<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Ici et ailleurs</title>
	<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/</link>
	<description>Association pour une Philosophie Nomade</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?id_mot=36&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Ici et ailleurs</title>
		<url>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/local/cache-vignettes/L144xH127/logo-b65f2.png?1774727851</url>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/</link>
		<height>127</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>texte de pr&#233;sentation, th&#232;se Pasolini et Benjamin</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=77</link>
		<guid isPermaLink="true">https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=77</guid>
		<dc:date>2010-03-09T08:49:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Naze</dc:creator>


		<dc:subject>r&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>identit&#233;/diff&#233;rence</dc:subject>
		<dc:subject>langage</dc:subject>
		<dc:subject>histoire</dc:subject>
		<dc:subject>temps</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans le cadre de cette th&#232;se, intitul&#233;e, Temps et r&#233;cit chez Walter Benjamin et Pier Paolo Pasolini, il s'agissait de faire entrer en r&#233;sonance les pens&#233;es de deux auteurs et/ou philosophes et/ou cin&#233;astes, de fa&#231;on &#224; envisager la possibilit&#233; de penser sous la cat&#233;gorie deleuzienne de la &#171; grande identit&#233; &#187; ce qui m'est apparu, d'abord sur un mode intuitif, comme un certain nombre d'affinit&#233;s entre Pasolini et Benjamin. Il s'agissait donc, initialement, de tester la possibilit&#233; de d&#233;passer (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=10" rel="directory"&gt;Esth&#233;tique et critique culturelle&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=mot&amp;id_mot=25" rel="tag"&gt;r&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=mot&amp;id_mot=33" rel="tag"&gt;identit&#233;/diff&#233;rence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=mot&amp;id_mot=34" rel="tag"&gt;langage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=mot&amp;id_mot=35" rel="tag"&gt;histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=mot&amp;id_mot=36" rel="tag"&gt;temps&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le cadre de cette th&#232;se, intitul&#233;e, Temps et r&#233;cit chez Walter Benjamin et Pier Paolo Pasolini, il s'agissait de faire entrer en r&#233;sonance les pens&#233;es de deux auteurs et/ou philosophes et/ou cin&#233;astes, de fa&#231;on &#224; envisager la possibilit&#233; de penser sous la cat&#233;gorie deleuzienne de la &#171; grande identit&#233; &#187; ce qui m'est apparu, d'abord sur un mode intuitif, comme un certain nombre d'affinit&#233;s entre Pasolini et Benjamin. Il s'agissait donc, initialement, de tester la possibilit&#233; de d&#233;passer le caract&#232;re un peu arbitraire de cette &#171; rencontre &#187; entre eux, c'est-&#224;-dire entre deux hommes qui ne se sont ni vus, ni connus, ni lus. L'id&#233;e &#233;tait donc d'envisager la possibilit&#233; de construire une &#171; grande identit&#233; &#187; entre Benjamin et Pasolini, &#224; l'image de celle qu'a pu mettre en place Gilles Deleuze, relativement &#224; Spinoza et Nietzsche.&lt;br class='autobr' /&gt; Par cons&#233;quent, et dans le sillage de cette entreprise deleuzienne, il fallait prendre garde &#224; ne pas nier les diff&#233;rences entre les deux auteurs, cette &#171; grande identit&#233; &#187; entre Benjamin et Pasolini n'&#233;tant en effet pensable que sur un fond de diff&#233;rences (en se souvenant qu'il n'y a m&#234;me de ressemblances qu'entre des diff&#233;rences). Le terme de la tentative consistait &#224; envisager, dans cette optique, la possibilit&#233; de faire appara&#238;tre un tout autre syst&#232;me de pens&#233;e, &#224; partir de la rencontre m&#234;me de ces diff&#233;rences (un syst&#232;me qui, au sens strict, ne soit plus ni du Benjamin, ni du Pasolini). Que l'absence de v&#233;ritable &#171; philosophie de l'histoire &#187;, chez Pasolini, ait pu, en fin de parcours, donner le sentiment que Benjamin, d&#232;s lors, cheminait seul, ou &#224; peu pr&#232;s, cela ne me semble pas constituer un emp&#234;chement &#224; la construction d'une &#171; grande identit&#233; &#187; entre les deux. En effet, si l'on reconna&#238;t en Benjamin et en Pasolini, dans ce travail, bien plus des &#171; personnages conceptuels &#187; que des personnes, chacun d'entre eux se d&#233;finit alors bien davantage comme &#171; agent d'&#233;nonciation &#187; - et il s'ensuit, par cons&#233;quent, que la rencontre entre ces deux personnages conceptuels a, elle-m&#234;me, permis le rep&#233;rage d'un plan d'immanence tiers, relativement auquel il importe assez peu de savoir, au fond, lequel prend la parole en effet, ici ou l&#224;, leur commune pr&#233;sence &#233;tant assur&#233;e dans l'&#233;nonciation elle-m&#234;me, pour autant qu'elle s'actualise en effet sur ce plan. Pour juger de l'effectivit&#233; de ce plan, il resterait &#224; nommer l'effet produit par ces rapprochements/frottements entre les deux auteurs, pour d&#233;signer, donc, ce &#171; boug&#233; &#187; qui me semble caract&#233;riser les figures de Benjamin et de Pasolini, &#224; l'issue du parcours. Ce travail s'inscrivant r&#233;solument dans le champ de la philosophie, il ne s'est pas voulu de simple comparaison, tenant en cela &#224; &#233;viter de figer les auteurs &#233;tudi&#233;s, c'est-&#224;-dire de les r&#233;duire &#224; des &#171; monuments &#187; de la culture, qu'il s'agirait d'analyser pour eux-m&#234;mes, simplement. Tout au contraire, rompant avec toute religion de l'auteur visant &#224; le constituer en corps sacr&#233;, ce travail a cherch&#233; &#224; faire fonctionner les deux auteurs comme des &#171; objets de pens&#233;e &#187;, en cherchant &#224; d&#233;passer la simple exactitude documentaire au profit de rapprochements &#233;clairants. En revanche, il est &#233;vident, dans l'&#233;ventualit&#233; d'une publication de ce travail, que l'actuelle absence d'une mention faisant &#233;tat du nom des traducteurs de Benjamin et de Pasolini devrait &#234;tre rectifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sentation de la th&#232;se :&lt;br class='autobr' /&gt; Pour fonder, ou plus exactement pour construire ce rapprochement, cette mise en r&#233;sonance de Benjamin et de Pasolini, il a fallu d'abord d&#233;terminer les lieux philosophiques autour desquels se r&#233;v&#233;laient de la fa&#231;on la plus sensible des affinit&#233;s entre les deux auteurs, de fa&#231;on &#224; pouvoir juger de la profondeur et de l'&#233;ventuelle f&#233;condit&#233; de ces r&#233;sonances. C'est donc essentiellement autour de la question du langage que s'est effectu&#233; le nouage le plus profond entre Benjamin et Pasolini, autour des th&#232;mes du &#171; nom &#187;, de la &#171; traduction &#187;, d'abord, puis &#233;galement autour de ceux du &#171; r&#233;cit &#187; et de la &#171; transmission &#187;, impliquant un certain rapport au langage. Le rapport au temps, ainsi, s'est trouv&#233; plac&#233; au centre de la r&#233;flexion, d&#232;s le d&#233;part, que ce soit autour de la question de &#171; l'origine &#187; par exemple (quel statut temporel conf&#233;rer &#224; cette origine du langage, situ&#233;e dans le &#171; cri &#187; chez Pasolini, et dans la langue adamique, chez Benjamin ?), ou autour de la question de la temporalit&#233; produite par telle ou telle forme de r&#233;cit ? C'est donc &#171; tout naturellement &#187;, si l'on peut dire, que ce travail se devait de d&#233;boucher sur une r&#233;flexion sur l'histoire, tout y conduisant, des consid&#233;rations benjaminiennes autour de la question de la traduction aux propos pasoliniens relatifs au triomphe de la langue italienne standard (instrumentale) dans l'univers contemporain du consum&#233;risme. Au fond, le motif messianique se trouvait inscrit au c&#339;ur de ce travail d&#232;s les premi&#232;res r&#233;flexions sur le langage, que ce soit &#224; travers l'ouverture messianique propre &#224; la traduction, chez Benjamin, ou bien &#224; travers l'id&#233;e pasolinienne de &#171; survivances &#187; inscrites dans la langue parl&#233;e, par-del&#224; la disparition de ce qu'il nomme les &#171; purs parlants &#187;. Evidemment, les modalit&#233;s selon lesquelles se d&#233;gage ce motif messianique diff&#232;rent grandement de l'un &#224; l'autre, la composante kabbalistique de la conception benjaminienne du langage c&#233;dant la place, chez Pasolini, &#224; une composante de type corporel (la prononciation enracin&#233;e dans les corps).&lt;br class='autobr' /&gt; D&#232;s le moment de la r&#233;flexion autour du langage (la premi&#232;re partie de la th&#232;se) est apparue l'id&#233;e que l'interrogation de l'un et de l'autre, relativement &#224; l'origine (l'origine du langage, en l'occurrence), ne d&#233;bouchait aucunement sur un d&#233;sir de restauration d'une origine perdue. De ce point de vue, l'&#233;cho messianique de la traduction n'aboutit pas &#224; la reconstitution d'un langage originaire chez Benjamin, pas plus que Pasolini ne cherche &#224; reconstituer la moindre langue &#171; pure &#187;, celle-ci &#233;tant d&#233;finie comme strictement th&#233;orique, comme id&#233;al-r&#233;gulateur. Ce point pouvant appara&#238;tre parfois comme ambigu chez Pasolini, j'ai cherch&#233; &#224; montrer comment il &#233;tait possible (et int&#233;ressant) de tirer la position pasolinienne du c&#244;t&#233; du ph&#233;nom&#232;ne originaire, pour &#233;viter de laisser place &#224; la possibilit&#233; d'une r&#233;gression effective vers l'origine (d'une actualisation effective de l'origine). A cette occasion, il est &#233;vident que je ne suis pas rest&#233; enferm&#233; dans un r&#244;le de commentateur, mais que je suis intervenu ici, non pas pour indiquer, contre Pasolini, ce qu'il aurait d&#251; penser, mais bien plut&#244;t pour tirer tout le profit possible de la r&#233;flexion pasolinienne sur le langage, dans le cadre d'une mise en r&#233;sonance avec la th&#233;orie benjaminienne du langage &#8211; par cons&#233;quent, un plan de r&#233;flexion se d&#233;couvre bien ici, qui n'&#233;merge qu'&#224; la faveur du rapprochement Benjamin/Pasolini : c'est en se situant sur ce plan que cette intervention consistant &#224; arracher Pasolini &#224; l'image jungienne pour le conduire vers le ph&#233;nom&#232;ne originaire goeth&#233;en prend sens (indiquant ce qu'il aurait pu penser), et non &#224; partir d'une pr&#233;f&#233;rence philosophique qui serait strictement mienne, arbitraire &#224; ce compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le passage &#224; la question du r&#233;cit s'est d'abord effectu&#233; &#224; partir de la question de l'oralit&#233;, ou plus exactement &#224; partir du probl&#232;me du r&#233;cit traditionnel. Il s'agissait, au fond, de se demander si le r&#233;cit pouvait survivre &#224; la mort de sa forme traditionnelle, orale. La question de la nostalgie se posait l&#224; encore : et de la m&#234;me fa&#231;on, il a bien fallu convenir qu'il n'y avait nulle tentative, ni chez l'un, ni chez l'autre, de r&#233;activer ce type de r&#233;cits. Il s'agissait seulement d'envisager de nouvelles mani&#232;res de raconter. Sans entrer dans le d&#233;tail des analyses, ces nouvelles formes ont pu chercher &#224; faire une place &#224; la langue orale, &#224; l'int&#233;rieur de formes r&#233;solument modernes de r&#233;cits (les romans romains de Pasolini par exemple, ou encore les petits r&#233;cits figurant dans Rastelli raconte&#8230; chez Benjamin), mais elles ont pu s'en affranchir radicalement (avec l'&#233;loge benjaminien du &#171; roman pur &#187; gidien, comme avec la fermeture sur soi de l'univers langagier de Salo ou les 120 journ&#233;es de Sodome, chez Pasolini). Plut&#244;t qu'une recherche consistant &#224; sauver, en tant que telles, des formes de r&#233;cits anciennes, il s'est agi, chez l'un et chez l'autre, de rechercher de nouvelles mani&#232;res de raconter, notamment &#224; travers le recours au cin&#233;ma. C'est dans cette optique que j'ai propos&#233; l'expression de &#171; pseudo-r&#233;cit &#187;, pour d&#233;signer (en marge de la d&#233;finition pasolinienne de ce terme) les r&#233;cits au sein desquels on peut sentir la cam&#233;ra, c'est-&#224;-dire les r&#233;cits pour lesquels les &#171; ficelles &#187; de l'art de raconter cessent d'&#234;tre cach&#233;es. C'est dans cette optique encore que l'art de Brecht a pu int&#233;resser Benjamin, m&#234;me si j'ai cherch&#233; &#224; montrer, en m'appuyant essentiellement ici sur les th&#232;ses de Florence Dupont, en quoi le th&#233;&#226;tre brechtien reste peut-&#234;tre essentiellement aristot&#233;licien, c'est-&#224;-dire li&#233; &#224; une forme de r&#233;cit, relativement ind&#233;pendante de la forme th&#233;&#226;trale en tant que telle. Autrement dit, des nouvelles formes de narration peuvent appara&#238;tre, dans des registres artistiques divers, mais elles ne seront vraiment int&#233;ressantes, nouvelles, qu'&#224; la condition de repenser les formes du r&#233;cit de fa&#231;on interne : cin&#233;matographiquement pour le cin&#233;ma, th&#233;&#226;tralement pour le th&#233;&#226;tre, etc. C'est ainsi que le cin&#233;ma de Pasolini peut sembler li&#233; &#224; l'art traditionnel de raconter (Les mille et une nuits, L'Evangile, la Trilogie de la vie, etc.), mais en fait, il ne l'est que superficiellement, Pasolini mettant bien en place des films ayant la structure de &#171; pseudo-r&#233;cits &#187;, cin&#233;matographiquement parlant &#8211; l'apparente transparence des r&#233;cits filmiques pasoliniens tenant &#224; son art du montage, recr&#233;ant artificiellement une continuit&#233; temporelle, c'est-&#224;-dire un effet de naturel, tout en ne sacrifiant pas &#224; la technique du plan-s&#233;quence.&lt;br class='autobr' /&gt; Si le lien avec l'histoire (avec un grand H) est pr&#233;sent dans les films de Pasolini, notamment &#224; travers l'id&#233;e des corps sous-prol&#233;tariens dispensant leurs derni&#232;res lumi&#232;res dans les films de la Trilogie, c'est sans doute &#224; travers la question du drame baroque, envisag&#233;e par Benjamin, que la r&#233;flexion s'est orient&#233;e, le plus nettement, vers le th&#232;me de l'histoire. En effet, relativement au &#171; temps triste &#187; du Trauerspiel (du drame baroque), la coupure, &#171; l'arr&#234;t messianique &#187; dira Benjamin, constitue la possibilit&#233; m&#234;me du passage &#224; un temps &#171; tragique &#187;, voire &#171; messianique &#187;. Or, si le Paris, capitale du XIXe si&#232;cle, ce livre benjaminien sur les passages, est bien consid&#233;r&#233;, par son auteur lui-m&#234;me, comme le quasi-&#233;quivalent, pour le XIXe si&#232;cle, du livre sur le baroque, c'est que l'&#233;quivalence contemporaine des choses, sous le r&#232;gne de la marchandise, r&#233;pond &#224; leur &#233;quivalente vanit&#233; dans le cadre du drame baroque. C'est donc dans cette r&#233;flexion benjaminienne autour du th&#233;&#226;tre baroque que prend tout son sens la notion d' &#171; &#233;tat d'exception &#187;, reprise &#224; Carl Schmitt &#8211; le retournement benjaminien consistera, dans les &#171; Th&#232;ses sur l'histoire &#187;, &#224; d&#233;finir un &#171; v&#233;ritable &#187; &#233;tat d'exception, comme &#233;tant celui qui reste &#224; instaurer, pr&#233;cis&#233;ment d'un point de vue r&#233;volutionnaire. Mais cette notion de coupure, d'interruption, est loin d'&#234;tre &#233;trang&#232;re &#224; Pasolini lui-m&#234;me, lequel la met bien en &#339;uvre, notamment &#224; travers les images des Mille et une nuits, en lesquelles les figurants fixent la cam&#233;ra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le dernier moment de la r&#233;flexion a donc &#233;t&#233; consacr&#233; &#224; la question de l'histoire, essentiellement &#224; travers les &#171; Th&#232;ses sur l'histoire &#187;, de Benjamin, mais aussi &#224; travers quelques remarques de Pasolini, avec leur prolongement, notamment chez Gramsci. La question, au fond, &#233;tait celle du r&#233;cit historique : comment &#233;crire l'histoire, comment transmettre un r&#233;cit historique qui ne n&#233;glige pas le rebut, le d&#233;chet &#8211; autrement dit, comment &#233;crire une histoire qui ne soit pas simplement l'histoire des vainqueurs ? De ce point de vue, il est apparu que le r&#233;cit construit au sein d'un temps vide et homog&#232;ne laissait place, n&#233;cessairement, &#224; une histoire fond&#233;e sur des rapports de causalit&#233; et entendue comme progr&#232;s &#8211; avec cette cons&#233;quence in&#233;vitable que les vaincus de l'histoire devaient &#234;tre sacrifi&#233;s, au nom du progr&#232;s. Pour rompre avec ces cons&#233;quences, le recours au temps discontinu est apparu comme n&#233;cessaire &#8211; c'est &#224; tout moment que le fil de l'histoire des vainqueurs peut &#234;tre rompu, laissant ainsi la place au surgissement des oubli&#233;s de l'histoire. S'il y a surgissement, en effet, c'est qu'on ne se situe pas du c&#244;t&#233; du simple souvenir (Andenken), mais bien du c&#244;t&#233; de la rem&#233;moration (Eingedenken), d'o&#249; l'int&#233;r&#234;t prononc&#233; de Benjamin pour Proust. Il s'agit donc de laisser place &#224; un r&#233;cit rendant possible la rem&#233;moration, c'est-&#224;-dire le retour effectif de ce qui, jamais, n'a &#233;t&#233; v&#233;cu. Dans cette optique, les g&#233;n&#233;alogies pasoliniennes (de type expressif, et non causaliste) dessinent bien quelque chose de ces r&#233;surgences pens&#233;es sur le mod&#232;le de la rem&#233;moration : le corps avoue, en ses formes, dans l'intonation d'un accent, un pass&#233; qu'il ignore, non pour l'avoir oubli&#233;, au sens strict, mais pour ne l'avoir lui-m&#234;me jamais v&#233;cu. Le corps se souvient de ce qu'il n'a pas v&#233;cu (soit par la manifestation d'anc&#234;tres non connus, soit par la manifestation d'un &#171; inconscient agricole &#187;, selon une expression de Pasolini).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultats :&lt;br class='autobr' /&gt; La question qu'il serait possible de poser, au terme de ce travail, est peut-&#234;tre au fond celle-ci : Que produit donc ce travail, en termes de devenir, entre Benjamin et Pasolini ?&lt;br class='autobr' /&gt; On pourrait dire que cette rencontre arrache Pasolini &#224; lui-m&#234;me, comme elle arrache Benjamin &#224; lui-m&#234;me, non pas en d&#233;figurant qui que ce soit, mais en permettant d'actualiser, chez chacun des deux, des potentialit&#233;s internes de d&#233;territorialisation. Au fond, l'actualisation de ces virtualit&#233;s r&#233;sulterait d'une sorte de technique du montage &#224; l'&#339;uvre dans ce travail, au moyen de rencontres inopin&#233;es (entre les deux auteurs, entre leurs &#233;nonc&#233;s respectifs, entre diff&#233;rents &#233;nonc&#233;s d'un m&#234;me auteur, etc.), et qui font sens. C'est en cela que le devenir qui s'emparerait et de Benjamin et de Pasolini, dans la pr&#233;sente th&#232;se, est bien construit. C'est qu'en effet, en mettant en place une confrontation entre Pasolini et Benjamin, qui ne soit pas comparatiste, une confrontation qui ne se r&#233;duise pas &#224; des rapprochements syst&#233;matiques quant &#224; tel ou tel point, mais cherche &#224; d&#233;boucher sur un plan de consistance nouveau, on peut d&#233;placer l'un et/ou l'autre, sans pour autant &#234;tre reconduit &#224; l'&#233;crasement (au moins partiel) d'un p&#244;le par l'autre. C'est en ce sens que Deleuze pouvait parler d'une philosophie donnant naissance &#224; un Hegel barbu, ou &#224; un Marx glabre. Si, donc, les conclusions de cette th&#232;se peuvent donner l'apparence que Benjamin, relativement &#224; la question de l'histoire en tout cas, prend le pas sur Pasolini, il serait en fait possible de conf&#233;rer une orientation exactement inverse &#224; ces conclusions, sur ce point, en envisageant, par exemple, ce que la pens&#233;e du corps, chez Pasolini, permet de faire affleurer &#224; la surface, chez Benjamin. Il y aurait ainsi, par exemple, toute une interrogation &#224; porter dans le domaine de la relation de Benjamin &#224; la psychanalyse : ce que Benjamin utilise chez Freud, notamment la notion de choc, pouvant largement &#234;tre utilis&#233; ind&#233;pendamment de l'essentiel du corpus freudien, cela ne nous reconduirait-il pas &#224; un inconscient proche de celui dont parle parfois Pasolini, cet inconscient &#171; d&#233;pos&#233; dans les choses &#187; ? De cette fa&#231;on, c'est la question m&#234;me de la philosophie de l'histoire qui serait &#224; reprendre &#224; nouveaux frais, Pasolini, cette fois, pouvant redevenir, dans ce registre &#233;galement, un p&#244;le r&#233;ellement actif dans la relation &#224; Benjamin. Une histoire pl&#233;b&#233;ienne &#233;crite &#224; partir des corps pauvres et discr&#233;dit&#233;s constitue un programme assez exaltant pour mobiliser bien des types de chiffonniers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
