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	<title>Ici et ailleurs</title>
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	<description>Association pour une Philosophie Nomade</description>
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		<title>Ici et ailleurs</title>
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		<title>Atelier de philosophie pl&#233;b&#233;ienne - Cris !</title>
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		<description>
&lt;p&gt;G&#238;te Le Closet Fertans (17-19 gde rue, 25330) &lt;br class='autobr' /&gt;
Samedi 15 juin 2024 &lt;br class='autobr' /&gt;
Atelier de philosophie pl&#233;b&#233;ienne &lt;br class='autobr' /&gt;
Atelier... cela veut dire un essai d'abandon de l'autorit&#233; du ma&#238;tre et de la posture d'&#233;l&#232;ve au profit d'une tentative de production en commun. &lt;br class='autobr' /&gt;
Centre de R&#233;flexion et de Documentation sur les Philosophies Pl&#233;b&#233;iennes de l'association &#171; Voyons o&#249; la philo m&#232;ne... &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Cris ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Argumentaire : &lt;br class='autobr' /&gt;
(C)RIons un peu &lt;br class='autobr' /&gt;
Crier, hurler &lt;br class='autobr' /&gt;
de peur de col&#232;re de joie de douleur de peine de tristesse (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=31" rel="directory"&gt;&#034;Voyons o&#249; la philo m&#232;ne&#034;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G&#238;te Le Closet Fertans (17-19 gde rue, 25330)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Samedi 15 juin 2024&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Atelier de philosophie pl&#233;b&#233;ienne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Atelier... cela veut dire un essai d'abandon de l'autorit&#233; du ma&#238;tre et de la posture d'&#233;l&#232;ve au profit d'une tentative de production en commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Centre de R&#233;flexion et de Documentation sur les Philosophies Pl&#233;b&#233;iennes de l'association &#171; Voyons o&#249; la philo m&#232;ne... &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Cris !&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Argumentaire :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;(C)RIons un peu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Crier, hurler&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de peur de col&#232;re de joie de douleur de peine de tristesse de plaisir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;cri de naissance, de renaissance&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;crier, encore, ou une derni&#232;re fois, ou une ann&#233;e avant-derni&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;crier mal-dire mal-faire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;crier de rater mieux encore&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;flinguer la biens&#233;ance les bonnes mani&#232;res&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le cri toujours inconvenant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;un cri mauvaise odeur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le cri l'odeur l'animal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l'animal que je suis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;une d&#233;chirure&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;un trou dans le d&#233;cor&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;comment mieux finir &#8211; oh tout finir &#8211; que dans un cri&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; Tout cela comme des nuages un attroupement une foule complotante de moutons noirs de boucs de diables qui croissent se pressent et s'entassent te bousculent te chavirent et te d&#233;bordent te d&#233;chirent de l'int&#233;rieur et &#231;a crie et &#231;a rit &#231;a ronge &#231;a gratte et &#231;a grince aussi / &#199;a agite &#231;a rend l'air plus lourd plus &#233;pais &#233;lectrique pr&#234;t &#224; recevoir la foudre &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9h &lt;strong&gt;Accueil&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9h15 - 10h45 &lt;strong&gt;&#171; L&#233;viathan est-il soluble dans les cris ? &#187;&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Christian Ruby&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui serait sans doute pl&#233;b&#233;ien dans le propos, ce serait moins d'&#233;voquer la pl&#232;be en soi que de partir de l'id&#233;e selon laquelle il est toujours possible, quelle que soit la situation faite par les patriciens, d'interrompre une situation. Et si le cri &#233;tait l'un des instruments d'une telle fracture, par exemple du consensus diffus&#233; par ces patriciens ? Voil&#224; qui reviendrait &#224; faire du cri un objet, sous forme d'un type de parole, que les institutions politiques dominantes (version d&#233;mocratie moderne pour nous en tenir l&#224;, sinon &#224; &#233;voquer Montesquieu) ne peuvent pas int&#233;grer mais doivent entendre du moins tactiquement. Peut-&#234;tre par ailleurs devraient-elles aussi apprendre &#224; le respecter d'autant qu'elles ne se sont engendr&#233;es que par des cris (on pourrait &#233;voquer Claude Mazauric analysant la politique de Robespierre) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'ailleurs de &#171; cri &#187; (du latin &lt;i&gt;critare&lt;/i&gt;, crier au secours, protester) que Varron fait d&#233;river (m&#234;me si le lexique ajoute &#171; peu cr&#233;dible &#187;) le terme &#171; citoyen &#187; : celui qui dit quelque chose d'une voix retentissante. &#201;tant entendu que les Grecs (H&#233;siode), comme l'&#233;poque m&#233;di&#233;vale (&#201;lias), associent rire et cri, plut&#244;t que cri et cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivant cette ligne et nos travaux publi&#233;s, nous souhaitons modestement soumettre le cri &#8211; au sens d'interruption et ici uniquement d'indignation et de dissentiment &#8211;, &#224; l'&#233;preuve &lt;i&gt;politique&lt;/i&gt;, afin de d&#233;signer une forme d'&lt;i&gt;intervention&lt;/i&gt; globalement publique et de lutte contre la peur institu&#233;e. C'est, pour partie, la question classique du droit de r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indignation et dissentiment engendrent et propulsent le cri. Une fois engendr&#233;, il a la propri&#233;t&#233; de se diffuser &#224; travers le corps social (mim&#233;tisme du cri, dirait Ren&#233; Girard ; affect collectif, dirait Spinoza), constituant la r&#233;alit&#233; de la puissance de la masse qui veut r&#233;sister dans un corps politique ou &#224; telle forme du corps politique. Cris &#171; d'indignation et de dissentiment &#187; (Spinoza, Voltaire, d'Alembert) formulent une exigence de justice sociale (pl&#233;b&#233;ienne ?) ? Les renversements de chefs (selon l'ethnologie), les s&#233;ditions (selon Aristote), les r&#233;vulsions indign&#233;es et les r&#233;criminations sociales contre les humiliations et les manquements &#224; la dignit&#233; (des r&#233;gimes au colonialisme&#8230;), les cris de manifestants d&#233;non&#231;ant une insouciance &#224; l'&#233;gard de telle ou telle relation sociale (Gilets jaunes ? Paysans ?), en font foi. Dans le cri, le droit patricien, le discours gouvernemental ou celui du chef sur la situation sont &lt;i&gt;d&#233;cri&#233;s&lt;/i&gt; comme incapables de la saisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la requ&#234;te de justice sociale et politique, celle de l'opposant, le cri rompt l'adh&#233;sion &#224; ce qui est pr&#233;sent&#233; comme consensus autour de la r&#233;partition de la parole. Il fait exploser la langue politique officielle pour laquelle tout est plein et parfait. Crier le vide du pouvoir ou le pouvoir comme vide lui annonce sa fin. Ce type de discours fait l'apocalypse du politique et amorce quelque chose qui est encore &#224; accomplir, qui n'est toujours pas entrepris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les philosophes offrent une ample mati&#232;re &#224; r&#233;flexion sur ce th&#232;me : philosophes qui s'inqui&#232;tent de ces cris, philosophes qui lancent des cris, philosophes qui ignorent le cri ou qui posent le cri au c&#339;ur du politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11h - 12h30 &lt;strong&gt;&#171; Port&#233;es de la voix &#8212; aux limites &#187;&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Orgest Azizaj&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit de quelqu'un (tr&#232;s souvent un homme, par ailleurs) qui a une voix forte, puissante, que &#171; sa voix porte &#187;. Que porte exactement la voix ? Quoi, du sujet parlant, est port&#233; par la voix, et vers o&#249; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la voix est assez d&#233;licate en philosophie, pas mal souterraine, marginale ; la voix y est rest&#233; un &#171; objet &#187; tr&#232;s mal identifi&#233;, comme un &lt;i&gt;r&#233;sidu&lt;/i&gt; naturel entre les entit&#233;s dignes et glorieuses que sont la pens&#233;e et la langue (&lt;i&gt;logos&lt;/i&gt;) ; une esp&#232;ce de mati&#232;re premi&#232;re, brute, de l'expression, et qui ne prend son sens qu'une fois &lt;i&gt;articul&#233;e&lt;/i&gt;. On peut dire ainsi, que la voix est quelque chose comme le pl&#233;b&#233;ien de l'appareil expressif, celui qui porte &#8212; support ne valant pas pour soi, mais du valant-pour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf, peut-&#234;tre, si on l'&#233;l&#232;ve... dans un cri, par exemple d'&#233;tonnement, ce qui est le commencement m&#234;me de la philosophie. Les concepts, sont &lt;i&gt;avant tout&lt;/i&gt; des cris, disait Deleuze. Car l'&#202;tre est avant tout clameur, que la connaissance tente de capter dans les rets du symbolique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une politique de la voix lev&#233;e, qui est reli&#233;e &#224; sa bonne ou mauvaise port&#233;e. La voix qui se hausse sous forme de &lt;i&gt;ton&lt;/i&gt;, qui porte un ordre, et compte se faire entendre pour se faire ob&#233;ir. Et la voix port&#233;e jusqu'&#224; sa limite, voire au-del&#224;, devient cri, et ne porte pas, servante, un sens pr&#233;&#233;tabli, mais s'emporte et emporte avec elle le sujet parlant (d&#233;fait, criant) dans une monstration de son propre &#234;tre de voix.&lt;br class='autobr' /&gt;
Disons, qu'il y aurait la sale voix qui porte, et les belles voix, souvent cass&#233;es, o&#249; l'on s'emporte &#8212; qu'il y a, pour reprendre Ranci&#232;re, une police du hurlement et une politique du cri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est certainement pas aussi simple. Reste, que quelque chose d'inali&#233;nable s'atteste dans la voix ; qu'entre mutisme et cri, c'est souvent dans la recherche d'une (hauteur) de voix propre (Cavell) que se joue l'&#234;tre m&#234;me du sujet, et sa place dans la clameur du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, qu'est-ce qu'une voix &lt;i&gt;insupportable&lt;/i&gt; ? Pourquoi est-elle, souvent, f&#233;minine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ap&#233;ro puis repas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15h - 16h30 &lt;strong&gt;&#171; &#192; l'&#233;cole, &#231;a crie et &#231;a rit ! &#187;&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Sarah Roy&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre les cris dans la cour de r&#233;cr&#233;ation, &#224; la sortie de l'&#233;cole. Les cris de l'institutrice dans sa classe. Les cris des &#233;l&#232;ves pr&#233;sent&#233;s comme &#171; perturbateurs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a les cris que j'appellerais cri sourd, les appels &#224; l'aide ou les appels au jeu. Et pas que des &#233;l&#232;ves, aussi des professeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;cole, &#231;a crie ! Et pourtant, l'&#233;cole est pour les &#233;l&#232;ves cens&#233;s &#234;tre ce que j'appelle une &#171; &lt;i&gt;safe place&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224; une vraie dualit&#233; de l'&#233;cole. Une dualit&#233; du cri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'est-ce que le cri &#224; l'&#233;cole ? Et pourquoi, quelles sont les causes de ces diff&#233;rents cris ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment nous, en tant qu'instituteurs, nous pouvons faire face &#224; cela ? Qu'est-ce qui se cache derri&#232;re tous ces cris ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17h - 18h30 &lt;strong&gt;&#171; Pasolini. Le cri, le langage ; la parole, le th&#233;&#226;tre &#187;&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Alain Naze&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que Pasolini faisait du cri l'origine m&#234;me du langage, ce qui lui permettra d'enraciner les langues (non standardis&#233;es) dans la r&#233;alit&#233; corporelle. Partant de l&#224;, on aurait pu penser que Pasolini, en venant &#224; la question du th&#233;&#226;tre, aurait &#233;t&#233; int&#233;ress&#233; par les formes th&#233;&#226;trales de la &#171; cruaut&#233; &#187; (Artaud) et du cri. Or, il va affirmer son orientation vers un th&#233;&#226;tre de la parole, notamment &#224; l'&#233;cart des exp&#233;riences du Living Th&#233;&#226;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agira, dans le cadre de cette intervention, de saisir les raisons de ce choix. On ne manquera pas, cependant, de noter que Pasolini ne reste pas insensible au &#171; th&#233;&#226;tre du cri &#187;. C'est cette tension qu'on essaiera de comprendre, entre la position politique qu'il adopte, concernant le th&#233;&#226;tre, et ce qui serait peut-&#234;tre sa &lt;i&gt;pente naturelle&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19h &lt;strong&gt;Ap&#233;ro puis repas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lecture surprise en soir&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Inscription obligatoire avant le samedi 8 juin&lt;br class='autobr' /&gt;
Tarif de la journ&#233;e (interventions + repas midi, boissons comprises) : 35 &#8364; (25 &#8364; ch&#244;meurs, &#233;tudiants). Sans le repas du midi : 15 &#8364; par demi-journ&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Possibilit&#233; d'h&#233;bergement au g&#238;te &#034;Le closet&#034; de Fertans. Repas du soir au g&#238;te : 10 &#8364;. Nuit&#233;e du samedi : 20&#8364;. Week-end complet (avec repas et nuit&#233;e du vendredi soir) : 85 &#8364;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Inscription et renseignements :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;crdpp25@gmail.com ou Philippe Roy 06 51 38 43 45 &lt;a href=&#034;http://reseau.philoplebe.lautre.net/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://reseau.philoplebe.lautre.net/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Philosophies pl&#233;b&#233;iennes - Appel-Cri &#224; dons</title>
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		<dc:date>2024-02-13T14:30:00Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s plus de dix ann&#233;es d'obstination pl&#233;b&#233;ienne, nous voudrions consacrer notre prochain atelier du 15 Juin 2024 au Cri (arts, politique, etc.) &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre prochain ? Pas seulement. Notre dernier aussi bien ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Car le Cri n'aura lieu que si nous avons les fonds pour l'organiser. Or, c'est plut&#244;t le fond que nous touchons... &lt;br class='autobr' /&gt;
Douze ann&#233;es de r&#233;flexions, une quarantaine de th&#232;mes et d'ateliers, une centaine d'interventions - voil&#224; le bilan que nous d&#233;poserons devant vous, avec la possibilit&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=31" rel="directory"&gt;&#034;Voyons o&#249; la philo m&#232;ne&#034;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Apr&#232;s plus de dix ann&#233;es d'obstination pl&#233;b&#233;ienne, nous voudrions consacrer notre prochain atelier du 15 Juin 2024 au Cri (arts, politique, etc.)
&lt;p&gt;Notre prochain ? Pas seulement. Notre dernier aussi bien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le Cri n'aura lieu que si nous avons les fonds pour l'organiser. Or, c'est plut&#244;t le fond que nous touchons...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Douze ann&#233;es de r&#233;flexions, une quarantaine de th&#232;mes et d'ateliers, une centaine d'interventions - voil&#224; le bilan que nous d&#233;poserons devant vous, avec la possibilit&#233; d'&#234;tre des n&#244;tres, ce 15 juin qui vient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est s&#251;rement une bonne id&#233;e de finir sur un Cri, mais quitte &#224; finir nous aimerions quand m&#234;me le pousser - bien haut, bien fort !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous faisons donc appel &#224; vous pour subventionner cet atelier via cette souscription : &lt;a href=&#034;https://www.helloasso.com/associations/voyons-ou-la-philo-mene/collectes/appel-cri-a-dons-pour-le-prochain-atelier-de-philosophie-plebeienne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.helloasso.com/associations/voyons-ou-la-philo-mene/collectes/appel-cri-a-dons-pour-le-prochain-atelier-de-philosophie-plebeienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_794 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/IMG/jpg/the-wall1-413x191.jpg' width='191' height='413' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, merci &#224; vous ! N'h&#233;sitez pas &#224; faire suivre sur vos r&#233;seaux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS : si comme nous vous n'avez pas envie que ce cri soit le dernier, votre g&#233;n&#233;rosit&#233; pourrait laisser entrevoir d'autres rencontres...&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Atelier de philosophie pl&#233;b&#233;ienne - Bouleversements et bifurcations</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=1201</link>
		<guid isPermaLink="true">https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=1201</guid>
		<dc:date>2023-10-06T09:02:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;G&#238;te Le Closet Fertans (17-19 gde rue, 25330) &lt;br class='autobr' /&gt;
Samedi 21 octobre 2023 &lt;br class='autobr' /&gt;
Atelier de philosophie pl&#233;b&#233;ienne Atelier... cela veut dire un essai d'abandon de l'autorit&#233; du ma&#238;tre et de la posture d'&#233;l&#232;ve au profit d'une tentative de production en commun. Centre de R&#233;flexion et de Documentation sur les Philosophies Pl&#233;b&#233;iennes de l'association &#171; Voyons o&#249; la philo m&#232;ne... &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Bouleversements et bifurcations &lt;br class='autobr' /&gt;
Argumentaire : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Et si au milieu de cette d&#233;pression plan&#233;taire, de cette guerre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=31" rel="directory"&gt;&#034;Voyons o&#249; la philo m&#232;ne&#034;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;G&#238;te Le Closet&lt;/i&gt; Fertans (17-19 gde rue, 25330) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Samedi 21 octobre 2023&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Atelier de philosophie pl&#233;b&#233;ienne&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Atelier... cela veut dire un essai d'abandon de l'autorit&#233; du ma&#238;tre et de la posture d'&#233;l&#232;ve au profit d'une tentative de production en commun.&lt;br class='autobr' /&gt;
Centre de R&#233;flexion et de Documentation sur les Philosophies Pl&#233;b&#233;iennes&lt;br class='autobr' /&gt;
de l'association &#171; Voyons o&#249; la philo m&#232;ne... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bouleversements et bifurcations&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Argumentaire :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et si au milieu de cette d&#233;pression plan&#233;taire, de cette guerre mondiale, au milieu de la d&#233;b&#226;cle de l'Anthropoc&#232;ne, nous vivions la plus grande r&#233;volution de l'Histoire ? (&#8230;) Nous sommes les corps par lesquels la mutation arrive et s'installe. La question n'est plus de savoir qui nous sommes, mais ce que nous voulons devenir. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; Paul B. Preciado, &lt;i&gt;Dysphoria mundi&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il n'y a de toute &#233;vidence pas de quoi se r&#233;jouir des toujours plus folles et majeures catastrophes vers lesquelles le capitalisme nous conduit &#8211; il ne s'agit en aucun cas de minimiser la gravit&#233; des dangers, guerre, fascisme, &#233;croulement &#233;cologique, Capitaloc&#232;ne&#8230; ou d'euph&#233;miser les difficult&#233;s de nos t&#226;ches &#8211;, nous pouvons cependant accueillir avec enthousiasme ce qui aujourd'hui nous &lt;i&gt;oblige&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car face aux mensonges d'un universalisme abstrait s'affirment d&#233;sormais de tout autres gestes, de devenirs pluriversels, toute une &#233;cosophie d&#233;-genr&#233;e, d&#233;-sp&#233;cism&#233;e, une transversalit&#233; a-centr&#233;e faite de superpositions, de lignes de fuites cr&#233;atives, performatives et comm'un&#183;e&#183;s : quelque chose qui a &#224; voir avec un projet politique en &lt;i&gt;actes&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vous entendez ? C'est le son de votre monde qui s'&#233;croule. C'est le son du n&#244;tre qui se l&#232;ve. &#187; / &lt;i&gt;(Arm&#233;e zapatiste de lib&#233;ration nationale, communiqu&#233; du 21 d&#233;cembre 2012)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9h &lt;strong&gt;Accueil&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9h30 - 11h30 &lt;strong&gt;&#171; Comment repenser nos relations aux vivants ? &#187; &lt;i&gt;Guillaume M&#233;jat&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans son dernier ouvrage, &lt;i&gt;L'inexplor&#233;&lt;/i&gt;, Baptiste Morizot s'appuie sur les travaux de l'anthropologue Nastassja Martin pour affirmer que la crise &#233;cologique nous a fait revenir au temps mythique, c'est-&#224;-dire ce temps des origines o&#249; les fronti&#232;res entre les &#234;tres et les relations qu'ils entretiennent ne sont pas stabilis&#233;es. C'est pourquoi, selon lui, la catastrophe climatique nous oblige &#224; repenser le statut des &#234;tres qui composent le monde et &#224; en finir avec ce que Philippe Descola nomme le naturalisme. Il y a l&#224; &#224; la fois une n&#233;cessit&#233; et une opportunit&#233; : il ne nous sera pas possible de faire face aux nouveaux enjeux climatiques si nous continuons &#224; consid&#233;rer les non-humains comme de simples ressources &#224; exploiter et la rupture avec le naturalisme peut nous permettre d'entretenir des relations plus riches avec les autres vivants. La question qui se pose alors est celle savoir comment &#233;tablir ce que Morizot nomme les &#171; nouvelles cartes ontologiques &#187;. Effectivement, s'il semble n&#233;cessaire de rompre avec le naturalisme, il ne semble ni possible ni souhaitable de devenir animistes, puisque cela reviendrait &#224; liquider tout notre h&#233;ritage scientifique. Que faire du naturalisme dans l'entreprise actuelle de recomposition des mondes ? C'est &#224; cette question et &#224; ses enjeux que cet expos&#233; voudrait introduire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ap&#233;ro puis repas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14h &#8211; 16h &lt;strong&gt;&#171; Des exp&#233;riences situ&#233;es &#187; &lt;i&gt;C&#233;line Belledent&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les th&#233;ories du point de vue situ&#233; ou th&#233;ories du positionnement ont re&#231;u un certain &#233;cho et sont fr&#233;quemment mobilis&#233;es (Harding, Haraway). Ces r&#233;flexions m&#233;thodologiques et &#233;pist&#233;mologiques, plut&#244;t dirig&#233;es vers les sciences de la vie et de la mati&#232;re, ont r&#233;sonn&#233; plus fort dans les sciences humaines et sociales.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'id&#233;e est de reprendre ces th&#233;ories, de les discuter et de chercher &#224; comprendre ce qu'elles engagent, emp&#234;chent ou permettent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16h30 - 18h30 &lt;strong&gt;&#171; Vers une cosmopolitique terrestre &#187; &lt;i&gt;Sophie Gosselin&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Face au d&#233;sastre environnemental et &#224; la crise de l&#233;gitimit&#233; des institutions politiques modernes comment redonner sens au politique et pour quel horizon commun ? A un moment o&#249; le &#171; contrat social &#187; qui, depuis l'&#233;poque moderne, fonde la soci&#233;t&#233; et l&#233;gitime les institutions politiques, se dissout, comment retrouver du commun et renouer du lien entre humains mais aussi avec l'ensemble des autres vivants ? Lorsque la promesse moderne d'un progr&#232;s ind&#233;fini et d'une am&#233;lioration des conditions de vie butte sur le mur du risque d'un non renouvellement des conditions de la vie, comment r&#233;envisager notre rapport au temps, comment r&#233;inscrire le temps des activit&#233;s et de la vie humaine dans les temps des cycles terrestres ? Le temps des m&#233;tamorphoses que nous traversons appelle &#224; l'invention d'une cosmopolitique terrestre capable de rendre possible l'&#233;mergence d'un &#034;monde compos&#233; de plusieurs mondes&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19h &lt;strong&gt;Ap&#233;ro puis repas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Inscription obligatoire avant le samedi 14 octobre&lt;br class='autobr' /&gt;
Tarif de la journ&#233;e (interventions + repas midi, boissons comprises) : 35 &#8364; (25 &#8364; ch&#244;meurs, &#233;tudiants). Sans le repas du midi : 15 &#8364; par demi-journ&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Possibilit&#233; d'h&#233;bergement au g&#238;te &#034;Le closet&#034; de Fertans. Repas du soir au g&#238;te : 10 &#8364;. Nuit&#233;e du samedi : 20&#8364;. Week-end complet (avec repas et nuit&#233;e du vendredi soir) : 85 &#8364;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Inscription et renseignements :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;crdpp25@gmail.com&lt;/strong&gt; ou Philippe Roy &lt;strong&gt;06 51 38 43 45&lt;/strong&gt; &lt;a href=&#034;http://reseau.philoplebe.lautre.net/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://reseau.philoplebe.lautre.net/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La majorit&#233; ou l'acceptation d'un conflit sans fin</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=765</link>
		<guid isPermaLink="true">https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=765</guid>
		<dc:date>2023-05-30T21:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Caumi&#232;res</dc:creator>



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&lt;p&gt;[nde : premi&#232;re publication, Les Cahiers de Philom&#232;ne, 3, 2012.] &lt;br class='autobr' /&gt;
L'histoire r&#233;cente des soci&#233;t&#233;s occidentales a suffisamment d&#233;menti les espoirs des Lumi&#232;res pour qu'il soit permis de les partager sans questionnement critique. C'est l&#224; une t&#226;che immense ayant mobilis&#233; l'&#233;nergie de nombreux penseurs contemporains et qu'il ne saurait &#234;tre question d'envisager ici ; tout au plus pouvons-nous revenir sur ce qui permettait &#224; Kant d'esp&#233;rer possible l'&#233;mancipation de chacun : l'usage public de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=31" rel="directory"&gt;&#034;Voyons o&#249; la philo m&#232;ne&#034;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;[&lt;i&gt;nde&lt;/i&gt; : premi&#232;re publication, &lt;i&gt;Les Cahiers de Philom&#232;ne&lt;/i&gt;, 3, 2012.]&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire r&#233;cente des soci&#233;t&#233;s occidentales a suffisamment d&#233;menti les espoirs des Lumi&#232;res pour qu'il soit permis de les partager sans questionnement critique. C'est l&#224; une t&#226;che immense ayant mobilis&#233; l'&#233;nergie de nombreux penseurs contemporains et qu'il ne saurait &#234;tre question d'envisager ici ; tout au plus pouvons-nous revenir sur ce qui permettait &#224; Kant d'esp&#233;rer possible l'&#233;mancipation de chacun : l'usage public de la raison que les gouvernants doivent permettre et les institutions garantir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me est en effet que la situation ne semble pas avoir beaucoup chang&#233; depuis deux si&#232;cles et que l'on peut continuer &#224; s'interroger sur le fait que beaucoup restent toujours mineurs, c'est-&#224;-dire sous tutelle, incapables qu'ils sont de penser par eux-m&#234;mes. Comment le comprendre ? S'agit-il d'un d&#233;faut de publicit&#233; comme semble le penser Habermas pour qui les Lumi&#232;res restent un projet inachev&#233; ? Ne faut-il pas plut&#244;t y voir les effets d'une dynamique dont Kant n'a pas eu conscience ? La consid&#233;ration de ce que furent les r&#233;gimes totalitaires plaide en faveur de cette deuxi&#232;me hypoth&#232;se. N'est-ce pas en effet un d&#233;sir sourd d'unit&#233; devant l'angoisse occasionn&#233;e par la reconnaissance de l'ind&#233;termination fonci&#232;re du social qui a suscit&#233; l'adh&#233;sion massive &#224; l'ordre revendiqu&#233;, sinon impos&#233;, par un chef charismatique, v&#233;ritable &lt;i&gt;&#233;gocrate&lt;/i&gt;, et permis son accession au pouvoir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Kant a bien saisi la n&#233;cessit&#233; de penser son &#233;poque, d'en saisir la sp&#233;cificit&#233;, il n'aurait donc pas per&#231;u que celle-ci relevait d'une mutation de l'ordre symbolique conduisant &#224; la dissociation du pouvoir, de la loi et du savoir. Ce qui signe pourtant l'av&#232;nement de la d&#233;mocratie, r&#233;gime dont la fragilit&#233; tient &#224; sa nature m&#234;me, qui veut qu'elle reconnaisse que le pouvoir n'est de personne. Faut-il le pr&#233;ciser ? cela n'est pensable qu'&#224; partir d'une ind&#233;termination fonci&#232;re conduisant un conflit ind&#233;passable &#224; propos de l'ordre social qu'il convient de promouvoir. Un tel r&#233;gime ne peut durer que dans la mesure o&#249; les individus sont &#224; m&#234;me de supporter de vivre dans une soci&#233;t&#233; dont l'unit&#233; ne s'appr&#233;hende qu'&#224; partir de sa division. Exprim&#233; dans les termes de la question qui nous occupe, cela signifie que le rapport &#171; majeur / mineur &#187; renvoie davantage &#224; une exigence pratique qu'&#224; l'id&#233;e d'une soci&#233;t&#233; pacifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. Retour sur un texte de Kant et ses limites&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1) Les perspective d'une sortie de l'&#233;tat de minorit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un texte bref mais fort c&#233;l&#232;bre, Kant assure que &#171; Les Lumi&#232;res se d&#233;finissent comme la sortie de l'homme hors de l'&#233;tat de minorit&#233; o&#249; se maintient par sa propre faute &#187;. Une telle remarque proc&#232;de du constat critique que beaucoup d'hommes &#171; restent volontiers, toute leur vie durant mineurs &#187;, alors m&#234;me que &#171; la nature les a depuis longtemps affranchis de toute direction &#233;trang&#232;re &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kant Emmanuel, Qu'est-ce que les Lumi&#232;res ?, trad. H. Wizmann, in : &#338;uvres, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Notons que Kant ne s'interroge pas sur l'existence de disparit&#233;s sociales dans l'ordre politique et l'ordre culturel &#8211; la dimension &#233;conomique n'&#233;tant pas ici envisag&#233;e &#8211; puisque la r&#233;ponse est d'&#233;vidence. Il s'attache &#224; saisir les raisons d'une situation qui lui para&#238;t d'autant moins acceptable qu'elle n'est aucunement naturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; l'on admet, depuis Descartes au moins, que les structures de l'esprit sont les m&#234;mes en chacun&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans son Discours de la m&#233;thode Descartes notait d&#233;j&#224; que &#171; le bon sens est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la minorit&#233;, qu'il faut comprendre comme un &#233;tat de tutelle c'est-&#224;-dire comme &#171; l'incapacit&#233; de se servir de son propre entendement sans &#234;tre dirig&#233; par un autre &#187;, ne peut relever d'un d&#233;faut de capacit&#233;. Elle tient, assure Kant, &#224; deux traits de caract&#232;re que sont la paresse et la l&#226;chet&#233;, &#224; savoir le manque de courage devant l'effort et devant le danger. &#192; bien y regarder, cette vue est moins aristocratique qu'il n'y para&#238;t. Certes, Kant souligne que les mineurs sont eux-m&#234;mes responsables de leur condition dans la mesure o&#249; ils manquent de r&#233;solution, mais ceux qui les dirigent ne sont pas d&#233;douan&#233;s pour autant puisque le texte d&#233;monte la mystification qu'ils op&#232;rent : ils abrutissent les individus qu'ils entendent guider pour mieux leur faire admettre que l'&#233;mancipation est risqu&#233;e. Or si &#171; le pas qui conduit &#224; la majorit&#233; &#187; est effectivement &#171; p&#233;nible &#187;, puisqu'elle requiert une ouverture d'esprit supposant un changement d'habitudes, il n'est pas vrai qu'il soit dangereux comme &#171; la plupart des hommes finissent par [le] consid&#233;rer &#187;. Prenant acte de l'efficacit&#233; de la manipulation des tuteurs, Kant reconna&#238;t alors qu'il est &#171; difficile pour l'individu de s'arracher tout seul &#224; la minorit&#233;, devenue pour lui presque un &#233;tat naturel &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tonalit&#233; pessimiste de ce propos se trouve corrig&#233;e par la suite du texte, qui insiste sur la dimension collective du mouvement &#233;mancipatoire que repr&#233;sentent les Lumi&#232;res. Loin de relever d'un simple exercice solitaire de l'esprit, celles-ci doivent &#234;tre envisag&#233;es comme une dynamique li&#233;e &#224; la publicit&#233;, c'est-&#224;-dire au d&#233;bat public support&#233; par la presse. La libert&#233; d'expression et de communication des opinions permet, en effet, la diffusion des positions d&#233;fendues par les plus &#233;clair&#233;s, ceux qui, &#171; apr&#232;s avoir secou&#233; personnellement le joug de leur propre minorit&#233;, r&#233;pandront autour d'eux un &#233;tat d'esprit o&#249; la valeur de chaque homme et sa vocation &#224; penser par soi-m&#234;me seront estim&#233;es raisonnablement &#187;. Ainsi, comme Kant le souligne ailleurs, gr&#226;ce au progr&#232;s des Lumi&#232;res, &#171; commence &#224; se fonder une fa&#231;on de penser qui peut avec le temps transformer la grossi&#232;re disposition naturelle au discernement moral en principes pratiques d&#233;termin&#233;s &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kant Emmanuel, Id&#233;e d'une histoire universelle d'un point de vue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. S'il suppose une attitude r&#233;solue de la part de certains, le processus d'&#233;mancipation que repr&#233;sentent les Lumi&#232;res ne saurait donc se comprendre comme d&#233;pendant d'une simple &#233;thique individuelle : il r&#233;sulte bien de l'affirmation d'un espace public de discussion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce n'est pas sans raison si Habermas, auteur d'une th&#232;se sur l'espace (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Kant pense en effet que la libert&#233; se conditionne elle-m&#234;me et qu'une fois affirm&#233;e, elle ne peut que s'imposer davantage ; ce pourquoi il insiste sur le fait que &#171; l'usage &lt;i&gt;public&lt;/i&gt; de la raison doit toujours &#234;tre libre &#187; : &#171; lui seul peut r&#233;pandre les Lumi&#232;res parmi les hommes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans la mesure o&#249; cet usage public de la raison consiste, pour un citoyen, &#224; communiquer les raisons qui le poussent &#224; critiquer l'ordre social ou les opinions de son temps&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; J'entends par usage public de notre raison celui que l'on en fait comme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, on per&#231;oit qu'il suppose un ordre politique &#233;clair&#233;. Il y a donc ici un cercle vicieux, que Kant rep&#232;re parfaitement, puisque la pens&#233;e libre de tout pr&#233;jug&#233;, qui est le seul fondement possible d'une constitution libre, ne s'affirme que dans et par un espace public de discussion. Autrement dit, alors qu'une r&#233;publique n'est envisageable que par des individus majeurs ou des citoyens responsables, elle est n&#233;cessaire &#224; l'&#233;ducation de ces derniers. Assurant qu'&#171; un public ne peut qu'acc&#233;der que lentement aux lumi&#232;res &#187;, il indique que sortir de ce cercle suppose un temps long.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mani&#232;re dont Kant pense le rapport majorit&#233; / minorit&#233; rel&#232;ve donc &#224; la fois d'un discours critique qui d&#233;nonce un certain type de rapport social maintenant sous tutelle une grande partie des hommes, et d'une indication quant au devenir de cette situation. Aussi inscrit-il clairement sa r&#233;flexion dans une perspective historique permettant de saisir l'&#233;volution morale de l'homme qui doit le conduire &#224; atteindre &#171; une soci&#233;t&#233; civile administrant universellement le droit &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kant Emmanuel, Id&#233;e d'une histoire universelle d'un point de vue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; ce qui lui permet de souligner, dans la derni&#232;re partie de son texte, que son temps n'est pas encore vraiment &#233;clair&#233;, &#233;tant plut&#244;t celui d'&#171; une &#233;poque de &lt;i&gt;propagation des lumi&#232;res&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2) Des espoirs d&#233;&#231;us&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble inutile d'insister sur le fait que l'histoire a largement d&#233;menti les espoirs de Kant. Certains l'ont vite pressenti du reste, comme Tocqueville qui s'inqui&#233;tait du fait que la libert&#233; ne retourne en servitude en raison du r&#232;gne de l'opinion : &#171; En Am&#233;rique, la majorit&#233; trace un cercle formidable autour de la pens&#233;e. Au-dedans de ces limites, l'&#233;crivain est libre ; mais malheur &#224; lui s'il ose en sortir &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tocqueville Alexis (de), De la d&#233;mocratie en Am&#233;rique, I, 2, Chap. V, XIV : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi, comme le remarque Claude Lefort, &#171; un &#233;crivain qui a cru pouvoir exprimer librement ses id&#233;es suscite, plus que la critique, une exclusion telle que, priv&#233; de la mesure de son opposition, il perd jusqu'au d&#233;sir de penser par lui-m&#234;me &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lefort Claude, La croyance en politique, in : Le temps pr&#233;sent, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De m&#234;me Edgard Quinet a-t-il &#233;prouv&#233; le risque de ce qu'il nomme &#171; le ph&#233;nom&#232;ne de l'engourdissement de l'esprit &#187;, le conduisant &#224; chercher &#171; par quelle transformation un peuple peut &#234;tre conduit &#224; renoncer &#224; penser &#187;. Il fut alors amen&#233; &#224; d&#233;noncer le sophisme comme &#171; premi&#232;re alt&#233;ration de l'intelligence &#187; : &#171; La pens&#233;e n'est plus autoris&#233;e &#224; se produire qu'&#224; la condition de soumettre &#224; des maximes impos&#233;es. Plut&#244;t que de se taire et de s'&#233;vanouir, elle fait un effort immense pour se plier &#224; cette servitude. Elle se d&#233;forme, se d&#233;prave dans cet effort ; &#224; la fin elle y p&#233;rit &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quinet Edgard, La R&#233;volution, Livre XXIV, chap. 3. Ouvrage consultable en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Lefort, qui mentionne ce texte, assure qu'&#171; en un sens, Quinet s'avance plus loin que Tocqueville &#187;. C'est qu'il consid&#232;re le conformisme, &#171; non seulement comme un caract&#232;re de la masse, mais aussi comme une caract&#233;ristique des cercles intellectuels qui cherchent &#224; s'en distinguer &#187;, et s'en prend ainsi tout &#224; la fois &#224; &#171; la croyance qui s'investit dans un ma&#238;tre et la croyance qui s'investit dans une th&#233;orie &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lefort Claude, La croyance en politique, op. cit., p. 899.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est difficile ici de ne pas penser aux remarques de Castoriadis concernant l'&#233;tat d'esprit qui r&#233;gnait en France au lendemain de Mai 68, notamment chez les militants. Il d&#233;non&#231;ait fermement &#171; la confusion id&#233;ologique sans pr&#233;c&#233;dent qui a suivi les &#233;v&#233;nements, &#8211; o&#249; l'on a vu des gens se r&#233;clamer de Mao au nom d'id&#233;es qui les feraient fusiller s&#233;ance tenante s'ils se trouvaient en Chine, cependant que d'autres &#233;veill&#233;s &#224; la vie politique par le mouvement essentiellement antibureaucratique de Mai allaient vers les micro-bureaucraties trotkistes &#187;. S'interrogeant sur la port&#233;e de ce qui ne devait pas &#234;tre compris comme &#171; un ph&#233;nom&#232;ne simplement conjoncturel &#187;, Castoriadis y voyait le signe de ce que &#171; la vis&#233;e, volont&#233;, d&#233;sir de v&#233;rit&#233;, telle que nous l'avons connue depuis vingt-cinq si&#232;cles, est une plante historique &#224; la fois vivace et fragile &#187; dont la survie n'est en rien assur&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Castoriadis Cornelius, La Soci&#233;t&#233; bureaucratique, Paris, Bourgois, 1990. p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une telle consid&#233;ration, &#233;nonc&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 1970, ne surprendra que ceux qui n'ont pas vraiment pris la mesure de ce que fut le totalitarisme, lequel n'a pu exister qu'en raison d'une adh&#233;sion aveugle &#224; un chef ou &#224; un parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapportant une sc&#232;ne de &lt;i&gt;L'Archipel du Goulag&lt;/i&gt; qui manifeste comment des cadres du r&#233;gime, victimes des purges staliniennes, ne pouvaient admettre la r&#233;alit&#233; de ces derni&#232;res et continuaient de v&#233;n&#233;rer Staline, Lefort assure qu'elle illustre parfaitement &#171; jusqu'o&#249; peut conduire l'emportement dans la croyance en l'infaillibilit&#233; du Guide supr&#234;me ou de la th&#233;orie &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lefort Claude, La croyance en politique, op. cit., p. 893.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ayant beaucoup m&#233;dit&#233; sur l'exp&#233;rience totalitaire, il n'h&#233;site pas &#224; parler de la &#171; foi communiste &#187;, m&#234;me si &#224; la diff&#233;rence de la foi religieuse, elle &#171; requiert la constante d&#233;monstration que ce qui arrive porte la marque d'une n&#233;cessit&#233; &#187;. Le communiste assure Lefort est un &#171; homme qui sait &#187;, mais pas d'un savoir critique bien s&#251;r : &#171; le communiste s'identifie, &#224; ses propres yeux, &#224; l'homme qui sait, en raison de son appartenance au Parti &#187;, lequel &#171; n'est responsable que devant l'histoire : ce qui signifie qu'il n'est responsable devant personne [et qu'] il n'est de critique &#224; son endroit qui puisse venir d'un autre que lui-m&#234;me &#187;, note Lefort. On comprend alors que &#171; la foi dans le Parti est la foi dans son unit&#233;, dans son indivisibilit&#233; &#187;, et que, &#171; du m&#234;me coup, elle est foi dans le dirigeant supr&#234;me qui donne figure, dans sa personne, &#224; l'unit&#233; et &#224; la volont&#233; du corps collectif &#187;. Soulignant qu'il serait vain de pr&#233;tendre rechercher ce qu'il y a de plus fondamental entre la foi dans la science, la foi dans le Parti et la foi dans le Guide, Lefort pr&#233;cise que l'on &#171; retrouve les trois composantes dans tous les r&#233;gimes totalitaires, de type communise ou fasciste, du moins dans la p&#233;riode de leur formation et de leur expansion &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id., p. 894.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Force est donc de reconna&#238;tre que, deux si&#232;cles apr&#232;s Kant, les Lumi&#232;res ne sont pas venues &#224; bout de l'obscurantisme, et que la raison n'a toujours pas r&#233;ussi &#224; dominer la croyance. La question n'est toutefois pas ici de savoir si cette survivance attest&#233;e de la foi tient au fait qu'elle se trouve &#224; la racine m&#234;me de la rationalit&#233;, comme le sugg&#232;re Nietzsche&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir, par exemple, le &#167; 344 du Gai savoir, intitul&#233; : &#171; En quoi nous sommes, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cela rel&#232;ve de la m&#233;taphysique quand nous entendons nous en tenir &#224; des consid&#233;rations d'ordre social et nous interroger sur la perp&#233;tuation de l'&#233;tat d&#233;crit par Kant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous para&#238;t tout &#224; fait remarquable, qu'alors m&#234;me qu'il stipule &#224; trois reprises que les &#171; mineurs &#187; sont eux-m&#234;mes responsables de l'&#233;tat de tutelle dans lequel ils se trouvent, Kant ne fasse nullement mention de l'id&#233;e de &#171; servitude volontaire &#187; avanc&#233;e par La Bo&#233;tie vers 1550. C'est que, malgr&#233; les apparences, ce dernier dit tout autre chose que l'auteur de &lt;i&gt;Qu'est-ce que les Lumi&#232;res ?&lt;/i&gt;, mais qui pourrait bien rendre compte de ce que Kant &#233;choue &#224; penser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3) Le d&#233;sir de l'Un&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par rappeler avec Lefort que &#171; l'&#233;nigme que cherche &#224; sonder La Bo&#233;tie est celle du renversement de la libert&#233; en servitude &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lefort Claude, La croyance en politique, op. cit., p. 900.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il ne se demande donc pas simplement pourquoi tant d'hommes &#171; restent volontiers leur vie durant mineurs &#187;, mais &#171; comment il peut se faire que tant d'hommes, tant de villes, tant de nations endurent quelquefois un Tyran seul, qui n'a de puissance que celle qu'ils lui donnent &#187;. Ce qui ne laisse d'&#233;tonner La Bo&#233;tie, &#171; c'est de voir des millions de millions d'hommes, mis&#233;rablement asservis, et soumis t&#234;te baiss&#233;e, &#224; un joug d&#233;plorable &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Bo&#233;tie Etienne (de), Le discours de la servitude volontaire, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; alors m&#234;me qu'ils n'y sont nullement contraints. Le nombre m&#234;me d'individus en cause interdit de penser que leur soumission d&#233;pend de leur l&#226;chet&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Ce n'est pas seulement couardise, elle ne va pas jusque-l&#224; &#187; (Id, p. 177).&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; d'autant qu'ils sont capables de braver &#171; &#224; chaque instant la mort &#187; dans une guerre au service de leur prince&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id., p. 181.&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce point est d'importance dans la mesure o&#249; il manifeste l'originalit&#233; des vues de La Bo&#233;tie, pour qui la soumission &#224; un ma&#238;tre n'est pas le fait de la peur de la mort comme diront chacun &#224; leur mani&#232;re Hobbes et Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quoi donc sacrifient les hommes en se soumettant ? Non &#224; un ma&#238;tre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'autant que loin d'&#234;tre un Hercule ou un Samson, il est souvent &#171; le plus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais &#224; ce qu'il repr&#233;sente &#224; leur yeux. S'ils c&#232;dent &#224; un tyran, c'est &#171; qu'ils sont fascin&#233;s et, pour ainsi dire ensorcel&#233;s par le seul nom d'&lt;i&gt;un&lt;/i&gt; qu'ils ne devraient redouter, puisqu'il est &lt;i&gt;seul&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id., p. 175.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Lefort, qui souligne justement que &#171; le corps du prince, du tyran, d&#233;limit&#233; comme le corps de chaque homme, n'est pas vu tel qu'il appara&#238;t &#187;, et que &#171; le peuple projette au-dessus de lui-m&#234;me un corps immense, un corps qui voit tout, poss&#232;de le don de l'ubiquit&#233; et d&#233;tient la toute-puissance &#187;, se demander si ce corps n'est pas &#171; le corps imaginaire du peuple dans lequel se condense toutes les forces des individus &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lefort Claude, La croyance en politique, op. cit., p. 903.&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous percevons que l'attrait de l'Un proc&#232;de d'un fantasme de toute puissance, lequel s'affirme encore, une fois que le ma&#238;tre s'est impos&#233;, par une volont&#233; d'identification &#224; lui. Ce que Lefort indique clairement en signalant que &#171; La Bo&#233;tie d&#233;voile successivement deux ph&#233;nom&#232;nes : d'une part l'enchantement que procure le nom d'un et qui implique la soumission ; d'autre part l'identification de proche en proche &#224; qui repr&#233;sente ce nom et la volont&#233; d'imprimer sa volont&#233; aux autres &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id., p. 904.&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La remarque est importante en ce qu'elle restitue la port&#233;e v&#233;ritable de l'analyse, laquelle tient &#224; sa dimension politique. C'est en effet le peuple qui est essentiellement en cause comme il appara&#238;t &#224; la lecture du &lt;i&gt;Discours sur la servitude volontaire&lt;/i&gt;, qui assure que ce sont &#171; les peuples qui se laissent, ou plut&#244;t se font garrotter, puisqu'en refusant de servir, ils briseraient leurs liens &#187;, que &#171; c'est le peuple qui s'assujettit et se coupe la gorge : qui, pouvant choisir d'&#234;tre sujet ou libre, repousse la libert&#233; et prend le joug, qui consent &#224; son mal ou plut&#244;t le pourchasse &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le discours de la servitude volontaire, op. cit., p. 179.&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La profondeur de la pens&#233;e s'exprime ici pleinement, et ce n'est pas sans raison si Lefort la salue en demandant &#171; quel g&#233;nie l'inspire, La Bo&#233;tie, qui lui donne vue sur le pass&#233; le plus lointain et sur notre si&#232;cle peupl&#233; par des &lt;i&gt;&#233;gocrates&lt;/i&gt; (suivant le mot de Soljenitsyne) et les cohortes de leurs serviteurs &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais peut-&#234;tre est-elle si profonde qu'il fallait la retrouver depuis notre &#233;poque marqu&#233;e par l'exp&#233;rience totalitaire pour en saisir la v&#233;ritable port&#233;e. Pourquoi sinon Kant ne lui a-t-il pas pr&#234;t&#233; l'attention qu'elle m&#233;rite ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons ainsi comprendre pourquoi Lefort per&#231;oit le totalitarisme comme &#171; le fait majeur de notre temps, posant une &#233;nigme qui appelle &#224; r&#233;examiner la gen&#232;se des soci&#233;t&#233;s politiques &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lefort Claude, L'invention d&#233;mocratique, Paris, Le livre de poche, 1983, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; nous pouvons &#233;galement envisager que tout en pr&#233;tendant &#224; bon droit r&#233;fl&#233;chir sur son temps, Kant n'en a pas saisi la sp&#233;cificit&#233; : celle-ci ne tient de la pens&#233;e critique, mais d'une transformation bien plus profonde affectant la repr&#233;sentation que la soci&#233;t&#233; a d'elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. L'ind&#233;termination de la soci&#233;t&#233; moderne &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous venons de le voir, Lefort est assur&#233; &#171; qu'on ne saurait faire un pas dans la connaissance politique de notre temps sans s'interroger sur le totalitarisme &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ID, p. 11.&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il d&#233;clare, en outre, que ce dernier ne s'&#233;claire &#171; qu'&#224; la condition de saisir la relation qu'il entretient avec la d&#233;mocratie &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ID, p. 178.&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, laquelle &#224; son tour ne se comprend &#171; qu'&#224; se souvenir de ce que fut le syst&#232;me monarchique sous l'Ancien R&#233;gime &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;EP, p. 27. La conclusion qu'il en tire est bien connue : la d&#233;mocratie est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous sommes ainsi conduits &#224; op&#233;rer une comparaison successive de trois types de &lt;i&gt;r&#233;gimes&lt;/i&gt;. C'est dire qu'il convient de reconna&#238;tre sa pleine dimension &#224; l'ordre politique, que Lefort refuse de rapporter, d'une mani&#232;re ou d'une autre, &#224; l'ordre &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que tr&#232;s t&#244;t, et en plein accord avec Castoriadis, il contesta l'analyse que Trotsky avait propos&#233; de la bureaucratie dont l'enjeu &#233;tait autant politique que th&#233;orique. L'auteur de &lt;i&gt;La r&#233;volution permanente&lt;/i&gt; soutenait en effet que la nationalisation des moyens de production repr&#233;sentait un acquis incontestable de la r&#233;volution, qui justifiait que l'on d&#233;fendit l'URSS dans un contexte d'une guerre l'opposant &#224; l'imp&#233;rialisme capitaliste. Ce faisant, il refusait de voir dans la bureaucratie stalinienne l'&#233;mergence d'une nouvelle classe sociale pour la r&#233;duire &#224; une simple couche parasitaire appel&#233;e &#224; dispara&#238;tre avec la reprise de la dynamique r&#233;volutionnaire. L'important pour notre propos est le d&#233;ni de l'ordre symbolique &#224; l'&#339;uvre dans cette approche, laquelle continue &#224; postuler que l'ordre politique doit &#234;tre per&#231;u comme une superstructure dont le fondement v&#233;ritable se situerait au niveau &#233;conomique : quelle que soit l'autonomie &lt;i&gt;relative&lt;/i&gt; qu'on lui accorde, on refuse de l'envisager comme proc&#233;dant de lui-m&#234;me pour le rapporter &#224; un niveau &lt;i&gt;autre&lt;/i&gt;, duquel il rel&#232;verait. Une telle vue manifeste clairement le souci d'&lt;i&gt;objectiver&lt;/i&gt; la soci&#233;t&#233;, d'en proposer une approche scientifique, puisque &#171; l'&#233;tat social s'av&#232;re en derni&#232;re analyse une combinaison de termes dont l'identit&#233; [&#8230;] ne saurait faire question &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lefort C., Les formes de l'histoire, Paris, Gallimard, coll &#171; Folio &#187;, 2000, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'encontre d'un tel positivisme, Lefort nous enjoint de reconna&#238;tre que &#171; l'humanit&#233; s'ouvre &#224; elle-m&#234;me en &#233;tant en prise avec une ouverture qu'elle ne fait pas &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lefort C., Essais sur le politique, Seuil, coll. &#171; Points &#187;, p. 288. Cit&#233; EP.&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cela signifie que l'acc&#232;s au social ne peut se faire qu'&#224; partir d'un ordre &lt;i&gt;symbolique&lt;/i&gt;, qu'il faut comprendre comme l'univers de significations en vertu de quoi le monde social se sp&#233;cifie. Refuser de penser que celui-ci d&#233;rive d'une source qui lui serait &#233;trang&#232;re, qu'il n'est pas le fait du divin ou l'expression directe de la nature, conduit &#224; affirmer qu'il s'auto-institue, qu'il se donne lui-m&#234;me &lt;i&gt;forme&lt;/i&gt;. Cela signifie que l'institution de l'espace social repr&#233;sente l'av&#232;nement d'un monde mis en forme par l'ordre symbolique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La constitution de l'espace social, c'est la forme de la soci&#233;t&#233; &#187; (EP, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; ce qui se per&#231;oit ais&#233;ment d&#232;s qu'on pr&#233;cise que &#171; la notion de &lt;i&gt;mise en forme&lt;/i&gt;, implique celle d'une &lt;i&gt;mise en sens&lt;/i&gt; et d'une &lt;i&gt;mise en sc&#232;ne&lt;/i&gt; des rapports sociaux &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;EP, p. 282.&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un espace social, explique Lefort, &#171; se d&#233;ploie comme espace d'intelligibilit&#233;, s'articulant suivant un mode singulier de discrimination du r&#233;el et de l'imaginaire, du vrai et du faux, du juste et de l'injuste, du licite et de l'interdit, du normal et du pathologique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;EP, p. 20.&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La &#171; mise en sens &#187; d&#233;signe ainsi un certain ordonnancement de significations qui, pour chacun, commande le rapport &#224; soi et au monde. Quant &#224; l'id&#233;e de &#171; mise en sc&#232;ne &#187;, elle sugg&#232;re que la soci&#233;t&#233; s'&lt;i&gt;identifie&lt;/i&gt; &#224; travers une image ou une repr&#233;sentation &#8211; une &#171; quasi-repr&#233;sentation &#187; comme dit Lefort pour souligner qu'elle ne peut s'objectiver &#8211; qu'elle se fait d'elle-m&#234;me ; ce qui se passe &lt;i&gt;au lieu du pouvoir&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons que le pouvoir tel que Lefort l'envisage n'est nullement r&#233;ductible &#224; un simple moyen. S'il poss&#232;de une dimension instrumentale, celle-ci pr&#233;suppose &lt;i&gt;toujours&lt;/i&gt; une dimension symbolique sur laquelle les d&#233;tenteurs du pouvoir ne peuvent avoir prise puisque leur compr&#233;hension d'eux-m&#234;mes et du social en d&#233;pend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dire que le pouvoir est &lt;i&gt;comme&lt;/i&gt; en ext&#233;riorit&#233; vis-&#224;-vis de la soci&#233;t&#233; et que les principes organisateurs de la soci&#233;t&#233; qui s'y manifestent ne sont de personne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir : EP, p. 291.&#034; id=&#034;nh34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au lieu du pouvoir, en effet, qu'il est possible de saisir la mise &lt;i&gt;en forme&lt;/i&gt; de la soci&#233;t&#233; : il est p&#244;le symbolique qui fait qu'&lt;i&gt;une&lt;/i&gt; soci&#233;t&#233; existe, qui assume &#171; la fonction de garant de son int&#233;grit&#233; &#187;. Autrement dit, le pouvoir fournit &#224; la soci&#233;t&#233; &#171; la r&#233;f&#233;rence &#224; partir de laquelle elle se fait virtuellement visible pour elle-m&#234;me, &#224; partir de laquelle les articulations multiples deviennent d&#233;chiffrables dans un espace commun, et du m&#234;me coup, &#224; partir de laquelle les conditions de fait apparaissent au registre du r&#233;el et du l&#233;gitime &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;EP, pp. 113-114.&#034; id=&#034;nh35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il est donc &#224; la fois ce qui sp&#233;cifie la soci&#233;t&#233; et qui permet son d&#233;chiffrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question qui se pose au penseur du politique n'est donc pas d'&lt;i&gt;analyser&lt;/i&gt; un syst&#232;me donn&#233;, mais plut&#244;t de &lt;i&gt;d&#233;chiffrer&lt;/i&gt; les significations qui s'expriment en ce lieu sp&#233;cifique du pouvoir et qui manifestent tout &#224; la fois l'unit&#233; de la soci&#233;t&#233; et sa division interne. Ce qui suppose un travail d'interpr&#233;tation qui, partant des formes explicites et apparentes du pouvoir, doit en chercher l'origine au niveau de la matrice symbolique organisatrice, ainsi qu'un travail comparatif, afin de pas se laisser abuser par un seul type de pouvoir, qui pourrait alors facilement passer pour &#8220;naturel&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voil&#224; revenu &#224; notre t&#226;che consistant &#224; saisir les mutations d'ordre symbolique ayant affect&#233; les soci&#233;t&#233;s occidentales modernes. Saisir la nature du totalitarisme suppose, disions-nous, l'intelligence de la singularit&#233; d&#233;mocratique, laquelle demande qu'on tienne bien compte de ses origines. Pour le dire autrement, il s'agit de cerner ce qui caract&#233;rise le lieu du pouvoir d&#233;mocratique et de pr&#233;ciser quel est le sens de la mutation &#224; la faveur de laquelle il advient, avant de comprendre en quoi il peut autoriser l'advenue du totalitarisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1) La d&#233;sincorporation du pouvoir dans les soci&#233;t&#233;s modernes &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui &#233;merge avec les soci&#233;t&#233;s modernes, Lefort ne cesse de le r&#233;p&#233;ter, c'est &#171; la notion nouvelle du pouvoir comme lieu vide &#187;. C'est l&#224; la caract&#233;ristique essentielle du r&#233;gime d&#233;mocratique qui va de pair avec toute une s&#233;rie de conditions : d'une part, s'op&#232;re ainsi &#171; une d&#233;sintrication entre la sph&#232;re du pouvoir, la sph&#232;re de la loi et la sph&#232;re de la connaissance &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lefort C., D&#233;mocratie et av&#232;nement d'un lieu vide, in : Le temps pr&#233;sent, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; d'autre part s'affirme alors une soci&#233;t&#233; civile prenant conscience d'elle-m&#234;me &#224; partir de ses divisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cisons les choses. Dire qu'en r&#233;gime d&#233;mocratique le lieu du pouvoir est vide, c'est dire qu'il n'est pas appropriable : &#171; ceux qui exercent l'autorit&#233; politique sont d&#233;sormais de simples gouvernants, ils ne sauraient s'approprier le pouvoir, l'incorporer &#187;. Cela suppose que &#171; cet exercice est soumis &#224; la proc&#233;dure d'une remise en jeu p&#233;riodique &#187;, laquelle implique des &#233;lections qui sont &#224; comprendre comme &#171; une comp&#233;tition r&#233;gl&#233;e &#187; entre des hommes, des groupes ou des partis &#171; cens&#233;s drainer des opinions dans toute l'&#233;tendu du social &#187;. Une telle comp&#233;tition, poursuit Lefort, &#171; signifie une institutionnalisation du conflit &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. N'est-ce pas l&#224; affirmer la l&#233;gitimit&#233; d'un d&#233;bat sur la meilleure fa&#231;on d'ordonner le social ? et par l&#224; m&#234;me reconna&#238;tre que celle-ci ne rel&#232;ve nullement d'un savoir positif et que personne ne saurait l'&#233;noncer de mani&#232;re d&#233;finitive ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime d&#233;mocratie, parce qu'il est le r&#233;gime o&#249; le pouvoir &#171; s'av&#232;re n'&#234;tre le pouvoir de personne &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;EP, p. 42.&#034; id=&#034;nh38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, s'affirme ainsi comme le r&#233;gime de la libert&#233; ; libert&#233; qui n'est nullement comprise comme un attribut naturel mais plut&#244;t comme la &lt;i&gt;forme&lt;/i&gt; des rapports entre individus au sein d'un espace social autorisant les conflits de valeurs et la mise en cause de l'ordre &#233;tabli. Ce qui n'est &#233;videmment le cas ni dans la soci&#233;t&#233; m&#233;di&#233;vale puisque l'ordre royal est intangible&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qu'aucune expression publique d'une mise en cause de la l&#233;gitimit&#233; du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ni dans les soci&#233;t&#233;s totalitaires o&#249; l'autonomie de la soci&#233;t&#233; civile vis-&#224;-vis du pouvoir est clairement refus&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ID, p. 60.&#034; id=&#034;nh40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le propre de la d&#233;mocratie, c'est que son unit&#233; s'appr&#233;hende &#224; partir de la reconnaissance de sa division.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que la libert&#233; politique s'exprime, il a donc fallu que s'efface la conception monarchique du pouvoir s'appuyant sur la repr&#233;sentation d'un roi, compris comme le m&#233;diateur entre le divin et les hommes, cens&#233; garantir l'harmonie de l'ordre social en assignant &#224; chacun sa place&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur ce point, cf. ID, pp. 178-180 et EP, p. 27-28.&#034; id=&#034;nh41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il a donc fallu la perte de croyance en un fondement transcendant du social et la reconnaissance que rien, dans l'&#234;tre, ne d&#233;termine la soci&#233;t&#233; &#224; prendre une forme d&#233;finie. Il est d'autant plus important d'insister sur le fait que la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique ne peut &#233;merger qu'avec la reconnaissance de l'ind&#233;termination du social, que l&#224; se trouvent les raisons de son basculement dans le totalitarisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2) Les le&#231;ons d'une analyse du totalitarisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lefort r&#233;sume fort bien sa position quant &#224; la d&#233;mocratie en soulignant qu'elle lui appara&#238;t &#171; comme cette soci&#233;t&#233; o&#249; le pouvoir, la loi, la connaissance se trouve mis &#224; l'&#233;preuve d'une ind&#233;termination radicale, soci&#233;t&#233; th&#233;&#226;trale d'une aventure devenue imma&#238;trisable, telle que ce qui se voit institu&#233;, n'est jamais &#233;tabli, le reste connu reste min&#233; par l'inconnu [&#8230;] ; une aventure telle que la qu&#234;te de l'identit&#233; ne se d&#233;fait que par l'exp&#233;rience de la division &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ID, p. 182.&#034; id=&#034;nh42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce qui rel&#232;ve d'une &#233;preuve, terme auquel il faut donner tout son poids ici, c'est bien que &#171; la d&#233;mocratie s'institue et se maintient dans la dissolution des rep&#232;res de la certitude &#187;, comme il dit encore ailleurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;EP, p. 29.&#034; id=&#034;nh43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, non seulement la soci&#233;t&#233; ne se reconna&#238;t plus comme un &#233;l&#233;ment de la cr&#233;ation, non seulement elle ne se repr&#233;sente plus son unit&#233; comme relevant d'une totalit&#233; organique, mais aucune r&#232;gle naturelle ne la r&#233;git : s'ordonnant &#224; partir d'elle-m&#234;me, la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique refuse tout aussi bien les formes pr&#233;&#233;tablies que les formes qui se voudraient d&#233;finitives. Autant dire qu'elle ne saurait pr&#233;tendre &#234;tre une r&#233;ponse &#224; la question de la soci&#233;t&#233; juste ou bonne ; elle est en effet plut&#244;t ce qui ouvre &#224; cette question, toujours &#224; reprendre. &#171; Autrement dit, pr&#233;cise Lefort, &#224; la notion d'un r&#233;gime r&#233;gl&#233; par des lois, d'un pouvoir l&#233;gitime, la d&#233;mocratie moderne nous invite &#224; substituer celle d'un r&#233;gime fond&#233; sur la l&#233;gitimit&#233; d'un d&#233;bat sur le l&#233;gitime et l'ill&#233;gitime &#8211; d&#233;bat n&#233;cessairement sans garant ni terme &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;EP, p. 57.&#034; id=&#034;nh44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fragilit&#233; de la d&#233;mocratie appara&#238;t ici pleinement. En effet, comme Lefort l'indique, &#171; dans une soci&#233;t&#233; o&#249; les fondements de l'ordre social se d&#233;robent, o&#249; l'acquis ne porte jamais le sceau de la pleine l&#233;gitimit&#233;, o&#249; la diff&#233;rence des statuts cesse d'&#234;tre irr&#233;cusable, o&#249; le droit s'av&#232;re suspendu au discours qui l'&#233;nonce, o&#249; le pouvoir s'exerce dans la d&#233;pendance du conflit, la possibilit&#233; d'un d&#233;r&#232;glement de la logique d&#233;mocratique reste ouverte &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;EP, p. 31.&#034; id=&#034;nh45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour peu qu'une crise fasse sentir ses effets, que les dirigeants politiques &#233;lus s'av&#232;rent incapables de manifester une hauteur de vue suffisante &#224; m&#234;me de donner forme sens et &#224; la division sociale, pour appara&#238;tre partisans, alors &#171; la r&#233;f&#233;rence &#224; un lieu vide c&#232;de devant l'image insoutenable de d'un vide effectif &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;EP, p. 301.&#034; id=&#034;nh46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et le conflit social est v&#233;cu comme une menace pour le lien social. &#171; Dans ces situations limites, s'effectue un investissement fantastique dans les repr&#233;sentations qui fournissent l'indice d'une identit&#233; et d'une unit&#233; sociale, et s'annonce l'aventure totalitaire &#187;, assure Lefort&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi le totalitarisme appara&#238;t-il en raison de la difficult&#233; des individus &#224; accepter les conflits dont l'exacerbation peut laisser craindre une destruction de l'unit&#233; de la soci&#233;t&#233; : &#171; il s'agit, d'une mani&#232;re ou d'une autre, de donner au pouvoir une r&#233;alit&#233; substantielle [&#8230;] ; de d&#233;nier la division sociale sous toutes ses formes ; de refaire &#224; la soci&#233;t&#233; un &lt;i&gt;corps&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;EP, p. 301.&#034; id=&#034;nh48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Insistons sur le fait que Lefort pense la gen&#232;se du totalitarisme sur fond des ambigu&#239;t&#233;s de la d&#233;mocratie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. ID, p. 29.&#034; id=&#034;nh49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est la &#171; difficile libert&#233; &#187; qu'elle impose qui devient insupportable &#224; beaucoup : l'individu moderne &#171; est vou&#233;, &#233;crit Lefort, &#224; demeurer sourdement travaill&#233; par l'incertitude &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;EP, p. 214. Dans une p&#233;riode de crise, les individus d&#233;mocratiques peuvent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette incertitude, relevant d'une soci&#233;t&#233; &#171; insaisissable &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ID, p. 180.&#034; id=&#034;nh51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et toujours en qu&#234;te de sa d&#233;finition, peut devenir insupportable au point de susciter un d&#233;sir d'ordre religieux si l'on entend par l&#224; le d&#233;sir d'unit&#233;. Dans la mesure o&#249; la religion a fondamentalement la forme de l'&lt;i&gt;Un&lt;/i&gt;, on peut comprendre, aussi paradoxal que cela paraisse, qu'elle se soit &#171; r&#233;v&#233;l&#233;e capable de survivre &#224; la destruction de ses instruments explicites &#187; pour &#171; hanter les esprits les plus [&#8230;] antireligieux &#224; travers tout le XIXe et jusque durant le premier XXe si&#232;cle &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gauchet M. La d&#233;mocratie contre elle-m&#234;me, Paris, Gallimard, coll. &#171; Tel &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au terme de cette analyse, il semble bien que la paresse et la l&#226;chet&#233; ne suffisent aucunement &#224; rendre compte de l'&#233;tat de minorit&#233; o&#249; beaucoup se tiennent encore. A moins d'entendre par l&#226;chet&#233; l'incapacit&#233; &#224; supporter l'ind&#233;termination fonci&#232;re du social et les conflits que celle-ci suscite quant aux valeurs ; ce qui conduit &#224; r&#233;orienter l'approche du texte de Kant dans le sillage de la lecture qu'en a propos&#233;e Michel Foucault.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III. Autonomie et finitude&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;clair&#233;e par l'analyse de Lefort, la d&#233;mocratie s'est av&#233;r&#233;e un r&#233;gime ouvrant &#224; une interrogation sans fin quant &#224; son ordre, imposant donc aux individus une remise en cause permanente de leur approche de ce qui est juste ou non, de ce qu'il convient de d&#233;fendre et de ce qu'il faut &#233;viter. Ce qui pousse &#224; entendre la devise des Lumi&#232;res, qui demande &#224; chacun d'avoir le courage de penser par lui-m&#234;me, comme une exigence d'ordre pratique d&#233;gag&#233;e de toute perspective t&#233;l&#233;ologique ; cela m&#234;me que propose la lecture foucaldienne de &lt;i&gt;Qu'est-ce que les Lumi&#232;res ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1) La modernit&#233; comme attitude&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t de cette lecture, avanc&#233;e &#224; diff&#233;rentes reprises par Foucault, tient &#224; son angle d'approche. Ne tenant gu&#232;re compte du point de vue t&#233;l&#233;ologique, dont nous avons soulign&#233; la pr&#233;sence &#224; l'arri&#232;re-plan du texte kantien, il insiste sur l'id&#233;e que l'interrogation qui s'y d&#233;ploie vise le temps pr&#233;sent de l'auteur : elle porte sur l'actualit&#233; afin d'en d&#233;gager la sp&#233;cificit&#233;. Avec Kant, la philosophie interroge son actualit&#233; &#171; comme un &#233;v&#233;nement dont elle a &#224; dire le sens, la valeur, la singularit&#233; philosophiques, et dans lequel elle a &#224; trouver sa propre raison d'&#234;tre et le fondement de ce qu'elle dit &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Foucault M., Le gouvernement de soi et des autres. Cours au Coll&#232;ge de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant dire que la question des Lumi&#232;res est alors per&#231;ue comme d&#233;tach&#233;e de toute tentative de p&#233;riodisation. Il faut certes convenir qu'elles repr&#233;sentent un &#233;v&#233;nement historique, mais c'est parce qu'elles inaugurent une interrogation nouvelle qui met le philosophe en demeure de pr&#233;ciser son appartenance en propre &#224; un monde d&#233;fini duquel il ne saurait s'extraire. La philosophie devient ainsi une &#171; surface d'&#233;mergence de l'actualit&#233; &#187;, une interrogation portant tout &#224; la fois &#171; sur le sens philosophique de l'actualit&#233; &#187; &#224; laquelle le penseur appartient, et sur le &#171; nous &#187; auquel il est rattach&#233; et &#224; l'&#233;gard duquel il doit se situer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb54&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh54&#034;&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous voyons que la question ne porte pas sur la relation du pr&#233;sent au pass&#233;, qu'elle ne s'inscrit pas &#171; dans un axe longitudinal aux Anciens &#187; avec lesquels les Modernes devraient se mesurer, mais &#171; dans ce qu'on pourrait appeler un rapport sagittal &#187; au temps pr&#233;sent ; ce qui signifie une reprise, par la philosophie, de sa propre actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Kant, qui se sait contemporain des Lumi&#232;res dont la devise manifeste l'exigence pour l'individu de penser par lui-m&#234;me, la modernit&#233; ne d&#233;signe donc plus une p&#233;riode, mais bien une interrogation. &#192; suivre Foucault, on est amen&#233; &#224; reconna&#238;tre que s'inaugure l&#224; une nouvelle approche de la modernit&#233; comme &lt;i&gt;attitude&lt;/i&gt;. Il faut comprendre que la r&#233;flexion kantienne ne rel&#232;ve pas ici d'une &#171; analytique de la v&#233;rit&#233; &#187;, visant &#224; d&#233;finir les conditions de possibilit&#233; d'une connaissance assur&#233;e, mais bien plut&#244;t d'une &#171; ontologie de l'actualit&#233; &#187; engageant un rapport &#224; soi dans la conscience de son inscription dans un temps d&#233;termin&#233;. Cela rel&#232;ve d'une attitude critique qui ne s'entend plus comme visant &#224; pr&#233;ciser les limites assign&#233;es &#224; l'esprit humain en qu&#234;te de savoir, mais qui permet un nouveau rapport &#224; soi comme sujet autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dimension pratique de l'attitude de modernit&#233; que Foucault d&#233;c&#232;le chez Kant la rend pr&#233;cieuse pour ce qui nous occupe : l'accession &#224; la majorit&#233; comprise comme capacit&#233; &#224; accepter l'ind&#233;termination fonci&#232;re du social, seule mani&#232;re comme nous savons de garantir la libert&#233;. Il nous semble toutefois qu'elle n'est pas suffisante dans la mesure o&#249; elle ne tient pas vraiment compte de la dimension collective, ou qu'elle le fait selon une orientation difficile &#224; suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2) Capter le pr&#233;sent dans ce qu'il est&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partant de son analyse de Kant, Foucault envisage la critique &#224; partir d'une approche historique qui la relie &#224; la question de la &#171; gouvernementalisation &#187;, caract&#233;ristique selon lui &#171; de ces soci&#233;t&#233;s de l'Occident europ&#233;en au XVI&#232;me si&#232;cle &#187;. Elle s'exprime alors, &#224; partir d'une &#171; grande inqui&#233;tude autour de la mani&#232;re de gouverner &#187;, comme &#171; l'art de n'&#234;tre pas tellement gouvern&#233; &#187;. Il faut comprendre que la critique est un jeu avec les arts de gouverner desquels elle est &#224; la fois &#171; partenaire et adversaire &#187; : elle est ainsi une &#171; mani&#232;re de s'en m&#233;fier, de les r&#233;cuser, de les limiter, de leur trouver une juste mesure, de les transformer, de chercher &#224; &#233;chapper &#224; ces arts de gouverner ou, en tout cas, &#224; les d&#233;placer, au titre de r&#233;ticence essentielle &#187; ; mani&#232;re qui est &#171; aussi et par l&#224; m&#234;me &#187; une &#171; ligne de d&#233;veloppement des arts de gouverner &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb55&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Foucault M ., Qu'est-ce que la critique ? Critique et Aufkl&#228;rung, Bulletin (&#8230;)&#034; id=&#034;nh55&#034;&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Foucault fait donc de la critique un art de &#171; contre-conduite &#187; par quoi les individus t&#233;moignent de leur r&#233;sistance, de leur insoumission, de leur volont&#233; d'&#233;chapper &#224; la conduite des autres, de d&#233;finir une mani&#232;re de se conduire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb56&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Foucault M., S&#233;curit&#233;, territoire, populations. Cours au Coll&#232;ge de France. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh56&#034;&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me est que cette approche ne tient aucun compte de la dimension symbolique du pouvoir : elle reste sur un m&#234;me plan, articulant la critique &#224; ce quoi elle s'oppose ou se d&#233;marque. Pour Foucault, la r&#233;sistance, qui &#171; n'est jamais en position d'ext&#233;riorit&#233; par rapport au pouvoir &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb57&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Foucault M., La volont&#233; de savoir, op. cit., p. 126.&#034; id=&#034;nh57&#034;&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, s'envisage dans l'immanence pure de la vie. Comment est-il possible d&#232;s lors d'&#234;tre moderne au sens o&#249; il l'entend &#224; partir de sa lecture de Kant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tentant de pr&#233;ciser l'attitude moderne, Foucault assure qu'elle ne conduit pas &#224; suivre et &#224; adh&#233;rer au moment pr&#233;sent, comme fait la mode, mais suppose bien plut&#244;t de cerner, dans ce pr&#233;sent, ce qui en quelque fa&#231;on le d&#233;passe : &#171; volontaire, difficile &#187;, elle &#171; consiste &#224; ressaisir quelque chose d'&#233;ternel qui n'est pas au-del&#224; de l'instant pr&#233;sent, ni derri&#232;re lui, mais en lui &#187;. Cela ne signifie nullement &#171; sacraliser l'instant qui passe pour essayer de le maintenir ou de le perp&#233;tuer &#187; : &#171; Pour l'attitude de modernit&#233;, la haute valeur du pr&#233;sent est indissociable de l'acharnement &#224; l'imaginer, &#224; l'imaginer autrement qu'il n'est et &#224; le transformer non pas en le d&#233;truisant, mais en le captant dans ce qu'il est &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb58&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Foucault M., What is Enligthenment ?, texte consultable en ligne &#224; l'adresse :&#034; id=&#034;nh58&#034;&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais comment comprendre cet acharnement &#224; imaginer &lt;i&gt;autrement&lt;/i&gt;, dont Foucault fait &#233;tat ? Ne suppose-t-il pas &#171; l'instauration d'une distance avec ce qui est, laquelle implique la conqu&#234;te d'un point de vue au-del&#224; du donn&#233; &#187;, comme dit Castoriadis ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb59&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Castoriadis C., Le Monde morcel&#233;. Les Carrefours du labyrinthe 3, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh59&#034;&gt;59&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprenons bien que ce point de vue au-del&#224; du donn&#233;, ne renvoie &#224; aucun &#8220;ailleurs&#8221; : il est ce qui, &lt;i&gt;dans le pr&#233;sent&lt;/i&gt;, le transcende ; il est cet &#233;ternel dans l'instant comme dit Foucault&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb60&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;What is Enligthenment ?, op. cit.&#034; id=&#034;nh60&#034;&gt;60&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'emploi du m&#234;me terme &#171; au-del&#224; &#187; ne doit pas nous &#233;garer : le point de vue dont Castoriadis parle est bien &#171; au-del&#224; du donn&#233; &#187; sans &#234;tre &#171; au-del&#224; de l'instant &#187; ; c'est bien pourquoi il permet d'imaginer le pr&#233;sent autrement qu'il n'est. Ce qu'&#233;voque Castoriadis rel&#232;ve d'une signification &#233;manant du social et qui le structure, mais qui, comme le pouvoir selon Lefort, est comme en ext&#233;riorit&#233; par rapport &#224; lui. Ce que Lefort pense comme symbolique, Castoriadis le r&#233;f&#232;re &#224; une dimension imaginaire pour des raisons qui ne peuvent &#234;tre expos&#233;es ici&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb61&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous nous permettons de renvoyer &#224; : Caumi&#232;res P., Castoriadis. Le projet (&#8230;)&#034; id=&#034;nh61&#034;&gt;61&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'important est de pr&#233;ciser que, pareillement &#224; l'ordre symbolique &#233;voqu&#233; par Lefort, cet imaginaire, qui structure le social, &#233;chappe &#224; notre emprise : il est la dimension &lt;i&gt;instituante&lt;/i&gt; de la soci&#233;t&#233; comprise comme collectif anonyme. Instituer une soci&#233;t&#233;, c'est lui fournir des significations imaginaires qui lui donnent sa coh&#233;rence et permettent de la d&#233;finir comme une soci&#233;t&#233; particuli&#232;re. Ces significations, qui ne sont de personne, mais d&#233;rivent de l'imaginaire social, sp&#233;cifient ce qui est juste et ce qui est injuste, indiquant par l&#224; ce qu'il convient de faire ou non et &#233;tablissant des types d'affects sous-tendant les actions qu'elles valorisent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb62&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir : Castoriadis C., La Mont&#233;e de l'insignifiance. Les Carrefours du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh62&#034;&gt;62&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi, toute action individuelle renvoie-t-elle &#224; une signification imaginaire, sans quoi elle serait impossible parce qu'impensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3) L'horizon d'un monde commun&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous commen&#231;ons &#224; saisir ce que Castoriadis &#233;claire, et qui n'est pas pris en compte par Foucault : capter le pr&#233;sent dans ce qu'il est, l'imaginer autrement qu'il n'est &#224; partir de lui-m&#234;me, revient &#224; rep&#233;rer ce qui en lui renvoie &#224; la signification que nous entendons promouvoir. Dans la mesure o&#249;, comme l'indique Castoriadis, les soci&#233;t&#233;s modernes sont anim&#233;es &#171; depuis des si&#232;cles par deux significations imaginaires sociales &#187;, l'une incarnant le projet d'autonomie portant les luttes pour l'&#233;mancipation ; l'autre le projet capitaliste, l'attitude critique va consister &#224; d&#233;gager ce qui, dans le pr&#233;sent, rel&#232;ve du projet d'autonomie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb63&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CL 4, 90. Parlant du projet capitaliste, Castoriadis assure qu'il s'agit du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh63&#034;&gt;63&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc une attitude de modernit&#233; qui l'a conduit &#224; porter tant d'attention &#224; tous ces moments historiques &#8211; de la Commune de Paris &#224; Mai 1968, en passant par les conseils ouvriers &#8211; au cours desquels se sont exprim&#233;es des orientations nouvelles. M&#234;me s'ils sont brefs, ces moments manifestent la possibilit&#233; concr&#232;te d'autres rapports sociaux. Et si, vingt ans apr&#232;s les &#233;v&#233;nements hongrois de 1956, Castoriadis n'h&#233;sitait pas &#224; assurer que les quelques semaines qu'ils dur&#232;rent &#171; ne sont pas moins importantes et significatives &lt;i&gt;pour nous&lt;/i&gt; que trois mille ans de l'histoire de l'&#201;gypte pharaonique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb64&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Castoriadis C., Le Contenu du socialisme, Paris, Union G&#233;n&#233;rale d'&#201;dition, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh64&#034;&gt;64&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est parce qu'il y voyait les ferments d'une nouvelle organisation sociale. Il se rapproche en cela d'Hannah Arendt pour qui &#171; ces quelques rares moments heureux de l'histoire &#187;, o&#249; libert&#233; et politique sont all&#233;s de pair, sont &#171; normatifs &#187; ; &#171; non que leurs formes d'organisations internes puissent &#234;tre reproduites, notait-elle, mais dans la mesure o&#249; les id&#233;es et les concepts d&#233;termin&#233;s qui se sont pleinement r&#233;alis&#233;s pendant une courte p&#233;riode d&#233;terminent aussi les &#233;poques auxquelles une exp&#233;rience du politique demeure refus&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb65&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hannah Arendt, Qu'est-ce que la politique ?, trad. S. Courtine-Denamy, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh65&#034;&gt;65&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance de ces approches conduisant &#224; d&#233;gager d'un temps d&#233;fini ce qui, en lui, le transcende, tient donc dans l'affirmation d'une situation exemplaire, l'affirmation d'une orientation &lt;i&gt;possible&lt;/i&gt; pour nous. Cela suppose que nous soyons en mesure de reconna&#238;tre l'horizon d'un monde commun. Ainsi, l'attitude de modernit&#233;, ressaisie comme expression du projet d'autonomie, semble la seule voie pour qui entend vivre en majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous &#233;tonnions de ce que, plus de deux si&#232;cles apr&#232;s, la situation sociale envisag&#233;e par Kant n'avait gu&#232;re &#233;volu&#233;e. Nous savons maintenant qu'elle tient, pour une part essentielle, au tragique de la condition humaine ou, plus exactement, &#224; la difficult&#233; de vivre cette condition en pleine conscience. La majorit&#233;, telle que nous l'entendons, qui consiste &#224; reconna&#238;tre pleinement sa finitude, c'est-&#224;-dire &#224; se savoir mortel vivant dans un monde qui n'est tenu par aucun sens pr&#233;d&#233;termin&#233;, tout en &#233;vitant de verser dans un cynisme d&#233;sabus&#233;, est-elle envisageable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Castoriadis une telle question qui est celle de l'autonomie, revient &#224; se demander &#171; jusqu'&#224; quand l'humanit&#233; aura-t-elle besoin de se cacher l'Ab&#238;me du monde et d'elle-m&#234;me derri&#232;re des simulacres institu&#233;s ? &#187;. Il pr&#233;cisait qu'une r&#233;ponse &#171; ne pourra &#234;tre fournie, si elle l'est, que simultan&#233;ment au plan collectif et au plan individuel &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb66&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Castoriadis C., Domaines de l'homme. Les Carrefours du labyrinthe 2, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh66&#034;&gt;66&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en assumant la t&#226;che de saisir et de promouvoir ce qui dans notre actualit&#233; rel&#232;ve de l'aspiration &#224; l'autonomie que nous pouvons, que nous devons nous assurer que c'est &lt;i&gt;possible&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien, nous semble-t-il, ce qui permet de voir dans la R&#233;volution Fran&#231;aise le signe d'un progr&#232;s possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Caumi&#232;res&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Les Cahiers de Philom&#232;ne, n&#176;3)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Kant Emmanuel, &lt;i&gt;Qu'est-ce que les Lumi&#232;res ?&lt;/i&gt;, trad. H. Wizmann, in : &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, coll. &#171; la Pl&#233;iade &#187;, tome 2, 1985, p. 209. Les citations &#224; suivre qui ne font pas l'objet d'un appel de note sont toutes extraites de ce m&#234;me texte (pp. 209-217 dans l'&#233;dition mentionn&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans son &lt;i&gt;Discours de la m&#233;thode&lt;/i&gt; Descartes notait d&#233;j&#224; que &#171; le bon sens est la chose du monde la mieux partag&#233;e &#187; (1e partie).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Kant Emmanuel, &lt;i&gt;Id&#233;e d'une histoire universelle d'un point de vue cosmopolitique&lt;/i&gt; (prop. IV), trad. L. Ferry, Paris, &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, tome 2, op. cit., p. 192.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce n'est pas sans raison si Habermas, auteur d'une th&#232;se sur l'espace public, insiste sur la deuxi&#232;me partie du texte de Kant quand Foucault, lui, privil&#233;gie la premi&#232;re qui manifeste l'exigence d'un effort personnel afin de modifier son rapport &#224; l'autorit&#233;, ou plut&#244;t aux diff&#233;rentes formes qu'elle peut prendre. Sur cette double lecture de l'opuscule kantien, voir : Renault Emmanuel, &lt;i&gt;Autonomie et sortie de la minorit&#233;&lt;/i&gt;, in : Cusset Y. et Haber S. (dir.), &lt;i&gt;Habermas, Foucault. Parcours crois&#233;s, confrontations critiques&lt;/i&gt;, Paris, CNRD &#233;ditions, 2006, pp. 167-181.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; J'entends par usage public de notre raison celui que l'on en fait comme &lt;i&gt;savant&lt;/i&gt; devant l'ensemble du public &lt;i&gt;qui lit&lt;/i&gt;. J'appelle usage priv&#233; celui que l'on a droit de faire de sa raison dans tel &lt;i&gt;poste civil&lt;/i&gt; ou fonction, qui nous est confi&#233; &#187;, pr&#233;cise Kant dans son texte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Kant Emmanuel, &lt;i&gt;Id&#233;e d'une histoire universelle d'un point de vue cosmopolitique&lt;/i&gt; (prop. V), op. cit., p. 193.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tocqueville Alexis (de), &lt;i&gt;De la d&#233;mocratie en Am&#233;rique&lt;/i&gt;, I, 2, Chap. V, XIV : &#171; Du pouvoir qu'exerce la majorit&#233; en Am&#233;rique sur la pens&#233;e &#187;. L'auteur continue en pr&#233;cisant que &#171; ce n'est pas qu'il ait &#224; craindre un autodaf&#233;, mais il est en butte &#224; des d&#233;go&#251;ts de tous genres et &#224; des pers&#233;cutions de tous les jours. La carri&#232;re politique lui est ferm&#233;e : il a offens&#233; la seule puissance qui ait la facult&#233; de l'ouvrir. On lui refuse tout, jusqu'&#224; la gloire. Avant de publier ses opinions, il croyait avoir des partisans ; il lui semble qu'il n'en a plus, maintenant qu'il s'est d&#233;couvert &#224; tous ; car ceux qui le bl&#226;ment s'expriment hautement, et ceux qui pensent comme lui, sans avoir son courage, se taisent et s'&#233;loignent. Il c&#232;de, il plie enfin sous l'effort de chaque jour, et rentre dans le silence, comme s'il &#233;prouvait des remords d'avoir dit vrai &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lefort Claude, &lt;i&gt;La croyance en politique&lt;/i&gt;, in : &lt;i&gt;Le temps pr&#233;sent&lt;/i&gt;, Paris, Belin, 2007, p. 898.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Quinet Edgard, &lt;i&gt;La R&#233;volution&lt;/i&gt;, Livre XXIV, chap. 3. Ouvrage consultable en ligne &#224; l'adresse suivante : &lt;a href=&#034;http://archive.org/stream/larevolution02quin&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://archive.org/stream/larevolution02quin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lefort Claude, &lt;i&gt;La croyance en politique&lt;/i&gt;, op. cit., p. 899.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Castoriadis Cornelius, &lt;i&gt;La Soci&#233;t&#233; bureaucratique&lt;/i&gt;, Paris, Bourgois, 1990. p. 54. Faut-il rappeler que bien des &#171; mao&#239;stes &#187; dont il est fait ici &#233;tat avaient fr&#233;quent&#233; les &#233;coles les plus prestigieuses de France ? Parmi eux, J.C Milner qui a r&#233;cemment sign&#233; un ouvrage qui vaut d'&#234;tre lu : &lt;i&gt;L'arrogance du pr&#233;sent. Regard sur une d&#233;cennie : 1965-1975&lt;/i&gt;, Paris, Grasset, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lefort Claude, &lt;i&gt;La croyance en politique&lt;/i&gt;, op. cit., p. 893.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Id., p. 894.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir, par exemple, le &#167; 344 du &lt;i&gt;Gai savoir&lt;/i&gt;, intitul&#233; : &#171; En quoi nous sommes, nous aussi, encore pieux &#187;, qui se conclut par ces mots : &#171; c'est sur &lt;i&gt;une foi m&#233;taphysique&lt;/i&gt; que repose encore notre foi dans la science ; chercheurs de la connaissance, impies, ennemis de la m&#233;taphysique, nous empruntons encore nous-m&#234;mes notre feu au brasier qui fut allum&#233; par une croyance mill&#233;naire, cette foi chr&#233;tienne, qui fut aussi celle de Platon, pour qui le vrai s'identifie &#224; Dieu et toute v&#233;rit&#233; est divine&#8230; Mais si cela devient de plus en plus incroyable ? si rien ne s'av&#232;re plus divin, hormis l'erreur, l'aveuglement et le mensonge ? et s'il appert que Dieu lui-m&#234;me a &#233;t&#233; notre plus long mensonge ? &#187; Nietzsche F., &lt;i&gt;Le Gai savoir&lt;/i&gt;, trad. A. Vialatte , Paris, Gallimard, coll. &#171; Folio &#187;, 1987, p. 283.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lefort Claude, &lt;i&gt;La croyance en politique&lt;/i&gt;, op. cit., p. 900.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La Bo&#233;tie Etienne (de), &lt;i&gt;Le discours de la servitude volontaire&lt;/i&gt;, Paris, Payot, coll. &#171; PBP &#187;, 1990. p. 174 et 175.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Ce n'est pas seulement couardise, elle ne va pas jusque-l&#224; &#187; (Id, p. 177).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Id., p. 181.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'autant que loin d'&#234;tre un Hercule ou un Samson, il est souvent &#171; le plus l&#226;che, le plus vil et le plus eff&#233;min&#233; de la nation &#187; (La Bo&#233;tie, &lt;i&gt;Le discours sur la servitude volontaire&lt;/i&gt;, op. cit., p. 176).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Id., p. 175.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lefort Claude, &lt;i&gt;La croyance en politique&lt;/i&gt;, op. cit., p. 903.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Id., p. 904.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le discours de la servitude volontaire&lt;/i&gt;, op. cit., p. 179.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lefort Claude, &lt;i&gt;L'invention d&#233;mocratique&lt;/i&gt;, Paris, Le livre de poche, 1983, p. 167. Cit&#233; : ID.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ID, p. 11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ID, p. 178.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;EP, p. 27. La conclusion qu'il en tire est bien connue : la d&#233;mocratie est le seul r&#233;gime &#171; dans lequel soit am&#233;nag&#233;e une repr&#233;sentation du pouvoir qui atteste qu'il est un &lt;i&gt;lieu vide&lt;/i&gt;, qui maintienne ainsi l'&#233;cart du symbolique et du r&#233;el. Cela par la vertu d'un discours d'o&#249; il ressort que le pouvoir n'appartient &#224; personne ; que ceux qui l'exercent ne le d&#233;tiennent pas, mieux, ne l'incarnent pas ; que l'exercice du pouvoir requiert une comp&#233;tition p&#233;riodiquement renouvel&#233;e, que l'autorit&#233; qui en a la charge se fait et se refait en cons&#233;quence de la manifestation de la volont&#233; populaire &#187; (EP., p. 291).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lefort C., &lt;i&gt;Les formes de l'histoire&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, coll &#171; Folio &#187;, 2000, p. 498. Cit&#233; FH.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lefort C., &lt;i&gt;Essais sur le politique&lt;/i&gt;, Seuil, coll. &#171; Points &#187;, p. 288. Cit&#233; EP.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La constitution de l'espace social, c'est la &lt;i&gt;forme&lt;/i&gt; de la soci&#233;t&#233; &#187; (EP, p. 20).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;EP, p. 282.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;EP, p. 20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir : EP, p. 291.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;EP, pp. 113-114.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lefort C., &lt;i&gt;D&#233;mocratie et av&#232;nement d'un lieu vide&lt;/i&gt;, in : &lt;i&gt;Le temps pr&#233;sent&lt;/i&gt;, op. cit., p. 465.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;EP, p. 42.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Qu'aucune expression publique d'une mise en cause de la l&#233;gitimit&#233; du pouvoir absolu du roi ne soit tol&#233;r&#233;e, ne signifie pas que la monarchie absolue soit le r&#232;gne de l'arbitraire : le roi est soumis &#224; un droit qui lui pr&#233;existe et auquel il doit se conformer. Il s'agit toutefois d'un droit d&#233;finissant la monarchie comme telle et, pour cette raison, ne peut faire l'objet d'un d&#233;bat public qui consisterait dans la mise en cause de la l&#233;gitimit&#233; de cet ordre. Sur ce point, cf. surtout ID, p. 66.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ID, p. 60.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur ce point, cf. ID, pp. 178-180 et EP, p. 27-28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ID, p. 182.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;EP, p. 29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;EP, p. 57.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;EP, p. 31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;EP, p. 301.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;EP, p. 301.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. ID, p. 29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;EP, p. 214. Dans une p&#233;riode de crise, les individus d&#233;mocratiques peuvent s'effrayer d'un d&#233;litement et voir la restauration d'une soci&#233;t&#233;-Une comme &lt;i&gt;la&lt;/i&gt; solution au probl&#232;me politique et social de leur temps.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ID, p. 180.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gauchet M. &lt;i&gt;La d&#233;mocratie contre elle-m&#234;me&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, coll. &#171; Tel &#187;, 2002, pp. 103-104.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Foucault M., &lt;i&gt;Le gouvernement de soi et des autres. Cours au Coll&#232;ge de France. 1982-1983&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard-Seuil, 2008, p. 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb54&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh54&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 54&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb55&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh55&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 55&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Foucault M ., &lt;i&gt;Qu'est-ce que la critique ? Critique et Aufkl&#228;rung&lt;/i&gt;, Bulletin de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise de philosophie, 84&#232;me ann&#233;e, n&#176;2, Avril-Juin 1990. Les citations &#224; venir ne faisant l'objet d'aucun appel de note sont toutes extraite de ce texte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb56&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh56&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 56&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Foucault M., &lt;i&gt;S&#233;curit&#233;, territoire, populations. Cours au Coll&#232;ge de France. 1977-1978&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard-Seuil, 2004, p. 198.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb57&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh57&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 57&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Foucault M., &lt;i&gt;La volont&#233; de savoir, op. cit.&lt;/i&gt;, p. 126.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb58&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh58&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 58&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Foucault M., &lt;i&gt;What is Enligthenment ?&lt;/i&gt;, texte consultable en ligne &#224; l'adresse : &lt;a href=&#034;http://foucault.info/documents/whatIsEnlightenment/foucault.whatIsEnlightenment.en.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://foucault.info/documents/whatIsEnlightenment/foucault.whatIsEnlightenment.en.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb59&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh59&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 59&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;59&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Castoriadis C., &lt;i&gt;Le Monde morcel&#233;. Les Carrefours du labyrinthe 3&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 1990, p. 23.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb60&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh60&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 60&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;60&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;What is Enligthenment ?&lt;/i&gt;, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb61&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh61&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 61&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;61&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous nous permettons de renvoyer &#224; : Caumi&#232;res P., &lt;i&gt;Castoriadis. Le projet d'autonomie&lt;/i&gt;, Paris, Michalon, coll. &#171; Le Bien commun &#187;, 2007, pp. 66-67.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb62&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh62&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 62&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;62&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir : Castoriadis C., &lt;i&gt;La Mont&#233;e de l'insignifiance. Les Carrefours du labyrinthe 4&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 1996, pp. 127-128. Cit&#233; : CL 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb63&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh63&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 63&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;63&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;CL 4, 90. Parlant du projet capitaliste, Castoriadis assure qu'il s'agit du projet &#171; d'une expansion illimit&#233;e d'une pseudo-ma&#238;trise pseudo-rationnelle qui depuis longtemps a cess&#233; de concerner seulement les forces productives et l'&#233;conomie pour devenir un projet global, d'une ma&#238;trise totale des donn&#233;es physiques, biologiques, psychiques, sociales, culturelles &#187; (Ibid.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb64&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh64&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 64&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;64&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Castoriadis C., &lt;i&gt;Le Contenu du socialisme&lt;/i&gt;, Paris, Union G&#233;n&#233;rale d'&#201;dition, 1979, p. 388.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb65&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh65&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 65&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;65&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hannah Arendt, &lt;i&gt;Qu'est-ce que la politique ?&lt;/i&gt;, trad. S. Courtine-Denamy, Paris, Le Seuil, 1995, p. 79-80.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb66&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh66&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 66&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;66&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Castoriadis C., &lt;i&gt;Domaines de l'homme. Les Carrefours du labyrinthe 2&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 1986, p. 383.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Langues et politique mineures</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=733</link>
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		<dc:date>2023-05-24T10:18:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Manola Antonioli</dc:creator>


		<dc:subject>Kafka</dc:subject>
		<dc:subject>Deleuze et Guattari</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Version abr&#233;g&#233;e de la troisi&#232;me partie de G&#233;ophilosophie de Deleuze et Guattari, Manola Antonioli, 2004, Paris, L'Harmattan, (III. D&#233;territorialiser le langage, p. 67-92). &lt;br class='autobr' /&gt;
I. Langues mineures : Kafka &lt;br class='autobr' /&gt;
La pens&#233;e du &#171; mineur/majeur &#187; appara&#238;t dans l'&#339;uvre commune de Deleuze et Guattari en 1975, dans une lecture de Kafka d&#233;sormais tr&#232;s c&#233;l&#232;bre intitul&#233;e Kafka. Pour une litt&#233;rature mineure. Cet ouvrage constitue une sorte de laboratoire de la pens&#233;e des deux auteurs, qui accompagne la longue (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=31" rel="directory"&gt;&#034;Voyons o&#249; la philo m&#232;ne&#034;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=mot&amp;id_mot=108" rel="tag"&gt;Kafka&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=mot&amp;id_mot=109" rel="tag"&gt;Deleuze et Guattari&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Version abr&#233;g&#233;e de la troisi&#232;me partie de&lt;/i&gt; G&#233;ophilosophie de Deleuze et Guattari&lt;i&gt;, Manola Antonioli, 2004, Paris, L'Harmattan, (III. D&#233;territorialiser le langage, p. 67-92).&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. Langues mineures : Kafka&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e du &#171; mineur/majeur &#187; appara&#238;t dans l'&#339;uvre commune de Deleuze et Guattari en 1975, dans une lecture de Kafka d&#233;sormais tr&#232;s c&#233;l&#232;bre intitul&#233;e &lt;i&gt;Kafka. Pour une litt&#233;rature mineure&lt;/i&gt;. Cet ouvrage constitue une sorte de laboratoire de la pens&#233;e des deux auteurs, qui accompagne la longue transition de l'&lt;i&gt;Anti-&#338;dipe&lt;/i&gt; (publi&#233; en 1972) &#224; &lt;i&gt;Mille plateaux&lt;/i&gt; (1980). Deleuze et Guattari refusent les lectures dominantes de l'&#339;uvre de Kafka orient&#233;es par un Signifiant unique (le P&#232;re ou la Loi) et proposent plut&#244;t une cartographie de cette &#339;uvre, qu'ils nous invitent &#224; explorer comme si on explorait une des &#233;tranges architectures qu'il a d&#233;crites (le terrier, le tribunal, le ch&#226;teau, ou l'h&#244;tel d'&lt;i&gt;Am&#233;rique&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc dans ce texte et &#224; partir de l'&#339;uvre de Kafka que Deleuze et Guattari &#233;laborent une topologie de la langue et de l'&#233;criture (majeures et mineures), une th&#233;orie de la d&#233;territorialisation dans et &#224; travers le langage qui sera par la suite d&#233;velopp&#233;e dans &lt;i&gt;Mille Plateaux&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Une litt&#233;rature mineure&lt;/i&gt; &#8211; &#233;crivent-t-ils &#8211; &lt;i&gt;n'est pas celle d'une langue mineure, plut&#244;t celle qu'une minorit&#233; fait dans une langue majeure&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gilles Deleuze et F&#233;lix Guattari, Kafka. Pour une litt&#233;rature mineure, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Kafka est un juif tch&#232;que, &#233;crivant en allemand, qui fait un usage &#171; mineur &#187; de la langue &#171; majeure &#187; qu'&#233;tait l'allemand &#224; son &#233;poque, mais ce m&#234;me cas se r&#233;p&#232;te &#224; chaque fois qu'une communaut&#233; politique soumise &#224; un processus de colonisation (politique et/ou culturelle) s'approprie &#224; sa mani&#232;re la langue qui se veut &#171; dominante &#187;. Deleuze et Guattari citent ainsi &#224; plusieurs reprises des &#233;tudes sur l'usage de l'am&#233;ricain par les communaut&#233;s afro-am&#233;ricaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'analyse qu'en font Deleuze et Guattari, le &#171; b&#233;gaiement &#187; produit par l'&#233;criture ou la parole &#171; mineures &#187; provient toujours d'une triple impossibilit&#233; :&lt;br class='autobr' /&gt;
1. L'impossibilit&#233; de ne pas &#233;crire ou de ne pas parler.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. L'impossibilit&#233; d'&#233;crire ou de parler autrement que dans la langue majeure pour avoir droit &#224; la publication ou &#224; l'&#233;coute.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. L'impossibilit&#233; (heureuse) d'&#233;crire dans une langue qui serait &#171; pure &#187;, purifi&#233;e de toutes les intonations, les accents, les mots ou les tournures qui appartiennent &#224; une ou plusieurs langues &#171; mineures &#187; dans laquelle une m&#233;moire et une histoire personnelle s'enracinent, m&#234;me pour les locuteurs de la langue dite &#171; majeure &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une langue &#171; mineure &#187; n'est donc pas simplement la langue d'une minorit&#233; qu'il faudrait d&#233;fendre, tout comme on veut prot&#233;ger des esp&#232;ces animales et v&#233;g&#233;tales en voie de disparition (le corse, le basque ou le breton dans la France d'aujourd'hui ou le tch&#232;que pour Kafka), m&#234;me s'il existe aujourd'hui un vrai probl&#232;me d' &#171; &#233;cologie des langues &#187;, puisque chaque jour des centaines de langues disparaissent dans toute la plan&#232;te avec leurs derniers locuteurs. Il s'agit avant tout de la possibilit&#233; d'une litt&#233;rature ou d'une oralit&#233; qui d&#233;territorialisent de l'int&#233;rieur les langues ou les &#233;critures majeures (possibilit&#233; pour laquelle la sauvegarde de la pluralit&#233; des langues est essentielle). La langue ou la litt&#233;rature mineure ne sont pas des langues originaires ou enracin&#233;es dans un espace local, dont la puret&#233; initiale aurait &#233;t&#233; perturb&#233;e par l'ouverture sur des espaces linguistiques, culturels, politiques plus vastes et qu'il faudrait restaurer, mais des langues et des litt&#233;ratures qui se nourrissent de plusieurs langues, de plusieurs identit&#233;s et de plusieurs visions du monde, toujours en construction et en devenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des caract&#232;res essentiels des litt&#233;ratures mineures est que tout y est d'embl&#233;e politique et qu'elles ne peuvent &#234;tre s&#233;par&#233;es d'une &lt;i&gt;&#233;nonciation collective&lt;/i&gt;. La raret&#233; m&#234;me des talents qui les s&#233;pare des &#171; grandes litt&#233;ratures &#187; permet aux litt&#233;ratures mineures d'ouvrir tout &#233;nonc&#233; sur le champ politique et de devenir la forme d'expression d'un &#171; agencement collectif &#187;. C'est &#224; partir de leur lecture de Kafka, en effet, que Deleuze et Guattari &#233;laborent la notion d'&lt;i&gt;agencement collectif d'&#233;nonciation&lt;/i&gt; qui deviendra dans &lt;i&gt;Mille Plateaux&lt;/i&gt; le point de d&#233;part d'une r&#233;flexion plus vaste sur le langage. L'agencement collectif d'&#233;nonciation est le moteur d'un processus de d&#233;territorialisation qui s'inscrit dans la territorialit&#233; de toute langue et de toute &#233;criture. Un &#233;nonc&#233; n'existe jamais isol&#233; (sauf par une op&#233;ration totalement artificielle) de la cha&#238;ne des &#233;nonc&#233;s qui le pr&#233;c&#232;dent, l'accompagnent ou le suivent, ne se r&#233;duit jamais &#224; une donn&#233;e purement linguistique et ne renvoie pas &#224; un sujet unique d'&#233;nonciation qui en serait la cause et dont il serait l'effet. Si la linguistique a pu trop souvent para&#238;tre structur&#233;e sur des oppositions binaires (les mots et les choses, les signifiants et les signifi&#233;s, la langue et la parole, l'&#233;nonc&#233; et l'&#233;nonciation, la synchronie et la diachronie), Deleuze et Guattari essaient d'&#233;chapper aux dualismes pour &#233;laborer une th&#233;orie de la langue qui la d&#233;territorialise de l'int&#233;rieur. Kafka a &#224; sa disposition une langue &#171; dess&#233;ch&#233;e &#187; (la langue allemande parl&#233;e &#224; Prague, m&#234;l&#233;e de tch&#232;que et de yiddish) et il s'en sert pour en inventer une autre, la sienne, dans laquelle le &#171; Sens &#187; fuit de partout. La situation de l'allemand &#224; Prague (vocabulaire appauvri, syntaxe incorrecte) favorise paradoxalement la richesse de ce que les deux auteurs d&#233;crivent comme &#171; un usage intensif de la langue &#187;. Les &#233;l&#233;ments intensifs du langage sont les outils linguistiques qui poussent le langage vers ses propres limites, au-del&#224; ou en de&#231;&#224; de la relation signifiant/signifi&#233;, de sa fonction purement repr&#233;sentative ou communicative : conjonctions, exclamations, adverbes, accents, tous les &#233;l&#233;ments qui &#171; tordent &#187; la langue, qui la rendent flexible et discordante et dont Kafka a su magistralement se servir, jusqu'&#224; cr&#233;er un langage qui &#171; &lt;i&gt;cesse d'&#234;tre repr&#233;sentatif pour tendre vers ses extr&#234;mes ou ses limites&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 72.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La langue n'est plus consid&#233;r&#233;e ici simplement comme une source d' &#171; information &#187; ou de &#171; communication &#187; mais comme le lieu privil&#233;gi&#233; o&#249; s'expriment des rapports de force, de pouvoir et de savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deleuze et Guattari s'appuient pour leur &#233;tude sur les recherches du linguiste Henri Gobard qui avait propos&#233; un mod&#232;le &#171; t&#233;tralinguistique &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt;
1. Une langue vernaculaire (maternelle ou territoriale).&lt;br class='autobr' /&gt;
2. Une langue v&#233;hiculaire (urbaine, &#233;tatique ou m&#234;me mondiale).&lt;br class='autobr' /&gt;
3. Une langue r&#233;f&#233;rentiaire du sens et de la culture.&lt;br class='autobr' /&gt;
4. Une langue mythique (lieu de reterritorialisations spirituelles ou religieuses).&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces quatre dimensions qui coexistent dans chaque langue diff&#232;rent aussi par leur inscription dans le lieu (langue maternelle enracin&#233;e dans l'ici, langue v&#233;hiculaire qui se d&#233;ploie dans le &lt;i&gt;partout&lt;/i&gt;, langue r&#233;f&#233;rentiaire du &lt;i&gt;l&#224;-bas&lt;/i&gt; et langue mythique de l'&lt;i&gt;au-del&#224;&lt;/i&gt;). &lt;br class='autobr' /&gt;
La situation du d&#233;clin de l'empire des Hasbourg fait &#233;merger cette &#171; bouillie &#187; de langage qui existe en puissance dans tout moment historique. Kafka partage la situation particuli&#232;re des Juifs de Prague par rapport aux &#171; quatre langues &#187; : l'allemand (et bient&#244;t l'anglais) sont les langues v&#233;hiculaires de l'&#201;tat, de la bureaucratie et des &#233;changes commerciaux, la langue vernaculaire est le tch&#232;que des milieux ruraux qui tend &#224; &#234;tre oubli&#233; et refoul&#233;, le yiddish est d&#233;daign&#233; ou redout&#233;, l'allemand de Goethe et le fran&#231;ais de la &#171; grande &#187; litt&#233;rature ont une fonction culturelle et r&#233;f&#233;rentiaire, l'h&#233;breu est la langue encore mythique des d&#233;buts du sionisme. Chacune de ces langues est affect&#233;e de coefficients de territorialit&#233;, de d&#233;territorialisation et de reterritorialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kafka, situ&#233; au carrefour de tous ces langages, ne s'oriente ni vers une reterritorialisation pure et simple par le tch&#232;que, ni vers un yiddish oral et populaire, ni vers un h&#233;breu mythique : il emprunte la voie indiqu&#233;e par le yiddish qui est une langue sans grammaire, faite de mots vol&#233;s, &#233;migr&#233;s, nomades et qui travaille l'allemand de l'int&#233;rieur, comme une langue enti&#232;rement intensive et affective.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;tude de Kafka donne ainsi lieu &#224; une th&#233;orie plus g&#233;n&#233;rale du langage :&lt;br class='autobr' /&gt;
1. &lt;i&gt;M&#234;me unique&lt;/i&gt;, une langue est habit&#233;e par plusieurs langues, &#224; travers lesquelles s'exercent des fonctions et des pouvoirs divers et distincts.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. &lt;i&gt;M&#234;me majeure&lt;/i&gt;, une langue est susceptible d'un usage intensif qui la d&#233;territorialise de l'int&#233;rieur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le probl&#232;me pos&#233; par une litt&#233;rature ou une langue mineure n'est donc pas celui de la langue ou de l'&#233;criture d'une minorit&#233; face au caract&#232;re majeur d'une autre langue ou litt&#233;rature, ni simplement un probl&#232;me de bilinguisme ou de multilinguisme. La langue d'une minorit&#233;, le bilinguisme ou le multilinguisme ne sont consid&#233;r&#233;s ici que comme des cas singuliers et exemplaires d'une condition beaucoup plus g&#233;n&#233;rale et peut-&#234;tre universelle de toute langue, f&#251;t-ce d'une langue &lt;i&gt;unique&lt;/i&gt;. Il ne s'agit donc pas simplement de parler plusieurs langues, mais de se servir du polylinguisme dans sa propre langue, de faire de celle-ci un usage mineur ou intensif, d'opposer le caract&#232;re opprim&#233; de cette langue &#224; son caract&#232;re oppresseur, de trouver &#171; &lt;i&gt;les points de non-culture et de sous-d&#233;veloppement, les zones de tiers-monde linguistique par o&#249; une langue s'&#233;chappe, un animal se greffe, un agencement se branche&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 49-50.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Cette pratique minoritaire de la langue (mais aussi de l'art, de la pens&#233;e, de l'action politique, etc.) peut repr&#233;senter aussi une chance pour la langue (la pens&#233;e, la politique, l'art...) &#171; officielles &#187; et r&#233;f&#233;rentiaires, travers&#233;es &#224; leur tour par des devenirs-mineurs et des usages intensifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. Le monolinguisme de l'autre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre tentative, comparable, de creuser une langue mineure dans la langue majeure de la philosophie en partant d'une pens&#233;e de la pluralit&#233; interne &#224; chaque langue est celle effectu&#233;e par Derrida dans Le &lt;i&gt;monolinguisme de l'autre&lt;/i&gt; beaucoup plus tard, en 1996&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques Derrida, Le Monolinguisme de l'autre, Paris, Galil&#233;e, 1996.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le point de d&#233;part de l'ouvrage est l'aporie ouverte par l'&#233;nonc&#233; suivant &#171; Je n'ai qu'une langue, ce n'est pas la mienne &#187;, ou par l'antinomie suivante :&lt;br class='autobr' /&gt;
1. On ne parle jamais qu'une seule langue.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. On ne parle jamais une seule langue.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'exemple duquel partaient Deleuze et Guattari &#233;tait celui de Kafka (&#233;crivain juif, tch&#232;que, au moment du d&#233;clin de l'empire des Habsbourg), alors que Derrida t&#233;moigne de l'exp&#233;rience, qui est la sienne, de la communaut&#233; juive fran&#231;aise d'Alg&#233;rie, parlant et &#233;crivant fran&#231;ais dans un pays arabe. Derrida part donc du caract&#232;re exemplaire de sa propre situation g&#233;opolitique, culturelle, linguistique et &#171; identitaire &#187; de &#171; franco-maghr&#233;bin &#187;, maghr&#233;bin et citoyen fran&#231;ais, l'un et l'autre &#224; la fois, l'un et l'autre de naissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la situation de la communaut&#233; juive de langue fran&#231;aise sur le sol alg&#233;rien on retrouve les quatre langues dont parlaient Deleuze et Guattari dans &lt;i&gt;Kafka&lt;/i&gt; : la langue vernaculaire, rurale, et li&#233;e &#224; l'ici du sol alg&#233;rien est l'arabe que l'&#201;cole ne proposait que comme &#171; langue &#233;trang&#232;re facultative &#187;, ou le berb&#232;re (totalement ignor&#233; de l'institution) ; la langue officielle est le fran&#231;ais parl&#233; localement ; la langue r&#233;f&#233;rentiaire est aussi une langue mythique, associ&#233;e &#224; l'au-del&#224; (le fran&#231;ais de la M&#233;tropole et de la grande litt&#233;rature, dans sa puret&#233; hors d'atteinte, au-del&#224; de la mer), alors que l'h&#233;breu n'assure plus sa fonction de langue symbolique ou religieuse. La situation est ici apparemment plus simple que dans le cas de Kafka, puisqu'on est dans une situation apparente de monolinguisme (on ne reconna&#238;t que le fran&#231;ais), mais cette langue unique ne se constitue que sur fond d'absence de toutes les autres langues qui continuent de la hanter, de fa&#231;on spectrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette situation complexe de fronti&#232;re et d'expropriation (linguistique, culturelle, politique) on voit &#224; l'&#339;uvre la m&#234;me paradoxale impossibilit&#233; dont Deleuze et Guattari parlaient &#224; propos de Kafka. Impossibilit&#233; de ne pas &#233;crire, d'une &#233;criture qui est d'embl&#233;e et de part en part politique ; impossibilit&#233; d'&#233;crire autrement qu'en fran&#231;ais puisque toutes les autres langues ont &#233;t&#233; interdites ; impossibilit&#233; de ne pas &#171; faire arriver quelque chose &#187; &#224; cette langue destin&#233;e &#224; rester unique, non pas en la maltraitant dans sa grammaire, sa syntaxe ou son lexique, mais en la modifiant imperceptiblement de l'int&#233;rieur. Le monolinguisme de l'autre est donc le nom donn&#233; &#224; la complexit&#233; d'une situation double : monolinguisme impos&#233; par l'autre, par une volont&#233; politique et une souverainet&#233; qui s'expriment dans l'imposition de la langue d'une Loi d'essence coloniale, monolinguisme de l'autre parce que toute langue, m&#234;me unique, nous vient toujours de l'autre et reste &#224; jamais inappropriable. Derrida t&#233;moigne ainsi de l'exp&#233;rience-limite d'une communaut&#233; qui a &#233;t&#233; trois fois dissoci&#233;e : coup&#233;e de la langue et de la culture arabe ou berb&#232;re, coup&#233;e de la langue de la culture et de la langue fran&#231;aise ou europ&#233;enne d'une m&#233;tropole &#233;loign&#233;e et h&#233;t&#233;rog&#232;ne &#224; son histoire, coup&#233;e enfin de la m&#233;moire juive, de son histoire et de sa langue qui ne peut m&#234;me plus recourir &#224; une sorte de yiddish ou de langue int&#233;rieure &#224; la communaut&#233; juive. Ce n'est donc pas par hasard que la seule d&#233;finition que Derrida ait jamais accept&#233; de donner de la &#171; d&#233;construction &#187; soit &#171; plus d'une langue &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III. Politique mineure &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre axe essentiel de la &#171; philosophie politique &#187; de Deleuze et Guattari, &#233;troitement entrelac&#233; &#224; la micropolitique, est une pens&#233;e du &lt;i&gt;devenir-minoritaire&lt;/i&gt; dont on peut trouver &#233;galement une premi&#232;re formulation en 1975 dans &lt;i&gt;Kafka. Pour une litt&#233;rature mineure&lt;/i&gt;, et qui sera d&#233;velopp&#233;e par la suite dans la derni&#232;re section du &#171; plateau &#187; 13 de &lt;i&gt;Mille plateaux&lt;/i&gt; (&#171; 7000 av. J. &#8211; C. Appareil de capture&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au sujet de cette &#171; double formulation &#187; d'une pens&#233;e des minorit&#233;s et du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;). &lt;br class='autobr' /&gt;
Tr&#232;s significativement, donc, une notion politique fait son apparition &#224; l'occasion d'une r&#233;flexion sur la litt&#233;rature : Deleuze et Guattari sont en effet extr&#234;mement attentifs aux enjeux politiques de la litt&#233;rature et de tous les arts et la notion de &#171; minorit&#233; &#187; (comme, par ailleurs, celle de &#171; machine de guerre &#187;) ne cesse de circuler entre les diff&#233;rentes dimensions de la pens&#233;e et de la cr&#233;ation (politique, sciences, esth&#233;tique, philosophie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kafka fait de l'allemand (qui n'est pas sa langue maternelle) un &#171; usage mineur &#187;, en introduisant des lignes de fuite dans l'allemand de Prague, d&#233;j&#224; &#171; minoritaire &#187;. Le rapport entre &#171; majeur &#187; et &#171; mineur &#187; (tout comme celui entre &#171; molaire &#187; et &#171; mol&#233;culaire &#187;) n'est donc pas un rapport de distinction et d'opposition frontale, mais une strat&#233;gie complexe. En passant du niveau linguistique et litt&#233;raire au niveau politique, Deleuze et Guattari peuvent donc &#233;crire dans &lt;i&gt;Mille plateaux&lt;/i&gt; que &#171; &lt;i&gt;notre &#226;ge devient celui des minorit&#233;s&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Deleuze et Guattari, Mille plateaux, op. cit., p. 586.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Les minorit&#233;s ne constituent pas seulement un ph&#233;nom&#232;ne quantitatif, mais surtout une dimension qualitative, qui se manifeste &#224; travers une h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; radicale des moyens et des formes d'action, une multiplication de groupes sans hi&#233;rarchie, d'ateliers, de constellations, de machines de guerre pacifiques, de montages extemporan&#233;s, impr&#233;dictibles, contingents et toujours historiquement dat&#233;s et g&#233;ographiquement situ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles ne se d&#233;finissent donc jamais par leur petit nombre, &#171; &lt;i&gt;mais par le devenir ou la flottaison, c'est-&#224;-dire par l'&#233;cart qui les s&#233;pare de tel ou tel axiome constituant une majorit&#233; redondante&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 586.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. La dimension &#171; minoritaire &#187; ne concerne donc pas des groupes sp&#233;cifiques, qui seraient &#171; moins nombreux &#187; que d'autres mais un &lt;i&gt;devenir-minoritaire&lt;/i&gt; qui concerne tout le monde : le devenir-femme qui habite tous les sexes, le devenir-non-blanc qui concerne toutes les races, le devenir-prol&#233;taire ou pr&#233;caire qui touche d&#233;sormais toutes les classes sociales. La puissance des minorit&#233;s ne consiste donc pas dans un crit&#232;re b&#234;tement &#171; ethnique &#187; ou &#171; identitaire &#187;, ni dans leur capacit&#233; de s'imposer dans le syst&#232;me majoritaire ou de le renverser, mais plut&#244;t dans celle de faire valoir la force aux effets impr&#233;dictibles d'ensembles non d&#233;nombrables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, F&#233;lix Guattari insiste sur la dissociation radicale et essentielle entre le devenir-minoritaire et les revendications identitaires de groupes de minorit&#233;s (ethniques, linguistiques, politiques ou culturels). Les luttes de groupes qui pouvaient para&#238;tre au d&#233;part purement &#171; identitaires &#187; (les homosexuels, les femmes, les noirs, etc.) ont irrigu&#233; et modifi&#233; tout le champ social, en ont modifi&#233; profond&#233;ment la configuration, ainsi que la perception de la sexualit&#233; ou de la &#171; race &#187; de chacun (m&#234;me des h&#233;t&#233;rosexuels, des hommes et des blancs). Le ressort principal de la probl&#233;matique des minorit&#233;s n'est donc jamais &#224; ses yeux une question d' &#171; identit&#233; &#187; culturelle, linguistique, ethnique ou sexuelle, qui implique toujours un d&#233;sir de retour &#224; l'identique, mais une probl&#233;matique de la multiplicit&#233; et de la pluralit&#233;. &#201;douard Glissant parlerait certainement de &lt;i&gt;cr&#233;olisation&lt;/i&gt; : dans la musique, par exemple, le jazz a incorpor&#233; certains traits de singularit&#233; de la musique africaine pour produire une nouvelle entit&#233; musicale, capable de s'adapter &#224; toutes les sensibilit&#233;s et &#224; tous les pays. Le devenir-minoritaire ne concerne donc pas simplement des questions de reconnaissance d'identit&#233;, mais des processus transversaux qui traversent tous les individus, tous les groupes sociaux, toutes les appartenances sociales, politiques et culturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de d&#233;noncer purement et simplement la pr&#233;tendue inefficacit&#233; macropolitique de la micropolitique, du devenir-minoritaire ou des machines de guerre qui constituent la sp&#233;cificit&#233; de la pens&#233;e politique de Deleuze et Guattari, ou leur caract&#232;re &#171; antid&#233;mocratique &#187;, il faudrait donc rappeler que la micropolitique ou le devenir des minorit&#233;s ne concernent jamais un niveau exclusivement &#171; psychologique &#187; ou &#171; &#233;thique &#187; ou &#171; individuel &#187;, mais qu'elles peuvent agir activement sur les transformations des ensembles macropolitiques et des dynamiques socio-&#233;conomiques de niveau molaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet &#233;thico-esth&#233;tico-politique de Deleuze et Guattari ne nie jamais la n&#233;cessit&#233; de m&#233;diations institutionnelles, d'organisations stratifi&#233;es et &#171; majeures &#187; ou &#171; majoritaires &#187;, mais il explore les possibilit&#233;s actuelles et &#224; venir d'une action politique mol&#233;culaire, microscopique et transversale qui soit en mesure d'agir au sein des &#201;tats et des grandes organisations internationales, en jouant de multiples contre-pouvoirs contre tous les pouvoirs institu&#233;s. Faire de la &#171; micropolitique &#187; signifierait donc, dans la lign&#233;e de la &#171; microsociologie &#187; de Tarde, analyser sous les grands ensembles &#171; molaires &#187; (l'&#201;tat, l'&#201;glise, le Capital, l'&#201;cole, l'Entreprise, la Soci&#233;t&#233; etc.) une multiplicit&#233; de petites r&#233;p&#233;titions, de ph&#233;nom&#232;nes microscopiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut donc assigner le micropolitique au niveau psychologique, individuel et interindividuel, puisqu' il existe une dimension mol&#233;culaire et microscopique qui op&#232;re par petits groupes, par petits centres de r&#233;sistance, mais qui est coextensive &#224; tout le champ social, y compris dans ses manifestations les plus &#171; molaires &#187;. Plus une organisation molaire est forte, plus elle suscite une mol&#233;cularisation de ses &#233;l&#233;ments : quand la &#171; machine &#187; du pouvoir devient plan&#233;taire (comme c'est le cas dans le capitalisme mondialis&#233; auquel nous sommes confront&#233;s aujourd'hui), les agencements individuels et collectifs ont de plus en plus tendance &#224; se miniaturiser et &#224; devenir des micro-agencements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les analyses micropolitiques deleuzo-guattarienne les segmentations en tout genre, souples et dures, temporelles, spatiales, productivistes, financi&#232;res ou commerciales, sociales, politiques ou s&#233;curitaires, coexistent toujours avec des flux non ma&#238;trisables, des micro-agencements, des &#171; nuages de poussi&#232;re &#187; qui leur &#233;chappent et qui marquent les limites de leur pouvoir pour tracer toujours &#224; nouveau des lignes de fuite cr&#233;atrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV. Micropolitiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors de sa collaboration avec Deleuze, avant et apr&#232;s, Guattari n'a jamais cess&#233; de s'interroger &#224; son tour sur la dimension microscopique ou mol&#233;culaire du politique, qu'il a essay&#233; incessamment (avec plus ou moins de succ&#232;s) de pratiquer dans ses multiples engagements militants d'extr&#234;me gauche (de la psychoth&#233;rapie institutionnelle jusqu'&#224; l'&#233;cologie politique). En 1986, Guattari a publi&#233; en collaboration avec la psychanalyste br&#233;silienne Suely Rolnik un ouvrage intitul&#233; justement &lt;i&gt;Micropolitiques&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'ouvrage a &#233;t&#233; publi&#233; pour la premi&#232;re fois en 1986 au Br&#233;sil, o&#249; il a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui rassemble les contributions de F&#233;lix Guattari au mouvement social ample et h&#233;t&#233;rog&#232;ne qui agitait le Br&#233;sil au d&#233;but des ann&#233;es 1980. La lecture de ce livre peut &#234;tre utile pour int&#233;grer et compl&#233;ter l'analyse de la perspective micropolitique inaugur&#233;e par Deleuze et Guattari dans &lt;i&gt;Mille plateaux&lt;/i&gt;. D'apr&#232;s Guattari, l'approche de la question micropolitique implique avant tout un changement de logique : il ne s'agit pas d'opposer, de fa&#231;on binaire, le niveau des diff&#233;rences sociales plus larges (le niveau molaire) du niveau d'analyse et d'action de type mol&#233;culaire : &#171; &lt;i&gt;les luttes sociales sont en m&#234;me temps molaires et mol&#233;culaires&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F&#233;lix Guattari et Suely Rolnik, Micropolitiques (1986), Paris, Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il ne faut donc pas s&#233;parer artificiellement les champs du molaire et du mol&#233;culaire : pour que les grandes machines productives capitalistiques puissent fonctionner, elles doivent perp&#233;tuellement &#171; capturer &#187; (notamment &#224; travers la consommation, le marketing, les industries culturelles en tout genre) des mini-processus de d&#233;sir et de singularisation qui rel&#232;vent du niveau mol&#233;culaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans l'histoire r&#233;cente, les syst&#232;mes totalitaires ont &#233;chou&#233; &#224; faire une place r&#233;elle aux dynamiques de singularisation infra-individuelles, alors que le mod&#232;le capitaliste a triomph&#233; gr&#226;ce &#224; sa capacit&#233; inou&#239;e de r&#233;cup&#233;ration permanente de la production de subjectivit&#233; &#171; mol&#233;culaire &#187; &#224; l'&#339;uvre dans les individus et dans les groupes. La grande force du capitalisme contemporain, mais aussi sa &#171; schizophr&#233;nie profonde &#187;, a &#233;t&#233; de fonder son expansion et son mod&#232;le de production-consommation sur les m&#234;mes forces cr&#233;atrices du d&#233;sir de singularisation et de cr&#233;ation que, par ailleurs, il s'efforce de ma&#238;triser et juguler par tous les moyens socio-techniques de contr&#244;le et d'uniformisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a donc jamais une logique de simple contradiction entre les niveaux molaires et mol&#233;culaires : les m&#234;mes composantes individuelles et collectives peuvent fonctionner comme des forces &#233;mancipatrices au niveau molaire et &#234;tre, au contraire, tr&#232;s conservatrices au niveau mol&#233;culaire : &#171; &lt;i&gt;La question micropolitique est celle de savoir comment nous reproduisons (ou non) les modes de subjectivations dominants&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 187 (italiques dans le texte).&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il ne s'agit donc pas d'&#233;valuer le niveau mol&#233;culaire comme le p&#244;le toujours &#171; positif &#187; auquel s'opposerait le p&#244;le &#171; n&#233;gatif &#187; de la dimension molaire des grandes organisations : les probl&#232;mes politiques se posent toujours aux deux niveaux. La d&#233;mocratie prend forme au niveau molaire des grandes organisations politiques et sociales, mais elle ne peut &#234;tre effective que s'il existe au niveau mol&#233;culaire des processus de subjectivation individuels et collectifs en mesure de produire de nouvelles sensibilit&#233;s, de nouvelles pratiques qui puissent s'opposer au monopole de structures socio-politiques fig&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guattari r&#233;pond ainsi &#224; l'objection r&#233;p&#233;t&#233;e selon laquelle &#171; si la politique est partout, elle n'est nulle part &#187; : dans une perspective micropolitique, il faudrait justement &lt;i&gt;mettre de la micropolitique&lt;/i&gt; partout o&#249; elle n'est pas encore ou pas assez, dans les &#233;changes st&#233;r&#233;otyp&#233;s qui codent incessamment nos vies personnelles et professionnelles. Tous ces champs devraient rentrer dans de nouveaux types d'analyse et de pragmatique, puisque aujourd'hui &#171; &lt;i&gt;n'importe quel probl&#232;me important, y compris au niveau international, est fondamentalement li&#233; &#224; des mutations de la subjectivit&#233; aux diff&#233;rents niveaux micropolitiques&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 190.&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Explorer le champ de l'&#233;conomie politique n'est donc plus suffisant : il faut d&#233;sormais entrer dans le champ de l'&#233;conomie subjective. Pour Guattari, il est &#233;galement n&#233;cessaire de sortir de la logique qui oppose des possibilit&#233;s de singularisation politique (des &#171; mouvements &#187; sociopolitique) &#224; des actions politiques organis&#233;es (des &#171; partis &#187;) qui seuls seraient capables d'affronter les pouvoirs &#233;tatiques en place et les grands corps sociaux constitu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements mol&#233;culaires ne suffisent pas &#224; r&#233;soudre les grandes questions politiques et &#233;conomiques qui se posent au niveau national ou international et ne peuvent survivre tr&#232;s longtemps sans d&#233;finir une politique concr&#232;te vis-&#224;-vis des m&#233;dias, de l'&#233;conomie, des organisations molaires. La difficult&#233; d'une action collective de type mol&#233;culaire consiste justement &#224; travailler toujours &lt;i&gt;en m&#234;me temps&lt;/i&gt; sur deux niveaux : au niveau de formes de r&#233;sistance organis&#233;es au syst&#232;me capitaliste avanc&#233; (capable de s'infiltrer en profondeur dans la subjectivit&#233; de chacun par le biais des nouvelles technologies et de l'industrie culturelle) et &#224; celui des probl&#233;matiques &#171; microscopiques &#187; de singularisation et cr&#233;ation de nouvelles formes de subjectivit&#233;, &#224; l'aide notamment de ces m&#234;mes outils techniques d'information et de communication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le sillage de la &#171; r&#233;volution mol&#233;culaire &#187; de Mai 68, il faudrait donc poser en m&#234;me temps les probl&#232;mes des processus de singularisation dans le champ subjectif et les strat&#233;gies politiques et sociales &#224; l'&#233;chelle globale : &#171; &lt;i&gt;il ne s'agit pas d'adopter une logique programmatique mais bien une &#8220;logique de situation&#8221;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 225 (italiques dans le texte).&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il s'agit d'inventer des moyens politiques nouveaux qui puissent permettre la coexistence de ces deux dimensions (des formes d'action concr&#232;tes, sur le terrain, mais aussi de nouvelles formes de sensibilit&#233;, de pens&#233;e, de cr&#233;ation), des dimensions apparemment antagonistes mais qui devraient pourtant pouvoir fonctionner ensemble, selon une nouvelle logique de non-contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Les Cahiers de Philom&#232;ne, n&#176;3)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Version abr&#233;g&#233;e de la troisi&#232;me partie de &lt;i&gt;G&#233;ophilosophie de Deleuze et Guattari&lt;/i&gt;, Manola Antonioli, 2004, Paris, L'Harmattan, (III. D&#233;territorialiser le langage, p. 67-92).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_427 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/IMG/png/antonioli.png' width='375' height='240' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gilles Deleuze et F&#233;lix Guattari, &lt;i&gt;Kafka. Pour une litt&#233;rature mineure&lt;/i&gt;, Paris, Minuit, 1975, p. 29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 72.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 49-50.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jacques Derrida, &lt;i&gt;Le Monolinguisme de l'autre&lt;/i&gt;, Paris, Galil&#233;e, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Au sujet de cette &#171; double formulation &#187; d'une pens&#233;e des minorit&#233;s et du mineur, on pourra lire l'article de Guillaume Sibertin-Blanc &#171; Deleuze et les minorit&#233;s : quelle &#8220;politique&#8221; ? &#187;, in &lt;i&gt;Cit&#233;s&lt;/i&gt;, n&#176;40/2009. On remarquera l'oubli, malheureusement bien trop fr&#233;quent chez de nombreux commentateurs, du nom de Guattari dans le titre de cet article. Guillaume Sibertin-Blanc a par ailleurs publi&#233; aux PUF, en 2010, un ouvrage significativement intitul&#233; &lt;i&gt;Deleuze et L'Anti-&#338;dipe&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Deleuze et Guattari, &lt;i&gt;Mille plateaux&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 586.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 586.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'ouvrage a &#233;t&#233; publi&#233; pour la premi&#232;re fois en 1986 au Br&#233;sil, o&#249; il a connu un grand succ&#232;s &#233;ditorial et de nombreuses r&#233;&#233;dition. La traduction fran&#231;aise n'a &#233;t&#233; publi&#233;e qu'en 2007 (Paris, Les Emp&#234;cheurs de penser en rond/Le Seuil).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F&#233;lix Guattari et Suely Rolnik, &lt;i&gt;Micropolitiques&lt;/i&gt; (1986), Paris, Les Emp&#234;cheurs de penser en rond/Le Seuil, 2007, p. 179 (italiques dans le texte).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 187 (italiques dans le texte).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 190.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 225 (italiques dans le texte).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Atelier de philosophie pl&#233;b&#233;ienne - Samedi 22 octobre 2022 - de la fabrication du Monstre : Machination&#183;s</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=1114</link>
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		<dc:date>2022-09-27T04:26:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;G&#238;te Le Closet Fertans (17-19 gde rue, 25330) &lt;br class='autobr' /&gt;
Atelier... cela veut dire un essai d'abandon de l'autorit&#233; du ma&#238;tre et de la posture d'&#233;l&#232;ve au profit d'une tentative de production en commun. &lt;br class='autobr' /&gt;
Centre de R&#233;flexion et de Documentation sur les Philosophies Pl&#233;b&#233;iennes de l'association &#171; Voyons o&#249; la philo m&#232;ne... &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; Jeux de glaces et galeries des horreurs (de la fabrication du Monstre : Machination&#183;s, deuxi&#232;me &#233;pisode) &lt;br class='autobr' /&gt;
Argumentaire : &#192; nos seuls risques et p&#233;rils, cela va de soi, et &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=31" rel="directory"&gt;&#034;Voyons o&#249; la philo m&#232;ne&#034;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G&#238;te &lt;i&gt;Le Closet&lt;/i&gt; Fertans (17-19 gde rue, 25330)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Atelier... cela veut dire un essai d'abandon de l'autorit&#233; du ma&#238;tre et de la posture d'&#233;l&#232;ve au profit d'une tentative de production en commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Centre de R&#233;flexion et de Documentation sur les Philosophies Pl&#233;b&#233;iennes de l'association &#171; Voyons o&#249; la philo m&#232;ne... &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;Jeux de glaces et galeries des horreurs&lt;/strong&gt;
&lt;strong&gt;(de la fabrication du Monstre : Machination&#183;s, deuxi&#232;me &#233;pisode)&lt;/strong&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Argumentaire&lt;/strong&gt; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; nos seuls risques et p&#233;rils, cela va de soi, et &#224; quelques jours &#224; peine d'Halloween, nous allons tenter de cheminer du c&#244;t&#233; de l'ab&#238;me et des forces obscures ; prenant appui sur notre pr&#233;c&#233;dent atelier (le palpitant &#233;pisode des machinations-paranos), nous tracerons une ligne de suite vers une chambre noire et opaque, l&#224; o&#249; personne ne vous entendra crier. C'est l&#224; que se nouera un dr&#244;le de drame ; une &lt;i&gt;Murder Party&lt;/i&gt; de pens&#233;e. Car dans ce noir profond, nous ferons, en infra-rouge (sang), un contre-zoom*, pour nous &lt;i&gt;focaliser&lt;/i&gt; sur une figure du Mal des plus sp&#233;cifiques : celle du &lt;i&gt;Serial Killer&lt;/i&gt;, ou tueur en s&#233;rie &#8211; mais le choix de la langue a ici toute son importance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jeu d'optique s'il en est &#8211; tant la fabrication de nos l&#233;gendes contemporaines est ins&#233;parable d'une autre fabrique, celle des temps dits modernes, industriels, de la reproductibilit&#233; technique, de la prolif&#233;ration des images, du narcissisme et des miroirs, des m&#233;dias, du cin&#233;ma&#8230; &#8211; et jeu de&#8230; pistes, tout &#224; la fois : dans ce labo, ferm&#233; de l'int&#233;rieur et &#224; double tour, nous d&#233;velopperons ensemble la photo, impatients de sa &lt;i&gt;r&#233;v&#233;lation&lt;/i&gt; comme la redoutant, car frissonnant d'y reconna&#238;tre, peut-&#234;tre, dans un infime d&#233;tail, quoi-que-qui dans un parc d&#233;sert ou, dans le fleuve massif de la foule, qui-que-quoi tout flou et presque informe, qui sait ? notre propre visage&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Serait-ce l&#224; notre ultime cauchemar : celui d'un livre, d'une m&#233;taphysique, d'une banalisation ou pire d'une d&#233;-banalisation, ou encore d'un film potentiel dont nous serions tous et toutes les protagonistes possibles, bourreaux ou victimes ? &#171; De l'assassinat consid&#233;r&#233; comme &#339;uvre d'art &#224; l'&#233;poque de sa reproductibilit&#233; technique &#187; en quelque sorte ? &#194;mes sensibles s'abstenir&#8230; ou pas !&lt;br class='autobr' /&gt;
*Le contre-zoom, ou travelling compens&#233; (ou contrari&#233;) est un effet cin&#233;matographique reposant sur la simultan&#233;it&#233; d'un zoom arri&#232;re et d'un travelling avant &#8211; ou le contraire. (voir : &lt;i&gt;Vertigo / Sueurs froides&lt;/i&gt;, Hitchcok, 1958)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9h &lt;strong&gt;Accueil&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9h30 - 11h30 &lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Murder Park&lt;/i&gt; ou le frisson de l'homme blanc &#187; &lt;i&gt;Marco Candore&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je &#187; &#233;tant &lt;i&gt;plusieurs&lt;/i&gt; autres, c'est par un cheminement diachronique et profane que nous explorerons quelques territoires-terriers, ch&#226;teaux gothiques ou d&#244;mes high-tech du grand bazar des &#171; beaux-arts &#187; de l'assassinat s&#233;riel : des antres et des &#233;crans, des &#171; histoires vraies &#187; et des fictions, toute une chimie/gastronomie/taxinomie aux ingr&#233;dients de Capital (colonial, imp&#233;rial et d'industrie), de collections, de h&#233;ros et de super-h&#233;ros&#8230; Un &lt;i&gt;Murder Park&lt;/i&gt; o&#249; s'&#233;panouit le statut ambigu du lecteur-spectateur-consommateur dop&#233; et addict au frisson de la chasse, aux jeux de codes et de masques, flattant et encourageant impun&#233;ment, par procuration, voyeurisme et confortable sadisme &lt;i&gt;soft&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par le cin&#233;ma, la litt&#233;rature et les coupures de presse, nous reviendrons sur les incontournables du crime en s&#233;rie &#8211; affaires des p&#232;res fondateurs en somme &#8211; pour esquisser un tableau, de mises en sc&#232;ne, d'espaces et de lieux o&#249; se superposent, intriqu&#233;s, le regard, le pouvoir, les flux et les images.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car au-del&#224; d'une image biface de &#171; monstre &#187; (un Jack &lt;i&gt;From Hell&lt;/i&gt; ennemi public invisible, insaisissable, fa&#231;on Janus et Hyde) &#171; petites &#187; histoires de faits-divers et grande Histoire des grandes boucheries n'&#233;crivent-elles pas, &#224; l'instar de la machine de la &lt;i&gt;Colonie p&#233;nitentiaire&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;modus operandi&lt;/i&gt; d'un r&#233;cit conjoint, dans lequel la violence ne saurait se penser sans interroger sa place et sa fonction dans les rapports de production et de domination ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ap&#233;ro puis repas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14h - 16h &lt;strong&gt;&#171; Le serial et le banal : banalisation et d&#233;-banalisation du mal avec Arendt et Lang &#187; &lt;i&gt;Orgest Azizaj&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En rendant compte du proc&#232;s d'Eichmann (l'organisateur de l'infrastructure de la Solution finale), proc&#232;s tenu &#224; J&#233;rusalem en 1962, apr&#232;s sa capture en Argentine par les services secrets isra&#233;liens, Hannah Arendt a jet&#233; un pav&#233; dans la mare de la philosophie morale et politique en parlant de &#171; banalit&#233; du mal &#187;. Ce concept, si c'en en est un, cette arme ou outil, cette esp&#232;ce de canif conceptuel fabriqu&#233; pour ses besoins pol&#233;miques est rest&#233; depuis un h&#233;ritage indig&#233;r&#233; et peut-&#234;tre indigeste de la philosophie, tout en &#233;tant un &#8220;objet&#8221; de fascination. Mais, est-il aussi, ou peut-il &#234;tre un antidote, destin&#233; &#224; pr&#233;venir toute fascination envers le mal et ses figures ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette hypoth&#232;se, qu'on peut essayer d'explorer, rejoint peut-&#234;tre une autre : celle d'un cheminement semblable du cin&#233;ma de Fritz Lang, et de sa propre fascination pour le mal et le crime, de part et d'autre du crime nazi (avant et apr&#232;s la 2&#232;me Guerre) et de l'Atlantique (entre l'Allemagne et Hollywood). De &lt;i&gt;M le maudit&lt;/i&gt; &#224; &lt;i&gt;While the city sleeps&lt;/i&gt;, du proc&#232;s populaire et politique du tueur p&#233;dophile, &#224; la captation litt&#233;ralement m&#233;diatique de l'incolore tueur en s&#233;rie et &#8220;mama boy&#8221;, une m&#234;me dynamique de banalisation du mal semble &#234;tre en &#339;uvre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Arendt et Lang ont-ils rat&#233; leur coup ? Le spectacle et le consum&#233;risme op&#232;rent/ils une d&#233;-banalisation du mal, une re-fascination pour ses figures et leurs nouvelles profondeurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16h30 - 18h30 &lt;strong&gt;&#171; Les miroirs du Mal &#187; &lt;i&gt;Philippe Roy&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y aurait-il un rapport entre le Mal et le narcissisme ? Des psychiatres actuels l'associent au Mal pour analyser le passage &#224; l'acte de tueurs en s&#233;rie en &#233;voquant, entre autres, une orgie narcissique (Daniel Zagury). Pour Freud, narcissisme et pulsion de mort peuvent se confondre dans le Mal. &#171; L&#224; o&#249; la pulsion de mort survient sans vis&#233;e sexuelle, y compris dans la rage de destruction la plus aveugle, on ne peut m&#233;conna&#238;tre que sa satisfaction est connect&#233;e &#224; une jouissance narcissique extraordinairement &#233;lev&#233;e, du fait qu'elle fait voir au moi ses anciens souhaits de toute-puissance accomplis. &#187; (Freud, &lt;i&gt;Le malaise dans la culture&lt;/i&gt;) Bien plus, dans ce puissant essai de Schelling que sont ses &lt;i&gt;Recherches philosophiques sur l'essence de la libert&#233; humaine&lt;/i&gt; le philosophe montre que notre libre disposition au Mal s'appuie sur la passion pour notre volont&#233; particuli&#232;re et prend donc la forme d'une domination de notre amour-propre. Or, cette disposition est fond&#233;e m&#233;taphysiquement dans l'&#202;tre, elle est donc une possibilit&#233; pour tout homme et n'est pas seulement une caract&#233;risation psychologique r&#233;serv&#233;e &#224; certains.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette disposition n'est-elle pas accentu&#233;e dans et par nos soci&#233;t&#233;s ? La lumi&#232;re vide du narcissisme se propage par tous les miroirs que sont nos &#233;crans, nos regards, nos d&#233;sirs, nos dirigeants et nos politiques. Les eaux glac&#233;es du calcul &#233;go&#239;ste sont de plus en plus subordonn&#233;es aux glaces du narcissisme. Les tueurs en s&#233;rie ne sont-ils pas les miroirs de nos soci&#233;t&#233;s, leurs sombres h&#233;ros ? Eux-m&#234;mes peuvent devenir le miroir incitant les passages &#224; l'acte d'autres tueurs ? (S&#233;rialit&#233; des tueurs en s&#233;rie&#8230;). C'est ce que montre bien le film visionnaire de 1995 d'Oliver Stone &lt;i&gt;Natural Born Killers (Tueurs n&#233;s)&lt;/i&gt; qui met l'accent sur cette multiplication des miroirs-&#233;crans des tueurs-h&#233;ros. Malheureusement, ce film prouvera sa th&#232;se en rendant possible le passage &#224; l'acte d'un couple de tueurs...&lt;br class='autobr' /&gt;
Le narcissisme va-t-il continuer &#224; nous vider, &#224; nous tuer ou ne faudrait-il pas retrouver ce narcissisme maintenant trop enfoui qu'avaient en vue des philosophes comme Spinoza ? narcissisme de la Nature que nous pouvons &#233;prouver et qui fait dire au philosophe : &#171; L'Amour intellectuel de l'Esprit envers Dieu est l'Amour m&#234;me dont &lt;i&gt;Dieu s'aime lui-m&#234;me&lt;/i&gt;. &#187; Dieu c'est-&#224;-dire la Nature. Deleuze, faisant &#233;cho &#224; Plotin, pouvait affirmer joyeusement que le narcissisme est &#171; le remplissement d'une image de soi &lt;i&gt;quand on contemple autre chose&lt;/i&gt; [&#8230;] Il y a une b&#233;atitude de la synth&#232;se passive ; et nous sommes tous Narcisse par le plaisir que nous &#233;prouvons en contemplant (autosatisfaction) bien que nous contemplions autre chose que nous-m&#234;mes &#187;. Comment avons-nous pu perdre de vue (de vie) ce narcissisme primaire et croire avec Freud qu'il ne renvoie pour nous qu'&#224; notre petite enfance ?...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19h &lt;strong&gt;Ap&#233;ro puis repas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Inscription obligatoire avant le samedi 15 octobre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tarif de la journ&#233;e (interventions + repas midi, boissons comprises) : 35 &#8364; (25 &#8364; ch&#244;meurs, &#233;tudiants). Sans le repas du midi : 15 &#8364; par demi-journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Possibilit&#233; d'h&#233;bergement au g&#238;te &#034;Le closet&#034; de Fertans. Repas du soir au g&#238;te : 10 &#8364;. Nuit&#233;e du samedi : 20&#8364;. Week-end complet (avec repas et nuit&#233;e du vendredi soir) : 85 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inscription et renseignements :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
crdpp25@gmail.com ou Philippe Roy 06 51 38 43 45 &lt;a href=&#034;http://reseau.philoplebe.lautre.net/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://reseau.philoplebe.lautre.net/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rencontre : Atelier de philosophie pl&#233;b&#233;ienne - Machination(s)</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=1080</link>
		<guid isPermaLink="true">https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=1080</guid>
		<dc:date>2022-04-21T19:32:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;G&#238;te Le Closet, Fertans (17-19 gde rue, 25330) &lt;br class='autobr' /&gt;
Samedi 21mai 2022 &lt;br class='autobr' /&gt;
Atelier de philosophie pl&#233;b&#233;ienne Atelier... cela veut dire un essai d'abandon de l'autorit&#233; du ma&#238;tre et de la posture d'&#233;l&#232;ve au profit d'une tentative de production en commun. &lt;br class='autobr' /&gt;
Centre de R&#233;flexion et de Documentation sur les Philosophies Pl&#233;b&#233;iennes de l'association &#171; Voyons o&#249; la philo m&#232;ne... &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Machination(s) &lt;br class='autobr' /&gt;
Argumentaire : &lt;br class='autobr' /&gt;
Entr&#233; dans un langage commun volontiers psychologisant, le signifiant &#171; parano &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=31" rel="directory"&gt;&#034;Voyons o&#249; la philo m&#232;ne&#034;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G&#238;te &lt;i&gt;Le Closet&lt;/i&gt;, Fertans (17-19 gde rue, 25330)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Samedi 21mai 2022&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Atelier de philosophie pl&#233;b&#233;ienne &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Atelier... cela veut dire un essai d'abandon de l'autorit&#233; du ma&#238;tre et de la posture d'&#233;l&#232;ve au profit d'une tentative de production en commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Centre de R&#233;flexion et de Documentation sur les Philosophies Pl&#233;b&#233;iennes de l'association &#171; Voyons o&#249; la philo m&#232;ne... &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Machination(s)&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Argumentaire :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entr&#233; dans un langage commun volontiers psychologisant, le signifiant &#171; parano &#187; fonctionnerait comme une carte-joker d&#233;gain&#233;e &#224; tout-va, jetant le discr&#233;dit sur tout discours &lt;i&gt;suspect&lt;/i&gt; d'en &#234;tre porteur, mettant ainsi en relief, en &lt;i&gt;r&#233;v&#233;lation&lt;/i&gt;, son aspect &#171; d&#233;raisonnable &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, si la &#171; parano &#187; de la &lt;i&gt;neo-vox populi&lt;/i&gt; post-m&#233;diatique de l'internet mobile des r&#233;seaux &#171; sociaux &#187; n'est pas &#8211; tout &#224; fait &#8211; la &lt;i&gt;parano&#239;a&lt;/i&gt; de la psychiatrie et/ou de la psychanalyse, elle en est, sans conteste, sa production mutante, &#171; chose &#187; polymorphe aux usages et vertus les plus multiples.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis Deleuze et Guattari, nous savons combien capitalisme et schizophr&#233;nie se conjuguent ; mais avec la &lt;i&gt;Matrix&lt;/i&gt; de l'&#232;re num&#233;rique, comment articuler, penser les synth&#232;ses disjonctives &#8211; o&#249; s'entrem&#234;lent folie, complotismes, des &#171; v&#233;rit&#233;s alternatives &#187; n&#233;ofascistes aux pens&#233;es critiques, aux gestes subversifs et cr&#233;atifs ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour vivre un tant soit peu ces questions, il nous faut nous risquer, nous prendre et nous perdre au jeu de la machination, de la &lt;i&gt;machinaction&lt;/i&gt; parano, interroger ses puissances : comment &#231;a marche, &#231;a parle, b&#233;gaie et d&#233;lire le monde ? Qu'est-ce que &#231;a nous fait et qu'est-ce que &#231;a produit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9h &lt;strong&gt;Accueil&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9h15-10h45 &lt;strong&gt;&#171; Sous le lac, dans les nuages, et sur les l&#232;vres &lt;i&gt;(quasi una fantasia)&lt;/i&gt; &#187; &lt;i&gt;Marco Candore&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Un labyrinthe est dit multiple, &#233;tymologiquement, parce qu'il a beaucoup de plis. Le multiple, ce n'est pas seulement ce qui a beaucoup de parties, mais ce qui est pli&#233; de beaucoup de fa&#231;ons. &#187; (Deleuze, &lt;i&gt;Le Pli&lt;/i&gt;)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Les Mille et une nuits&lt;/i&gt;, tu connais ? Oui bien s&#251;r tu connais, enfin t'as entendu causer quoi, mais me dis pas que tu l'as lu : arr&#234;te de mentir, personne ne lit &#231;a, c'est un peu comme pour &lt;i&gt;Don Quichotte&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Ulysse&lt;/i&gt; (l'Irlandais, pas le Grec). Nan j'd&#233;conne. Mais quand m&#234;me &lt;i&gt;Les Mille et une nuits&lt;/i&gt;, le labyrinthe, What's The Fuck (WTF pour les Geeks), tu te dis hein, c'est quoi le rapport avec la parano-parano&#239;a-parano&#239;aque, Dub-Dubon-Dubonnet ? Tu as raison, &#231;a saute pas &#224; la gueule.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bon. Reprenons donc mon escalier d'esprit en escalier tordu torsad&#233; de l'&lt;i&gt;escaliesprit&lt;/i&gt; fa&#231;on Escher : le labyrinthe, la biblioth&#232;que, le livre-biblioth&#232;que, le livre-rhizome (&lt;i&gt;Mille Plateaux&lt;/i&gt;, tu commences &#224; faire le focus ?), les r&#233;cits ench&#226;ss&#233;s ou en r&#233;seaux, Babel-Borges, &lt;i&gt;Le Nom de la Rose&lt;/i&gt; et le vieux Jorge &amp; tutti frutti, ouh la. Dans le bouquin d'Umberto Eco, tu te souviens de l'embrouille avec le rire ? voil&#224;, ay&#233;, l'ascenseur est (presque) arriv&#233; &#8211; mais o&#249; ? Ascenseur horizontal &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; vertical tout &#224; la fois, et plus encore : &lt;i&gt;vertigonal&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car, &#171; comment faire rire un parano&#239;aque &#187; (&lt;i&gt;dixit&lt;/i&gt; Fran&#231;ois Roustang) ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Allez embarque en nomade, pour un voyage en par&#233;idolie et apoph&#233;nie, avec cornet-surprise &lt;i&gt;pop&lt;/i&gt; : on va se faire un de ces cinoches !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11h-12h30 &lt;strong&gt;&#171; Berbiguier : deux cents ans de parano&#239;a &#187; &lt;i&gt;Adam Pa&#353;ek&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233; en 1821 &#224; compte d'auteur, &lt;i&gt;Farfadets ou tous les d&#233;mons ne sont pas de ce monde&lt;/i&gt; est une chronique autobiographique d'une lutte acharn&#233;e entre Berbiguier, h&#233;ros mi-Quichotte, mi-Rousseau, et une multitude d'agents infernaux. Enr&#244;l&#233;s dans une arm&#233;e diabolique dirig&#233;e depuis le monde sous la terre par le terrible Rhotomago, les hommes m&#233;chants deviennent farfadets, obtenant un large &#233;ventail de pouvoirs surnaturels qu'ils utilisent pour pers&#233;cuter les bons chr&#233;tiens, humbles sujets de la monarchie restaur&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ayant d&#233;couvert leur conspiration (immense privil&#232;ge dont il se flatte), Berbiguier d&#233;cide d'&#233;crire un m&#233;moire sur son combat, afin de d&#233;noncer les farfadets aux yeux du monde et d'avertir les souverains chr&#233;tiens de la guerre en cours. Ce dessein exacerbe naturellement les exactions des diablotins exasp&#233;r&#233;s par la menace. D&#233;sormais, un pi&#232;ge est tendu &#224; chacun des pas de l'&#233;crivain. Invisibles, les farfadets s'introduisent dans son tabac &#224; priser. Passe-murailles, ils subtilisent ses effets personnels. Impudiques, ils vont jusqu'&#224; se glisser sous sa couette&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le &#171; vrai &#187; fou dans cette histoire n'est-il pas le lecteur lui-m&#234;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ap&#233;ro puis repas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15h - 16h30 &lt;strong&gt;&#171; Quelles sont les diff&#233;rences de m&#233;thodes entre les th&#233;oriciens du complot et les sciences sociales &#187; &lt;i&gt;Thierry Brugvin&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les scientifiques et les &#233;conomistes marxistes sont eux aussi parfois accus&#233;s de complotisme lorsqu'ils d&#233;noncent l'exploitation et la domination cach&#233;e des classes populaires. Il s'agit en r&#233;alit&#233; de faits sociaux non exprim&#233;s par certains m&#233;dias et politiciens de droite. Les marxistes r&#233;v&#232;lent simplement que c'est essentiellement l'&#233;conomie et les structures du capitalisme, qui d&#233;terminent l'&#233;volution du monde actuel et non les individus, tels les &#233;lites capitalistes et politiques. Les th&#233;oriciens du complot pensent l'inverse. Mais qu'est ce v&#233;ritablement qu'un complotiste au-del&#224; de l'anath&#232;me utilis&#233; pour faire taire son adversaire ? Qu'est ce qui le diff&#233;rencie d'un parano&#239;aque ou d'un n&#233;ofasciste ? Comment diff&#233;rencier le vrai du faux, un fake ou d'une v&#233;rit&#233; scientifique ? Pour &#234;tre reconnu comme r&#233;el par l'opinion publique, on peut distinguer plusieurs niveaux dans la reconnaissance d'un fait par l'opinion publique, qui vont de la rumeur &#233;nonc&#233;e par un individu, &#224; des faits reconnus par les scientifiques, mais aussi les tribunaux et les m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17h - 18h30 &lt;strong&gt;&#171; Schizophr&#233;niser la parano&#239;a ? &#187; &lt;i&gt;Anne Querrien&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En tissant les r&#233;flexions sur la parano&#239;a de Jacques Lacan dans sa th&#232;se de m&#233;decine et de Deleuze et Guattari dans &lt;i&gt;L'Anti-&#338;dipe&lt;/i&gt;, on examinera &#224; quelles conditions le d&#233;lire parano&#239;aque peut s'investir dans une cr&#233;ation, dans une relation d'objet, et &#233;chapper &#224; la posture d'arraisonnement de l'autre &#224; sa propre v&#233;rit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
On s'appuiera sur les exemples de Salvador Dali et de l'art brut, peut-&#234;tre aussi de Bacon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette modification d'orientation est-elle possible hors milieu de vie d&#233;di&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Une &#233;cologie sociale cr&#233;atrice de nouvelles relations entre des gens formant des r&#233;seaux d'interconnaissances et de luttes peut-elle se d&#233;velopper dans les conditions de vie m&#233;tropolitaines et donner &#224; tout un chacun les moyens de se d&#233;faire des liens parano&#239;sants ?&lt;br class='autobr' /&gt;
L'obsession d'am&#233;liorer sa place dans la hi&#233;rarchie rel&#232;ve-t-elle de la parano&#239;a, et peut-elle se soigner par la cr&#233;ation ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment schizophr&#233;niser la parano&#239;a ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19h &lt;strong&gt;Ap&#233;ro puis repas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Inscription obligatoire avant le samedi 14 mai&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tarif de la journ&#233;e (interventions + repas midi, boissons comprises) : 35 &#8364; (25 &#8364; ch&#244;meurs, &#233;tudiants). Sans le repas du midi : 15 &#8364; par demi-journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Possibilit&#233; d'h&#233;bergement au g&#238;te &#034;Le closet&#034; de Fertans. Repas du soir au g&#238;te : 10 &#8364;. Nuit&#233;e du samedi : 20&#8364;. Week-end complet (avec repas et nuit&#233;e du vendredi soir) : 85 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inscription et renseignements :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
crdpp25@gmail.com ou Philippe Roy 06 51 38 43 45 &lt;a href=&#034;http://reseau.philoplebe.lautre.net/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://reseau.philoplebe.lautre.net/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Atelier de philosophie pl&#233;b&#233;ienne - &#201;cosmogonieS : habiter la pluralit&#233; des mondes</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=1033</link>
		<guid isPermaLink="true">https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=1033</guid>
		<dc:date>2021-10-02T11:25:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;G&#238;te Le Closet Fertans (17-19 gde rue, 25330) Samedi 23 octobre 2021 &lt;br class='autobr' /&gt;
Atelier de philosophie pl&#233;b&#233;ienne &lt;br class='autobr' /&gt;
Atelier... cela veut dire un essai d'abandon de l'autorit&#233; du ma&#238;tre et de la posture d'&#233;l&#232;ve au profit d'une tentative de production en commun. &lt;br class='autobr' /&gt;
Centre de R&#233;flexion et de Documentation sur les Philosophies Pl&#233;b&#233;iennes de l'association &#171; Voyons o&#249; la philo m&#232;ne... &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;cosmogonieS : habiter la pluralit&#233; des mondes &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet atelier vient &#224; la suite de &#171; &#201;cologieS : changer de monde pour le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=31" rel="directory"&gt;&#034;Voyons o&#249; la philo m&#232;ne&#034;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G&#238;te &lt;i&gt;Le Closet&lt;/i&gt; Fertans (17-19 gde rue, 25330)&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Samedi 23 octobre 2021&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Atelier de philosophie pl&#233;b&#233;ienne &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Atelier... cela veut dire un essai d'abandon de l'autorit&#233; du ma&#238;tre et de la posture d'&#233;l&#232;ve au profit d'une tentative de production en commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Centre de R&#233;flexion et de Documentation sur les Philosophies Pl&#233;b&#233;iennes&lt;br class='autobr' /&gt;
de l'association &#171; Voyons o&#249; la philo m&#232;ne... &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;cosmogonieS : habiter la pluralit&#233; des mondes&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cet atelier vient &#224; la suite de &lt;strong&gt;&#171; &#201;cologieS : changer de monde pour le sauver ? &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Argumentaire :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un monde qui p&#233;riclite un peu plus chaque jour, nous ne savons plus o&#249; et comment &lt;i&gt;habiter&lt;/i&gt;. Nous cherchons d'autres contr&#233;es, plus loin que l'horizon terrestre, plus loin que l'horizon quotidien. Nous oscillons entre horizon de l'imaginaire, du divertissement, des s&#233;ries et horizon orbital, o&#249; nous entrons dans un &lt;i&gt;mo(n)de&lt;/i&gt; &#171; Pesquet &#187; avec, &#224; la clef, un nouveau colonialisme, un tourisme pour milliardaires&#8230; Nous regardons ailleurs, car nous ne savons plus voir de pr&#232;s. Certes le pr&#232;s n'est pas joli &#224; voir : des d&#244;mes de b&#233;ton, de cristal, enfermant les riches dans des demeures ultra-prot&#233;g&#233;es, luxueuses et les pauvres dans des banlieues ou bidonvilles. Le monde ne fait plus r&#234;ver, il est sans myst&#232;re et le peuple politique manque. Mais avec ces modes de d&#233;territorialisation reterritorialisante (&#233;vasion ou qu&#234;te des &#233;toiles), ne sommes-nous pas prisonniers d'une certaine m&#233;taphysique ? Celle de l'ailleurs. Ne sommes-nous pas rest&#233;s platoniciens ? Nous nous sommes peu &#224; peu coup&#233;s de la Nature, dans notre conqu&#234;te et domination du monde, persuad&#233;s que nous avions un monde propre, un monde enfin &#224; notre image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, comment s'orienter &#224; nouveau dans une &#233;poque o&#249; habiter n'est plus qu'occuper un territoire ? La Nature n'est-elle pas justement notre mode d'habiter originel ? Notre erreur ne vient-elle pas de ce que nous supposons que la Nature est faite d'une seule pi&#232;ce, qu'elle n'est souvent qu'un simple lieu &#224; occuper, &#224; investir, &#224; arraisonner ? Alors que, comme le sugg&#232;re l'&#233;tude des mondes animaux, elle est d&#233;j&#224; tiss&#233;e d'une pluralit&#233; de mondes diff&#233;rents. L'&#233;cologie peut nous aider &#224; reprendre pied. Mais cela ne signifie pas qu'elle doit se d&#233;barrasser de toute m&#233;taphysique. Nous avons besoin pour cela d'une forme de vitalit&#233; : l'&#233;cosmogonie. L'&#233;cosmogonie, c'est la part intensive, la part du changement, la productivit&#233; de la Nature qui devrait &#234;tre comprise dans toute pens&#233;e &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habiter ce n'est pas se positionner &lt;i&gt;en face&lt;/i&gt; de la Nature mais exp&#233;rimenter des modes d'habiter productifs et cela est tout aussi vrai pour notre rapport &#224; la &lt;i&gt;mati&#232;re&lt;/i&gt;, peu consid&#233;r&#233;e par la pens&#233;e &#233;cologique, contrairement aux anciennes philosophies de la Nature. Retourner &#224; la nature c'est acc&#233;der aux devenirs, aux r&#233;sonances multiples et spirituelles qui sont possibles dans notre rapport avec elle. Nous proposerons d'exp&#233;rimenter ces devenirs, cette pluralit&#233; de modes d'habiter, &lt;i&gt;leurs changements&lt;/i&gt; en convoquant d'un c&#244;t&#233; une nouvelle philosophie de la Nature (et donc de l'Esprit) et de l'autre le cin&#233;ma &#233;cologique des ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9h &lt;strong&gt;Accueil au g&#238;te&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
9h15 - 12h15 (avec pause) &lt;strong&gt;&#171; Les paliers du changement : La philosophie de la nature de &lt;i&gt;L'Immeuble du mobile&lt;/i&gt; &#187; Philippe Roy&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire vivre des mondes, en leurs diff&#233;rences, il faut les habiter. Je montrerai qu'on les habite en saisissant leurs gestes. Et les habiter ainsi est aussi les penser, bien plus c'est penser la pens&#233;e. Je proposerai d'acc&#233;der &#224; ces mondes de la Nature en m'appuyant sur ce qui para&#238;t, en apparence, n'&#234;tre en rien vivant, ni gestuel : le physico-math&#233;matique. En reprenant, commentant, d&#233;veloppant les intuitions d&#233;ploy&#233;es dans mon livre &lt;i&gt;L'Immeuble du mobile. Une philosophie de la nature avec Ch&#226;telet et Deleuze&lt;/i&gt;, j'&#233;tablirai que la diff&#233;rence des mondes repose sur des diff&#233;rences de paliers de la Nature et de l'Esprit. On verra alors, plus profond&#233;ment, que ces diff&#233;rences sont celles de la production-&#233;v&#233;nementielle du Temps, c'est-&#224;-dire d'une forme de cosmogonie gestuelle-et-temporelle. Gravir des paliers sera donc &#233;quivalent &#224; remonter dans le Temps, en sa scission, dans ce qui conditionne les r&#233;sonances, les retentissements, les relations non localisables, troublantes et ambigu&#235;s qui hantent la Nature-et-l'Esprit. Car l'&#233;cologie se doit de ne pas opposer la vie &#224; la mati&#232;re (consid&#233;r&#233;e comme inerte), ni la Nature &#224; l'Esprit, le r&#233;el au virtuel ou encore le mobile &#224; l'immobile, l'&#234;tre au devenir, tels sont les enjeux de la nouvelle philosophie de la Nature que je d&#233;fendrai, impliquant de multiples r&#233;orientations ainsi que d'autres mani&#232;res de penser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ap&#233;ro puis repas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14h30 - 16h30 &lt;strong&gt;Film &#171; Phase IV &#187; (sept 1974, USA) de Saul Bass&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;changes &#224; la suite du film, anim&#233;s par Joachim Daniel Dupuis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant l'&#233;t&#233; 1971, le producteur Paul N.Radin propose &#224; Saul Bass de faire un film de fourmis (&#171; an ant story &#187;) opposant, dans une lutte darwinienne, l'homme au monde animal, mais celui qui n'a jusqu'ici fait que des courts-m&#233;trages et des g&#233;n&#233;riques devenus c&#233;l&#232;bres d&#233;cide, avec l'aide de son ami, sc&#233;nariste, Mayo Simon, d'aller plus loin. Ils veulent d&#233;passer le simple conflit et proposer un film &#171; &#233;cologique &#187; d'un nou-veau genre, et non un simple film traditionnel de monstre. Et en effet, &lt;i&gt;Phase IV&lt;/i&gt; est atypique, inclas-sable, quand on le regarde. Il oscille entre plusieurs genres : thriller, science-fiction, horreur, et en m&#234;me temps nous fait nous interroger sur les enjeux de l'&#233;cosmogonie. L'originalit&#233; du film est de ne pas se con-tenter de faire un film qui pointe les dangers que les hommes font peser sur l'avenir de la Terre, comme il se fait &#224; la m&#234;me &#233;poque &#224; Hollywood, mais de r&#233;fl&#233;chir &lt;i&gt;aux conditions r&#233;elles&lt;/i&gt; d'un changement &#233;colo-gique. Le pitch &#233;claire de lui-m&#234;me cette dimension &#233;cosmogonique de l'&#233;cologie qui est au c&#339;ur du film.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; un &#233;v&#233;nement cosmique (solaire) inexpliqu&#233;, des fourmis deviennent plus intelligentes et s'unissent entre esp&#232;ces diff&#233;rentes et font peser sur l'humanit&#233; la menace d'une extinction. C'est du moins comme cela que des scientifiques, post&#233;s en &#233;claireurs pour analyser le ph&#233;nom&#232;ne, l'envisagent. Leur r&#233;ponse est l'extermination chimique. Mais les fourmis ne se laisseront pas faire, elles ne sont pas des monstres, elles agissent pour &#171; changer &#187; l'homme, le faire bifurquer de sa voie d'&#233;volution qui le coupait de la Nature. Une r&#233;g&#233;n&#233;ration &#233;cologique est en marche, o&#249; l'homme aura une autre nature, une autre place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16h45 - 19h &lt;strong&gt;&#171; Les orbites du changement : Le cin&#233;ma &#233;cologique des ann&#233;es 70 &#187; Joachim Daniel Dupuis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cin&#233;ma offre un laboratoire merveilleux pour penser l'ontologie sous-jacente aux postures &#233;cologiques qui traversent la pens&#233;e des cin&#233;astes en particulier dans les ann&#233;es 70. Les films de cette &#233;poque qu'on qualifie d'&#233;cologiques offrent des exemples parfois remarquables d'&#233;cosmogonies, en particulier le film inclassable de Saul Bass : &lt;i&gt;Phase IV&lt;/i&gt;. Chacun d'eux entre dans des lignes de d&#233;territorialisation ou de reterritorialisation, pour parler comme Deleuze et Guattari, autrement dit des &lt;i&gt;r&#233;gimes du changement&lt;/i&gt;. Car l'&#233;cosmogonie, c'est &lt;i&gt;penser le changement&lt;/i&gt;, c'est penser non seulement la Nature autrement, mais aussi notre nature en dehors des fen&#234;tres de d&#233;collage qui sont les siennes ordinairement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait distinguer plusieurs phases ou niveaux &#233;cosmogoniques :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une &#233;cosmogonie &lt;i&gt;intra-terrestre&lt;/i&gt;, celle des gouffres de l'imagination, qui cherchent &#224; prot&#233;ger l'homme en le coupant plus ou moins de la Nature, tout en le laissant en son sein (c'est l'&#233;cart par exemple entre &lt;i&gt;Long weekend&lt;/i&gt;, o&#249; l'homme en pr&#233;sence de la Nature devient, &#224; la mani&#232;re de &lt;i&gt;The Birds&lt;/i&gt;, un ennemi &#224; abattre et &lt;i&gt;Logan's Run&lt;/i&gt;, o&#249; l'homme n'existe plus que par recyclages, le tout sous le contr&#244;le d'un ordinateur).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une &#233;cosmogonie &lt;i&gt;extra-terrestre&lt;/i&gt;, o&#249; les d&#244;mes sont coup&#233;s de la nature, vide intersid&#233;ral, o&#249; l'homme se vide de sa territorialit&#233;, et met ses id&#233;es de libert&#233; en apesanteur (&lt;i&gt;Silent Running&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Alien&lt;/i&gt;, avec sa logique colonialiste).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et au milieu, une pens&#233;e du changement qui reconnecte avec la Nature, avec les animaux, avec tous ces devenirs, m&#234;me si pour cela, l'orbite doit changer, se faire plus solaire (&lt;i&gt;Phase IV&lt;/i&gt;, etc.) et m&#234;me si l'homme ne doit plus &#234;tre lui-m&#234;me, un &#171; d&#233;voreur de mondes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ap&#233;ro puis repas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En soir&#233;e : petite surprise &lt;i&gt;dix ans apr&#232;s&lt;/i&gt; la cr&#233;ation de l'association en novembre 2011&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Inscription obligatoire avant le samedi 16 octobre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tarif de la journ&#233;e (interventions + repas midi, boissons comprises) : 35 &#8364; (25 &#8364; ch&#244;meurs, &#233;tudiants). Sans le repas du midi : 15 &#8364; par demi-journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Possibilit&#233; d'h&#233;bergement au g&#238;te &#034;Le closet&#034; de Fertans. Repas du soir au g&#238;te : 10 &#8364;. Nuit&#233;e du samedi : 20&#8364;. Week-end complet (avec repas et nuit&#233;e du vendredi soir) : 85 &#8364;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Inscription et renseignements :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
crdpp25@gmail.com ou Philippe Roy 06 51 38 43 45 &lt;a href=&#034;http://reseau.philoplebe.lautre.net/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://reseau.philoplebe.lautre.net/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Atelier de philosophie pl&#233;b&#233;ienne - &#201;cologieS : changer de monde pour le sauver ?</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=1003</link>
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		<dc:date>2021-04-25T10:25:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;G&#238;te Le Closet Fertans (17-19 gde rue, 25330) &lt;br class='autobr' /&gt;
Samedi 22 mai 2021 &lt;br class='autobr' /&gt;
Atelier de philosophie pl&#233;b&#233;ienne &lt;br class='autobr' /&gt;
Atelier... cela veut dire un essai d'abandon de l'autorit&#233; du ma&#238;tre et de la posture d'&#233;l&#232;ve au profit d'une tentative de production en commun. &lt;br class='autobr' /&gt;
Centre de R&#233;flexion et de Documentation sur les Philosophies Pl&#233;b&#233;iennes de l'association &#171; Voyons o&#249; la philo m&#232;ne... &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;cologieS : changer de monde pour le sauver ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Argumentaire : &lt;br class='autobr' /&gt;
Un spectre hante le monde : celui d'un monde fini, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=31" rel="directory"&gt;&#034;Voyons o&#249; la philo m&#232;ne&#034;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G&#238;te Le Closet Fertans (17-19 gde rue, 25330)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Samedi 22 mai 2021&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Atelier de philosophie pl&#233;b&#233;ienne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Atelier... cela veut dire un essai d'abandon de l'autorit&#233; du ma&#238;tre et de la posture d'&#233;l&#232;ve au profit d'une tentative de production en commun.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Centre de R&#233;flexion et de Documentation sur les Philosophies Pl&#233;b&#233;iennes&lt;br class='autobr' /&gt;
de l'association &#171; Voyons o&#249; la philo m&#232;ne... &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;cologieS : changer de monde pour le sauver ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Argumentaire :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un spectre hante le monde : celui d'un monde fini, fourbu, &lt;i&gt;foutu&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cauchemar dystopique, sc&#233;nario orwellien lib&#233;ral-fasciste, d&#233;sastre d'un monde inhabitable &#8211; c'est-&#224;-dire &lt;i&gt;invivable&lt;/i&gt;, du moins pour l'&#233;crasante majorit&#233;, humaine et non-humaine : tel semble &#234;tre le paysage dans lequel il nous faudra d&#233;sormais &lt;i&gt;survivre&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;Demain est annul&#233;&#8221; ou : la pand&#233;mie en cours comme effet de loupe et coup d'acc&#233;l&#233;rateur (et sur-g&#233;n&#233;rateur) des biopolitiques du contr&#244;le, du &lt;i&gt;tous contre tous&lt;/i&gt; au &lt;i&gt;chacun contre chacun&lt;/i&gt; : l'&#201;tat et les multinationales y reconna&#238;tront les &lt;i&gt;leurs&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;cologie, en tant que nouveau paradigme, est ainsi, certainement, la plus grande des urgences qui nous soit pos&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous interrogerons sa pertinence en tant que &lt;i&gt;pratiques et r&#233;sistances locales&lt;/i&gt;, mais aussi en tant que &lt;i&gt;politique&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;savoirs&lt;/i&gt;, et &lt;i&gt;philosophie&lt;/i&gt; (de quelles &#233;cologieS parlons-nous ?&#8230;), aptes &#224; cr&#233;er des &#8220;communs&#8221;, produire des alliances, tout autant que des ruptures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car il ne s'agit pas de sauvegarder les d&#233;sordres &#233;tablis, mais, s'il s'agit de sauver le monde, de le changer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9h &lt;strong&gt;Accueil au g&#238;te&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9h15-10h45 &lt;strong&gt;&#171; Temps du vertige : l'&#233;cologie, &#233;thique et philo-politique d'un combat r&#233;volutionnaire &#187;&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Marco Candore&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Encore une l&#233;gislation r&#233;pressive mise en place par une soci&#233;t&#233; qui chie dans son froc &#187; Philip K. Dick / &lt;i&gt;Simulacres&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il nous faudra, tout d'abord, survoler, rappeler, reprendre quelques questions-cl&#233;s, philosophiques et politiques, li&#233;es &#224; notre histoire r&#233;cente, celle de l'&#232;re industrielle et du capitalisme moderne, telle qu'elle se construit et nous fa&#231;onne depuis le dix-neuvi&#232;me si&#232;cle ; ceci, non point pour &#8220;mettre tout le monde d'accord&#8221; et op&#233;rer une synth&#232;se introuvable (et improbable), mais bien au contraire, pour appr&#233;hender les tensions, les apories de pens&#233;es et d'actions h&#233;t&#233;rog&#232;nes sur lesquelles nous pouvons prendre appui.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; partir de ce &lt;i&gt;la&lt;/i&gt;, de ce &lt;i&gt;l&#224;&lt;/i&gt;, de &lt;i&gt;cela&lt;/i&gt; (une construction, donc, un strict meccano, et non un &lt;i&gt;d&#233;j&#224;-l&#224;&lt;/i&gt;), nous essaierons de voir en quoi l'&#233;cologie ne peut &#234;tre que de &lt;i&gt;rupture&lt;/i&gt;, aux antipodes du suppl&#233;ment d'&#226;me consensuel ou de l'objet froid pseudo-d&#233;politis&#233; de mesures &#8220;techniques&#8221; destin&#233;es, au bout du compte et du point de vue de la domination, &#224; ce que &lt;i&gt;rien ne change&lt;/i&gt; (un &#8220;que rien ne change&#8221; illusionniste, ressassant la fable du pr&#233;sentisme, de l'immuable, de l'ind&#233;passable horizon occidental-capitaliste ; mais aussi un &#8220;que rien ne change&#8221; nostalgico-m&#233;lancolique, terreau fertile des conduites et politiques de toutes les peurs).&lt;br class='autobr' /&gt;
En fait, &lt;i&gt;tout va changer, et tout change d&#233;j&#224;, bien vite&lt;/i&gt;, si vite, et &lt;i&gt;radicalement&lt;/i&gt; : la catastrophe &#233;cologique n'est pas pour demain, nous y sommes, et ce n'est qu'un d&#233;but. Le d&#233;but de la fin ? Qui, des forces en pr&#233;sence, gagnera la partie, la &lt;i&gt;lutte finale&lt;/i&gt; de lendemains qui d&#233;chantent ?&lt;br class='autobr' /&gt;
En ces temps dystopiques, hant&#233;s par l'effondrement et l'apocalypse, en ces temps vertigineux, on voit combien l'ordre &#233;tabli est pr&#234;t &#224; tous les mensonges et toutes les r&#233;pressions : parce que l'&#233;cologie, en tant qu'&#233;thique et philosophie de l'action, incarne l'ingouvernable d'un combat &lt;i&gt;r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11h-12h30 &lt;strong&gt;&#171; Comment mobiliser la population aux enjeux de la transition &#233;cologique et citoyenne sur un territoire rural ? &#187;&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Daniel Hincelin &amp; G&#233;rard Mamet (Collectif Loue Lison)&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Introduction par le t&#233;moignage de G&#233;rard Mamet sur son parcours personnel &#171; de la politique &#224; l'&#233;cologie politique &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Contenu de la pr&#233;sentation du travail du collectif &#224; l'aide d'un diaporama comment&#233; par Daniel Hincelin et G&#233;rard Mamet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le bonheur la croissance et moi, ma plan&#232;te la finance et moi furent les th&#232;mes de deux soir&#233;es films /d&#233;bats qui ont enclench&#233; la dynamique de territoire. En 2015, fort de cette prise de conscience, un collectif d'habitants souhaite d&#233;cliner des actions visant la transition &#233;cologique et citoyenne. 7 th&#233;matiques de travail ont &#233;t&#233; choisies : la transition &#233;nerg&#233;tique, les circuits courts, le vivre ensemble, la mobilit&#233;, la cr&#233;ation d'activit&#233;, la communication partag&#233;e... La traduction sur le terrain c'est la cr&#233;ation d'un march&#233; hebdomadaire plein air, l'ouverture d'un caf&#233; solidaire, des caf&#233;s citoyens, des &#233;v&#232;nements autour de l'agro&#233;cologie, la cr&#233;ation de clubs Cigales, l'installation d'une monnaie compl&#233;mentaire, la participation &#224; l'action des coquelicots, l'installation de panneaux photovolta&#239;ques, films d&#233;bats, collaboration avec les &#233;coles, accueil du tour Alternatiba etc...&lt;br class='autobr' /&gt;
A noter la volont&#233; de part et d'autre, soci&#233;t&#233; civile et &#233;lus, d'&#339;uvrer ensemble par exemple au travers du plan Climat du Pays&#8230;Une lettre trimestrielle, diffus&#233;e &#224; quelques 800 personnes, relie les initiatives du Collectif et celles des acteurs locaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le collectif qui est devenu une association pour des raisons purement formelles, ne dispose d'aucun budget et ne fonctionne que gr&#226;ce au b&#233;n&#233;volat. La question de la gouvernance se pose r&#233;guli&#232;rement et oscille entre l'enthousiasme &#224; l'occasion d'un &#233;v&#232;nement r&#233;ussi et la lassitude devant les difficult&#233;s de mobilisation. On y reconnait le droit &#224; pouvoir s'engager selon ses possibilit&#233;s voire prendre du recul temporaire. Mais au bout de 5 ann&#233;es, le bilan est plut&#244;t positif tant sur les actions concr&#232;tes engag&#233;es et relay&#233;es que sur le plan de l'&#233;volution des mentalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ap&#233;ro puis repas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15h - 16h30 &lt;strong&gt;&#171; Un exemple de r&#233;sistance locale : mobilisation citoyenne contre les pesticides &#224; Nans-sous-Sainte-Anne &#187;&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Emmanuel Cretin&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esp&#232;ce humaine provoque des bouleversements irr&#233;versibles de son environnement et son avenir semble aussi bouch&#233; que celui des dinosaures.&#034;L'humanit&#233; dispara&#238;tra, bon d&#233;barras !&#034; comme diraient certains ...&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour autant, faut-il baisser les bras et se r&#233;signer &#224; penser que &lt;i&gt;Homo sapiens&lt;/i&gt; n'est qu'un grand singe &#233;go&#239;ste et suicidaire ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Certes, la prise de conscience &#233;cologique progresse mais sera-t-elle suffisante pour infl&#233;chir, avant qu'il ne soit trop tard, les d&#233;cisions politiques n&#233;olib&#233;rales qui, au niveau international et national, n&#233;gligent et m&#233;prisent trop souvent encore les enjeux &#233;cologiques ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Penser globalement et agir localement&#034;. Quelles r&#233;sistances possibles &#224; l'&#233;chelle locale ? Les &#233;lus locaux peuvent-ils y contribuer et quelles sont leurs marges de man&#339;uvre &#224; l'int&#233;rieur du carcan des institutions r&#233;publicaines et dans une soci&#233;t&#233; du politiquement correct.&lt;br class='autobr' /&gt;
Emmanuel Cretin, maire de Nans-sous-Sainte-Anne (25), commune rurale qui compte 160 habitants, nous pr&#233;sentera un exemple de mobilisation et de r&#233;sistance citoyenne qui contribue, bien modestement, &#224; demander l'interdiction des pesticides de synth&#232;se ainsi que les difficult&#233;s rencontr&#233;es dans ce combat de David contre Goliath.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16h45-18h45 &lt;strong&gt;Film &#171; Lettre &#224; G. Repenser notre soci&#233;t&#233; avec Andr&#233; Gortz &#187; de&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Victor Tortora, Julien Tortora, Charline Guillaume et Pierre-Jean Perrin&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sentation du film par Marco Candore puis &#233;changes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ap&#233;ro puis repas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Inscription obligatoire avant le samedi 15 mai&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Tarif de la journ&#233;e (interventions + repas midi, boissons comprises) : 20 &#8364; (15 &#8364; ch&#244;meurs, &#233;tudiants). Sans le repas du midi : 5 &#8364; par demi-journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Possibilit&#233; d'h&#233;bergement au g&#238;te &#034;Le closet&#034; de Fertans. Repas du soir au g&#238;te : 10 &#8364;. Nuit&#233;e du samedi : 20&#8364;. Week-end complet (avec repas et nuit&#233;e du vendredi soir) : 75 &#8364;. R&#233;duction pour ch&#244;meurs, &#233;tudiants et enfants.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Inscription et renseignements :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
crdpp25@gmail.com ou Philippe Roy 06 51 38 43 45 &lt;a href=&#034;http://reseau.philoplebe.lautre.net/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://reseau.philoplebe.lautre.net/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Atelier de philosophie pl&#233;b&#233;ienne - &#201;cologieS : changer de monde pour le sauver ?</title>
		<link>https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=article&amp;id_article=937</link>
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		<dc:date>2020-10-05T08:40:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;G&#238;te Le Closet Fertans (17-19 gde rue, 25330) Samedi 17 octobre 2020 &#192; la salle des f&#234;tes de Fertans (gde rue) Jauge &#224; 30 en raison de la crise sanitaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Atelier... cela veut dire un essai d'abandon de l'autorit&#233; du ma&#238;tre et de la posture d'&#233;l&#232;ve au profit d'une tentative de production en commun. &lt;br class='autobr' /&gt;
Centre de R&#233;flexion et de Documentation sur les Philosophies Pl&#233;b&#233;iennes de l'association &#171; Voyons o&#249; la philo m&#232;ne... &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Un spectre hante le monde : celui d'un monde fini, fourbu, foutu. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://casus-belli.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=31" rel="directory"&gt;&#034;Voyons o&#249; la philo m&#232;ne&#034;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;G&#238;te &lt;i&gt;Le Closet&lt;/i&gt; Fertans (17-19 gde rue, 25330)
Samedi 17 octobre 2020
&#192; la salle des f&#234;tes de Fertans (gde rue)
Jauge &#224; 30 en raison de la crise sanitaire&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Atelier... cela veut dire un essai d'abandon de l'autorit&#233; du ma&#238;tre et de la posture d'&#233;l&#232;ve au profit d'une tentative de production en commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Centre de R&#233;flexion et de Documentation sur les Philosophies Pl&#233;b&#233;iennes de l'association &#171; Voyons o&#249; la philo m&#232;ne... &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un spectre hante le monde : celui d'un monde fini, fourbu, &lt;i&gt;foutu&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cauchemar dystopique, sc&#233;nario orwellien lib&#233;ral-fasciste, d&#233;sastre d'un monde inhabitable &#8211; c'est-&#224;-dire &lt;i&gt;invivable&lt;/i&gt;, du moins pour l'&#233;crasante majorit&#233;, humaine et non-humaine : tel semble &#234;tre le paysage dans lequel il nous faudra d&#233;sormais &lt;i&gt;survivre&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;Demain est annul&#233;&#8221; ou : la pand&#233;mie en cours comme effet de loupe et coup d'acc&#233;l&#233;rateur (et sur-g&#233;n&#233;rateur) des biopolitiques du contr&#244;le, du &lt;i&gt;tous contre tous&lt;/i&gt; au &lt;i&gt;chacun contre chacun&lt;/i&gt; : l'&#201;tat et les multinationales y reconna&#238;tront les &lt;i&gt;leurs&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;cologie, en tant que nouveau paradigme, est ainsi, certainement, la plus grande des urgences qui nous soit pos&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous interrogerons sa pertinence en tant que &lt;i&gt;pratiques et r&#233;sistances locales&lt;/i&gt;, mais aussi en tant que &lt;i&gt;politique&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;savoirs&lt;/i&gt;, et &lt;i&gt;philosophie&lt;/i&gt; (de quelles &#233;cologieS parlons-nous ?&#8230;), aptes &#224; cr&#233;er des &#8220;communs&#8221;, produire des alliances, tout autant que des ruptures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car il ne s'agit pas de sauvegarder les d&#233;sordres &#233;tablis, mais, s'il s'agit de sauver le monde, de le changer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9h &lt;strong&gt;Accueil &#224; la salle des f&#234;tes&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
9h15-10h45 &lt;strong&gt;&#171; Temps du vertige : l'&#233;cologie, &#233;thique et philo-politique d'un combat r&#233;volutionnaire &#187;&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Marco Candore&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Encore une l&#233;gislation r&#233;pressive mise en place par une soci&#233;t&#233; qui chie dans son froc &#187; Philip K. Dick / &lt;i&gt;Simulacres&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il nous faudra, tout d'abord, survoler, rappeler, reprendre quelques questions-cl&#233;s, philosophiques et politiques, li&#233;es &#224; notre histoire r&#233;cente, celle de l'&#232;re industrielle et du capitalisme moderne, telle qu'elle se construit et nous fa&#231;onne depuis le dix-neuvi&#232;me si&#232;cle ; ceci, non point pour &#8220;mettre tout le monde d'accord&#8221; et op&#233;rer une synth&#232;se introuvable (et improbable), mais bien au contraire, pour appr&#233;hender les tensions, les apories de pens&#233;es et d'actions h&#233;t&#233;rog&#232;nes sur lesquelles nous pouvons prendre appui.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; partir de ce &lt;i&gt;la&lt;/i&gt;, de ce &lt;i&gt;l&#224;&lt;/i&gt;, de &lt;i&gt;cela&lt;/i&gt; (une construction, donc, un strict meccano, et non un &lt;i&gt;d&#233;j&#224;-l&#224;&lt;/i&gt;), nous essaierons de voir en quoi l'&#233;cologie ne peut &#234;tre que de &lt;i&gt;rupture&lt;/i&gt;, aux antipodes du suppl&#233;ment d'&#226;me consensuel ou de l'objet froid pseudo-d&#233;politis&#233; de mesures &#8220;techniques&#8221; destin&#233;es, au bout du compte et du point de vue de la domination, &#224; ce que &lt;i&gt;rien ne change&lt;/i&gt; (un &#8220;que rien ne change&#8221; illusionniste, ressassant la fable du pr&#233;sentisme, de l'immuable, de l'ind&#233;passable horizon occidental-capitaliste ; mais aussi un &#8220;que rien ne change&#8221; nostalgico-m&#233;lancolique, terreau fertile des conduites et politiques de toutes les peurs).&lt;br class='autobr' /&gt;
En fait, &lt;i&gt;tout va changer, et tout change d&#233;j&#224;, bien vite&lt;/i&gt;, si vite, et &lt;i&gt;radicalement&lt;/i&gt; : la catastrophe &#233;cologique n'est pas pour demain, nous y sommes, et ce n'est qu'un d&#233;but. Le d&#233;but de la fin ? Qui, des forces en pr&#233;sence, gagnera la partie, la &lt;i&gt;lutte finale&lt;/i&gt; de lendemains qui d&#233;chantent ?&lt;br class='autobr' /&gt;
En ces temps dystopiques, hant&#233;s par l'effondrement et l'apocalypse, en ces temps vertigineux, on voit combien l'ordre &#233;tabli est pr&#234;t &#224; tous les mensonges et toutes les r&#233;pressions : parce que l'&#233;cologie, en tant qu'&#233;thique et philosophie de l'action, incarne l'ingouvernable d'un combat &lt;i&gt;r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11h-12h30 &lt;strong&gt;&#171; Comment mobiliser la population aux enjeux de la transition &#233;cologique et citoyenne sur un territoire rural ? &#187;&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Daniel Hincelin &amp; G&#233;rard Mamet (Collectif Loue Lison)&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Introduction par le t&#233;moignage de G&#233;rard Mamet sur son parcours personnel &#171; de la politique &#224; l'&#233;cologie politique &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Contenu de la pr&#233;sentation du travail du collectif &#224; l'aide d'un diaporama comment&#233; par Daniel Hincelin et G&#233;rard Mamet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le bonheur la croissance et moi, ma plan&#232;te la finance et moi furent les th&#232;mes de deux soir&#233;es films /d&#233;bats qui ont enclench&#233; la dynamique de territoire. En 2015, fort de cette prise de conscience, un collectif d'habitants souhaite d&#233;cliner des actions visant la transition &#233;cologique et citoyenne. 7 th&#233;matiques de travail ont &#233;t&#233; choisies : la transition &#233;nerg&#233;tique, les circuits courts, le vivre ensemble, la mobilit&#233;, la cr&#233;ation d'activit&#233;, la communication partag&#233;e... La traduction sur le terrain c'est la cr&#233;ation d'un march&#233; hebdomadaire plein air, l'ouverture d'un caf&#233; solidaire, des caf&#233;s citoyens, des &#233;v&#232;nements autour de l'agro&#233;cologie, la cr&#233;ation de clubs Cigales, l'installation d'une monnaie compl&#233;mentaire, la participation &#224; l'action des coquelicots, l'installation de panneaux photovolta&#239;ques, films d&#233;bats, collaboration avec les &#233;coles, accueil du tour Alternatiba etc...&lt;br class='autobr' /&gt;
A noter la volont&#233; de part et d'autre, soci&#233;t&#233; civile et &#233;lus, d'&#339;uvrer ensemble par exemple au travers du plan Climat du Pays&#8230;Une lettre trimestrielle, diffus&#233;e &#224; quelques 800 personnes, relie les initiatives du Collectif et celles des acteurs locaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le collectif qui est devenu une association pour des raisons purement formelles, ne dispose d'aucun budget et ne fonctionne que gr&#226;ce au b&#233;n&#233;volat. La question de la gouvernance se pose r&#233;guli&#232;rement et oscille entre l'enthousiasme &#224; l'occasion d'un &#233;v&#232;nement r&#233;ussi et la lassitude devant les difficult&#233;s de mobilisation. On y reconnait le droit &#224; pouvoir s'engager selon ses possibilit&#233;s voire prendre du recul temporaire. Mais au bout de 5 ann&#233;es, le bilan est plut&#244;t positif tant sur les actions concr&#232;tes engag&#233;es et relay&#233;es que sur le plan de l'&#233;volution des mentalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ap&#233;ro puis repas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15h - 16h30 &lt;strong&gt;&#171; Un exemple de r&#233;sistance locale : mobilisation citoyenne contre les pesticides &#224; Nans-sous-Sainte-Anne &#187;&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Emmanuel Cretin&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esp&#232;ce humaine provoque des bouleversements irr&#233;versibles de son environnement et son avenir semble aussi bouch&#233; que celui des dinosaures.&#034;L'humanit&#233; dispara&#238;tra, bon d&#233;barras !&#034; comme diraient certains ...&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour autant, faut-il baisser les bras et se r&#233;signer &#224; penser que &lt;i&gt;Homo sapiens&lt;/i&gt; n'est qu'un grand singe &#233;go&#239;ste et suicidaire ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Certes, la prise de conscience &#233;cologique progresse mais sera-t-elle suffisante pour infl&#233;chir, avant qu'il ne soit trop tard, les d&#233;cisions politiques n&#233;olib&#233;rales qui, au niveau international et national, n&#233;gligent et m&#233;prisent trop souvent encore les enjeux &#233;cologiques ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Penser globalement et agir localement&#034;. Quelles r&#233;sistances possibles &#224; l'&#233;chelle locale ? Les &#233;lus locaux peuvent-ils y contribuer et quelles sont leurs marges de man&#339;uvre &#224; l'int&#233;rieur du carcan des institutions r&#233;publicaines et dans une soci&#233;t&#233; du politiquement correct.&lt;br class='autobr' /&gt;
Emmanuel Cretin, maire de Nans-sous-Sainte-Anne (25), commune rurale qui compte 160 habitants, nous pr&#233;sentera un exemple de mobilisation et de r&#233;sistance citoyenne qui contribue, bien modestement, &#224; demander l'interdiction des pesticides de synth&#232;se ainsi que les difficult&#233;s rencontr&#233;es dans ce combat de David contre Goliath.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16h45-18h15 &lt;strong&gt;&#171; La terre ou le monde : quel horizon pour la philosophie &#233;cologico-politique ? &#187;&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Igor Krtolica&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La pens&#233;e &#233;cologique n'a cess&#233; de chercher un &lt;i&gt;plan d'analyse&lt;/i&gt; en fonction duquel poser et analyser le probl&#232;me auquel nous faisons face, et pour certains la catastrophe qui a (d&#233;j&#224;) lieu. Sans qu'il soit utile d'en revenir &#224; l'&#233;ternelle querelle de l'anthropocentrisme et de l'anti-anthropocentrisme, celle-ci a au moins le m&#233;rite de maintenir ouverte la question incontournable de savoir ce qui pose probl&#232;me. Hans Jonas invoquait dans &lt;i&gt;Le principe responsabilit&#233;&lt;/i&gt; une &#171; heuristique de la peur &#187; suivant laquelle nous prenons conscience de ce &#224; quoi nous tenons au moment o&#249; cela est menac&#233;. Mais en r&#233;alit&#233;, l'objet de cette prise de conscience est tout sauf &#233;vident. Qu'est-ce qui est menac&#233; ? Qu'y a-t-il &#224; pr&#233;server ou &#224; d&#233;fendre ? Est-ce la nature ? La biosph&#232;re ? La biodiversit&#233; ? Les g&#233;n&#233;rations futures d'&#234;tre vivants ? La vie en g&#233;n&#233;ral ? Les &#233;cosyst&#232;mes ? Un monde humain ? Un monde commun aux humains et aux non-humains ? La perspective d'une composition des mondes ? etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis quelques ann&#233;es, la pens&#233;e &#233;cologique et politique semble sugg&#233;rer que la terre pourrait constituer un tel plan d'analyse. De m&#234;me que la ph&#233;nom&#233;nologie avait son cri de guerre, &#171; le retour aux choses m&#234;mes ! &#187; (&lt;i&gt;zur Sache selbst&lt;/i&gt;), l'&#233;cologie semble avoir trouver le sien dans celui d'un &#171; retour sur terre &#187; ou &#171; &#224; la terre &#187; (cf. &#201;milie Hache, Bruno Latour, Pierre Charbonnier, etc.). Mais le concept de terre est lui-m&#234;me source de nombreuses &#233;quivoques, suivant qu'il d&#233;signe la plan&#232;te (&lt;i&gt;earth&lt;/i&gt;), et avec elle le Syst&#232;me-Terre ou du moins la Biosph&#232;re dont d&#233;pend le maintien de la vie sur terre &#8212; ou qu'il d&#233;signe le territoire (&lt;i&gt;land&lt;/i&gt;), qui peut valoir lui-m&#234;me comme lieu d'enracinement (le terroir), comme objet d'appropriation (le sol) ou comme espace du pouvoir (le territoire). Ainsi, suivant un paradoxe qui a souvent &#233;t&#233; soulign&#233;, l'humanit&#233; aurait pris conscience de son profond attachement (biologique, affectif, id&#233;ologique) &#224; la terre au moment o&#249; elle trouvait les moyens techniques de s'arracher &#224; sa gravit&#233; (cf. &lt;i&gt;Gravity&lt;/i&gt; d'Alfonso Cuaron en 2013) ou &#224; sa r&#233;alit&#233; imm&#233;diate (cf. le d&#233;sir collectif d'un retour &#224; la campagne &#233;prouv&#233; pendant le confinement).&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette &#233;quivoque entre la &lt;i&gt;terre&lt;/i&gt; con&#231;ue comme plan&#232;te et con&#231;ue comme territoire renvoie en r&#233;alit&#233; &#224; deux mani&#232;res distinctes (mais non pas incompatibles) de d&#233;terminer ce qui fait de la terre un espace vivable et habitable &#8212; c'est-&#224;-dire un &lt;i&gt;monde&lt;/i&gt;. En d&#233;coule l'int&#233;r&#234;t que la philosophie de l'&#233;cologie peut tirer de l'usage que Deleuze et Guattari font des concepts de Terre et de territoire dans leur &#339;uvre commune (et notamment dans &lt;i&gt;Mille plateaux&lt;/i&gt;). Il est clair que, pas plus que les vies (il y en a qui sont invivables), tous les mondes ne se valent pas (il y en a des immondes). Or la terre, que Deleuze et Guattari d&#233;finissent par un processus de d&#233;territorialisation absolue (&#171; la Terre est la d&#233;territorialis&#233;e &#187;), semble pr&#233;cis&#233;ment fournir un plan d'analyse susceptible de fournir un crit&#232;re immanent d'&#233;valuation des mondes, des territorialit&#233;s, et de &lt;i&gt;d&#233;terminer le meilleur&lt;/i&gt;. Pourtant, du fait que la terre est une condition non territoriale de toute territorialit&#233;, c'est-&#224;-dire en quelque sorte la condition m&#233;taphysique de tout monde (une nature naturante distincte de la nature natur&#233;e), et du fait qu'elle semble se pr&#233;senter d'autre part comme l'horizon de toute leur philosophie, il leur a parfois &#233;t&#233; reproch&#233; un certain &#171; acosmisme &#187; (terme que Hegel employait par opposition &#224; celui d'ath&#233;isme pour souligner le fait que Spinoza ne nie pas Dieu mais absorbe le monde en lui), c'est-&#224;-dire une dissolution de ce qui fait un monde (vivable, habitable, social et politique) (cf. Micha&#235;l F&#339;ssel, Fr&#233;d&#233;ric Neyrat). &#192; partir de Deleuze et Guattari, nous nous proposons donc d'analyser cette tension entre la terre et le monde au sein de la pens&#233;e &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18h30 &lt;strong&gt;Ap&#233;ro puis repas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Inscription obligatoire avant le samedi 10 octobre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tarif de la journ&#233;e (interventions + repas midi, boissons comprises) : 20 &#8364; (15 &#8364; ch&#244;meurs, &#233;tudiants). Sans le repas du midi : 5 &#8364; par demi-journ&#233;e.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Possibilit&#233; d'h&#233;bergement au g&#238;te &#034;Le closet&#034; de Fertans. Repas du soir au g&#238;te : 10 &#8364;. Nuit&#233;e du samedi : 20&#8364;. Week-end complet (avec repas et nuit&#233;e du vendredi soir) : 75 &#8364;. R&#233;duction pour ch&#244;meurs, &#233;tudiants et enfants.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Inscription et renseignements :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
crdpp25@gmail.com ou Philippe Roy 06 51 38 43 45 &lt;a href=&#034;http://reseau.philoplebe.lautre.net/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://reseau.philoplebe.lautre.net/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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