la r&#233;volte. Dans le cas des Rroms, cette volont&#233; peut faiblir sans s'&#233;teindre et la r&#233;volte se mat&#233;rialiser dans la r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est tout le sens du rejet du gadjo : le gadjo ne veut d'aucun Rrom m&#234;me si, dans le meilleur des cas, il se r&#233;signe &#224; ce que le Rrom devienne un gadjo. Il n'y a pas d'avenir, d'existence propre, de reconnaissance g&#233;n&#233;rale possibles pour les Rroms. Affirmer l'&#234;tre propre des Rroms : peuple, ethnie, culture, nation et langue vivante, tout &#224; la fois, c'est un mythe, une illusion, une pr&#233;tention, une imposture, dont on peut, un temps, faire &#233;tat, et dont il est possible de tol&#233;rer l'expression, surtout quand elle est belle et se fait chant ou danse, mais cela reste une figure imaginaire : c'est une manifestation sans consistance, un reflet du pass&#233; qui n'ont aucune place dans le r&#233;el, dans la res publica, au creux de l'en-commun europ&#233;en.Tant que les peuples de la Terre ne seront pas pris en compte comme des unit&#233;s humaines collectives, bien plus nombreuses que les &#201;tats, la question de l'occupation du sol continuera de nourrir d'irr&#233;pressibles conflits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les interpellations des Rroms, leur d&#233;fi, font que les crit&#232;res et les conditions formul&#233;es par les gadj&#233; pour vivre avec eux sont sans effet ! La r&#233;sistance &#224; l'alternative europ&#233;enne : (ins&#232;re toi pour. t'int&#233;grer et t'assimiler ou reste enferm&#233; dans la marginalit&#233; qui t'exclut), consiste, au contraire, &#224; s'ins&#233;rer sans s'int&#233;grer, &#224; se distinguer sans se marginaliser, &#224; vivre avec les gadj&#233; le jeu dialectique du conflit permanent qui devient compromis jusqu'au prochain seuil de rupture ! Le Rrom se sait, se veut, se pense, se d&#233;clare inassimilable ! Cette association sans confusion est d&#233;sarmante en ce sens qu'elle transforme une permanente relation conflictuelle en de multiples concessions, transactions et arrangements toujours remis en questions et toujours renouvel&#233;s..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; vivre dans le m&#234;me territoire sans se r&#233;f&#233;rer aux m&#234;mes valeurs, on finit par s'obliger &#224; tol&#233;rer des situations incertaines, &#224; accepter des accords partiels et fragiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; est bien la r&#233;sistance : dans la soumission temporaire et le compromis permanent, vivre, il le faut bien, dans ce monde des gadj&#233; qui n'est pas le leur, n&#233;cessite des Rroms, tout un apprentissage, une adaptation constante, afin de g&#233;rer les rejets, de les retarder, d'exploiter l'espace et le temps en partie disponibles...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette longue exp&#233;rience de l'impossible d&#233;saccord vite d&#233;sagr&#233;g&#233; et obligatoirement renouvel&#233;, cette m&#233;sentente surmont&#233;e qui rena&#238;t jour apr&#232;s jour, forment des comportements, des habitudes, construisent des discours tout pr&#233;par&#233;s qui permettent de durer dans des environnements tour &#224; tour hostiles ou sans r&#233;actions (jamais longuement tol&#233;rants !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie est impuissante &#224; g&#233;rer ce type de conflit d'existence, elle qui, en principe, est faite pour g&#233;rer les conflits de pouvoir ! Les Rroms ignorent, ou presque, la repr&#233;sentation. Le &#171; vieux &#187; qui parle pour la famille ne parle pas pour chacun de ces membres. Il n'est pas mandat&#233;. Il dit ce que lui a enseign&#233; son exp&#233;rience des gadj&#233;. Son autorit&#233; s'arr&#234;te avec la parole qui contient ce que r&#233;clame l'int&#233;r&#234;t du groupe. C'est un chef provisoire. Si un conflit surgit au sein de la famille, sa voix peut-&#234;tre sera-t-elle mieux entendue si elle rappelle ce qui n'appartient qu'au groupe. S'agissant du porte-parolat sur lequel les gadj&#233; pourraient faire fond, mieux vaut ne pas trop y compter : les m&#339;urs politiques des Rroms n'empruntent pas les coutumes d&#233;mocratiques en usage dans toute l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nation Rrom est litt&#233;ralement inconcevable pour un d&#233;mocrate d'Europe. Elle existe sans &#234;tre d&#233;finie juridiquement. Elle existe dans une pratique et une tradition &#171; mobiles &#187; c'est-&#224;-dire adapt&#233;es &#224; l'environnement des gadj&#233;. Le gadjo change, le non-gadjo &#224; son tour change pour rester Rrom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout se passe comme si le Rrom &#233;tait le verso de la pi&#232;ce, de la m&#233;daille o&#249; se trouve grav&#233;e ou model&#233;e l'identit&#233; humaine ! Que change le recto et changera le verso. Le Rrom semble l&#224; pour rappeler qu'il n'y a pas, qu'il n'y aura jamais une seule fa&#231;on d'&#234;tre un homme et que c'est une r&#233;serve d'espoir de pouvoir compter sur un autre savoir-vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avril 2012, Tirana.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 - Kerv&#233;gan Jean-Fran&#231;ois, auteur de l'article peuple dans le Dictionnaire de philosophie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 - Auzias Claire, Les po&#232;tes de Grand Chemin, Voyage avec les Roms des Balkans, Michalon, 1998, p. 352./.../ &#034; Les Roms sont une ethnie. Contrairement au sens commun diffus&#233; notamment par la guerre dans les Balkans, une ethnie n'est pas synonyme d'un petit groupe quelconque. Les Croates ne sont pas une ethnie, les Bosniaques non plus. Sont une ethnie les peuples, g&#233;n&#233;ralement autochtones, vivant dans les marges des &#201;tats sur des territoires conquis par l'&#233;tatisation d'un pays, tels que ceux cit&#233;s ci-dessus ? Aborig&#232;nes australiens et Aborig&#232;nes du monde entier, Lapons, Am&#233;rindiens, etc... et les peuples non autochtones comme les Roms, qui ne sont pas organis&#233;s constitutionnellement en &#201;tat. L'ethnie est une cat&#233;gorie du politique, elle n'a rien a voir avec les g&#232;nes, avec le biologique, avec les sous-groupes humains &#224; taille variable. L'ethnie est un peuple qui ne fonctionne pas en &#201;tat, rien d'autre. L'ethnie n'est pas un peuple inf&#233;rieur ni plus petit. Elle n'est minoritaire que par la force, c'est-&#224;-dire domin&#233;e. Elle n'est ni plus pure, ni plus sauvage, ni plus naturelle, ni plus &#233;ternelle, ni plus autarcique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 - Conseil de l'Europe, Charte r&#233;gionale des langues r&#233;gionales ou minoritaires, texte adopt&#233; &#224; Strasbourg le 5 novembre 1992, et soumis, depuis, aux &#201;tats Membres pour signature et ratification. Ce texte a valeur de Convention et est entr&#233; en vigueur le 1er mars 1998. La France, qui ne veut conna&#238;tre qu'une seule langue officielle, selon sa Constitution, ne l'a pas encore approuv&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voir : &lt;a href=&#034;http://conventions.coe.int/Treaty/FR/Treaties/Html/148.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://conventions.coe.int/Treaty/FR/Treaties/Html/148.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 - Sartre Jean-Paul, L'engrenage, sc&#233;nario &#233;crit en 1946, Paris, Gallimard, Folio 2804, 1996, p.144 : &#034;Pauvres idiots ! Vous croyez &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
un changement de politique, vous n'aurez qu'un changement de personnel !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 - Marchand Anna, cite Vaclav Havel pour ouvrir la conclusion de son beau livre : La protection des droits des Tsiganes dans l'Europe d'aujourd'hui, &#233;dition de l'Harmattan, Paris, 2001, ISBN : 2- 7475-0385-2, p. 229.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 - Havel Vacl&#225;v, Pour une politique post-moderne, &#233;dition de l'Aube, Paris, 1999, ISBN 2-87678-505-6, p. 30.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Salutation &#224; cette nouvelle association</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=194</link>
		<guid isPermaLink="true">https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=194</guid>
		<dc:date>2012-03-13T09:29:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Dacheux</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le 17 janvier 2012.
&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Jose Ignacio Benito Climent
&lt;br class='autobr' /&gt;
Profesor de Filosof&#237;a
&lt;br class='autobr' /&gt;
C/Vicente Sancho Tello, 17 (p7)
&lt;br class='autobr' /&gt;
46021 Val&#232;ncia &lt;br class='autobr' /&gt;
Bonjour Jose,
&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu nous annonces, le 6 janvier, que &#171; l'assoc Aqu&#237; y all&#225; va se r&#233;unir pour sa formation &#187;. Cette nouvelle nous ravit ! Ainsi allons-nous avoir une s&#339;ur en Espagne !
&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes nos f&#233;licitations pour la naissance de ce b&#233;b&#233; philosophique, &#224; Valence. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ne perdez pas courage m&#234;me si l'Espagne, comme d'autres encore en Europe, est fort maltrait&#233;e ! Rajoy n'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=34" rel="directory"&gt;L'association &#034; Aqu&#237; y all&#225; &#034; est n&#233;e en Espagne...&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 17 janvier 2012.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Jose Ignacio Benito Climent&lt;br class='autobr' /&gt;
Profesor de Filosof&#237;a&lt;br class='autobr' /&gt;
C/Vicente Sancho Tello, 17 (p7)&lt;br class='autobr' /&gt;
46021 Val&#232;ncia&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonjour Jose,&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu nous annonces, le 6 janvier, que &#171; l'assoc Aqu&#237; y all&#225; va se r&#233;unir pour sa formation &#187;. Cette nouvelle nous ravit ! Ainsi allons-nous avoir une s&#339;ur en Espagne !&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes nos f&#233;licitations pour la naissance de ce b&#233;b&#233; philosophique, &#224; Valence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne perdez pas courage m&#234;me si l'Espagne, comme d'autres encore en Europe, est fort maltrait&#233;e ! Rajoy n'est pas le seul qui ob&#233;isse &#224; une politique brutale mais sans avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons beaucoup de travail &#224; faire pour que la pens&#233;e l'emporte sur la doxa. Ce que les &#171; indignados &#187; ont commenc&#233; &#224; montrer au monde nous int&#233;resse vivement. Il serait temps qu'en France d'autres indign&#233;s s'&#233;veillent, &#224; leur tour.&lt;br class='autobr' /&gt;
Restons en contact dans l'amiti&#233; et le partage philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'&#233;quipe d'animation d'Ici &amp; Ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Pierre Dacheux&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sident de l'association.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des fronti&#232;res</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=159</link>
		<guid isPermaLink="true">https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=159</guid>
		<dc:date>2011-09-12T08:44:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Dacheux</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le 27 ao&#251;t 2011 Chers amis r&#233;unis &#224; Porto, Je suis, si j'ose dire, &#171; ici et ailleurs &#187;. Je suis ici, avec vous, &#224; Porto, et par l'amiti&#233; et par l'int&#233;r&#234;t pour le th&#232;me choisi pour ces journ&#233;es d'&#233;t&#233;. Je suis ailleurs car contraint, pour des raisons familiales et personnelles imp&#233;ratives, de demeurer en France. La situation des Rroms en Europe, dont j'ai, vous le savez, grand souci, loin de s'apaiser, se durcit encore. Elle pose trois questions de fond en rapport avec votre Universit&#233; d'&#233;t&#233; : (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=25" rel="directory"&gt;Universit&#233; d'&#233;t&#233; &#224; Porto fin aout 2011&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 27 ao&#251;t 2011&lt;br class='autobr' /&gt;
Chers amis r&#233;unis &#224; Porto,&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis, si j'ose dire, &#171; ici et ailleurs &#187;. Je suis ici, avec vous, &#224; Porto, et par l'amiti&#233; et par l'int&#233;r&#234;t pour le th&#232;me choisi pour ces journ&#233;es d'&#233;t&#233;. Je suis ailleurs car contraint, pour des raisons familiales et personnelles imp&#233;ratives, de demeurer en France.&lt;br class='autobr' /&gt;
La situation des Rroms en Europe, dont j'ai, vous le savez, grand souci, loin de s'apaiser, se durcit encore. Elle pose trois questions de fond en rapport avec votre Universit&#233; d'&#233;t&#233; : celle des fronti&#232;res et celle de la propri&#233;t&#233; du sol, celle d'une autre approche du mot nomade, par cons&#233;quent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 &#8211; Des fronti&#232;res : le regard europ&#233;en. Premier et tr&#232;s rapide examen.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Europe est un concept flou. O&#249; sont ses fronti&#232;res ?&lt;br class='autobr' /&gt;
S'agit-il de l'Europe de l'Union europ&#233;enne (comptant 27, bient&#244;t 28 &#201;tats avec la Croatie) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://europa.eu/about-eu/27-member-countries/index_fr.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://europa.eu/about-eu/27-member-countries/index_fr.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agit-il de l'Europe de la zone euro (avec ses 17 &#201;tats) ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_64 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/IMG/jpg/Frontieres_Dacheux1.jpg' width='330' height='350' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Zone_euro&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://fr.wikipedia.org/wiki/Zone_euro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agit-il de l'Europe de l'espace Schengen qui regroupe 22 &#201;tats-membres de l'UE et 3 &#201;tats associ&#233;s : l'Islande, la Norv&#232;ge et la Suisse ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_63 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/IMG/jpg/Frontieres_Dacheux2.jpg' width='380' height='380' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Convention_de_Schengen&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://fr.wikipedia.org/wiki/Convention_de_Schengen&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agit-il de l'Europe du Conseil de l'Europe, dont la Russie, courant, ainsi, jusqu'au Pacifique, comptant les 47 &#201;tats membres du Conseil de l'Europe ayant, tous, ratifi&#233; la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libert&#233;s fondamentales ? L'Union europ&#233;enne, distincte, qui, depuis le trait&#233; de Lisbonne, approuve cette Convention, pourrait, en 2011, comme ses &#201;tats-membres, en devenir, elle-m&#234;me, le 48&#232;me signataire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.coe.int/aboutcoe/index.asp?page=47pays1europe&amp;l=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.coe.int/aboutcoe/index.asp?page=47pays1europe&amp;l=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agit-il de l'Europe de l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire, celle de l'Union europ&#233;enne d&#233;bordant les 27 &#201;tats-membres et incluant d'autres &#201;tats usagers de l'euro (tels que le Kosovo ou le Mont&#233;n&#233;gro ) ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_65 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/IMG/jpg/frontieres_Dacheux_5.jpg' width='357' height='346' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_%C3%A9conomique_et_mon%C3%A9taire&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_%C3%A9conomique_et_mon%C3%A9taire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tenons-nous en l&#224; ! L'Europe, multidimensionn&#233;e, est un puzzle complexe, aux fronti&#232;res mouvantes, o&#249; se disputent des int&#233;r&#234;ts nationaux. Nous sommes loin de l'Europe f&#233;d&#233;rale propos&#233;e par Joschka Fischer, en 2000. Plus encore : de &#171; l'Europe de l'Atlantique &#224; l'Oural &#187; de Charles de Gaulle ! Ne parlons pas de l'Europe sociale, limit&#233;e par la volont&#233; des &#201;tats voulant rester ma&#238;tres de leur politique en mati&#232;re de droit du travail et de fiscalit&#233;. Quant &#224; l'Europe des &#201;tats-nations de Jacques Delors, ce n'est gu&#232;re plus qu'un syndicat de gouvernements !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe politique resterait &#224; d&#233;faire pour la faire. Ce ne saurait &#234;tre, en tout cas, l'Europe des march&#233;s et des marchands, ce que, pour des raisons diff&#233;rentes, des chefs de gouvernement ne sont pas pr&#234;ts &#224; comprendre, enferm&#233;s qu'ils sont dans la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et &#233;lectoraux qui sont les leurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Partout o&#249; il y a de l'Europe, institu&#233;e ou en cours de construction, il y a des Rroms. Ils sont comme les rep&#232;res ou les vigies d'un morceau de notre plan&#232;te. Et cette Europe nous donne &#224; penser que nous, qui sommes l&#224;, dans cette g&#233;ographie, pour &#171; habiter la terre &#187; restons enferm&#233;s dans des limites d&#233;risoires. Au-del&#224; de ce petit &#171; cap de l'Asie &#187; comme disait Derrida, oublions, un instant, les Rroms, hommes trop souvent ni&#233;s dans leur r&#233;alit&#233; d'hommes, mais Europ&#233;ens parmi les Europ&#233;ens. Oublions m&#234;me ces Europ&#233;ens perdus, d&#233;sormais, sur notre plan&#232;te, au milieu des 7 milliards d'humains, depuis 2011.&lt;br class='autobr' /&gt;
Paul Virilio, dans une br&#232;ve &#171; Lettre ouverte pour habiter la Terre &#187;1, affirme : &#171; D&#233;sormais ailleurs commence ici et les touristes de la d&#233;solation que sont les r&#233;fugi&#233;s &#233;conomiques ou politiques vont &#224; la rencontre des touristes de la satisfaction et du bonheur d'&#234;tre ailleurs... &#187;. &#171; De fait, ici n'est plus, et tout est ailleurs &#187;, ajoute-t-il, &#171; et l'&#233;trange &#233;tranger se manifeste &#224; nous, dans l'incertitude des lieux et la d&#233;localisation des liens, hier encore les plus proches, familiaux ou nationaux &#187;. D'o&#249;, dit-il, &#171; l'&#233;ternel retour de la question de l'hospitalit&#233; &#187;. Mais, depuis Kant, le monde est devenu ville, une ville dont les &#201;tats sont des quartiers. Ainsi sommes-nous, avec et sans fronti&#232;res, vivant dans un temps qui n'est plus, celui de l'&#233;poque des douaniers, m&#234;me s'il en est encore, accompagn&#233;s de policiers de l'air et des fronti&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je pense que nos pr&#233;occupations philosophiques rejoignent le constat fonci&#233;rement g&#233;opolitique de &#171; l'urbaniste r&#233;v&#233;lationnaire &#187; (ainsi se d&#233;signe-t-il), Paul Virilio, s'effor&#231;ant, au-del&#224; de toute utopie, d'effectuer &#171; seulement le discernement d'un &#233;tat des lieux de l'histoire de la rotondit&#233; g&#233;ographique de l'astre qui nous porte et nous supporte, semble-t-il, de plus en plus difficilement. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les fronti&#232;res restent innombrables mais de moins en moins physiques, &#224; la hauteur de la complexit&#233; de la biodiversit&#233; humaine. Nous avons besoin de limites qui nous distinguent sans nous diviser et il est des fronti&#232;res indispensables s'il en est d'ha&#239;ssables ou simplement d'inutiles. Les fronti&#232;res politiques sont peu fiables, mobiles et temporaires. Les fronti&#232;res linguistiques sont lourdes et trop nombreuses pour &#234;tre toutes lev&#233;es y compris pour les usagers de langues transversales. Les fronti&#232;res sociales sont plus &#233;paisses encore qui segmentent les territoires et incitent &#224; y r&#233;installer y compris les fronti&#232;res abaiss&#233;es ou d&#233;truites. Ainsi sommes-nous confront&#233;s &#224; la permanence des propri&#233;t&#233;s du sol qui s'enclot de murs ou d'actes de papier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 &#8211; De la propri&#233;t&#233; du sol : ou de la priorit&#233; &#224; l'appropriation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'est plus de territoire &#171; libre &#187;, &#224; tous, de p&#226;ture commune ou d'espace &#224; d&#233;couvrir que nul ne poss&#232;de. Celui qui ne fait aucun usage de la parcelle qui lui appartient n'en reste pas moins le ma&#238;tre. Qui, comme le Christ, ne sait o&#249; poser sa t&#234;te pour dormir, a le choix entre l'hospice et la prison. &#192; moins que ne lui soit ouvert un espace virtuel : celui de l'ailleurs toujours recommenc&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Terre n'est pas une propri&#233;t&#233; commune. Elle est devenu le lieu o&#249; ceux qui la ma&#238;trise tol&#232;rent le passage ou la location, par des occupants qui n'ont pas le pouvoir sur leur vie et encore moins sur le sol qu'ils foulent. Ainsi en est-il des plus pauvres des humains y compris ceux qui travaillent ce sol pour le faire produire, ce dont ils profitent &#224; peine.&lt;br class='autobr' /&gt;
On rencontre, chaque jour, en France, des familles &#224; qui l'on oppose le droit de propri&#233;t&#233; au droit de vivre en famille. Une QPC (ou Question prioritaire de constitutionnalit&#233;) est &#224; l'&#233;tude, actuellement, au sein du Conseil constitutionnel fran&#231;ais. Elle a &#233;t&#233; pos&#233;e par des avocats lass&#233;s de s'entendre r&#233;p&#233;ter : &#171; vos clients n'ont aucun droit ni titre leur permettant de s&#233;journer l&#224; o&#249; ils sont ; ils doivent donc partir &#187;. O&#249; ? Peu importe ! Le droit ne dit pas o&#249; vivre ; il dit seulement o&#249; ne pas vivre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors la QPC devient la suivante : &#171; dans la loi des lois, la Constitution fran&#231;aise, existe-t-il une priorit&#233; entre les droits fondamentaux, et le droit &#224; la propri&#233;t&#233; du sol prime-t-il sur tous les autres, y compris le droit &#224; vivre en famille dans la s&#233;curit&#233; et la dignit&#233;, tel que le pr&#233;voit2 l'article 8 de la Convention europ&#233;enne de sauvegarde des droits de l'homme et des libert&#233;s fondamentales3, entr&#233;e d&#233;finitivement en vigueur le 1er juin 2010 ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Selon la r&#233;ponse qui sera fournie par le Conseil constitutionnel, et qui laissera au juge, au mieux, le droit d'en juger, notre espace de vie sera, tout entier, la propri&#233;t&#233; ou non des propri&#233;taires et le sol fran&#231;ais sera, par exemple, partout inaccessible au campeur comme au bivouaqueur, &#224; moins de prendre le risque de l'infraction. &#192; combien plus forte raison celui qui vit en habitat mobile devra-t-il rejoindre des aires pr&#233;vues &#224; cet effet, en r&#233;alit&#233; des r&#233;serves, o&#249; il lui faudra louer sa place et payer toutes les fournitures d'eau, d'&#233;nergie, de collecte des d&#233;chets, etc...&lt;br class='autobr' /&gt;
Priorit&#233; donc &#224; la propri&#233;t&#233;. Mais qu'est-ce que la propri&#233;t&#233; sinon l'appropriation d'un sol par ceux qui l'ont achet&#233; ? Et donc un accaparement, c'est-&#224;-dire &#171; le fait de prendre pour soi tout seul &#187; selon le dictionnaire le Robert.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et que devient, dans ces conditions : habiter la Terre ? Peu &#224; peu, si vastes soient les territoires concern&#233;s, on accapare, on poss&#232;de, on d&#233;coupe en lots, on renonce &#224; toute propri&#233;t&#233; sociale, c'est-&#224;-dire au partage. On &#171; autorise &#187; autrui &#224; vivre chez soi (de pr&#233;f&#233;rence moyennant finance) mais on &#233;l&#232;ve des fronti&#232;res nouvelles qui ne sont plus seulement celles des peuples mais celles des propri&#233;taires. Dans les villes comme dans les champs, il est des humains qui doivent se cacher pour dormir et dont la pr&#233;occupation devient d'&#233;chapper &#224; la vigilance des vigiles, des gendarmes et autres gardiens des propri&#233;t&#233;s individuelles, ceintur&#233;e ou non de murs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 &#8211; Qui alors est nomade au XXI&#232;me si&#232;cle ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis que les nomades ont cess&#233;, presque partout, d'&#234;tre ceux qui poussaient devant eux leurs troupeaux, depuis que les nomades ne sont plus ces hommes qui vivent en habitat mobile (&#224; la fois parce que l'habitat mobile r&#233;gresse, et parce que leurs occupants ne se d&#233;placent pas constamment), depuis que l'administration elle-m&#234;me a d&#251; abandonner ce mot nomades qui n'a aucun sens en France pour d&#233;signer une population, l'id&#233;e m&#234;me du nomadisme s'est d&#233;plac&#233;e vers la banalisation de la mobilit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les objets eux-m&#234;mes peuvent &#234;tre nomades, c'est-&#224;-dire constamment transport&#233;s avec soi. Les touristes sont devenus des voyageurs qui ne voyagent pas mais consomment de l'espace et du paysage sous la direction d'agences et de guides. Le voyage qui forme la jeunesse, comme l'on disait jadis, autrement dit le voyage de d&#233;couverte, rencontres et connaissance, est en recul face &#224; la marchandisation de l'ailleurs. Ce tourisme-l&#224; est une pr&#233;dation, une pollution, une domination de ceux qui disposent des possibilit&#233;s p&#233;cuniaires de s'approprier, fut-ce temporairement, un sol, d'en faire un chez-soi de quelques jours. Ces faux nomades emm&#234;nent avec eux leur propri&#233;t&#233;, coll&#233;e &#224; leurs semelles et tout ce qui va avec, &#224; commencer par leur conception du monde qui ne s'enrichira gu&#232;re au contact de spectacles exotiques pr&#233;fabriqu&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
La philosophe nomade est un cosmopolite humble, qui se sait citoyen du monde. S'il est nomade, il n'est pas &#171; un nomade &#187;. Il est habitant de la plan&#232;te et sait ce que cela signifie. Il n'est pas &#171; sans fronti&#232;res &#187; (si fronti&#232;re signifie limite &#224; ne pas franchir si l'on veut respecter l'intime d'autrui) mais il ne sacralise aucune fronti&#232;re. Il marche et traverse des territoires sans les poss&#233;der et sans y pr&#233;lever ce qui a, l&#224;, une place et une utilit&#233;, et nulle part ailleurs. Cet homme nomade-l&#224; est un passager, une mani&#232;re de contemplatif qui consid&#232;re et respecte l'inerte comme le vivant et ne s'approprie rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces quelques observations que j'aurais aim&#233; approfondir me sont venues comme un sch&#233;ma suceptible d'articuler ces trois domaines : la fronti&#232;re qui borde et borne, la propri&#233;t&#233; qui enferme et d&#233;tient, l'homme nomade enfin capable d'ouvrir les univers clos sans effraction.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans ce que vous allez aborder &#224; Porto, je me serais pas pos&#233; ainsi ces questions li&#233;es. De loin, en effet, je vous pense tous, Europ&#233;ens ou pas, en Europe, en compagnie de nos proches amis de Ta&#239;wan et je me demande comment continuer de nous solidariser avec tous les &#171; aborig&#232;nes &#187; et &#171; indig&#232;nes &#187; de la Terre qui &#8230; &#171; sont n&#233;s dans le pays dont il est question &#187;, comme dit le dictionnaire. Ne sommes-nous pas nous-m&#234;mes, tous, des indig&#232;nes de la plan&#232;te ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons mis des ann&#233;es, depuis 1945, pour comprendre compl&#233;tement ce que sugg&#233;rait Paul Val&#233;ry avec son aphorisme : &#171; le temps du monde fini commence &#187;. Le temps du monde sans limites s'ach&#232;ve, mais nous ne savons toujours pas comment nous passer de fronti&#232;res et comment habiter toute la Terre sans la poss&#233;der. Peut-&#234;tre faudra-t-il regarder du c&#244;t&#233; de l'&#233;cosophie et de la nomadologie dont F&#233;lix Guattari et Deleuze furent les initiateurs et relire Les trois &#233;cologies4 ainsi que Mille plateaux5.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;co, la maison, celle qui nous environne et qu'il nous est donn&#233; d'habiter, c'est bien la Terre tout enti&#232;re. Qui sait la respecter fait mieux que d'instituer des fronti&#232;res, il les remplace par des espaces partag&#233;s o&#249; l'on peut vivre ensemble, non sans conflits mais sans domination. Et que quiconque pense cette utopie impossible offre une autre perspective supportable...&lt;br class='autobr' /&gt;
L'espace nomade, celui o&#249; nous nous mouvons, et qu'il nous est donn&#233; d'occuper, c'est bien notre entier espace de vie physique et mental. La g&#233;ophilosophie de Deleuze et Guattari6 est &#224; explorer pour nous aider &#224; penser nomade autrement qu'avec nos r&#233;f&#233;rences banales et inadapt&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces quelques paragraphes que je vous adresse me relancent dans une r&#233;flexion dont je m'&#233;tais trop &#233;cart&#233;. Et cela gr&#226;ce &#224; l'Universit&#233; d'&#233;t&#233; de Porto. D&#233;cid&#233;ment, j'y suis bien all&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et j'y retournerai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Pierre Dacheux&lt;br class='autobr' /&gt;
1 Virilio Paul, Lettre ouverte pour Habiter la Terre, pour la V&#232;me Biennale d'art contemporain de Melle, 5 mai 2011.&lt;br class='autobr' /&gt;
2 Article 8 - &#171; Toute personne a droit au respect de sa vie priv&#233;e et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 11 ne peut y avoir ing&#233;rence d'une autorit&#233; publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ing&#233;rence est pr&#233;vue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique, est n&#233;cessaire &#224; la s&#233;curit&#233; nationale, &#224; la s&#251;ret&#233; publique, au bien-&#234;tre &#233;conomique du pays, &#224; la d&#233;fense de l'ordre et &#224; la pr&#233;vention des infractions p&#233;nales, &#224; la protection de la sant&#233; ou de la morale, ou &#224; la protection des droits et libert&#233;s d'autrui. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 &lt;a href=&#034;http://sos-net.eu.org/etrangers/ddhc/cedh.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://sos-net.eu.org/etrangers/ddhc/cedh.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
4 F&#233;lix Guattari, Les trois &#233;cologies, Paris, &#233;ditions Galil&#233;e, 1989.&lt;br class='autobr' /&gt;
5 F&#233;lix Guattari et Gilles Deleuze, capitalisme et schizophr&#233;nie : mille plateaux, Paris, &#233;ditionsde Minuit, 1980.&lt;br class='autobr' /&gt;
6 Manola Antonioli, La g&#233;ophilosophie de Deleuze et Guattari, Paris, L'Harmattan, 2004.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'abolition de l'esclavage des Roms, une dimension de notre citoyennet&#233; europ&#233;enne</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=147</link>
		<guid isPermaLink="true">https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=147</guid>
		<dc:date>2011-05-21T08:07:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Dacheux</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Une intervention de Jean Pierre Dacheux lors du colloque scientifique international &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Cinq si&#232;cles d'esclavage oubli&#233;&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
A la maison d'Europe et d'Orient&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=18" rel="directory"&gt;Migrations, fronti&#232;res&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une intervention de Jean Pierre Dacheux lors du colloque scientifique international&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#034;Cinq si&#232;cles d'esclavage oubli&#233;&#034;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la maison d'Europe et d'Orient&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_55 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/IMG/pdf/Esclavage_des_Rroms.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 158.8 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1773004269' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
