<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Ici et ailleurs</title>
	<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/</link>
	<description>Association pour une Philosophie Nomade</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?id_mot=103&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Ici et ailleurs</title>
		<url>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L144xH127/logo-b65f2.png?1774727851</url>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/</link>
		<height>127</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>N - Nucl&#233;aire</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=668</link>
		<guid isPermaLink="true">https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=668</guid>
		<dc:date>2018-03-18T12:03:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maurice Cheitan</dc:creator>


		<dc:subject>strat&#233;gie</dc:subject>
		<dc:subject>ennemi</dc:subject>
		<dc:subject>guerre</dc:subject>
		<dc:subject>Revue Casus Belli</dc:subject>
		<dc:subject>Etat</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Le fou de Pyongyang &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui, pensant avec la t&#233;l&#233; et se coulant dans ses &#233;nonc&#233;s, s'en vont r&#233;p&#233;tant en automates que la Cor&#233;e du Nord est aux mains d'un dictateur sanglant, mais surtout, d'un fou furieux emport&#233; par sa m&#233;galomanie &#8211; ne suffit-il pas de voir sa coupe de cheveux ? &#8211; ceux-l&#224; sont le ton de l'&#233;poque mis en musique par la masse conduite en troupeau. Ils en veulent pour preuve l'acharnement que met ce suppos&#233; d&#233;ment &#224; doter son pays de l'arme nucl&#233;aire et la fa&#231;on dont, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=56" rel="directory"&gt;Revue Casus Belli&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=mot&amp;id_mot=61" rel="tag"&gt;strat&#233;gie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=mot&amp;id_mot=75" rel="tag"&gt;ennemi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=mot&amp;id_mot=89" rel="tag"&gt;guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=mot&amp;id_mot=96" rel="tag"&gt;Revue Casus Belli&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=mot&amp;id_mot=103" rel="tag"&gt;Etat&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Le fou de Pyongyang &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui, pensant avec la t&#233;l&#233; et se coulant dans ses &#233;nonc&#233;s, s'en vont r&#233;p&#233;tant en automates que la Cor&#233;e du Nord est aux mains d'un dictateur sanglant, mais surtout, d'un fou furieux emport&#233; par sa m&#233;galomanie &#8211; ne suffit-il pas de voir sa coupe de cheveux ? &#8211; ceux-l&#224; sont le ton de l'&#233;poque mis en musique par la masse conduite en troupeau. Ils en veulent pour preuve l'acharnement que met ce suppos&#233; d&#233;ment &#224; doter son pays de l'arme nucl&#233;aire et la fa&#231;on dont, p&#233;riodiquement, il affole les chancelleries des pays qui s'estiment garants de la s&#233;curit&#233; du monde, les &#201;tats voisins et l'opinion mondiale, en se livrant &#224; des gesticulations balistiques r&#233;p&#233;t&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le degr&#233; z&#233;ro dans l'analyse politique de la situation nucl&#233;aire en g&#233;n&#233;ral, et de ce n&#339;ud de la politique internationale que constitue l'affaire nord-cor&#233;enne en particulier. C'est aussi, corr&#233;lativement, le triomphe de cette forme d'ignorance l&#233;gitim&#233;e qui, aujourd'hui, impose ses conditions dans le &lt;i&gt;storytelling&lt;/i&gt; des points de contention de la politique internationale &#8211; l&#224; o&#249; les t&#233;ratologies simplettes remplacent l'analyse des situations complexes et la connaissance de l'histoire &#8211; qui, parmi ceux qui tranchent aussi souverainement sur la d&#233;raison de Kim Jong-un, s'est donn&#233; la peine de se rafra&#238;chir la m&#233;moire &#224; propos de ce que furent les conditions de la Guerre de Cor&#233;e, qui a la moindre notion de ce que sont les particularit&#233;s de l'histoire de la Cor&#233;e divis&#233;e depuis plus d'un demi-si&#232;cle, de l'histoire du communisme dans ce pays ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais l&#224; n'est pas l'essentiel. Ce qui impressionne ici en premier lieu, c'est la radicale incapacit&#233; de ceux qui se prononcent aussi r&#233;solument que l&#233;g&#232;rement sur l'enjeu nord-cor&#233;en de s'assurer quelque prise intellectuelle que ce soit sur tout ce qui concerne la situation nucl&#233;aire ; ceci tant, sur ce point, le verrouillage de la pens&#233;e exerc&#233; par les Etats, les m&#233;dias et, en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, les &#171; sp&#233;cialistes &#187; est implacable. Comme l'ont, quand m&#234;me, remarqu&#233; quelques experts et chercheurs (dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, avec constance, l'exceptionnel Philippe Pons, mais aussi Fran&#231;ois Heisbourg, un expert en g&#233;opolitique et strat&#233;gie nullement favorable au r&#233;gime de Pyongyang, et Andre&#239; Lanskov, un sp&#233;cialiste reconnu de la Cor&#233;e du Nord vivant en Cor&#233;e du Sud...), Kim Jong-un, loin d'&#234;tre un Dr Folamour ou m&#234;me un dirigeant sans boussole et impulsif &#224; la Trump, est un tenant de la raison d'&#201;tat et un strat&#232;ge ; un dirigeant politique qui a tir&#233; les le&#231;ons de la mani&#232;re dont les puissances occidentales, sous la houlette des &#201;tats-Unis, ont renvers&#233; les r&#233;gimes de Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi, comme ils ont tent&#233; ensuite de le faire en Syrie, plongeant ces pays dans le chaos et ne laissant pas m&#234;me aux dictateurs d&#233;chus la chance d'une reddition honorable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Kim a int&#233;gr&#233; &#224; son calcul strat&#233;gique ce qui constitue la premi&#232;re des caract&#233;ristiques de la politique des &#201;tats-Unis &#224; l'&#233;gard de son pays, &#224; savoir que seule l'option de la d&#233;sint&#233;gration ou du renversement de la dynastie communiste mise en place par son grand-p&#232;re y &#233;tait prise en compte. Depuis la fin de la guerre de Cor&#233;e, jamais les &#201;tats-Unis n'ont envisag&#233; s&#233;rieusement et pratiquement une politique de normalisation des relations entre les deux &#201;tats, incluant donc la reconnaissance de la souverainet&#233; nord-cor&#233;enne par les &#201;tats-Unis et la fin de la guerre larv&#233;e qui les oppose, une guerre constamment envenim&#233;e par la politique du pire conduite par la droite conservatrice et revanchiste sud-cor&#233;enne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le calcul strat&#233;gique de Kim Jung-un est donc que seul l'accession la plus rapide possible de son pays au statut de puissance nucl&#233;aire constitue le palier qui lui donne le maximum de chances de se placer hors de port&#233;e d'une intervention combin&#233;e des &#201;tats-Unis soutenus par les puissances occidentales et de ses adversaires dans la r&#233;gion &#8211; Japon et Cor&#233;e du Sud. C'est, bien s&#251;r, comme l'est tout calcul fond&#233; sur la combinaison de la souverainet&#233; &#233;tatique avec l'arme nucl&#233;aire, un calcul intrins&#232;quement &lt;i&gt;terroriste&lt;/i&gt; &#8211; il s'agit bien d'inspirer &#224; ceux qui constitue une menace vitale permanente pour la Cor&#233;e du Nord, la crainte de dommages tels, en cas de conflit ouvert, qu'ils s'en trouveront dissuad&#233;s d'attaquer le pays, ce en d&#233;pit de son isolement diplomatique et de sa r&#233;putation fabriqu&#233;e par les ennemis de &lt;i&gt;rogue state&lt;/i&gt;, &#201;tat voyou.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une application locale, &#233;l&#233;mentaire et mim&#233;tique, de la th&#233;orie de la dissuasion nucl&#233;aire. De Gaulle, en son temps a fait le m&#234;me calcul, toutes choses &#233;gales par ailleurs, quand il entendit s'&#233;manciper tant soit peu de l'emprise &#233;tats-unienne et atlantiste, les travaillistes et les militaires isra&#233;liens de m&#234;me, face &#224; ce qu'il percevaient comme la menace vitale repr&#233;sent&#233;e par les &#201;tats arabes voisins, etc. On n'insistera jamais trop sur le fait que le discours alarmiste remis en selle &#224; l'occasion de chaque essai balistique nord-cor&#233;en, tournant autour de la notion du danger vital que repr&#233;senterait pour la &#171; paix dans le monde &#187; (notion n&#233;buleuse s'il en fut &#8211; qu'en pensent les Royingas ?), cette argumentation &#233;mane de foyers discursifs qui, de pr&#232;s ou de loin, ont partie li&#233;e avec les &#201;tats disposant d'un arsenal nucl&#233;aire. Le nucl&#233;aire militaire, c'est par excellence le domaine o&#249; ne pr&#233;valent que les rapports de forces et les d&#233;cisions, c'est-&#224;-dire les faits accomplis &#8211; tout le reste, notamment les r&#233;f&#233;rences au droit international et les invocations de la paix et de la s&#233;curit&#233; globale ne constituent que de l'habillage id&#233;ologique et du saupoudrage de moraline par ceux-l&#224; m&#234;mes qui entendent conserver le monopole de l'arme nucl&#233;aire &#8211; ceci sous la houlette toute particuli&#232;re de l'&#201;tat qui a cr&#233;e ce que G&#252;nther Anders d&#233;signe comme la &#171; situation nucl&#233;aire &#187;, en larguant les bombes A sur Hiroshima et Nagasaki.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le combat contre la &#171; prolif&#233;ration nucl&#233;aire &#187; n'est que le profil avantageux du monopole exerc&#233; par les &#201;tats qui disposent d'un arsenal atomique. On a eu l'occasion de v&#233;rifier, ces derni&#232;res ann&#233;es l'usage int&#233;ress&#233; que font de cet argument les puissances occidentales lorsqu'elles ont mis la pression sur l'Iran pour que celui-ci suspende son programme nucl&#233;aire militaire. La lutte contre la prolif&#233;ration n'est ici que l'alibi de l'affrontement &#171; par d'autres moyens &#187; de celui qui, de longue date (depuis la chute du chah, alli&#233; de l'Occident) est &#233;tiquet&#233; comme puissance hostile et &#201;tat voyou. Les double standards atteignent des sommets l&#224; o&#249; toutes les agences internationales cens&#233;es veiller &#224; la non-prolif&#233;ration (et contr&#244;l&#233;es par les Occidentaux) s'abattent sur les centres de recherche iraniens comme des vol&#233;es de moineaux, tandis qu'&#224; quelques milliers de kilom&#232;tres de l&#224;, prosp&#232;re en toute tranquillit&#233; dans le d&#233;sert du Negev une force d'intervention nucl&#233;aire et dont les dirigeants isra&#233;liens actuels ne font pas myst&#232;re qu'en cas de conflit majeur avec l'Iran, elle deviendrait tout &#224; fait op&#233;rationnelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
On se souviendra &#233;galement, dans ce contexte, que ces puissances nucl&#233;aires qui ne cessent de brandir l'argument de la menace mortelle repr&#233;sent&#233;e par la ma&#238;trise de l'arme nucl&#233;aire par un &#201;tat voyou sont les m&#234;mes qui, pour certaines (les &#201;tats-Unis et la Russie, &#224; l'&#233;poque sovi&#233;tique), n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; aider respectivement l'Inde et le Pakistan &#224; s'en doter, ceci dans le contexte de l'affrontement entre les &#171; blocs &#187; arm&#233;s et de la course aux armements. Or, le Pakistan est un &#201;tat travers&#233; par une multitude de facteurs d'instabilit&#233; notoires, or, le conflit des nationalismes dans toute la r&#233;gion (Cachemire, etc.) est, de m&#234;me, un &#233;l&#233;ment structurel dont la combinaison avec la capacit&#233; nucl&#233;aire des &#201;tats concern&#233;s n'est pas particuli&#232;rement rassurante. En bref, la lutte contre la prolif&#233;ration nucl&#233;aire est un argument &#224; g&#233;om&#233;trie variable, mais dont la consistance s'efface devant le crit&#232;re qui pr&#233;vaut en la mati&#232;re : &lt;i&gt;la distinction entre l'ami et l'ennemi&lt;/i&gt; &#8211; que l'&#201;tat pakistanais soit fragile, gangren&#233; par la corruption, incapable d'assurer la s&#233;curit&#233; sur l'ensemble du territoire et min&#233; par des forces obscures n'est pas ce qui compte en premier lieu, mais bien son statut d'alli&#233; et surtout de client de l'Occident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim Jong-un est donc tout sauf un tyran emport&#233; par l'esprit de d&#233;mesure, il est le dirigeant d'un petit pays constamment obs&#233;d&#233; par son souci d'autosuffisance (l'id&#233;ologie du &lt;i&gt;Juche&lt;/i&gt;, la touche &#171; nationaliste &#187; du communisme nord-cor&#233;en), il est un homme d'&#201;tat qui fait des calculs rationnels d'int&#233;r&#234;t &#8211; de ce qu'il consid&#232;re comme l'int&#233;r&#234;t de son pays, seul contre tous, indissociable dans son esprit, bien s&#251;r, de celui de son clan. Il se peut qu'il commette des b&#233;vues tactiques, mais sa strat&#233;gie est clairement dessin&#233;e et elle lui a permis, jusqu'ici, de maintenir et affirmer la souverainet&#233; de son pays dans un contexte toujours plus d&#233;favorable, comme le montrent les r&#233;ticences toujours plus grandes de la Chine &#224; se porter garante de l'int&#233;grit&#233; de son incontr&#244;lable alli&#233;, face aux menaces &#233;tats-uniennes.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'un point de vue g&#233;n&#233;ral qui serait celui d'une l&#233;gislation universelle non vici&#233;e par les double standards introduits par ceux qui entendent que le club des puissances nucl&#233;aires demeure ferm&#233;, ses ambitions nucl&#233;aires ne sauraient en aucun cas &#234;tre r&#233;put&#233;es plus criminelles que celles des &#201;tats qui ont install&#233; la situation nucl&#233;aire et &#233;tabli leur h&#233;g&#233;monie dans les relations internationales sur ce fait accompli. La criminalisation galopante du r&#233;gime nord-cor&#233;en est l'effet pervers de la dite globalisation d&#233;mocratique dont se sont autoris&#233;s et continuent &#224; s'autoriser les puissances occidentales n&#233;o-imp&#233;riales pour renverser (au nom de la promotion de la d&#233;mocratie) des souverainet&#233;s qui se mettaient en travers de leurs int&#233;r&#234;ts. La globalisation d&#233;mocratique a pour effet la remise en question de la l&#233;gitimit&#233; de toute souverainet&#233;, de tout &#171; r&#233;gime &#187; dont les traits s'&#233;cartent visiblement de ce que les chancelleries occidentales et les officines internationales qui marchent la main dans la main avec elles d&#233;finissent comme &#171; gouvernance d&#233;mocratique &#187;. Or, sous cet angle, il se constate que la Cor&#233;e du Nord est l'&#201;tat qui, plus que Cuba encore, appara&#238;t comme l'&lt;i&gt;autre manifeste&lt;/i&gt; de ce pr&#233;tendu mod&#232;le universel, l'insupportable h&#233;t&#233;rotopie, un d&#233;chet de cette histoire &lt;i&gt;r&#233;voqu&#233;e&lt;/i&gt; du XX&#176; si&#232;cle, celle qui se voue &#224; dispara&#238;tre avec la chute de l'URSS et du &#171; camp &#187; socialiste...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un dernier mot serait pour dire que l'argument par&#233; des atours du bon sens selon lequel, en fin de compte, la dissuasion nucl&#233;aire, &#231;a marche, &#224; condition que le &#171; Club &#187; demeure ferm&#233;, la preuve &#233;tant que, depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, la situation nucl&#233;aire aurait gel&#233; les principaux conflits en gestation et qu'ainsi &lt;i&gt;la main invisible du nucl&#233;aire militaire&lt;/i&gt; aurait agi, en fin de compte, en facteur de paix, un bref mot pour dire toute la mis&#232;re de cet argument : ce n'est pas parce que l'&#233;chu est ce qu'il est, que les choses se sont pass&#233;es ainsi, qu'un principe rationnel (la Raison dans l'Histoire h&#233;g&#233;lienne revitalis&#233;e par Hiroshima et Nagasaki !) a &#233;t&#233; &#224; l'&#339;uvre dans cette s&#233;quence, et dont l'arme nucl&#233;aire serait le m&#233;canisme secret. D&#232;s que l'on examine d'un peu pr&#232;s l'histoire politique et militaire des grands conflits et autres crises qui ont secou&#233; le monde depuis 1945, on prend la mesure de la fragilit&#233; des bifurcations qui se produisent dans des moments o&#249; l'arme nucl&#233;aire aurait pu &#234;tre utilis&#233;e &#8211; ou pas : la guerre de Cor&#233;e (Mac Arthur, avant d'&#234;tre limog&#233; par Truman, en envisageait sans trembler l'emploi contre les troupes chinoises), la guerre froide (Churchill encourageait les &#201;tats-Unis &#224; lancer une attaque nucl&#233;aire contre l'URSS avant que celle-ci ait acc&#233;d&#233; &#224; la ma&#238;trise de l'arme nucl&#233;aire), la guerre du Vietnam (le g&#233;n&#233;ral Curtis Le May envisageait l'emploi d'armes nucl&#233;aires tactiques contre le Nord), la crise des fus&#233;es &#224; Cuba (o&#249; Kennedy et Khouchtchev eurent fort &#224; faire pour calmer les va-t'en guerre nucl&#233;aire des deux camps, la guerre des Malouines o&#249; l'armada britannique embarqua des armes nucl&#233;aires tactiques &#171; just in case &#187;, etc. Ce n'est donc en aucun cas une sagesse ou un principe de mod&#233;ration immanents que l'arme nucl&#233;aire aurait inculqu&#233;e &#224; l'histoire post-Hiroshima qui a fait que le recours &#224; celle-ci n'a pas eu lieu &#224; nouveau, ce sont plut&#244;t des encha&#238;nements de circonstances et des combinaisons de facteurs multiples dont nous savons, depuis l'embrasement d' ao&#251;t 1914, qu'ils auraient pu &#234;tre tout autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lors de la derni&#232;re campagne pour les &#233;lections aux Communes, Theresa May eut l'occasion de faire une mise au point tout &#224; fait claire &#224; cet &#233;gard. Lors d'un d&#233;bat contradictoire avec son rival James Corbyn, dont le programme incluait (encore &#224; l'&#233;poque) le renoncement de son pays &#224; l'arme nucl&#233;aire, un d&#233;put&#233; lui demanda si, Premier ministre, elle &#171; appuierait sur le bouton &#187; en cas de crise majeure &#8211; elle r&#233;pondit sans h&#233;sitation, du tac au tac : &#171; Et comment ! &#187; Nous n'avons aucune raison de ne pas la croire sur parole.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dans un tel contexte que le troisi&#232;me Kim joue son va-tout en tentant de doter son pays de l'arme nucl&#233;aire ; c'est dans le m&#234;me contexte que l'initiative d'un certain nombre d'&#201;tats non &#233;quip&#233;s d'armes nucl&#233;aires, proposant devant l'Assembl&#233; g&#233;n&#233;rale de l'ONU une r&#233;solution en vue de la suppression de toutes ces armes, s'est heurt&#233;e &#224; un tir de barrage r&#233;solu de la part de tous les membres du Club, plus l'OTAN, etc. ; c'est dans ce contexte, donc, que &#171; le voyou &#187;, c'est le dernier arriv&#233;, celui qui, &#224; d&#233;faut d'y &#234;tre invit&#233;, tente de forcer les portes du Club. Qu'&#224; cela ne tienne, il y entrera par la fen&#234;tre, rien de nouveau sous le soleil, c'est du Hobbes vitamin&#233; par l'atome, c'est-&#224;-dire la capacit&#233; qu'ont d&#233;sormais certains &#201;tats de transformer des parties enti&#232;res de la plan&#232;te en &lt;i&gt;non-human zones&lt;/i&gt;, pour des d&#233;cennies, pour des si&#232;cles, du Tchernobyl-Fukushima &#224; l'&#233;chelle-monde...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maurice Cheitan&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
